Une année au théâtre

3 Sep

A l’heure où les théâtres entament leur nouvelle saison, la Médiathèque de Levallois décrypte pour vous la programmation de cette année 2013 et vous offre une sélection des pièces, opéras et autres ballets  programmés dans les théâtres parisiens.

 Les arts se sont toujours nourris les uns des autres et le spectacle vivant n’échappe pas à la règle. Espace de création incessant, il compose, décompose et recompose sans cesse les textes en tissant des liens parfois évidents et parfois plus discrets entre des œuvres de différents types. Cette saison encore de nombreuses œuvres théâtrales revisitées et adaptations de romans sont au programme, alors venez (re)découvrir les textes pour mieux profiter des représentations !

* Le théâtre sans dessus-dessous

 Pour bien commencer la saison, la troupe du théâtre de la Ville propose, au théâtre des Abbesses, Ionesco suite, spectacle mêlant des extraits des différentes pièces d’Eugène Ionesco, de la célèbre Cantatrice Chauve au plus méconnu L’Avenir est dans les œufs. Cette  véritable recomposition de l’œuvre du dramaturge souligne l’humour et l’absurde qui se dégage de ses pièces sans éclipser les interrogations, parfois angoissantes, autour de l’existence.

Le théâtre se laisse aussi parfois réinventer par la danse. C’est le cas de Mademoiselle Julie d’August Strindberg, un classique du théâtre suédois, chorégraphiée par Brigitt Cullberg. La pièce  écrite à la fin du xixè siècle met en scène une fille d’aristocrate et un domestique dans un huis clos oppressant où les rôles peu à peu s’inversent.  Le ballet, créé lui en 1950, est une belle illustration de la danse moderne de cette époque et est joué à partir du 21 février à l’opéra Garnier.

Au théâtre de l’Odéon la saison s’achèvera avec adaptation surprenante de Cyrano de Bergerac, célèbre pièce d’Edmond Rostand. Le metteur en scène choisit ici de faire évoluer son Cyrano – interprété par Philippe Torreton –  dans un hôpital psychiatrique et créé ainsi sa propre version de ce monument de la littérature française.

Par ailleurs, pour ceux qui ne connaissent pas les œuvres du véritable Cyrano de Bergerac, auteur du xviiè siècle tombé en désuétude et qui ne doit la postérité de son nom qu’à Rostand, voilà une bonne occasion de vous y plonger.

* Des romans sur les planches

Il n’y a pas qu’au cinéma que l’on adapte des romans. La Dame aux Camélias en est la preuve puisque l’opéra de Paris donne en représentation, en ouverture et fermeture de la saison, deux œuvres inspirées du célèbre roman de Dumas fils. Dès le 21 septembre on peut découvrir au Palais Garnier une version de ce texte dansée par le ballet de l’opéra de Paris sur une musique de Chopin. A l’opéra Bastille c’est donc la saison qui s’achève avec La Traviata, illustre opéra de Verdi dont on ne sait pas forcement qu’il est, lui aussi, inspiré par ce roman.

Les amoureux de Marguerite Duras seront gâtés avec deux adaptations de ses œuvres. Un barrage contre le pacifique,  roman en partie inspiré de l’enfance de l’auteur en Indochine, sera joué au théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet dans une mise en scène de Juliette de Charnacé, avec, entres autres, deux jeunes acteurs ayant déjà fait leurs preuves au cinéma : Nicolas Duvauchelle (Les corps impatients de Xavier Giannoli  , Polisse de Maiwenn… et Lola Créton (Un amour de jeunesse de Mia Hanssen Love…). Ce texte, premier grand succès de l’auteur, est toujours l’objet d’adaptations cinématographiques. La dernière en date est celle du réalisateur franco-cambodgien Rithy Panh avec Isabelle Huppert dans le rôle principal.

Roman plus tardif et moins connu La maladie de la mort,  sera joué à la Comédie Française dans une mise en scène de Muriel Mayette. Quelques temps après l’écriture de ce récit Marguerite Duras tenta d’en écrire une adaptation théâtrale. On peut d’ailleurs apprendre dans La pute de la côte normande, les conditions qui entourèrent cette tentative et les rapports qu’elle entretenait alors avec son jeune amant Yann Andrea Steiner.

Il arrive parfois que l’adaptation soit plus connue que l’œuvre qui l’inspira. Madame Butterfly, opéra de Puccini est sans conteste l’une des œuvres lyriques les plus populaires mais ce que l’on sait moins sont les sources d’inspiration du compositeur. Puccini s’est principalement inspiré d’une nouvelle du même nom signé John Luther Long, mais il est à noter que cet opéra n’est pas sans rappeler un autre texte : le roman Madame Chrysanthème de Pierre Loti sorti quelques vingt ans auparavant et qui connu à l’époque un franc succès.

Voilà donc quelques pistes de lecture pour vous faire patienter jusqu’aux premières.

Bonnes lectures et bonnes représentations !

Fanny P.

 

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