Les livres cultes de Jean-François Roseau

18 Oct

Livres de chevets, objets tutélaires, miroirs et/ou formateurs, ceux qu’on écorne, relit ou souhaite relire, ceux qu’on emmènerait sur cette fameuse île déserte où l’on aurait plein de temps pour lire… tout lecteur a en tête un ou plusieurs romans, qui l’ont accompagné, enthousiasmé, ému… Et comme les écrivains sont aussi des lecteurs, nous avons eu envie de leur demander quelles lectures les ont inspirés et guidés. Ainsi, après les livres cultes de Yasmina Khadra au printemps dernier, nous avons sollicité Jean-François Roseau, lauréat du Prix des Lecteurs du Salon du Roman Historique de Levallois 2017 pour qu’il nous livre, à son tour, la liste des titres qui ont marqué sa vie, son œuvre et peut-être fait naître son désir d’écrire.

Un jeune auteur déjà auréolé de prix

Ce jeune homme, diplômé de la Sorbonne et de l’IEP,  a bien d’autres activités mais il est surtout l’auteur de deux romans très remarqués : Au plus fort de la bataille, élaboré à partir d’une authentique découverte de documents inédits, lauréat du Prix Lafayette en 2015 (source éditions Pierre Guillaume de Roux (nouvelle fenêtre) et en 2016, La chute d’Icare, « épopée merveilleuse célébrant les premiers temps de l’aviation et l’âge de nos derniers héros » – extrait de la présentation du roman sur le site des Éditions de Fallois (nouvelle fenêtre)-.

Outre le Prix des lecteurs de Levallois, son deuxième roman a reçu de nombreuses récompenses et en particulier, le Prix François Mauriac décerné par l’Académie française (nouvelle fenêtre). Pour la petite histoire, il succède pour ce prix en 2017 à Pierre Adrian (Prix François Mauriac 2016), jeune auteur qui avait, lui aussi, concouru pour le Prix des lecteurs de Levallois avec son roman La Piste Pasolini. De là à imaginer que les Académiciens ont un œil sur notre prix, il n’y a qu’un pas d’autosatisfaction :-).

Son actualité

Selon nos sources (confirmée = l’auteur himself :-), le prochain roman de Jean-François Roseau devrait paraître aux éditions de Fallois début 2018. Il s’agira d’une intrigue aux accents de pamphlet et de comédie sur le monde politique contemporain.

Ses livres cultes

Je me permets tout d’abord de citer Jean-François Roseau dans sa réponse à notre demande de sélection drastique :

Je me plierai avec plaisir à l’exercice et, comme vous le dites si justement, s’il me faut n’indiquer qu’une dizaine de titres, je devrai en sacrifier quelques uns. Voire leur être infidèle. C’est le travers et la richesse des catalogues ! Faire court avec le moins d’impasses. Mais c’est le jeu ! Tant pis pour les autres. Je me rattraperai avec eux la prochaine fois qu’on me posera la même question.

Mais nous avions déjà trouvé quelques pistes dans son dernier roman, que ce soit dans les citations qui ouvrent certains chapitres, dans les lectures des personnages ou dans les réflexions du narrateur.

Elle (Antoinette) avait apporté un livre qui venait de paraitre, « Mort à crédit ».

-Célie est formidable ! Tu aimeras…

(Il ne l’ouvrit jamais. Albert, d’ailleurs, ne lut jamais Céline)

Contrairement à Jean-François Roseau qui, dans la vie, l’a cité en 2ème position parmi ses titres favoris et dans la fiction, fait plusieurs fois référence à Céline à propos d’héroïsme.

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Ces 12 livres sont disponibles dans toute bonne médiathèque, librairie ou rayonnages de bibliothèque personnelle.

Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier (version papier et/ou en ligne sur le site de La Médiathèque  – nouvelle fenêtre)

Mort à Crédit (nouvelle fenêtre) de Louis-Ferdinand Céline

Aurélien (nouvelle fenêtre) de Louis Aragon

Les Enfants tristes de Roger Nimier (disponible dans les bibliothèques de la Ville de Paris- nouvelle fenêtre)

Le Feu follet (nouvelle fenêtre) de Pierre Drieu La Rochelle

Où j’ai laissé mon âme (nouvelle fenêtre) de Jérôme Ferrari

Terre des hommes  (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre)  d’Antoine de Saint-Exupéry.

Extension du Domaine de la lutte (nouvelle fenêtre)  de Michel Houellebecq

La Princesse de Clèves  en version papier (nouvelle fenêtre) de Madame de La Fayette ou en ligne (nouvelle fenêtre)

Battling le ténébreux d’Alexandre Vialatte (disponible dans les bibliothèques de la Ville de Paris- nouvelle fenêtre)

Belle du Seigneur (nouvelle fenêtre) d’Albert Cohen

Au Château d’Argol (nouvelle fenêtre) de Julien Gracq.

Additif

Les remords ayant taraudé notre auteur :-), quelques jours plus tard, un gentil correctif nous est parvenu :

Mais, nous confie Jean-François Roseau, il y en a :
Beaucoup d’autres, encore…
Consciente de l’immense frustration que génère ce type d’exercice – quand il faut restreindre ses lectures préférées à une petite douzaine…- l’équipe du blog Liseur remercie sincèrement Jean-François Roseau d’avoir bien voulu se prêter au jeu de la liste de livres cultes 🙂
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Nostalgeek pour le coin de La Médiathèque d’octobre

12 Oct

À l’occasion de l’édition 2017 de Ma soirée à La Médiathèque ce samedi 14 octobre, le coin de La Médiathèque est consacré à l’univers du jeu vidéo  : nostalgiques ou avant-gardistes, il y en a pour tous les goûts avec cette petite sélection qui vous mettra dès à présent dans une ambiance ludique et festive.

Rendez-vous le samedi 14 octobre à partir de 18h pour Nostalgeek, votre grande soirée retrogaming avec consoles retro et bornes d’arcade, tournoi  Saturn Bomberman, ateliers pixel art… Découvrez dès maintenant le programme détaillé (nouvelle fenêtre) sur le site de La Médiathèque.

Nos jeux vidéo 70-90 : de la raquette de Pong au racket dans GTA, l'irrésistible ascension de jeux vidéo (nouvelle fenêtre) de Marcus et Philippe Kieffer (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Nos jeux vidéo 70-90 : de la raquette de Pong au racket dans GTA, l’irrésistible ascension des jeux vidéo (nouvelle fenêtre) de Marcus et Philippe Kieffer. Éditions Hors collection, 2011.

Nos jeux vidéo 70-90  est une mine d’informations pour tous les fans ou les curieux de l’univers des jeux vidéos de cette période : nostalgie garantie ! Avec cet ouvrage, joliment illustré et présenté par Marcus, alias Marc Lacombe, testeur de jeu professionnel français et animateur sur la chaîne Game One, vous prenez place dans la machine à voyager dans le temps des premiers jeux vidéo. Marcus connait parfaitement les jeux vidéo et utilise son grand humour dans ce recueil magique. Bienvenue dans le 10éme art !

Ce documentaire retrace l’arrivée des jeux vidéo dans les foyers et son évolution. Souvenez-vous, dans les années 80 … Les « Game&Watch » ces jeux électroniques de poche où il fallait changer les deux petites piles rondes !! On découvrait alors, Mickey, Popeye, Donkey Kong, Mario. Aujourd’hui on parle de PS4, de XBOX one, de manette dual shock, de carte graphique … Bel ouvrage qui donne envie de ressortir ces vieilles manettes, rangées au fond du grenier …

Dofus – Livre I : Julith de Jean-Jacques Denis et Anthony Roux (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Dofus – Livre I : Julith (nouvelle fenêtre), un film de Jean-Jacques Denis et Anthony Roux.

Ce premier film produit par ANKAMA, développeur qui affectionne le transmédia, sort en  2016.  Il est tiré du jeu de rôle en ligne massivement multijoueur (MMORPG). Il n’est toutefois  pas nécessaire de connaître l’univers de Dofus pour l’apprécier. En effet le scénario est plutôt bien ficelé et le rythme de narration soutenu permet de ne pas s’ennuyer. C’est également une réussite sur le plan du graphisme, des couleurs et de la musique. Cette dernière est  écrite et composée par Guillaume Houzé, orchestrée par Laurent Juillet et jouée par l’Orchestre national de Lille et le Star Pop Orchestra.

Quelle est l’histoire de cette épopée d’heroic fantasy  imprégnée de bouffonnerie manga si joliment mise en scène ? Joris le jeune héros doit passer par plusieurs rites initiatiques afin de contrer l’ignoble Julith, bien décidée à détruire la cité de Bonta. Pour ce faire, il lutte aux côtés de ses nouveaux amis Khan et Bakara dont les personnalités distinctes servent le récit, insufflant ainsi action, humour et grands sentiments. Une comédie d’aventure familiale qui séduira petits et grands.

Puyo Puyo Tétris un jeu PS4 Sega (catalohgue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Puyo Puyo Tétris (nouvelle fenêtre), un jeu PS4 Sega. 2014

Comme son nom l’indique, Puyo Puyo Tétris est le mélange entre le jeu Puyo Puyo et le jeu Tétris, deux jeux vidéo de casse-tête de légende. Conçus dans les années 80 pour Tétris et en 1991 pour Puyo Puyo, ces deux jeux sont des titres fondateurs du jeu vidéo qui ont posé les bases du puzzle vidéoludique. Puyo Puyo Tétris propose de nombreuses manières de jouer, de l’aventure en solo jusqu’à quatre joueurs à la fois.  Les parties sont ultra rapides, très amusantes et dynamiques. Accessible à tous les publics, c’est une valeur sûre du divertissement familial. Jouez avec des Puyos et des Tetriminos et affrontez-vous dans un combat d’action et de réflexion ! Un seul point négatif à signaler peut-être : le jeu est en anglais.

eXistenZ de Christopher Priest (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

eXistenZ (nouvelle fenêtre) de Christopher Priest. Éditions Denoël,

En 1999, sortent concomitamment le film eXistenZ du réalisateur David Cronenberg, et un roman du même nom de Christopher Priest, novellisation du scénario de Cronenberg. Au cœur du récit se trouve un jeu vidéo qui ouvre les portes d’une réalité virtuelle impossible à différencier du monde réel et qui va être le théâtre d’affrontements avec les « réalistes », opposés à cette virtualisation de l’être humain.

Si le jeu de manière générale est vu comme une représentation symbolique du monde ou, à tout le moins, d’une partie du monde, d’un de ses principes structurants, le jeu vidéo, avec la puissance croissante des capacités de calcul et la montée en réalisme de ses univers, a très tôt été perçu comme une réalité alternative dans laquelle les êtres humains pouvaient prolonger leur vie indéfiniment (comme dans La cité des permutants (nouvelle fenêtre) de Greg Egan), ou bien se perdre, comme le suggère la vision plus noire d’eXistenZ.

Aurez-vous assez de second degré pour vous lancer dans la lecture de… Edgar Hilsenrath ?

5 Oct

Certains diront que les romans d’Edgar Hilsenrath sont cruels, violents, … d’autres diront qu’ils sont pleins d’humour noir, que son ton est grotesque et qu’on ne s’ennuie pas. Je serais plutôt du second avis, les auteurs qui écrivent sur les sujets tabous, sans censure, sont parfois les plus intéressants.

Quelques mots sur l’auteur : écrivain juif allemand né en 1926 à Leipzig, Edgar Hilsenrath laisse quelques traces autobiographiques dans ses romans. Il grandit avec la montée de l’antisémitisme dans les années 30 en Allemagne, puis il est déporté dans le ghetto roumain de Mogilev-Podolsk avec sa famille (Nuit). Après la guerre et quelques passages en prison, il se rend en Palestine où il vit de petits jobs. En 1947 il rejoint sa famille en France et en 1950 ils émigrent aux États-Unis (Fuck America). C’est là-bas qu’il rédige son premier roman, Nuit, dont le style d’écriture très cru effraie les éditeurs. Il rentre définitivement en Allemagne en 1975.

Je vous laisse vous faire votre propre opinion parmi ses livres.

Ceux qu’on trouve à La Médiathèque (nouvelle fenêtre) :

Pour les lecteurs qui aiment les tranches de vie : Nuit (nouvelle fenêtre)

Nuit | Hilsenrath, Edgar (1926-....)Le plus long roman d’Edgar Hilsenrath et pas celui où il y a le plus d’action… En le prenant dans ses mains on se dit « Vais-je vraiment me lancer là-dedans ? J’espère qu’il sera passionnant… ». Et en effet, les pages se tournent sans qu’on s’en rende compte. L’action n’est pas toujours au rendez-vous, mais le réalisme oui. On suit la vie de Ranek dans le ghetto de Prokov en Ukraine. Une vie où la famine, les razzias, rarement l’entraide et souvent la mort se côtoient.

Hilsenrath est l’un des seuls survivants d’un ghetto juif de la dernière guerre, à la frontière roumaine. Dans ce livre d’une folle beauté, il raconte à la troisième personne son combat quotidien pour survivre. La principale obsession : trouver un toit la nuit. Les nazis massacrent les sans-abri. Jamais on n’a parlé de soi-même avec si peu de complaisance.

Amélie Nothomb, citée sur France loisirs (nouvelle fenêtre)

Pour ceux qui rêvent de « l’American dream » : Fuck America : les aveux de Bronsky (nouvelle fenêtre)

Fuck America : Les Aveux de bronsky | Hilsenrath, Edgar (1926-....)Sans travail, sans ami et sans argent, Jakob Bronsky ne connait pas « l’American dream » des années 1950. Émigré juif qui a réussi à survivre aux ghettos nazis, la désillusion d’une vie prospère aux États-Unis est vite arrivée. Solitude, chômage, prostitution, les failles de la société américaine sont mises en avant et tournées en dérision par l’auteur. Bronsky ne veut pas travailler. Il veut écrire son livre, Le Branleur, et profiter de la vie avec les 2 dollars qui lui restent. Il enchaîne les petits boulots, les coups d’un soir et les combines pour pouvoir se nourrir et continuer à écrire sur les ghettos. L’auteur romance une partie de sa vie à travers le personnage de Jakob Bronsky. Son humour noir et piquant permet de relativiser l’image d’une Amérique idéale.

Edgar Hilsenrath montre le ridicule des lois des quotas des années 1921 et 1924 qui ont empêché sa famille d’émigrer dans les années 1930 alors que la guerre se profilait : « À l’époque où nous avions besoin de l’Amérique, les portes étaient fermées. Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin d’elle ». Il décrit le fossé qui sépare les étrangers vus comme des rebuts de la société de ceux qui suivent les codes formels du rêve américain et s’insèrent dans le moule. La facilité avec laquelle l’auteur nous livre ses ambitions déçues, ses fantasmes et ses rêves à travers des situations cocasses et des dialogues loufoques permet au lecteur d’avoir une vision différente de l’Amérique des années 1950. La force de l’auteur est d’avoir rassemblé dans un même ouvrage tous les maux de la société américaine, glissés dans un récit qui mêle réalisme, inventions et ironie face à la Shoah. Très controversé en Allemagne à cause de son point de vue sur la Shoah, l’auteur est d’abord publié aux États-Unis, son livre ne sort en Allemagne qu’en 1979.

Pour ceux qui aiment l’humour noir, très noir : Le Nazi et le Barbier (nouvelle fenêtre) 

Le Nazi et le Barbier | Hilsenrath, Edgar (1926-....)Deux amis, un juif et un « aryen pure souche » grandissent ensemble dans une ville allemande avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Physiquement, tout les oppose : le Juif Itzig est décrit comme la représentation de « l’aryen » type des livres d’histoire et l’Allemand Max Schulz ressemble aux caricatures des juifs des journaux de l’époque : « « Mon ami Itzig était un blond aux yeux bleus, il avait le nez droit, les lèvres bien dessinées et de bonnes dents. Moi, au contraire, Max Schulz, j’avais des cheveux noirs, des yeux de grenouille, le nez crochu, de grosses lèvres et de mauvaises dents. »[. La guerre entraîne Max sur le chemin de l’extermination de masse et Itzig sur celui des camps de concentration. Mais quand la guerre prend fin, Max décide de prendre l’identité de son ami d’enfance pour pouvoir s’exiler en Israël.

L’art d’Hilsenrath est de bousculer les codes et le politiquement correct en racontant l’histoire du point de vue de Max Schulz, successivement membre de la SS, surveillant de camp de concentration puis Juif pour sauver sa peau. Le ton grotesque du roman et des ouvrages d’Edgar Hilsenrath en général peut déplaire à certains lecteurs. Ses romans n’ont d’ailleurs été publiés dans un premier temps qu’aux États-Unis car sa vision de la Shoah n’était pas acceptée par les éditeurs allemands, le sujet restant encore tabou.

On rapproche souvent Le Nazi et le Barbier des Bienveillantes de Jonathan Littell (nouvelle fenêtre)

Pour ceux qui veulent rire et se détendre dans un contexte de guerre froide : Orgasme à Moscou (nouvelle fenêtre)

Orgasme à Moscou | Hilsenrath, Edgar (1926-....)Guerre froide, 1970. La fille du patron de la mafia new yorkaise, Anna Maria Pepperoni, connaît son premier orgasme lors d’un voyage de presse à Moscou. Le fauteur de trouble(s) ? Sergueï Mandelbaum, fils de rabbin et dissident juif fauché doté d’une étonnante propension à susciter des orgasmes. La mafia met tout en oeuvre pour le faire venir aux Etats-Unis afin d’épouser Anna Maria, mais le passeur qu’elle a recruté est un dangereux dépeceur sexuel. Les obstacles, et pas seulement diplomatiques, s’accumulent. Écrit en 1979, entre Le Nazi et le barbier et Fuck America, ce livre hautement  » politique  » relève du divertissement loufoque et survolté.

Présentation extraite du site de la maison d’édition Le Tripode (nouvelle fenêtre)

Ceux qu’on ne trouve pas à La Médiathèque :

Pour ceux qui aiment les histoires de voyage et d’héritage : Retour au pays de Jossel Wassermann (nouvelle fenêtre)

Résultat d’images pour retour au pays jossel En août 1939, à Zurich, un riche fabricant de pain azyme fait son testament. Outre sa fortune, Jossel Wassermann lègue l’histoire de sa famille et de son village natal, Pohodna, un pauvre schtetl de Bucovine, aux confins orientaux de l’ex-Empire austro-hongrois. À travers les paroles de Jossel, c’est le petit monde juif d’Europe centrale qui reprend vie, avec ses personnages pittoresques – porteurs d’eau, marieuse, traîne-savates, sans oublier le rabbin portant papillotes et caftan noir. Sur près d’un siècle, les histoires s’enchaînent, truculentes, subversives… si vivantes qu’elles paraissent devoir ne jamais finir. Pas même à l’heure de l’Holocauste, où le rabbin les confiera in extremis à la garde du vent, sur le toit du wagon qui emporte toute la population de Pohodna vers la mort. Avec cette évocation d’une culture anéantie, l’auteur du Conte de la pensée dernière nous rappelle le pouvoir du verbe, plus fort que la mort, plus fort que l’oubli.

Présentation de l’éditeur extraite du site Babélio (nouvelle fenêtre) 

Pour ceux qui aiment les contes, mais pas ceux de Perrault : Le Conte de la dernière pensée (nouvelle fenêtre)

Résultat d’images pour conte de la pensée dernière Odyssée tragique et rocambolesque d’un paysan arménien émigré aux États-Unis et accusé à son retour en 1914 de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo ; saga familiale foisonnante de destins heureux, cruels ou cocasses ; épopée tentaculaire du peuple arménien condamné à mort par le pouvoir turc lors du « grand massacre » de 1915 : tout se mêle et se répond dans ce roman prodigieux, envoûtant à la manière des contes orientaux, tour à tour truculent, lyrique, grand-guignolesque, subversif, cinglant pour raconter les mille et une nuits de l’Arménie. Après le Nazi et le Barbier, Edgar Hilsenrath a écrit, avec Le Conte de la pensée dernière, prix Alfred Döblin, une nouvelle grande geste épique digne des Quarante Jours du Musa Dagh de Franz Werfel.

Résumé extrait du site Babélio – source Livre de poche (nouvelle fenêtre)

On trouve ce roman sous deux titres différents : Le Conte de la dernière pensée publié aux éditions Tripode en 2015 et Le Conte de le pensée dernière, publié notamment aux éditions Albin Michel en 1992.

Pour ceux qui aiment les nouveautés… de 1997 : Les aventures de Ruben Jablonski (nouvelle fenêtre)

couverture du livre Les Aventures de Ruben Jablonski

C’est le récit le plus autobiographique de l’œuvre d’Edgar Hilsenrath. Il y décrit ses périples à travers la Roumanie, la Palestine, les États-Unis.

Publié en 1997, bien après les romans précédemment présentés, les éditions Le Tripode le publient pour cette rentrée littéraire 2017 et La Médiathèque l’aura bientôt dans ses rayons…

Pour ceux qui veulent en savoir plus :

Shoah : regards sur notre histoire | Gluck, Angela Wood

Pour élargir ses lectures, notamment sur le thème de la Shoah, La Médiathèque propose un documentaire très bien fait : Shoah, Regards sur notre histoire (nouvelle fenêtre) d’Angela Wood Gluck avec une préface de Steven Spielberg. On y trouve notamment une carte des ghettos dont celui où a vécu Edgar Hilsenrath : Mogilev-Poldosk (p.59)

Les rencontres de Liseur (2) : qu’est-ce que la Pop Culture ?

30 Sep

Le samedi 7 octobre 2017 à 15h, dans le cadre des Rencontres de Liseur, La Médiathèque de Levallois accueille Richard Mèmeteau pour une conférence intitulée : Qu’est-ce que la pop culture ?

Pop culture de Richard Mémeteau (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Professeur de philosophie et co-fondateur du blog Freakosophy.com, il est l’auteur de Pop culture, réflexions sur l’industrie du rêve et l’invention des identités (nouvelle fenêtre) paru chez Zones en 2014.

Dans son ouvrage, il porte un regard de philosophe et analyse le phénomène  «pop culture» tout en redonnant à cette dernière ses lettres de noblesse. Il offre une réflexion générale sur les cultures de masse à partir des réappropriations identitaires dont elles font l’objet ; il les réoriente, les reformule, les transforme pour produire des questionnements nouveaux sur ce thème actuel de l’enjeu politique des réappropriations par des communautés. Écoutez ce que l’auteur en dit sur France culture (nouvelle fenêtre).

Pour aller plus loin et saisir une dimension critique des écrits de Richard Mémeteau, l’on peut se référer au  site de Slate (nouvelle fenêtre) ou de Zones subversives (nouvelle fenêtre).

Wikipédia définit ainsi la pop culture :

La culture populaire (ou pop-culture) représente une forme de culture dont la principale caractéristique est d’être produite et appréciée par le plus grand nombre, à l’opposé d’une culture élitiste ou avant-gardiste qui ne toucherait qu’une partie aisée et/ou instruite de la population.

Dans les faits, on parle donc d’une forme de culture qui regroupe les œuvres et productions accessibles et connues par le plus grand nombre, que ce soit des séries télés, des films, des jeux vidéo, de la musique — ou même de la nourriture — et aussi, très largement, la culture Internet. La pop-culture a donc pour caractéristique d’être reconnaissable par tous et de puiser dans ce qui est mondialement connu, que cela soit à la mode ou fasse partie d’un héritage culturel commun.

Plutôt que de faire un état des lieux,  je vous propose de suivre de grands écrivains de cette forme singulière d’expression.

Les premiers furent ceux de la Beat Generation, Jack Kerouac, nomade dans l’âme,  parti en virée à travers les États-Unis, à son retour il écrivit Sur la route. William Burroughs, adepte des expérimentations, tomba dans l’errance et la drogue. Après une cure de désintoxication, il écrivit Le festin nu et Allen Ginsberg, figure de proue du mouvement hippie, devint le manifeste de la Beat Generation. Ils influencèrent directement les chanteurs comme Elvis Presley, Jim Morrison, Bob Dylan, Tom Waits, mais aussi le jeu et l’attitude de Marlon Brando ou James Dean.

On peut considérer qu’ils inspirèrent aussi Tom Wolfe, Truman Capote, Norman Mailer, avec un mode de reportage en immersion. Jay McInerney, Bret Easton Ellis,ou bien Philippe Djian, en sont les héritiers spirituels ; Djian, par son style lyrique et cash, avoue lui-même ce qu’il doit à Jack Kerouac, à Philip Roth, Ernest Hemingway, William Faulkner et Raymond Carver.

Elmore Leonard, qui débuta avec le western littéraire, se mit au polar et fut un orfèvre du dialogue, du portrait tendre et de l’entourloupe romanesque. Il a été adapté au cinéma par Abel Ferrara, Quentin Tarantino, Steven Soderbergh.

Des pulps américains jusqu’à Stephen King, la littérature reste un repère pop. Les pulps dans l’entre-deux guerres ont rénové le genre romanesque, et dans les années 1925-1930 l’objet pop est le livre de poche, ce qui a facilité l’éclosion des genres : science-fiction, polar, aventure, romance.

Dans les années 90, Michel Houellebecq se fit un nom en France en publiant Extension du domaine de la lutte qui décrit la solitude de l’homme moderne. Aujourd’hui, il est l’un des écrivains les plus connus et les plus sulfureux, son ironie est héritée de Louis-Ferdinand Céline mâtinée de rockers (il a notamment travaillé avec Iggy Pop).

Pour la décennie quatre-vingt-dix, on peut citer Chuck Palahniuk et son Fight club, histoires provocantes et loufoques. Tandis que Virginie Despentes a, en vingt ans, imposé sa verve, avec ses personnages empreints de violence, sa génération émergente, de la zone et du féminisme, dans Vernon Subutex par exemple.

Les Britanniques tels Nick Hornby, John King, David Peace et Irvine Welsh, quant à eux, apportent une dimension sociale à leurs écrits sur le sport, notamment sur le foot. Ce tableau est loin d’être exhaustif, mais il est le reflet de cette extraordinaire boule à facettes qu’est la pop culture.

Retrouvez tous ces grands noms dans votre Médiathèque, ainsi qu’une bibliographie sur cette thématique.

Bibliographie

Personne jusqu’ici en France ne s’était vraiment risqué à consacrer un ouvrage à une définition de ce qu’est, exactement, cette culture dite « pop ». Retard en partie réparé par Richard Mèmeteau qui – de Warhol à la série Lost en passant par Susan Sontag et Lady GaGa – dit ici l’essentiel : si « le pop » est un processus ambivalent mixant marchandise et art, il n’en a pas moins une dimension « proprement politique », dans le sens où il invite à « partager et apprendre à partager des croyances communes »〈…〉 Son essai n’en reste pas moins un coup d’éclat pionnier et très informé, qui annonce une plus grande finesse dans la compréhension de notre ère contaminée par l’Entertainment.

Extrait de la présentation du livre par Philippe Nassif sur le site de Philosophie magazine (nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec Les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE  : rendez-vous le samedi 7 octobre à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès- Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

BONUS :  l’article sur la 1ère des Rencontres de Liseur 2017-2018  :  Ubérisation du travail, précarisation, nouvelle consommation ou innovation salutaire ?

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La rentrée littéraire 2017 de la librairie Decitre

23 Sep

Dans les quelques 581 romans attendus ou particulièrement attendus cette année en littérature française, littérature étrangère, premiers romans,  voici ceux que nos libraires ont remarqués. Quels sont ceux qui vont recevoir un prix ? Le suspense demeure…

Les sujets évoquent l’actualité toujours, avec des thèmes universels ou intimes, ils interrogent la famille, le couple, les racines, l’Histoire, et sont marqués peut-être un peu plus par la légèreté, la fantaisie et la poésie.

Comme l’an dernier à la même époque Olivia de Lamberterie, directrice des pages culture de ELLE Magazine, et responsable de la rubrique « livres » animait la rencontre à la librairie Decitre (31, rue d’Alsace à Levallois) le mercredi 13 septembre 2017, avec 4 auteurs sélectionnés parmi ce paysage littéraire de qualité.

Ils vont tuer Robert Kennedy de Marc Dugain( catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Tout d’abord, Marc Dugain, qui est un des grands écrivains français, hanté par l’histoire, les évènements tragiques et les personnages réels. Dans La Malédiction d’Edgar (nouvelle fenêtre) il raconte le parcours de John Edgar Hoover à la tête du FBI de 1924 à 1972, période durant laquelle il assiste à l’élection de John Fitzgerald Kennedy. Ou dans Avenue des géants (nouvelle fenêtre) inspiré par le récit du cheminement intérieur d’un personnage réel, tueur hors du commun ainsi qu’un hymne à la route, aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette société américaine des années 60 en plein bouleversement, où le pacifisme s’illusionne dans les décombres de la guerre du Vietnam. Et dans ce dernier livre phare de la rentrée littéraire 2017, Ils vont tuer Robert Kennedy (nouvelle fenêtre) , un professeur d’histoire écrivant sa thèse sur le frère cadet de l’ancien président, dont il fut le ministre de la justice, est persuadé que la mort brutale de ses deux parents est liée à l’assassinat de celui qui était alors candidat à l’élection américaine, la même année. John Fitzgerald Kennedy. C’est un roman gigogne, une quête introspective historique palpitante qui se double d’une réflexion sur la morale et la culpabilité.

Les vacances de Julie WolkensteinJulie Wolkenstein s’était attachée à retracer dans sa fresque familiale  Adèle et moi  (nouvelle fenêtre) sa quête des origines. Nous la retrouvons ce soir avec  Les vacances (bientôt disponible à La Médiathèque), roman rafraichissant et tonique dont elle parle avec beaucoup de drôlerie en hommage à Eric Rohmer dans Les petites filles modèles, premier long métrage, jamais sorti au cinéma et disparu. Il s’en suit une  enquête en Normandie, qui mêle des personnages réels ou fictifs  et c’est ce qui donne aussi à cette histoire une profondeur inattendue tant par le ton  plaisant, désinvolte et spirituel, c’est avant tout sur eux-mêmes que Paul et Sophie enquêtent sans s’en rendre compte.

La légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle NohantGaëlle Nohant, avec un souffle puissant et généreux, nous avait séduit dans La part des flammes (nouvelle fenêtre) en nous entrainant de rebondissements en révélations à la manière d’un roman feuilleton. La légende d’un dormeur éveillé (bientôt disponible à La Médiathèque), qui est le livre présenté ce soir,  offre un délicieux travail biographique construit avec une plume virevoltante ! Ce roman passionnant ressuscite le poète Robert Desnos (1900- 1945), surréaliste de la première heure, fêtard de l’aube, journaliste curieux de tout, et, pour finir, résistant au risque de sa vie, qu’il perdra.

 

Nos richesses de Kaouter AdimiLa jeune Kaouther Adimi offre en 3 livres une auscultation de la société contemporaine, de ses souffrances, ses espérances aussi bien dans L’envers des autres  ou  Des pierres dans ma poche pour cette rentrée avec  Nos richesses (bientôt disponible)  elle nous parle d’Edmond Charlot et de sa minuscule librairie crée à Alger, placée sous l’égide de Giono, qu’il baptise Les vraies Richesses. Et pour inaugurer son catalogue, il publie le premier texte d’un inconnu : Albert Camus. Mais la révolte gronde en Algérie en cette veille de Seconde Guerre mondiale. Son récit alterne avec le sort d’un jeune Algérien en 2017. C’est une splendide déclaration d’amour à la littérature, seul trait d’union entre les époques et les êtres.

Elle figure sur la liste du Goncourt et du Renaudot 2017.

Pour retrouver les livres présentés par  la librairie Decitre en 2016 : Nous avons rencontré pour vous 4 auteurs à la librairie Decitre

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