En passant

Le coin de la Médiathèque d’avril se penche sur Les Années folles

10 Avr
Le coin de la Médiathèque du mois d’avril a pour thème les Années folles : 1925. Découvrez notre sélection de livres sur cette période où se mêlent créativité, euphorie, frivolité ; un déferlement d’avancées dans les arts, le sport, la mode et les loisirs, interrompu par la crise de 1929. Ne manquez pas de lire l’article consacré aux Années folles sur ce blog. Nous vous invitons également à la conférence de Marie Le Gouellec le samedi 11 avril 2015 à la médiathèque Gustave-Eiffel.
Kiki de Montparnasse

Kiki de Montparnasse

Kiki de Montparnasse de Catel & Jean-Louis Bocquet

Un dos nu de femme à la tête enturbannée, avec au creux des reins deux ouïes. Cette mythique photo de Man Ray, Le violon d’Ingres, s’imposa comme l’image emblématique du surréalisme photographique. Mais qui était son modèle ?

Il s’agit d’Alice Prin, dite Kiki de Montparnasse, jeune femme au destin incroyable qui était alors la compagne de l’illustre photographe. Mais elle fut bien plus que cela : muse, égérie de tout un milieu artistique, les Montparnos, qui œuvraient à Paris dans les années 1920, et dont elle côtoya les principales figures : Pascin, Soutine, Modigliani, Hemingway, Kisling, Cocteau, Breton… Elle assista à l’éclosion du cinéma et fut tour à tour peintre, modèle ou encore chanteuse. C’est par le prisme de son regard que Catel et Bocquet nous font revivre l’effervescence créatrice de l’époque avec un roman graphique de haute tenue, au souffle romantique puissant. Un album porté par la grâce, le dessin de Catel se montrant tout à la fois sensuel, tourmenté et contemplatif. Au scénario, Bocquet a su recréer la vie de bohème des années 20, utilisant un langage qui fleure bon les années folles tandis qu’il effectue un choix judicieux dans les événements qui émaillèrent la vie de Kiki, femme libre sans attaches et sans tabous, qui vécut sa vie comme une rébellion joyeuse de chaque instant.

Le malentendu

Le malentendu

Le malentendu de Irène Némirovsky

Avec une grande lucidité, Irène Némirovsky, âgée alors de 23 ans,  livre avec Le malentendu son premier roman. Empreinte à la fois de légèreté et d’innocence, cette  intrigue amoureuse retranscrit avec beaucoup de maturité et de réalisme le basculement d’une idylle, confrontée au contexte social et psychologique du Paris des Années folles d’après-guerre. Ce premier texte préfigure l’immense talent de l’écrivain, habile à dépeindre les sentiments et la psychologie des personnages. Il fut cité comme « l’une des révélations de l’après-guerre »par de nombreux critiques.

Jean Patou : une vie sur mesure

Jean Patou : une vie sur mesure

Jean Patou, une vie sur mesure d’Emmanuelle Polle

Lorsque Jean Patou décède prématurément à l’âge de 49 ans en 1936, il est au faîte de sa gloire. En effet dans les années 20 et 30, il est, avec Chanel, LE couturier du marché de l’élégance féminine. Le succès et une renommée internationale fulgurante sont venus couronner un créateur de génie qui a su adapter la mode féminine aux évolutions sociétales.

L’historienne et journaliste Emmanuelle Polle a consacré plus de deux ans de recherche à cette monographie. Grace à l’ouverture des archives de la famille Patou, elle construit un ouvrage somptueux en trois parties : une première biographique, une deuxième sur le couturier et parfumeur du 7 rue Florentin, et enfin une dernière sur son succès international, notamment aux Etats-Unis. Chaque partie est illustrée de photos d’époque, de croquis de mode, de détails de tissus ou broderies, ou encore des flacons des parfums Patou. Ces images féeriques de robes de jour aux lignes épurées, de robes du soir étincelantes, de tenues de sport pratiques mais élégantes, ou de fourrures et chapeaux permettent de retracer parfaitement l’esprit des années folles.

 

La garçonne

La garçonne

La Garçonne de Victor Margueritte

Monique Lherbier, jeune fille de bonne famille, apprend que son fiancé la trompe. Elle décide alors de mener librement sa vie amoureuse avec des partenaires masculins comme féminins. Ecrit en 1922, ce roman délicatement érotique sort quatre ans après l’armistice, dans une France de veuves en noir, au moment même où le Sénat vient de refuser le droit de vote aux femmes. La Garçonne devient rapidement un succès éditorial sans précédent et mais aussi un énorme scandale… « La ligue des pères de familles nombreuses » suivie par la presse réactionnaire juge le livre pornographique et réclame des sanctions contre son auteur.

Cette France en deuil, conservatrice, obsédée par le péril démographique, est choquée par l’audace de la jeune héroïne : Monique ose des relations saphiques, cherche à s’émanciper de l’injustice morale qui domine les rapports de sexe et surtout assume d’être une femme avant d’être une épouse.

On ne lira pas la garçonne pour ses qualités littéraires mais parce qu’il a imposé cette nouvelle identité : l’archétype de la femme libérée de l’après-Première Guerre mondiale. Le roman est, aujourd’hui encore, le symbole de l’hédonisme au féminin des Années folles, de l’émancipation féminine, de l’inversion des genres mais aussi le miroir d’une société en quête de valeurs.

A NE PAS MANQUER  : dans le cadre de Variations littéraires, la conférence de Marie Le Gouellec samedi 11 avril à la médiathèque Gustave-Eiffel à 16 heures (entrée libre)

Le BONUS : Zoom sur les Années folles et Folles années en VOD  ainsi que l’effervescence musicale des Années folles sur Déclic Musique et un focus le monde du travail des années 20 : l’euphorie avant la tempête sur BREF.

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