Un auteur à l’affiche : Annie Ernaux

1 Juin

Le 21 mai dernier à Londres, l’écrivain Annie Ernaux a manqué de peu la consécration finale du Man Booker Prize International 2019 (nouvelle fenêtre) pour son  titre-phare Les années (nouvelle fenêtre) évidemment traduit en anglais. Sélectionnée dans la shortlist du prestigieux prix littéraire, elle est considérée comme le chef de file du roman social.

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Le prix a été remis à Jokha Alharthi pour son livre Celestial bodies (voir l’article du Temps – nouvelle fenêtre) mais c’est l’occasion de revenir sur la vie et l’œuvre d’Annie Ernaux. Son nom d’origine est Duchesne, elle est née en 1940, à Lillebone en Normandie. Issue de parents épiciers, elle sera poussée par sa mère à faire des études, (très jeune elle prend conscience des écarts de milieux, ce qui vraisemblablement alimentera  l’origine de son inspiration littéraire).

Elle étudie ensuite à l’université de Rouen, première étape vers l’autonomie. Elle obtient le CAPES, et devient agrégée en lettres modernes. Lorsque paraît La place (nouvelle fenêtre) elle obtient le prix Renaudot, ce qui la fait connaître. Mêlant l’expérience personnelle à la grande Histoire, ses ouvrages abordent l’ascension sociale de ses parents  La Honte (nouvelle fenêtre), son mariage La Femme gelée (nouvelle fenêtre), sa sexualité et ses relations amoureuses Passion simple (nouvelle fenêtre), Se perdre (nouvelle fenêtre), son environnement La Vie extérieure (nouvelle fenêtre), son avortement L’Événement (nouvelle fenêtre), la mort de sa mère dans Une femme, construisant ainsi une œuvre importante, d’influence sociologique. Sa référence en la matière sera Pierre Bourdieu, qu’elle admire.

Elle délaissera très vite la fiction pour tenter de montrer le monde tel qu’il est en s’appuyant sur sa propre histoire. Peu à peu, elle invente une écriture singulière qui utilise un matériel autobiographique comme terrain de questionnement. Elle épure de plus en plus son style et le singularise. Elle publie souvent des journaux qui complètent certains de ses textes avec un autre angle de vue. Elle interroge sans cesse son écriture soit avec un allié, soit seule dans son ouvrage, L’atelier noir (disponible en version numérique- nouvelle fenêtre ) où elle analyse avec une grande précision sa recherche pour parvenir à un ouvrage essentiel : Les années (nouvelle fenêtre).  

les années Annie Ernaux (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) En ce moment, Annie Ernaux est à l’honneur dans la pièce L’autre fille, tirée d’un de ses livres (paru en 2011), à l’affiche au Studio Hebertot (nouvelle fenêtre) où j’ai eu la chance de me rendre pour cette adaptation sobre et brillante, mise en scène par Nadia Remita. Dans un décor épuré, la comédienne Laurence Mongeaud livre avec brio un texte socio-biographique, très fort, interprété magistralement et au ton juste sur un secret familial absolu. Jamais un mot de la bouche de ses parents sur cette sœur inconnue, morte deux ans avant sa naissance… Annie Ernaux s’interroge. Creuser l’absence pour faire jaillir la présence, écrire à une morte pour s’adresser aux vivants… un texte tendre et abrupt pour un spectacle intense et bouleversant. qui se caractérise par des phrases courtes, où chaque mot est pesé, choisi.

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