Un défenseur de l’Europe, Stefan Zweig

15 Juin
Qui ne connait pas Stefan Zweig ? Né en 1881 à Vienne, c’est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien.

Stefan Zweig fit partie de la fine fleur de l’intelligentsia juive viennoise, avant de quitter son pays natal en 1934 en raison de la montée du nazisme. Ardent pacifiste, la guerre lui inspira de violentes protestations que l’on retrouve dans Ivresse de la métamorphose.
Réfugié à Londres, il y poursuit une œuvre de biographe avec Joseph Fouché, qui fut brulé en autodafé dès 1933,  Marie-Antoinette puis Marie Stuart. Il est surtout l’auteur de romans et nouvelles qui ont conservé leur attrait près d’un siècle plus tard : Amok, La Pitié dangereuse, La Confusion des sentiments, 24heures dans la vie d’une femme.


Le Monde d’hier sous-titré Souvenirs d’un Européen est une autobiographie commencée en 1934.  Il envoya à son éditeur ce manuscrit,tapé par sa seconde femme,  un jour avant leur suicide commun : le livre  parut en 1944. Chroniqueur de l’âge d’or européen, Zweig évoque avec bonheur sa vie de bourgeois privilégié dans la Vienne d’avant 1914 et celle de quelques grandes figures qui furent ses amis: Schnitzler, Rilke, Romain Rolland, Freud ou Valéry. Mais il donne  à voir  le formidable bouleversement des idées qui suit la Première Guerre mondiale, la montée du nationalisme puis l’arrivée au pouvoir de Hitler, l’horreur de l’antisémitisme d’Etat et, pour finir, ce qu’il appellera « le suicide de l’Europe ».
« J’ai été témoin de la plus effroyable défaite de la raison », écrit-il. Analyste de l’échec d’une civilisation, Zweig s’accuse et accuse ses contemporains. L’inquiétude morale ne cessera de le ronger, et de saper en lui toute stabilité. Il espère trouver la paix de l’esprit au Brésil, mais c’est en vain : le 22 Février 1942, il ingère des médicaments, et sa femme le suit dans la mort.

Retrouvez les derniers instants de ce  grand écrivain humaniste dans l’ouvrage que lui a consacré  Laurent Seksik qui mêle réalité et fiction : les derniers jours de Stefan Zweig

Zweig, génie de la psychologie, avait l’art de suggérer par un geste, un regard les tourments intérieurs, arrière-pensées, et explorait les abîmes de l’inconscient.
Mais, avec le recul du temps, la lucidité de son testament intellectuel frappe le lecteur d’aujourd’hui, de même que l’actualité de sa dénonciation des nationalismes et de son plaidoyer pour l’Europe.

Pour aller plus loin : l’article Lire Zweig pour croire encore à l’Europe de Jérome Segal sur Nonfiction.fr ou sur la Médiathèque numérique le film Juste avant l’orage qui donne l’atmosphère de ce Monde d’hier.

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