Le Jury du Prix 2015 des lecteurs de Levallois, le temps de la complicité

19 Déc
Vous avez déjà entendu parler d’eux : 12 jurés réunis pour déterminer qui sera le lauréat du Prix des lecteurs du salon du roman historique 2015. Sachez que depuis le 16 octobre dernier, ces 12 jurés ont lu plus de 1200 pages.  Et ce jeudi 11 décembre 2014, à la nuit tombée, bravant la pluie et l’envie de dîner, tous étaient  présents pour échanger sur leurs premières lectures.  Liseur était là.

La première chose qui frappe à nouveau c’est leur détermination :  ponctuels, leur devoir de lecteur fait, sourire aux lèvres. Douze jurés contents d’être là. De se retrouver. Car une complicité s’est installée, perceptible dans les mains serrées, les affinités naissantes et l’aisance des attitudes. Il est étrange de se dire que cette proximité est d’origine livresque.

Aucun des romans lus n’est vraiment historique mais il y a à chaque fois une bonne description du contexte, dit l’un. Frémissements autour de la table, car vient d’être abordée la question de fond, celle de la définition du roman historique.

Où commence et surtout jusqu’où va l’Histoire dans un roman historique ? Quelle place doit-elle prendre ? L’Histoire peut-elle être contemporaine, et le roman être la peinture d’une société très proche de nous ? Et quelles que soient ses limites chronologiques, l’Histoire n’est elle que sous bassement spatio-temporel d’une intrigue, ou véritable sujet du livre ?

Les débats commencent (en toute bonne humeur et courtoisie).

Douze hommes en colère

Liseur tend l’oreille, vite emporté par l’enthousiasme des jurés :  je l’ai lu en quatre jours, c’est mon coup de cœur, j’avais hâte de tourner la page, c’est le livre que j’ai lu avec le plus de facilité. Et si il est arrivé qu’un des livres leur tombe des mains, certains s’y sont repris à quatre fois avant d’abandonner. Quelques uns ont utilisé leur joker : on était pas obligé de finir, non ? D’autres n’ont pas pu dépasser  la troisième page, presque gênés d’avoir fait cette traîtrise à l’auteur.  Moi j’ai été hyper décue, dit une lectrice d’une voix forte. Une autre reconnait que la 4e de couv ne l’avait pas du tout convaincue, mais qu’à la lecture, ça a été une bonne surprise. 

Nos jurés savent être sévères : des personnages vides, pauvres par rapport aux promesses, des clichés, des clichés ! On voit vite ou on veut en venir …  Ce regard critique n’empêche pas de respecter le travail de l’auteur : une belle tentative pour restituer la vacuité, un concept intéressant, cet auteur sait raconter une histoire. Et une fine analyse des textes : l’un souligne un décalage entre la personnalité du narrateur et le type d’écriture choisie pour ce personnage, l’autre a buté sur le contraste entre des descriptions très bien écrites et des dialogues creux. Certains sont allés vérifier les informations :  les faits sont-ils véridiques ? Les détails crédibles pour l’ époque ? Tel roman donne envie d’en savoir plus et concernant un autre, après vérification tout est exact. Mais certains jurés n’y retrouvent rien de ce qu’ils savent de ce temps ou lieu.

Se laisser porter par l’Histoire

Autour de la table, il est question de poésie sensuelle, d’écriture musicale, d’une écriture puissante lourde et foisonnante pour faire émerger des sentiments contradictoires, d’une langueur donnée par le rythme des mots… Liseur se délecte, touché par ces témoignages de sensibilité à l’écriture. Puis on se met à comparer : on cite Houellebecq, Maupassant, Gide. Le bibliothécaire qui sommeille en moi ronronne de plaisir. Sursaute quand il entend écriture administrative et laborieuse. Puis referme les yeux sur un si on accepte d’oublier ses repères, on se laisse bercer.

Moment de mélancolie autour de la table : certaines lectures ont ravivé des souvenirs, des jeunesses, des histoires de vie. La magie de l’écriture a opéré, rendant émouvante la délicieuse possibilité de s’identifier à des personnages, des histoires ou des époques …

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Avant de se quitter, un premier tour des intentions de vote : un des titres se distingue dans cette première sélection, mais n’ayez crainte, tout peut encore basculer 🙂

Le mot de la fin : un livre comme une expérience culturelle. Pour nous chez Liseur, chaque partage de lectures  est une expérience humaine incomparable.

Avez-vous lu l’épisode 1 de la saga du Prix 2015 du roman historique des Lecteurs de Levallois ?

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  1. Et si vous deveniez juré de prix littéraire ? | Liseur - 14 septembre 2016

    […] BONUS : pour avoir une idée de comment se passent les réunions, les débats et les délibérations, tous les détails sont sur Liseur avec La saga des jurés du Prix des lecteurs de Levallois 2016 ou encore Le jury du Prix des lecteurs de Levallois 2015. […]

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