Des romans de Noël pour tous les goûts

19 Déc

Qu’on le veuille ou pas, en ce mois de décembre 2018, Noël est dans tous les esprits… Si on l’associe généralement à fête, joie, partage, bon repas et famille, chacun sait que tous ces ingrédients se mélangent parfois autour du sapin à d’autres sentiments… pour le meilleur ou pour le pire ! Toujours attentifs aux comportements humains, à leurs enthousiasmes comme à leurs contradictions, les romanciers se sont depuis longtemps emparés de cette thématique symbolique en rouge et vert. Chacun à leur façon, ils ont tissé des intrigues qui illustrent les multiples facettes de cette journée spéciale du calendrier. Alors que vous soyez amateurs de Noël ou pas, entre nostalgie, crime, magie ou rire, voici un petite liste de lectures à dévorer avant, pendant ou après le 25 décembre !

Au menu, commençons par des nouvelles avec ces 13 textes d’auteurs contemporains

Ils [Ces auteurs] nous conduisent à travers leur univers littéraire respectif et nous amènent à percevoir le monde d’aujourd’hui, celui de l’enfance, de la famille, de la crise, de la solitude, mais aussi la vie tout court, avec ses blessures, ses regrets, ses trahisons. De l’intime au phénomène de société, Noël se révèle alors comme une période qui touche tout le monde, profondément ou légèrement, mais toujours passionnément. (extrait du site Babélio- nouvelle fenêtre)

On peut ensuite continuer avec  : 

Un classique

  • Cantique de Noël Charles Dickens (Livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)Cantique de Noël (Livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre) de Charles Dickens.
– Qu’est-ce que Noël, si ce n’est une époque pour payer l’échéance de vos billets, souvent sans avoir d’argent ? un jour où vous vous trouvez plus vieux d’une année et pas plus riche d’une heure ? un jour où, la balance de vos livres établie, vous reconnaissez, après douze mois écoulés, que chacun des articles qui s’y trouvent mentionnés vous a laissé sans le moindre profit ? Si je pouvais en faire à ma tête, continua Scrooge d’un ton indigné, tout imbécile qui court les rues avec un gai Noël sur les lèvres serait mis à bouillir dans la marmite avec son propre pouding et enterré avec une branche de houx au travers du cœur. C’est comme ça.
(extrait du 1er chapitre , Le spectre de Noël)

Des arômes doux et optimistes

Croyez-moi, il est possible de mener sa vie en disant tout. Une existence sans déni ? Sans angle mort ! s’écria la jeune femme. Vous n’avez donc aucun secret ? Si, des montagnes ! rétorqua-t-elle. Alors ? Mes secrets me construisent, mes angles morts me détruisent. Puis elle ajouta avec jubilation : à Noël, j’offrirai le plus beau des cadeaux : ma vérité ! A ceux que j’aime, ma famille. C’est comme cela qu’il faut vivre ! Nous serons vieux plus tard. Joyeux Noël !

 

Une pincée de nostalgie

Corrèze, tout tourne autour du curé, de l’église et de l’école libre. Mais voici que la veille de cette rentrée des classes, arrive une jeune institutrice bien décidée à réanimer l’école laïque en état de quasi-abandon. Et tout de suite, entre le petit hussard en jupon de la République et le curé, c’est la guerre…

 

Londres, hiver 1858. Amory, un garçon de huit ans, porte des seaux d’eau à travers les rues glacées. Pour survivre, l’orphelin doit assurer l’entretien des abreuvoirs dans un quartier élégant de la capitale. Le soir, Amory se réfugie dans les combles d’un Club très select. Là, il a chaud, il se sent en sécurité, il peut sommeiller en écoutant les conversations des lords et des baronnets… Un jour pourtant, des éclats de voix le réveillent. Intrigué, l’enfant observe la scène: un brave homme, brandissant un grimoire auquel il semble attacher le plus grand prix, subit les invectives des notables déchaînés…

Un zeste de féérie 

  • Noël irlandais (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) de Patrick TaylorNoël irlandais (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre) de Patrick Taylor

Barry Laverty, M.D., attend avec impatience son premier Noël dans le chaleureux village de Ballybucklebo, du moins jusqu’à ce qu’il apprenne que son amoureuse, Patricia, pourrait ne pas revenir à la maison pour les vacances.Toutefois, jeune médecin  dans la campagne irlandaise, il n’aura pas le temps de s’ennuyer et devra soigner rhumes et maux d’hiver en compagnie de son partenaire plus âgé, le docteur Fingal Flahertie O’Reilly.  Entre leur pratique médicale frénétique, les fêtes du Rugby Club et le spectacle de Noël des enfants, les deux médecins trouvent aussi le temps de jouer les pères Noël…

Un parfum entêtant de famille…

Épicées, mielleuses ou amères, voici quatre atmosphères familiales très contrastées qui vous emmèneront du Manhattan chic à Lyon, en passant par l’Irlande et le Sénégal :

Comme dans tous les romans que Nancy Mitford a écrit par la suite, Christmas Pudding donne un aperçu de la vie de jeunes gens bien-nés, entre 20 et 30 ans, qui gravitent ici autour de « Christmas Pudding – quel titre délicieux !

Un ton bien personnel, un éclat  vif et un éclairage original d’une femme pleine d’esprit, voilà un résultat qui vous met l’eau à la bouche.

Porté par l’écriture exquise de Jennifer Johnston, un roman aussi poignant que délicat sur les liens familiaux, l’amour et le temps qui passe. Une histoire bouleversante, parsemée de subtiles références shakespeariennes, par une des plus brillantes romancières irlandaises. Lorsque, après un terrible accident de voiture, Henry, la cinquantaine, se réveille sur son lit d’hôpital, il ne peut se rappeler ce qui l’a conduit là. Très mal en point, il a du mal à situer ceux qui défilent à son chevet : est-il encore marié à cette femme très autoritaire ? N’était-il pas fâché avec sa fille ? Son fils lui cacherait-il quelque chose ?

En décembre 2017, Karine Silla était présente à La Médiathèque pour nous parler de son livre dans le cadre des Rencontres de Liseur.

Sophie, 20 ans, partie faire du bénévolat à Dakar, doit rentrer fêter Noël en famille. La table est mise, le diner du réveillon est prêt, les guirlandes scintillent. Tout le monde l’attend. Mais Sophie ne rentre pas. Accident ? Prise d’otage ? Fugue ? Sa mère Virginie, son beau-père Gabriel, sa demi-sœur Chloé, son grand-père René, et même Antoine, son père, et Fanny, son épouse : tous partent à sa recherche au Sénégal…

Ils attendaient Marie-Louise, ce fut une lettre qui arriva ; cette fois encore, Marie-Louise ne pouvait quitter Lyon pour fêter Noël avec les siens : son métier la retenait impérieusement à la ville…

 

 

Un peu de croquant et d’humour pour ceux qui ont du mal à faire passer Noël

Un petit livre pour en rire et décomplexer tous ceux qui sont réfractaires à cette fête traditionnelle…

Composé de douze textes pour la plupart inédits, Pourquoi je déteste Noël est un livre salutaire à lire (et à offrir) avant Noël (pour s’y préparer), pendant Noël (pour le supporter) ou après Noël (pour s’en remettre).« Le dosage parfait entre loufoque et ironie sociale. L’humour de Benchley est plus moderne que jamais. C’est une immense référence pour moi. » (David Foenkinos)

 

 

Survivre à Noël (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque) de Stéphane Floccari

Ce livre décrypte les états d’âme et les tourments qui refont chroniquement surface aux dernières heures grises de l’année. Il n’a pas pour but de défendre Noël, ni d’en instruire le procès à charge, pas plus que d’en moquer le folklore ou d’en proclamer l’obsolescence. Il ne milite ni pour sa sanctuarisation culturelle, ni pour son bannissement de nos coutumes.

 

Peut-être parce qu’ils n’aiment pas Noël eux non plus,  les auteurs de thriller apprécient la date du 25 décembre pour y placer les crimes les plus affreux de l’année…

Des saveurs fortes et noires pour le dessert

Alors que la petite ville de River Falls s’apprête à célébrer Noël, un drame vient raviver le souvenir des horreurs du passé : un adolescent est retrouvé mort dans une cabane au fond des bois, d’où un autre a réussi à s’échapper… Afin d’identifier l’auteur de ce crime, le shérif Mike Logan devra plus que jamais se méfier des apparences. Aidé de sa compagne, la profileuse Jessica Hurley, saura-t-il se défaire des idées préconçues sur les « monstres » qui nous entourent ?

  • Cyanure de Camilla Läckberg (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre )Cyanure (nouvelle fenêtre) de Camilla Läckberg

    Quelques jours avant Noël, sa petite amie, Lisette Liljecrona, invite Martin Molin (collègue de Patrick Hedström) à venir passer le week-end avec sa famille sur la petite île de Välo en Suède. L’idée ne l’enthousiasme guère et c’est à contrecoeur qu’il accepte de l’accompagner. Ses appréhensions se voient confirmées lorsqu’il fait la connaissance des Liljecrona. Avec plus ou moins d’élégance, tous s’acharnent à obtenir les faveurs du patriarche dont la fortune s’élève à plusieurs milliards de couronnes. Cette course à l’héritage tourne court lorsque, le soir même, Ruben, déçu et furieux contre les membres de sa famille, affirme les avoir déshérités.

 

  • Les Trois Crimes de Noël (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) de Christian JacqLes Trois Crimes de Noël (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) de Christian Jacq

La nuit de Noël, le froid, un manoir perdu au cœur de la vieille Angleterre. Un étrange musée peuplé de chefs-d’œuvre rassemblés par un aristocrate excentrique, mort dix ans plus tôt. Une mort suspecte qui appelle la vengeance et en annonce d’autres, celles de ses hôtes invités à connaître enfin son testament.

Parmi eux, l’ex-inspecteur chef Higgins, ami du Lord défunt. Son cadeau de Noël ? Trois crimes, et la mort qui rôde.

Un mystère…

Cette date excite aussi particulièrement les papilles des détectives. Depuis le célèbre Noël d’Hercule Poirot écrit par Agatha Christie en 1938, les romanciers s’en donnent à cœur joie pour mettre leurs enquêteurs en difficulté le jour de la dinde et de la bûche. Certains s’en sont même fait les spécialistes comme Anne Perry qui place ses enquêtes au XIXe :

L’héroïne est Lady Vespasia Cumming-Gould, personnage excentrique et mémorable, qui est invitée à passer le week-end de Noël à Applecross avec des amis. Mais Gwendoline Kimmuir se suicide, et Isobel Alvie est désignée comme coupable. Lady Vespasia accompagne Isobel dans son voyage vers l’Ecosse pour aller prévenir la mère de Gwendoline…

Pour Mariah Ellison, la grand-mère acariâtre et austère de Charlotte Pitt, ces fêtes de Noël s’annoncent comme un véritable cauchemar ! Être exilée contre son gré chez son ancienne belle-fille, au bord de la Manche, avait déjà mis ses nerfs à rude épreuve, la voilà maintenant obligée de supporter l’arrivée d’une invitée de dernière minute, Maude Barrington…

Pour Emily Radley, la belle-soeur du célèbre policier Thomas Pitt, les fêtes de Noël s’annoncent désastreuses. Elle doit quitter sur-le-champ Londres, ses enfants et les mondanités pour passer ce Noël 1895 en Irlande, auprès d’une tante agonisante qui l’a demandée auprès d’elle. Brusquement plongée au coeur du magnifique et sauvage Connemara, dans un petit village perdu au bord de l’océan, Emily ne s’imaginait pas une seconde être confrontée à une affaire de meurtre commis sept ans auparavant.

Dans le dédale miséreux de l’East End londonien, Noël 1883 prépare ses miracles. Comment Gracie Phipps, treize ans, pourrait-elle refuser d’aider une fillette bouleversée à retrouver son âne ? D’un mystère à l’autre, les deux enfants doivent faire la vérité sur la mort d’Oncle Alf, un chiffonnier du quartier, et sortir vivantes de ce cauchemar de Noël……

 Et pour finir, une touche de rouge

Si à quelques jours de la date fatidique, vous ne savez pas quoi mettre sur votre liste au père Noël, vous pouvez toujours vous inspirer de cette demande un peu particulière…

ut ce que je veux pour Noël, c'est un vampire (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)Tout ce que je veux pour Noël, c’est un vampire (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque- nouvelle fenêtre) de Kerrelyn Sparks.

Ce Noël n’est pas très joyeux, pour Toni. Sa meilleure amie a été enfermée dans un hôpital psychiatrique depuis qu’elle a dit à des policiers qu’elle avait été attaquée par des vampires, et le seul moyen pour Toni de la faire sortir de là est de leur prouver que ces suceurs de sang existent vraiment. Elle a donc accepté un emploi de garde du corps pour les morts vivants, ne s’attendant toutefois pas à ce qu’elle allait y découvrir…

 

Quelle que soit votre choix, votre humeur ou votre envie, nous vous souhaitons de bonnes lectures et  de très belle fêtes  !

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Le coin de La Médiathèque de décembre 2018 vous emmène en voyage

13 Déc

Les mois d’hiver commencent et les grandes vacances vous semblent bien loin ? Pas de panique ! Pour répondre à toutes vos envies d’évasion, de grand air et de découverte le nez au vent, le coin de La Médiathèque de décembre vous propose de partir à la découverte du monde en lecture et en musique. Bon voyage !

Mon imagier autour du monde de Christelle Lardenois, Annelore Parrot, Cécile Hudrisier, Pascale Hédelin (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Mon imagier autour du monde (nouvelle fenêtre) de Christelle Lardenois, Annelore Parrot, Cécile Hudrisier, Pascale Hédelin. Éditions De la Martinière Jeunesse

Il n’est jamais trop tôt pour voyager ! Évadez-vous avec vos petits et partez à la rencontre de Thomas, Chiyoko, Igor, Fang ou encore Latefa et Paola qui vous présentent leurs pays.

Une double-page aux illustrations très colorées et naïves, un court texte explicatif, vous feront parcourir les continents et découvrir les particularités culturelles et les objets de la vie quotidienne de ces enfants. En refermant ce livre, vos chérubins sauront reconnaître une feuille de Ginkgo, voudront troquer votre voiture contre un tuk-tuk, manger des tortillas, jouer du balafon et peut-être un jour pratiquer le baseball…

Et pourquoi ne pas poursuivre ce tour du monde, une fois le livre refermé, en  leur proposant de vous  raconter où l’on peut rencontrer un panda roux, quels chapeaux l’on porte en Amérique du sud, comment on appelle les habitants du Grand Nord….

Un album documentaire enrichissant et passionnant qui donnera sûrement envie d’aller plus loin !

Le rêve de Ryosûke de Durian Sukegawa (catalogue de La Médiathèque- nouvelle fenêtre) Le rêve de Ryosûke (nouvelle fenêtre) de Durian Sukegawa. Éditions Albin Michel

Ryosûke quitte Tokyo et s’engage comme saisonnier avec deux autres compagnons : Tachikawa, un garçon turbulent et Kaoru, la  » percée « ,  pour effectuer des travaux de canalisation sur l’île  imaginaire d’Aburi au Japon.  Une fois, le travail achevé, Ryosûke décide de rester pour concrétiser le rêve de son père décédé alors qu’il était enfant. Mais ce choix est-il le bon ? Les habitants de cette minuscule île sont-ils prêts à l’accueillir et à bouleverser leurs habitudes ?

Après les Délices de Tokyo, véritable succès également adapté au cinéma, Durian Sukegawa nous offre ici un conte moderne et initiatique, dans lequel il mêle avec humour et finesse une réflexion sur le passage dans le monde adulte, l’accomplissement personnel et le rapport homme-animal.

La lecture de ce deuxième roman de Durian Sukegawa, ce retour aux sources, débutant comme un roman d’aventure, s’est révélé être un doux et sucré plaisir de lecture. Alors embarquez pour cette île sauvage aux habitants mystérieux, évasion garantie !

 So Calypso ! Calypso Rose (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)So Calypso ! (nouvelle fenêtre) Calypso Rose. Éditions Because Music

Envolons-nous pour les Caraïbes en compagnie de Calypso Rose. Son dernier album So Calypso est une invitation au voyage et aussi l’occasion de faire une balade dans le temps.

Calypso Rose est originaire de l’île de Tobago qui appartient à la République de Trinité-et-Tobago dans les Antilles Anglaises. C’est là qu’est né le style musical appelé Calypso. La chanteuse est la seule artiste féminine à avoir remporté le titre de reine du calypso au carnaval de Trinité-et-Tobago. Un évènement important dans ce pays.

Ici Calypso Rose rend hommage à ses racines africaines avec des sonorités ska (Israël by bus), reggae et blues, et en chantant en duo avec Angélique Kidjo, une chanteuse béninoise. Elle revisite également certains standards comme I say a little prayer interprété par Dionne Warwick et dont on connait mieux la version d’Aretha Franklin, Rum & coca cola des Andrew Sisters et Rivers of Babylon du groupe jamaïcain The Mélodians.

Back to Africa calypso rose (site de La Médiathèque - musique en ligne - nouvelle fenêtre) Un album atypique qui vous emmènera dans un voyage musical où vous pourrez redécouvrir les reprises de ses plus grandes influences musicales.

Prolongez le périple avec le documentaire Back to Africa (à écouter en ligne – nouvelle fenêtre) qui est disponible sur le site de la Philharmonie de Paris en vous connectant sur le site de La Médiathèque.

 

L’anthropologie n’est pas un sport dangereux de Nigel Barley (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) L’anthropologie n’est pas un sport dangereux (nouvelle fenêtre) de Nigel Barley. Payot

Quoi de tel pour voyager loin que de ménager ses lectures…  et de suivre les pérégrinations d’un anthropologue européen dans une contrée éloignée aux coutumes insolites ! Instructif et exaltant, le récit du voyage s’avère facétieux quand le scientifique parti sur le terrain en question manie à merveille l’autodérision, la curiosité et un brin d’ironie mordante.

Loin de produire un ouvrage académique, Nigel Barley, anthropologue de formation, écrivain et conservateur au British Museum, fait avant tout le récit d’une rencontre : celle d’individus vivant sur un autre continent, parlant une langue différente, ayant des codes particuliers et des rites ancestraux.  Cette immersion d’un Occidental dans le quotidien d’une peuplade déconnectée du monde moderne, les Torajas, provoque un certain nombre de surprises, anecdotes, hésitations, malentendus et fou-rires réciproques que l’auteur ne se prive pas de partager.

Dès les premières pages, le ton est donné : imaginez un universitaire londonien en costume de tweed debout devant le contenu de son sac à dos étalé sur son lit, son contrat d’assurance à la main, et s’interrogeant soudain sur ce qui peut bien pousser les anthropologues à vouloir partir sur le terrain. Ajoutez à ça des déboires de transport avec une escale à Moscou – qui nous vaut une comparaison quasi scientifique des coutumes aéroportuaires d’un bout à l’autre de la planète -, puis une arrivée rocambolesque dans les montagnes du Sulawasi, région où le temps et les distances semblent changer d’échelle autant que la précision cartographique semble y être incongrue. Terminez par un chapitre sur la venue à Londres des Torajas, dont le regard candide sur la civilisation européenne rappelle celui des Perses de Montesquieu… Et vous obtiendrez une aventure humaine passionnante, qui allie la curiosité et la démarche scientifique à un humour salvateur, et un livre vivifiant qui vous emmènera en voyage au fin fond de l’Indonésie !

Merci à Marie-Charlotte W., Florence B., Valérie N. et Isabelle D. pour la rédaction de cet article.

La saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2019, top départ

4 Déc

Mardi 13 novembre dernier, ce n’est pas une course qui a eu lieu à La Médiathèque mais le lancement officiel d’un véritable travail d’équipe dont le but est de déterminer quel roman historique sera l’heureux lauréat du Prix des lecteurs de Levallois 2019. Au fil des mois jusqu’au Salon du Roman Historique de Levallois, cette équipe va devoir lire, échanger, débattre, convaincre, défendre puis voter… Sélectionnés parmi de nombreux candidats, ils sont douze, vous ne les connaissez pas encore mais vous allez suivre leurs aventures, depuis cette première rencontre historique un soir de novembre jusqu’à la fin de leur mission de jurés le 31 mars prochain, jour de la 8ème édition du Salon du Roman Historique.

La réunion commence par un petit rappel de l’importance de la mission confiée  : soutenir la création littéraire, encourager un jeune auteur (précisons à nouveau qu’il ne s’agit pas juste de l’âge dudit auteur mais d’un début de carrière) et lui donner la possibilité de poursuivre son œuvre grâce à une dotation substantielle. Le fait que ce prix émane de lecteurs est généralement très apprécié par les auteurs, jeunes ou pas, qui sont très sensibles à cette reconnaissance venant directement de leur lectorat car finalement (et pour paraphraser un célèbre slogan), c’est lui qui l’a lu !  Et c’est surtout pour lui, le lectorat, (et non les critiques) que les livres sont écrits.

Qui sont les jurés 2019 ?

  • 92 % de femmes : et oui, cette année, la parité n’est pas de mise dans ce jury qui ne compte qu’un seul juré masculin  ! Rappelons que ce qui compte en lecture, ce n’est pas le genre du lecteur, mais sa curiosité, son appétit de découverte et son envie de partager avec les autres jurés ce qui l’a enthousiasmé ou agacé… Et d’expérience, sur ces points, femmes et hommes sont absolument à égalité 🙂

Mais cela pose question à nos jurés : « est-ce que le jury est toujours aussi féminin ? » s’interroge une des jurés. La réponse est non, l’histoire de ce jury le prouve (voir les précédentes saisons de la Saga du jury des Lecteurs de Levallois)

  • Des Levalloisiens, dont la plupart fréquentent déjà La Médiathèque
  • Des actifs, des retraités, des jeunes retraités et d’autres qui débutent leur carrière professionnelle.
  • 92 % de primo jurés : tout comme on le dit pour les primo-romanciers des rentrées littéraires, 11 de nos intrépides sont débutants dans cette tâche et n’ont jamais participé au jury de Levallois. Si certains ont déjà fréquenté le Salon du Roman Historique de Levallois, d’autres n’y ont encore jamais été. 2019 sera donc une première puisqu’ils pourront y aller, auréolés de ce statut prestigieux que donne le fait d’être membre du jury.
  • De grands lecteurs : dans le tour de table du début, ils sont ainsi plusieurs à se présenter par leur prénom aussitôt suivi de leur relation à la lecture, j’aime beaucoup lire – je lis beaucoup- j’ai toujours aimé lire, indiquant ainsi combien celle-ci fait partie de leur identité.
  • Des amateurs de romans historiques ? Pas obligatoirement même si un certain nombre d’entre eux aime l’Histoire et/ou lit déjà des romans historiques. Mais une jurée qui confie ne lire que des classiques, se réjouit déjà de se plonger dans des romans contemporains. Plusieurs autres sont amateurs de littérature jeunesse et se montrent très intéressés quand on parle du Prix des jeunes lecteurs de Levallois dont ce sera cette année la 2ème édition.

Le principe est le même que le prix adulte mais les jurés sont beaucoup plus nombreux, environ 300 :-), puisqu’il s’agit d’une dizaine de classes de Levallois (allant du CM1 à la 6ème) qui auront cette année à lire 6 romans avant d’élire le meilleur d’entre eux.

  • Étonnamment, 40% d’entre deux ont déjà été jurés sur d’autres prix ou ont participé à des groupes de lecture : Prix Libraires en Seine, opération Silence on lit ou clubs de lecture entre amis. Une expérience qui visiblement les a enthousiasmés puisqu’ils ont candidaté aussi sec pour le jury du Prix des lecteurs de Levallois !
  • Une majorité de curieux (en matière de lecture, on ne dira jamais assez que ce n’est pas un vilain défaut) : au cours de cette première réunion, beaucoup de questions sont posées, notamment quant à la sélection des romans en lice. Sachez, vous aussi, qu’elle est effectuée par des journalistes du magazine Le Point parmi des romans historiques parus lors des rentrées littéraires de septembre 2018 et/ou janvier 2019.
  • Des consciencieux : à la fin de la soirée, un sac de La Médiathèque contenant les deux premiers livres de la sélection (l’ensemble des livres sont offerts par les éditeurs) est remis à chacun des jurés. Charge à eux de les lire pour la prochaine fois et de remplir si nécessaire la grille d’analyse qui leur est remise : non coercitive, celle-ci est destinée à guider chacun pour enrichir son appréciation du livre afin de dépasser le simple j’aime /je n’aime pas.  Et pour répondre à cette jurée inquiète, une fois remplies, les grilles ne sont pas ramassées en fin de la réunion, ni notées 🙂

Mais ce soir, quand chaque critère de cette grille est présenté et expliqué par une des bibliothécaires, le silence est total et tous les jurés attentifs, certains feuilletant déjà le livre à la recherche d’indices, d’autres prenant des notes et tous continuant à en parler entre eux une fois la séance levée… Détail pratique pour ceux qui s’interrogent sur la nécessité de ces grilles d’analyse : elles servent aussi de mémos au moment du vote (qui aura lieu juste avant le salon en mars prochain) afin de se souvenir avec précision des particularités de tel ou tel livre lu au début de la saison ! Et d’après nos sources, de célèbres jurés tels Bernard Pivot et ses consorts du Goncourt et autres prix nationaux procèdent de la même façon malgré leurs mémoires d’éléphants.

  • Et enfin 100% de ravis d’être là ! Au moment de se séparer, les visages sont radieux. La date de la prochaine réunion est fixée, on se serre la main, on se souhaite de bonnes lectures et une jurée, livres encore à la main, est déjà impatiente de recevoir la prochaine fournée de romans. Mais très enthousiaste et sourire aux lèvres, elle conclut en couvant du regard les deux premiers romans historiques de la sélection :

En tous les cas, c’est déjà très bien ça ! Les critiques en disent beaucoup de bien !

Mais désormais, ça va être au tour de nos 12 valeureux jurés d’en dire quelque chose  !

Enid Blyton, une vieille dame populaire et contestée de la littérature jeunesse

28 Nov

Il y a tout juste 50 ans, le 28 novembre 1968, la prolifique auteur britannique Enid Blyton s’est endormie paisiblement dans son lit. Après avoir débuté en publiant de la poésie Child Whispers (Murmures d’enfants), cette célèbre écrivain pour la jeunesse a écrit plus de 700 livres pour la plupart publiés sous forme de série dont les plus connus sont Noddy (Oui oui en français), The famous five (Le club des cinq), Brer Rabbit Retold (Jojo lapin) ou encore The secret seven (Le clan des sept)… Auteur à succès, elle conquit des millions de jeunes lecteurs mais dans les années 80, avec l’essor d’une nouvelle littérature jeunesse, elle tomba un peu en désuétude, tout en restant parmi les 4 auteurs les plus traduits, donc les plus vendus, au monde. Retour sur une grande auteur aussi populaire que controversée, qui grâce à une utilisation presque visionnaire du principe de la série, a fait lire des générations entières de lecteurs avec des romans qui continuent à être plébiscités au XXIe. 

Comment devient-on Enid Blyton ?

Réponse : en écrivant … beaucoup ! Née dans le Kent, passionnée d’histoire, de biologie, de nature et de mythologie, Enid Blyton est surtout une femme dotée d’une opiniâtreté à toute épreuve, d’une curiosité insatiable et certainement d’une capacité de travail assez conséquente. Remarquée très jeune par ses professeurs pour sa plume et son imagination, elle n’est pourtant pas encouragée par sa famille qui la veut concertiste. A la place, elle choisit d’être institutrice, métier qu’elle abandonnera  dès qu’elle pourra vivre de ses livres.

By Phyllis Chase (c.1897- c.1977)

Après avoir participé à des concours dans des revues, elle fait ses débuts en littérature avec de la poésie, du théâtre puis avec des ouvrages sur l’éducation. En 1924, est publié The Enid Blyton Book of Fairies, son premier recueil de nouvelles. Elle commence à écrire pour des journaux dont le Morning post puis dans Teachers’ World, où elle fait notamment paraître une interview de AA Mine, le célèbre auteur de Winnie the poo (Winnie l’ourson), ce qui contribute indirectement à sa propre reconnaissance en tant qu’auteur.

Écriture en séries

En 1926, elle participe au magazine Sunny Stories dont elle devient rédactrice en chef et tient une chronique hebdomadaire dans Teachers’ World. Commencée en 1929, cette chronique très appréciée sur l’air du temps et la vie comme elle va est écrite sous la forme de lettres envoyées par son fox-terrier Bobs  : cette forme géniale et humoristique devient vite très populaire jusqu’à être rassemblée et publiée sous forme de recueils : en 1933, Letters from Bobs s’est vendu à 10 000 exemplaires dès la première semaine.

À partir de 1938, elle écrit de plus en plus souvent au format série, avec des héros récurrents auxquels on s’attache, s’identifie et prend plaisir à retrouver et à voir évoluer. Le cliffhanger n’est pas encore de la partie mais elle a dû y penser puisqu’elle savait susciter l’impatience de ses lecteurs à la fin de chaque nouvel épisode.

Tout au long de sa carrière, il semble qu’elle ait eu ainsi un certain nombre d’intuitions dont fait partie l’écriture en series (qui n’était pas nouvelle en soi mais n’avait jamais été utilisée avec tant d’ampleur et de facilité pour la jeunesse) ainsi qu’un don inné pour le marketing et la promotion de son œuvre  : en 1937, Sunny Stories devient Enid Blyton’s Sunny Stories, et sert de tremplin à la publication en série des livres de l’auteur. Dès 1952, elle met en place son fan club le Famous Five Club — le club du Club des cinq —  qui comptera « deux cent vingt mille membres en 1974 et croît à la vitesse de six mille nouveaux membres par an » (source Wikipedia). De la même facon l’Enid Blyton magazine participera à créer des communautés de lecteurs autour de son oeuvre. Nul doute qu’aujourd hui, Enid Blyton aurait eu un Instagram, un twitter et une page Facebook !

Mais revenons à son histoire. En 1941, elle édite son premier calendrier Sunny Stories Calendar pour l’année 1942, année durant laquelle elle ne publie pas moins de 22 titres… dont le premier du Club des cinq intitulé Five and the tresury island inaugurant ainsi une série de 21 titres. L’année suivante, elle entame une autre série The Mystery of the Burnt Cottage ainsi qu’une adaptation de la Bible pour les enfants. 1944 sera aussi un année prolifique avec 24 titres mais c’est  presque une sorte de « mise en jambes » pour la romancière, qui va ensuite quasiment doubler sa cadence de production.

Productivité intense et succès

Les années 50 sont extrêmement productives pour la romancière qui inaugure cette décénnie avec 32 romans publiés en 1949 suivis d’une bonne quarantaine chacune des année suivantes. On peut supposer que le fait que les quotas d’impression qui depuis la guerre limitaient l’activité éditoriale cessent précisément cette année-là lui permet enfin de laisser libre cours à sa prolixité.

Évidemment, une telle productivité est vite suspectée et on accuse la romancière de sous-traiter l’écriture de ses romans. Dès 1955, elle est obligée de démentir ces rumeurs de façon officielle mais elle continue de publier à rythme soutenu, ne cessant d’inventer de nouveaux personnages et de nouvelles séries. En 1949, elle crée le personnage de Noddy (Oui oui), qui est aussitôt  repéré par Kellogs qui en achète les droits !

Clairement, Enid Blyton se révèle aussi romancière que femme d’affaires bien entourée. En 1950, elle créée sa propre entreprise, Darrell Waters Ltd., pour gérer sa fortune. En parallèle, par le biais de ses clubs et fondations, elle finance un certain nombre d’associations caritatives, pour venir en aide aux animaux et aux enfants malades.

Le succès se décline en livres, suites et séries mais aussi en de multiples produits dérivés (jeux, puzzles, figurines et jouets depuis 1948). Dès 1950, son œuvre est adaptée d’abord pour la scène, puis pour la télévision et enfin le cinéma. Ainsi en 1955, Oui oui devient le héros d’une série télévisée qui obtiendra un grand succès.

Célèbre mais toujours contestée

Moqués par certains dès le début des années 50, les héros d’Enid Blyton suscitent de plus en plus de critiques, notamment de la part du journaliste politique Colin Welsh dans le magazine Encounter dont l’article ‘Dear Little Noddy » de janvier 1958 décrit Oui oui comme un « pantin anormalement pédant, moralisateur, simpliste et pleurnichard… »

Au début des années 60, Enid Blyton ne ralentit pas la cadence mais commence à clore certaines séries commencées des années plus tôt : Le clan des sept, Le club des cinq, Oui oui…  En 1965, pour des raisons de santé, elle cesse quasiment d’écrire, à part son journal intime et s’éteint à l’âge de 71 ans.

Assez critiquée dès ses débuts car considérée comme une auteur de « seconde zone », elle est à nouveau sous le feu des reproches dans les années 80 pour ses valeurs morales déclarées douteuses : outre la simplicité de ses intrigues, on l’accuse de véhiculer snobisme, sexisme, racisme et xénophobie. S’il est clair que ses livres ont vieilli, ils sont représentatifs du mode de pensée d’une époque, celle qui va des années 30 à 60 et Enid Blyton ne s’est jamais caché de vouloir diffuser des valeurs morales solides à ses jeunes lecteurs.

Osciller entre popularité et mise à l’index semble être une des particularités de la carrière et de l’œuvre d’Enid Blyton, qui, plus de dix ans après sa mort, se voit redevenir la bête noire des prescripteurs de littérature pour enfants avant de regagner quelques années plus tard les étagères des librairies et bibliothèques avec des rééditions et des remises au goût du jour.

La postérité d’Enid Blyton

Lue et traduite dans le monde entier, en 2018, son œuvre continue à être lue, et inspire même plusieurs romanciers désireux de poursuivre son œuvre, dont sa propre petite-fille qui en 2009 écrira un épisode de Oui oui. Avec des suites, des à la manière de et des spin off plus ou moins heureux, on trouve ainsi plus de 200 livres se réclamant de l’esprit et de la lettre blytonniens. Dans les pays anglo-saxons, des guides d’apprentissage divers et variés sont aussi réalisés à partir des aventures de ses héros.

Au XXIe siècle, son travail continue d’inspirer le cinéma puisqu’en 2009, on réalise en Allemagne une série de 3 films tirés de ses romans  : Hanni and Nanni, l’histoire de deux jumelles, montrant une nouvelle fois combien les aventures imaginées par Madame Blyton sont impérissables 🙂

La vie de l’auteur elle-même sera elle aussi portée à l’écran de nombreuses fois, sous forme de téléfilm pour la BBC et dans un format épisode.

Initiée de son vivant par l’auteur elle-même, la flamme Enyd Blyton demeure entretenue dans ses nombreux clubs de fans. Et aujourd’hui encore avec un site Internet officiel dédié à l’auteur (nouvelle fenêtre), un prix « the Enid », des rencontres annuelles dont le Enid Blyton’s day, une page Facebook (nouvelle fenêtre) , des expositions au Royaume Uni à l’occasion du centenaire de sa naissance, un timbre à son effigie édité par la Royal mail…

Mais pour lui rendre hommage, laissons la parole à cette grande dame des débuts de la littérature jeunesse :

I am not really much interested in talking to adults, although I suppose practically every mother in the kingdom knows my name and my books. It’s their children I love.

Merci au site de l’Enidblytonsociety (nouvelle fenêtre) pour la mine de renseignements qu’on y trouve et pour les illustrations empruntées pour illustrer cet article.  Outre une biographie, la liste exhaustive de tous ses titres, vous y trouverez aussi des jeux, un journal, un quizz et des fans à rejoindre !Enyd Blyton society (site en anglais - nouvelle fenêtre)

Les Rencontres de Liseur (2) : Faut-il avoir peur des robots ?

20 Nov

Du rêve des scientifiques au quotidien d’aujourd’hui, quel futur imaginer pour les humains et les machines ? Habitants de Levallois ou d’ailleurs, adhérents de La Médiathèque ou non, dans le cadre des Rencontres de Liseur 2018-2019 (nouvelle fenêtre) , vous êtes tous invités le samedi 1er décembre à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel pour écouter et dialoguer avec Rodolphe Gelin, spécialiste du domaine.

R. Gelin

©SoftBank Robotics

Pourquoi faire appel à Rodolphe Gelin ?

Parce que ce scientifique est, d’un point de vue technique, l’homme de la situation. Ingénieur des Ponts et Chaussées, titulaire d’un DEA en Intelligence Artificielle, il est chercheur en robotique chez SoftBank Robotics (nouvelle fenêtre) (ex-Aldebaran, LA société française spécialiste des robots humanoïdes) et membre de l’équipe de direction en charge de l’Innovation…

Ce connaisseur ne doute pas de la présence, incontournable et indispensable, auprès des humains de robots, plus précisément de robots humanoïdes/androïdes. Mais, n’est-ce pas une évidence pour un membre clef d’une entreprise florissante qui a créé les robots androïdes NAO, Pepper et Romeo ?

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Auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels Robot, ami ou ennemi ? (Le Pommier, 2015) et Le robot est-il l’avenir de l’homme ? (La Documentation Française, 2016) [nouvelle fenêtre], régulièrement interviewé pour des magazines comme Robot-magazine.fr (nouvelle fenêtre) et des émissions de radio dont France Culture (nouvelle fenêtre), Rodolphe Gelin viendra-t-il accompagné de quelques spécimens pour mieux vous convaincre ?

Entre l’automate, aux gestes répétés inlassablement, et le robot «superordinateur logé dans un corps mobile, capable de fonder ses actions de manière raisonnée sur ce qu’il perçoit du monde extérieur» selon le journaliste spécialisé Daniel Ichbiah in Robots : genèse d’un peuple artificiel  (Minerva, 2005) [voir l’article « Supercalculateur » sur Futura Tech (nouvelle fenêtre)], il y a un gouffre. Et chaque jour les possibilités des superordinateurs croissent. Du simple algorithme au deep learning , comment suivre le mouvement de cette accélération ? Merci à David Louapre et son blog « science étonnante» (nouvelle fenêtre) et pour son explication limpide en vidéo qui permet de se mettre à la page :

Néanmoins, où donner de la tête ? Il y a de quoi se perdre  !

De l’utopie des imaginations fertiles à la réalité du quotidien

Loin du Golem, des premiers automates [voir à ce sujet la vidéo sur Kugel et ses automates, extraite de l’émission Visites privées du 21/10/2016 (nouvelle fenêtre)] et des utopies en littérature – voir notre sélection sur les robots dans la littérature (nouvelle fenêtre)– ou sur les robots au cinéma (nouvelle fenêtre), il semble qu’en réalité le seul véritable robot domestique, en 2013, ait été un aspirateur de la marque Roomba dixit Raja Chatila , directeur de recherches CNRS à l’ISIR (Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique). Voici sa position, qu’il explicite dans l’article issu de la Paris innovation revue, intitulé « Les robots du quotidien » (nouvelle fenêtre) :

D’un point de vue culturel, que dit le succès de Roomba ? Que les humains, après mûre réflexion, acceptent volontiers d’être délestés d’une besogne qui fait mal au dos. Que sur le plan de la vie de famille, ils n’ont pas grand-chose à craindre d’un robot-aspirateur. Que l’engin semble revenir au plus près de l’étymologie slave du mot : en tchèque, « robota » signifie corvée. Mais de l’aspirateur au compagnon humanoïde capable de vous apprendre une langue, il y a un monde. Et plus le robot domestique s’éloigne de sa fonction première d’esclave, plus son acceptation est difficile… Pourtant, en tant que « domestique assistant » les fonctions espérées par les roboticiens actuels laissent rêveurs : aux robots domestiques capables d’aspirer ou de tondre, il faut ajouter les robots compassionnels (robots compagnons), les robots d’assistance aux personnes en perte d’autonomie, les robots éducatifs, les robots ludiques ou les robots domestiques de surveillance.

Depuis lors, les robots ménagers se sont multipliés : robots culinaires, tondeuses, etc., comme le détaille l’article du Figaro du 04/01/2016, intitulé Des robots domestiques bientôt dans les maisons  (nouvelle fenêtre)

Inutile de se voiler la face, ces machines améliorent notre quotidien. Elles pallient nos faiblesses, font gagner du temps et de l’argent, que ce soit dans la sphère privée, publique, dans l’industrie et de nombreux autres domaines. Mais la vraie question est : jusqu’à quel point ? Démonstration filmée de la « robot-mania » par Nétyscom, business solution au Pays du Soleil Levant car, si les Français sont les champions de l’innovation en matière de robotisation, ce sont les japonais les plus robotisés :

Et demain ?

Faut-il s’inquiéter des progrès exponentiels de la programmation ? Pourquoi les scientifiques donnent-ils une apparence humaine, voire des têtes d’enfants aux robots humanoïdes ? Cette invasion de machines est-elle vraiment une menace ? Jusqu’où iront-nous dans leur degré d’autonomie et leur liberté de décision ? Quels seront leurs droits et devoirs ? Cette interrogation est d’ailleurs au cœurs de la série télévisée de Lars Lundström « Real Humans » dans laquelle les hubots (pour human robots), une nouvelle génération de robots, tendent à répondre à tous les besoins de la société (assistance aux personnes âgées, aide aux devoirs, tâches domestiques) mais l’étrange présence de ces employés modèles, serviables et corvéables à merci  engendre des émotions contrastées parmi les humains… à regarder en VOD sur La Médiathèque en ligne (nouvelle fenêtre) pour en savoir plus !

Robots J'ai peur

©Pausecafein.fr

Alors, quels changements pour nos sociétés ? Le travail humain existera- t-il encore ? Quel sens aura-t-il ? Si les machines remplacent l’homme dans de nombreux métiers, quelles seront les conséquences sociales ?

L’émission du magazine Envoyé spécial du 11 janvier 2018 (nouvelle fenêtre) prévoit la suppression croissante d’emplois « mécanisables » et l’article de Benoît George du 07/09/17 sur LesEchos.fr s’interroge : « Le robot est-il l’avenir de l’homme ? » (nouvelle fenêtre), alors qu’une étude de l’université d’Oxford (nouvelle fenêtre) montre que, d’ici à vingt ans, les machines remplaceront l’homme dans presque la moitié des métiers.

Humain miroir robot

L’intelligence artificielle nous rendra-t-elle définitivement « obsolètes » ? La création artistique restera–t-elle l’apanage des humains ? Les robots deviendront ils artistes indépendants à leur tour ? C’est ce que laisse penser cette vidéo en lien avec l’exposition « Artistes et Robots » qui a eu lieu cette année au Grand Palais (nouvelle fenêtre).

Quid des « robots compagnons » et des relations entre humains dont le philosophe Marcel Gauchet dit déjà : « Nous sommes entrés dans un monde où les gens sont destinés à se supporter très mal les uns les autres. » (in La démocratie contre elle-même, Gallimard, 2002).

Résumons : Quels sont les enjeux éthiques, économiques et sociaux ? Faut-il confier nos vies aux robots ? Quelles libertés restera-t-il aux les humains ? L’émission Xenus diffusée sur Arte le 12 juillet 2018 (nouvelle fenêtre) nous donne quelques pistes… Au fond, les vraies questions ne sont-elles pas : Comment anticiper au mieux cette nouvelle ère de l’humanité ?  Quels sont les limites, les risques et les promesses ? Un avenir sans humains est-il plausible ? Le reportage de France 2 du 16/03/2018 (nouvelle fenêtre) donne un aperçu des dernières évolutions et soulève la question des limites à définir. Rodolphe Gelin nous aidera à réfléchir à toutes ces questions et à nous en poser d’autres… Bienvenue dans le meilleur des mondes !

Image robots rouge

© captaineconomics.fr

BONUS : une sélection de livres à La Médiathèque

Sélection de documents sur le thème faut-il avoir peur des robots (site de La Médiathèque nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 1er décembre 2018 à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean Jaurès-Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

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