Les blogs prennent leur pause estivale

13 Juil

Comme chaque année, depuis leur naissance il y a maintenant 4 ans, les blogs de La Médiathèque cessent leurs publications de la mi-juillet à la fin aout 2018. L’équipe des rédacteurs prend ainsi un peu de repos et vous souhaite un très bon été, où que vous soyez !

Tout au long de la saison 2017-2018, nous avons écrit près de 300 articles, rédigé des milliers de phrases et repéré des centaines de ressources que nous avons eu le plaisir de vous faire connaitre ou (re)découvrir ! Tous ces articles ne vivent que par vous aussi nous vous remercions de les avoir lus, appréciés, partagés, likés et parfois commentés ou critiqués.

Nous reviendrons à la rentrée avec de nouvelles idées et pleins d’enthousiasme pour la saison 2018-2019. Et même un nouveau blog…

N’hésitez pas à profiter de ces deux mois pour lire ou relire nos articles précédents : que vous ayez des envies de lecture, de conseils de musique ou de cinéma, que vous vouliez vous renseigner sur le monde du travail ou sur une formation, ou que vous ayez envie de mieux connaitre l’histoire de votre ville, vous trouverez de quoi vous satisfaire sur les cinq blogs de La Médiathèque !

Et vous pourrez les lire partout : au bureau, en vacances ou dans les transports.

Bon été à tous !

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Quels romans mettre dans vos valises pour cet été ?

6 Juil

À la veille des premiers départs en vacances, il est plus que temps de songer aux lectures que vous emporterez cet été, parole de bibliothécaire. Après Les romans à mettre dans vos valises pour l’été 2017, La Médiathèque vous propose pour vous guider en 2018 une sélection de romans à glisser dans votre sac à main, de randonnée, ou de plage.

Comme l’année passée plusieurs choix s’offrent à vous :

1, 2, 3, 4 titres selon la durée de votre séjour.
Les gros qui plomberont votre sac, pour être sûr de ne pas manquer.
Les ultralégers pour en lire plein.
Les numériques pour l’aspect pratique.
Les sérieux, les classiques…tous les choix sont permis !

Mais vous avez peut-être déjà votre petite idée…

Indu Boy de Catherine Clément (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Indu Boy de Catherine Clément.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

L’avis de Marie-Anne Sburlino sur Unidivers, le web culturel breton : « Catherine Clément est une écrivaine de grand talent. En deux-cent pages, elle tisse les grands évènements politiques de l’Inde et la vie familiale des Nehru. Dynamisant son récit avec les coutumes d’un pays qu’elle connaît parfaitement et des anecdotes symboliques, elle brosse un portrait sans concession d’une femme exceptionnelle, d’un destin qu’elle élève en légende ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre)

L’avis de Marine Landrot dans Télérama : « Son pays et les États-Unis, le passé et le présent, la tristesse et la drôlerie : la saga tonitruante et sensible d’une Nigériane partie affronter son destin ». Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

Bakhita de Véronique Olmi (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Bakhita de Véronique Olmi.

L’avis de Françoise Dargent dans Le Figaro Culture : « Pour écrire cette fresque romanesque, l’auteur s’est inspiré d’une histoire réelle, celle de Sainte Joséphine Bakhita, religieuse d’origine soudanaise qui fut canonisée par le pape Jean-Paul II, première Africaine a être élevée à la gloire des autels. Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

Sheila Levine est morte et vit à New-York de Gail Parent (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Sheila Levine est morte et vit à New-York de Gail Parent.

L’avis d’Elisabeth Philippe des Inrockuptibles : « Gail Parent conte les déboires sentimentaux de Sheila Levine, trentenaire new-yorkaise qui décide de mettre fin à ses jours. Un livre culte des seventies, comédie irrésistible entre Philip Roth et Lena Dunham ». Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

 

Une vie comme les autres de HanaYanghira (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Une vie comme les autres de HanaYanghira.

L’avis de Raphaëlle Leyris du Monde des livres : « Avec « Une vie comme les autres », l’écrivaine américaine réussit à faire ressentir au lecteur les souffrances de son héros ». Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

 

Terre des oublis de Duong Thu Huong (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Terre des oublis de Duong Thu Huong.

L’avis d’Antoine Audouard du Monde Magazine : « Je lui avais adressé une lettre par l’entremise de son éditeur américain. Je lui racontais que, dans une soirée du PEN club – une association internationale d’écrivains qui la soutient depuis longtemps – de New York où elle avait été invitée, j’avais lu quelques pages de son extraordinaire Terre des oublis ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Nuit de Bernard Minier (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Nuit de Bernard Minier.

L’avis de Jacques Tessier sur le blog un-polar.com : « Faux-semblants, illusions et transformations des êtres, qui ne restent jamais identiques à eux-mêmes dans le cours de leur vie, richesse des détails et cohérence de l’histoire, tout cela fait de ce cinquième roman de Bernard Minier un livre passionnant à lire, de la première à la dernière page. « . Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

Visionnez la présentation de Marie-Joseph Biziou, libraire à la Procure :

 

Face au vent de Jim Lynch (catalogue de La médiathèque-nouvelle fenêtre) Face au vent de Jim Lynch.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

L’avis de Michel Abescat sur Télérama : « Ils sont embarqués sur le même bateau, pour le meilleur et pour le pire. « Pendant des années, la voile nous a unis. Nous étions régatiers, constructeurs et plaisanciers. C’était à la fois notre entreprise familiale, notre sport et notre drogue favorite. Et puis, la voile a fini par nous séparer ». En une phrase le livre est résumé, mais rien n’est dit tant le charme de ce texte doux-amer, aussi drôle que déchirant, tient à ses détails et à la finesse de son regard ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

Une longue impatience de Gaëlle Josse (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Une longue impatience de Gaëlle Josse.

L’avis de Nicole Grundlinger sur le blog mots pour mots : « Chère Gaëlle, votre livre est tout simplement bouleversant. Vous parvenez à nous faire approcher au plus près de l’intimité des sentiments d’Anne Quémeneur. Une femme simple, un roseau plié par les bourrasques, malmené par les vents violents, une femme qui puise dans sa terre et dans l’amour niché au creux de son ventre la force de vivre. Une femme qui vibre intensément à l’intérieur sans laisser aucune prise au regard des autres ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

La vérité sur l'affaire Harry Québert de Joël Dicker (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

La vérité sur l’affaire Harry Québert de Joël Dicker.

L’avis de Brigitte Bontour sur BibliObs : « Dans ce roman d’une fougue et d’une habileté déconcertante, qui va beaucoup plus loin qu’une simple intrigue policière, le lecteur est déstabilisé, charmé, subjugué, sans cesse lancé sur de fausses pistes ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

Une terre d'ombre de Ron Rash (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Une terre d’ombre de Ron Rash.

L’avis de Victoire Nguyen sur La cause littéraire : « Ron Rash donne ici une peinture sombre des relations humaines fondées sur l’intérêt, l’ignorance et la cruauté. Les âmes innocentes sont traquées sans ménagement et l’innocent doit payer de son sang pour assouvir la soif de vengeance de la communauté. C’est un roman à l’équilibre fragile car le lecteur est constamment en alerte. Il sait que l’orage va arriver. Il sait que le châtiment tombera sur la tête de Hank et de sa sœur ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Cette chose étrange en moi d'Orhan Pamuk (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Cette chose étrange en moi d’Orhan Pamuk.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

Écoutez l’entretien de Christophe Ono dit Biot avec Orhan Pamuk sur France Culture :

En faisant résonner les voix de Mevlut et de ses amis, Orhan Pamuk décrit l’émergence, ces cinquante dernières années, de la fascinante mégapole qu’est Istanbul. Cette « chose étrange », c’est à la fois la ville et l’amour, l’histoire poignante d’un homme déterminé à être heureux.

Le temps des écrivains : entretien de Christophe Ono dit Biot avec Orhan Pamuk sur France Culture (nouvelle fenêtre)

Le sympathisant de Viet Thanh Nguyen( catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Le sympathisant de Viet Thanh Nguyen.

L’avis de Frédéric Roussel sur Libération : « Le Pulitzer 2016 revisite de façon inédite la guerre du Vietnam par la voix d’un métis devenu espion ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

L'art de la joie de Goliarda Sapienza (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) L’art de la joie de Goliarda Sapienza.

L’avis de Jean Laurenti dans le Matricule des anges : « Un demi-siècle de combat sans répit pour accéder à la liberté et à la connaissance de soi : écrivant la vie d’une femme hors du commun, Goliarda Sapienza façonne un écrin romanesque torrentiel et baroque ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

My absolute darling de Gabriel Tallent. (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) My absolute darling de Gabriel Tallent.

L’avis de Jean-François Schwab sur le blog du Courrier international : « […] C’est effectivement un roman à ne pas manquer, complètement dingue, perturbant, bouleversant, à lire absolument, malgré sa noirceur, sa violence, son horreur. Son chemin vers la délivrance et la liberté en est d’autant plus phénoménal et sublime. C’est un livre dérangeant, secouant, éprouvant. Il vous sera impossible de l’oublier une fois terminé. Ni le roman ni cette littérature de haute voltige ni son exceptionnelle traduction. Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

1177 avant J.-C., le jour où la civilisation s'est effondrée d'Eric H. Cline (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)1177 avant J.-C., le jour où la civilisation s’est effondrée d’Eric H. Cline.

L’avis de Marc Semo sur Libération : « «Nous avons avons beaucoup à apprendre des vestiges de civilisations pareillement interconnectées qui se sont effondrées il y a trois mille ans», écrit Eric H. Cline. Sa recherche, qui s’appuie sur de nombreuses sources historiques et archéologiques, est fascinante d’abord de par son approche globale, étudiant ces civilisations de la Grèce, de l’Asie mineure ou du Nil dans leur interdépendance, qui fut l’une des principales causes de leur effondrement, après avoir été la source de leur richesse. Lire la suite (nouvelle fenêtre).

Léviathan de Paul Auster (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Léviathan de Paul Auster.

L’avis de Buzz-littéraire : « Léviathan est un roman polymorphe, une hydre à plusieurs têtes pour reprendre la métaphore mythologique. En effet, tout commence (hormis la scène initiale qui précède le long flash-back) comme un film de Woody Allen, tendance « Maris et femmes » avant de basculer dans le thriller croisé western à la Clint Eastwood ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Anansi boys de Neil Gaiman (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Anansi boys de Neil Gaiman.

L’avis d’Olivier Girard dans la revue le Bifrost sur le blog des éditions le Bélial’  : « Et alors ? Anansi Boys appartient à cette famille bizarre des livres trop bien faits. Non pas qu’on s’y ennuie, loin de là, mais il est sans aspérité aucune, d’un excellent niveau global mais dénué de scènes véritablement fortes, curieusement dépourvu de toute vibration. Bref, on se dit que oui, décidemment, ce Gaiman est vraiment fort, qu’Anansi Boys est un pur livre plaisir (plaisir de l’auteur à l’avoir écrit, c’est flagrant, plaisir de lecture pour celui qu’y s’y plonge, c’est tout aussi évident) ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

Germania d'Harald Gilbers (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Germania d’Harald Gilbers.

L’avis de Véronique Richebois dans Les Echos : « Germania, couronné du prix littéraire Friedrich Glauser, est tout sauf une resucée laborieuse des aventures de Bernie Gunther, la star de la Kripo inventée par Philipp Kerr. L’intrigue ficelée autour de ce serial killer, qui frappe à une cadence redoublée et provoque les autorités en profanant les monuments de 1914-1918, allant jusqu’à déposer un svastika de chair devant la Chancellerie, est brillante ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Une Antigone à Kandahar par Joydeep Roy-Bhattacharya (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Une Antigone à Kandahar par Joydeep Roy-Bhattacharya.

L’avis de Mélanie Talcott sur le blog Mediapart : « Ni ouvrage contre le terrorisme, ni récit antimilitariste, Une Antigone à Kandahar souligne néanmoins l’absurdité de notre angélisme qui berce l’arrogance de nos démocraties, nous persuadant que nous avons tous les droits et par-dessus tout, le Droit comme un blanc-seing ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L'anneau de Moebius de Franck Thilliez( catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) L’anneau de Moebius de Franck Thilliez.

L’avis de Pascal Kneuss sur Passion-romans : « L’anneau de Moebius, une magnifique interprétation de la distorsion… Une fois de plus, l’auteur nous incite à faire tourner nos petits neurones à haut régime. Moult questions vont se chevaucher dans notre « caboche », jusqu’à ce que nous puissions établir notre propre version des choses par rapport à ce que l’auteur nous envoie en pleine figure. Des questions en relation avec notre destin, les possibilités qui s’offrent à nous pour changer les choses, en connaissance de cause ou non ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

Mille petits riens de Jodi Picoult (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Mille petits riens de Jodi Picoult.

L’avis de Chloé Niccolo sur ActuaLitté : « Inspiré d’une histoire vraie, les Mille petits riens de l’Américaine Jodi Picoult nous plongent dans un récit de la vie ordinaire : ségrégation, racisme, délitement social, mais aussi le combat silencieux et digne des petits et des sans voix pour faire émerger le bien au milieu du chaos moral ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Le cercle de Dave Eggers (catalogue de La médiathèque-nouvelle fenêtre) Le cercle de Dave Eggers.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

L’avis d’Yves Perreau des Inrockuptibles : « En digne descendant de George Orwell et de William S. Burroughs, Dave Eggers renouvelle la littérature d’anticipation dystopique. Chef-d’œuvre du genre, le Cercle est le premier grand roman de notre nouvelle ère hyper numérique ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Chanson de la ville silencieuse d'Olivier Adam (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Chanson de la ville silencieuse d’Olivier Adam.

L’avis de Laurence Houot pour la rubrique livres de Culturebox : « On se laisse embarquer par la voix sensible de cette jeune femme poussée comme une herbe sauvage dans un monde peuplé d’adultes égocentriques. On suit son errance dans les rues et les nuits de Lisbonne, sa quête pour sortir d’un brouillard surgi d’une enfance sans souvenirs ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

Les portes de fer de Jens Christian Grondahl.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

L’avis de Fabienne Pascaud sur Télérama : « C’est toute une génération européenne que racontent avec tendresse et brio ces Portes de Fer ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’autre qu’on adorait de Catherine Cusset.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

L’avis de Siegfried Forster sur rfi  : Catherine Cusset: «L’autre qu’on adorait», le coup de cœur 2016 (nouvelle fenêtre) 

 

 

La revanche de Kevin de Iegor Gran.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

L’avis de Bernard Quiriny dans Chronicart : « Avec son style comique et fantaisiste (notes de bas de page, etc.), sa cruauté calculée, son ironie pleine de flegme, Gran est décidément l’héritier des meilleurs satiristes, veine qu’il cultive dans la fiction comme dans l’essai (cf. son Ecologie en bas de chez moi ou, récemment, le recueil de ses chroniques pour Charlie). Il y a du Marcel Aymé chez lui, en style funky ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Un grand merci à tous les chroniqueurs des blogs, sites, magazines dans lesquels j’ai pioché ces avis ainsi qu’aux bibliothécaires pour leur travail de sélection judicieux.

Bonne lecture de nos romans préférés de l’été 2018 !

Le Goncourt 2018 de la biographie a été attribué à …

2 Juil

Né en 1980, le premier Goncourt de la biographie fut décerné à Jean Lacouture pour son ouvrage sur François Mauriac édité au Seuil. Le 5 juin 2018, le nom du lauréat du Prix Goncourt de la biographie – qui s’appelle depuis peu le prix Goncourt de la Biographie Edmonde Charles-Roux-, a été dévoilé :  il s’agit de Denis Demonpion pour son livre Salinger intime : enquête sur l’auteur de L’Attrape-cœurs (nouvelle fenêtre) édité chez Robert Laffont.

Salinger intime : Enquête sur l'auteur de L'attrape-coeurs de Denis Demonpion (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Parmi les prix littéraires et particulièrement parmi les descendants du Goncourt, celui-là est presque un jeunot. Il vient d’ailleurs de se voir rebaptiser Prix Goncourt de la Biographie Edmonde Charles-Roux. Il est traditionnellement attribué par les académiciens lors de leur dernière séance avant l’été et remis à Nancy lors de la manifestation littéraire annuelle Le livre sur la place, soulignant ainsi les liens de cœur entre la famille Goncourt et la ville lorraine (lieu de naissance d’Edmond Goncourt).  Le choix de ce lieu témoigne aussi des liens de mémoire entre l’actuelle Académie Goncourt et la ville de Nancy, puisque celle-ci héberge depuis 1988 les archives de la vie de l’académie ainsi que des documents ayant appartenu aux frères Goncourt.

Les tendances d’un prix presque quarantenaire

Si l’on se penche attentivement sur les sujets des ouvrages récompensés depuis près de 40 ans, on peut y déceler un certain esprit de famille : littéraire et cultivé 🙂

Ce prix étant une sorte d’arrière-petit-cousin de l’illustre Goncourt né en 1903, on trouve dans les livres lauréats une majorité de biographies de romanciers et personnalités littéraires (27 livres / 37 ouvrages récompensés). Parmi ces hommes de lettres figurent tout de même quelques artistes, musiciens, cinéastes, collectionneurs ou mécènes. On y trouve quelques outsiders comme une célèbre femme de mode, un militaire jeune héros de la guerre de 1870 et de la Commune ou encore un personnage aussi mythique que biblique : Moïse. Malgré ces deux derniers exemples, les héros des livres lauréats appartiennent généralement au XXe siècle.

Il est amusant de constater que parmi les personnalités choisies comme thèmes de ces sommes de savoir, la parité n’est pas véritablement de mise puisque seules 11 femmes sont au centre de ces biographies. Pour en tirer de potentielles conclusions sur la représentation de la femme en biographie goncourable, il faudrait analyser tous les titres sélectionnés, mais là n’est pas l’objet de cet article !  Néanmoins, on peut imaginer que le nom actuel du Prix qui rend hommage à une femme pourrait faire infléchir cette courbe à tendance sujet masculin, même si évidemment chacun sait que le prix est attribué sur des critères de qualité et non de genre du sujet étudié 🙂

Pour l’anecdote : en 2006, un éclair coquin et licencieux a peut-être fait sourire les jurés ce jour où le prix fut attribué à une œuvre racontant la vie d’une certaine Dominique Aury. Celle-ci était plus connue sous son pseudonyme Pauline Réage, auteur du sulfureux Histoire d’Ô.

Pour finir ce rapide et très subjectif survol des ouvrages primés, l’année 2017 fut une première puisque c’est une œuvre à 4 mains (celles de Claude et Marianne Schopp) qui reçut le prix avec un ouvrage au titre très psychanalytique : Dumas fils ou l’Anti-Œdipe (paru chez Phébus).

Le lauréat 2018 : une bio de Salinger

Comme nous le savons depuis quelques semaines, c’est un livre sur le grand écrivain Salinger qui l’emporte cette année : énigmatique, discret et retiré volontairement du monde, ce dernier était l’auteur du livre culte L’attrape-cœur (nouvelle fenêtre)L’ouvrage du journaliste et biographe Denis Demonpion apporte un nouvel éclairage sur la vie de cet écrivain énigmatique et retiré volontairement du monde.

 Il [Denis Demonpion] revient sur ses jeunes années à Vienne durant l’Anschluss, son engagement durant la Seconde guerre mondiale (Salinger a été parmi les soldats américains qui ont débarqué en Normandie pour libérer la France) mais aussi sur sa relation amoureuse avec la jeune Oona O’Neill […] . (extrait de l‘article publié sur Tv5 monde – nouvelle fenêtre)

Aux côtés de cet auteur qui marqua une époque et des générations de lycéens, les personnalités mises en lumière dans les autres livres sélectionnés en 2018 étaient  :

  • la femme d’un fabuleux écrivain mais homme de peu de bien :

♥ Madame Céline par David Alliot (Tallandier)

  • un auteur de policier inventeur du cyberpolar :

♥ Maurice G. Dantec : Prodiges & outrances par Hubert Artus (Séguier)

  • un dramaturge français à l’œuvre traduite et jouée dans le monde entier disparu dans les années sida

♥ Bernard-Marie Koltès par Arnaud Maïsetti (Minuit)

  • une essayiste américaine, militante, passionnée de politique et de photographie,

♥ Susan Sontag par Béatrice Mousli (Flammarion)

Les lauréats depuis 1980

Pour les amateurs de biographies, voici la liste des livres primés au fil des années.

2017 Claude et Marianne Schopp Dumas fils ou l’Anti-Oedipe Phébus
2016 Philippe Forest Aragon Gallimard
2015 Jean-Christophe Attias Moïse, fragile Alma
2014 Jean Lebrun Notre Chanel Editions Bleu autour
2013 Pascal Mérigeau Jean Renoir Flammarion
2012 David Haziot Le roman des Rouart Fayard
2011 Maurizio Serra Malaparte, vies et légendes Grasset
2010 Michel Vinock Madame de Stael Fayard
2009 Viviane Forrester Virginia Woolf Albin Michel
2008 Jennifer Lesieur Jack London Tallandier
2007 Patrice Locmant Huysmans, le forçat de la vie Bartillat
2006 Angie David Dominique Aury Léo Scheer
2005 Thibaut d’Antonay Jean Lorrain Fayard
2004 Claude Dufresne Appelez-moi George Sand Michel Lafon
2003 Pierre Billard Louis Malle Plon
2002 Jean-Paul Goujon Pierre Louÿs Fayard et Christian Bourgois
2001 Laure Murat La maison du docteur Blanche JC Lattès
2000 Dominique Bona Berthe Morizot Grasset
1999 Claude Pichois & Alain Brunet Colette de Fallois
1998 Christian Liger Le roman de Rossel Robert Laffont
1997 Jean-Claude Lamy Prévert, les frères Albin Michel
1996 Anka Muhlstein Astolphe de Custine Grasset
1995 Gidel Les deux Guitry Flammarion
1994 David Bellos Georges Perec Seuil
1993 Jean Bothorel Louise de Vilmorin Grasset
1992 Philippe Beaussant Lully Gallimard
1990 Pierre Citron Giono Seuil
1989 Joanna Richardson Judith Gautier Seghers
1988 Frédéric Vitoux La vie de Céline Gallimard
1987 Michel Surya Georges Bataille, la mort à l’œuvre Seghers
1986 M. Canavaggio Cervantes Mazarine
1985 Georges Poisson Laclos ou l’obstination Grasset
1984 Jeanne Champion Suzanne Valadon Fayard
1983 Ghislain de Diesbach Madame de Staël Perrin
1982 Pierre Sipriot René Depestre
1981 Hubert Juin Victor Hugo Christian Bourgois
1980 Jean Lacouture François Mauriac Seuil

Source  :  Académie Goncourt (nouvelle fenêtre)

Bibliovox, la sélection photo de l’été 2018

28 Juin

Les beaux jours sont là, et vous avez envie de flâner dans Paris, à la campagne, à la montagne ou à la mer avec votre appareil photo pour réaliser des souvenirs. Pas de panique, La Médiathèque vous accompagne dans vos choix d’ouvrages pour être un as du portrait, pour maîtriser le noir et blanc ou la couleur. Profitez du week-end pour lire ces livres numériques accessibles 24h/24 sur le site de La Médiathèque et mettez en pratique !

Pas moins de 3585 documents, de la photo érotique en passant par de la macro-créative, technique du panorama ou du plan serré, suivez le guide !

Et comme le dit Vincent Lavoie, historien de la photographie :

Pour être efficace, une photographie doit être simple.

N’hésitez pas à nous envoyer le résultat de vos travaux !

Philip Roth, ce grand écrivain américain

23 Juin

Depuis le mardi 22 mai 2018, à l’âge de 85 ans, Philip Roth, immense écrivain américain, l’un des  préférés des Français, considéré comme l’un des témoins les plus lucides et implacables des travers de la société américaine, et auteur d’une œuvre majestueuse et imposante de 28 romans, n’est plus. Il fit preuve d’une incroyable énergie créatrice. Son talent n’est plus à découvrir, sa réputation plus à faire.

Né le 19 mars 1933 à Newark dans le New Jersey, Philip Roth est le petit-fils d’immigrés juifs. Ses œuvres seront fortement influencées par son milieu social. Sa ville natale y constitue un  personnage à part entière. Il étudie à l’université de Pennsylvanie puis à Chicago. Après avoir enseigné les lettres, il s’installe à New York pour se consacrer à l’écriture. Il commence à publier dans le New Yorker. En 1959, il rencontre le succès avec son premier recueil de nouvelles, Goodbye Columbus qui dresse un portrait au vitriol de l’Amérique. La critique salue presque unanimement la naissance d’un écrivain en lui décernant le prestigieux National Book Award…

Une célébrité qui sent le soufre

Avec Portnoy et son complexe (nouvelle fenêtre) en 1970, il s’attire les foudres de la communauté juive-américaine, ce qui lui vaut d’être considéré comme l’« enfant terrible » du roman juif-américain jusqu’aux années 1990. Car ce monologue comique traite du sort d’un jeune avocat juif, traumatisé par une mère à l’amour étouffant, sur le divan de son psychanalyste. Il s’en prend à l’éducation archaïque qu’il a reçue de ses parents et qui d’après lui, héréditairement, traumatise les enfants. La forme narrative choisie confère au récit une grande liberté, le ton est vif et âpre.

Avant que l’auto-fiction ne soit inventée il se compose un alter ego, Nathan Zuckerman, (qu’il fait apparaitre dans 9 livres) notamment dans les trois romans universellement célébrés de la Trilogie  américaine qui débute avec La pastorale américaine  (nouvelle fenêtre) où Nathan Zuckerman lui-même évoque les failles mais surtout les revers du rêve américain devenu tas de cendres, avec les ravages de la guerre du Vietnam. Dans ce livre, l’auteur fait tordre le cou aux mythes d’un autre âge. Il obtient pour ce titre le Pulitzer en 1998.

J’ai épousé un communiste (nouvelle fenêtre) : en 1998, dans ce récit à deux voix, Nathan Zuckerman et son vieux professeur remontent le fil d’une mémoire brouillée, celle d’Iron Ringold, celle d’une Amérique plongée dans la tourmente du maccarthysme, au temps de la peur paranoïde de la subversion communiste. C’est une nouvelle fois brillant ! Avec une plume acérée et érudite, il dresse un portrait décapant d’une Amérique malade de son conformisme et de ses peurs.

Dans l’excellent roman La tache (nouvelle fenêtre) il dénonce une Amérique puritaine et renfermée sur elle-même. Ce texte lui permet d’obtenir le Médicis étranger en 2002. Il s’agit d’un roman sur l’affaire Lewinsky qui défraye la chronique à cette époque : Nathan Zuckerman y retrouve l’épaisseur perdue dans les deux précédents volumes. Cette fois, l’action se situe dans un campus universitaire où le héros est convoqué par le professeur Coleman pour raconter sa version de l’histoire. Comme dans les précédents textes de Philip Roth, il est question de trahisons et de vengeances.

L’auteur inspire le cinéma puisque plusieurs de ses grands livres ont été adaptés. Voici un extrait de La Couleur du mensonge (2003) de Robert Benton, transposition de La tache, interprété par Anthony Hopkins et Nicole Kidman.

Parallèlement à cette trilogie, il n’a cessé d’écrire, et je ne vais pas ici vous dresser une liste in extenso de ses œuvres, mais plutôt mettre l’accent sur certaines. Si l’auteur a abordé des thèmes récurrents, telle l’histoire récente des États-Unis, il est aussi obsédé par l’identité, le sexe, et règle ses comptes avec les femmes (on l’accusera du reste d’être misogyne), mais aussi avec « les rabbins, les hommes politiques, les psychanalystes et les critiques littéraires », selon ses propres mots.  Dans la grande tradition Balzacienne, il parle dans chaque livre d’argent, plutôt la notion du patrimoine familial, comme héritage culturel transmis par les parents.

Dans Patrimoine : une histoire vraie (nouvelle fenêtre) (en 1994) justement il y fait forcement référence. Puisque l’on suit l’agonie de Herman son père pendant que l’auteur le guide et l’assiste jusqu’à s’identifier à lui. Texte cruel et émouvant dont il fait un récit universel pour ne jamais oublier, avec retenue et causticité.

Il écrit La bête qui meurt (nouvelle fenêtre) en 2001 sur la révolution sexuelle des années 1960. On retrouve ici les thèmes chers à Philip Roth  : les plaisirs de la chair, les conventions rigides dans une Amérique bien-pensante, les souvenirs de la révolution sexuelle… à travers le portrait de ce professeur sympathique, esthète érudit et cultivé, pris dans le piège de la dépendance amoureuse.
Brillante analyse des comportements humains, réflexion sur la vieillesse et la mort, c’ est un petit bijou de finesse et d’émotion.

Le complot contre l’Amérique (nouvelle fenêtre) (2004) imagine le destin d’une famille juive de Newark si les États-Unis avaient élu l’aviateur Charles Lindbergh, un sympathisant nazi notoire, plutôt que Franklin D. Roosevelt en 1940. Des observateurs affirment que la présidence de Donald Trump permet d’apprécier ce dernier ouvrage sous un nouveau jour.

Dans Un homme (nouvelle fenêtre) (2006) il décrit avec fatalisme et brio le destin de cet homme, dont on ne connait même pas le nom. Ainsi, chacun pourra y trouver sa part de vérité. La maladie, la vieillesse, la peur de ne plus séduire, les mariages ratés, les enfants détestés, une fille chérie, des liens très forts avec un frère, l’histoire du papa juif qui aura tout fait pour cet homme… autant de petites aventures, certes banales dans la vie de tout un chacun, mais que Roth a le secret de dévoiler avec justesse Un homme simple, stoïque, digne face à la maladie, un homme comme nous tous, capable du pire et du meilleur, voué à la finitude.

Indignation (nouvelle fenêtre) (2008)  : en pleine guerre de Corée, Marcus Messner, jeune garçon d’origine juive et fils de boucher de Newark, sérieux et travailleur, bon fils, et excellent élève subit le harcèlement de son père, en proie à une véritable paranoïa au sujet de son fils bien-aimé.

Le Rabaissement (nouvelle fenêtre)  (2009)  : Simon Axler fut un très grand écrivain… À 60 ans, il a perdu son talent, sa magie et sa confiance en lui. Encore une fois, Philip Roth fait avec ce roman une magnifique composition d’intelligence, d’érotisme et de désolation.

Dans Némésis (nouvelle fenêtre) paru en 2010, il relate les ravages causés auprès de la jeunesse par la guerre en 1944, et une terrible épidémie de poliomyélite qui sévit à Newark et se propage.  Et il annonce que ce sera son ultime roman.

S’il adopte un ton caustique dans la première partie de son œuvre, il aura tendance à devenir plus contestataire, moins provocateur au fil de ses écrits.

Fin observateur de la société américaine et de ses travers, le natif de Newark avait été régulièrement pressenti pour le Nobel de littérature, sans jamais l’obtenir. Sa plume exigeante, sa lucidité implacable sur la bien-pensance de la société américaine, ses conformismes et préjugés ont valu à Philip Roth d’entrer en France, dans le collection de la Pléiade en 2017, temple sacré des virtuoses de la littérature, réparant ainsi l’affront de l’Académie Suédoise.

Voici quelques citations qui jalonnent ses œuvres :

Dans Complot contre l’Amérique :

Ne vient-il pas un temps dans la vie où le devoir est le plaisir, plutôt que le plaisir un devoir.

Dans La bête qui meurt

Le vrai écrivain n’est pas celui qui raconte des histoires, mais celui qui se raconte dans l’histoire. La sienne et celle, plus vaste du monde dans lequel il vit.

Le rabaissement

Ne vous battez pas contre vous-même. Il y a suffisamment de cruauté dans le monde

Indignation

N’attends pas que ta main soit froide pour donner

Un Homme

La paix intérieure vient de n’avoir personne à ses trousses, personne qui vous caricature, ou qui vous snobe ou qui vous méjuge.

Un autre nom à l’œuvre clairvoyante et puissante, Tom Wolfe, nous a lui aussi quitté le 10 mai 2018 à l’âge de 88 ans, nous laissant orphelins d’un autre  grand conteur de l’Amérique moderne.

Relisez : Le bucher des vanités (nouvelle fenêtre ) (1987) succès mondial qui dénonce les codes sociaux des États-Unis du XXe siècle. L’étoffe  des héros (nouvelle fenêtre) fresque sur fond de guerre froide avec les étoiles comme enjeu : 7 astronautes à la conquête du ciel. Moi, Charlotte Simmons (nouvelle fenêtre), avec une intrigue en milieu universitaire gangréné par le laxisme des profs et le matérialisme des étudiants.

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