Des albums pour réfléchir : pour de vrai ou pour de faux ?

21 Oct

Indépendamment des collections dédiées à la philosophie qui déroulent des parcours balisés (voir notre article Philosopher avant 16 ans est possible  : si vous en doutiez, voici de quoi vous convaincre ) les albums jeunesse, par le biais de la fiction, invitent les enfants dès le plus jeune âge à s’interroger, à chercher et trouver trouver des réponses ou des pistes de réponses et avancer dans la vie. Aujourd’hui,la vérité et au mensonge, deux notions pas si simples… et bine souvent mélangées.

L’album, un support privilégié pour aborder la philosophie

Selon Edwige Chirouter, maître de conférences à l’Université de Nantes et titulaire de la chaire de l’Unesco sur la philosophie avec les enfants, les albums classiques sont des supports privilégiés pour réfléchir avec des enfants et aborder un concept philosophique. Les histoires permettent d’établir “la bonne distance” entre l’expérience personnelle de l’enfant et la question philosophique. Comme le petit enfant a du mal à sortir de sa subjectivité, une histoire avec un personnage l’aide à se décentrer, et lui donne des outils pour affiner son raisonnement et l’émanciper de son propre point de vue.

Le choix est vaste à La Médiathèque qui propose plus de 7 000 albums pour la jeunesse parmi lesquels on peut trouver matière à réflexion sur presque tous les thèmes qui interpellent les enfants : l’amitié, l’écologie, la guerre, l’identité, l’injustice, la mort etc..

Quelques albums pour réfléchir et gagner en sagesse …

  • Mensonge de Geoffroy de Pennart (nouvelle fenêtre) : « deux amis, Lucas (le loup) et Maurice (le cochon), organisent la rencontre de leurs papas respectifs. Mais surprise ! Ces deux-là s’étaient déjà rencontrés dans une antipathie immédiate et prévisible… Et les circonstances de cette rencontre ? Ah ! Mais à chacun sa version de la vérité ! »
  • Gros mensonge de Clothilde Delacroix (nouvelle fenêtre) : « à chaque double page, un petit lapin avoue un nouveau mensonge à sa mère, tour à tour surprise, dépitée, désespérée ou amusée. Un album simple et drôle, qui s’amuse avec tendresse des fables inventées par les enfants. »
  • La bonne farce d’Eric Battut (nouvelle fenêtre) : « Souris grise est d’humeur joueuse. Elle décide de faire une bonne farce à ses amis. Alors, elle crie très fort : « Un loup bleu ! J’ai vu un loup bleu ! ». L’oiseau arrive, puis l’écureuil, et enfin la tortue. Tous se sont fait bien avoir ! Un loup bleu ça n’existe pas ! A moins que… »
  • Les habits neufs de l’empereur de Hans Christian Andersen, illustré par Claude Clément (nouvelle fenêtre) : « en un certain pays régnait un empereur très puissant. Il ne pensait qu’à être le mieux habillé du monde. Autour de lui, les courtisans s’efforçaient de lui ressembler, afin de faire partie du Clan des Gens Vraiment Très Importants. En ville, arrivèrent deux tisserands, qui prétendirent être capables de fabriquer un tissu d’une richesse inimaginable, mais invisible aux yeux des orgueilleux, des paresseux et des esprits bornés. Fou de frous-frous, notre empereur leur commanda un bel habit, qui mit longtemps à être exécuté. Mais, au moment de la Grande Cérémonie du Pouvoir… Le célèbre conte d’Andersen, intemporel, revisité ici avec poésie. »

Cette sélection thématique invite les enfants à échanger en toute liberté sur un sujet précis, sans jugement ni tabou mais avec des arguments. Elle permet aussi de dédramatiser, et de découvrir différents points de vue  avant de trouver ensemble des réponses adapté tant à leur âge qu’à leur maturité.

Ni oui ni non de Tomi Ungerer (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Pour conclure, je ne résiste pas au bonheur de citer un trublion de la littérature jeunesse  à propos de son album Ni oui ni non , réponses à 100 questions philosophiques d’enfants (nouvelle fenêtre)

Je me suis toujours méfié des théories qui prétendent avoir le monopole de la vérité. Sous les Nazis, dans l’Alsace de mon enfance, tout était simplifié : «  Ne pensez pas, Le Führer pense pour vous ».

Moi, je prends la liberté de penser par moi-même et j’aime plonger dans les profondeurs, la mienne et celle des autres, tout en cherchant des solutions aussi simples que pratiques. Ma cervelle a les deux pieds sur terre – et prend parfois les jambes à son cou.

(Extrait de Ni oui ni non, chroniques de Tomi Ungerer pour Philosophie magazine).

L’amour au XXe siècle

14 Oct

Après notre article L’amour au XIXe siècle (nouvelle fenêtre), changeons d’époque et explorons le XXe siècle, toujours sur le même thème : l’amour. Plus proche de nous, cette période regorge de productions littéraires très différentes les unes des autres. 

Les classiques

Débutons avec l’Américaine Edith Wharton (1862-1937), première femme à recevoir le Prix Pulitzer du roman, elle reçoit également la Légion d’honneur en 1916 pour avoir fondé les American Hostels for Refugees pendant la Première Guerre mondiale.

Vita Sackville-West (1892-1962) est une poétesse, romancière, essayiste anglaise. Fille unique du troisième baron de Sackville, elle n’hérite pas du domaine à sa mort à cause de la loi anglaise. Cela l’affectera toute sa vie. Elle se marie en 1913 à un diplomate, puis connaît de nombreuses liaisons avec des femmes, dont Virginia Woolf (leur histoire est adaptée en film, disponible en VOD (nouvelle fenêtre) avec votre carte lecteur). Elle est également deux fois lauréate du prix Hawthornden, ce qui reste unique dans l’histoire de ce prix.

  • Haute-société (nouvelle fenêtre) (1932). Une histoire d’amour tragique, de confiance et d’infidélité sur fond de critique de la haute société britannique. Le roman le plus ambitieux de l’auteure.

Virginia Woolf (1882-1941). Née à Londres dans une famille de la haute société anglaise, elle quitte ce milieu à la mort de ses parents et s’installe à Bloombury où elle forme « le groupe de Bloomsbury » avec d’autres artistes et intellectuels (nouvelle fenêtre) .

  • Orlando (nouvelle fenêtre) (1928). Inspiré de sa relation avec Vita Sackville-West, Virginia aurait dit de ce roman : « C’est la lettre d’amour la plus longue et la plus belle jamais écrite« .
  • Mrs Dalloway (nouvelle fenêtre) (1925). Un amour passé, un amour caché et un amour de jeunesse, trois thèmes que ce roman aborde, sans évoquer particulièrement l’amour entre Clarissa Dalloway et son mari.

Marguerite Duras (1914-1996). Née en Indochine française, elle passe son enfance au Vietnam puis s’installe en France en 1932. Pendant la guerre, elle intègre la Résistance et publie son premier roman en 1943 : Les Impudents.

hiroshima mon amour

 

Stefan Zweig (1881-1942). D’origine autrichienne, il étudie la philosophie et l’histoire de la littérature et voyage beaucoup en Europe. Il quitte l’Autriche après l’arrivée d’Hitler au pouvoir et s’installe en Angleterre où il est naturalisé en 1940.

Les contemporains

Ils ont écrit après la fin de la Seconde Guerre mondiale, sont pour certains toujours vivants et leurs histoires se rapprochent de notre époque. Un petit parfum de nostalgie flotte au dessus de ces romans qui jalonnent la deuxième partie du XXe siècle, en voici une sélection :

Angela Huth (1938-…). Écrivaine et journaliste anglaise, elle présente des programmes sur la BBC dans les années 60, écrit des pièces de théâtre et pour la radio. Elle est membre de la Société Royale de Littérature (équivalent de l’Académie française). Cadre intemporel, déconnexion des objets technologiques et voyage à notre époque, les romans d’Angela Huth éliminent la déprime et redonnent le sourire en peignant des personnages qui nous ressemblent. 

Amélie Nothomb (1966-…).

attentat

  • Attentat (nouvelle fenêtre) (1997). « Une histoire à la fois cruelle et tendre sur le thème éternel de la beauté et de la laideur. Attentat d’Amélie Nothomb est un livre qui ne sera pas sans vous rappeler la célébrissime histoire de Quasimodo et d’Esméralda dans Notre-Dame de Paris (1831) écrit par Victor Hugo ou encore celle de La Belle et la Bête et ses nombreuses réinterprétations au travers des siècles. » – Blog Livre Paris (nouvelle fenêtre).

Sébastien Japrisot (1931-2003). Anagramme de son vrai nom Jean-Baptiste Rossi, Sébastien Japrisot est un scénariste, romancier, réalisateur, traducteur et parolier français. Il publie son premier roman policier en 1960 Compartiment tueur (nouvelle fenêtre) avant de revenir à la littérature avec le titre suivant :

Laurie Colwin (1944-1992). De nationalité américaine, elle publie ses premières nouvelles dans le New Yorker à vingt-quatre ans. Chroniqueuse gastronomique et romancière, elle a également traduit Isaac Bashevis Singer.

  • Accidents (nouvelle fenêtre) (1975). Un roman sur le deuil et les souvenirs d’une femme sur sa vie d’épouse.
  • Une vie merveilleuse (nouvelle fenêtre) (1978). Deux cousins se retrouvent confrontés à l’amour. Ce sont deux tranches de vie, deux façons de voir le monde et quatre personnages attachants qu’on découvre au fil de la lecture.
  • Une épouse presque parfaite ! (nouvelle fenêtre) (1982). « Un soir de vernissage, Polly Solo-Miller rencontre Lincoln Bennett, un peintre à moitié ermite dont elle tombe instantanément amoureuse. Malheureusement, Polly est mariée, aime toujours son mari, bichonne ses deux bambins comme personne, et, surtout, descend d’une famille où ces choses-là ne se conçoivent pas. » – Babelio (nouvelle fenêtre)

Robert James Waller (1939-2017). Écrivain américain.

madison

 

 

Pour retrouver d’autres romans d’amour classiques, vous pouvez relire notre article « Romans d’amour : les classiques » (nouvelle fenêtre). Bonnes lectures !

Être juré de prix littéraire en 2020-2021, c’est possible !

7 Oct

Aller à la piscine, boire un verre dans un café, assister à une fête ou supporter son équipe de foot préférée en criant au bord de terrain, depuis le mois de mars 2020, un certain nombre de nos activités sociales se sont vues limitées en raison de la crise sanitaire… Parfois même, déterminer ce qu’il est possible de faire ou pas est devenu un véritable casse-tête… masqué !  Pourtant en cette rentrée 2020, une certitude existe : vous pouvez devenir juré de prix littéraire, et en l’occurrence du Prix des Lecteurs de Levallois 2021 ! Si l’aventure vous tente, voici quelques explications et conseils pour y parvenir.

Le Prix des Lecteurs de Levallois

Ce n’est plus franchement un petit nouveau dans les prix littéraires car le Salon du Roman Historique de Levallois au cours duquel ce prix est traditionnellement remis existe depuis 10 ans. Mais si vous ne le connaissez pas encore, sachez que la particularité de ce Prix est double :

  • C’est un prix de lecteurs, c’est à dire qu’il ne s’agit pas d’un prix remis par des pairs, journalistes, critiques littéraires ou confrères auteurs, mais par de vrais lecteurs : vous et moi ! Et les auteurs sont particulièrement sensibles à ces prix émanant directement de leur lectorat, ils nous le confirment chaque année par leur émotion et leur joie d’avoir été élus par un jury de lecteurs levalloisiens.
  • C’est un prix de printemps ! Alors que la plupart des autres prix se bousculent à l’automne, celui-ci joue la carte de la saison des bourgeons, le salon se déroulant généralement en mars ou avril. Cette date printanière semble presque symbolique dans le cadre du Prix qui récompense un roman historique et son jeune auteur, dans l’optique d’encourager la création et les talents débutants ou peu connus. Précisons tout de même ici qu’il ne s’agit pas de discrimination aux cheveux blancs,  le terme « jeune » n’étant pas employé au sens de l’âge mais de la création et production littéraire, domaine où il n’y a pas d’âge pour faire ses premiers pas.

Le rôle déterminant des jurés

Au nombre de douze*, les jurés sont le maillon essentiel du prix puisque ce sont eux qui vont lire, analyser, débattre,  parfois hésiter, toujours argumenter, et à l’issue des réunions du jury, procéder au vote et décider ainsi du roman qui sera le lauréat de l’année. Parmi ces douze jurés, la diversité des goûts de lecture, la différence de perception, d’histoire personnelle, de centres d’intérêt ou de culture, de même que la multiplicité des façons d’appréhender et d’apprécier un livre font toute la richesse et la subtilité du choix final. Car même si elles finissent toujours par s’accorder sur le choix d’un lauréat (au moins la majorité d’entre elles), toutes les voix de juré y sont singulière.

*Si vous êtes matheux et que vous êtes déjà en train de calculer que, 12 étant un nombre pair, cela risque de poser problème au moment du vote en cas de candidats ex aequo, précisons que les bibliothécaires de La Médiathèque qui participent au jury ont une voix commune, la 13ème, ce qui donne la possibilité de départager un éventuel match 6/6.

L’emploi du temps d’un juré

Si dans les faits, le juré devient au fil des mois quasiment juré à temps complet (c’est à dire que plus le salon se rapproche, plus il pense, mange, dort juré 😉 ) , rassurez-vous : l’emploi du temps des jurés est assez peu chargé. Liberté et plaisir en sont les maitres mots.

Entre les mois d’octobre 2020 et la date du Salon 2021, les jurés vont se rencontrer cinq à six fois. Les rencontres ont lieu certains mardis soir à la fermeture de La Médiathèque  (19h) et durent généralement un peu plus d’une heure. À chaque fois, leur seront remis un ou deux romans de la sélection 2020-2021 ( 8 à 10 titres au total offerts par les éditeurs et choisis en partenariat avec le magazine Le Point parmi les romans sortis depuis le dernier salon en mars 2020)

Le temps principal de la mission d’un juré est donc consacré à la lecture. Et pour cette étape, chacun son rythme ! Du juré qui dévore chaque livre en quelques heures à celui qui les relit chacun deux ou trois fois, une fois pour le plaisir, une fois pour l’analyse, une fois pour vérifier (si si… c’est arrivé…), tous les modes de lecture sont possibles du moment que pour la séance suivante, les livres dont on va débattre soient lus.

Ainsi entre les séances, les jurés devront lire… mais surtout commencer à déterminer si les romans qu’ils ont entre les mains possèdent les qualités indispensables d’un potentiel roman lauréat  :  en terme de place de l’Histoire, de la fiction, de qualité de l’intrigue, de poids des personnages, de rythme et construction, de richesse de la langue, sans oublier de plaisir de lecture !  Pour aider les jurés dans cette analyse, une grille d’évaluation (à titre indicatif) leur sera proposée en début de mission. Cette grille peut aussi servir à mémoriser ses notes et éventuellement à hiérarchiser ses lectures, car au fil des mois, l’œil de lecteur s’aiguise et le jugement (donc le classement personnel de chacun) parfois se modifie.

Comment postuler ?

Si arrivés à ce stade, vous vous imaginez très bien en juré, ça tombe bien ! Il vous suffit maintenant de cliquer sur le formulaire accessible via le site de La Médiathèque ou directement sur disponible sur la page consacrée au jury sur le site de la Ville de Levallois (nouvelle fenêtre).

Attention, vous devez envoyer votre candidature avant le dimanche 18 octobre à 18h !

Avant de remplir votre demande, réfléchissez à ce qui vous attire dans cette expérience de juré (toutes les motivations sont légitimes mais vous allez devoir expliciter un peu plus que « j’ai envie »).

Pensez aussi à un livre qui vous a marqué  : vous allez devoir en faire une rapide chronique et dire précisément en quoi il a été mémorable pour vous. Pour cette partie, il n’est pas nécessaire que ce soit un roman historique et si votre point de vue est étayé, il n’est pas nécessaire non plus que vous l’ayez apprécié ! En résumé, vous pouvez très bien écrire une courte critique sur un roman policier que vous avez détesté : on ne jugera pas votre candidature sur vos goûts mais sur votre capacité à partager vos impressions, coups de cœur ou coups de griffe de lectures.

Petite FAQ au cas où…

Si vous avez encore des questions, voici celles qui reviennent souvent  :

Puis-je candidater si je ne lis pas de romans historiques ? Oui ! C’est l’occasion d’en lire et de découvrir un genre plébiscité et son immense diversité.

Qu’est-ce qu’un roman historique ? Très bonne question ! Qui, vous le verrez, se reposera souvent au fil des rencontres du jury car déterminer ce qui fait la substantifique moelle d’un roman historique s’avère subtil et complexe. Pour résumer très schématiquement, un roman historique pourrait être une œuvre littéraire d’imagination qui mêle fiction et grande Histoire dans un équilibre harmonieux d’intrigue, de narration et de construction.

Si vous désirez aller plus loin sur ce thème, lire notre article Le roman historique est-il un genre ainsi que l’excellent dossier Le roman historique du Webzine Génération écriture publié en juin 2020.

Comment se déroulent exactement les séances du jury ? Toujours de façon sympathique et bienveillante même quand les avis sur les romans en lice sont tout à fait opposés ! Si vous voulez en savoir plus, lisez sur ce blog les articles La saga des jurés du Prix des Lecteurs de Levallois, qui, depuis 2015, raconte les coulisses et les aventures des jurys précédents, de la séance de présentation à la consécration de leur lauréat.

Quels ont été les précédents livres primés ? Si vous souhaitez vous imprégner des précédents prix, vous êtes déjà sur la bonne voie pour devenir juré. Car lire les romans primés les années précédentes peut vous donner une idée de la qualité des lauréats, de leur variété et de leur appartenance à ce genre très vaste qu’est le roman historique … C’est aussi l’occasion de voir l’excellent travail effectué par les jurys précédents !

Et maintenant, c’est à vous !

 

Philosopher est possible bien avant 16 ans. Si vous en doutiez, voici de quoi vous convaincre !

30 Sep

Le samedi 3 octobre 2020, dans le cadre des Rencontres de Liseur à La Médiathèque, Marie Robert propose aux citadins adultes pressés et stressés que nous sommes de prendre le temps de se poser pour réfléchir sur le thème avec une conférence intitulée : la philosophie, un remède à nos tracas quotidien (nouvelle fenêtre). Mais la philosophie est-elle l’apanage des adultes ? La réponse est NON ! Les philosophes contemporains sont convaincus que dans un monde de plus en plus complexe, développer la pensée critique dès la plus jeune l’enfance devient indispensable et savoir penser, réfléchir, une force.

C’est pourquoi, les éditeurs jeunesse se sont investis pour proposer des collections à destination des  jeunes enfants et de leurs parents, bien avant les cours proposés aux classes de Terminales. Et indépendamment de ces compilations dédiées, la littérature jeunesse foisonne de titres de fictions inspirants.

Depuis de nombreuses années, l’édition jeunesse soutient la démarche des experts en proposant des collections, outils de médiation. Elles s’adressent aux parents et les rassurent quant à leurs capacités de philosopher et bien sûr aux enfants. Chacun est capable de raisonner, d’organiser ses idées. C’est d’ailleurs tout ce qu’il faut dans ce domaine : des questions et de la méthode. Ce n’est pas un casse-tête, mais une activité que l’on peut pratiquer comme un loisir : en débutant, en amateur ou en professionnel.

 

 

 

  • LeAteliers philo à la maison (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) guide Ateliers philo à la maison (nouvelle fenêtre) propose une méthode d’éveil à la réflexion en 15 ateliers à proposer à vos enfants, dès 1 an. Vous pourrez les adapter aux situations quotidiennes, au rythme et à la demande de chacun. Vous y trouverez jeux, histoires, pensées d’auteurs, débats… Et toujours, des questions qui amènent l’enfant à développer son esprit critique, à construire ses propres points de vue et, au final, à acquérir une maturité si utile à l’adolescence. Une aventure partagée, où réfléchir est un plaisir qui fait grandir !

 

 

  • Les éditions Albin Michel plus factuelles, abordent par le biais d’histoires, des situations vécues par les 3- 5 ans. Les petites et grandes questions qui prêtent à discussion.  La collection Piccolophilo (nouvelle fenêtre) aborde par le jeu, les interrogations soulevées par le récit et permet des échanges en famille. Par exemple ; la notion de propriété et de partage…Une collection ludique, tout en dialogues, à lire et à partager, entre adultes et enfants.

 

 

  • qui suis-je oscar Brenifier (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Sous l’égide d’Oscar Brenifier, Docteur en philo,  la collection philo Z’enfants (nouvelle fenêtre) éditée chez Nathan prend le relai en s’adressant aux enfants des classes primaires. Des ouvrages abondamment illustrés et aux parcours  thématiques balisés pour trouver en soi des réponses qui donnent sens. Juste un exemple pour vous inspirer :

 

 

 

 

  • Enfin les enfants grandissants, Gallimard présente la collection Philophile (nouvelle fenêtre). Son objectif : initier les lycéens à la réflexion philosophique pour mieux comprendre leur vie au lieu de la subir, à appréhender la complexité du monde qui les entoure et ses enjeux.

Découvrez par exemple le titre : C’est pour ton bien, éduquer ou soumettre (nouvelle fenêtre) de Benjamin Delmotte. « C’est pour ton bien !  » Cette expression, qu’elle s’adresse à un enfant ou à un adulte, suppose une relation inégale entre celui qui sait et doit convaincre et celui qui ne sait pas et doit entendre l’argument. Le savoir s’articule donc à une relation de pouvoir (celui des parents, du professeur, du médecin…). Mais de quelle « bienveillance », de quelle autorité s’agit-il vraiment ? Et n’est-ce pas dans le domaine politique et social que cette dissymétrie pose le plus de questions ? Éduquer, n’est-ce pas surtout une occasion de s’éduquer soi-même ?

Cette sélection est loin d’être exhaustive. Elle n’est qu’un petit échantillon de la médiation des éditeurs jeunesse qui offrent des outils adaptés à chaque tranche d’âge pour résoudre des dilemmes dans une démarche active et adapté à la maturité du lecteur.

Et maintenant, bonnes lectures inspirantes et philosophiques !

Prochainement sur Liseur : Philosopher avant 16 ans : aujourd’hui, pour de vrai ou pour de faux ?

ATTENTION : en raison de la situation sanitaire, la rencontre du 3 octobre 2020 à La Médiathèque avec Marie Robert n’est accessible (dans le respect du port du masque et gestes barrières) que sur réservation au 01 47 15 76 43 

Que lire en cette rentrée 2020 ?

24 Sep

Les romans de la rentrée sont arrivés ! Et avec eux la diversité, la variété et l’assurance de lectures pour tous les goûts. Quelques pistes pour vous guider dans cette rentrée littéraire de septembre : 

  • Si vous aimez la littérature anglo-saxonne, vous pouvez opter à coup sûr pour :

Betty (roman à télécharger- nouvelle fenêtre) ou à emprunter en version papier ( nouvelle fenêtre) de Tiffany Mc Daniel :  Betty grandit dans les années 60-70 dans le majestueux décor de l’Ohio. Elle est la fille d’un couple mixte, son père est Cherokee et sa mère blanche, pour supporter les mystères et les mensonges dans lesquels sa famille est engluée, elle confie sa douleur à des pages qu’elle noircit. C’est  un grand roman initiatique, d’émancipation dans la tradition de grands romans américains.

Bien sûr vous ne prendrez pas trop de risque avec Nickel boys (roman à télécharger- nouvelle fenêtre)  ou à emprunter en version papier ( nouvelle fenêtre) de Colson Whithead, qui a remporté son deuxième prix Pultizer : basé sur une histoire vraie, il retrace l’histoire d’Elwood, et détaille la façon dont les lois raciales ont anéanti des existences.

  • Si les romans historiques vous intéressent :

La brodeuse de Winchester (roman à télécharger – nouvelle fenêtre) ou à emprunter en version papier (nouvelle fenêtre)Tracy Chevalier vous fait rencontrer Violet Speedwell en 1932, qui est dactylographe célibataire, plutôt seule dans la vie jusqu’à ce qu’elle rencontre Gilda et un cercle masculin dont Axel sonneur de cloches…

Le faucon (roman à télécharger – nouvelle fenêtre) ou à emprunter dans en version papier (nouvelle fenêtre) de Gilbert Sinoué. Avec son talent de conteur habituel, et ses grandes connaissances sur le Moyen-Orient, l’auteur exhume le destin hors du commun de Cheikh Zayed, l’un des hommes les plus fascinants du XXe siècle

  • Si votre intérêt se porte sur les romans psychologiques ou qui interrogent sur l’identité :

Une rose seule (roman à télécharger – nouvelle fenêtre) ou à emprunter dans sa version papier (nouvelle fenêtre) de Muriel Barbery  : Rose vient d’être appelée au Japon par le notaire à la mort de son père, elle se rend pour la première fois à Kyoto et se laisse capter petit à petit dans un voyage unique, celui des origines.

Fille (roman à télécharger – nouvelle fenêtre)  : Camille Laurens déploie le destin d’une femme confrontée aux mutations de la société française de ces quarante dernières années. La narratrice emporte dans sa voix les grandes problématiques de l’éducation des femmes, de la domination masculine et de la transmission des valeurs féministes aux jeunes générations.

L’Autre moitié de soi (roman à télécharger – nouvelle fenêtre)  : Britt Benett nous permet d’entrer dans ce monde complexe et intriguant de la gémellité, des origines cachées, du racisme qui mutile tant de gens de couleurs A propos de chacune de ces fractures de la société, ce roman offre une pluie de questions et quelques réponses qui peuvent aider le monde à cheminer vers un peu plus d’authenticité.

  • Si vous aimez les thématiques sociales :

Chavirer (roman à télécharger – nouvelle fenêtre) ou à emprunter en version papier (nouvelle fenêtre) de Lola Lafon explore le système de  prédation mis en place pour piéger des jeunes filles rêvant de devenir danseuses, tout en rendant hommage à celles qui en ont été victimes.

Buveurs de vent (roman à télécharger – nouvelle fenêtre)  : Franck Bouysse fait de nouveau dans la noirceur avec ce roman qui se situe dans une vallée coupée du monde, une famille travaille pour une centrale dont le propriétaire est un tyran, toujours servi par une écriture magnétique.

  • Pourquoi pas un roman qui retrace l’agonie d’un monde paysan  ?

Nature humaine (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Serge Joncour. Dans Nature humaine (roman à télécharger – nouvelle fenêtre), Alexandre, reclus dans une ferme du lot, s’interroge sur sa vie paysanne d’enfant et les mutations de 30 ans d’histoire nationale, passant en revue les progrès, les luttes, les catastrophes qui ont jalonné le XXe siècle.

  • Si vous souhaitez plus de légèreté : 

Lisez Broadway (roman à télécharger – nouvelle fenêtre)  : Fab Caro n’a pas son pareil pour camper des scènes désopilantes mêlées à une certaine mélancolie. Ainsi, Axel, 48 ans, se confronte à de grandes interrogations sur son avenir et rêve d’une comédie musicale à Broadway…

Ou L’été des fleurs sauvages (roman à télécharger – nouvelle fenêtre) ou à emprunter en version papier( nouvelle fenêtre) de Kathryn Taylor  : Zoé quitte Londres pour enquêter sur un drame familial qui s’est déroulé il y a quelque temps déjà dans le décor somptueux des Cornouailles; Mystères et aventures sont au rendez-vous, une petite bulle d’oxygène parmi la belle et riche sélection de rentrée !

  • Si vous avez envie de lire des écrits contemporains : 

Yoga (roman à télécharger – nouvelle fenêtre) iu à emprunter en version papier ( nouvelle fenêtre)  : Emmanuel Carrère apporte un témoignage actuel très touchant sur la mise à nu de la découverte tardive de sa bi-polarité. C’est aussi l’exposé de tous les travers rencontrés à notre époque et les traces laissées dans son psychisme.

Comme un empire dans un empire (roman à télécharger – nouvelle fenêtre) ou à emprunetr en version papier (nouvelle fenêtre) d’Alice Zeniter : Antoine, est assistant parlementaire et L, , hackeuse de son état. Il représente le monde du « dehors », elle incarne celui du « dedans’. Le roman parle d’aujourd’hui, de la difficulté de faire de la politique dans notre société malade, des limites de l’engagement.

  • Et pour finir un premier roman déjà bien remarqué  !

Ohio (roman à télécharger – nouvelle fenêtre)  ou à emprunter en version papier (nouvelle fenêtre) de Stephen Merkley.  Ce premier roman sous forme de fresque sociale et politique fait une entrée marquante par son réalisme, il campe une jeunesse désabusée qui n’a connu que la montée du populisme, la violence et l’échec du rêve américain.

Bonnes lectures de rentrée !

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