Les Rencontres de Liseur (4) : rencontre avec Karine Silla

12 Déc

Samedi 16 décembre 2017, La Médiathèque vous propose dans le cadre des Rencontres de Liseur 2017-2018 un rendez-vous avec Karine Silla autour de son dernier roman L’absente de Noël publié aux éditions de l’Observatoire. La rencontre sera animée par Christine Ferniot, journaliste littéraire (Lire, Télérama) et se terminera  par une séance de dédicace, en partenariat avec la librairie Decitre de Levallois.

Qui est Karine Silla ?

© Vincent Perez

Dramaturge, réalisatrice et scénariste franco-sénégalaise, Karine Silla est l’auteur de deux romans remarqués, Monsieur est mort et Autour du soleil.

Sous des intrigues bien construites, ces deux titres évoquaient déjà les questions de la famille, de la filiation, de la construction de soi, de l’ailleurs où l’on se cherche sans oublier le poids des silences et des non-dits. L’absente de Noël renoue avec ces thématiques et leur puissance souterraine s’affirme derrière une intrigue bien menée et servie par un style vif et souvent drôle.

Le pitch de l’absente de Noël, sur le site des Éditions de l’Observatoire (nouvelle fenêtre)

Sophie, 20 ans, partie faire du bénévolat à Dakar, doit rentrer fêter Noël en famille. La table est mise, le dîner du réveillon est prêt, les guirlandes scintillent. Tout le monde l’attend. Mais Sophie ne rentre pas. Accident ? prise d’otage ? fugue ?
Sa mère Virginie, son beau-père Gabriel, sa demi-sœur Chloé, son grand-père René, et même Antoine, son père, et Fanny, son épouse : tous partent à sa recherche au Sénégal.
Virginie a l’impression que tout ce qu’elle a tenté de construire part à la dérive. Sa fille a disparu. Antoine et Gabriel s’affrontent violemment. Fanny lui voue une haine féroce.
Sans repères dans ce pays inconnu, tous sont forcés de dépasser leurs préjugés et de se confronter aux souffrances enfouies.

Les avis des pros

L’avis de Ghalia de sur le site du Télégramme (nouvelle fenêtre)  :

Ce troisième roman de Karine Silla dresse le portrait de personnages submergés par la force de leurs sentiments. L’auteur nous livre de son pays natal une peinture haute en couleurs. Le choc de deux cultures que tout semble opposer, et pourtant…
l'absente de noel Karine Silla (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Au delà de l’étude très subtile des liens familiaux,  « le Sénégal, pays où est née et a grandi Karine Silla, est peut-être le personnage principal de ce roman », analyse Pascal Schouwey sur son blog littéraire Voix de plume dans son article du 23 août 2017 (nouvelle fenêtre)
C’est aussi l’avis de l’équipe de Lettres it be dans sa critique intitulée L’Absente de Noël » de Karine Silla : en route pour l’ailleurs (nouvelle fenêtre) qui écrit qu’une fois le livre refermé, « on retient une immersion dans l’Afrique d’aujourd’hui, une plongée sur ces terres baignées par le soleil et la poussière ».  Et qui insiste aussi sur le côté très visuel de l’écriture, utilisant la jolie expression  de « plume cinématographique » et soulignant la construction rigoureuse, le découpage en scènes et plans ainsi que la précision des détails.
Marie Daoudal dans son article intitulé L’absente de Noel, Karine Silla, l’absence magnifiée, sur le magazine en ligne  Maze (nouvelle fenêtre) ajoute à ces qualités le fait que l’auteur excelle dans la description du manque :
Tout au long du roman, c’est de son absence [Sophie, la grande énigme du roman] qu’il est question. À travers les autres et leurs pensées, on ne voit que Sophie, et l’influence qu’elle a sur leurs vies. Personne n’a jamais aussi bien décrit le manque que Karine Silla.

Les avis du public

De nombreux commentaires glanés parmi les avis postés par des lecteurs sur différents sites marchands parlent de belle découverte littéraire, de lecture palpitante, de roman généreux et soulignent aussi l’humour omniprésent dans le roman.
C’est touchant, cueillant, mais aussi drôle par moments.
On lit aussi que dans cette « saga familiale très bien écrite »,
la souffrance, la haine, l’adolescence, le manque se cotoient grâce aux personnages déterminés et parfois touchants
Il est aussi question du « charme de cette aventure africaine ».
Une agréable étude sur la complexité des sentiments, la diversité de la nature humaine.

L’avis du bibliothécaire

Utilisant la forme de la fiction comme prétexte, Karine Silla s’interroge sur la notion de  « famille »  dans la société française actuelle. Chacun rêve d’une version traditionnelle idéalisée. Mais n’est-elle pas un leurre ?

Autre préoccupation dans ce roman : la place des enfants dans les différentes sociétés. Dans la France actuelle, ils sont au cœur de toutes les préoccupations parentales, avec une tendance à l’abus de pouvoir. La situation est  bien différente en Afrique, où les plus jeunes montrent le plus grand respect pour leurs aînés.

Il faut souligner l’écriture fluide et agréable de ce roman. Et ce qui le rend amusant est non seulement l’humour dont il fait preuve mais aussi la possibilité d’entrevoir les caractères (très probablement assez réalistes) de personnalités « people».

Pratique

Rendez-vous le samedi 16 décembre 2017 à 16 heures à la médiathèque Gustave Eiffel (nouvelle fenêtre)  111 rue Jean-Jaurès à Levallois.

Entrée libre.  Renseignements au 01 47 15 76 43.

Rencontre animée par la journaliste littéraire Christine Ferniot (nouvelle fenêtre)

Suivie d’une séance de dédicace en partenariat avec la librairie Decitre de Levallois (nouvelle fenêtre)

Publicités

Le coin de La Médiathèque de décembre prépare Noël

8 Déc

Noël approche… les préparatifs commencent, sapin, déco, menu de réveillon. Pour vous mettre dans l’ambiance, Le coin de la Médiathèque de décembre vous a concocté une sélection : roman, polar, livre pour enfant, film et musique… Et cadeau surprise (un peu en avance…) une rencontre à La Médiathèque le samedi 16 décembre 2017 avec Karine Silla, auteur du très remarqué L’absente de Noël.

Sophie, 20 ans, partie faire du bénévolat à Dakar, doit rentrer fêter Noël en famille. La table est mise, le dîner du réveillon est prêt, les guirlandes scintillent. Tout le monde l’attend. Mais Sophie ne rentre pas. Accident ? Prise d’otage ? Fugue ?

Sa mère Virginie, son beau-père Gabriel, sa demi-sœur Chloé, son grand-père René, et même Antoine, son père, et Fanny, son épouse : tous partent à sa recherche au Sénégal.

Virginie a l’impression que tout ce qu’elle a tenté de construire part à la dérive. Sa fille a disparu. Antoine et Gabriel s’affrontent violemment. Fanny lui voue une haine féroce.

Sans repères dans ce pays inconnu, tous sont forcés de dépasser leurs préjugés et de se confronter aux souffrances enfouies.

Rencontre avec Karine Silla, le samedi 16 décembre 2017 à 16h (nouvelle fenêtre) à la médiathèque Gustave-Eiffel dans les cadre des Rencontres de Liseur 2017-2018.

À quelques semaines de Noël, un adolescent est retrouvé mort dans les bois proches de River Falls, petite bourgade du Wisconsin. Son ami réussit à s’échapper. Tous les deux étaient membres de la communauté religieuse « Les enfants de Marie ». Est-ce la raison de ces crimes ? Après 7 jours à River Falls et Un Automne à River Falls, Alexis Aubenque revient avec ce troisième volet des enquêtes du shérif Mike Logan et de son amie profileuse au FBI, Hurley.

Attention ! Secte religieuse, adolescence, souffrance psychologique, fanatisme homophobe, meurtre en série… Dans une atmosphère de ville de province, Alexis Aubenque exploite tous les éléments rituels du thriller pour nous emmener sur de fausses pistes et n’hésite pas à bousculer nos préjugés en signant ce polar américain.

La série River Falls a reçu le prestigieux prix du Salon du polar de Cognac.

C’est bientôt Noël et vous cherchez la bande son de votre réveillon : ne cherchez plus !

Quand on pense à cette période, on a invariablement des airs dans la tête. Voici un CD qui propose des standards de Noël et des créations dans la tradition des chanteuses de Soul telles que Marva Whitney ou Glady’s Knight.

La voix de Sharon Jones illumine la magnifique orchestration composée de cuivres, percussions et guitares, le tout sublimé par de prestigieux chœurs.

Les morceaux sont parfois blues, avec des nuances de gospel ou d’un style plus funk très sixties.

L’ensemble est un album joyeux et c’est sûr, on vous verra danser à Noël mais aussi toute l’année sur les superbes rythmes soul de ce disque !

  • Pangbotchi (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Pangbotchi (nouvelle fenêtre) d’Alex Cousseau et Philippe-Henri Turin . Éditions de l’École des Loisirs.

Pangbotchi n’en revient pas, en ouvrant la porte du frigo pour y prendre son goûter, que trouve-t-il ? Des lutins ! Et pas deux, ni cinq ; des dizaines de lutins ! Pangbotchi appelle Papa Yéti à l’aide, que faire de tous ces lutins ? Papa Yéti a la solution : emmener les lutins tout en haut de la montagne pour que le Père Noël sache où les trouver quand il en aura besoin. Mais Pangbotchi se questionne, comment le Père Noël saura où les trouver ? Et où habite le Père Noël ? De retour à la maison, malheur ! C’est au tour du canapé d’être envahi de lutins !

Grâce à des illustrations précises et détaillées, l’illustrateur glisse des indices visuels annonçant la chute de l’histoire…

Un conte atypique sur l’origine du Père Noël qui apprend également à ne pas se fier aux apparences. Pangbotchi représente bien l’enfant qui se questionne sur la véracité de ces légendes et Papa Yéti, le parent adulte qui apporte toujours des réponses aux questions sans dévoiler pour autant la clef du secret…

C’est la nuit de Noël, autrement dit, la nuit la plus agitée pour le Père Noël ! Heureusement que les Elfes sont là pour veiller au bon déroulement de la distribution des cadeaux. Les fils du Père Noël aussi : Steve qui gère la logistique de l’acheminement des cadeaux grâce au vaisseau ultra moderne du Père Noël, et Arthur qui répond aux courriers des enfants du monde entier. Mais au cours de cette nuit mouvementée arrive une catastrophe : un enfant a été oublié ! Que faire ? Arthur est décidé à livrer ce cadeau coûte que coûte, même s’il doit pour cela ressortir le vieux traîneau de Papi Noël…

L’originalité de ce film d’animation est dans l’histoire : ce n’est pas un banal conte de Noël ! Il n’y a pas de méchant diabolique ni de héros beau et bien coiffé. La réalisatrice le dit elle-même : ses personnages ont été créés pour être réalistes !

L’humour y est au rendez-vous : chaque petit détail inspire l’étonnement et la bonne humeur. Le spectacle enchanteur de Mission : Noël, à la fois drôle et intelligent, saura séduire, c’est sûr, les petits et les grands.

« Loup y es-tu » a enchanté les bébés de Premiers pas premières pages de novembre

2 Déc

N’ayons pas peur de parler du loup à nos petites têtes blondes. Contrairement à ce que l’on pense, la peur est utile et nécessaire à la construction et au développement de l’enfant. C’est pourquoi la séance Premiers pas, premières pages intitulée Loup y es-tu ? du 25 novembre 2017 a mis le loup à l’honneur.

Un panel d’histoires et de chansons pour permettre de dédramatiser la peur du loup mais qui nous dit que la réciproque n’est pas vrai ? Les p’tits loups ont peut-être, eux aussi, peur des enfants !

Les livres de la séance

Les chansons

Qui a peur du loup de Rémi Guichard

Qui a peur, qui a peur, qui a peur du loup ?

C’est pas moi, c’est pas moi,

C’est peut-être vous !

Je l’ai vu courir dans les bois

La gueule ouverte, des crocs comme ça

Je l’ai vu courir dans les bois

Cherchant une proie.

Il sort des bois à la nuit tombée,
Juste la lune peut le voir passer.
Des milliers d’étoiles brillent dans la nuit,
Ses yeux scintillent aussi.

Vous ne le croiserez jamais la journée

Il reste tapi au fond d’un abri.

Vous ne le croiserez jamais la journée,

Mais gare à vous la nuit

La comptinette du loup 

Aouuuuuuuuuhhhhh !                        Le Méchant loup !

J’entends le loup !                                Afin de lui faire peur

Aouuuuuuuuuhhhhh !                         Tapez des mains en chœur

Vite cachez-vous !                                 Et criez : Loup filou !

Aouuuuuuuuuhhhhh !                         On n’a pas peur du tout !!

Bonsoir les loups

Bonsoir, bonsoir les loups

la journée est finie.

Tout est calme et sans bruit,

C’est la nuit qui nous dit

Bonsoir, bonsoir les loups,

(etc.)

Mon gros loup, mon p’tit loup d’Henri Dès

Je t’aime mon loup
Mon gros loup mon p’tit loup
Je t’aime mon loup
Mon gros loup, p’tit loup
On dit que t’es mauvais
C’est pas vrai, c’est pas vrai
On dit que t’es mauvais
C’est pas vrai, pas vrai
Paraît que t’es méchant
c’est navrant, c’est navrant
Paraît que t’es méchant
C’est navrant, navrant

Y a des hommes,
Faut voir comme
Ils ont la dent dure
dure, dure, dure, dure, dure
Ils ont la dent dure
garantie sur facture

Y a des dames,                                                Des chasseurs, enfants d’choeur
C’est un drame                                                j’en ai pas connu nununu
Qui portent un manteau,                              j’en ai pas connu et j’en ai jamais vu !
Teau teau teau teau teau
Qui portent un manteau
De ta peau sur leur dos

Un spectacle le 9 décembre pour les plus grands qui aiment aussi les loups

Le 9 décembre prochain, les loups sont aussi à l’honneur avec un spectacle pour les enfants à partir de 3 ans par le Piccolo Théâtre Loups de Noël et autres histoires (nouvelle fenêtre).

Dans ces histoires d’hiver, les loups ne sont pas vraiment méchants, les pères Noël ne sont pas toujours adroits et vivent des nuits quelquefois agitées. Sous un ciel étoilé et sur un tapis de neige, la comédienne donne vie à des récits peu ordinaires qui explorent avec originalité, poésie et magie.

Rendez-vous à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (entrée libre dans la limite des places disponibles)

Merci à Marie-Charlotte W. pour la rédaction de cet article.

Les Rencontres de Liseur (3) : Quelles migrations au XXIe siècle ?

25 Nov

Samedi 2 décembre 2017 à 15h, dans le cadre des Rencontres de Liseur (nouvelle fenêtre), La Médiathèque de Levallois accueille Catherine Wihtol de Wenden pour une conférence intitulée Quelles migrations au XXIe siècle ?

Le phénomène migratoire, même s’il est aussi ancien que l’humanité, s’est aujourd’hui intensifié et diversifié. Les migrations sont devenues, tant par leurs motifs et leurs origines que par leurs trajectoires, une composante structurelle d’un monde globalisé et constituent l’un des défis majeurs de ce siècle. 

Réparttion de la population mondiale par continents

Répartition de la population mondiale par continent (source : Wikimedia Commons)

Petit lexique migratoire

Les phénomènes migratoires recouvrent des réalités multiples et complexes et donnent lieu à une terminologie parfois difficile à appréhender, d’où l’intérêt d’une petite clarification lexicale.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) (nouvelle fenêtre), organisme des Nations unies, définit la migration comme « le déplacement d’une personne ou d’un groupe de personnes, soit entre pays, soit dans un pays entre deux lieux situés sur son territoire. La notion de migration englobe tous les types de mouvements de population impliquant un changement du lieu de résidence habituelle, quelles que soient leur cause, leur composition, leur durée, incluant ainsi notamment les mouvements des travailleurs, des réfugiés, des personnes déplacées ou déracinées. » Elle mentionne par ailleurs qu' »au niveau international, il n’existe pas de définition universellement acceptée du terme « migrant ». Il s’applique habituellement lorsque la décision d’émigrer est prise librement par l’individu concerné, pour des raisons « de convenance personnelle » et sans intervention d’un facteur contraignant externe. »

Afin de bien différencier le migrant du réfugié, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR ou HCR dans l’espace francophone) (nouvelle fenêtre) reprécise la distinction juridique existante entre ces deux catégories :

« Les migrants choisissent de quitter leur pays non pas en raison d’une menace directe de persécution ou de mort, mais surtout afin d’améliorer leur vie en trouvant du travail, et dans certains cas, pour des motifs d’éducation, de regroupement familial ou pour d’autres raisons. Contrairement aux réfugiés qui ne peuvent retourner à la maison en toute sécurité, les migrants […], s’ils choisissent de rentrer chez eux continueront de recevoir la protection de leur gouvernement. »

Le terme réfugié est « défini par la législation internationale et les réfugiés sont protégés par cette dernière. La Convention de 1951 relative aux réfugiés et son protocole de 1967 […]  définit ce qu’est un réfugié et rappelle les droits fondamentaux que les États devraient leur garantir.  » L’apatride est quant à lui désigné par l’OIM comme étant un « individu sans nationalité, soit qu’il n’en ait jamais eu, soit qu’en ayant eu une, il l’ait perdue sans en acquérir une autre. L’état d’apatridie prive l’individu des droits – et supprime les devoirs – attachés à la nationalité à savoir, notamment, le droit à la protection diplomatique et le droit de revenir dans son pays d’origine. En droit international général, la Convention relative au statut des apatrides (1954) organise la condition juridique des apatrides et leur accorde un certain nombre de droits, notamment en matière économique et sociale. »

Une mobilité internationale en hausse

Migrations une nouvelle donneCatherine de Wenden, dans son ouvrage Migrations : une nouvelle donne (nouvelle fenêtre), paru aux Editions de la Maison des Sciences de l’Homme en 2016, précise que « l’on compte aujourd’hui 244 millions de migrants internationaux, selon le département de la Population des Nations Unies (nouvelle fenêtre), un chiffre qui sépare en deux parties égales (120 millions) les migrations se dirigeant vers le nord (sud-nord et nord-nord) et celles s’acheminant vers le sud (sud-sud et nord-sud) de la planète. » (p.15) et évoque également le fait que « le nombre des migrants internationaux a triplé en quarante ans. » (p.16).

La consultation de la carte interactive des flux de migration dans le monde en 2015 (nouvelle fenêtre) sur le site de l’OIM donne à voir précisément et pour chaque pays, les chiffres de l’émigration et de l’immigration ainsi que les trajectoires migratoires.

A ce sujet, C. de Wenden propose, dans son article intitulé « Un essai de typologie des nouvelles mobilités » (nouvelle fenêtre) paru dans la revue « Hommes et migrations » N°1233 de septembre-octobre 2001, une typologie possible des migrations suivant les logiques migratoires  :

  • économiques : migrations entrepreneuriales, techniques, liées à l’environnement – souvent pour échapper à des catastrophes naturelles ou écologiques –, provoquées par des déséquilibres démographiques ou économiques),
  • démographiques (migration familiale, de jeunes, de retraités),
  • politiques (mouvements de réfugiés, migrations coloniales ou héritées de “couples migratoires”, rapatriements).

Comme elle le signifie également dans une vidéo issue du site Hometold et intitulée « Pourquoi migre-t-on ? », les profils des migrants se sont fortement diversifiés : étudiants, travailleurs qualifiés, retraités, réfugiés, déplacés environnementaux… Si les migrations obéissent le plus souvent à une logique purement économique, d’autres facteurs doivent donc aujourd’hui être pris en compte pour mesurer toute la complexité du phénomène :

D’après l’aperçu statistique (nouvelle fenêtre) que donne le HCR pour l’année 2016, l’on constate que 40% des déplacements mondiaux correspondent à des migrations contraintes qui se répartissent de la façon suivante :

  • 65,6 millions de déracinés, avec 24 personnes déracinées chaque minute
  • 22,5 millions de réfugiés, dont plus de la moitié a moins de 18 ans
  • 10 millions d’apatrides

Atlas des migrationsDans son Atlas des migration : un équilibre mondial à inventer (nouvelle fenêtre), paru aux éditions Autrement en 2016, C. de Wenden revient d’ailleurs, en cartes et en infographies, sur les facteurs réels des migrations et interroge les possibles réponses politiques à la crise migratoire que connaît actuellement l’Europe.

L’article élaboré dans le cadre de l’Ecole d’été « Migrations et mondialisations : au-delà des crises migratoires » daté de 2017 et en ligne sur le site de Mediapart (nouvelle fenêtre) donne un éclairage intéressant sur ces nouvelles mobilités et sur la question d’une gouvernance mondiale en ce domaine.

BONUS : une sélection de livres à La Médiathèque

Les rencontres de Liseur : sélection thématique du site de La Médiathèque sur les migrations au 21e siècle (nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 2 décembre à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès- Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

La saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2018, c’est parti !

18 Nov

Vous ne les connaissez pas encore mais vous allez entendre parler d’eux : ils sont 12, femmes et hommes, passionnés, courageux, motivés, littéraires et incorruptibles… Ce sont les jurés du Prix des lecteurs de Levallois 2018.  Choisis parmi de nombreux candidats, ils se sont réunis pour la première fois un soir d’octobre à La Médiathèque. Comme chaque année, Liseur était à l’écoute, pour vous raconter aventures, surprises et secrets des coulisses de ce désormais fameux prix littéraire. Voici donc présentés pour vous en exclusivité les héros de la saga 2018 du Prix des lecteurs de Levallois.

Assis autour d’une grande table, les jurés 2018 semblent très sages. Des « anciens » (les « redoublants », ceux qui rempilent) se saluent, visiblement heureux de se retrouver pour une nouvelle session.  Quand la réunion commence, tous écoutent avec attention le rappel des objectifs de ce prix : remis lors du Salon du Roman Historique de Levallois (qui se tiendra cette année le dimanche 11 mars 2018), il récompense un roman historique écrit par un jeune auteur (jeune par rapport à sa production et pas uniquement en fonction de son âge) grâce à une dotation substantielle conçue comme un encouragement à l’écriture.

jury 12 hommes en colèreQui sont les jurés 2018 ?

Au premier coup d’œil, il est clair que la parité ne sera pas respectée dans ce jury, faute de candidats masculins. Néanmoins plusieurs valeureux Messieurs siègent ce soir autour de la table, dont certains ont déjà participé aux aventures de jurys précédents. Pour ceux qui s’interrogent à ce sujet, l’équilibre est ici respecté puisque quelques jurées 2018 ont elles aussi participé à de précédentes sessions. Quand vient le tour de table de présentation, on commence par ceux qui reviennent, « les redoublants ».

« Mais je suis plus que redoublant », affirme alors l’un de ces Messieurs au moment d’entamer les présentations.

Je lis beaucoup. 90 livres depuis l’année dernière…

Murmures admiratifs autour de la table… Car oui, il y a de quoi faire rêver tout amateur de lecture  !

Je lis un peu trop. J’avale, confesse-t-il presque penaud. D’ailleurs j’ai déjà lu certains romans de la rentrée littéraire, qui peut-être font partie de la sélection.

Et notre juré espère bien que cette fois-ci il va choisir LE très bon cheval, car l’année passée, il « avait de très bons chevaux mais qui n’ont pas franchi la ligne d’arrivée ». Espérons donc que ces tentatives auront été un galop d’essai.

« Moi je lis autant que je peux mais pas autant que je voudrais », regrette une jurée qui elle aussi a eu jusqu’alors du mal à trouver des choses qui l’intéressent parmi les nombreux romans historiques qui paraissent chaque année mais qui compte bien trouver de quoi satisfaire ses envies d’Histoire et de fiction.

Que lisent-ils ?

Évidemment jusqu’au 11 mars, des romans historiques ! Mais que lisaient-ils avant ? En général, de tout : des romans historiques, des polars, des romances, des biographies, « un spectre très large, excepté la poésie », précise l’une.

Tout type de littérature : la blanche, la noire, l’historique. mais je n’aime pas trop le polar historique.

Nous touchons ici un sujet au cœur des débats, passés ou à venir : les genres, leur définition, leur périmètre, leurs caractéristiques… Et d’expérience de bibliothécaire, je peux vous dire que la querelle sur les limites des genres est toujours d’actualité. Mais n’anticipons pas…

Car pour le moment, si certains jurés sont tombés depuis longtemps dans la marmite des romans historiques, une des jurées explique avoir découvert le genre en venant en tant que visiteur au salon. Une autre, plutôt hostile à ce type de roman, a revu son opinion grâce à sa participation précédente au jury :

j’en ai lu pour la première fois à cette occasion, avant je pensais que c’était très ennuyeux, mais c’est tout l’inverse  : pas vieux, pas rébarbatif !

C’est sans doute aussi ce que souhaite cette autre jurée, qui  en raison d’obligations professionnelles et familiales, ne lit que la nuit et cherche donc à éviter les livres qui pourraient être « soporifiques ». Pour elle, la participation au jury est l’occasion de « déceler de petites pépites dans les romans historiques ». Et certainement de passer quelques nuits blanches ?

Que recherchent-ils ?

Une façon d’échanger, de confronter nos idées et… de changer d’avis !

En tête de liste des objectifs annoncés autour de la table, on trouve l’échange, la possibilité de discuter de livres et l’envie de partager avec d’autres amateurs de lecture. À ce sujet, plusieurs jurés diront (à mots plus ou moins couverts) leur frustration à ne pouvoir parler de lecture dans leur cercle de famille ou d’amis et l’espoir de trouver ici, dans ces réunions de jury, un temps d’échange précieux. Une jurée raconte qu’elle avait tenté de mettre en place un petit groupe de lecture, mais « ça n’a jamais marché, on n’avait pas d’échange concerté, on avait un problème de timing ».

Rassurons nos jurés tout de suite :  question échange, ils n’ont aucun souci à se faire, la discussion est même la substantifique moelle de ces réunions et côté timing, ils n’auront pas le choix ! Ils vont devoir être en phase les uns avec les autres, car pour la prochaine réunion, ils auront dû lire les mêmes titres pour pouvoir alors les défendre ou les descendre. La possibilité de confrontation, voire d’opposition, est ce qui les attire, comme l’exprime cette jurée :

C’est parfois assez surprenant. C’est amusant de se dire « je l’ai avalé » et d’avoir en face de soi quelqu’un qui l’a laissé tomber à la dixième page.

Ainsi, autour de la table, il apparait qu’aucun de nos jurés ne rêve de consensus, quoique le mythe du livre qui l’emporterait à l’unanimité lors du vote soit évoqué. Non au contraire, nos jurés sont là pour débattre : » ce qui est intéressant, c’est qu’on a pas tous les mêmes goûts ni les mêmes opinions ».

J’aime que mes lectures m’apportent et m’apprennent quelque chose.

Ainsi, outre l’envie d’en découdre :-), celles d’apprendre et de découvrir une époque par le biais de la fiction font aussi partie des motivations à participer. Auxquelles s’ajoute « s’échapper » comme l’explique en souriant une jurée. « mon métier dans la finance étant loin de la réalité de l’Histoire, la lecture me permet de m’échapper. »

book-112117_640Happy end

Avant de partir, les jurés reçoivent  un petit sac avec leur « matériel » de juré : les deux premiers romans de la sélection, le code électoral (modalités du scrutin de ce prix littéraire) ainsi que la rituelle grille de lecture qui va leur permettre point par point d’affiner leur avis et de « se poser des questions au delà de j’aime-j’aime pas ».

Quand la réunion se termine, tout le monde repart, sac sous le bras, visages animés, échangeant déjà avec ses nouveaux complices de jury sous l’œil attendri de Liseur : car des affinités futures se devinent, des échanges, des rapprochements et des centres d’intérêt communs…  Et d’expérience, nous savons que les jurys finissent bien !

Cet article se termine donc en happy end, sur ce mot d’une jurée* pour qui l’aventure du jury de l’année dernière a été bienheureuse, puisqu’elle confie avec un large sourire aux 11 autres :

Je m’y suis fait une amie.

*Comme le veut la tradition de la saga des jurés du Prix des lecteurs de Levallois, le mot de la fin de chaque épisode revient à un des membres du jury ( souvent à son insu 🙂 mais ils ont évidemment un droit de réponse !

%d blogueurs aiment cette page :