Les couples d’écrivains, Julia Kristeva et Philippe Sollers…

11 Juin

Ou quand l’écriture se conjugue au pluriel … Julia Kristeva et Philippe Sollers font partie de ces couples illustres qui partagent leur vie et le même métier : écriture, connivence ou rivalité ? Nous l’avons vu avec Paul Auster et Siri Hustvedt, et l’on pourrait aussi parler de certains couples mythiques : Aragon et Elsa Triolet, Sartre et Beauvoir …

Mais ces exemples ne doivent pas faire oublier tous ceux qui, aujourd’hui, poursuivent une œuvre, sociologique, philosophique, littéraire, artistique ou militante. Ainsi la psychanalyste et l’écrivain entretiennent depuis cinquante ans une relation amoureuse et complice fondée sur une indépendance farouche, que Julia Kristeva et Philippe Sollers racontent dans Du mariage considéré comme un des beaux-arts que je vous invite à lire. En voici un extrait :

 Je n’ai jamais songé à me marier. Sauf une fois. Et une fois pour toutes. Cette aventure singulière, et très passionnée, méritait, je crois, d’être racontée en détail. (Philippe Sollers)

Nous sommes un couple formé de deux étrangers. Notre différence nationale souligne encore mieux une évidence qu’on se dissimule souvent : l’homme et la femme sont des étrangers l’un à l’autre. Or le couple qui assume la liberté de ces deux étrangers peut devenir un véritable champ de bataille. D’où la nécessité d’harmoniser. La fidélité est une sorte d’harmonisation de l’étrangeté. Si vous permettez que l’autre soit aussi étranger que vous-même, l’harmonie revient. Les « couacs » se transforment alors en éléments de la symphonie. (Julia Kristeva)

Du mariage considéré comme un des beaux arts de Philippe Sollers et Julia Kristéva (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

La romancière et psychanalyste et l’écrivain ont eu le coup de foudre à Paris en 1966,ils ont mariés en 1967 et continuent de s’aimer. C’est un couple légendaire, et ce texte co-écrit s’avère émouvant et subtil.

Julia Kristeva  est née à Sliven en Bulgarie, elle est philologue, psychanalyste, féministe, c’est une écrivaine française et un professeur émérite de l’université Paris VII -Diderot.

Il est ardu d’essayer de synthétiser son œuvre complexe et polymorphe. Pour résumer, elle a inventé la notion d’ intertextualité , elle est membre de la société psychanalytique de Paris depuis 1997. Et elle a publié une trentaine d’ouvrages, s’est intéressée aux femmes écrivains et intellectuelles. Son œuvre a une très grande influence sur le féminisme international contemporain.

Philippe Sollers, né Philippe Joyaux à Bordeaux en 1936, prend le pseudonyme de Sollers « tout en art » (en latin) en 1957. Il offre une œuvre abondante, et reçoit de nombreux prix.

Il fonde la revue Tel quel aux éditions du Seuil qui rassemble des personnalités telles que Roland Barthes, Jacques Derrida, Jacques Lacan.

Il épouse Julia Kristeva en 1967.En 1968, il rédige pour la Nouvelle critique, revue des intellectuels communistes. En 1982, il quitte le Seuil pour Gallimard, et fonde l’Infini chez Denoël qui passera ensuite chez Gallimard où la revue continue à paraître. En 1983 il publie Femmes. La même année il devient directeur de collection chez Gallimard. En 1993 paraît Le secret qui remporte un gros succès en librairie.

Si son œuvre est plutôt méconnue du grand public, Sollers occupe une place singulière dans la littérature française contemporaine : romancier et essayiste, fondateur et directeur de revues littéraires importantes, il est aussi un grand lecteur qui aime les écrivains. Il remet dans le circuit des écrivains oubliés ou mal compris, auxquels il redonne toute leur place dans la conversation et la pensée vivantes (Saint Simon, Casanova, Lautréamont…..)

Il a à son actif plus d’une soixantaine de livres qui passionnent par leur multiplicité foisonnante…. et leur diversité (romans, certes, mais aussi essais sur les livres, sur la peinture, ou la musique….)

Car Sollers à l’évidence aime la diversité. Dans cette Nuit Rêvée, il affirme ses goûts, « je reconnais un écrivain en quelques lignes », ses affections, son amour des femmes intelligentes et belles : « les sorcières ne m’aiment pas », ses raisons de vivre dont la lecture de Bataille…, et il crée des relations inédites entre des œuvres apparemment hétérogènes : littéraires, musicales, et picturales….

Pour aller plus loin, réécoutez sur France Culture l’émission du 9/4/2016 spéciale Philippe Sollers du Temps des écrivains, animée par Christophe Ono-Dit-Biot.

Et pour relire l’article consacré à Paul Auster et Siri Hustvedt, c’est sur Liseur

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