Évasions

21 Nov

S’évader, décamper, déguerpir, filer à l’anglaise, s’échapper, fuir, se tailler, se faire la belle… Autant de synonymes dont tous les prisonniers rêvent, pour quitter la prison, cet univers impitoyable dans lesquels ils sont enfermés. En littérature, les romans regorgent d’histoires d’évasions, car elles demeurent follement romanesques, qu’elles soient spectaculaires, ou non..

Dans un premier temps, les détenus s’évadent par l’esprit en élaborant des stratagèmes, parfois complexes qui peuvent durer des années. Puis ils passent enfin à l’action, parce que le contexte y est favorable ou parce qu’ils sont tout simplement au bout du bout et ne souhaitent qu’une chose : retrouver leur liberté.

Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas (nouvelle fenêtre)

« Attendre et espérer », voilà toute la sagesse d’Edmond Dantès. Fier marin sur le point d’être nommé capitaine et d’épouser sa bien-aimée, Mercédès, il est arrêté. Dénoncé comme bonapartiste il est enfermé au château d’If et attendra quatorze ans sa délivrance et sa vengeance. Elle sera terrible. Edmond Dantès est devenu riche et titré. Son vieux compagnon de cellule, l’abbé Faria, en lui révélant son secret, l’a fait comte de Monte-Cristo. Après sa spectaculaire évasion, les fortunes se font et se défont au gré de son implacable volonté. Dumas raconte ces aventures extraordinaires avec génie, « Il lui a fallu des excès de vie pour renouveler cet énorme foyer de vie », disait George Sand, admirative. (in Babelio)

Tiré de faits réels, ce roman-feuilleton est sorti la même année que Les Trois Mousquetaires (nouvelle fenêtre) et a connu un succès immédiat. Le livre est structuré en trois parties : la jeunesse à Marseille, la captivité au château d’If et l’évasion pour l’île de Monte-Cristo, enfin la vengeance en s’installant à Paris.

  • Le Château d’If : l’une des plus vieilles prisons d’État de France, édifiée par François 1er entre 1525 et 1529
  • Son numéro de cellule : n°34
  • Sa durée de captivité : 14 ans
  • La préparation de la vengeance : 10 ans
  • L’évasion : en faisant le mort
  • La vengeance : terrible

Évasion de Benjamin Whitmer (nouvelle fenêtre)

1968. Le soir du Réveillon, douze prisonniers s’évadent de la prison d’Old Lonesome, autour de laquelle vit toute une petite ville du Colorado encerclée par les montagnes Rocheuses. L’évènement secoue ses habitants, et une véritable machine de guerre se met en branle afin de ramener les prisonniers… morts ou vifs. À leurs trousses, se lancent les gardes de la prison et un traqueur hors pair, les journalistes locaux soucieux d’en tirer une bonne histoire, mais aussi une trafiquante d’herbe décidée à retrouver son cousin avant les flics… De leur côté, les évadés, séparés, suivent des pistes différentes en pleine nuit et sous un blizzard impitoyable. Très vite, une onde de violence incontrôlable se propage sur leur chemin.

La quintessence du noir dans la plus magnifique tradition américaine. Pierre Lemaître

Comme l’indique Pierre Lemaître dans la préface, le roman de Benjamin Whitmer pourrait faire penser à James Lee Burke ou bien David Goodis pour le côté classique, mais avec la violence insoutenable en plus. En choisissant de faire parler les personnages à tour de rôle, tous plus barjos les uns que les autres, on se rend vite compte qu’ils ont tous un point commun avec les gardiens de la prison, la population, les journalistes : des hommes et des femmes perdus.
On verrait très bien Quentin Tarantino en faire un film ! Quentin si tu lis cet article  🙂

Ce monde n’est pas fait pour que vous vous en évadiez. Ce monde est fait pour tenir votre cœur captif le temps qu’il faut pour le broyer. Benjamin Whitmer

À marche forcée : à pied du Cercle Polaire à l’Himalaya de Slavomir Rawicz (nouvelle fenêtre)

Hiver 1941 ; Concevoir l’impossible. Refuser que d’autres choisissent pour vous une mort lente et fuir, fuir, en dépit de toute raison, poussé par une volonté farouche de reprendre sa liberté. Après avoir parcouru plus de 4 000 kilomètres en wagon plombé et à pied, à crever de froid pour rejoindre un camp au fin fond de la Sibérie glacée, un petit groupe de prisonniers décide de s’évader et de faire le chemin dans l’autre sens. Pour ces hommes venus de tous les horizons (un ingénieur américain, un droit commun russe, un officier de la cavalerie polonaise, un comptable…), s’échapper de cet enfer de glace ne sera que le début d’une aventure tout aussi extrême. Souvent affamés, potentiellement la cible des locaux qui touchent l’équivalent d’un an de salaire pour la capture d’un fugitif, ils vont parcourir ensemble plus de 10 000 kilomètres en près d’un an, à travers la toundra, traversant les plaines de Mongolie, les fournaises du désert de Gobi, les sommets de l’Himalaya jusqu’à la Grande Muraille de Chine. Certains n’y survivront pas.

Changement de décor avec ce roman et l’enfer des goulags. Récit passionnant pour ceux qui aiment les récits de guerre.
Mais dès sa parution en 1956, le livre de Slavomir Rawicz fait polémique : trop d’incohérences, trop d’imprécision (nouvelle fenêtre). Pourtant le livre continue de fasciner.

Après ces trois lectures qui vous feront frissonner, un petit conseil : le mieux est encore de ne pas se retrouver en prison 🙂

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