Il était une fois dans l’Ouest

5 Oct

À l’occasion de la désormais traditionnelle Soirée à La Médiathèque (nouvelle fenêtre) qui aura lieu le samedi 13 octobre 2018, partez à la découverte de l’Ouest américain en littérature !

La vision la plus convenue du destin américain veut que ce soit dans l’Ouest que la nation soit née, au XIXe siècle, dans la confrontation avec les grands espaces et les Indiens. Dans les faits, la conquête a été menée par une population essentiellement d’origine européenne, habitée par l’idée d’obtenir une vie meilleure sur ces immenses territoires dont les sols riches regorgeaient de ressources naturelles. Grisés par ces perspectives optimistes, les colons s’imposèrent sur l’immense territoire qui s’étend en Amérique du Nord entre le Mississippi et l’Océan Pacifique, en dépit de toute contrainte et sans égard vis-à-vis des Amérindiens qui furent expulsés, déportés, massacrés au mépris des principes fondateurs des États-Unis,

À la fin du siècle, l’essentiel des terres a été colonisé, les tribus amérindiennes rebelles ont été vaincues et reléguées dans des réserves. La conquête de l’Ouest est terminée mais elle demeure fermement ancrée dans la culture.

C’est là que l’écriture va jouer un rôle majeur dans la création d’une identité culturelle avec un terrain propice à l’imaginaire fait de violence et d’héroïsme qui fixe des stéréotypes dans les esprits  : le cowboy courageux, l’Indien sauvage, l’homme de loi vertueux, le hors-la-loi impitoyable, le brave colon et l’éleveur prédateur…

À l’époque, des milliers de titres sont édités (et souvent écrits en quelques jours en reprenant toujours les mêmes ressorts) et des millions d’exemplaires vendus, popularisant des figures légendaires telles que Buffalo Bill, alias Frederick William Cody. Connu comme homme de théâtre, ce dernier écrivit sa propre biographie. Comme preuve de son intemporalité, on le retrouve dans le roman actuel La tristesse de la terre (nouvelle fenêtre) d’Éric Vuillard qui dresse le portrait d’un homme dépossédé de lui-même, réduit à jouer toute sa vie son propre rôle ; mais dans un style percutant et riche en émotions, il dépeint également l’image d’une nation qui s’est construite dans le sang, sans se soucier de la dignité humaine.

La vie de Calamity Jane, autre personnage incontournable de l’époque, est relatée dans Martha Jane Cannary : la vie aventureuse de celle que l’on nommait Calamity Jane (nouvelle fenêtre). Découvrez cette bande dessinée de Christian Perrissin qui porte un regard réaliste sur la mythique aventurière, tandis que dans Lettres à sa fille (nouvelle fenêtre), Calamity Jane relate 25 ans de correspondance entre elle et son enfant et offre une vision émouvante de sa vie personnelle.

Outre les romans de quatre sous, plusieurs écrivains américains de renom situent leurs récits d’aventures dans le Wild West, avant même la fin de la conquête de l’Ouest, comme James Fenimore Cooper avec Le cycle des Bas de cuir (nouvelle fenêtre)dont le célèbre Dernier des Mohicans fit rêver des générations entières.

Une partie de l’œuvre de Cooper se fonde sur les récits des Amérindiens et ont pour cadre les territoires des Iroquois des six Nations que le père de l’écrivain avait contribué à annexer. Auteur de romans d’aventures, Cooper était un écrivain populaire dès le XIXe siècle et il est souvent considéré comme le père du roman moderne.

Dans  L’Or, la merveilleuse histoire du général Johann August Sutter (nouvelle fenêtre) paru en 1925, Blaise Cendrars imagine une biographie d’un aventurier suisse inspiré par John Sutter, le découvreur d’or californien.

Publié en 1927, Petrole (nouvelle fenêtre) d’Upton Saint Clair nous conduit dans un récit d’aventure et une fresque ambitieuse sur la naissance de l’Amérique industrielle.

Le célèbre True Grit (nouvelle fenêtre) de Charles Pontis, écrit dans les années 60, possède ô combien les ingrédients d’un bon western : un shérif borgne et poivrot, un indien un peu sorcier, un jeune premier prétentieux. C’est percutant, les dialogues sont saisissants, ce texte intemporel procure beaucoup de plaisir, c’est sans doute la raison qui a poussé les frères Coen à l’adapter au cinéma, ce qui donne une œuvre déjantée et jubilatoire.

Que ce soit dans le roman  Méridien de sang ou le rougeoiement du soir dans l’Ouest (nouvelle fenêtre)  ou dans La trilogie des confins (nouvelle fenêtre), Cormac Mc Carthy nous entraîne dans une chevauchée fantastique du Tennessee au Texas, façon horde sauvage.

Tandis que Trévanian dans son brillant Incident à Twenty-Mile ( nouvelle fenêtre) propose une nouvelle lecture du western qui dynamite les conventions avec un brin de nostalgie.

Elmore Leonard avec ses Chasseurs de primes (nouvelle fenêtre) nous divertit dans un style incisif avec son mélange de romantisme sur fond de fantasmes apaches.

Le sang des Dalton (nouvelle fenêtre) : Ron Hansen‘inspire, une fois de plus brillamment, d’une page de l’histoire violente du XIXe siècle américain, la vie de Bob Dalton, pour nous faire palpiter.

Les bisons du coeur brisé (nouvelle fenêtre) de Dan O’Brien. Quand l’auteur s’installe dans le ranch de Broken Heart, il réalise son rêve : vivre au pied des terres indiennes de Sitting Bull… Mais les grandes plaines du Dakota ont subi le génocide indien et le massacre des bisons, elles sont stérilisées par l’agriculture et l’élevage bovin intensifs.

La décimation (nouvelle fenêtre)  de Rick Bass  (dont Jim Harrison dit qu’il est son «fils littéraire»), fait partie de ces écrivains rassemblés au sein de l’«école du Montana». Aux côtés de Wallace Stegner, Thomas McGuane, Edward Abbey et tant d’autres, ce romancier fait la part belle aux paysages grandioses et sauvages du Sud profond ou du Montana. Western politique, La Décimation s’inscrit parfaitement dans son œuvre.

Je vous engage à lire Montana 1948 (nouvelle fenêtre) de Larry Watson : parue en 2010, c’est une œuvre à l’écriture riche, au style fluide, tout en retenue, où l’auteur distille savamment un climat d’angoisse sur fond de paysages somptueux.

Anne Percin, quant à elle, imagine une histoire pleine d’émotion et de musique Country où Elise, dans Western girl (nouvelle fenêtre) revisite le western dans une version contemporaine.

D’autres incontournables : Mille femmes blanches (nouvelle fenêtre) de Jim Fergus. En 1874, à Washington, le président Grant accepte l’incroyable proposition d’un chef indien Little Wolf pour troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du peuple indien. L’auteur livre un vibrant hommage à la vie des Cheyennes.

Dans Faillir être flingué (nouvelle fenêtre) Céline Minard investit la  mythologie fondatrice du western en le rendant inattendu et animé de personnages particulièrement vivants sur une toile de fond poétique et contemplative.

La liste est longue… Et le mythe de l’Ouest fascine toujours autant, adultes et enfants ! Retrouvez très prochainement sur Liseur une sélection de livres pour les plus jeunes dans notre article Il était une fois dans l’Ouest… pour la jeunesse. Et ‘n’oubliez pas la littérature amérindienne mise à l’honneur dans l’article Sur la piste des Indiens.

Et rendez-vous le samedi 13 octobre pour une longue soirée qui vous donnera envie de trouver votre Eldorado à La Médiathèque ! Tout le programme est en ligne sur le site de La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

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  1. Il était une fois dans l’Ouest… pour la jeunesse | Liseur - 11 octobre 2018

    […] des thèmes comme la nature, les animaux mais aussi la tolérance, le courage et la sagesse. Après notre article sur les romans inspirés par l’Ouest américain, voici une petite sélection spéciale jeunes lecteurs à lire dans votre ranch ou votre tipi  […]

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