Y étiez-vous ? Premiers pas Premières pages du jour et de la nuit

27 Mar

Samedi 18 mars 2017, 15 bébés et leurs parents ont assisté à la séance mensuelle des tout-petits animée par les bibliothécaires, Premiers pas Premières pages  : au programme, le jour et la nuit… Chants, comptines et jeux de doigts, le soleil et la lune étaient au rendez-vous de cette belle matinée. Voici pour tous les bébés intéressés les titres de tous les livres qui leur ont été présentés, à lire et à relire… qu’il fasse jour ou nuit 🙂

Petite recette d’une bonne journée  : commencer avec Bonjour de Jeanne Ashbé (nouvelle fenêtre) puis chanter le réveil en lisant l’album Cocorico de Audrey Poussier (nouvelle fenêtre) .

Pour apprendre le nom des jours, réciter Le petit prince a dit  (nouvelle fenêtre) « la comptine enfantine mise en dessin » par Patrice Léo.

 

Continuer avec Une poule sur un mur de Stefany Devaux (nouvelle fenêtre) « La célèbre comptine suivie d’une belle berceuse : « L’était une p’tite poule grise qu’allait pondre dans l’église, pondait un p’tit coco que l’enfant mangeait tout chaud ! » Les illustrations de Stéfany Devaux sont un vrai feu d’artifices de couleurs tantôt gaies et toniques, tantôt avec des contrastes en demi-teintes particulièrement réussis. » (extrait de la présentation de l’éditeur) ou Tommy de bon matin de Suzanne Rotraux Brener (nouvelle fenêtre),  « une histoire douce pour les tout-petits, pour les aider à apprivoiser leur quotidien ».

Intercaler avec une comptine :

Toc, toc, toc, Monsieur pouce, es-tu là ?

Personne ! Toc, toc, toc,

Monsieur pouce, es-tu là ?

Chuuuut ! Je dors…

Toc, toc, toc, Monsieur pouce, es-tu là ?

Oui, je me lève !

Bonjour les enfants ! Bonjour Maman ! Bonjour Papa ! Bonjour grand Frère ! Bonjour petite Soeur !

Aaaaah les petits doigts sont bien réveillés, il est l’heure d’aller déjeuner !

En fin de journée, se préparer pour L’heure du bain illustrée par Jeanne Ashbé (nouvelle fenêtre).

Feuilleter Au lit tout le monde, (nouvelle fenêtre), un album d’Audrey Poussier qui explique que  » dormir avec son doudou, sa bouillotte, son traversin, ça arrive à tout le monde. Mais dormir avec sa boîte à outils, c’est un peu…bizarre… pourtant, ça peut être utile ! »

Avant de dormir, lire Fais dodo Colas mon petit frère de Delphine Grenier (nouvelle fenêtre), une version revisitée de la célèbre chanson où Colas aura bien du mal à s’endormir, car une fête se prépare pour l’anniversaire de Mamie Léonie…

Finir la journée de bébé avec une comptine Doucement s’en va le jour :

Doucement, doucement

Doucement s’en va le jour

Doucement, doucement

À pas de velours

La rainette dit

Sa chanson de nuit

Et le lièvre fuit

Sans un bruit

Dans le creux des nids

Les oiseaux blottis

Se sont endormis

Bonne nuit

Et ne pas avoir peur du noir grâce à Regarde dans la nuit, un album de Catherine Jousselme (nouvelle fenêtre) où « l’enfant peut compter, page après page, les éléments qui illuminent la nuit : 1 Lune, 2 yeux, 3 fenêtres, 4 phares de voiture, 5 lucioles et… des milliers d’étoiles »…

 

 

Un grand merci à Alvina C., Dominique S. Et Marie-Charlotte W. pour leur participation à cet article 🙂

La prochaine séance de Premiers pas Premières pages aura lieu le samedi 22 avril 2017 : inscription en ligne le samedi 1er avril sur le site de La Médiathèque (nouvelle fenêtre) ou au 01 47 15 73 40.

Idées lectures, l’Asie à travers la littérature (1)

21 Mar

Le printemps est arrivé avec ses floraisons, ses parfums et ses premières belles journées, alors, préparer ses prochaines vacances met du baume au cœur et permet d’entamer la rêverie autour de ces paysages, décors urbains exotiques et populations attachantes. Projetez-vous grâce à ce billet : découvrez avec plaisir des lieux que vous parcourrez et faites surgir des odeurs, des atmosphères de cet ailleurs.

Les bibliothécaires vous font partager leurs romans et bande-dessinées préférés sur la Birmanie, la Thaïlande et le Cambodge.

Le Myanmar

Voici la Birmanie, un pays qui sera différent de tous ceux que tu connais. Rudyard Kipling

La Birmanie a inspiré de nombreux auteurs occidentaux, y compris deux lauréats du Prix Nobel de Littérature. Cependant sa richesse littéraire est voie de disparition aujourd’hui…

Pour vous donner envie, voici deux chroniques extraites de la rubrique info du site d’Arte Birmanie : à lire et à voir (nouvelle fenêtre), du 9 octobre 2015.

Le Palais des miroirs de Amitav Ghosh (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Le Palais des miroirs (nouvelle fenêtre), Amitav Gosh, 2002

Une magistrale saga familiale qui s’ouvre sur l’exil des derniers souverains birmans vers l’Inde en 1885, raconte le sort des ouvriers agricoles indiens venus trimer dans les plantations de caoutchouc en Birmanie et se clôt sur un rassemblement autour de la maison d’Aung San Suu Kyi. Amitav Gosh est un célèbre écrivain indien, multi-primé pour sa vision critique et détaillée du système colonial en Asie.

Chroniques birmanes (nouvelle fenêtre), Guy Delisle, 2007Chroniques birmanes de Guy Delisle (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Le dessinateur québécois s’est fait connaître par les chroniques de sa vie d’expatrié dans plusieurs pays en développement, au gré des missions de sa femme Nadège, collaboratrice de Médecins sans frontières. Dans cet album sur la Birmanie où il a passé quatorze mois, il croque avec humour ses désillusions au quotidien, son rôle de père, l’absurdité du régime dictatorial, les rumeurs qui circulent, les scandales de drogue ou de corruption, son obsession pour la maison d’Aung San Suu Kyi où la figure de l’indépendance a été assignée à résidence pendant quinze ans.

À lire également le désormais classique de Joseph Kessel La vallée des rubis (nouvelle fenêtre).

La Thaïlande

La Thaïlande n’est pas seulement un pays de plages et de temples somptueux. Au-delà des clichés, une littérature fascinante ne demande qu’à se faire connaître, et une pléiade d’auteurs talentueux propose des œuvres de qualité.  Extrait d’un article d’ActuaLitté de Clément Solym du 18/04/2011 (nouvelle fenêtre) .

cafe-lovely de R. Lapcharoensap (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Café Lovely (nouvelle fenêtre), R. Lapcharoensap, 2005

Extrait des avis de La Médiathèque – Florence B.

Saviez-vous vous que les « farangs » ne sont intéressés comme le dit la mère de Luk que par « le cul et les éléphants » ? Le ton de ces nouvelles est donné dès le premier récit ! La Thaïlande souffre encore de cette image consumériste, mondialisée et du tourisme sexuel mais dans ces nouvelles pleines d’humour, de tendresse, d’émotion, de tristesse, le lecteur va découvrir une autre Thaïlande. L’originalité de ces nouvelles vaut surtout pour leur dimension sociologique. On y découvre dans Café Lovely, qui donne le titre à ce recueil,  les relations entre deux frères livrés à eux-mêmes, dans Tour au paradis, le voyage à Koh Lukmak d’une mère bientôt aveugle et de son fils, dans Priscilla la Cambodgienne, l’accueil fait par les Thaïs aux immigrés cambodgiens avec l’image frappante de Priscilla et de ses dents en or ou encore dans la dernière et certainement la plus aboutie de ses nouvelles : Combat de coqs, l’histoire d’un homme qui, par les défaites essuyées par ses coqs au combat, entraîne sa famille dans la déchéance.

La maturité et la lucidité exprimée ici, par Rattawut Lapcharoensap, jeune auteur américain, ayant grandi à Bangkok, en font un recueil très précieux pour qui veut découvrir la Thaïlande sous un autre angle.

À lire également Bangkok 8 de John Burdett (nouvelle fenêtre), Les cafards de Jo Nesbo (nouvelle fenêtre), Les oiseaux de Bangkok de Manuel Vasquez Montalban.

Le Cambodge

Longtemps orale, la littérature cambodgienne peine à s’exporter aujourd’hui.

L’élimination (nouvelle fenêtre), Rithy Panh, 2012 L'élimination de Rithy Panh (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Extrait des avis de La Médiathèque – Isabelle D.

Récit et souvenirs au fil de l’interview du responsable de M13 puis de S21, centres de torture du régime de Pol Pot… Petit à petit, se dessine le portrait de Duch, bourreau et criminel de masse au service du régime totalitaire khmer, entre affirmations politisées, slogans, omissions et réécriture de l’Histoire. Sous la plume du narrateur, de plus en plus perturbé par ces entretiens, deux versions se confrontent, celle du survivant, Rithy Panh, enfant d’une famille d’intellectuels humanistes et celle de l’ancien tortionnaire, fier de l’organisation du processus de mort qu’il a mise en place puis améliorée sans relâche. Outre l’usage de tortures systématiques et arbitraires, outre l’élimination systématique d’une population à rééduquer, outre le génocide de plus de 1.7 millions de personnes, le plus troublant dans cette lecture, pour le lecteur autant que pour le narrateur, sont les mots même de Duch, reflet de cette parole qui fut l’outil privilégié du régime du Kampuchéa démocratique. L’invocation constante de l’idéologie de l’Angkar (l’Organisation révolutionnaire) le goût pour la méthode, la dialectique, l’abandon de toute sincérité pour une langue lisse  où tout devient équivalent, sans poids. 40 ans plus tard, les mots de Duch sont restés ceux d’une propagande. Ils font résonner l’inhumanité d’un régime dont Duch se dit « otage et acteur », illustrant à l’envers les propos de l’auteur qui souhaite « donner à voir par les mots », projet et œuvre d’une vie, celle d’un jeune garçon devenu cinéaste. Volonté de témoigner et de questionner, hommage à tous ceux qui sont morts… C’est en évoquant la force morale de ses parents, que Rithy Panh écrit cette terrible expression « la puissante banalité du bien ». À lire avant de regarder les films de ce grand cinéaste.

L’anniversaire du roi (nouvelle fenêtre), Marc Trillard, 2016 L'anniversaire du roi de Marc Trillard (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Extrait des avis de La Médiathèque – Florence B.

Victor-Vong, artiste franco-khmer mis au ban du Tout-paris débarque à Phnom Penh pour redorer son blason d’artiste. Il a un grand projet : réaliser 90 portraits pour célébrer l’anniversaire du roi du Cambodge Norodom Sihanouk qui sous peu soufflera ses 90 bougies. Pour ce faire, il réunit de jeunes étudiants cambodgiens qui seront chargés de prendre pour modèle la population cambodgienne. Beau projet mais en 2012, le retentissant procès des criminels khmers est en cours et remue profondément le pays. Un roman déroutant au départ par sa langue, entre humour et tragédie, qui raconte la grande Histoire au travers des tribulations de cet artiste médiocre mais attachant. Non seulement on revit le traumatisant épisode du génocide cambodgien, mais on ressent également l’atmosphère, on se régale des soupes, on vit au rythme du marché central. Marc trillard relève avec défi ce pari et fait de ce roman une véritable réflexion sur la nature humaine, sur le devoir de mémoire. Une très agréable lecture et une découverte du pays garantie !

Les bibliothécaires vous souhaitent de belles lectures, en attendant le prochain article !

Le coin de La Médiathèque de mars aime la poésie

18 Mar

À l’occasion de l’édition 2017 du Printemps des poètes, le coin de La Médiathèque se met à la poésie et vous propose des poèmes, à lire, à dire ou à écrire.

  • configuration-du-dernier-rivage-de-michel-houellebecq (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Configuration du dernier rivage de Michel Houellebecq. Éditions Flammarion

Mort, sexualité, femme, création, solitude, thèmes houellebecquiens s’il en est. Ce livre est le cinquième volume de poésie de l’écrivain, dont l’œuvre romanesque, la misanthropie et la canadienne sont davantage connus du grand public. On y retrouve humour et désenchantement, lucidité sur l’âme et le corps humain, surtout quand le corps atteint ce dernier rivage, peut-être une allusion à la barque qui franchit le fleuve des Enfers. En langage houellebecquien, l’allusion parait trop simple, trop évidente et la subtilité se cache sans doute dans le premier mot du titre de ce recueil : « configuration ». Où l’on peut aussi y entendre : « aspect » de l’enfer. Mais, dans cet univers littéraire si particulier, où se cache donc l’Enfer si ce n’est dans les détails d’une écriture sobre, dont la simplicité atteint presque la naïveté et dont la pureté résonne d’une violence crue et ultime.

À lire par tous les fans d’un écrivain désenchanté.

  • chant-general-de-pablo-neruda (Catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Chant général de Pablo Neruda. Éditions Gallimard

Je prends congé, je rentre chez moi, dedans mes rêves, je retourne à cette Patagonie où le vent frappe les étables et où l’océan disperse la glace. Je ne suis qu’un poète et je vous aime tous, je vais errant par le monde que j’aime…

Extrait de Chant Général de Pablo Neruda (Chant IX poème VI)
Chant général est considéré comme le chef d’œuvre de Pablo Neruda, prix Nobel de littérature en 1971, et comme une œuvre fondamentale de la littérature latino-américaine.
Tout à la fois, poète, écrivain, diplomate, homme politique chilien, il écrit ce recueil dans une période de trouble politique au Chili, dans la clandestinité et après avoir dénoncé la dictature sous forme de lettre intime dans un journal national.
À l’origine, ce Chant général devait être un chant au Chili. La 1ère édition fut publiée en 1950, commentée et traduite dans tous les pays de langue espagnole. Chant général ou Canto General en espagnol est un poème épique en 15 chants, comprenant 231 poèmes. La langue y est accessible, travaillée, très évocatrice. Le poète célèbre les paysages sud-américains, accuse certains dirigeants peu scrupuleux et raconte sa jeunesse, ses multiples voyages.
Ces chroniques ou sorte de mémoires appellent à l’évasion, à l’imagination. La force évocatrice de ces poèmes confère à ce recueil une véritable puissance qui entraîne son lecteur dans les tourments de l’Histoire !

  • latelier-de-poesie-de-pierre-coran (Catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) L’atelier de poésie de Pierre Coran. Éditions Casterman

Le poète Pierre Coran a été instituteur avant d’être auteur de littérature jeunesse. Il a publié plus de cent trente titres (romans, contes, poésies) et a été primé à de multiples reprises ; il a reçu le Prix Jean de La Fontaine (1979), le Prix de Poésie pour la jeunesse (1989) et a été nommé en 2010 au Prix mondial Hans Christian Andersen.
L’atelier de poésie est né des multiples ateliers d’animations poétiques auprès d’enfants et d’adolescents que Pierre Coran a animés et dont il a retiré une somme de témoignages et de pistes pour donner l’envie de rentrer en poésie

 Entrer en poésie, c’est une affaire de temps. On y entre comme dans une cathédrale, un cinéma ou un théâtre, sans hâte et l’œil curieux.

écrit Pierre Coran. Maintenant que le cadre est posé, il suffit de se laisser aller à jouer avec la poésie : cueillir les mots, écouter ses émotions, jongler avec les sons. Les conseils donnés permettent d’entrer petit à petit dans le monde de la poésie et les poèmes présentés nous font entrer joyeusement dans la danse.
Destiné à tous, cet ouvrage est un précieux guide pour découvrir la poésie, apprendre à l’aimer, à jouer avec les mots et les rythmes, les sons.
À vos plumes !

  • poemes-a-dire-comme-tu-voudras-bernard-friot (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Poèmes à dire comme tu voudras de Bernard Friot. Éditions Flammarion

Sait-on pourquoi, la poésie est un genre littéraire un peu délaissé et qui parfois fait peur ? Il est vrai que la poésie est un peu abstraite et ce n’est pas toujours facile de trouver une interprétation pour nous qui sommes souvent très rationnels.
Dépoussiérons cette image un peu désuète qu’a la poésie en nous plongeant dans le livre de Bernard Friot Poèmes à dire comme tu voudras. À travers ce titre on retrouve bien l’objectif que se donne l’auteur : rendre la littérature accessible à tous.
Toujours en recherche, il jongle avec les mots, joue avec les histoires dans le seul but d’amener les jeunes lecteurs à s’emparer des codes littéraires en laissant libre cours à leur imaginaire et en leur offrant une liberté créatrice.
La poésie ça se lit, ça se récite, ça se déclame, ça se ressent, ça se chante… Il y a tant de musicalité dans un poème et il y a autant d’interprétations que de lecteurs. Poèmes à dire comme tu voudras se présente comme un jeu, avec 22 poèmes, des pistes d’interprétation proposées, des bandes-son à télécharger depuis un flashcode et un carnet de lecteur pour noter ses idées.
Alors découvrez la poésie autrement et en jouant !

Pour les passionnés  :

 

Jury du Prix des lecteurs de Levallois 2017, mission accomplie !

14 Mar

Dimanche 26 février 2017, notre intrépide jury s’est réuni pour la dernière fois, au pied de la scène sur laquelle a été remis le Prix des Lecteurs de Levallois 2017.  « Un élu, huit gagnants », a rappelé en introduction la journaliste Karine Papillaud devant une salle comble, avant de présenter chacun des 9 romanciers sélectionnés pour le prix 2017.  Puis, au terme d’un suspense sans pitié :-), le nom du lauréat a été dévoilé par Yasmina Khadra, président de la 6ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois : Jean-François Roseau pour son roman, La chute d’Icare, publié aux éditions de Fallois.

Mais revenons sur les minutes qui ont précédé l’annonce du lauréat 2017. Au premier rang face à la scène, sont assis 12 jurés, le visage grave, le regard attentif, conscients de l’importance de la mission qu’ils ont menée pendant des mois et dont le point d’orgue est le « couronnement » du livre élu (et de son auteur) aujourd’hui.

Sur le podium, Sophie Perrusson, directrice adjointe de l’Action culturelle de la Ville,  rappelle le rôle de La Médiathèque dans l’organisation du Prix des Lecteurs de Levallois et dans l’accompagnement de ce jury  tout au long du processus, des premières discussions post-lecture au vote final. Puis les neuf auteurs sont appelés sur scène et s’installent en arc de cercle face au public. Sourires, bras croisés ou mains dans les poches, tous semblent sereins, mais on a du mal à imaginer que ne se cache pas là-dessous un peu d’émotion ou d’impatience avant l’annonce du résultat… Quant à nos 12 jurés, ils continuent à veiller d’un œil tendre et admiratif sur ces 9 auteurs, qu’ils ont lus, aimés, critiqués, encensés et défendus. Et parmi lesquels ils ont, au terme d’un scrutin riche en surprises,  élu un vainqueur…

photos-remise-des-prix-selectionnes-prix-des-lecteurs-de-levallois-2017 (Flickr Ville de Levallois-nouvelle fenêtre)

Toutes les photos du Salon du Roman Historique de Levallois sont à retrouver sur Flickr (Service photo de la Ville de Levallois)

– Vous n’êtes pas dans l’ordre de mes petites fiches, plaisante la journaliste.

Neuf romanciers, neuf romans

Frédéric Gros commence avec Possédées, qu’il décrit comme « un roman sur une  intensité historique », soit l’histoire d’une machinerie judicaire très compliquée autour d’une possession à l’époque de la contre-réforme. Françoise Cloarec explique que dans L’indolente qui raconte l’histoire d’un couple, Pierre et Marthe Bonnard, elle a « entrecoupé ce livre de scènes où [elle] invente,  un moyen de dire ce qui se passait entre eux et de ne pas dénaturer leur histoire ». Niels Labuzan explique que Cartographie de l’oubli est « un roman sur l’Histoire et sur comment on la raconte » mais c’est aussi un premier roman qui mêle le thème métaphysique de l’oubli au récit de la colonisation du Sud-Ouest africain par l’Allemagne. Vient ensuite Michel Bernard avec Les deux remords de Claude Monet, « un livre parti d’une intuition », explique-t-il, selon laquelle Monet aurait eu deux remords, ce qui donnait le cadre dramatique du roman. Jean-Paul Delfino, quant à lui, est parti d’un fait historique pour écrire Les pêcheurs d’étoiles, racontant une nuit de soûlographie salutaire où ses héros Satie et Cendrars arpentent le Paris des années 20. Yannick Grannec présente ensuite Le bal mécanique, son deuxième roman qui, dit-elle avec un sourire,  » pour faire prétentieux, est une course à la modernité sur un siècle », mais qui est avant tout une histoire de famille et de quête des origines.

Elle passe ensuite le micro à son voisin qui n’est autre que le lauréat, Jean-François Roseau.

Précisons ici qu’à ce stade du déroulé de la cérémonie de remise du prix, seuls quelques happy fews connaissent le résultat du scrutin, dont évidemment nos 12 jurés qui ont gardé le secret des délibérations depuis  leur dernière rencontre. Sur leurs visages impassibles, aucun indice ou tressaillement particulier : le silence total sur le résultat fait partie des clauses de leur mission et nos jurés ont montré depuis la première seconde qu’ils ont à coeur de tenir leurs engagements…

Jean-François Roseau prend  la parole : La Chute d’Icare est son deuxième roman. Mais si le livre est né d’un souvenir personnel puisque c’est son grand-père qui, le premier, lui a parlé de ce fameux Albert Préziosi, le jeune auteur nous dit :

La chance d’un écrivain quand il s’attaque à un roman historique, c’est qu’il y a énormément de brèches dans les personnages.

Éric Faye poursuit avec  Éclipses japonaises, une histoire de Japonais, plaisante-t-il mais surtout « une histoire de disparitions, une affaire qui a eu lieu entre les années 70 et maintenant… », laissant en bon romancier planer le mystère sur des énigmes non résolues et des disparitions encore possibles… Négar Djavadi terminera ce tour de scène en expliquant la genèse de Désorientale : un livre né de « l’envie de raconter une histoire, de raconter une saga familiale dans cet Iran assez méconnu qui est celui des années 70, 60 et auparavant… »

Et le gagnant est …

Tandis que les auteurs regagnent leurs places, la représentante du jury 2017, accompagnée et couvée du regard par ses confrères et consoeurs jurés, monte alors sur scène et parle de leur aventure commune, avec ses découvertes, ses péripéties et ses retournements. Bref la vie d’un jury…  Il y a eu des cris et des larmes ? Presque… admet-elle, ce que vous n’aviez certainement pas manqué de constater en lisant la saga de leurs aventures sur Liseur.

On ne s’y attend pas mais chacun a envie de porter son coup de coeur, de le défendre jusqu’au bout. Et tout ca dans une très bonne entente.

Sur scène, notre jurée est entourée de Stéphane Decreps, adjoint au maire à la culture de la Ville de Levallois et de l’écrivain Yasmina Khadra. Le premier insiste sur la place privilégiée faite au livres et aux auteurs à Levallois parce que « c’est sur le travail que font tous les auteurs que se façonnent l’esprit et la réflexion, bases de la démocratie ».  Le président de cette 6eme édition du salon ironise sur la fonction et le caractère parfois inamovible de la fonction présidentielle mais il redevient sérieux quand il évoque  « cette grande communauté de lecteurs et d’écrivains, la plus belle des familles ».

À la question, un prix de lecteurs, c’est important, l’écrivain répond :

On aime un livre parce qu’il nous touche un peu plus qu’un autre et je trouve que le lecteur est toujours sincère, il va vers ce qui est beau et juste. Et c’est ce qui l’honore.

Puis l’écrivain s’avance vers les livres, sa main plane un moment au-dessus des neuf ouvrages sélectionnés, tenant le public en haleine.

– Où est-ce qu’il est d’abord ce livre ? Il n’est pas là, plaisante-t-il, jouant sur la tension de ce moment de pré-révélation…

Quelques cœurs sont en suspens avant qu’il finisse par saisir le lauréat (l’ouvrage pas l’homme !:-) en le tendant à bout de bras :

– Le voici, et je m’excuse pour les autres,

Jean-François Roseau avec son roman La Chute d'Icare Prix des lecteurs de Levallois 2017Jean-François Roseau remonte alors sur scène, accompagné d’applaudissements. Il serre la main des officiels, il sourit, il remercie avant de se voir récompensé d’un chèque de 2000 euros, dotation offerte par le partenaire du salon, la société So Ouest.

Il semble ému, « merci infiniment », il évoque la sincérité des lecteurs, avant de parler de son prochain roman, celui auquel il travaille déjà.La chute d'Icare de Jean-François Roseau (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Après de nouveaux applaudissements, la salle se vide. Jean-François Roseau va aller signer des dédicaces sur des livres désormais auréolés d’un bandeau jaune Prix des lecteurs de Levallois 2017.

La fin d’une aventure collective

Les jurés se séparent, la plupart vont aller à la rencontre des auteurs qu’ils ont lu et de tous ceux qu’ils veulent découvrir, nul doute qu’ils sauront parler de leur plaisir de lecteurs à chacun des auteurs de la sélection et sous le sceau du secret, peut-être leur confieront-ils :

Vous étiez mon préféré…

Nous voici donc parvenus au terme de cette fascinante aventure dont les héros, 12 jurés et 9 romans ont, le temps d’une saison, mis le roman historique à l’honneur. Merci à ce jury 2017, qui, comme ceux des précédentes années, nous a émerveillé par sa qualité d’écoute, de dialogue, d’analyse, mais aussi par sa générosité, sa complicité, sa sincérité et sa totale implication en littérature. Toutes nos félicitations et notre admiration vont évidemment à Jean-François Roseau ainsi qu’aux huits autres romanciers sélectionnés : grâce à eux tous, nous avons vécu des moments historiques et mémorables avec le jury 2017.

Comme le veut la tradition de cette saga du Prix des lecteurs de Levallois, le mot de la fin revient aux jurés. Voici ce qu’ils avaient dit, il y a quelques mois,  du roman primé :

Une très belle surprise

Nul doute que cette expression s’applique à chacun des neufs romans de la sélection 2017  !

Liseur remercie tout particulièrement les 12 jurés 2017 pour leur participation active à la réalisation et à la production de la saison 3* de la saga du Jury du Prix des Lecteurs de Levallois  : inspiration, mise en scène, dialogues, décors et costumes 🙂

* Saisons précédentes  en 2015 et 2016.

Focus sur une destination : les Îles éoliennes

9 Mar

Oubliez le quotidien un peu gris et pluvieux… et pensez à des paysages envoûtants et fascinants qui semblent arrêtés dans le temps… Je vous invite à découvrir un archipel de sept îles face à la côte Nord-Est de la Sicile.Vous avez trouvé où nous allons ?  Je vous donne des pistes : Lipari, Vulcano, Stromboli, Panarea, Salina, Filicudi, Alicudi. Embarquons pour les îles Éoliennes inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco en 2000.

Leur formation remonte à l’époque ou la mer Tyrrhénienne a vu surgir de ses abimes profonds de 1000 à 3000 m, des terres volcaniques dont seule une infime partie est restée émergée.

Lipari

Je vous emmène tout d’abord sur Lipari. Habitée depuis l’Antiquité, sa citadelle fut d’abord grecque et se fit connaitre pour son or noir, l’obsidienne. Cette roche volcanique  était autrefois l’un des matériaux les plus précieux car il servait à la réalisation d’objets tranchants. Lipari est également célèbre pour  la pierre ponce, cette pierre spongieuse si légère qu’elle peut flotter.

En 1544, le pirate Barberousse pilla totalement un hameau de l’ile et emmena les survivants pour les vendre comme esclaves en Afrique. Après cette incursion, les espagnols sous Charles Quint (16ème siècle) décidèrent de renforcer la muraille du château pour mettre fin aux assauts des pirates. On y retrouve donc des influences grecques et espagnoles.

Vulcano

Partons maintenant pour Vulcano, c’est sur cette île que la mythologie grecque situe les forges d’Héphaïstos (Vulcain pour les Romains) forgeron et dieu du feu qui avait pour ouvriers les Cyclopes. Cette terre était la demeure du dieu des vents Eole et servit d’escale à Ulysse.

Le volcan est toujours actif comme celui de Stromboli et lance vers le ciel à intervalles réguliers des projections de lapilli et de laves incandescentes. On peut apercevoir les fumerolles et les jets de vapeur, autant sur le sommet que dans la mer.

Et, la présence de boue et de sources sulfureuses sont recherchés pour leur bienfaits thérapeutiques.

Stromboli

stromboli-volcanPoursuivons ce voyage par Stromboli, qui évoque immédiatement  le film de Roberto Rosselini avec Ingrid Bergman sorti en 1950.

Stromboli possède un cône de 900m aux bouches constamment éruptives. C’est l’un des volcans les plus célèbres au monde et le seul qui soit en constante activité depuis plus de 2000 ans.

 

Pour une découverte des ces îles en film :

Pour un voyage en lecture :

 

 

 

 

 

 

  • Les malavoglia de Giovanni Verga (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Les Malavoglia de Giovanni Verga (nouvelle fenêtre) : à travers la tragique histoire d’une famille de paysans, les Malavoglia, l’auteur met en scène un petit village sicilien, avec ses problèmes, ses joies et ses coutumes bien particulières.

 

 

Et pour préparer vos prochaines vacances…

 

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Recommandations avant de partir

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