La citation du vendredi d’avant Noël

23 Déc

Décorations, préparatifs et fêtes sont à l’honneur en ce vendredi : livres et ambiance Noël, voici une citation du vendredi pour vous mettre en appétit… avant, pendant et après le 25 décembre !

Cette année-là à Noël, nous eûmes tous les jours des petits matins de plomb et de givre. La ville baignait dans une pénombre bleutée, et l’haleine des passants emmitouflés jusqu’aux oreilles dessinait des trainées de vapeur dans le froid. Ils étaient bien peu, ceux qui s’arrêtaient pour regarder la vitrine de Sempere & Fils, et moins nombreux encore ceux qui s’aventuraient à l’intérieur pour demander le livre perdu qu’ils avaient cherché toute leur vie et dont la vente aurait contribué à renflouer les finances précaires de la librairie.

– Je crois qu’aujourd’hui sera le bon jour. Aujourd’hui notre sort va changer ! proclamai-je après le premier café de la journée, rendu optimiste au seul goût du liquide.

Mon père, qui depuis huit heures du matin, bataillait avec le livre de comptes à coups de crayon et de gomme, leva les yeux de la caisse et observa le défilé des clients manqués qui se perdaient dans la rue.

– Le ciel t’entende Daniel, parce qu’à cette allure, si nous ratons la saison de Noël, en janvier nous n’aurons pas de quoi payer la quittance d’électricité. Il faut trouver quelque chose.

-Hier Fermin a eu une idée, aventurai-je. D’après lui, il s’agit d’un plan magistral pour sauver la librairie d’une banqueroute imminente.

-Mon Dieu, ayons pitié de nous !

Je citai textuellement :

-« Si on me mettait en caleçon dans la vitrine en manière de décoration, nous obtiendrons que quelque représentante de la gent féminine, avide de littérature et d’émotions fortes, entre faire des achats car les connaisseurs assurent que l’avenir de la littérature dépend des femmes et croyez-moi, elle n’est pas encore née, celle qui sera capable de résister au charme bucolique de ce corps robuste ».

J’entendis derrière moi le crayon de mon père tomber par terre et je me retournai.

-Fermin dixit, précisai-je.

Je pensais que mon père allait rire de cette boutade de Fermin mais constatant qu’il ne sortait pas de son silence, je le regardai du coin de l’œil. Non seulement Sempere sénior ne semblait pas amusé par une telle ineptie, mais il arborait une expression méditative, comme s’il la prenait très au sérieux.

-Sais-tu que Fermin a peut-être trouvé la solution ? murmura-t-il.

Je l’observai incrédule en me demandant si la disette commerciale dont nous avions été victimes ces dernières semaines n’avait pas affecté le bon sens de mon géniteur.

-Tu ne vas tout de même pas lui permettre de se promener dans la librairie en petite tenue ?

– Non, ce n’est pas ça. Il ne s’agit pas de son histoire de vitrine. Pourtant tu m’as donné une idée… Nous sommes peut-être encore en mesure de sauver Noël […]

La suite de ce Noël particulier est à lire dans Le prisonnier du ciel de Carlos Ruiz Zafon.

Pour patienter avant d’emprunter ce roman (disponible à La Médiathèque), pourquoi pas un peu de lecture en ligne avec Les cantiques de Noël de C. Dickens, Les femmes de Noël de Liz Curtis Higgs, ou Le premier Noël de Férima de Miche Tanon-Lora  ? Ou encore pour les récalcitrants et les hostiles aux fêtes : Pourquoi je déteste Noël de Robert Benchley 🙂

Toute l’équipe du blog Liseur vous souhaite de joyeuses fêtes ! Et de très belles lectures 🙂

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