Le coin de La Médiathèque de novembre 2018 commémore l’Armistice de 1918

14 Nov

La victoire se tient après nos jugulaires

Et calcule pour nos canons les mesures angulaires

Nos salves nos rafales sont des cris de joie

Ses fleurs sont nos obus aux fleurs merveilleuses

Sa pensée se recueille aux tranchées glorieuses

Extrait d’Étendards de Guillaume Apollinaire in Calligrammes publié en avril 1918.

 

  • Là où poussent les coquelicots, un film documentaire de Vincent Marie et Laurent Segal

Vincent Marie, historien, et Laurent Segal réalisent un film exceptionnel sur la vie quotidienne des soldats entre 1914 et 1918, vue à travers la bande dessinée. Ils font appel à neuf dessinateurs, de différentes nationalités, qui ont travaillé sur le sujet : chacun son angle, chacun ses thèmes. Ensemble ils interrogent d’innombrables photos et images d’archives de l’époque ;  grâce aux fondus enchaînés, leurs dessins raniment et ressuscitent, des images anonymes et glacées de jeunes vies brisées. Le graphisme exprime davantage que des photos figées, il permet de supporter l’horreur, livre de nouvelles émotions et des souffrances durables. Le film dégage parfaitement les liens intimes qui existent entre la bande dessinée et la Grande Guerre et revendique le statut d’œuvre de vulgarisation : pour ceux qui en doutaient encore, la bande dessinée, grâce à Tardi, Joe Sacco, Vandermeulen…, se révèle un excellent vecteur de transmission de notre Histoire !

Ce film a été projeté le jeudi 8 novembre à 19h30 à La Médiathèque en présence de Laurent Segal à l’occasion de la commémoration de l’Armistice de 1918.

© Kilaohm Productions

Tournées par la section cinématographique de l’armée créée en 1915, ces images exceptionnelles ne nous montrent cependant qu’un versant de la guerre. Au service de l’effort national, elles disent la bonne humeur des soldats à l’avant et la détermination de l’arrière. Elles ne racontent pas le doute, la tristesse, et surtout pas la mort. À nous de nous rappeler que ce qu’elles ne montrent pas est au moins aussi important que ce qu’elles ont l’ambition de prouver.

Nous sommes en 1914 dans l’East End, un des quartiers de Londres. La guerre vient d’éclater. John Patterson, étudiant en littérature, refuse de s’enrôler bien que soumis à la pression patriotique de son entourage. Mais un événement l’oblige finalement à quitter ses livres pour s’engager… Consigné à faire le courrier pour deux de ses camarades d’infortune,  John se trouve confronté aux horreurs de la guerre avec ses charniers, ses cadavres, ses mutilés ; il observe les errements des uns, les tourments des autres et les choix souvent contraints par tous… Sur le front, les notions de courage, de lâcheté et d’héroïsme sont bien éloignées de celles véhiculées par la propagande à l’arrière.

À l’image des contradictions de l’époque, Courrier des tranchées est une fiction tout en nuance habitée par des personnages que tout oppose, un de ces romans dont la trame à la fois tragique et captivante ne cesse de progresser au fil des pages. L’héroïsme et la lâcheté, l’autoritarisme aveugle et l’obéissance, les chagrins d’amour et les amitiés indéfectibles entre frères d’armes, les livres et la poésie qui aident à lutter contre la barbarie sont autant d’éléments constitutifs de ce roman qui amène à réfléchir sur le devenir des convictions et la nature réelle du courage en temps de guerre.

12 novembre 1918. Belgique. Dans un camp de prisonniers français, Augustin apprend que la guerre est finie. Il va pouvoir enfin rentrer chez lui et retrouver sa femme Geneviève.

Alors, Augustin se souvient… Pour survivre dans les tranchées, pour atténuer la douleur de regarder ses compagnons mourir sous ses yeux, Augustin a lu et relu les  » Valentines « , les lettres d’amours enflammées de sa femme. Augustin se souvient aussi de la perte de son enfant, de la bonne Louisa, de son ennemi de toujours Félicien.

Mais une fois la guerre vraiment terminée pour lui, son retour sur sa terre ne va pas se passer comme prévu et la douloureuse vérité sur sa femme va petit à petit lui être révélée…

Cette bande dessinée au graphisme pictural est un magnifique récit fait de flash-backs où le dessin à la gouache de Christian De Metter vient renforcer certaines images dures des soldats, des gueules cassées et de la méchanceté paysanne. Un livre poignant et touchant sur les ravages de la guerre, qui a reçu le Prix public du Festival d’Angoulême en 2005.

La Première Guerre mondiale est racontée d’année en année, chaque double-page explique un évènement, de la bataille de la Marne au soutien de l’Amérique. Les cartes sont simples à comprendre, les dessins rendent l’ensemble ludique et agréable à la lecture. La guerre est abordée du point de vue de plusieurs pays, sur terre, sur mer et dans les airs. On nous parle du front, de la politique, des batailles et des tranchées mais aussi de l’arrière, de la société civile et du rôle des femmes.  Bien que destiné à la jeunesse, ce documentaire comporte des chiffres et des noms précis qui instruiront les plus grands. Ainsi adultes et enfants y apprendront des choses intéressantes et faciles à mémoriser notamment grâce au lexique et les courtes biographies des personnalités de l’époque. Excellent livre pour jeter des bases historiques claires et précises avant d’approfondir le sujet avec des ouvrages complémentaires.

L’illustration d’en-tête est tirée de la fresque de 60 mètres réalisée par Joe Sacco en 2016 pour le musée Thiepval (nouvelle fenêtre) dans la Somme.

Merci à Marianne G., Patricia D., Nadia C. et Fanélie B. pour la rédaction de cet article.

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