Les Rencontre de Liseur (1) : La question démocratique aujourd’hui : où en est-on ?

12 Nov

Dans le cadre des Rencontres de Liseur 2019-2020, La Médiathèque accueille Loïc Blondiaux le samedi 30 novembre 2019 à 16h pour une conférence intitulée La question démocratique aujourd’hui : où en est-on ?

Notre invité, Loïc Blondiaux, est chercheur et professeur de science politique à l’Université Paris I-Sorbonne, spécialiste reconnu des théories de la démocratie. Il participe aux travaux de différentes associations ou organismes publics (Fondation Nicolas Hulot, Institut de la Concertation, Décider ensemble, Terra Nova…) ; il est également membre du comité de lecture de la revue Politix (revue des sciences sociales du politique) ainsi que de la Commission parisienne du débat public (nouvelle fenêtre). Il a collaboré à l’ouvrage collectif Inventer la démocratie du XXIe siècle : l’Assemblée citoyenne du futur (Les Liens qui libèrent, 2017- nouvelle fenêtre) et il est l’auteur de La démocratie des émotions : dispositifs participatifs et gouvernabilité des affects (Les Presses de Sciences Po, 2018 – nouvelle fenêtre).

 

Ce qu’est la démocratie

Selon la célèbre formule d’Abraham Lincoln (16e président des États-Unis de 1860 à 1865) prononcée lors du discours de Gettysburg, la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Cette définition engendre plusieurs conséquences que sont le respect des libertés individuelles et collectives, ou encore une égalité de droit. Il repose sur un système représentatif puisque le peuple est représenté par des personnes élues ; le consentement populaire se trouve donc à la base de ce système (par le suffrage universel). A l’inverse de la démocratie athénienne, celle que nous connaissons aujourd’hui repose sur l’élection, et non pas sur le tirage au sort.

On distingue quatre types d’exercice de la démocratie :

  • la démocratie directe : le peuple exerce directement le pouvoir politique ; il prend lui-même les décisions.
  • la démocratie représentative : le peuple exerce sa souveraineté par le biais de représentants élus ; la démocratie est alors indirectement exercée.
  • la démocratie semi-directe, qui combine à la fois des éléments de la démocratie directe et de la démocratie représentative : les citoyens élisent leurs représentants qu’ils chargent d’établir les lois, mais ils peuvent aussi être amenés, lors de référendums, à approuver ou refuser des lois.
  • la démocratie participative : ce système permet d’accroître la participation des citoyens à la vie politique via la constitution d’organes situés au plus proche des citoyens, ou encore l’augmentation de la fréquence des votes.

De façon générale, un gouvernement est dit démocratique par opposition aux systèmes monarchiques, où le pouvoir est détenu par une seule personne et aux systèmes oligarchiques, où le pouvoir est détenu par un groupe restreint d’individus.

Pour Loïc Blondiaux, la démocratie repose sur trois piliers fondamentaux explicités dans ce court extrait d’une intervention pour Synerj Org (novembre 2016)  : des institutions assurant la souveraineté populaire ; un vivre ensemble basé sur une égalité de condition et le principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs :

La démocratie représentative en question

La démocratie représentative, appelée aussi « démocratie délégative », est l’une des formes de la démocratie dans laquelle les citoyens expriment leur volonté par l’intermédiaire de représentants élus à qui ils délèguent leurs pouvoirs. Ces élus, qui représentent la volonté générale, votent la loi et contrôlent éventuellement le gouvernement.

Une des conditions pour que le régime soit démocratique repose sur le fait que ‒grâce à des élections ayant lieu à des échéances régulières‒ le mandat des représentants soit limité dans le temps (pas de charges à vie ou héritées). Aucun gouvernement n’est jamais installé définitivement, l’opposition est considérée comme une force légitime et toutes les tendances sont admises à s’exprimer. En outre, l’espoir d’accéder au gouvernement est ouvert à tous. La démocratie représentative s’oppose à la démocratie directe, beaucoup moins répandue, dans laquelle le peuple prend lui-même les décisions.

La plupart des démocraties actuelles ont adopté le système de la représentation dès leur instauration. Elle a toutefois des limites, parmi lesquelles :

– l’insuffisance de la représentativité : la composition socioprofessionnelle des élus est souvent très éloignée de celle du corps électoral (revenus, instruction, classes sociales, origine culturelle, sexe…). Les intérêts des élus ne coïncident pas nécessairement avec ceux des électeurs…

– la quasi-impossibilité d’être élu si l’on n’est pas candidat au nom d’un parti. L’élu agit alors en conformité avec la ligne politique de son parti et non en fonction de ses convictions propres.

– une tendance à la concentration des forces politiques et souvent au bipartisme

– une concentration des pouvoirs qui peut favoriser la corruption

les conflits d’intérêts (définition sur le site Droit-finances comment ça marche – nouvelle fenêtre)

La démocratie représentative, un système en crise ?

Cette question se pose aujourd’hui en France avec une grande acuité. La vidéo réalisée à ce sujet pour France TV Education (nouvelle fenêtre) en avril 2019 remet en perspective l’histoire et l’état actuel de notre système politique, dont les acteurs peuvent légitimement se demander s’il n’est pas à bout de souffle.

Par ailleurs, l’article du Figaro du 30 mai 2019 intitulé « La démocratie déconsolidée » (consultable sur Europresse à partir de La Médiathèque en ligne une fois connecté.e. à votre compte) rend compte des résultats d’une enquête planétaire réalisée par le think-tank français Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) en association avec l’International Republican Institute (IRI) sur l’état de l’opinion dans 42 États démocratiques : 49% des sondés considèrent que la démocratie fonctionne mal mais 67% s’accordent à dire que c’est le meilleur système possible et 82% jugent le modèle de la démocratie représentative comme le meilleur de tous ; 70% des personnes interrogées considèrent que le vote est utile. L’enquête souligne « une crise de l’attachement à la démocratie dans la transmission générationnelle », ce que l’étude décrit comme une « déconsolidation démocratique ».

Impuissance politique, manque de confiance des citoyens vis-à-vis de la classe dirigeante…, la démocratie semble effectivement ne pas se porter au mieux. Comment expliquer cette apathie ? Et surtout, peut-on y remédier ? Est-il nécessaire d’inventer de nouveaux modes de participation citoyenne pour réveiller une démocratie souffrante ? Des outils comme le référendum d’initiative citoyenne (définition sur Toupie.org- nouvelle fenêtre) sont-ils amenés à compter dans notre avenir démocratique ? Nous serions tentés de le croire, au vu de l’actuelle Convention citoyenne pour le climat (nouvelle fenêtre), dispositif dont L. Blondiaux est membre du comité de gouvernance : 150 citoyens tirés au sort, invités à travailler sur six thèmes – se déplacer, consommer, se nourrir, se loger, produire, travailler – et à proposer au gouvernement des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique. Une fois ces mesures formulées fin janvier 2020, le gouvernement tranchera : soit elles seront proposées au vote des députés sous forme de loi, soit aux Français sous forme de référendum. Une première expérience française de démocratie participative à l’échelon national…

Démocratie ouverte

© Wikipedia

BONUS : pour aller plus loin, une sélection de livres à La Médiathèque !

Sélection de documents -site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 30 novembre 2019 à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean Jaurès-Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

La saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2020, en route pour l’aventure !

5 Nov

Mardi 14 octobre dernier, à l’heure où La Médiathèque ferme ses portes, a eu lieu la première réunion du nouveau jury du Prix des Lecteurs de Levallois. Cette rencontre fondatrice marque le lancement de l’aventure collective qui va mener douze jurés de la lecture individuelle des romans sélectionnés à une prise de décision commune : déterminer qui sera l’auteur lauréat du Prix 2020, et dévoiler son nom le dimanche 1er mars lors de la 9ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois.

D’ici cette date, vous allez suivre ici pas à pas leur cheminement, leurs enthousiasmes et leurs coups de cœur, mais aussi leurs interrogations, leurs doutes et parfois leurs différends. Car oui, s’ils ont en commun leur envie de découverte et leur volonté de participer à ce jury, ces douze lecteurs aux natures, goûts et personnalités différentes vont devoir se mettre d’accord… Ainsi, comme les années précédentes, le challenge de cette nouvelle équipe de jurés va être de mener à bien cette mission collective, excitante, parfois difficile mais toujours passionnante : décider qui parmi les huit à dix livres de la sélection de romans historiques parus entre mars 2019 et janvier 2020 sera le meilleur des candidats au Prix.

Comme l’explique en préambule Sophie Perrusson, directrice du Pole Savoirs et patrimoine, tous les romans lauréats des années précédentes (présentés ce soir sur la table) prouvent que les jurés-lecteurs levalloisiens ont depuis 2011 choisi de jeunes* auteurs talentueux , dont la production est suivie de près à chaque rentrée littéraire (voir notre article : Rentrée littéraire 2019, nos chouchous).

* Petite précision : « jeune » s’entend ici en terme de production et non d’année de naissance.

Quand on ajoute à ce beau palmarès littéraire les chiffres de fréquentation du dernier Salon (près de 6000 visiteurs en une après-midi),  la tablée hoche la tête, convaincue s’il en était encore besoin de l’importance de la tâche qui lui est confiée à partir de cet instant.

Et comme il va s’agir de travailler tous ensemble à ce noble objectif, la première étape est de savoir avec qui on va faire équipe ! Suit alors un sympathique tour de table que nous allons essayer de résumer ici afin que vous fassiez vous aussi connaissance de ces douze héros dont l’épopée va nous tenir en haleine durant quelques mois.

Les jurés 2020

Avec 7 femmes et 5 hommes, on atteint presque la parité 🙂 Aussi cette année, les seules questions de genre qui vont se poser vont être celles propres à la littérature, avec cette interrogation cruciale qui va amener à un moment ou à un autre nos jurés à se creuser la tête, qu’elles soient masculines ou féminines : qu’est-ce qu’un roman historique ? Est-ce un genre littéraire qui obéit à des codes bien précis ? Si oui, quelles en sont les particularités, les frontières ? Les impératifs et les nécessités par rapport à l’Histoire ?

En matière de lecture, ils sont éclectiques  : entre Alexandro Barrico, des biographies, la saga Harry Potter, Au lit Petit lapin, Alexis Michalik, les prix des années précédentes ou La panthère des neiges de Sylvain Tesson, la palette est large ! Ils sont aussi parfois systématiques puisque ce juré a lu tous les livres d’un auteur qu’il a découvert et apprécié. Mais quel que soit leur mode de lecture, une chose est certaine : tous aiment lire. Et quand plusieurs jurés parlent de leur souhait de transmettre leur amour de la lecture à leurs enfants, les bibliothécaires ne peuvent qu’acquiescer !

Mais lire, ça veut dire avoir du temps pour le faire… Une disponibilité que certains trouvent sans problème, quand d’autres profitent d’un moment de pause dans leur vie professionnelle ou que d’autres sont contraints de faire des choix, ce qui passe parfois par le sacrifice de quelques heures de sommeil.

J’ai décidé de consacrer du temps à la lecture.

Comme cette jurée qui l’affirme haut et fort, nos jurés sont très déterminés ! Mais comme tout être humain (qui plus est, amateur de lecture…), ils restent des êtres humains en proie à la tentation et aux dilemmes. Quand ce n’est pas la lutte entre sommeil et lecture pour les jeunes parents, c’est leur environnement qui les torture… Ainsi, l’un d’entre eux a la chance et le problème d’habiter en face d’une librairie, ce qui est « à la fois agréable et dangereux  » confesse-t-il, ce que confirme cet autre qui trouve « problématique » d’être un « énorme adepte de librairie ». Qu’ils se rassurent 🙂 S’ils vivent déjà dangereusement, on peut d’ores et déjà leur prédire que fréquenter régulièrement La Médiathèque ne va pas résoudre leur problème, les sollicitations de lecture y étant affreusement nombreuses, parole de bibliothécaire…

D’autant plus que plus on les écoute, plus on découvre qu’ils sont tous curieux, avides de découverte et voient leur participation à ce jury comme « une aventure merveilleuse, « un moment de magie pour tout le monde », ou encore l’occasion « de se poser, de réfléchir et de rencontrer de nouvelles personnes autour de ces lectures ».

Outres ces échanges entre jurés, rencontrer des auteurs lors du Salon fait aussi partie des perspectives excitantes de leur mission, ce qui ne sera pas une première pour la plupart des jurés qui y sont déjà allés régulièrement et confirment que les écrivains sont très accessibles. Mais le 1er mars 2020, nos jurés ne seront pas uniquement des lecteurs acheteurs en quête de dédicaces mais les acteurs à part entière d’un temps fort et particulièrement émouvant du Salon, la remise du Prix des Lecteurs de Levallois !

En attendant, ils repartent ce soir avec leur premier roman ainsi que de la grille d’analyse qui va leur permettre de réfléchir, classer, hiérarchiser et utiliser le même vocabulaire pour échanger autour des livres.

Enfin, tradition de cette saga oblige, le mot de la fin revient à un membre de ce jury à propos de l’aventure qui commence ce soir :

C’est une super expérience, très sympa, le Salon est très bien organisé et c’est chouette d’y participer à tous les niveaux !

Le coin de La Médiathèque d’octobre 2019 cultive l’imaginaire

30 Oct

Le 12 octobre dernier, La Médiathèque était en fête avec la désormais traditionnelle Soirée à La Médiathèque, dont le thème cette année était l’imaginaire : escape game, blind test, fresque collective, voyage virtuel ou ombres dessinées, vous avez été nombreux à participer à ce grand moment festif et joyeux. Pour prolonger encore un peu cette ambiance créative et ludique, Le coin de La Médiathèque d’octobre vous propose un parcours dans les méandres de l’imagination auquel vous ne saurez échapper !

L'étrange bibliothèque de Murakami (catalogue de La médiathèque - nouvelle fenêtre) L’étrange bibliothèque (nouvelle fenêtre) de Haruki Murakami et Kat Menschik. Éditions Belfond

Un jeune homme venu emprunter des livres à la bibliothèque est séquestré par un inquiétant vieil homme dans une cellule où il doit lire trois ouvrages volumineux jusqu’à les connaître par cœur. Alors le vieil homme lui ouvrira le crâne pour aspirer son cerveau riche de connaissances. Aidé de l’Homme-Mouton, sorte d’esclave bienveillant que la peur prive de liberté et d’une petite fille muette à la beauté saisissante, l’adolescent va tenter de s’échapper de l’étrange bibliothèque.

Fantastique, bizarre, angoissant comme un cauchemar. Sombre comme les illustrations de Kat Menschik tout en sépia ou noir et blanc.

 

Child of light (catalogue de La médiathèque - nouvelle fenêtre)

Aurora, l’héroïne de ce jeu, est une jeune princesse qui tombe dans un profond sommeil. Elle se réveille dans un monde merveilleux : le Royaume de Lémuria.  Réinterprétation moderne des contes de fées, Child of Light est un jeu de rôle (Role Playing Game) qui invite à explorer un univers magique et féérique.  Aidée d’une luciole et de pouvoirs magiques, Aurora devra sauver Lémuria des maléfices de la Reine Noire en combattant des créatures obscures qui ont dérobé le soleil, la lune et les étoiles.  Le joueur plongera dans une épopée aux décors magnifiques, telles des aquarelles, tout en participant à des combats et en résolvant des énigmes. Composée par l’artiste Cœur de pirate, la musique contribue à l’ambiance onirique du jeu. Développé par le studio Ubisoft Montréal (Assassin Creed), le dialogue de Child of Light est écrit en vers, comme un poème.

Cet album est le 3ème tome de la série Les Ogres-Dieux, saga gothique magnifiquement illustrée à la trame narrative passionnante. Le 1er  tome suit les aventures de Petit, fils du Roi-Ogre, un géant : dans un monde peuplé d’ogres géants et d’hommes, il cherche à échapper à la fureur de son père qui souhaite s’en débarrasser du fait de sa petite taille. Le 2ème  tome s’intéresse à l’histoire des hommes et en particulier à celle de Yori, un demi-sang né de l’union entre le roi et l’une de ses favorites. Les ambitions dévastatrices de Yori le poussent à écraser tous ses opposants pour enfin devenir chambellan au service du Roi-Ogre. Le 3ème  tome introduit un nouveau personnage bien marginal et révèle certains secrets entourant les origines des géants…

Les amateurs d’univers proches du Trône de fer et du Seigneur des anneaux ne seront pas déçus par la construction du récit qui réussit à croiser les destins de tous ces personnages entre intrigues familiales, héritages et déterminisme social. Un chef d’œuvre visuel et d’imagination qui mérite d’être relu plusieurs fois.

L’histoire est racontée  par  Jack, un corbeau, qui est devenu l’ami et le guide de Cornélia, une jeune fille aveugle qui vit dans un orphelinat avec sa meilleure amie Virginia. Depuis leur enfance, les deux amies sont attirées tous les soirs dans la forêt qui longe le bâtiment de l’institution où se trouve un anneau magique : le posséder va menacer leur amitié… À l’adolescence, Cornélia va être ensorcelée par un homme cruel qui va faire d’elle une sorcière et l’éloigner de ses amis. La force de leur amitié parviendra à briser le sortilège. Les auteurs, mêlant légendes médiévales et mythologies nordiques, nous conduisent dans ce monde imaginaire.

Un conte envoûtant servi par une écriture tout en poésie et par de magnifiques illustrations empreintes de douceur et mélancolie.

Merci à Sylvie Z., Fanélie B., Marie-Odile S., Valérie N. pour leurs contributions à cet article.

1er Premiers pas premières pages de la saison 2019-2020 !

26 Oct

Samedi 19 octobre, les tout-petits ont fait leur rentrée à La Médiathèque ! Intitulée Une tête bien faite et des sens en éveil, la première séance de Premiers pas premières pages, le rendez-vous des histoires spécial des 9 mois-3 ans, a captivé 15 bébés et leurs parents. Que vous ayez pu y assister ou pas, retrouvez ici les livres et comptines qui ont ravi les jeunes oreilles et profitez des vacances ou du week-end pour raconter et chanter !

Médiathèque oblige, la séance commence avec Vive les livres (nouvelle fenêtre) de Jane Blatt et Sarah Massini, un livre magique pour « sortir au fur et mesure les livres de la valise et mettre en livres en pile, montagne chapeau accordéons, grands livres, petits livres, etc… »

Ensuite les yeux brillent quand s’ouvre Ça va pas la tête (nouvelle fenêtre) d’Elisa Géhin et Bernard Duisit, un magnifique pop-up pour les petits.

Tout de suite après, C’est quoi cette tête (nouvelle fenêtre) de Jean Jullien invite à deviner ce qui a pu provoquer une dizaine d’expressions faciales : le dégoût, la gourmandise, la fatigue ou peut-être la tristesse. Ce livre qui joue sur la fascination naturelle des enfants pour les grimaces et expressions du visage déclenche beaucoup de réactions dans la salle.

On continue en chanson avec l’album de musique en ligne Jean petit qui danse  (site de La médiathèque -nouvelle fenêtre) de Charlotte Mollet

Jean Petit qui danse ( 2 fois)

De son doigt, il danse (2 fois)

De son doigt, doigt, doigt

Ainsi danse Jean Petit

Ce couplet est à reprendre avec : sa main , son bras, sa tête, son ventre, ses fesses, ses jambes, ses pieds …

Vient ensuite un grand classique qui fait toujours son petit effet  : C’est la petite bête… (nouvelle fenêtre)  de Jadoul.

Les orteils n’ont pas de nom (nouvelle fenêtre) de Jean Leroy et  Matthieu Maudet obtiennent un franc succès auprès des petits pieds.

La chanson Bzzz bzzz bzzz extraite du recueil  Rondes et comptines à chanter et à danser (nouvelle fenêtre) donne un rythme bourdonnant :

BZZZZ

Le moustique tique tique , BZZZZZZZZZZZ

En musique zique zique,  Bzzzz

Me pique pique pique

Me pique le sourcil si si

Me pique dans le cou coucou

Me pique le menton tontont

Sort de ma maison zonzon

Me laissant trois jolis boutons

On continue avec Le grand livre des Guilis (nouvelle fenêtre) de Thierry  Dedieu, « un album tout carton où l’enfant devient le héros de l’histoire » avant de se demander en chœur Qu’est-ce que je suis aujourd’hui ? un imagier, une invitation à l’imaginaire et un moment de partage assuré avec les plus jeunes dans ce livre créé par Rachel Corenblit et Cécile Bonbon.

Une comptine Le pouce part en voyage à retrouver dans Les jeux chantés des tout-petits ; 0-3 ans (nouvelle fenêtre) fait danser les bébés en rythme :

Monsieur pouce part en voyage

L’index l’accompagne à la gare

L’annulaire porte le manteau

Et le petit auriculaire ne porte rien du tout

Il trotte par derrière comme un p’tit toutou.

 

La séance se clôt en rangeant Drôle de valise (nouvelle fenêtre) de Claudia Bielinsky où de drôles de choses se cachent dans valises et valisettes.

La rentrée littéraire d’automne 2019 : du côté des libraires

18 Oct

Après C’est la rentrée, les grandes tendances et Rentrée littéraire 2019, nos chouchous, place aux féminin avec la sélection des libraires. En effet, cette rentrée littéraire 2019 semble placée sous le signe des femmes. Elles sont partout dans les 524 nouveaux romans qui déferlent depuis août dans les librairies. Au vu d’événements comme « metoo « , nombre de romans cette année portent un message de respect. Le courage des femmes, le partage, les tourments de l’exil et les souvenirs de famille sont au cœur des écrits de cette rentrée.

Voici les belles découvertes qu’ont fait pour vous les libraires de la librairie Decitre. Laissez-vous guider pour vivre de belles émotions…

 Karine Tuil : Les choses humaines (nouvelle fenêtre) , Jean Farel est présentateur de télé et avec son ex-femme Claire ils ont formé un couple d’intellectuels à la vie contrôlée et médiatisée se servant l’un de l’autre pour faire évoluer leur carrière. Leur vie va basculer quand leur fils Alexandre, promu à une brillante carrière va se retrouver au cœur d’un procès pour viol. L’auteur décortique de manière brillante les mécanismes de la justice, nous emmène au cœur du désir, des pulsions, du consentement, de cette zone grise insaisissable. C’est un roman actuel, terriblement nécessaire, construit avec une grande intelligence et une grande justesse.

Leonora Miano : Rouge impératrice (nouvelle fenêtre ). Ce livre, le premier d’une trilogie, n’est pas simple. Il nous emmène dans le méandres et l’utopie Africaine. Pour y  explorer le trait d’union entre l’Afrique et l’Europe, la culture, l’économie, le fédéralisme pour s’autonomiser, ainsi que  l’inversion du pouvoir avec les blancs. Il est très dérangeant, il permet de faire son auto-critique et pose la question du monde en marche fait de violence  et de changement. Il nous permet de porter un regard réaliste en prévision de ce qui peut nous attendre.

Victoria Mas : Le bal des folles (nouvelle fenêtre). Ce premier roman se passe au XIXe siècle à la Salpétrière. Pour le bal de la mi-Carême, la haute société est invitée et s’adonne à un certain voyeurisme. Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations du Dr Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, qui a un don, elle voit des fantômes, cela bouleverse le regard sur l’hôpital et met à nu la condition féminine au XIXe siècle. Ce premier roman est malgré tout assez actuel.

Blandine Rinkel  : Le Nom secret des choses (nouvelle fenêtre). Blandine grandit en Vendée. Isolée elle arrive à Paris pour poursuivre ses études, et rencontre Elia, leur amitié devient fusionnelle, elle change de prénom, devient Océane, essaie de saisir les codes, les masques de la capitale, s’y essouffle jusqu’à la trahison. C’est une expérience qui va l’épuiser. Cette autobiographie est très écrite, et dit beaucoup sur la jeune génération.

Régina Porter  : Ce que l’on sème (nouvelle fenêtre). Ce roman est un patchwork remarquablement cousu à partir des moments intenses de la vie de deux familles américaines, l’une noire, descendant d’esclaves africains, l’autre blanche, ,issues de l’immigration irlandaise. Ces deux familles ne vont cesser de s’entrecroiser tout au long du roman, depuis les années 50 jusqu’à la première année du mandat d’Obama.

Joyce Carol Oates  : Un livre des martyrs Américains (nouvelle fenêtre). Son ouverture se fait sur le meurtre d’un médecin pratiquant l’avortement par conviction, perpétré par un militant pro-vie se sentant investi d’une mission divine. L’auteure ne portera jamais de jugement moral, elle laisse la parole à ses personnages de façon magistrale. C’est un livre puissant, perturbant parfois, difficile a quitter. Un coup de force narratif et littéraire, à l’image des précédents romans percutants de cette auteur « droguée à l’écriture depuis ses 14 ans ».

Kaouher Adimi  : Les Petits de Décembre (nouvelle fenêtre) . Partie d’un fait divers, la jeune auteure, qui avait fait partie de la sélection pour le Prix des Lecteurs de Levallois en 2018, est revenue sur le terrain d’un lotissement près d’Alger où les enfants jouent et dont ils fait leur fief. Mais tout se dérègle un beau matin lorsque des généraux débarquent avec des plans de constructions en main, et des projets de belles villas. Les enfants vont faire une mini-révolution, Au contraire des parents, craintifs et résignés, cette jeunesse s’insurge et refuse de plier. La tension monte, et la machine du régime se grippe. Ce livre, à l’écriture touchante offre une vision asse juste de la société algérienne actuelle tant du point de vue sociologique que politique.

Cécile Coulon  : Une bête au paradis( nouvelle fenêtre). L’histoire d’une lignée de femmes (la grand-mère et la petite-fille ) qui renoncent à leur vie pour une terre, celle de la ferme du Paradis, comme une malédiction. Quasiment une tragédie grecque, presque un conte intemporel sous forme d’un huis clos au Paradis. La tension gonfle, l’angoisse sourde monte. Il est difficile de savoir quelle forme le Mal prendra, mais on sent une sorte de fatalité implacable qui va le faire surgir. Très fort, ce livre remue le lecteur.

Claudie Huntzinger : Les grands cerfs. Un livre qui parle d’un monde qui est en train de s’achever mais qui ne sait pas où il va. L’auteure cerne cette vie à l’écart, dans la montagne , où elle a librement choisi de faire vivre sa protagoniste, il y plusieurs décennies. Mais ce roman parle aussi du goût de la nature et de la passion de l’écriture. Pamina se met à s’intéresser aux cerfs qui vivent dans ce coin reculé… depuis toujours. Elle y rencontre Léo, un jeune photographe, fasciné par ces animaux, qui il va lui apprendre à les comprendre, à savoir devenir invisible, à l’affût, dans l’attente et le silence. C’est une sorte de fable du réel, empreinte de poésie.

 

Jerôme Attal  : La petite sonneuse de cloches (nouvelle fenêtre). Voici une histoire d’amour, à deux époques différentes. On évoque un épisode de la vie de Chateaubriand à peine âgé de 25 ans qui est réfugié à Londres alors que gronde la terrible révolution française. Dans ses mémoires, l’auteur romantique évoque un baiser inoubliable qu’il a reçu d’une petite sonneuse de cloches , imaginé ou réellement reçu ?
De l’autre côté, nous avons Joachim Stockholm qui vient de perdre son père, qui était un grand admirateur de Chateaubriand. Pour rendre un dernier hommage à ce père, Joachim décide de partir à Londres élucider le mystère de cette jeune sonneuse de cloches… Ce roman se lit ainsi en alternant les sentiments finement décrits et amenés par Jérôme Attal. La mise en scène scénographique est en place et la lecture se déroule sans accrocs au fin d’une jolie mélodie romantique.

Louis-Philippe Dalembert  : Mur méditérranée (nouvelle fenêtre). Inspiré d’un naufrage, il s’agit de la rencontre de personnes sauvées qui échangent et construisent leur histoire, moment de confiance entre 3 femmes à deux endroits. Aussi le voyage depuis l’Érythrée, la violence et prédation au départ, puis la tempête. À la suite du sauvetage se nouera une histoire forte de fraternité. Ce texte donne une idée de l’état du monde. Tous sont logés dans un entrepôt où ils sont tous stockés, dans des conditions très éprouvantes. Malgré ce qu’elles vont vivre, elles vont s’aider. C’est une épopée du courage que la littérature rappelle. Récit d’un voyage au bout de la nuit. Magnifique

 Pete Fromm  : La vie en chantier (nouvelle fenêtre). Taz et Marny sont sur le point de devenir parents, ils travaillent à leur maison pour l’arrivée de leur enfant, mais Marny perd la vie en accouchant laissant son mari seul face au bébé et aux travaux, c’est très dur pour lui de reprendre pied. Il se polarise sur l’enfant, aidé par sa famille et ses amis. Sa propre réparation s’effectue au fil des chapitres sur 2 ans. L’auteur américain campe comme à son habitude une nature somptueuse en décor pour ce texte très touchant.

Sylvain Prudhomme. Par les routes (nouvelle fenêtre). Dans une petite ville du Sud, tranquille, des autostoppeurs qui se sont perdus de vue, vont instaurer un jeu de rôle, l’un fascinant l’autre. Ce nouveau roman d’un auteur qui fait partie de nos chouchous de la rentrée littéraire (il avait été sélectionné pour le Prix des Lecteurs de Levallois en 2015) raconte des départs et des retours, dans lesquels l’alter ego de l’auteur est le réceptacle de ce nomadisme. ll y est également question de tous ces autres que l’on rencontre en dehors de la cellule familiale, de l’importance de l’air extérieur, du risque d’étouffement dans la vie familiale autarcique.

Max Porter  : Lanny (nouvelle fenêtre). Ode à l’enfance et à l’imagination, le deuxième roman de Max Porter est un conte qui puise aux sources du merveilleux comme du plus trivial, pour révéler l’invisible et inquiétante magie à l’œuvre dans nos vies. Le village du roman appartient à ceux qui vivent là aujourd’hui, et à ceux qui ont vécu là autrefois, à un petit garçon nommé Lanny, tendre et imprévisible, et à ses parents, Et aussi au Père Lathrée… Morte, étrange créature protéiforme, légende folklorique et  qui veille sur les lieux – à moins qu’il ne fasse planer sur eux une sourde menace. Ce livre est un bijou de créativité.

Aurélien Bellanger  : Le continent de la douceur (nouvelle fenêtre). Le livre débute par une galerie de personnages pittoresques qui font de l’accrobranche. Drôles ou risibles, tous fonctionnent en couple et ont tous un lien avec l’histoire européenne et le Karst. C’est baroque et dense, mais cela fonctionne malgré la complexité du propos. Et cela en dit beaucoup sur la situation et la politique actuelle. Un roman réjouissant !

Jean-Paul Dubois  : Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (nouvelle fenêtre) Retrace la vie de Paul Hansen revisitée entre les quatre murs de son étroite cellule. Il se remémore son séjour au nord du Danemark, à Skagen, chez les pêcheurs de plies, et dans le nord canadien où l’amiante s’extrait à coup de dynamitages et empoisonne tranquillement sols et vivants. C’est un homme plutôt bienveillant qui veut donner du sens à sa vie. Sans doute le plus abouti et le plus profond des romans de l’auteur l’auteur, ce livre raconte le déclin du monde, qui a une autre morale, et dont la violence devient ce qu’il faut pour sauver sa propre dignité. L’auteur procède par procédés symboliques, et c’est une réussite.

Zhang Yueran  : Le clou. En Chine, deux personnages se retrouvent 30 ans plus tard et discutent de leur trajectoire et des secrets qui les lient à un héritage familial. Pétris d’obsession, ils souhaitent effacer la révolution culturelle qui les a impactés et essaient de s’en sortir. L’alternance des récits est décrypté avec une psychologie fine. Mystère, trahison, cette saga familiale retrace un pan de la Chine d’aujourd’hui  qui n’est pas des plus réjouissant.

Sehlahattin Demirtas  : Et tournera la roue. Ces nouvelles du prix Nobel turc en prison actuellement parlent d’espoir, d’amour et de l’humain. Le style merveilleusement simple nous dévoile la Turquie d’aujourd’hui. Il raconte des histoires personnelles, intimes, qui nous parlent, qui pourraient être les nôtres ou celles de nos proches. Il nous montre à quel point Turcs, Kurdes, Français ou autres, sont semblables dans leurs émotions, leurs rêves, leurs désir de liberté. Et ce faisant, il donne à ses nouvelles une portée politique bien plus grande que n’importe quel manifeste.

Sylvain Coher  : Vaincre Rome (nouvelle fenêtre). L’auteur compose  la trame de son roman avec le marathon de Rome en 66, 10 kilomètres pour chaque chapitre ; Abebe Bikila soldat éthiopien va courir les quarante-deux kilomètres et cent quatre-vingt-quinze mètres pieds nus, il va remporter le marathon olympique. Pendant qu’il court, on suit ses pensées. Une voix en lui invoque Hérodote, Nietzsche, la Bible, son épouse aussi. Il porte un regard sur l’enfance, et  la colonisation, c’est une aventure entraînante et accessible. Et semble-t-il une prouesse littéraire.

Eric Lhome Un peu de nuit en plein jour (nouvelle fenêtre)  Paris est devenu un monde sombre dans un paysage transformé, sa population se livre à ses instincts les plus primaires. les hommes s’organisent en clans. Plus la classe sociale est élevée plus la vie est prolongée. Féral est cogneur dans ce monde urbain et violent, mais il lui arrive de se remémorer l’ancien temps. Il rencontre Livie, leur amour est immédiat dans ce monde sauvage. Le côté SF n’enlève pas la poésie, c’est touchant.

Guillaume Lavenant  : Protocole gouvernante  (nouvelle fenêtre). Dans ce roman assez étrange et assez novateur, chaque chapitre a un numéro qui semble indispensable à chaque famille. Cette  fiction très originale nous glace le sang. Son univers nous rappelle un peu celui de  La servante écarlate  et les temps anarchiques des révolutions. Dystopie, thriller, conte terroriste, il est un futur que nous n’aimerions pas connaître. Nous refermons le roman, songeurs… Un livre surprenant à recommander !

Thomas Orange  : Ici n’est plus ici  (nouvelle fenêtre). Ce roman polyphonique parle d’une façon très intimes des Indiens renvoyés à leurs conditions, après le massacre de Sand Creek en 1864. Urbanisés à Oakland, ils sont désormais mal dans leur vie, avec cette même question existentielle : que signifie être Indien de nos jours ? Sachant que le gouvernement américain est contre eux, mais que leurs rites rapportent de l’argent au pays. Rage et poésie compose ce roman, imposant la voix saisissante de ce jeune auteur.

Sorj Chalandon  : Une joie féroce nouvelle fenêtre) ou comment une femme qui a passé sa vie à écouter les autres devient une guerrière, une combattante contre la maladie et découvre la rébellion, l’illégalité et l’urgence de vivre. Ce livre est véritablement romanesque, et une fois encore l’auteur trouve les mots justes.

Et maintenant, bonnes lectures 🙂

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