Jetez-vous à l’eau : lisez un livre.

2 Déc

La Grande Vague de Kanagawa, une estampe de Hokusai au Metropolitan Museum of Art

Sans eau pas de vie ! La richesse du thème, son actualité en font le sujet de bien des livres, documentaires bien sûr, déclinés de différentes façons, que ce soit dans le domaine politique, environnemental, technique, ou géographique. En littérature, poésie et théâtre, l’eau symbolise le rêve, ses références aquatiques positives ou négatives, peuvent être présentées sous différentes formes : source, puits ou fontaine, ruisseau, rivière ou fleuve, lac, étang ou marécage, mer ou océan, glace, pluie ou brouillard, et même larmes ! C’est un thème fascinant par excellence depuis l’antiquité.

Pour nous imprégner de cet élément lénifiant ou tonique à ses heures, je vous propose de vous « replonger » dans quelques passages du Bateau ivre d’Arthur Rimbaud.

«  Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages, Porteur de blés flamands ou de cotons anglais. Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages, Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées, Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants, Je courus ! Et les Péninsules démarrées N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes. Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes, Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !… »

Pour aller plus loin sur le sujet et saisir ses paradoxes, lisez cet article Les mythes et les symboliques sur le site du Centre d’information sur l’Eau avant de vous embarquer dans le flot des ces quelques romans.

Pierre Loti avec  Pêcheur d’Islande  est par excellence un roman de marin, puisque c’était du reste le métier de l’auteur.

Dans Colline de Jean Giono, tout est liquide, a la consistance de l’eau, et du feu c’est du reste le point central de l’œuvre.

Dans Manon des sources : l’eau des collines de Marcel Pagnol, le cœur du roman même touche à l’eau, déjà de par son titre, ainsi que dans cette région aride de Provence, où il se déroule, et où l’on recherche une source.

Dans la nouvelle fantastique Sur l’eau de Guy de Maupassant, il est question d’angoisse et de suspense, avec une découverte morbide faite par un  canotier sur la Seine.

Dans le grand Meaulnes d’Alain-Fournier, l’action se situe en Sologne entre étangs et marais, lieux où l’on chasse et l’on pêche.

On ne résume plus Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne,  si ce n’est par l’apparition d’une bête monstrueuse en 1866 dans plusieurs mers du globe qui défraie la chronique.

Le nègre de Narcisse de Joseph Conrad suit le périple d’un voilier qui quitte Bombay, en direction de l’Angleterre avec un équipage hétéroclite.

Dans Vendredi  ou les limbes du pacifique Michel Tournier revisite le thème de Robinson et aborde   l’eau (ne serait-ce que par la lieu, une île perdue), ainsi que les autres éléments.

Tahar Ben Jelloun dans partir situe son action à Tanger au bord d’une falaise, il est aussi question de prendre le bateau.

Chez Jean-Marie-Gustave Le Clezio, on constate l’apparition constante des éléments qui sont présents dans la nature ( la lumière, l’eau, le sable, la mer etc…) ce peut être dans Désert, par exemple.

Dans un barrage contre le pacifique de Marguerite Duras, une jeune veuve se débat contre les inondations sur ses terres non-cultivables.

Ainsi dans Les Derniers Jours de Corinthe, Alain  Robbe-Grillet salue ce « vieil océan aux vagues de cristal » et dévoile l’influence des mouvements de la mer sur son travail d’écriture.

La Rivière Espérance de Christian Signol trace le destin d’une famille de bateliers qui naviguaient sur la  Dordogne.

Dans l’Epopée du buveur d’eau de John Irving, le protagoniste farfelu du livre, suite à un problème urinaire, doit boire beaucoup d’eau.

Dans le supplice de l’eau Perceval Everett utilise l’eau comme pratique de torture dans la prison d’Abou Grahib à des fins exterminatrices.

Avec Le convoi de l’eau Akira Yoshimura trace d’une façon délicate, le destin d’une petite communauté liée aux travaux d’un barrage empêchant que leur village ne soit englouti.

Les Déferlantes de Claudie Gallay se situe au cap de la Hague dans le Cotentin, il y est question de secret porté par le vent.

Dans la grande nageuse d’Olivier Frébourg, Marion et le narrateur ont la même passion pour l’océan, lui en tant que marin et elle nageuse.

Nous sommes l’eau de Wally Lamb où le destin d’Annie s’apprête à franchir une nouvelle étape à Three rivers la ville où elle a vécu 27 ans baignée comme son nom l’indique par les rivières. Métaphore utilisée aussi dans ses choix de vie.

Catherine Poulain avec Le grand marin nous entraine dans une vie âpre et rude, celle d’une femme qui  voyage au cœur de l’Alaska où elle va pêcher le flétan.

On peut aussi évoquer  des récits de voyage comme Le passant du bout du monde de Francisco Coloane ou La longue route : seul entre ciel et mer de Bernard Moitessier

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  L’eau et le liquide en général s’infiltrent dans toutes les grandes thématiques. Elle rythme la vie des personnages et reflète leurs questionnements profonds et ceux de leur auteur, Dans  L’eau et les rêves de Gaston Bachelard, le philosophe se laisse davantage guider par les images des poètes en s’abandonnant à sa propre rêverie, dans un texte érudit. L’écoute de l’eau et de ses mystères entraine son lecteur dans une superbe méditation.

1942 – C’est près de l’eau que j’ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l’intermédiaire d’un rêveur. Si je veux étudier la vie des images de l’eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays. Je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin de la Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. La plus belle des demeures serait pour moi au creux d’un vallon, au bord d’une eau vive, dans l’ombre courte des saules et des osières.

Et maintenant, c’est à vous : plongez dans la lecture et laissez-vous porter  !

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  1. Exposition Sindbad le marin à La Médiathèque | Liseur - 13 février 2017

    […] amateurs d’océan, de mer et d’eau sous toutes ses  formes se plongeront dans cet article Jetez vous à l’eau :Lisez un livre ! du blog Liseur pour y découvrir des des romans sur le thème de l’eau ! Les […]

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