Panorama de la littérature italienne contemporaine

4 Avr

Après Les origines de la littérature italienne contemporaine,  je voudrais, dans cet aperçu sur l’expression  narrative italienne contemporaine, souligner la nature hybride et multiforme d’une grande partie des romans actuels. Si  la plupart des écrivains qui se sont imposés dans le paysage littéraire l’on  fait autour des années 80, il est important néanmoins de noter que les générations précédentes ont eu une rôle très influent,  certains sont très estimés à l’étranger.

Reprenons la génération de années 30

Elle comprend de grande figures intellectuelles tel Umberto Eco mort en 2016, et laissant derrière lui une œuvre foisonnante, on peut citer le Nom de la rose (nouvelle fenêtre)  mélange du suspense narratif et des plaisirs érudits ; assez différent  Le Pendule de Foucault (nouvelle fenêtre) donne un visage nouveau à la vieille histoire des Templiers. Plus tard,  à 78 ans, dans le Cimetière de Prague (nouvelle fenêtre), Eco démontre encore la verdeur de son imagination romanesque en entraînant le lecteur sur les traces d’un faussaire à la recherche d’une vérité cachée dans un repli de l’Histoire, au XIXe siècle.

De même Antonio Tabucchi disparu en 2012, dont j’ai déjà parlé  dans le précédent article Origine de la littérature contemporaine italienne, écrit des livres dont les personnages se cherchent, mais qui finalement optent pour le courage, induit par l’injustice et toutes les formes de dictature. Citons Tristano meurt (nouvelle fenêtre)

Les  romanciers nés dans les années 50/60, font partie d’une génération particulièrement fertile. Son grand représentant, Erri De Luca;  adopte une  narration assez traditionnelle il est écrivain, poète et traducteur, et a obtenu en 2002 le prix Femina étranger, pour son livre Montedidio (nouvelle fenêtre) Les personnages qu’il campe sont des gens simples, emplis de sagesse populaire. La période qu’il a choisie ici pour son narrateur est celle de la fin de l’adolescence, celle du rite initiatique symbolisé par le « boumeran ». Les personnages phares de cette histoire, l’adolescent et le bossu, sont tout deux en quête d’un graal, d’un changement.
Parmi les « jeunes narrateurs » nés dans les années 50, il serait impardonnable de ne pas mentionner Alessandro Baricco, dont les romans ont été traduits partout en Europe, ainsi qu’en Asie et en Amérique. Il a remporté un vif succès avec Soie (nouvelle fenêtre), c’ est une longue nouvelle qui se situe au XIXe siècle dont le personnage principal est un marchand français de ver à soie.

Parmi les auteurs dont la renommée ne date pas d’hier, Andréa Camilleri  connait un énorme succès  en Italie comme ailleurs, grâce à ses romans policiers mettant en scène le sarcastique commissaire Montalbano. L’ atmosphère de ses romans et  ses personnages fascinent des milliers de lecteurs. Par exemple, Chien de faience (nouvelle fenêtreoù un patron de la mafia met en scène son arrestation afin de sauver la face devant un monde cruel qu’il répudie.
Dans la veine du polar, citons Carlo Lucharelli avec La huitième vibration (nouvelle fenêtre), Marcello Fois avec  la lumière parfaite (nouvelle fenêtre) et Giancarlo Di Cataldo avec Les traitres (nouvelle fenêtre) et Massimo Carlotto avec le souffle court (nouvelle fenêtre). Ces quatre romanciers mettent souvent au centre de leurs intrigues les mensonges et les secrets de l’histoire officielle, l’histoire récente de l’Italie étant au centre de leur œuvre.

Dans Saltatempo (nouvelle fenêtre) Stefano Benni mêle une chronique de la vie d’un rebelle avec une fantaisie toute poétique : ce roman plein de tendresse a enchanté un grand nombre de lecteurs à travers l’Europe, il entre dans la veine des auteurs de romans plutôt légers et comiques.

Citons d’autres auteurs modernes incontournables :  Sandro Veronesi  pour Terres rares  (nouvelle fenêtre) qui est une réflexion émouvante fouillant dans les moindres recoins de l’âme. Niccolo Amanniti avec Comme Dieu veut (nouvelle fenêtre) est un auteur très apprécié et très populaire en Italie. Il excelle dans les récits purs et efficaces, avec des rencontres impossibles, il creuse la vie dans ce qu’elle a de plus absurde, de plus mystérieux.

À côté d’écrivains plus mûrs, on a l’affirmation d’une nouvelle génération de narrateurs qui a gagné beaucoup de succès, par exemple  Margaret Mazzantini  avec Écoute-moi (nouvelle fenêtre), ou Roberto Saviano  avec Gomorra : dans l’empire de la Camora (nouvelle fenêtre) qui  n’est pas un roman mais un document sur l ‘histoire de la Mafia, il tirera aussi de cette enquête  une  célèbre série télévisuelle réalisée par Stefano Sollima entre autre, portant le même titre.

L’art de la joie (nouvelle fenêtre) de Giordana Sapienza est un roman d’apprentissage : il foisonne d’une multitude de vies et traverse le XXe siècle et ses tragédies en étant un hymne à la joie.

Paolo Giordano, dans  la solitude des nombres premiers (nouvelle fenêtre), dépeint deux personnages marqués par des évènements terribles qui compromettent leurs vies d’adultes.

L’auteur sarde Milena Agus avec Mal de pierres (nouvelle fenêtre), récit sans doute autobiographique, d’une sensibilité à fleur de page, devient ainsi un très bel éloge de l’imagination qui a raison de la réalité.

La jeune Silvia Avallone avec D’acier (nouvelle fenêtre) ou Marina Belezza (nouvelle fenêtre) se révèle une fois encore incroyablement douée pour décrire les failles de notre société, les doutes de sa jeunesse et le mouvement qui la pousse à se réapproprier sa terre et ses origines.

Et pour clore ce panorama, n’oublions pas la célèbre Elena Ferrante et sa saga déployée en 4 tomes  L’Amie prodigieuse (nouvelle fenêtre); Le Nouveau Nom (nouvelle fenêtre,) celle qui fuit et celle qui reste (nouvelle fenêtre,) L’enfant perdue (nouvelle fenêtre), œuvres que tout le monde s’arrache et qui retrace dans le Naples des années 50 la vie de deux amies dans un quartier défavorisé de la ville, deux héroïnes inoubliables que l’on suivra  dans un monde riche et bouillonnant façon grand roman du XIXe siècle. L’ampleur historique et sociologique de cette saga évoque à certain moments les œuvres d’ Elsa Morante.

Avant la saga qui l’a fait connaitre, Elena Ferrante a publié d’autres romans qui sont autant de variations sur l’identité féminine, la maternité et la folie. Il s’agit de Poupée volée (nouvelle fenêtre), Les jours de mon abandon (nouvelle fenêtre).

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  1. Origines de la littérature italienne contemporaine | Liseur - 5 avril 2018

    […] sujet vous intéresse, je vous propose une deuxième partie plus actuelle, qui s’intitulera : Panorama de la littérature italienne contemporaine sur […]

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