Les Rencontres de Liseur (4) : La saga Maeght

15 Mar

Dans le cadre des conférences des Rencontres de Liseur 2018-2019,  vous êtes tous invités le samedi 23 mars 2019 à 16h à La Médiathèque pour rencontrer, écouter et dialoguer avec Yoyo Maeght, petite fille du célèbre collectionneur et galeriste Aimé Maeght : une rencontre exceptionnelle autour de son livre La saga Maeght et une plongée dans le microcosme du monde de l’art en France ainsi que dans l’intimité d’une famille élargie aux artistes.

© Yoyo Maeght

Descendante d’Aimé, le fondateur, Yoyo Maeght est tout à la fois, éditrice, galeriste, commissaire d’expositions, magistrate et enseignante ; elle est l’auteure de plusieurs ouvrages parmi lesquels Maeght : l’aventure de l’art vivant (nouvelle fenêtre), La Fondation Marguerite et Aimé Maeght : l’art et la vie (Gallimard, 2010) et La Saga Maeght (nouvelle fenêtre) (Robert Laffont, 2014).

La Saga Maeght de Yoyo Maeght (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)

 

Samedi, lors de cette rencontre, Yoyo Maeght vous présentera son grand-père, Aimé Maeght. Orphelin de guerre déplacé, jeune graveur lithographe, il devient l’ami des plus grands artistes du XXe siècle, à commencer par Pierre Bonnard, Henri Matisse et Georges Braque avant de devenir l’un des plus importants marchands d’art.

Les rencontres, sa passion pour l’art, son discernement, feront de lui une référence au rôle déterminant.

Je cherche la garantie de l’authenticité de l’œuvre dans l’homme.

Aimé Maeght (« Radioscopie » par Jacques Chancel, 25 juin 1969, France Inter/ ARCHIVE INA)

© Yoyo Maeght

 

Visionnaire, il créera avec son épouse, non seulement un écrin mais encore une fondation à Saint-Paul-de-Vence (nouvelle fenêtre) qu’il laisse à la postérité.

Pour en savoir plus sur la Fondation Marguerite et Aimé Maeght, consultez notre Zoom sur…  (nouvelle fenêtre) qui y est consacré sur le site de La Médiathèque.

Yoyo Maeght vous fera entrer dans l’intimité des artistes, en décrivant l’épopée Maeght, de 1930 à aujourd’hui, avec les rencontres, les artistes, les audaces, les drames, les projets et les réalisations, photos d’archives à l’appui.

Patchwork Yoyo Maeght

© Yoyo Maeght

Prenez de la hauteur, venez penser le monde d’aujourd’hui avec Les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 23 mars 2019  à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès- Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

BONUS : Retrouvez notre sélection de documents autour de « La saga Maeght : les artistes exposés à la Fondation » sur le site de votre Médiathèque (nouvelle fenêtre)

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La saga du Prix des Lecteurs de Levallois 2019, questionnements

11 Mar

Mi février, les douze jurés du Prix des Lecteurs de Levallois se sont retrouvés à La Médiathèque pour une nouvelle réunion de jury : au menu de la soirée, deux nouveaux romans historiques… Cette fois encore, littérature, petite et grande Histoire sont sur la table et de nouveaux questionnements s’invitent dans les débats.

Ce soir, à la grande surprise des jurés, la réunion prend une nouvelle forme  : tous sont invités à parler de leurs impressions de lecture en suivant les différentes rubriques de la grille d’analyse (souvenez-vous :  celle qui leur a été remise lors de la première réunion, une sorte d’aide-mémoire, vademecum du parfait petit juré)

– Oh interrogation orale, sourient certains que cet exercice encadré ramène d’un saut quantique à leurs années lycée.

D’autres se justifieraient presque :

– C’est le seul sur lequel j’ai jeté l’éponge pour faire une fiche !

– Je n’ai pas eu le courage…

Aucune importance car, fiche de lecture ou pas, les échanges et les discussions démarrent sur les chapeaux de roue : un par un, tous les points de contrôle vont être abordés, de la place de l’Histoire à la densité des personnages ou l’intrigue, en passant par le style… Mais au fil des rubriques qui défilent, la majorité des jurés avouent être restés sur leur faim… ce qui compte-tenu du livre dont il est question s’avère presque un clin d’œil  🙂

Les ingrédients du roman historique

– Pourtant, c’est un roman qui a de nombreux ingrédients* pour faire un bon roman historique, entend-on.

* Notez le vocabulaire qui, ce soir, a décidément une petite connotation culinaire et gourmande qui ressurgira plusieurs fois au cours de la soirée.

D’après certains, le début du roman est bon. Happés par les premiers chapitres, ils l’ont dévoré, mais hélas, le livre leur est tombé des mains. Et à leur mine déconfite, on comprend que la chute a été rude…

Car « il aurait pu me plaire », regrette cette jurée qui précise qu’en dehors du fait que cela se passe à telle époque, elle n’a trouvé aucun éclairage historique particulier. Et même si d’autres ont tout de même aperçu une petite toile de fond historique, elle semble à tous trop légère. « Ça reste très superficiel », reproche que l’on entend aussi à propos de la densité des personnages : « rabelaisiens mais pas assez truculents… » « On a une grosse documentation sur l’art culinaire de l’époque mais rien sur ce qui constitue le sujet du livre ». Mais à propos, quel est-il ce fameux sujet ?

Avec application, on liste alors les thématiques : la religion, l’obscurantisme, les superstitions, la misère , la soif de connaissance, l’enfance… Bigre, ce n’est pas rien ! Mais malgré cette richesse, la mayonnaise ne prend pas.

Je n’ai pas saisi le message si il y en avait un. Ça ne va nulle part.

Ce constat dépité amène la tablée à se poser des questions sur l’objectif et le sens du livre : est-ce une métaphore, un symbole, un hommage, une pâle imitation ? Et l’on en arrive à une interrogation primordiale : pourquoi l’écrire ?

Mais aussi, malgré un bon début, des thèmes porteurs et un vocabulaire original, qu’est-ce qui ne marche pas dans ce livre ? Pour filer la métaphore gastronomique, la réponse serait peut-être à chercher du côté du soufflé…

L’auteur démarre plein de choses et pouf ça tombe !

« Une super idée qui ne va pas jusqu’au bout, une intrigue qui se dégonfle comme le personnage… » Vous l’aurez compris, malgré une profusion de sujets, le roman « ne part jamais ». Certains jurés avaient même de gros espoirs avec ce livre : « j’attendais des infos », « j’aurais voulu la peinture d’une époque », ou encore « un lien avec le début », « un truc rationnel », « une autre fin ». Mais quelles qu’elles soient, toutes ces attentes ont été déçues…

On entend alors des conseils, voire des pistes d’amélioration pour l’auteur comme « couper la dernière partie redondante » ou « exploiter le cœur du roman ».

Un ovni littéraire

Soulignée par plusieurs jurés, il y a néanmoins une chose qui pourrait sauver ce livre : le style. Si certains l’ont trouvé excessif voire « répugnant », d’autres sont perplexes, incapables de savoir si cela leur a plu ou pas. On parle de vitesse, de rythme qui happe, de répétitions entrainantes, mais aussi de vocabulaire précis et d’une écriture très documentée. À cette jurée qui a « l’impression qu’il [l’auteur] écrit en courant », une autre répond que « c’est un livre fatigant » [pour le lecteur].

Une oreille attentive fait remarquer alors que recherches documentaires, restitution d’un vocabulaire spécifique au moyen-âge et finalement, création d’une atmosphère (fut-elle nauséeuse ou haletante…) pourraient être des signes encourageants pour ce qui nous occupe ce soir  : la recherche d’un véritable roman historique.

– Non, répond cette jurée.

Mais si ce livre ne possède pas tous les critères attendus pour un roman historique, il apparait tout de même comme une création singulière, un véritable « ovni littéraire ».

Je n’ai jamais lu quelque chose comme ça !

Ceci est un bel hommage, surtout lorsque l’on sait que ce livre est un premier roman. Après un petit débat où tout le monde parle en même temps, on en conclut que le livre a un énorme potentiel, mais que « le mélange est raté ». Si l’auteur lit ces lignes, qu’il ne désespère pas car :

– On est très critique, s’excuse presque une jurée. Parce qu’on lit ce livre dans le contexte du jury mais en dehors, j’aurais pu le choisir !

Un lauréat potentiel ?

Après cette généreuse conclusion, on se consacre au roman suivant : « une affaire de destins, des personnages contrastés dont on suit l’évolution, des portraits magnifiques, un récit qui se déroule de A à Z, et une immersion totale en Histoire ».

Tiens, tiens, aurions-nous ici un possible lauréat ?

Oui pour cette jurée qui voit ici réunis tous les éléments du roman historique : la vie quotidienne de l’époque, des évènements politiques, un personnage principal sincère et attachant, une évolution individuelle adossée à la transformation collective d’un pays, un cadre réaliste et un travail de recherche sous-jacent, une écriture à la fois classique et poétique, avec de très belles descriptions qualifiées de picturales…

Des cinq déjà lus, c’est le premier qui raconte l’histoire d’un pays au travers d’une vie.

Quant au style, la langue est « au service du texte avec un style que l’on ne lit plus tellement ». Début d’apothéose ? Pas encore… En cet instant de grâce, les dés ne sont pas jetés : ce roman ne fait pas l’unanimité ! Car si l’on admet à peu près qu’il constitue un roman historique au sens strict du terme, on regrette que la partie romanesque patine un peu…  Plus gênant encore, le plaisir de lecture n’y est pas : ça semble « laborieux, une écriture terne, un peu aride, lente ».

– Peut-être est-ce un parti-pris d’auteur, une lenteur au service du propos avec un temps pour poser les personnages et installer le décor ? s’interroge cette jurée. Ça pourrait être une sorte de métaphore !

Ainsi, l’écriture qui a séduit certains en a ennuyé d’autres :  « j’ai peiné sur le style mais j’ai aimé ».

Mais… Une conjonction de subordination, charnière entre deux affirmations, qui sera peut-être la caractéristique de cette sélection 2019, entre enthousiasme et critique, mais toujours à la recherche du roman parfait ! Retenons de cette séance une phrase prononcée d’un ton admiratif :

J’ai  l’impression que l’auteur avait vécu cette époque.

Quel plus beau compliment pour un roman historique !

Précédemment dans Liseur : La saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2019, top départ ; Premiers débats et Interrogations.

Voyages en terres désertiques

4 Mar

Vous rêvez de partir loin du bruit des klaxons et de l’agitation de la ville, vers des paysages grandioses, apaisants et envoûtants ? Les romans et bandes-dessinées présentés ci-après vous donneront un avant-goût de liberté et d’évasion. Leurs auteurs ont, pour la plupart, voyagé eux-mêmes dans ces contrées reculées. Ils nous livrent leur expérience, décrivent leurs aventures, leurs rencontres. Certains accompagnent leur témoignage d’illustrations à l’aquarelle, d’autres de photos. Autant de manière différente de nous faire voyager à travers les mots et les images avant, peut-être, de vraiment prendre le large.

Une sélection de romans 

Farallon Islands / Abby Geni (nouvelle fenêtre)

Une île dans l’océan Atlantique au large de San Francisco, cinq scientifiques, une photographe, quatre saisons, des mammifères marins et des oiseaux. L’intrigue de ce roman se déroule dans ce cadre, sur une île à la nature préservée. On y suit l’arrivée de Miranda la photographe. Elle découvre ses colocataires, chacun spécialiste d’un domaine animalier : les requins, les phoques ou encore les oiseaux. Et chacun avec sa personnalité : ermite, jovial, antipathique ou encore difficile à cerner. La vie de l’île est rythmée par les saisons, chaque saison donne la prépondérance à un scientifique et à son domaine d’étude. Miranda se fait l’observatrice de cette nature complexe et de ces relations particulières entre scientifiques et animaux.  En tant que lecteur on apprend comment chassent les requins, la dangerosité d’un goéland, mais surtout à découvrir les hommes et leur cohabitation, comme une espèce animale à part entière.

Retrouvez ce roman en version numérique téléchargeable (nouvelle fenêtre) !

Dans les forêts de Sibérie / Sylvain Tesson (nouvelle fenêtre)

Un homme. Six mois. Une cabane. Le silence. Le lac Baïkal. Ce sont les éléments qui composent le roman de Sylvain Tesson. Sa retraite dans les forêts de Sibérie, sa fuite. Sa tentative d’être heureux face à son impuissance pour changer le monde. Avoir du temps pour réfléchir, pêcher, lire, boire, discuter avec les rares personnes présentent dans ce lieu à l’écart de tout. Et se demander, est-ce la liberté ?

L’adaptation en film (nouvelle fenêtre) du roman de Sylvain Tesson est également disponible en DVD à La Médiathèque, ou en VOD sur La Médiathèque numérique(nouvelle fenêtre) grâce à votre carte de lecteur.

Le Totem du Loup / Jiang Rong (nouvelle fenêtre)

La Mongolie, sa population et son mode de vie nomade. L’adoration et la peur des loups. Les croyances si différentes de leurs voisins. Comment Chen Zhen peut-il s’adapter dans ce monde si différent du sien ? Ce jeune étudiant chinois est envoyé auprès des tribus nomades de Mongolie en 1967, pendant la révolution culturelle en Chine. Outre la dimension politique propre au récit et à l’évolution des sociétés mongoles, Jiang Rong nous plonge dans le monde des steppes asiatiques. Entre les aléas climatiques, les conditions de vie difficiles et la grande solidarité des familles  peuplant ce territoire, on suit l’adaptation du jeune Chen Zhen au fil des saisons.

L’adaptation en film : Le dernier Loup de Jean-Jacques Annaud (nouvelle fenêtre), est également disponible à La Médiathèque.

Bon baisers du Baïkal / Géraldine Dunbar (nouvelle fenêtre)

Recueil de nouvelles se déroulant dans des bourgades autour du lac Baïkal, Géraldine Dunbar décrit les relations entre les hommes et l’adaptation au climat avec plein de poésie. Ces nouvelles sont agréables à lire, elles nous transportent pour quelques heures autour de ce lac calme et paisible. Comme une parenthèse délicate et sensible qui donne des envies d’ailleurs.

D’autres idées de lecture…

En BD : focus sur un auteur, Emmanuel Lepage

Emmanuel Lepage est un dessinateur, et un voyageur. Il tente de lier son récit à la réalité en racontant ses voyages, ce qu’il a vécu, ce qu’il a lu. C’est l’authenticité de ses histoires et ses dessins envoûtants qui donnent envie d’en lire plus, et finalement de voyager vers ces contrées désolées.

Voyage aux îles de la Désolation / Emmanuel Lepage (nouvelle fenêtre)

En 2010 Emmanuel Lepage embarque sur le Marion Dufresnes, le navire ravitailleur des TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) qui fait deux rotations par an pour subvenir aux besoins des scientifiques. Les Terres Australes, ce sont les îles de Crozet, d’Amsterdam, de Saint-Paul et la plus connue, l’île de Kerguelen, autrefois appelées « Les îles de la Désolation ». Ce voyage est une opportunité unique d’entrer dans un monde sauvage et mystérieux où seuls les scientifiques posent généralement les pieds.

La Lune est blanche / Emmanuel et François Lepage (nouvelle fenêtre)

Emmanuel et François Lepage nous emmènent en Antarctique, au bout du monde, où les étendues blanches sont aussi belles qu’hostiles. Une terre qui n’appartient à aucun pays, où tous les scientifiques travaillent ensemble et où le tourisme n’a pas sa place. Une terre d’isolement et pourtant de rencontres, qui fait peur et donne envie. L’association des deux frères pour réaliser cette bande-dessinée reportage permet d’admirer les illustrations d’Emmanuel Lepage et les photographies de François Lepage. Pour des envies d’ailleurs et d’aventures.

Un printemps à Tchernobyl / Emmanuel Lepage (nouvelle fenêtre)

1986, la catastrophe de Tchernobyl. En 2008, c’est un paysage figé dans le temps que découvre Emmanuel Lepage, mandaté par l’association  Dessin’acteurs pour raconter la vie des survivants, ceux qui ont décidé de rester là-bas, malgré les risques. C’est une aventure mais aussi un défi pour notre voyageur qui a le sentiment de défier la mort. L’évolution des dessins et des couleurs donne vie à cette bande-dessinée et permet de voir la catastrophe de Tchernobyl sous un nouveau jour.

D’autres dessinateurs racontent leurs voyages … ou en inventent

Parenthèse Patagone / Aude Picault (nouvelle fenêtre)

Cette bande-dessinée est plutôt un carnet de bord. Aude Picault décide un jour de partir découvrir les canaux de Patagonie sur un voilier. Elle prend le large et nous fait part de son voyage en alternant les dessins à l’aquarelle, le récit de ses journées et les cartes de son voyage. Les aquarelles ont des lignes souples et des couleurs douces ce qui rend l’ensemble assez réaliste. Les dessins agrémentés de dialogues ont toujours une petite pointe d’humour qui rend la lecture très agréable.

Le chant du pluvier / Amandine Laprun et Joseph Béhé ; Erwann Surcouf (nouvelle fenêtre)

Pour renouer avec son père après la mort de sa mère, Guilhèm l’emmène pour un voyage au Groenland. Chacun doit réapprendre à vivre avec les habitudes de l’autre dans un univers dénué du confort quotidien. Découverte des icebergs et des coutumes locales, de la population. Les dessins alternent entre trois jeux de couleurs : les tons bleus, marrons et noir et blanc. Des photos du Groenland sont ajoutées à la fin du livre.

Terra Australis / LF Bollée et Philippe Nicloux (nouvelle fenêtre)

LF Bollée nous emmène en Australie, sur cette terre chère à son cœur. Il nous raconte son histoire, les débuts de sa colonisation, quand l’Angleterre y envoya ses prisonniers condamnés à la déportation. C’est une aventure dans laquelle on se plonge pendant 500 pages sans en démordre du début à la fin. Les dessins en noir et blanc de Philippe Nicloux son très précis, que ce soit pour les expressions du visage ou pour les contrastes des paysages. L’ensemble forme une harmonie qui plonge le lecteur dans l’univers de ce XVIIIe siècle et de ce périple vers « cette fameuse Terre du Sud », cette « Terra Australis Incognita ».

 

 

Et pour continuer ses lectures…

 

Il ne vous reste plus qu’à venir faire votre choix à La Médiathèque, et à nous conseiller d’autres lectures d’aventure !

Le coin de La Médiathèque de février 2019 a adoré la science se livre

28 Fév

Après la conférence L’homme est-il un animal comme les autres ? donnée à La Médiathèque par Jean-Baptiste de Panafieu le 16 février dans le cadre de « La Science se livre 2019 », le coin de La Médiathèque vous propose de quoi poursuivre cette réflexion passionnante sur les origines de l’homme et le rapport de l’humanité à l’animalité.

Pour ceux qui ont manqué la venue de Jean-Baptiste de Panafieu, la lecture de son livre vous mettra au cœur du sujet.

L'homme est-il un animal comme les autres JB de Panafieu (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)   L’homme est-il un animal comme les autres ? (nouvelle fenêtre)  Jean-Baptiste de Panafieu aux Éditions La ville brûle

Même si, de par notre origine, nous faisons partie du règne animal, on a souvent pensé que l’homme, en raison de son développement au cours du temps, était au sommet de la pyramide de l’évolution, lui donnant ainsi le droit d’agir comme il le souhaite avec les autres espèces…

Jean-Baptiste de Panafieu mêle des éléments de sociologie, philosophie et anthropologie pour tenter de nous éclairer sur la place de l’humanité dans la biodiversité dont nous dépendons mais que nous détruisons : avons-nous des droits sur les autres espèces ? L’humanité peut-elle se passer d’elles ? Les animaux ont-ils une moralité ? Comment devient-on humain ?

Découpé dans un ordre chronologique et thématique, ce documentaire ouvre des pistes de réflexion, suggère des idées inédites et réconcilie les concepts de nature et culture, qui ont été si longtemps opposés.

Jean-Baptiste de Panafieu aborde dans ce livre documentaire accessible à tous, les origines de l’humanité, mais également le créationnisme et le racisme.

La grande histoire de ce que nous devons aux animaux de Brian Fagan (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)   La grande histoire de ce que nous devons aux animaux (nouvelle fenêtre) de Brian Fagan. Éditions Vuibert

L’ouvrage de Brian Fagan traite des relations complexes et changeantes entre animaux et humains, et particulièrement de la manière dont elles ont évolué au fil du temps, depuis la préhistoire avec les chasseurs-cueilleurs jusqu’à nos jours où nous vivons de plus en plus éloignés de la nature.

Brian Fagan, archéologue britannique, démontre que les sociétés humaines ne se seraient pas développées sans le concours des animaux domestiques qui ont joué un rôle déterminant dans l’histoire des civilisations. Symboles de richesse mais aussi chassés, élevés, exploités pour le travail, la guerre, le transport, pour se nourrir et se divertir, les animaux domestiques, vaches, bœufs, chiens, ânes, chevaux, chameaux, porcs, chèvres et moutons ont de tout temps accompagné l’homme pour le meilleur comme pour le pire…

Ainsi devant la souffrance et la maltraitance animale (élevages industriels, destructions massives pour les besoins en fourrure…) qui se sont accrues depuis la révolution industrielle, aujourd’hui des voix s’élèvent pour reconnaître aux animaux leur entière qualité d’êtres vivants.

Une lecture nécessaire alors que nous nous interrogeons sur la place à donner aux animaux dans nos sociétés de consommation.

Qui sont nos ancêtres grand singe, homme, ce qu'on ne sait pas encore de Anna Alter et Brigitte Senut (catalogue de La Médiathèque- nouvelle fenêtre)  Qui sont nos ancêtres ? : grand singe, homme, ce qu’on ne sait pas encore (nouvelle fenêtre) de Anna Alter et Brigitte Senut. Éditions Le Pommier

Pendant très longtemps, l’idée que l’homme descend du singe a été véhiculée et a traversé les décennies. Aujourd’hui, des scientifiques pensent que ce n’est pas si simple et que beaucoup de paramètres entrent en ligne de compte pour expliquer l’origine de l’homme car en réalité nous sommes seulement cousins et avons un lointain « ancêtre commun ». Le singe d’aujourd’hui n’est pas notre ancêtre, ce qui explique que nous ayons des petits airs de famille mais de grandes différences aussi.

Au travers de sept chapitres très illustrés, Anna Alter,  journaliste scientifique, et Brigitte Senut, paléontologue, mettent leurs connaissances et leur savoir à la portée des enfants et abordent  les grandes questions au sujet de nos origines : les racines communes de l’homme et des grands singes, l’origine géographique de notre espèce, les raisons l’ayant poussée à vivre au sol et à passer au mode bipède, le développement du cerveau humain, les différences entre homme et femme ou encore les outils.

Un livre de vulgarisation scientifique passionnant, illustré avec humour qui donnera lieu à de grands débats !

Farallon Islands d'Abby Geni (roman à télécharger sur le site de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)   Farallon Islands d’Abby Geni, un roman à emprunter (nouvelle fenêtre) ou à télécharger sur le site de La Médiathèque (nouvelle fenêtre)  Éditions Actes Sud

Une île dans l’océan Atlantique au large de San Francisco, cinq scientifiques, une photographe, quatre saisons, des mammifères marins et des oiseaux… L’intrigue de ce roman se déroule dans ce cadre, sur une île à la nature préservée. On y suit l’arrivée de Miranda la photographe. Elle découvre ses colocataires, chacun spécialiste d’un domaine animalier : les requins, les phoques ou encore les oiseaux. Et chacun avec sa personnalité : ermite, jovial, antipathique ou encore difficile à cerner. La vie de l’île est rythmée par les saisons, chacune donnant la prépondérance à un scientifique et à son domaine d’étude. Miranda se fait l’observatrice de cette nature complexe et de ces relations particulières entre scientifiques et animaux.  En tant que lecteur on apprend comment chassent les requins, la dangerosité d’un goéland, mais surtout à découvrir les hommes et leur cohabitation, comme une espèce animale à part entière.

Un roman original à l’écriture envoûtante qu’on apprécie jusqu’à la dernière page.

Bonnes lectures !

Quand la littérature se fait légère

19 Fév

Pour conjurer l’ambiance morose, la grisaille et le froid rien de tel qu’un roman, à peine ouvert, qui vous plonge dans une ambiance légère et drôle. Aristote, Diderot, Bergson, Freud, tous ont philosophé sur le rire. Mais comme le fait remarquer André Breton dans la préface à son Anthologie de l’humour noir, la définition de l’humour est toujours aussi difficile. On constate d’ailleurs que ce qui fait rire les uns ne fait pas forcément rire les autres. Et cela est particulièrement vrai en matière de romans.

Si l’humour britannique revêt le plus souvent une forme d’ironie acide et pince-sans-rire, volontiers absurde, d’humour noir, d’humour burlesque, loufoque, satirique, ou subversif…, une chose est sûre : l’humour en littérature est de tous les pays et de toutes les époques. Ce ton nouveau semble apparu dans les années 60 avec la Beat génération, un ton plus libre dans la forme et le fond, plus critique qu’ironique. Nous pourrons nous pencher aussi sur ces dernières années  riches en nouveaux courants littéraires légers, comme la comédie urbaine féminine ou la Chick-lit (littérature de filles). Et puisqu’il est de bon ton que le livre ait des vertus thérapeutiques, celui du rire n’est plus à prouver : Joyeuses lectures !

La reine des lectrices (nouvelle fenêtre) / Alan Bennett. Une farce sur le pouvoir subversif de la lecture… La reine d’Angleterre se découvre par hasard un goût pour la lecture. Rien n’arrête son appétit dévorant et elle en vient à négliger ses engagements. Du valet de chambre au prince Philip, tout Buckingham grince des dents tandis que cette passion royale bouscule le protocole.

Mon chien stupide (nouvelle fenêtre) / John Fante. Le style acide et féroce de John Fante donne à ces personnages une allure pathétique et touchante. À la fois drôle et tragique, un livre vivement conseillé les jours de blues. Le personnage principal a une existence tumultueuse, coincé entre une progéniture ingrate et un talent incertain, ce roman oscille entre cynisme salvateur et envies de fuite.

La conjuration des imbéciles (nouvelle fenêtre/John Kennedy O Toole.  Ignatius Reilly est un jeune homme obèse, paranoïaque, hypocondriaque et déçu par la vie. Il est doté d’une incroyable culture et d’un goût prononcé pour le luth, et a du mal à comprendre ses contemporains, au premier rang desquels sa vieille mère. Errant parmi des personnages hallucinants qu’il a du mal à respecter, Ignatius révèle avec un humour acerbe que la bêtise humaine a très peu de limites.

Génération A (nouvelle fenêtre)/ Douglas Coupland. Sur fond de misère affective et de quêtes perpétuelles de repères, ce livre est un délice d’humour noir et d’ironie. Avec beaucoup de détachement et de lucidité, Coupland prouve que le burlesque n’est pas le seul moteur du rire. Un scientifique charismatique aux intentions plus que douteuses finit par rassembler un improbable quintet sur une île canadienne, et l’expérience de piqûre d’abeille qu’ils partagent va les unir d’une façon qu’ils n’auraient jamais pu imaginer…

Le Magasin des suicides (nouvelle fenêtre)/ Jean Teulé.  Avec un humour décalé empreint de poésie, il s’amuse à imaginer une boutique déconcertante et étonnamment bien achalandée. Au fil des pages, la noirceur souvent désopilante du roman disparaît et laisse place à un agréable sentiment d’allégresse.

Changement de décor (nouvelle fenêtre) / David Lodge. C’est une vraie comédie de mœurs burlesque et caustique, très théâtrale par moment. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Buster Keaton et à Charlot. Ce livre est truffé de petits intermèdes décalés résultant de la découverte d’un autre mode de vie par les deux protagonistes principaux.

Le seigneur des porcheries (nouvelle fenêtre) / Tristan Egolf. Bagarres, incendies, inondations, tornade, rien n’est épargné à John, défenseur des petites gens humiliés d’une bourgade du Midwest. Le ton drôle et exalté, les descriptions justes, les métaphores géniales, tout confine à faire de cette œuvre un grand roman de notre époque. Jubilatoire. Ce roman singulier commence avec la mort d’un mammouth à l’ère glaciaire et finit par une burlesque chasse au porc lors d’un enterrement dans le Midwest d’aujourd’huI.

Wilt 1 : Comment se sortir d’une poupée gonflable (nouvelle fenêtre) /Tom Sharpe. Amateurs d’intrigues délirantes et d’humour british, ce livre est fait pour vous ! Mais attention, les tribulations de Wilt peuvent provoquer des crises de fou rire inopinées… Professeur de culture générale d’un lycée technique à Londres, Henry Wilt aborde la quarantaine dans un état critique. Alors qu’il tente à longueur de journée d’instruire une bande d’adolescents qui se soucient du sonnet Shakespearien comme de leur premier porridge, sa femme Eva saisit la moindre occasion pour le harceler.

Petits suicides entre amis (nouvelle fenêtre) / Arto Paasilina. Cet auteur scandinave est un spécialiste du roman grinçant et satirique. Il se moque de tout avec une joie et un talent non dissimulés. Si vous voulez rire de bon cœur, en compagnie de désespérés célébrant leur future mort, entre banquets, beuveries et périple loufoque, foncez ! Deux suicidaires se retrouvent fortuitement dans une vieille grange où ils souhaitaient partir tranquilles. Entravés dans leurs funestes projets, ils se mettent en tête de rassembler d’autres désespérés pour monter une association Un récit désopilant doublé d’une réflexion mordante sur le suicide.

Une semaine avec ma mère (nouvelle fenêtre) / William Suttcliffe. Gillian, Helen et Carol sont amies depuis que leurs fils étaient dans la même classe maternelle. Depuis, ils ont grandi… en quelque sorte. Daniel, Paul et Matt ont la trentaine mais se comportent comme des ados attardés et restent très secrets sur leur vie privée. N’y tenant plus, les trois mamans décident que des mesures d’urgence s’imposent : elles iront s’installer sans crier gare pour une semaine chez leurs rejetons !

Retenir les bêtes (nouvelle fenêtre) / Magnus Mills.  Entrez dans le monde de Tam et Richie, austères travailleurs écossais. Deux types bougons et paresseux, mais bien décidés à filer au pub tous les soirs contre vents et marées. Voici que nos deux compères, avec leur nouveau contremaître, commencent à révéler au grand jour des profondeurs cachées. Expédiés sur un chantier en Angleterre par leur patron Donald, ils vont solder définitivement le compte de leurs clients tout en restant invariablement cramponnés à leurs petites habitudes, jusqu’au jour où le Destin viendra les frapper à leur tour. Les brillants débuts d’un écrivain au talent inquiétant !

Une bien étrange attraction (nouvelle fenêtre) / Tom Robbins. Bienvenue à la réserve naturelle et stand de hot dogs du memorial du capitaine Kendrick ! Le quotidien se déroule entre transes d’Amanda, conversations philosophiques et lectures des lettres de Plucky Purcell. Leur ami, à la virilité dynamique et dealer à ses heures, s’est retrouvé dans une communauté religieuse, sous l’identité d’un autre par le plus grand des hasards et par désir de se lancer dans une nouvelle aventure. Il finira par intégrer une armée secrète du Vatican où il fera une étrange découverte. La langue est savoureuse et les bons mots constants. On pourra relever des dizaines de métaphores plus mémorables les unes que les autres.

Karoo (nouvelle fenêtre) /Steve Tesisch. Égoïste et cynique, Saul Karoo ment comme il respire et noie ses névroses familiales dans la vodka. Son métier, script doctor, consiste à dénaturer des chefs-d’œuvre pour les aligner sur les canons hollywoodiens. Quand sa carrière croise celle de Leila Millar, une jeune actrice médiocre, il décide contre toute attente de la prendre sous son aile. Car ils sont liés par un secret inavouable… Critique féroce d’une certaine industrie cinématographique cheap et sentimentale made in US, mais aussi d’une société superficielle, égoïste et décadente, ce roman pourrait être désespérant. Mais l’humour – noir, cynique – est présent à toutes les pages. , le roman de Karoo est une tragédie moderne dramatiquement drôle, avec des moments de réelle tension, voire d’émotion. Magistral.

Embrassez qui vous voudrez : Vacances Anglaises (nouvelle fenêtre) / Joseph Connoly. Howard est marié à Elizabeth, il ne pense qu’à téter son whisky douze ans d’âge et à sa maîtresse Zouzou. Les vacances en famille s’annoncent, on va partir ensemble, les uns dans une suite d’hôtel, les autres dans une caravane… l’auteur manie mieux que personne l’humour typiquement british. Si vous appréciez ce genre, vous trouverez cela hilarant de bout en bout.

Pourquoi j’ai mangé mon père (nouvelle fenêtre) / Roy Lewis. C ‘est un roman extrêmement drôle et surprenant qui parle avec humour de l’évolution des hommes durant la préhistoire. Une famille préhistorique ordinaire : Édouard, le père, génial inventeur qui va changer la face du monde en ramenant le feu ; Vania, l’oncle réac, ennemi du progrès ; Ernest, le narrateur, un tantinet benêt ; Edwige, Griselda et d’autres ravissantes donzelles… évoluent de ce roman rocambolesque.

Hôtel du grand cerf (nouvelle fenêtre) / Franz Bartelt. Nicolas Téque, un jeune journaliste, vient préparer un reportage sur une actrice connue, dans un village des Ardennes belges. L’artiste est décédée précisément dans l’hôtel où aura lieu le tournage. Et comble de l’horreur, deux  crimes y seront commis pendant qu’ils sont sur place. Le texte manie habilement la limite de la mélancolie et le burlesque, l’auteursait cultiver l’humour noir, et l’on rit beaucoup.

L’Analphabète qui savait compter (nouvelle fenêtre) / Jonas Jonasson. Dans sa nouvelle comédie explosive, l’auteur  du Vieux qui ne voulait pas fêterson anniversaire (nouvelle fenêtre) s’attaque, avec l’humour déjanté qu’on lui connaît, aux préjugés et démolit pour de bon le mythe selon lequel les rois ne tordent pas le cou aux poules. Nombeko, l’analphabète qui sait compter, se retrouve propulsée loin de son pays et de la misère, dans les hautes sphères de la politique internationale. Lors de son incroyable périple à travers le monde, notre héroïne rencontre des personnages hauts en couleur. Excellent remède contre la morosité.

L’extraordinaire voyage du fakir qui était coincé dans une armoire (nouvelle fenêtre) / Romain Puertolas. Une aventure humaine incroyable aux quatre coins de l’Europe et dans la Libye post-Kadhafiste. Une histoire d’amour plus pétillante que le Coca-Cola, un éclat de rire à chaque page mais aussi le reflet d’une terrible réalité, le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle, sur le chemin des pays libres. Aventure rocambolesque et hilarante au quatre coins de l’Europe.

Sors de ce corps Williams ! (nouvelle fenêtre) / David Safier. Que faire quand on est passée à côté de ce que l’on pense être l’amour de sa vie ? Un soir que Rosa assiste à un spectacle dans un cirque, elle décide de savoir ce qu’elle fut dans une vie antérieure. Quelle n’est pas sa surprise quand elle se retrouve dans la peau de William Shakespeare ! David Safier maîtrise l’art de l’absurde. le style est rythmé et l’intrique parfaitement menée. Un pur divertissement, désopilant !

Et pour finir, quelques auteurs de chick-lit, où avoisinent situations légères et loufoques.

Le grand retour des Spellman ( nouvelle fenêtre)  / Lisa Lutz. Chez les Spellman, détectives privés de père (et mère) en fille, savoir écouter aux portes est un talent inné, crocheter les serrures, une seconde nature, exercer un chantage, une façon très personnelle de mener des négociations. Le tout au nom de l’amour inconditionnel. Après le succès de Spellman et Associés (nouvelle fenêtre) voici les nouvelles aventures, toujours aussi déjantées et hilarantes, d’Izzy et de la famille la plus cinglée de San Francisco.

L’Accro du shopping à Hollywood (nouvelle fenêtre) / Sophie Kinsella. Depuis qu’elle s’est installée à Los Angeles, Becky croit vivre un conte de fées. La Cité des Anges ! Hollywood ! À elle les premières glamour, le shopping sur Rodeo Drive, le job de rêve d’habilleuse de star ! Nous la retrouvons toujours  plus gaffeuse et déjantée. Vous l’aurez compris, ce volume est tout aussi drôle que les précédents, avec, parfois, une pincée d’émotions. Si vous avez aimé les deux premiers volumes, n’hésitez pas !

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