James Baldwin : un homme révolté

15 Avr

L’œuvre de l’auteur américain James Baldwin a été remise à l’honneur en France  à l’occasion de la sortie du film I’m not your negro (nouvelle fenêtre) réalisé par Raoul Peck en 2017. Ce documentaire sera projeté à La Médiathèque le jeudi 18 avril 2019 dans le cadre de Cin’Eiffel, pour aller plus loin (nouvelle fenêtre) : s’appuyant sur les écrits de Baldwin, le scénariste y brosse une chronique très personnelle des années sanglantes de lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Retour sur un grand écrivain et une œuvre essentielle.

Né à Harlem dans une famille pauvre et pieuse, il est l’aîné de 9 enfants. Fils illégitime, il sera élevé par son beau-père pasteur très strict et violent. Il choisira un temps de se tourner vers la religion et deviendra prédicateur en 1938, activité qu’il abandonnera en 1942 pour se consacrer à la littérature.

Dès l’adolescence, il prend conscience de son homosexualité. En 1948, fuyant la ségrégation raciale de New York et l’homophobie, il s’exile à Paris. Il y devient une figure emblématique de la communauté Afro-américaine en exil avec ses amis Joséphine Baker, Maya Angelou ou Richard Wright.

En 1953, publication de son premier roman La conversion, récit largement autobiographique, qui raconte l’examen de conscience de John, le jour de ses 14 ans, en attente d’une révélation mystique. En 1955, parait son premier recueil d’essais Chroniques d’un pays natal ainsi que La Prochaine Fois, le feu, deux livres qui explorent les non-dits et les tensions sous-jacentes autour des distinctions raciales, sexuelles et sociales dans l’Amérique du milieu du XXe siècle.

En 1956, La chambre de Giovanni, son second roman, fait état de la recherche d’identité sexuelle. En 1957, l’auteur fait sa première apparition à la télévision dans l’émission Lecture pour tous :  il y répond aux questions de Pierre Desgraupes à propos de son livre Les élus du seigneur, qui traite de façon poignante de la croyance des jeunes noirs de l’époque liée à l’histoire américaine.

De retour aux États-Unis, il s’implique dans le mouvement naissant des droits civiques, aux côtés des leaders noirs Medgar Evers, Malcolm X et surtout Martin Luther King. En 1962, paraît Un autre Pays  (nouvelle fenêtre) qui débute par le suicide de Rufus Scott : c’est une œuvre émouvante et violente où l’auteur s’affirme une fois encore comme le brillant porte-parole de la minorité noire aux États-Unis.

À partir des années 70, James Baldwin s’installe définitivement à Saint-Paul de Vence où il écrit des pièces de théâtre, des essais, de la poésie. En 1974, parait le roman Si Beale Street pouvait parler (nouvelle fenêtre) qui  retrace la vie de Tish et Fonny qui s’aiment et envisagent de se marier. Mais alors qu’ils s’apprêtent à avoir un enfant, le futur marié, victime d’une erreur judiciaire, est arrêté et incarcéré. Traité avec force et intensité, ce livre a été adapté au cinéma par Barry Jenkins en 2018.

En 1975, il est convié à une série d’entretiens avec Eric Laurent sur France Culture.

En 1987, son œuvre s’achève brutalement car il meurt précocement à l’âge de 64 ans à Saint-Paul de Vence.

En France, on (re) découvre son œuvre à l’occasion de la sortie du film I’m not your negro (nouvelle fenêtre) réalisé par Raoul Peck en 2017. Le réalisateur haïtien est interviewé dans l’émission La Grande librairie :

Partant du livre inachevé de l’auteur, Raoul Peck a reconstitué la pensée de Baldwin en s’aidant des notes prises par l’écrivain, ses discours et ses lettres. Il en a fait un documentaire salué dans le monde entier et sélectionné aux Oscars,– aujourd’hui devenu un livre, formidable introduction à l’œuvre de James Baldwin. Un voyage kaléidoscopique qui révèle sa vision tragique, profonde et pleine d’humanité de l’histoire des Noirs aux États-Unis et de l’aveuglement de l’Occident.

Pour aller plus loin :  l’article « Documentaire. “I am not your negro”, les mots de la colère de James Baldwin » publié dans Courrier international du 21 avril 2017 (nouvelle fenêtre) 

Retrouvez quelques textes de James Baldwin, ce grand humaniste dans votre Médiathèque, ainsi que plusieurs écrits d’autres grands défenseurs de la cause noire.

Je vous renvoie également au texte d’Alain Mabanckou  Lettre à Jimmy (nouvelle fenêtre) où, à travers l’œuvre de Baldwin, il aborde ces questions toujours d’actualité.

Pour clore cet article, méditons sur cette citation du grand auteur :

L’Histoire n’est pas le passé, c’est le présent.

 

Remerciements tout particuliers à Ariane C. qui a participé à l’élaboration de cet article.

L’image d’en-tête de cet article provient de Wikipedia : par Gvsfhp — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=53219750.

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Une Réponse to “James Baldwin : un homme révolté”

  1. Marianne G. 16 avril 2019 à 13:54 #

    A reblogué ceci sur Cin'Eiffel.

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