Limore Yagil raconte le sauvetage des artistes juifs

7 Jan

Dans le cadre des Rencontres de Liseur, La Médiathèque reçoit Limore Yagil pour une conférence intitulée « Au nom de l’art, 1933-1945 », le samedi 9 janvier 2016 à 16h à La Médiathèque de Levallois.

Qui est Limore Yagil ? Programmation de La Médiathèque (Nouvelle fenêtre)

Limore Yagil, née en 1961 à Haïfa en Israël et fille de diplomate, est une historienne d’expression française et naturalisée française. Bilingue, elle étudie à l’Institut d’études politiques de Paris, où elle obtient en 1992 un doctorat avec une thèse sur « L’homme nouveau et la révolution nationale de Vichy ». Elle s’installe à Paris en 2005 avec une bourse du gouvernement français pour effectuer une recherche sur le sauvetage des Juifs en France durant cette période et publie Chrétiens et Juifs sous Vichy aux éditions du Cerf. En 2010 et 2011, le Cerf édite le résultat de sa recherche en trois volumes intitulés La France terre de refuge et de désobéissance civile. Elle poursuit ses recherches, notamment sur les différentes modalités de sauvetage des Juifs en France et en Europe au temps de la Shoah, à l’université de Paris-IV Sorbonne et au collège des Bernardins.

La désobéissance civile : un thème récurrent dans son œuvre.

La désobéissance civile, qu’elle définit comme « la capacité des Français à désobéir aux lois » dans un contexte d’occupation allemande (article « De nombreux Français ont aidé des Juifs entre 1940 et 1944 »  dans La Croix du 28 juin 2012), revient comme un leitmotiv dans son œuvre.

Limore Yagil reprend l’hypothèse que :

ce sauvetage [des Juifs] n’est pas seulement dû à l’action héroïque de ceux qui sont entrés dans la Résistance mais est aussi le résultat de ce qu’elle appelle la « désobéissance civile » d’un grand nombre de Français qui, refusant de rester passifs devant ce qu’ils jugeaient comme inacceptable, ont agi en faveur des Juifs persécutés qu’ils rencontraient sur leur chemin.

De ce fait, selon elle

Les classifications « gauche et droite » n’ont aucun sens pour comprendre le phénomène du sauvetage, mais ce sont les attitudes individuelles qui étaient durant cette période exceptionnelles qui méritent de surcroît toute notre attention, non pas pour comprendre la situation des Juifs aujourd’hui, mais pour mieux comprendre le passé.

Propos extraits d’un article de la Tribune Juive du 24 novembre 2014.

Son dernier essai : Au nom de l’art

Catalogue de La Médiathèque (Nouvelle fenêtre)Dans son dernier ouvrage paru, Au nom de l’art, 1933-1945 – Exils, solidarités et engagements, Limore Yagil s’attache à décrire les réseaux artistiques qui se sont mis en place et qui ont permi de sauver de nombreux artistes juifs.

Dès les années 1900, Paris devient un foyer artistique très actif. De nombreux étudiants  sont fascinés par cette effervescence créatrice.  A partir de 1933, plusieurs vagues d’artistes juifs fuyant les persécutions, nouent des amitiés avec des artistes français qui vont perdurer pendant l’occupation et le régime de Vichy. L’auteur évoque les groupes d’artistes de Grasse, de Marseille ainsi que le groupe de Nice.

Sur 320 000 juifs en France en 1940, 75% ont eu la vie sauve, soit 220 000  qui ont survécu. C’est au nom de l’art qu’il y a eu toutes ces solidarités.

Après la libération, ce foyer artistique s’est déplacé aux États-Unis et plus particulièrement à New-York sous l’impulsion de mécènes et galeristes.

Cet essai de Limore Yagil est une somme, une synthèse sur le sujet, jusqu’à présent inexistante. Car de nombreux ouvrages ont été publiés sur les artistes mais par domaines : sur le cinéma pendant l’occupation, sur la littérature pendant et après-guerre, ou encore sur les artistes.

Catalogue de La Médiathèque (Nouvelle fenêtre)Catalogue de La Médiathèque (Nouvelle fenêtre)Catalogue de La Médiathèque (Nouvelle fenêtre)

Limore Yagil explore les recoins obscurs et donne une vision plutôt positive des Français à cette époque, contrairement à l’image laissée par d’autres publications. Elle met en évidence ce qu’elle nomme le « paradoxe » français. Rien n’est jamais tout blanc ou tout noir dans cet essai de Limore Yagil comme le souligne Jean-Paul Bled dans sa préface :

« Au total le grand enseignement de ce livre, s’il faut n’en retenir qu’un, c’est que l’histoire, pas plus cette période qu’aucune autre, ne s’écrit jamais en noir et blanc. »

Elle cite les actions d’artistes qui ont eu un rôle ambigu pendant la seconde guerre mondiale tels que Jean Cocteau, Alfred Cortot, Sacha Guitry et Arletty et qui pourtant ont sauvé des artistes juifs durant cette période.

  • Pour en savoir plus écoutez cette interview réalisée par la revue Transfuge du 11 juin 2015
Nous vous attendons nombreux samedi 9 janvier à la médiathèque Gustave-Eiffel !
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