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Les Rencontres de Liseur (3) : Quelles migrations au XXIe siècle ?

25 Nov

Samedi 2 décembre 2017 à 15h, dans le cadre des Rencontres de Liseur (nouvelle fenêtre), La Médiathèque de Levallois accueille Catherine Wihtol de Wenden pour une conférence intitulée Quelles migrations au XXIe siècle ?

Le phénomène migratoire, même s’il est aussi ancien que l’humanité, s’est aujourd’hui intensifié et diversifié. Les migrations sont devenues, tant par leurs motifs et leurs origines que par leurs trajectoires, une composante structurelle d’un monde globalisé et constituent l’un des défis majeurs de ce siècle. 

Réparttion de la population mondiale par continents

Répartition de la population mondiale par continent (source : Wikimedia Commons)

Petit lexique migratoire

Les phénomènes migratoires recouvrent des réalités multiples et complexes et donnent lieu à une terminologie parfois difficile à appréhender, d’où l’intérêt d’une petite clarification lexicale.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) (nouvelle fenêtre), organisme des Nations unies, définit la migration comme « le déplacement d’une personne ou d’un groupe de personnes, soit entre pays, soit dans un pays entre deux lieux situés sur son territoire. La notion de migration englobe tous les types de mouvements de population impliquant un changement du lieu de résidence habituelle, quelles que soient leur cause, leur composition, leur durée, incluant ainsi notamment les mouvements des travailleurs, des réfugiés, des personnes déplacées ou déracinées. » Elle mentionne par ailleurs qu' »au niveau international, il n’existe pas de définition universellement acceptée du terme « migrant ». Il s’applique habituellement lorsque la décision d’émigrer est prise librement par l’individu concerné, pour des raisons « de convenance personnelle » et sans intervention d’un facteur contraignant externe. »

Afin de bien différencier le migrant du réfugié, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR ou HCR dans l’espace francophone) (nouvelle fenêtre) reprécise la distinction juridique existante entre ces deux catégories :

« Les migrants choisissent de quitter leur pays non pas en raison d’une menace directe de persécution ou de mort, mais surtout afin d’améliorer leur vie en trouvant du travail, et dans certains cas, pour des motifs d’éducation, de regroupement familial ou pour d’autres raisons. Contrairement aux réfugiés qui ne peuvent retourner à la maison en toute sécurité, les migrants […], s’ils choisissent de rentrer chez eux continueront de recevoir la protection de leur gouvernement. »

Le terme réfugié est « défini par la législation internationale et les réfugiés sont protégés par cette dernière. La Convention de 1951 relative aux réfugiés et son protocole de 1967 […]  définit ce qu’est un réfugié et rappelle les droits fondamentaux que les États devraient leur garantir.  » L’apatride est quant à lui désigné par l’OIM comme étant un « individu sans nationalité, soit qu’il n’en ait jamais eu, soit qu’en ayant eu une, il l’ait perdue sans en acquérir une autre. L’état d’apatridie prive l’individu des droits – et supprime les devoirs – attachés à la nationalité à savoir, notamment, le droit à la protection diplomatique et le droit de revenir dans son pays d’origine. En droit international général, la Convention relative au statut des apatrides (1954) organise la condition juridique des apatrides et leur accorde un certain nombre de droits, notamment en matière économique et sociale. »

Une mobilité internationale en hausse

Migrations une nouvelle donneCatherine de Wenden, dans son ouvrage Migrations : une nouvelle donne (nouvelle fenêtre), paru aux Editions de la Maison des Sciences de l’Homme en 2016, précise que « l’on compte aujourd’hui 244 millions de migrants internationaux, selon le département de la Population des Nations Unies (nouvelle fenêtre), un chiffre qui sépare en deux parties égales (120 millions) les migrations se dirigeant vers le nord (sud-nord et nord-nord) et celles s’acheminant vers le sud (sud-sud et nord-sud) de la planète. » (p.15) et évoque également le fait que « le nombre des migrants internationaux a triplé en quarante ans. » (p.16).

La consultation de la carte interactive des flux de migration dans le monde en 2015 (nouvelle fenêtre) sur le site de l’OIM donne à voir précisément et pour chaque pays, les chiffres de l’émigration et de l’immigration ainsi que les trajectoires migratoires.

A ce sujet, C. de Wenden propose, dans son article intitulé « Un essai de typologie des nouvelles mobilités » (nouvelle fenêtre) paru dans la revue « Hommes et migrations » N°1233 de septembre-octobre 2001, une typologie possible des migrations suivant les logiques migratoires  :

  • économiques : migrations entrepreneuriales, techniques, liées à l’environnement – souvent pour échapper à des catastrophes naturelles ou écologiques –, provoquées par des déséquilibres démographiques ou économiques),
  • démographiques (migration familiale, de jeunes, de retraités),
  • politiques (mouvements de réfugiés, migrations coloniales ou héritées de “couples migratoires”, rapatriements).

Comme elle le signifie également dans une vidéo issue du site Hometold et intitulée « Pourquoi migre-t-on ? », les profils des migrants se sont fortement diversifiés : étudiants, travailleurs qualifiés, retraités, réfugiés, déplacés environnementaux… Si les migrations obéissent le plus souvent à une logique purement économique, d’autres facteurs doivent donc aujourd’hui être pris en compte pour mesurer toute la complexité du phénomène :

D’après l’aperçu statistique (nouvelle fenêtre) que donne le HCR pour l’année 2016, l’on constate que 40% des déplacements mondiaux correspondent à des migrations contraintes qui se répartissent de la façon suivante :

  • 65,6 millions de déracinés, avec 24 personnes déracinées chaque minute
  • 22,5 millions de réfugiés, dont plus de la moitié a moins de 18 ans
  • 10 millions d’apatrides

Atlas des migrationsDans son Atlas des migration : un équilibre mondial à inventer (nouvelle fenêtre), paru aux éditions Autrement en 2016, C. de Wenden revient d’ailleurs, en cartes et en infographies, sur les facteurs réels des migrations et interroge les possibles réponses politiques à la crise migratoire que connaît actuellement l’Europe.

L’article élaboré dans le cadre de l’Ecole d’été « Migrations et mondialisations : au-delà des crises migratoires » daté de 2017 et en ligne sur le site de Mediapart (nouvelle fenêtre) donne un éclairage intéressant sur ces nouvelles mobilités et sur la question d’une gouvernance mondiale en ce domaine.

BONUS : une sélection de livres à La Médiathèque

Les rencontres de Liseur : sélection thématique du site de La Médiathèque sur les migrations au 21e siècle (nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 2 décembre à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès- Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

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La philosophie du numérique par Milad Doueihi

4 Mar

Samedi 11 mars 2017, Milad Doueihi donnera à La Médiathèque de Levallois une conférence intitulée  Peut-on concevoir un humanisme numérique ? Logique aboutissement de la programmation des Rencontres de Liseur 2017 (nouvelle fenêtre) qui, cette année, interroge le rapport entre l’homme et son environnement numérique, nous avons invité, pour cette dernière rencontre de cette saison, le philosophe Milad Doueihi.

Milad Doueihi © Institut National d’Histoire de l’Art (INHA)

Historien des religions et titulaire de la chaire d’Humanisme numérique de l’université Paris-Sorbonne, il s’est intéressé depuis plusieurs années à l’évolution de la société avec le numérique.

Dans La grande conversion numérique, voir l’article de Pierre Mounier du 7 avril 2008 sur le site Homo numericus – (nouvelle fenêtre), il se définit comme « un numéricien par accident, un simple utilisateur d’ordinateur qui a suivi les changements de l’environnement numérique au cours des vingt dernières années ». Dans son ouvrage, il perçoit l’émergence du numérique dans la société comme une conversion, au même titre qu’une religion.

quest-ce-que-le-numerique-milad-doueihi (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Quelques années plus tard, dans son livre Qu’est-ce que le numérique ? (nouvelle fenêtre) édité aux PUF en 2013, Milad Doueihi revient sur les raisons qui l’ont conduit à choisir le numérique comme objet d’étude :

 […] le numérique nous invite à nous interroger sur ces questions touchant à la fois aux individus et au collectif, mais également sur d’autres aspects globaux car il est devenu indissociable de presque toutes les activités humaines, du moins dans les sociétés occidentales.

Milad Doueihi questionne l’humain en regard de l’automatisation des objets informatiques mais aussi au regard de la façon dont nous faisons société aujourd’hui en invoquant les aspects liés à la sociabilité numérique. De son point de vue, dans la mesure où il provoque un retour vers l’humain, le numérique remet en cause les théories post et transhumanistes (voir à ce sujet la définition de ces théories données par le département Recherche/Éthique Biomédicale du Collège des Bernardins dans  l’article Humanisme, transhumanisme et posthumanisme sur leur site).

Il s’attache à démontrer qu’il constitue un véritable changement civilisationnel qui bouleverse le sens même de l’humain, et qu’il donne donc lieu à un nouvel humanisme.

pour-un-humanisme-numerique-milad-doueihi (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)C’est tout l’objet de son ouvrage paru en 2011 aux éditions du Seuil, Pour un humanisme numérique (nouvelle fenêtre) dans lequel il définit cet humanisme comme « le résultat d’une convergence entre notre héritage culturel complexe et une technique devenue un lieu de sociabilité sans précédent ». Cette convergence avérée fait que le numérique constitue d’ores et déjà une culture en tant que telle, une civilisation, parce qu’il ne se contente pas d’être une facette de l’humain mais parce qu’il le façonne.

Infos pratiques : rencontre avec Milad Doueihi le samedi 11 mars 2017 (nouvelle fenêtre)  à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel.

Envie de creuser la question de notre humanité à l’ère numérique ?

Ces ouvrages, disponibles à La Médiathèque, vous y aideront :

avec Internet et les médias numériques une troisième révolution s’opère, dont les effets sont déjà observables dans le fonctionnement de l’intelligence et des sens, ainsi que dans la relation au savoir et les rapports sociaux.

 

On assiste désormais à une modification, perceptible à tous moments, dans tous les contextes, de ce qui constituait le cadre social de la condition humaine. Une condition numérique est née. Elle peut être décrite dans chacun des champs définissant un individu : identité, activité, connaissance, participation, relations, etc.

 

Tous les sujets sont traités : le terrorisme, les services d’espionnage, les innovations scientifiques, le lobbying des grandes firmes, l’avenir de la démocratie, le stockage des données informatiques et leur dispersion sur le web. Les réseaux sociaux en tout genre sont également passés au crible. Leur démonstration est étayée de nombreux exemples qui semblent évidents à la lecture et pourtant nous n’en avons pas forcément conscience.

Et si l’omniprésence du numérique signait non seulement une nouvelle ère, un changement culturel majeur mais aussi une rupture profonde, une transformation radicale de l’humanité ? Et si le numérique constituait, après l’invention de l’écriture et celle de l’imprimerie, la troisième grande révolution ? A ces questions, Michel Wieviorka en ajoute une autre : l’ère du numérique ne pourrait-elle pas susciter en France aussi le renouveau des sciences humaines et sociales (SHS) ?

BONUS !

Retrouvez sur ce blog les précédents articles consacrés aux Rencontres de Liseur 2017 : Où va le travail à l’heure du numérique, une conférence de Pierre Lénel à La Médiathèque, un article de Nathalie F., La ville intelligente : enjeux et perspectives par Sarah Emmerich un article de Florence B., Société numérique, société du savoir partagé ?, un article de Soizic N. et Les usages numériques innovants décryptés par une psychologue par Sylvie Z.

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