Le jury du Prix des lecteurs de Levallois 2015, le temps de la consécration

13 Mar
Dimanche 8 mars 2015, 17 heures 30, était révélé au grand jour le nom du lauréat du Prix des lecteurs 2015 : Jean Mattern. Depuis quelques jours, son nom circulait dans les pensées de tous les jurés : après une soirée de discussion et un vote fougueux, son roman Septembre avait été choisi le jeudi précédent. Tous avaient promis de garder le silence sur une délibération restée secrète jusqu’à la fin de ce bel après-midi dominical et ensoleillé.

Rappelons que huit romans étaient en lice pour ce prix, tous riches et plein de promesses, historiques, ou un peu moins, et que départager les livres candidats  a été une tâche livresque et ardue. Vifs mais jamais houleux, passionnés mais jamais cristallisés, les débats ont permis de porter aux nues, et sur le podium, un auteur et son roman :

Jean Mattern Septembre gallimard

Un secret bien gardé

Peu avant 17 heures 30, les  jurés se sont retrouvés devant la porte de la salle des Mariages où le Prix 2015 allait être dévoilé. Certains s’embrassent, d’autres se serrent la main. Des sourires, des rires, la complicité née au cours des réunions s’est renforcée au fil des affinités et des lectures. Plus tôt dans la journée,  la plupart sont allés rencontrer les huit auteurs de la sélection, et ils ont eu le plaisir de se faire dédicacer les exemplaires des romans qu’ils avaient reçus pour leur devoir de lecture, des livres lus, relus, parfois écornés. Il n’est pas certain que tous se soient fait connaitre des auteurs en tant que membres du jury, discrétion de lecteur oblige…

Sous les plafonds mythiques de l’Hôtel de Ville, les jurés ont aussi fait d’autres rencontres : quand 110 écrivains et leurs œuvres sont présents dans un salon, il y en a pour tous les âges et pour tous les goûts. En cette journée historique (de la femme et du roman), les jurés ont assisté à plusieurs cafés littéraires, deux des échanges étaient notamment consacrés aux femmes « de et dans l’Histoire », et beaucoup sont allés écouter Jean Mattern quand il est intervenu au cours de la rencontre Histoire autour du monde.

Tout le long de cet après-midi, à part le lauréat (la coutume en matière de prix littéraire est de prévenir le gagnant auparavant, sans doute de sorte qu’il ne tombe pas dans les pommes en apprenant la bonne nouvelle), donc à part le lauréat, les douze membres du jury et les organisateurs du salon, le verdict était tenu secret.

douze hommes en colère

Et nos jurés étaient restés incorruptibles, muets devant les pressions, que ce soit de leur moitié, de leur descendance ou ascendance directe (notons que les belles-mères ont été à nouveau citées à propos de « pressions », ce qui tendrait à prouver qu’il existe un lien fort entre le genre historique et la belle-mère, sujet de réflexion qui fera l’objet d’un article un de ces jours) ou encore des tentatives d’intimidation de la presse littéraire …

Je n’ai rien dit à personne, affirme l’une. Rien n’a filtré.

Le prix d’une découverte

Maintenant, les voilà tous assis sur les banquettes de velours rouge du premier rang, attendant le moment où sera révélé publiquement l’auteur primé. La salle est comble,  et au milieu des spectateurs sont assis les huit auteurs sélectionnés. Parmi eux, UN seul lauréat… Sur la scène, la journaliste Karine Papillaud, maîtresse de cérémonie, est entourée de Sophie Perrusson, directrice de la Médiathèque de Levallois qui organise le Salon du Roman Historique, de Stéphane Decreps, adjoint au Maire délégué à la culture, chargé de la remise de la récompense offerte par So Ouest, et de l’écrivain Daniel Picouly. C’est à ce dernier, président du salon 2015,  que revient l’honneur de révéler le nom du vainqueur : Jean Mattern.

Applaudissements. Les discours s’enchaînent. Historiques, admiratifs, élogieux, littéraires, tous sincères et forts.

La porte-parole du jury s’avance : elle parle d’une voix claire et explique cette expérience de juré que tous ont qualifié d’unique, enrichissante, généreuse en découvertes et en échanges. Elle raconte les réunions, l’ambiance, les discussions, l’écoute, le respect, les influences et les points de vue qui se sont enrichis les uns des autres. Elle fait l’éloge du livre choisi mais aussi des sept autres, dont elle souligne la qualité et par conséquence, le dilemme auquel les jurés ont été confrontés lors du vote.

Quand Jean Mattern prend la parole, il raconte la genèse de son livre. Il parle de son travail d’écrivain, il remercie pour ce prix. Il semble ému. Tout en discrétion, en finesse et avec une pointe d’humour. Il a une pensée pour sa famille qui le soutient dans son travail d’auteur :

Ce n’est pas toujours facile d’avoir un papa écrivain, confie-t-il.

On n’en saura pas davantage sur lui. L’important c’est ce livre et comment il est né dans son esprit.

Photos de la remise du prix 2015

© Ville de Levallois

Après la lecture d’un extrait par Daniel Mesguich, la cérémonie prend fin. Tous se lèvent, un soupçon de nostalgie passe sur les visages de nos jurés. Ils voudraient déjà recommencer :

Est-ce qu’on peut postuler pour l’année prochaine ?

L’expérience d’un hiver s’achève. Quand les jurés reçoivent chacun un sac contenant un petit cadeau, ils sont touchés :

Mais vous nous avez déjà beaucoup gâtés !

On se sépare avec peine, on se quitte un peu triste, comme au lendemain d’une fête. Il reste encore dans les têtes les phrases qui résonnent, la musique des mots, et des atmosphères. Un parfum d’Histoire…

A présent,  il reste un livre à (re)lire, et pas des moindres : Septembre de Jean Mattern.

Lisez-le :  ce sont nos jurés qui en parlent le mieux:-)

  • Roman d’une écriture agréable qui mêle l’histoire d’un journaliste qui couvre les JO de Munich de 1972 et la prise d’otage de la délégation israélienne.  […] un regard romancé qui évoque une passion entre 2 journalistes.
  • Un bon roman historique. Une lecture agrémentée par la relation chaotique entre deux hommes, suiveurs de l’évènement. Un auteur discret qu’il convient de mieux connaître.
  • Un roman qui raconte l’attentat aux Jeux Olympiques de 1972 et un coup de foudre amoureux qui se veut une histoire d’âme.

Et, une fois n’est pas coutume*, le mot de la fin revient à l’auteur Jean Mattern :

Je lui souris à nouveau et je pensai que je porterais cette histoire en moi pour le restant de mes jours.

Septembre avec bandeau Prix des lecteurs 2015

* Jusqu’à présent, notre jury a toujours eu le mot de la fin de ces articles. Retrouvez-les dans la saga du jury du Salon du Roman Historique 2015 avec 4 épisodes : le jury du Prix du roman historique des Lecteurs de Levallois , le temps de la complicité, le temps des hésitations, et le temps du choix.

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