Jetez-vous à l’eau : lisez un livre.

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La Grande Vague de Kanagawa, une estampe de Hokusai au Metropolitan Museum of Art

Sans eau pas de vie ! La richesse du thème, son actualité en font le sujet de bien des livres, documentaires bien sûr, déclinés de différentes façons, que ce soit dans le domaine politique, environnemental, technique, ou géographique. En littérature, poésie et théâtre, l’eau symbolise le rêve, ses références aquatiques positives ou négatives, peuvent être présentées sous différentes formes : source, puits ou fontaine, ruisseau, rivière ou fleuve, lac, étang ou marécage, mer ou océan, glace, pluie ou brouillard, et même larmes ! C’est un thème fascinant par excellence depuis l’antiquité.

Pour nous imprégner de cet élément lénifiant ou tonique à ses heures, je vous propose de vous « replonger » dans quelques passages du Bateau ivre d’Arthur Rimbaud.

«  Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages, Porteur de blés flamands ou de cotons anglais. Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages, Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées, Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants, Je courus ! Et les Péninsules démarrées N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes. Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes, Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !… »

Pour aller plus loin sur le sujet et saisir ses paradoxes, lisez cet article Les mythes et les symboliques sur le site du Centre d’information sur l’Eau avant de vous embarquer dans le flot des ces quelques romans.

Pierre Loti avec  Pêcheur d’Islande  est par excellence un roman de marin, puisque c’était du reste le métier de l’auteur.

Dans Colline de Jean Giono, tout est liquide, a la consistance de l’eau, et du feu c’est du reste le point central de l’œuvre.

Dans Manon des sources : l’eau des collines de Marcel Pagnol, le cœur du roman même touche à l’eau, déjà de par son titre, ainsi que dans cette région aride de Provence, où il se déroule, et où l’on recherche une source.

Dans la nouvelle fantastique Sur l’eau de Guy de Maupassant, il est question d’angoisse et de suspense, avec une découverte morbide faite par un  canotier sur la Seine.

Dans le grand Meaulnes d’Alain-Fournier, l’action se situe en Sologne entre étangs et marais, lieux où l’on chasse et l’on pêche.

On ne résume plus Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne,  si ce n’est par l’apparition d’une bête monstrueuse en 1866 dans plusieurs mers du globe qui défraie la chronique.

Le nègre de Narcisse de Joseph Conrad suit le périple d’un voilier qui quitte Bombay, en direction de l’Angleterre avec un équipage hétéroclite.

Dans Vendredi  ou les limbes du pacifique Michel Tournier revisite le thème de Robinson et aborde   l’eau (ne serait-ce que par la lieu, une île perdue), ainsi que les autres éléments.

Tahar Ben Jelloun dans partir situe son action à Tanger au bord d’une falaise, il est aussi question de prendre le bateau.

Chez Jean-Marie-Gustave Le Clezio, on constate l’apparition constante des éléments qui sont présents dans la nature ( la lumière, l’eau, le sable, la mer etc…) ce peut être dans Désert, par exemple.

Dans un barrage contre le pacifique de Marguerite Duras, une jeune veuve se débat contre les inondations sur ses terres non-cultivables.

Ainsi dans Les Derniers Jours de Corinthe, Alain  Robbe-Grillet salue ce « vieil océan aux vagues de cristal » et dévoile l’influence des mouvements de la mer sur son travail d’écriture.

La Rivière Espérance de Christian Signol trace le destin d’une famille de bateliers qui naviguaient sur la  Dordogne.

Dans l’Epopée du buveur d’eau de John Irving, le protagoniste farfelu du livre, suite à un problème urinaire, doit boire beaucoup d’eau.

Dans le supplice de l’eau Perceval Everett utilise l’eau comme pratique de torture dans la prison d’Abou Grahib à des fins exterminatrices.

Avec Le convoi de l’eau Akira Yoshimura trace d’une façon délicate, le destin d’une petite communauté liée aux travaux d’un barrage empêchant que leur village ne soit englouti.

Les Déferlantes de Claudie Gallay se situe au cap de la Hague dans le Cotentin, il y est question de secret porté par le vent.

Dans la grande nageuse d’Olivier Frébourg, Marion et le narrateur ont la même passion pour l’océan, lui en tant que marin et elle nageuse.

Nous sommes l’eau de Wally Lamb où le destin d’Annie s’apprête à franchir une nouvelle étape à Three rivers la ville où elle a vécu 27 ans baignée comme son nom l’indique par les rivières. Métaphore utilisée aussi dans ses choix de vie.

Catherine Poulain avec Le grand marin nous entraine dans une vie âpre et rude, celle d’une femme qui  voyage au cœur de l’Alaska où elle va pêcher le flétan.

On peut aussi évoquer  des récits de voyage comme Le passant du bout du monde de Francisco Coloane ou La longue route : seul entre ciel et mer de Bernard Moitessier

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  L’eau et le liquide en général s’infiltrent dans toutes les grandes thématiques. Elle rythme la vie des personnages et reflète leurs questionnements profonds et ceux de leur auteur, Dans  L’eau et les rêves de Gaston Bachelard, le philosophe se laisse davantage guider par les images des poètes en s’abandonnant à sa propre rêverie, dans un texte érudit. L’écoute de l’eau et de ses mystères entraine son lecteur dans une superbe méditation.

1942 – C’est près de l’eau que j’ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l’intermédiaire d’un rêveur. Si je veux étudier la vie des images de l’eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays. Je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin de la Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. La plus belle des demeures serait pour moi au creux d’un vallon, au bord d’une eau vive, dans l’ombre courte des saules et des osières.

Et maintenant, c’est à vous : plongez dans la lecture et laissez-vous porter  !

Jury du Prix des lecteurs de Levallois : la cuvée 2017 est arrivée !

25 Nov jury-srh

Depuis l’aube des temps, on connait les douze travaux d’Hercule, les douze signes de Zodiaque, les douze syllabes de l’alexandrin, Les douze hommes en colère de Sidney Lumet et… depuis octobre 2016,  les douze nouveaux jurés du Prix des Lecteurs de Levallois 2017. Rassemblés pour leur première réunion de jury à La Médiathèque, ils ont pris conscience, si ce n’était déjà fait, de la lourde charge qui leur incombe : déterminer en leur âme et conscience quel sera le roman primé lors du Salon du Roman Historique qui aura lieu le 26 février 2017. Et qui sera l’auteur auréolé de louanges et encouragé par une substantielle dotation lui permettant de poursuivre son œuvre…

Qui sont-ils ?

Sur une trentaine de candidats ont été retenus 12 jurés : avec 10 femmes et  2 hommes, la parité n’est pas respectée cette année. Ils sont Levalloisiens de plus ou moins longue date, leur ancienneté sur le territoire de la commune allant de 3 à 70 ans, ils viennent de tous horizons, actifs, retraités, marcheurs, entrepreneurs, salariés… et ils ont pour point commun la lecture et l’amour du roman historique.

Quoique la plupart avouent lire « de tout » : « je lis tout ce qui me tombe sous la main » dit l’une. Cet autre lit en vacances « d’une seule traite », n’aimant pas lire de façon épisodique quand celui-là lit de 70 à 80 livres par an. Un chiffre qui laisse songeur -même un bibliothécaire rompu à la quantité de livres lus…-

Un autre juré lit tout support : s’il concède avoir été inquiet au début de l’avènement du numérique, il en est devenu un adepte et milite pour la coexistence des deux supports.

« J’équilibre : j’achète, j’emprunte et  je télécharge ». Un mode d’usage et de vie auquel Liseur adhère !

Brève typologie de juré

S’ils sont tous de grands lecteurs plein d’enthousiasme, leurs profils sont un peu différents. On peut néanmoins les regrouper en grandes catégories  (classification et catégorisation étant les péchés mignons des bibliothécaires…)

  • Des novices : ils n’ont aucune expérience de juré.  « Je découvre complètement », confie une jurée encore étonnée et ravie d’avoir été sélectionnée.
  • Des habitués de prix : ils ont été jurés sur d’autres prix littéraires  – plus ou moins prestigieux – ou ont participé à leur organisation.
  • Des redoublants : ils sont fiers de l’être.  « Je suis volontaire, flattée et ravie de rejouer » commence l’une. Un autre redouble « parce que son favori n’a pas été élu », une statégie qui peut s’avérer un véritable travail de Sysiphe au bout de quelques années… L’histoire du jury 2017 nous dira si ce juré verra son champion couronné cette année. Ou si ce juré sera, par la force des choses littéraires et pour le plaisir de participer, contraint à postuler pour le jury de l’année à venir  ?

À ce propos, l’organisation du jury nous signale que le cas des « triplants » n’a pas encore été envisagé dans le processus de sélection des jurés…

Que lisaient-ils avant…

Des témoignages, « un peu moins de littérature classique que dans le temps », des choix « plus variés et plus ouverts », ou encore « Plutôt des romans mais tout type de romans ». Cette autre lit d’abord des biographies puis des romans historiques, mais finalement lit  « toute littérature qui a un langage, un univers qui apporte un regard différent sur la vie et les êtres ». Cette dernière s’avoue déjà « très versée dans le roman historique, toutes périodes confondues ».

« Je lis plus des romans touristiques qu’historiques » précise une des jurées  : sous cette jolie  formule s’affirme une recherche assumée d’évasion et une soif de découverte qu’aucun de nos jurés ne renie.

Mais pour certains, la lecture avait été mise de côté, faute de temps ou d’avoir trouvé le bon livre, aussi la participation à ce jury est l’occasion de recommencer à lire  : « j’avais un peu arrêté mais je reprends » ou encore « je rédécouvre ».

Que recherchent-ils ?

« J’ai bien envie de me passionner pour ca », jolie déclaration pour ouvrir les discussions… et les débats, qui, s’ils restent toujours courtois, n’en sont pas moins remplis de fougue : nos nouveaux jurés le découvriront au fur et à mesure de leurs rencontres. Mais quelques jurés veulent déjà en découdre  : « Cela permet de se confronter à des avis divergents ». Voilà qui promet des soirées animées…

Certains affirment clairement leur objectif :  « lire sous contrainte ». Ce qui semble, au ton de la voix et à la fierté du regard,  s’apparenter à un défi personnel.  » Je suis contente d’avoir des lectures imposées » disent ceux-là  tandis que d’autres préfèrent se laisser guider, ce qui leur a jusqu’à présent porté chance, si l’on en croit cette jurée : « j’ai découvert, grâce aux bibliothécaires, des auteurs que je ne connaissais pas. Je suis impatiente de connaitre les choix pour le prix 2017. »

Quand l’une déclare « chez moi, on me traite de psychopathe littéraire », un silence rêveur se fait autour de la table, tous étant impressionnés sans doute par cette réputation … Est-ce que cette killeuse de livres en dévorerait plus que de raison 🙂

D’autres ont envie de lecture où ils pourront s’impliquer : « je suis toujours active en lisant, je recherche toujours qui sont les personnages ». Et une autre renchérit sur ce désir de ne pas lire « passivement » et de s’interroger : « J’aime me demander à la fin d’un livre  : est-ce que je le conseillerais ?  »

Questionnement qui fait particulièrement écho aux préoccupations quotidiennes des bibliothécaires…

On se retrouve en décembre

À la fin de la soirée, nos 12 jurés sont repartis avec des sacs pleins : 4 livres pour la première sélection, une liste de dates pour les prochaines réunions, une grille d’analyse pour mémoriser chacune de leurs lectures et la promesse de partages historiques, romanesques et littéraires dont le point d’orgue sera le dimanche 27 février 2017. Car comme vous l’aurez compris, quels que soient leurs motivations, leurs antécédents de lectures ou leurs profils, nos jurés ont envie de lire, de discuter et de se retrouver pour  partager leurs découvertes et plaisirs !

Enfin, tradition oblige dans notre saga annuelle du Prix des Lecteurs de Levallois (Retrouvez les épisodes des saisons 2015 et 2016 grâce à notre article Et si vous deveniez juré de prix littéraire ?), le mot de la fin revient à un des jurés de l’année :

J’ai trouvé ici des compagnons de lecture.

Société numérique, société du savoir partagé ?

16 Nov

Les Rencontres de Liseur continuent leur exploration des enjeux de la mutation numérique et vous donnent rendez-vous le 19 novembre 2016 pour une conférence intitulée « Société numérique, société du savoir partagé ? » par Valérie Peugeot.

Valérie Peugeot

Valérie Peugeot ©Olivier Ezratty

Diplômée en droit et sciences politiques, Valérie Peugeot est en charge des projets de prospective au sein du laboratoire de sciences humaines et sociales d’Orange Labs. Elle préside l’association Vecam, qui met en débat les questions politiques et sociales liées aux technologies de l’information et de la communication. Elle est actuellement membre de la CNIL, la Commission Nationale informatique et libertés.

 

Valérie Peugeot viendra parler des notions de communs, biens communs, domaine commun public… Des expressions qui illustrent un nouveau modèle de société, une alternative au tout État et au tout marché. Un modèle d’avenir qui émerge aujourd’hui dans le numérique mais qui pourrait bien évoluer au-delà du monde digital, comme elle l’explique sur cette vidéo   L’avenir en communs sur Culture Mobile (21/01/2016) :

 

Infos pratiques : rendez-vous le samedi 19 novembre à la médiathèque Gustave-Eiffel  à 16 heures. Entrée libre. 111 rue Jean Jaurès, Levallois. 01 47 15 76 43.

À noter : la suite du programme des Rencontres de Liseur 2016-2017 avec un cycle de conférences autour de la question de L’Humain face au défi du numérique. Prochaine rencontre le samedi 14 janvier avec Sarah Emmerich, journaliste de formation et spécialisée dans l’accompagnement des politiques publiques et des projets urbains, autour de La ville intelligente : enjeux et perspectives.

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec Les Rencontres de Liseur !

Un souffle d’Amérique : la littérature dans tous ses Etats (2)

12 Nov etatsunis

Depuis le 8 novembre  2016, les États Unis ont un nouveau président. Et si c’était l’occasion de plonger, état par état, de l’Alabama au Wyoming, dans la diversité et l’histoire de ce pays ? Je vous propose un panorama de quelques livres, les meilleurs possibles, dont l’action se déroule dans l’un de ces États et qui vous permettront de survoler tout un pays à travers la riche palette qu’offre sa littérature.

Alabama : Harper Lee. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur  , un petit bijou de fraicheur qui développe les thèmes du racisme, de la ségrégation et de l’éducation.

Alaska : David Vann. Sukkwan island, un roman au suspense inoubliable qui revisite les rapports humains avec brio. Un jeune auteur américain de tout premier plan.

Arizona : Brady Udall. Le destin miraculeux d’Edgar Mint, un roman inclassable, original et poétique, il est aussi plein d’humour.

Arkansas :  Maya Angelou. Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage , une œuvre majeure de la littérature américaine du XXe siècle qui aborde les thèmes de l’identité, du racisme, de la résilience et l’apprentissage du langage et de la littérature.

Californie : John Steinbeck. Les raisins de la colère, l’aventure misérable d’une famille espérant échapper à la grande dépression.

 Caroline :  David Payne. Le monde perdu de Joe Madden, magnifique récit à 3 voix sur l’amour, l’enfance, les illusions perdues.

Colorado :  Craig Davidson. Cataract Falls, roman initiatique intimiste et mélancolique.

Connecticut :  Wally Lamb. Le chagrin et la grâce, odyssée désespérée d’un homme en quête d’identité.

Dakota : Louise Erdrich.  la Malédiction des colombes, roman choral sur l’amitié, le sang, le poids du passé.

Delaware :Toni Morrisson. Beloved, l’histoire d’une ancienne esclave hantée par un fantôme.

Floride : Russell Banks. Lointain souvenir de la peau, réflexion sur le monde contemporain, méditation sur la chute, la perte de l’innocence et l’exclusion.

Georgie : Margaret Mitchell. Autant en emporte le vent, texte mythique qui mêle amours romantiques et violentes pendant le drame de la guerre de sécession dans le Sud des Etats-Unis.

Illinois : Johnathan Franzén. Les corrections,  le portrait d’une famille du Midwest.

Louisiane : James Lee Burke. Dans la brume électrique, enquête sur le meurtre d’un homme de couleur qui ramènera à la guerre de sécession.

Louisiane : Tim Gautreaux. Nos disparus, le romancier nous invite à sillonner le Mississippi sur un bateau à aubes, dans les années 1920.

Michigan : Jim Harrison. De Marquette à Veracruz, traite de la maladie, la luxure, la boisson, le délitement la fidélité. Des thèmes chers à ce grand auteur, disparu en 2016.

Mississipi : William Faulkner. Sanctuaire, roman d’atmosphère policière sombre et grandiose.

Missouri : Mark Twain. Les Aventures de Tom Sawyer, l’histoire d’un jeune orphelin qui fait l’école buissonnière.

New Jersey : Philip Roth. Pastorale Americaine, l’histoire de l’Amérique moderne vu par les yeux d’une famille d’immigrants juifs, qui parviennent grâce à leurs valeurs à accéder au rêve américain.

New Mexico : Cormac Mc Carthy. La trilogie des confins, grands espaces et voleurs de chevaux au programme.

New York : Paul Auster.  La trilogie New Yorkaise, au coeur de New York, l’auteur explore ses thèmes de prédilection : identité et liberté.

De New York à la Californie : Wally Lamb. Nous sommes l’eau, un portrait fascinant de l’Amérique à travers la vie tourmentée d’une famille.

Ohio : Toni Morrison.  Sula, sur le thème de la lutte des femme Afro-américaine pour exister…

Tennessee : Cormac Mc Carthy. Un enfant de Dieu, dans les années 60 Lester Ballard se fait déposseder de tout ce qu’il a, et l’on suit son délitement moral.

Texas : Philipp Meyer. Le Fils, un tour de force avec son histoire du Texas, autant dire des Etats-Unis,  à travers trois voix d’une même famille de pionniers.

Utah : Norman Mailer. Le chant un bourreau, chef-d œuvre dont on dit qu’il est « le crime et châtiment » de l’Ouest américain.

Vermont  : Donna Tartt. Le Maitre des illusions, chronique de l’illusion et de la complicité, histoire de culpabilité et de responsabilité dotée d’un grand suspense.

Virginie : William Styron. les confessions de Nat Turner, l’histoire d’un homme pris au piège de sa colère, qui trace avec finesse le portrait d’un esclave noir avant la guerre de sécession.

Virginie : Kevin Powers. Yellow birds, roman fascinant sur l’absurdité de cette guerre en Irak dont le héros Bartie subira les ravages.

Wisconsin : Mary Ellis  Relindes. Wisconsin, une magnifique fresque familiale où la réalité est teintée de fantastique.

Wyoming : Craig Johnson. Little Bird,  un polar où l’on suit un éventail de personnages pourvus de sens du tragique et d’humour sur fond de hautes plaines glacées.

Enfin… Si dans tous ces livres vous n’avez pas trouvé celui de vos rêves, cherchez votre inspiration dans notre précédent article Un souffle d’Amérique, la littérature dans tous ses États, dans Le coin de La Médiathèque de novembre et demandez conseil à votre bibliothécaire.

Le coin de La Médiathèque de novembre se met à l’heure américaine

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À l’aube du résultat final des élections présidentielles aux États-Unis le 8 novembre prochain, le coin de La Médiathèque vous propose de vous plonger dans une ambiance américaine, avec une fiction sur le système médiatico-judiciaire, une biographie politique en passant par un roman graphique évoquant les luttes pour les droits civiques jusqu’à une mise en perspective historico politique de l’Amérique de 2016…

  • arretez-moi-la-iain-levison (Catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Arrêtez-moi là !  de Iain Levison. Liana Levi, 2015

Jeff Sutton, chauffeur de taxi à Dallas mène une vie tranquille.

Sa vie bascule un soir lorsqu’il reconduit une cliente chez elle (première erreur !) puis lorsqu’en rentrant au dépôt il dépose gratuitement deux étudiantes passablement éméchées (deuxième erreur !). Le lendemain des policiers débarquent chez lui et il se retrouve accusé de kidnapping et du meurtre d’une adolescente. C’est la descente aux enfers pour Jeff, désigné d’office comme le coupable idéal, qui l’entrainera jusque dans le couloir de la mort !

Iain Levison dissèque avec brio les failles du système  médiatico-judiciaire américain. Le lecteur plonge avec Jeff dans cet univers kafkaien, tenu en haleine jusqu’à la dernière page ! Moins jubilatoire et plus cynique que dans ses précédents récits, l’humour de Levison nous enchante une nouvelle fois.

Ce roman, contrairement aux précédents, est inspiré de faits réels – l’affaire Richard Ricci qui a défrayé la chronique aux États-Unis en 2002.

Cette histoire a été adaptée au cinéma en France en 2016 par Gilles Bannier.

  • wake-up-america-john-lewis (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Wake up America, Tome 1 : 1940-1960 de John Lewis, Andrew Aydin et Nate Powell. Éditions Rue de Sèvres, 2014

Wake up America est un roman graphique en noir et blanc qui nous raconte la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis dans les années 50 et 60 à travers le prisme de la vie de John Lewis. Icône du mouvement afro-américain pour les droits civiques, Lewis fut le président du Student  Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) dans les années 60, il est actuellement représentant parlementaire du 5ème district de l’état de Géorgie et le seul membre du Congrès américain à avoir connu Martin Luther King.

En préambule de l’ouvrage, nous découvrons la scène choc du « Bloody Sunday » du 7 mars 1965 lors de la première marche pacifique entre Selma et Montgomery (Alabama) menée par Hosea Williams et John Lewis. Six cents manifestants pour les droits civiques s’avancent sur le pont Edmund Pettus Bridge lorsque la police locale les attaque avec des matraques et du gaz lacrymogène, causant de nombreux blessés. Cet évènement brutal sera fortement médiatisé et contribuera à l’instauration de la loi sur le droit de vote en 1965, qui interdit les discriminations raciales dans le vote.

Ce premier tome des souvenirs de John Lewis s’attache à la période 1940-1960, début des sit-in de protestation contre la discrimination raciale dans les états du Sud et de la mise en pratique d’une politique de non-violence inspirée par Gandhi. Des dessins réalistes, une mise en scène documentaire maîtrisée font de cette biographie graphique un livre essentiel pour appréhender un pan de l’histoire contemporaine américaine. Mais c’est aussi une lecture qui donne espoir : des hommes ont changé le monde par leurs actions de paix et leur esprit d’unité.

  • la-nouvelle-revolution-americaine-olivier-piton (Catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) La nouvelle révolution américaine : la présidentielle américaine à la lumière de l’Histoire d’Olivier Piton.

Où en est l’Amérique en 2016 ? L’élection présidentielle annonce-t-elle une nouvelle page de son histoire politique ? Pourquoi semble-t-elle prête à basculer dans tous les excès ? Comment en est-elle arrivée à devoir choisir entre un national populiste et une sociale-démocrate interventionniste ?

Dans son passionnant ouvrage, Olivier Piton, avocat et président de la Commission des Lois à l’Assemblée Nationale, tente d’apporter des réponses à ces questions et à bien d’autres sur les enjeux de l’élection présidentielle du 8 novembre prochain. Via une mise en perspective historico-politique, il affirme que son résultat n’empêchera en rien la révolution en cours aux États-Unis qui voit vaciller ses fondamentaux. Il décrit une Amérique désenchantée, déçue par l’establishment et séduite par le Tea Party, ainsi qu’un Congrès éloigné du peuple, incapable de comprendre ses attentes et de servir le bien public.

L’un des grands mérites de cet ouvrage est d’éviter l’analyse à chaud au profit d’un examen des tendances longues. L’auteur nous livre ici une réflexion éclairante pour une conclusion inquiétante : « La démocratie américaine est malade », conclut Piton et l’Europe, plutôt que de s’en réjouir, devrait s’en alarmer.

  • hillary-clinton-de-a-a-z-francois-clemenceau (Catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Hillary Clinton de A à Z  par François Clémenceau. Éditions du Rocher, 2015

Conçu comme un dictionnaire, François Clémenceau dresse un portrait en 100 mots de Hillary Clinton. L’auteur de l’ouvrage est journaliste,  rédacteur en chef du Journal du Dimanche, ancien correspondant d’Europe 1 à Washington de  2003 à 2010, et vit aux États-Unis. François Clémenceau propose un livre accessible à tous pour comprendre qui est Hillary Clinton, ce qu’elle a fait, son ambition et ses profondes aspirations.

Hillary Clinton sera-t-elle la première femme à  la Maison Blanche ? Avant même d’être candidate officielle à la présidence des États-Unis, la démocrate est un personnage qui a déjà fait beaucoup parler de lui. Première dame, sénatrice des États-Unis, puis secrétaire d’État, Hillary Clinton a une riche expérience qui s’accompagne de diverses affaires politiques. Un livre pour découvrir le parcours incroyable d’une femme battante.

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