The Man International Booker Prize 2017 pour David Grossmann

19 Juin

Le 14 juin, l’auteur israélien David Grossman a reçu le fameux Man Booker International Prize pour son roman Un cheval entre dans un bar (A horse walks into a bar). Ce prix britannique, petit frère du Man Booker Prize, récompense depuis 2005 un auteur pour une œuvre de fiction traduite en anglais et publiée au Royaume-Uni.

Commençons par un petit rappel des origines de ce célèbre prix, né outre-Manche et inspiré par le succès du Goncourt. Car on finit par s’emmêler un peu les pinceaux avec les différents Booker Prizes…

Tout commence avec le Booker Prize for Fiction

Le Booker Prize for Fiction est né en 1968 quand Booker McConnell Ltd, « une entreprise de commerce de sucre , rhum, machines minières et James Bond  » * offrit un prix de 5000 livres pour récompenser un roman écrit par un Britannique, un citoyen du Commonwealth, d’Irlande ou d’Afrique du Sud.  Le 1er jury était composé de 5 juges, appartenant au monde de l’écrit (journaliste, libraire écrivain, bibliothécaire …) selon un principe de diversité toujours en vigueur.

* Booker Brothers Mc Connell and co Ltd avait racheté à Ian Flemming (auteur et créateur du personnage de James Bond)  51 % des parts sa société, Glidrose production, devenant ainsi actionnaire majoritaire.

Le premier lauréat fut PH Newby pour son roman Something to Answer For, dont l’œuvre littéraire reste assez méconnue à ce jour 🙂

Même si, comme pour la plupart des prix littéraires, certains lauréats sont tombés dans les oubliettes du roman, au fil des ans, beaucoup d’auteurs importants en littérature furent récompensés comme Iris Murdoch, Salman Rushdie, AS Byatt, JM Coetzee, William Golding après un combat épique contre Anthony Burgess, John Banville…

Et tous gagnèrent beaucoup d’argent, d’autant plus quand la cérémonie fut télévisée… Des reproches commencèrent alors à s’amonceler sur le prix, l’accusant d’être devenu trop commercial : en 1994, un journaliste le décrit comme un « iceberg significatif et dangereux sur l’océan de la culture britannique » et le prix est accusé de privilégier la lecture facile à la qualité, soit d’être « too readable » (trop facile à lire) et de ne pas mettre en valeur les meilleurs auteurs de langue anglaise.

Fragilisé par les critiques et les contestations, le Booker Prize se mit à battre de l’aile.

Puis vient le Man Booker Prize suivi du Man Booker International Prize

Site du Man Booker Prize (nouvelle fenêtre)

À l’aube du XXIe siècle,  le groupe Man vient à la rescousse du célèbre prix qui devient alors le Man Booker Prize et apporte un nouvel essor au prix avec des choix judicieux qui vont petit à petit restaurer une image littéraire un peu écornée…

L’arrivée, et les subsides, de ce nouveau sponsor permirent de donner naissance en 2005 au Man Booker International Prize, créé pour récompenser tous les 2 ans l’œuvre d’un « auteur vivant contribuant de façon significative à la littérature mondiale », ce dernier pouvant être de toute nationalité du moment que son livre est traduit en anglais et publié au Royaume Uni. Le premier gagnant fut l’écrivain albanais Ismaël Kadaré, face à des nominés prestigieux dont  Margaret Atwood, Saul Bellow, Gabriel García Márquez, Günter Grass, Milan Kundera, Stanisław Lem, Doris Lessing, Ian McEwan, Naguib Mahfouz, Tomás Eloy Martínez, Kenzaburō Ōe, Cynthia Ozick, Philip Roth, Muriel Spark, Antonio Tabucchi, John Updike, A.B. Yehoshua (source Wikipedia-nouvelle fenêtre) .

Évidemment, quelques petits couacs ont valu au nouveau prix des reproches, comme John le Carré demandant à être retiré de la liste des nominés ou le président de la Fondation du Booker Prize, si fier de son prix qu’il affirma être le meilleur prix littéraire international au monde, et bien supérieur au Nobel.

Aucune source n’indique un rapport de cause à effet entre l’immodestie de cette déclaration et la transformation en 2016 du Man Booker International Prize en une récompense annuelle qui prime désormais un livre et non plus l’ensemble d’une œuvre.

Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, le Man Booker prize et le Man Booker International Prize font partie des incontournables quand on parle de prix littéraires.

And the winner 2017 is… David Grossmann, écrivain israélien


Comme le veut la tradition du prix depuis l’origine,  le site du Man Booker Prize publie les listes (long list et short list) des nominés du prix 2017 (en anglais sur le site-nouvelle fenêtre) parmi lesquels figurait cette année (cocorico !) un Français, Mathias Enard. Il est toujours intéressant de voir que la plupart des auteurs sélectionnés sont aussi ceux que l’on retrouve dans les librairies et médiathèques françaises. Ainsi selon l’humeur, les optimistes y verront un gage de qualité de la sélection, et les pessimistes, l’effet d’un cadrage un peu trop limité aux mêmes auteurs surmédiatisés…

Quoiqu’il en soit, le prix 2017, choisi entre 126 autres romans, été décerné à l’écrivain israélien, David Grossmann. Auteur de fiction, d’essais et de livres pour enfant, Grossmann n’avait rien publié depuis presque une dizaine d’années. Son œuvre riche d’une dizaine de romans a été traduite en 36 langues et l’auteur a déjà reçu de nombreux prix internationaux.

Sur la scène d’un club miteux, dans la petite ville côtière de Netanya en Israël, le comique Dovalé G. distille ses plaisanteries salaces, interpelle le public, s’en fait le complice pour le martyriser l’instant d’après. Dans le fond de la salle, un homme qu’il a convié à son one man show ? ils se sont connus à l’école ? Le juge Avishaï Lazar, écoute avec répugnance le délire verbal de l’humoriste.

Mais peu à peu le discours part en vrille et se délite sous les yeux des spectateurs médusés. Car ce soir-là Dovalé met à nu la déchirure de son existence. La scène devient alors le théâtre de la vraie vie… (lire la suite du résumé sur le site de son éditeur français, Le Seuil-nouvelle fenêtre) 

Un roman déchirant du deuil et de l’inconsolable*Un cheval entre dans un bar de david Grossmann (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

D’après toutes les critiques, c’est un livre remarquable parce que « ce n’est pas juste un livre à propos d’Israël mais c’est un livre qui parle des hommes et des sociétés qui dysfonctionnent terriblement », et c’est aussi une « méditation hypnotisante sur les forces opposées qui façonnent nos vies […] et sur comment, dans les périodes les plus sombres, nous parvenons à trouver la force de continuer… » (source article « Israeli author David Grossman wins Man Booker International prize » du Guardian du 14/6/2017-nouvelle fenêtre).

Lors de sa parution en France en 2015 , on pouvait lire dans Le Monde du 19/08/2015 « David Grossman met l’être à nu. Avec Un cheval entre dans un bar, l’écrivain israélien signe un * déchirant roman du deuil et de l’inconsolable…(la suite à lire sur le site du Monde des livres- nouvelle fenêtre). 

Un livre à retrouver à La Médiathèque ainsi que tous les autres romans de David Grossmann dont Une femme fuyant l’annonce (nouvelle fenêtre) qui avait reçu le prix Médicis étranger en  2015.

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