Qui a peur des femmes photographes ? 1/2

18 Déc
Depuis le 14 octobre 2015 et jusqu’au 26 janvier 2016 se tient à Paris dans deux lieux différents, au musée de l’Orangerie et au musée d’Orsay,  une exposition sur la contribution des femmes photographes au développement et à l’évolution de la photographie de 1839 à 1945. Première du genre, cette exposition présente la relation singulière et évolutive des femmes à la photographie. Par leurs oeuvres inédites et révolutionnaires, les femmes photographes détournent les codes, influencent les plus grands, et s’emparent des scènes de vie, de guerre.

La 1ère partie au Musée de l’Orangerie couvre la période 1839-1919


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Lors de la première exposition des femmes photographes en France en 1901, qui présentait des photographes anglaises et américaines, Robert Demachy écrivait :

Cette exposition n’a pas grand caractère féminin, ici nous ne pouvions nous attendre à un dessin différent de celui du sexe anguleux. L’objectif banal étant du genre neutre, mais nous croyions y trouver quelque caractère spécial, il n’en est rien, et ce n’est pas pour nous déplaire.

A l’Orangerie nous déambulerons pour découvrir des femmes connues, reconnues, inconnues, d’autres oubliées. Arrêtons-nous un moment pour les découvrir :

  • Constance Talbot (1811-1880) et Anna Atkins (1799-1871)
    La première, femme du scientifique britannique William Henry Fox Talbot, lui-même photographe, assiste dans un premier temps son mari, avant de faire ses propres clichés,  la deuxième botaniste britannique, est considérée comme une des pionnières de l’utilisation d’images photographiques pour l’illustration d’ouvrages imprimés, notamment des herbiers.
  • Mary Dillwyn (1816-1906) : la photographie dite « domestique »
    Spécialisée dans les portraits de famille et des ses amis, Mary Dillwyn utilise le procédé de Talbot – son cousin par alliance – à savoir le négatif positif sur papier. Mais aussi, les études de fleurs et d’oiseaux, les photos en extérieur avec le charme de l’instantané. D’autre part, elle a sans doute été la première à capturer le sourire.

 

  • Lady Frances Jocelyn (1820-1880)
    Artistocrate britannique qui vivait à la cour de la reine Victoria, récompensée pour sa photo Interieur en 1865, notamment pour le défi technique réalisé.
Jocelyn_Interieur

@ Lady Frances Jocelyn, Interior, 1865

Mais aussi, les photographes françaises dont Céline Laguarde (1873-1961) faisant partie du mouvement pictorialiste, reconnue internationalement,  ou encore la britannique Julia Margaret Cameron (1815-1879) et ses portraits d’enfants et surtout des portraits de personnalités historiques, ou encore l’américaine Gertrude Käsebier (1852-1934) l’une des photographes les plus influentes, ayant ouvert la voie de la photographie professionnelle aux femmes. Alfred Stieglitz (1864-1946), célèbre photographe et marchand d’art américain disait d’elle qu’elle était « incontestablement la plus importante portraitiste photographe du moment ».

Dans un monde où parvenaient les premiers tremblements d’une profonde transformation sociale et culturelle, toutes ces femmes issues d’un milieu aisé, ont en commun une ambition artistique forte, un désir d’autonomie, d’émancipation sociale et économique qui jusqu’alors leur étaient interdit.

Retrouvez d’ici peu le catalogue de l’exposition à La Médiathèque.

PROCHAINEMENT DANS LISEUR :  la période 1914-1945 au Musée d’Orsay.

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