Des livres que vous avez aimés en 2020 : d’autres que vous aimerez en 2021 ?

21 Jan

Vous avez plébiscité un certain nombre d’auteurs sur l’année 2020 : Valérie Perrin, Franck Bouysse, Vanessa Springora, Pete Fromm, Jean-Guy Soumy, Margaret Atwood, Virginie Grimaldi, Jean-Paul Dubois, François Garde, Christian Signol, Romain Puertolas,  Jim Fergus, Karine Tuil, Audur Ava Olafdottir, Eliette Abecassis, Tatiana De Rosay, Françoise Bourdin, Douglas Kennedy, Gilles Le Gardinier, Delphine de Vigan Jonathan Coe, Tiffany Mc Daniel  etc… En ce premier mois de l’année, je vous en propose d’autres, connus ou moins connus qui vous ouvriront d’autres horizons…

Les romans sombres de Franck Bouysse, allégoriques, chargés d’une langue ample et envoûtante, vous ont charmés… Si vous avez déjà lu Né d’aucune femme (nouvelle fenêtre) et Buveurs de vent, (nouvelle fenêtre)  pourquoi ne pas puiser dans un registre plus ancien ? Lisez Glaise (nouvelle fenêtre) qui nous plonge au cœur du Cantal en 1914, en plein cœur d’un monde rural dans lequel couve une tragédie nourrie de la découverte de l’amour, de rancœurs , de fatalisme paysan ; une écriture lyrique qui emporte le lecteur avec une tension qui monte très vite et ne s’éteint jamais.

Toujours dans l’esprit des grands espaces, vous avez aimé un auteur américain de grand talent, Pete Fromm avec son dernier livre Une vie de chantier (nouvelle fenêtre) qui réunit dans les terres du Montana deux âmes-sœurs que la mort sépare. Pourquoi ne pas lire un de ses acolytes du Montana, Rick Bass  ? Dans Sur la route et en cuisine (nouvelle fenêtre) ce grand auteur décide de rendre visite à ses mentors Jim Harrison et autres grandes personnalités de la littérature et de leur cuisiner des petits plats pour les remercier.

Pour renouveler le genre et vous emporter peut-être là où vous ne vous y attendez pas… Transportez-vous dans le décor fabuleux des Appalaches avec  Dans la gueule de l’ours (nouvelle fenêtre) de James A. McLaughin  : c’est une sorte d’éco fiction dans laquelle Rice Moore, employé comme garde-forestier, découvre un ours mort, mutilé. Souhaitant percer ce mystère, il aidera la police scientifique à qui est confiée l’enquête, afin de confondre les coupables, prenant le risque d’exposer son passé.

Dans un autre registre : Aires (nouvelle fenêtre) de Marcus Malte.  L’auteur y fait preuve d’un humour décalé pour y décrire la vie de chacun, avec ses faux gagnants et ses vrais losers. Chaque personnage finira par se croiser. Le romancier dénonce avec beaucoup de causticité les dérives de notre société, ses inepties, ses travers, ses banqueroutes.

La loi du rêveur (nouvelle fenêtre) de Daniel Pennac : dans un grand flou qui fait que l’on ne démêle pas le rêve de la réalité  l’auteur raconte ses rêves dans un style poétique où l’ombre de Fellini se promène.

Lake success (nouvelle fenêtre) de Gary Shteyngart. Barry Cohen est un puissant New Yorkais à la tête d’un fonds spéculatif de 2 milliards de dollars. Toqué de vieilles montres, il se prend pour un type sympa. Lorsqu’il apprend l’autisme de son fils, il embarque dans un Greyhound pour le Nouveau Mexique, et part retrouver son premier amour… Ce road-trip va lui permettre de rencontrer une galerie de personnages qui lui feront réaliser que les nouvelles migrations créent aussi la richesse des États-Unis. C’est un beau roman sur la paternité et la rédemption.

Une machine comme moi (nouvelle fenêtre) de Ian MCEwan :  Londres dans les années 80 avec les avancées technologiques de nos jours. C’est ainsi que Charlie fait l’acquisition d’Adam, un androïde doté d’une intelligence artificielle très perfectionnée. Adam sait tout faire et proclame même son amour pour Miranda la compagne de Charlie. L’auteur parvient avec finesse à mettre en rapport les catastrophes économiques et sociales de l’Angleterre et le danger de créer ce que l’on ne peut contrôler.

Le dernier Syrien (nouvelle fenêtre) d’Omar Youssef Souleimane. À Damas en 2011  alors qu’un vent de liberté souffle sur la jeunesse Syrienne brimée qui manifeste son opposition après quarante ans de silence et de peur, homosexualité et tradition, civilisation et oppression, sentiments et loyautés s’opposent et se croisent. Jusqu’au drame qui balaie les destins. Le printemps arabe vécu de l’intérieur et porté par la plume intense et poétique d’Omar Youssef Souleimane  !

Kim Ji Young, née en 1982 ( nouvelle fenêtre) de Cho Nam-Joo. Le livre s’ouvre sur la fin de vie d’une Coréenne qui a sombré dans la folie. On remonte en six chapitres le fil de sa vie au fur et à mesure, avec un habile jeu de miroir entre la condition des femmes en Corée du Sud et son carcan, et celle de la condition des femmes françaises, corset invisible d’injustices et de discriminations.

Nos rendez-vous ( nouvelle fenêtre)  d’Eliette Abecassis :  Amélie et Vincent se rencontrent adolescents à la fin des années 80, chacun des deux ressent un coup de foudre mais ils ne se l’avouent pas. Ils se donnent rendez-vous mais la jeune femme est en retard. Leurs destins respectifs prendront une autre route et il leur faudra attendre presque trois décennies pour qu’enfin, vieillis, mûris, cabossés, ils puissent finir par s’avouer, et avouer à l’autre, qu’ils étaient faits l’un pour l’autre.

Aux armes (nouvelle fenêtre)  de Boris Marme : ce premier roman d’un auteur français se passe aux États-Unis. Adjoint au shérif dans un lycée Wayne Chambers accourt sur les lieux où on entend des coups de feu, mais il demeure figé à proximité du bâtiment. Il ne parvient pas à intervenir. Quand la fusillade cesse, quatorze corps sont allongés sur le sol. La presse s’empare de l’événement pour le vilipender alors qu’il n’était aucunement prêt au statut de héros.

Le Cerbère blanc ( nouvelle fenêtre) de Pierre Raufast : Mathieu et Amandine se connaissent depuis toujours, ils sont âme-sœur. Quand les parents de Mathieu meurent dans un accident tragique, c’est décidé, Mathieu consacrera sa vie à défier la mort : il quitte la vallée et sa dulcinée. Pierre Raufast aborde les métamorphoses de nos choix, de nos amours et de nos âmes.

Le sourire du scorpion ( nouvelle fenêtre) de Patrice Gain. C’est un roman noir en deux temps : le premier voit Tom, sa sœur jumelle Luna et leurs parents s’embarquer dans la descente en raft d’une rivière chahutée du Monténégro. Trois jours de vacances sportives et dépaysées sous la conduite de Goran, leur guide et ami. Un raft-trip qui va rapidement virer au drame. le second, va confronter la famille à l’absence, à l’incompréhension, au soupçon, à la vengeance…

La femme révélée (nouvelle fenêtre) de Gaelle Nohant. Violet est une jeune Américaine qui fuit son pays et son fils et débarque à Paris sans argent, mais avec son appareil photo, elle se révèle grâce à cet objet qui donne à voir les gens à la marge des années 50, offrant un regard sur cette société invisible.

Tu seras un homme mon fils (nouvelle fenêtre)de Pierre Assouline. Louis Lambert, prof de français, rencontre à la veille de la première guerre mondiale son auteur fétiche Rudyard Kipling, auteur du poème « If » connu en France sous « Tu seras un homme mon fils ». L’auteur va tenter de faire la lumière sur la disparition du fils du grand auteur à la guerre et la responsabilité du père.

Otages (nouvelle fenêtre) de Nina Bouraoui. Court et efficace, ce texte universel achoppe sur une question contemporaine avec le personnage de Sylvie Meyer, mère de deux enfants, séparée, dont la rupture bien que douloureuse se passe sans bruit. Elle reste digne, étouffant le manque et les regrets. Mais cadre dans une entreprise qui périclite, les injonctions patronales sont de plus en plus pesantes. Jusqu’à la mission de trop, si éloignée de ses principes.Cette accumulation de pressions et de non-dits porte le germe d’une violence silencieuse et crée peu à peu une fissure. La dépression qu’elle planque la prive aussi de la notion de plaisir et du désir « qui est la vie, l’élan, la force ». C’est paradoxalement à partir de ce point de bascule que la narratrice va se sentir exister.

Trop beau (nouvelle fenêtre)  d’Emmanuelle Heidsieck dénonce, à travers l’histoire un peu surprenante de Marco (qui estime avoir été lésé à cause de sa trop grande beauté), certains excès conduisant finalement tout un chacun à se plaindre pour tout et rien et à se considérer, à tort ou à raison, comme victime. Mais bien qu’il faille donc sans doute voir ironie et humour dans ce récit, l’auteure pointe avec acuité le démantèlement du modèle social français face à la montée de l’individualisme. La concurrence des plaintes entre les discriminés de tous ordres n’annonce-t-elle pas la dislocation de la société ?

Finissons par une note de légèreté : Le répondeur (nouvelle fenêtre)  de Luc Blanvillain. Jean Chozène est un romancier célèbre, mais assiégé d’opportuns aussi il demande à un jeune imitateur en mal de succès, Baptiste, de répondre à sa place. S’en suivent des quiproquos et un roman jubilatoire qui dénonce avec finesse, malice et profondeur, les symptômes d’une époque où l’on est toujours connecté.

Bonnes lectures ! Tous ces livres sont disponibles ou réservables dans votre Médiathèque, en livre ou à télécharger !

Des bandes dessinées pour la jeunesse à lire en ligne pour le week-end !

16 Jan

Voici une sélection de bandes dessinées pour la jeunesse à lire en ligne  ! Du petit âne Ariol bien connu des plus jeunes à la série Gargouilles, découvrez le catalogue de BD numérique proposé par Bibliovox en vous connectant sur votre compte sur le site de La Médiathèque (nouvelle fenêtre)

À partir de 5/6 ans

Grand succès de la littérature jeunesse, (re)découvrez Ariol, un sympathique petit âne bleu, sa vie quotidienne à l’école, ses copains, ses amours…

 

 

Léopold a 5 ans, et il peut se rendre invisible ! Il va profiter de ce pouvoir pour faire des farces et des bêtises, qui ne plairont pas à sa sœur et ses parents mais qui vous feront sûrement bien rire !

 

 

Princesse Libellule attend son prince charmant qui se fait attendre…

 

 

 

Œil vif, nattes qui rebiquent et salopettes, Zélie Bistouri n’est jamais à court d’imagination. En avant toute ! À l’abordage, moussaillons !

 

 

À partir de 8/9 ans

Il était une fois un petit garçon à la drôle de tête de dragon qui rêvait d’aventure. Confronté aux moqueries des enfants du village, Brüssli s’imagine en courageux chevalier, et s’invente des parents princiers.

 

 

Grégoire n’est pas content : son père a hérité d’une maison famil iale et a décidé d’y installer toute sa petite famille. Partir dans un endroit inconnu ne lui plaît pas du tout, et en plus demain c’est la rentrée des classes !

 

 

Grégoire peut voler, lancer des flammes et se téléporter,  mais il aspire à une vie normale, éloignée des responsabilités qui accompagnent un tel don. Depuis ce jour où il est devenu mage, il est garant de la bonne cohabitation entre le monde des hommes et celui des créatures magiques. Grégoire est le gardien des mondes cachés.

 

Suite au décès de sa mère, Dwayne et sa famille partent s ‘installer là où sa mère a grandi : un petit appartement à Brooklyn. L‘adaptation à cette nouvelle vie est difficile mais un gang de jeunes justiciers va le recruter : ensemble, ils enquêtent sur des monstres cauchemardesques surgis des profondeurs de la ville.

 

  • VICTOR & CLINT (nouvelle fenêtre) de Marion Duclos
    Lorsque Victor se coiffe de son Stetson, il devient Clint, cowboy renfrogné de l Ouest américain. Colt en main, il s enfuit dans un Far West imaginaire où les parents se transforment en shérifs et les bicyclettes en fidèles destriers. Une ode aux échappées imaginaires sous forme de western spaghetti plein de verve et de réparties cinglantes !

 

 

Les animaux héros de romans (2e partie) : les romans contemporains

9 Jan

En littérature, l’écrivain utilise l’animal et le fait sortir de son silence supposé en le dotant de la voix humaine. Pour exprimer leurs pensées, leurs sentiments et communiquer entre eux, les hommes possèdent la faculté du langage. Un texte littéraire se construit à partir du langage. Devenues personnages de fiction, les bêtes vont prendre la parole… Après Les animaux héros de romans, les classiques voici ceux des romans contemporains.

Les romanciers contemporains ont exploité cette veine « animalière  » par exemple, Diane Ackerman dans La femme du gardien de zoo (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque-nouvelle fenêtre ) : on y voit un couple exemplaire, d’abord voué à la cause animale, s’engager soudain dans une lutte secrète et acharnée contre l’oppression nazie, qui leur vaudra d’être reconnus Justes parmi les nations.

Eric Chevillard , Du hérisson (nouvelle fenêtre) : un écrivain s’apprête à écrire sa vie quand il est perturbé par l’apparition d’un hérisson installé sur sa table. Commencent alors les interrogations, des digressions, des anecdotes, sur ce hérisson inattendu et du coup, le récit de sa vie n’avance pas. Surprenant, drôle et réjouissant par moment mais plus à considérer comme un exercice de style brillant.

Sylvain Tesson,  La panthère des neiges (nouvelle fenêtre) : Sylvain Tesson rend hommage à la nature et à l’animal- une panthère des neiges-, cet ode est sublimé par une langue à l’affût de ses méditations.

Jean-Baptiste Del Amo  : Règne animal (nouvelle fenêtre), une exploitation agricole, à la fin du XXe siècle, environnée de la présence des  animaux. Grand roman sur la dérive d’une humanité acharnée à dominer la nature, et qui dans ce combat sans pitié révèle toute sa sauvagerie – et toute sa misère.

Jean-Claude Bailly  : Le versant animal (roman à lire en ligne sur le site de La Médiathèque- nouvelle fenêtre)  : l’auteur dresse un bestiaire littéraire, pour un inventaire qui se déploie avec fantaisie, le lecteur étant ou animal traqué ou chasseur.

Christian Oster. Loin d’Odile (nouvelle fenêtre) : une histoire minuscule drôle et percutante, d’une mouche qui revêt le prénom de la femme qui le quitte. Un livre dans l’observation du quotidien pour nous parler sans pesanteur de la gravité de la vie,

Agnès Desarthe  : Une partie de chasse (nouvelle fenêtre). Tristan, non amateur de chasse, se trouve obligé de s’y rendre, malencontreusement il blesse un lapin, le cache dans sa gibecière et s’en suit un dialogue entre eux.

Durian Sukegawa :  L’Enfant et l’oiseau (nouvelle fenêtre). L’histoire débute comme un conte dans lequel un oisillon corbeau blessé est sauvé par une mère divorcé dont le fils, Yôichi, va se prendre d’amitié. le corbeau prénommé Johnson sera le narrateur ce qui permet de découvrir la (sur)vie délicate des corvidés en milieu urbain.

John Fante  : Mon chien stupide (nouvelle fenêtre). Un chien idiot débarque dans une famille au bord de la crise de nerf. Il sera les révélateur du malaise ambiant, tout cela assorti d’insolence et d’humour pour masquer les fêlures.

Luis Sepulveda :  Le monde du bout du monde (nouvelle fenêtre). Mêlant réalité et fiction, Le Monde du Bout du Monde décrit le long voyage d’un jusqu’à l’archipel de la Terre de Feu et sa rencontre avec les cétacés. Et l’on assiste à un véritable pamphlet  écologiste.

Camille Brunel La guérilla des animaux ( nouvelle fenêtre). Ce livre est entièrement dédié à la fameuse cause animale, ses souffrances et certains chapitres sont « pensés » par l’animal lui-même qui se pose des questions sur les agissements des humains mais aussi sur le dérèglement climatique qui fait qu’il a moins de nourriture.

Stéphane AudéguyHistoire du lion personne (nouvelle fenêtre). On suit la vie d’un lion sur fond d’histoire de France, de la fin de l’ancien régime au directoire, au Sénégal. À la manière de Jean-Jacques Rousseau, l’auteur en fait un livre charmant et instructif.

Joy SormanLa peau de l’ours (roman à télécharger sur le site de La Médiathèque- nouvelle fenêtre). Un séjour dans la peau d’un ours nous laisse a penser que l’homme se conduit bien mal avec les animaux.

Coop-Phane : Le procès du cochon (nouvelle fenêtre). Nous assistons au procès d’un cochon, des siècles en arrière pour fouiller les sentiments humains, c’est un texte allégorique où chacun se retrouvera ou pas.

Serge JoncourChien-loup (nouvelle fenêtre). C’est l’histoire d’un village du Lot au passé rempli de bêtes et anéanti par la guerre.

Paul Auster dans Tombouctou (nouvelle fenêtre) nous offre avec Mister Bones la vision d’un chien sur la vie et la mort. Un livre atypique de l’auteur, sorte de conte agréable et touchant.

Bernard Werber : Sa majesté des chats (nouvelle fenêtre) C’est aussi un livre fantastique qui anthropomorphise les animaux, c’est avant tout un livre d’évasion qui n’a d’autre but que la détente.

Tous ces romans sont empruntables en Click and collect ou réservables (s’ils sont déjà empruntés) à La Médiathèque  !

Des romans contemporains sur l’Afrique

5 Jan

Grâce à des auteurs comme Alain Mabanckou et Léonora Miano qui mettent leur renommée au service d’une vision plus contemporaine de l’Afrique, nous, lecteurs, découvrons peu à peu, bien que timidement, la littérature du continent noir. 

Voici une sélection de titres qui donnent à voir l’Afrique d’aujourd’hui et éclairent les ressorts de son imaginaire.

Love is power ou quelque chose comme ça d’Adrian Igoni Barrett (nouvelle fenêtre)

Dans la lignée directe d’Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie (nouvelle fenêtre)ce recueil de neuf nouvelles nous plonge dans le quotidien d’un Lagos en pleine mutation. Igoni Barrett décortique les différentes strates de la société, sa violence (morale, conjugale, sexuelle), ses injustices journalières, son extrême pauvreté, sa corruption. Seuls remèdes à cette réalité insoutenable: la tendre naïveté des protagonistes et l’ironie que l’auteur manie avec brio. Sans oublier une langue qui nous porte jusque dans les entrailles de la ville…

 

Les cris de l’innocente d’Unity Dow (nouvelle fenêtre)

Dans un dispensaire en pleine brousse, la jeune Amantle découvre les habits ensanglantés d’une petite fille qui, prétend-on, a disparu cinq ans plus tôt, sans doute « dévorée par un lion ». Amantle n’en croit pas un mot et va mener l’enquête contre l’avis de sa hiérarchie. Sous couvert d’une intrigue policière, Unity Dow, première femme juge à la cour suprême du Botswana, rend compte d’une superstition doublée d’une pratique cruelle, encore en cours dans ce pays: le diphego, qui consiste à enlever des enfants pour leur prélever des organes afin d’en faire des amulettes protectrices. En creux de ce roman se dessine une critique sans appel de la société botswanaise, engluée dans son administration défaillante et corrompue. Un texte vertigineux, avec un dénouement à glacer le sang.

Dérangé que je suis d’Ali Zamir (nouvelle fenêtre)

Dérangé, le surnom d’un jeune homme au comportement fantasque, employé comme docker à décharger les bateaux dans le port de Mutsamudu sur l’île d’Anjouan, aux Comores ; une vie misérable à courir tout le jour avec son chariot de marchandises à transporter dans les rue encombrées de la ville mais dont il se contente, faute de mieux, et dont il nous raconte le quotidien et les péripéties, incluant son irascible voisin, « Casse-pieds », ainsi q’un improbable trio de dockers concurrents, les « Pi-Pi-Pi » (pour Pistolet, Pirate et Pitié). Une vie difficile mais relativement tranquille, en somme. Jusqu’à sa malencontreuse rencontre avec une cette belle et riche femme, à laquelle, pour son plus grand malheur, il va se refuser… Un bref récit virevoltant, inondé de soleil, dégoulinant de sueur et de sang, à mi-chemin entre la fable insulaire et le conte philosophique, que vous n’êtes pas près d’oublier. 

No Home de Yaa Gyasi (nouvelle fenêtre)

Parfois, pour parler du présent, il convient de revenir sur le passé. C’est la démarche de Yaa Gyasi dont le roman raconte l’histoire de son pays d’origine, le Ghana, du XVIIIe siècle jusqu’à aujourd’hui. À cheval entre l’Afrique et l’Amérique, le roman retrace le destin de deux sœurs, Effia et Essi, pendant la traite des esclaves. L’une, très belle, épousera un colonel et vivra une vie aisée en Europe. L’autre sera déportée en Amérique comme esclave et mènera une vie de souffrances. Trois siècles plus tard, pendant que les descendants d’Essi luttent pour la reconnaissance de leurs droits dans le Maryland aux États-Unis, ceux d’Essia peinent à trouver leur place au Ghana où ils sont perçus comme les anciens esclavagistes et se trouvent confrontés au poids des croyances. Ambitieux par sa forme, remarquable dans son contenu, No home est l’oeuvre brillante d’une romancière à suivre.

Les pêcheurs de Chigozie Obioma (nouvelle fenêtre)

Akure, au Nigeria. Ikenna, Boja, Obembe, Benjamin, David et Nkem, cinq frères et sœurs Igbo y mènent une vie soudée et disciplinée jusqu’à ce jour de janvier 1996 où leur vie bascule… Leur père, employé à la Banque Centrale, est muté à l’autre bout du pays où il ne peut amener sa famille. Profitant alors de l’absence de leur mère partie travailler, les quatre aînés tout juste sortis de l’école vont pêcher au bord du fleuve Omi-Ala, endroit qui leur est interdit… Sous forme de fable fratricide mêlant histoire familiale et histoire politique récente du Nigeria, Chigozie Obioma signe un premier roman puissant qui fut l’un des finalistes du Man Booker Prize 2015.

Tous ces livres sont disponibles en click & collect (nouvelle fenêtre) ou en réservation s’ils étaient déjà empruntés. 

Bonne lecture !

En passant

Meilleurs vœux 2021

1 Jan

L’équipe des rédacteurs des blogs de La Médiathèque vous souhaite une excellente nouvelle année : qu’elle soit sereine, joyeuse, légère, littéraire, cinématographique, numérique, musicale, historique, formatrice et compte-tenu du contexte, en bonne santé !

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