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De la plume à la caméra : Dans ses yeux

20 Avr

On ne compte plus les adaptations littéraires au cinéma. Contes, épopées, romans, tout y passe. Certains films sont d’ailleurs plus connus que le livre dont il est tiré. Adaptation fidèle au texte, transposition dans notre époque, le succès est souvent au rendez-vous. Mais comme le dit Julien Gracq : 

Pour qu’un roman devienne un très bon film , il faut que le film soit autre chose. Il s’agit de chercher une sorte d’équivalent mais qui ne se limite pas à la simple transposition visuelle.

Le livre :

Dans ses yeux d'Eduardo Sacheri (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Dans ses yeux (La pregunta de sus ojos) d’Eduardo Sacheri (2009)

Buenos Aires, 1968. La jeune Liliana Morales est sauvagement étranglée. Bouleversé, Benjamin Chaparro, greffier au Palais de Justice, jure de dénouer cette affaire qui l’obsède. Mais dans l’Argentine des années de plomb, iniquité, trahisons politiques et exil sabreront sa quête éperdue de vérité. Trente ans plus tard, hanté par le souvenir, il livre le terrible récit de ce drame. Magnifique roman d’amour noir doublé d’une brûlante réflexion sur la dictature militaire, Dans ses yeux défie la folle mécanique de la vengeance et de la passion (Google books)

Un extrait du livre :

On ne voit pas la douleur, tout simplement parce qu’elle n’est pas visible. En aucune circonstance. On décèle tout au plus certains de ses signes extérieurs, que j’ai toujours perçus comme une mascarade plus que comme des symptômes. Comment un homme peut-il exprimer l’angoisse atroce de son âme ? En pleurant à chaudes larmes et en poussant des hurlements ? En bredouillant des mots dénués de sens ? En gémissant ? En sanglotant ? Toutes ces manifestations de la douleur ne faisaient à mes yeux qu’insulter la douleur, la rabaisser, la profaner, la placer au même niveau que des échantillons gratuits.

Le mot de l’éditeur : Magnifique roman d’amour noir doublé d’une brûlante réflexion sur la dictature militaire, Dans ses yeux défie la folle mécanique de la vengeance et de la passion.

L’avis de Sylvie Z. : Dans ses yeux  est à la fois un roman policier, un magnifique roman d’amour pudique, magnifié par les mots de l’auteur, avec un ton juste. C’est aussi une réflexion sur la légitimité de la vengeance. Un très beau livre où la finesse psychologique s’allie à un brio discret.

Le film :

Dans ses yeux de Juan José Campanella (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Dans ses yeux (El secreto de sus ojos) de Juan José Campanella (2009)

En 1999 à Buenos Aires,un agent à la retraite du ministère fédéral de la justice, Benjamín Espósito, essaie d’écrire l’histoire d’une affaire criminelle qu’il a traitée 25 ans plus tôt et qui le hante toujours : le viol et le meurtre en juin 1974 d’une jeune femme mariée, Liliana Colotto.

Un extrait  du film :

L’avis de Jean-Luc Douin dans Le Monde : d’une réalisation classique, impeccablement ficelé, cet étouffant film d’atmosphère décline à loisir le thème de la vérité inscrite dans le regard.

L’avis de Pablo O. Scholz dans Courrier international : Campanella n’a pas son pareil pour diriger les acteurs – jusqu’aux rôles secondaires qui donnent toute leur mesure. il nous livre ici une œuvre qui allie à la perfection tous les ingrédients du drame romantique et du thriller, son humour coutumier, sans négliger la charge historique, politique et sociale.

L’avis de Nadia C. :  un film riche, porté par deux acteurs principaux remarquables, qui mêle habilement film policier et romance. Le cinéaste aborde avec subtilité des thèmes universels comme la vengeance, la peine de mort, la vérité. Un film noir, superbe, qui n’a pas volé son Oscar du meilleur film étranger en 2010.

Dans les deux cas, le livre et le film prennent aux tripes et vous tiennent en haleine, mais une fois n’est pas coutume, le film est un poil supérieur au livre.

Pour vous faire une idée, le livre (nouvelle fenêtre) et le film (nouvelle fenêtre) sont disponibles à La Médiathèque.

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Envie de se faire une expo photo ?

5 Avr

Vous aimez la photo ? Cela tombe bien, nous aussi. Voici une liste non exhaustive des expositions de 2017 consacrées au huitième art à Paris :

L’exposition Eli Lotar (1905-1969) du 14 février 2017 au 28 mai 2017 au Jeu de Paume (nouvelle fenêtre)

Éli Lotar, Eliazar Lotar Teodorescu de son nom d’état-civil, est un photographe français d’origine roumaine, né le 30 janvier 1905 dans le 18e arrondissement de Paris, ville où il est mort le 10 mai 1969. En 1926, il rencontre la photographe allemande Germaine Krull (nouvelle fenêtre) dont il deviendra l’assistant puis le compagnon pendant trois ans et qui lui apprendra la technique photographique. Avec elle, il publiera dans des revues prestigieuses telle que Vue, Jazz, Arts et Métiers Graphiques. L’œuvre d’Eli Lotar se rapproche des dadaïstes, des surréalistes. De ce point de vue, il applique le procédé de la « Nouvelle Vision », courant photographique qui au sujet cadré, centré, lui préfère la plongée, la contre-plongée, le jeux des angles etc. Il sera d’ailleurs chef-opérateur de Luis Bunuel, mais s’inscrit également dans la tradition du reportage documentaire, notamment avec la réalisation d’une série de photos aux Abattoirs d’Aubervilliers. Eli Lotar est également connu pour une série de portraits, notamment celui du sculpteur Giacometti.

Le catalogue de l’exposition, Eli Lotar de Damarice Amao, Clément Chéroux, Pia Viewing, une coédition Jeu de paume/Libella/Centre Pompidou sera bientôt disponible à La Médiathèque.

L’exposition Autophoto, du 20 avril 2017 au 24 septembre 2017, à la Fondation Cartier pour l’Art contemporain (nouvelle fenêtre).

Cette exposition rassemble plus de 400 photographies consacrée à la relation entre la photographie et l’automobile. Comment la voiture a transformé le paysage urbain ? Comment la voiture a influencé les photographes ? Avec notamment Jacques-Henri Lartigues, Ed Ruscha, Lee Friedlander, Jacqueline Hassink et bien d’autres.

Le catalogue de l’exposition, Autophoto de Simon Baker, Clément Chéroux, Marc Desportes, une coédition Fondation Cartier pour l’Art contemporain/Xavier Barral sera bientôt disponible à La Médiathèque.

L’exposition Walker Evans (1903-1975) au Centre Pompidou (nouvelle fenêtre) du 26 avril 2017 au 14 août 2017

Un itinéraire singulier que celui de Walker Evans, photographe américain qui se destinait à être écrivain, et qui prit des cours de littérature française à La Sorbonne en 1926.
Walker Evans s’est surtout fait connaître pour ses photos de la Grande Dépression (nouvelle fenêtre) prises dans le cadre de la mission de la Farm Security Administration (nouvelle fenêtre), entre 1935 et 1937. Il s’agit de l’un des programmes du New Deal mis en place par Roosevelt, sous forme de subventions pour aider les paysans. Les photographes sont donc là pour rendre compte de la réalité de leurs vies. Comme le signale Anne Bertrand dans la revue Vacarme du 14 octobre 2007, consacré à l’histoire de la photographie américaine (nouvelle fenêtre) :

Chacun pourra trouver chez Evans ce qu’il cherche. Lui seul a réuni, dans l’histoire de la photographie américaine, un corpus d’une telle ampleur et d’une telle diversité.

Pour en savoir plus sur Walker Evans, Liseur vous invite  à consulter un extrait de Une intervention récalcitrante. Les pages de Walker Evans de David Campany, dans la revue Etudes Photographiques, du 27 mai 2011 (nouvelle fenêtre).

Quelques photos ci-dessous de ce grand photographe.

Le catalogue de l’exposition, Walker Evans de Clément Chéroux édité par la BPI du Centre Pompidou sera bientôt disponible à La Médiathèque.

Les écrivains photographes 2/3, Jack London

13 Mai

Parmi les écrivains qui s’emparèrent de la photographie dès ses débuts, le grand écrivain américain Jack London (1876-1916), auteur de L’appel de la forêt, Martin Eden ou encore Croc-Blanc, fut aussi un extraordinaire photographe.

Jack LondonJack London prit plus de 12 000 photographies lors de ses voyages entre 1900 et 1916. Le « peuple d’en bas », voilà ce qu’aimait photographier Jack London, les vieillards, les enfants en haillons de Londres, mais aussi les soldats pendant la guerre russo-japonaise (1904-1905). Lui qui fut chercheur d’or en Alaska, pilleur d’huîtres, employé dans une fabrique de conserves, blanchisseur, eut mille vies. Engagé, Jack London aimait l’aventure, a parcouru le monde, traversé les océans, et ses photos rendent comptent de sa compassion et de son profond respect pour l’humanité.
Il meurt à 40 ans et laisse derrière lui des romans inoubliables et des clichés émouvants.

Retrouvez Jack London écrivain à La Médiathèque (nouvelle fenêtre) et prochainement  le livre Jack London photographe (nouvelle fenêtre) de Jeanne Campbell Reesman, Sara S Hodson et de Philip Adam.

Précédemment  : Emile Zola (1840-1902) photographe.

Les écrivains photographes 1/3, Émile Zola

28 Avr

Si la science puis l’art ont été les premières disciplines à se saisir de la technique photographique, la littérature s’intéressa très vite à la photo, que ce soit devant ou derrière l’objectif.

Dès son apparition au XIXème siècle, les scientifiques utilisèrent la photographie comme support de travail et auxiliaire de la connaissance. Très vite, les artistes s’y intéressèrent aussi. Pour certains, la photographie servit d’abord de modèle, d’esquisse ou d’inspiration. Ainsi Gustave Courbet s’inspira des photos de Gustave Le Gray (1820-1882)(nouvelle fenêtre) pour peindre ses tableaux. Mais d’autres voyaient la photographie comme une rivale annonçant la mort de la peinture… Quant aux écrivains, ils perçurent rapidement l’intérêt de la photographie. Et peu à peu, la photographie ne fut plus seulement une technique innovante mais un art à part entière.

Parmi les écrivains, certains aiment être devant l’objectif comme Salinger, et d’autres préfèrent passer derrière l’objectif comme  :

 

Emile Zola (1840-1902)Emile Zola

A mon avis, vous ne pouvez pas dire que vous avez vu quelque chose à fond si vous n’en avez pas pris une photographie
Émile Zola

En 1888, en cure à Royan, Émile Zola découvre la photographie. A partir des années 1894-1895, il commence à pratiquer la photographie « avec une sorte d’acharnement » (écrit J-C Leblond-Zola) et ce jusqu’à sa mort en 1902. L’écrivain naturaliste est un aussi un photographe naturaliste, à la recherche de la vérité. Son sens inné du détail, son observation au scalpel de la réalité quotidienne font de l’écrivain un photographe quasi professionnel. Ses clichés lui demandent les mêmes recherches, les mêmes observations, les mêmes réflexions que ses romans. Qu’il photographie l’Exposition Universelle de 1900 ou sa femme et ses enfants, Émile Zola qui possédait plus d’une dizaine d’appareils-photos, est un reporter-photographe de son temps.

Zola, photographe de famille

Zola, reporter-photographe à l’exposition universelle de 1900

 

Retrouvez l’œuvre d’Émile Zola écrivain à La Médiathèque (nouvelle fenêtre)

La photographie politique

17 Fév

A l’heure où le remaniement du gouvernement fait la une des médias, observons les coulisses de la politique autrement : par l’objectif… de deux photographes, Olivier Roller et Jean-Claude Coutausse.

En 2006, dans le cadre de la sortie de son livre Photographies de personnalités politiques, Raymond Depardon disait déjà à Libération : « … La photo est essentielle dans l’image des hommes politiques. Devant une photo, les gens peuvent mieux ressentir leur vérité. » Mais de quelle vérité parle -t-on ? Celle du photographe ou celle du politique ?

Pour le photographe, obtenir une photo intéressante, c’est son défi. Sa photo sera d’autant plus percutante qu’elle envisage l’homme sous un angle différent. Le photographe devra observer, ruser pour capturer une émotion, un geste. Faire tomber le masque. Sa photo, si elle est réussie, rentrera dans l’Histoire. D’autres photographes prennent le parti d’en rire et de détourner la fonction.
La personnalité politique, elle, est toujours sous contrôle de son image. Tout est cadenassé, contrôlé :  gestes, apparences et expressions. Il doit néanmoins se plier à l’exercice, figure imposée de toute carrière politique. Il doit convaincre, séduire. Quitte parfois à dévoiler des choses qu’il ne voudrait pas.

  • visages mis à nu olivier roller-catalogue de La Médiathèque (nouvelle fenêtre)Les portraits décalés de Olivier Roller

Après des études de sciences politiques et de droit à l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg, Olivier Roller devient photographe presque par accident, pour impressionner les filles, laissant le monde de la politique en suspens. Il commencera donc par le journalisme en photographiant des gens ordinaires aux prises avec l’actualité. Il commence petit à petit à se faire un nom dans le monde de la presse écrite et débute son travail avec des portraits de célébrités. Sa carrière est définitivement lancée.
Il revient à la politique lors de la campagne présidentielle de 2007 et se spécialise dans le portrait politique. Il est considéré depuis comme l’un des meilleurs « portraitistes » en France.

Et si vous souhaitez découvrir le travail d’Olivier Roller, venez découvrir son site.

  • L'énigmatique François Hollande Jean-Claude Coutausse- catalogue de La Médiathèque (nouvelle fenêtre) Les photos de campagne (présidentielle) prises sur le vif de Jean-Claude Coutausse

Jean-Claude Coutausse est un photographe photojournaliste qui a couvert de nombreux conflits depuis une bonne trentaine d’années. Comme il le dit lui-même dans La Dépêche le 14 septembre 2014 : « Je voulais un métier pour faire le tour du monde ». Et le monde, il l’a parcouru sous toutes les coutures, de l’Afghanistan, à La Serbie, en passant par la Somalie et Haïti ou le mur de Berlin, il voit et raconte le monde avec ces clichés qui sont publiés par de grands journaux comme Libération, le Monde. Pour ses images, Jean-Claude Coutausse obtient de nombreux prix et récompenses : le prix Agence France-Presse de la meilleure image de l’année en 1985 ; le Grand Prix de la ville d’Arles en 1988 ; le Prix Niépce en 1993 et bien d’autres. Il réalise ensuite des reportages pour Géo et National Géographic.
Passionné depuis toujours par la politique, obsédé même, Jean-Claude Coutausse entreprend de couvrir la campagne présidentielle de Ségolène Royal en 2007 et de François Hollande en 2012.

Voici un florilège des ses photos :

Retrouvez Jean-Claude Coutausse sur son blog.

  • Pour finir, voici deux livres sur le pouvoir de l’image et sur le portrait en photographie disponibles à La Médiathèque :

Enfin, si vous aimez la photographie, n’hésitez pas à venir fouiner dans nos ouvrages théoriques ou pratiques à La Médiathèque. Vous y trouverez sans doute de quoi aiguiser votre œil !

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