La faute au Midi, les détails d’un scandale d’Etat

15 Sep
Cette histoire m’a été racontée par la bibliothécaire de Cuges, petite ville des Bouches-du-Rhône, que je salue au passage. Nous déplorions le régionalisme de mauvais aloi, qui nous emmène encore et toujours vers des excès sémantiques déplacés, ridicules parfois xénophobes : les Bretons seraient entêtés, les Normands indécis, les Auvergnats radins et les Provençaux… excessifs et fainéants !

Cette mauvaise réputation a d’ailleurs marqué profondément notre histoire et le début de la guerre de 1914 : les 20 et 21 août 1914, campagne de Lorraine, les soldats provençaux et corses du XVe corps d’armée sont lancés dans une offensive violente et mal préparée par l’Etat-major. C’est une véritable hécatombe : 10000 jeunes gens sont massacrés sans avoir même pu se défendre et Joffre, chef d’état-major, pour se dédouaner devant le gouvernement, les utilise comme bouc-émissaires et fait porter l’échec de la bataille à « leur manque de courage ».

Une véritable cabale politique explose !

A l’occasion des commémorations de la guerre 14, la ville d’Aix-en Provence et le Conseil général des Bouches-du-Rhône permettent à Jean-Yves Le Naour, historien de la Grande Guerre (que nous avons eu le plaisir de recevoir à la Médiathèque  en mai dernier) de mettre au point une exposition « La faute au midi, soldats héroïques et diffamés » afin de mettre en lumière les faits, dans un esprit didactique et, peut-être, un peu aussi, d’honorer la mémoire de ces jeunes soldats.

Cette très bonne BD, écrite par le même Jean-Yves Le Naour, illustrée par A. Dan et Sébastien Bouet a vu le jour dans la foulée : l’intelligence de la narration, l’art de la synthèse et de l’ellipse propre à la BD en font un témoignage qui nous donne envie de crier à l’injustice.

Cet événement capital pour la suite de la guerre est moins connu du grand public et probablement moins reluisant que la Bataille de la Marne. Il n’est pas sans me rappeler d’autres actualités plus proches de nous, souvent moins graves bien sûr, « l’esprit de clocher » exacerbé à des fins politiques reste probablement le pire de la République.

Alors, à mon tour, je vous conseille vivement la lecture de cette passionnante bande dessinée. Et pour aller plus loin, visitez Levallois 14

Quant à moi, c’est promis, je ne traiterai plus jamais mon mari d’entêté !

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