Où David Bowie puisait-il son inspiration ?

22 Jan

La presse rend un hommage unanime à la disparition d’un artiste total,  une légende, ce 11 janvier 2016 : David Bowie, de son vrai nom David Robert Jones, né le 8 janvier 1947 dans un quartier populaire du sud de Londres. Gilles Verlant, un de ses biographes, disait de lui « Bowie est un mythe. » Musicien, peintre, acteur, chanteur, etc… et grand lecteur : j’aimerais évoquer ici la passion pour la lecture de cet artiste protéiforme.

Qui était Bowie ?

Vingt-huit albums, presque autant de personnages inventés. Tantôt femme, tantôt surhomme, plus souvent mutant, il a emprunté à tous les styles, pop, rock, folk, jazz, soul et même opéra… Il s’est imposé comme précurseur de l’électro ou de la new Wave. Il a tourné trente-huit films, prêté sa voix pour plusieurs dessins animés, a été peintre, producteur… dont deux productions historiques : Ray Power des Stooges et  Transformer pour Lou Reed.

Son dernier disque Black star  (chroniqué dans la Chanson du lundi sur le blog Déclic Musique) est sorti le jour de ses 69 ans. Sa dernière apparition fut dans la comédie musicale Lazarus (où il incarne le personnage de  Lazare, ressuscité par Jésus-Christ dans la Bible) tel un hommage rendu à son public, et où il semble avoir scénarisé sa mort …

Un artiste aux multiples talents

L’icône pop britannique, la star de Ziggy Stardust et Major Tom a été aussi influencé par les arts plastiques, notamment l’expressionnisme allemand  du début jusqu’à la fin de sa vie.

C’est en partie pour cette raison qu’il s’est installé à Berlin, de 1976 à 1978, où il réalisa trois de ses albums parmi les plus intéressants : Low, Heroes et Lodger. Il était aussi adepte du chef d’œuvre Metropolis de Fritz Lang et à beaucoup fréquenté les musées berlinois.

Il a été très proche du peintre Andy Warhol qui le fascinait, au point de l’incarner dans le film Basquiat de Julien Schnabel en 1996.  Il lui avait du reste déjà consacré une chanson, « Andy Warhol » dans l’album Honky Dory en 1971.

En 2015, l’exposition qui lui a été consacrée « David Bowie is… » a fait le tour du monde. Elle a été notamment accueillie du 3 mars au 31 mai 2015  par la Philharmonie de Paris, qui lui rend hommage en écrivant « David Bowie is not… any more  » (avec une vidéo best of de l’expo). Plus de trois cents objets étaient rassemblés pour retracer le parcours artistique d’un David Bowie touche à tout.

Un lecteur éclectique

Parmi tout ce bouillonnement artistique, n’oublions que le musicien était un lecteur vorace, friand de littérature anglo-saxonne, d’essais ou de romans-cultes. Voici quelques uns de ses livres préférés, que vous pourrez  retrouver à La Médiathèque  et qui ont fait partie de ses sources d’ inspiration… La liste complète (100 livres) publiée par l’artiste sur sa page Facebook en 2013 a été reprise par la New York Public Library sous le titre : « in memoriam, David Bowie’s top 100 favorites books »

La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao de Junot Diaz (2007)

Du bout des doigts de Sarah Waters (2002)

Bruit de fond de Don DeLillo (1984)

Une histoire populaire des États-Unis de Howard Zinn (1980

La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole (1980)

Dans le château de Barbe-Bleue: notes pour une redéfinition de la culture de George Steiner (1971)

Le Maître et Marguerite de Mikhail Bulgakov (1967)

Dernière Sortie pour Brooklyn de Hubert Selby Jr (1966)

De sang froid de Truman Capote (1965)

Herzog de Saul Bellow (1964)

Le marin rejeté par la mer de Yukio Mishima (1963)

Orange Mécanique de Anthony Burgess (1962)

Dans le ventre de la baleine et autres essais (1931-1943) de George Orwell (1962)

Le Guépard de Giuseppe di Lampedusa (1958)

Sur la route de Jack Kerouac (1957)

Lolita de Vladimir Nabokov (1955)

1984 de George Orwell (1949)

Ténèbres à midi (ou Le Zéro et l’Infini) de Arthur Koestler (1945)

La Révolution russe : 1891-1924 : La tragédie d’ Orlando Figes

Autant d’auteurs qui ont été, source d’inspiration pour le grand artiste. Les changements de genres et de personnages ont formé son identité à part entière.

Pour conclure, je vous renvoie à la citation d’Oscar Wilde :

Ces masques sont souvent plus authentiques que le « moi » véritable, qu’on ne saurait jamais atteindre. Cela reviendrait à pouvoir répondre à une question impossible: qui sommes-nous vraiment ?

 

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 Et pour en savoir plus sur Bowie :

David Bowie is de Geoffrey Marsh et Victoria  Broackes ou David Bowie l’avant garde pop de Matthieu  Thibault…

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