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Le coin de La Médiathèque de novembre 2018 commémore l’Armistice de 1918

14 Nov

La victoire se tient après nos jugulaires

Et calcule pour nos canons les mesures angulaires

Nos salves nos rafales sont des cris de joie

Ses fleurs sont nos obus aux fleurs merveilleuses

Sa pensée se recueille aux tranchées glorieuses

Extrait d’Étendards de Guillaume Apollinaire in Calligrammes publié en avril 1918.

 

  • Là où poussent les coquelicots, un film documentaire de Vincent Marie et Laurent Segal

Vincent Marie, historien, et Laurent Segal réalisent un film exceptionnel sur la vie quotidienne des soldats entre 1914 et 1918, vue à travers la bande dessinée. Ils font appel à neuf dessinateurs, de différentes nationalités, qui ont travaillé sur le sujet : chacun son angle, chacun ses thèmes. Ensemble ils interrogent d’innombrables photos et images d’archives de l’époque ;  grâce aux fondus enchaînés, leurs dessins raniment et ressuscitent, des images anonymes et glacées de jeunes vies brisées. Le graphisme exprime davantage que des photos figées, il permet de supporter l’horreur, livre de nouvelles émotions et des souffrances durables. Le film dégage parfaitement les liens intimes qui existent entre la bande dessinée et la Grande Guerre et revendique le statut d’œuvre de vulgarisation : pour ceux qui en doutaient encore, la bande dessinée, grâce à Tardi, Joe Sacco, Vandermeulen…, se révèle un excellent vecteur de transmission de notre Histoire !

Ce film a été projeté le jeudi 8 novembre à 19h30 à La Médiathèque en présence de Laurent Segal à l’occasion de la commémoration de l’Armistice de 1918.

© Kilaohm Productions

Tournées par la section cinématographique de l’armée créée en 1915, ces images exceptionnelles ne nous montrent cependant qu’un versant de la guerre. Au service de l’effort national, elles disent la bonne humeur des soldats à l’avant et la détermination de l’arrière. Elles ne racontent pas le doute, la tristesse, et surtout pas la mort. À nous de nous rappeler que ce qu’elles ne montrent pas est au moins aussi important que ce qu’elles ont l’ambition de prouver.

Nous sommes en 1914 dans l’East End, un des quartiers de Londres. La guerre vient d’éclater. John Patterson, étudiant en littérature, refuse de s’enrôler bien que soumis à la pression patriotique de son entourage. Mais un événement l’oblige finalement à quitter ses livres pour s’engager… Consigné à faire le courrier pour deux de ses camarades d’infortune,  John se trouve confronté aux horreurs de la guerre avec ses charniers, ses cadavres, ses mutilés ; il observe les errements des uns, les tourments des autres et les choix souvent contraints par tous… Sur le front, les notions de courage, de lâcheté et d’héroïsme sont bien éloignées de celles véhiculées par la propagande à l’arrière.

À l’image des contradictions de l’époque, Courrier des tranchées est une fiction tout en nuance habitée par des personnages que tout oppose, un de ces romans dont la trame à la fois tragique et captivante ne cesse de progresser au fil des pages. L’héroïsme et la lâcheté, l’autoritarisme aveugle et l’obéissance, les chagrins d’amour et les amitiés indéfectibles entre frères d’armes, les livres et la poésie qui aident à lutter contre la barbarie sont autant d’éléments constitutifs de ce roman qui amène à réfléchir sur le devenir des convictions et la nature réelle du courage en temps de guerre.

12 novembre 1918. Belgique. Dans un camp de prisonniers français, Augustin apprend que la guerre est finie. Il va pouvoir enfin rentrer chez lui et retrouver sa femme Geneviève.

Alors, Augustin se souvient… Pour survivre dans les tranchées, pour atténuer la douleur de regarder ses compagnons mourir sous ses yeux, Augustin a lu et relu les  » Valentines « , les lettres d’amours enflammées de sa femme. Augustin se souvient aussi de la perte de son enfant, de la bonne Louisa, de son ennemi de toujours Félicien.

Mais une fois la guerre vraiment terminée pour lui, son retour sur sa terre ne va pas se passer comme prévu et la douloureuse vérité sur sa femme va petit à petit lui être révélée…

Cette bande dessinée au graphisme pictural est un magnifique récit fait de flash-backs où le dessin à la gouache de Christian De Metter vient renforcer certaines images dures des soldats, des gueules cassées et de la méchanceté paysanne. Un livre poignant et touchant sur les ravages de la guerre, qui a reçu le Prix public du Festival d’Angoulême en 2005.

La Première Guerre mondiale est racontée d’année en année, chaque double-page explique un évènement, de la bataille de la Marne au soutien de l’Amérique. Les cartes sont simples à comprendre, les dessins rendent l’ensemble ludique et agréable à la lecture. La guerre est abordée du point de vue de plusieurs pays, sur terre, sur mer et dans les airs. On nous parle du front, de la politique, des batailles et des tranchées mais aussi de l’arrière, de la société civile et du rôle des femmes.  Bien que destiné à la jeunesse, ce documentaire comporte des chiffres et des noms précis qui instruiront les plus grands. Ainsi adultes et enfants y apprendront des choses intéressantes et faciles à mémoriser notamment grâce au lexique et les courtes biographies des personnalités de l’époque. Excellent livre pour jeter des bases historiques claires et précises avant d’approfondir le sujet avec des ouvrages complémentaires.

L’illustration d’en-tête est tirée de la fresque de 60 mètres réalisée par Joe Sacco en 2016 pour le musée Thiepval (nouvelle fenêtre) dans la Somme.

Merci à Marianne G., Patricia D., Nadia C. et Fanélie B. pour la rédaction de cet article.

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Le coin de La Médiathèque d’octobre 2018 continue la conquête de l’Ouest

22 Oct

Après  Ma soirée à La Médiathèque dont le thème cette année était « Il était une fois dans l’Ouest », voici de quoi continuer à voyager dans les grands espaces grâce à un roman intense qui parle de liberté, une série de bandes dessinées mythique, un album surprenant et des comptines à chanter autour d’un feu de camp !

1878, treize ans ont passé depuis la fin de la Guerre de Sécession. La conquête de l’Ouest est achevée. Les dernières tribus indiennes ont été rassemblées dans la plus ingrate des contrées : l’Oklahoma. La « dernière frontière » enserre ce dernier territoire indien que l’on nomme « réserve ». Parmi elle, la tribu Cheyenne…

C’est au cœur de cette réserve  que débute le récit : pour les sauver de la faim et de la malaria, le vieux chef cheyenne tente d’obtenir l’autorisation de ramener son peuple dans le Wyoming, sa terre d’origine …  Mais une rumeur court : trois indiens cheyennes auraient quitté la réserve ! L’armée, chargée de les surveiller, ordonne au chef de la tribu de les retrouver et prend en otages dix indiens contre la remise des trois fuyards. N’ayant plus rien à perdre, poussée par son désir de liberté, toute la tribu décide de passer outre et entame sa longue marche de retour vers la terre natale à 1600 kilomètres  au nord.
De l’été à l’hiver 1878, une véritable chasse à l’homme commence. Une opération de poursuite d’une ampleur disproportionnée avec  13 000 soldats qui finiront par être mobilisés contre ces 150 indiens, femmes, enfants, vieillards et seulement à peine une cinquantaine d’hommes adultes qui feront le choix de ne jamais abandonner leur fierté, leur dignité, leur droit à la liberté ….

Ce roman, paru en 1941, sous le titre « le dernier espoir » est une cinglante dénonciation du sort réservé aux peuples autochtones par l’administration des États-Unis et une formidable ode à la liberté de ceux qui n’avaient que le tort de penser que le sol sur lequel  ils avaient vécu était le leur…
Un magnifique roman à découvrir ou à redécouvrir.

Qui ne connaît pas Lucky Luke, une série vendue à plus de 300 millions d’exemplaires ?

Le père de Lucky Luke, Morris, de son vrai nom Maurice de Bevere, a publié 70 albums de la série entre 1947 et sa mort en 2001. Lucky Luke a ensuite été repris par plusieurs auteurs. Il a par ailleurs connu plusieurs adaptations en série, film d’animation et en longs-métrages.

Dès le 11e album, en 1958, Morris se fait accompagner de différents scénaristes dont René Goscinny, célèbre pour sa série Astérix, qui signe avec lui près de 40 albums.

Avec un humour à plusieurs registres susceptible de toucher toutes les générations, Lucky Luke érige le Far West en mythologie, tout en s’appuyant sur des éléments historiques. Ses auteurs revisitent et popularisent ainsi en France et en Belgique un certain nombre de légendes de la conquête de l’Ouest américain : l’agence de détectives Pinkerton, le courrier du Pony Express, Calamity Jane, Billy the Kid… Ils mettent également en scène des éléments iconiques : le chemin de fer, le supplice du goudron et des plumes, la diligence, les bateaux à aube sur le Mississipi, les pionniers, les bonimenteurs, les chasseurs de primes, la cavalerie et les indiens…

Une série à (re)découvrir et partager en famille !

  •  Fourmi (nouvelle fenêtre) de Cyril Houplain. Éditions Milan

C’est un travail de fourmi (il faut bien le dire) qu’a demandé la réalisation de cet album ! Et une extrême patience. En effet toutes les illustrations sont composées de fourmis, identiques, dessinées à la main et nombreuses ! Cyril Houplain le dit lui-même : « Il m’a fallu deux ans pour faire le livre. Il me faut en moyenne douze fourmis pour remplir un centimètre carré » soit une tâche titanesque et des milliers d’heures de travail.

L’histoire est celle d’Alistair Burke, 14 ans, qui se fait surnommer  « Fourmi » car il travaille en tant que mousse sur un bateau et parvient à se glisser n’importe où. On suit ses péripéties jusque dans l’Ouest des États-Unis où il rencontre des Apaches et trouve sa vocation : dresseur de fourmis.

Outre l’histoire qui fait voyager petits et grands, chaque page est un émerveillement de fourmis. On peut regarder cet album de loin, de près ou à la loupe et pour les plus courageux, on peut essayer de compter le nombre de fourmis !

Cet album invite les enfants en Amérique pour chanter et danser le Far West.

Il comprend dix comptines aux accents du grand Ouest américain dont une en anglais et une autre en iroquois. Certaines déjà connues des enfants et des plus grands (Nagawicka, Un jour dans sa cabane)  sont ici revisitées par le groupe Framix et côtoient de nouveaux textes ainsi que des mélodies traditionnelles amérindiennes.

Ambiance Far West garantie grâce aux instruments de musique variés : banjo, yukulélé, flûte indienne, guitare et le violon typique de la musique américaine. Dix chansons entrainantes et souvent tendres avec des paroles faciles à retenir et des rimes amusantes.

Les jolies illustrations très colorées de Cécile Hudrissier complètent le voyage  dans l’univers des cow-boys et des indiens avec tous les ingrédients typiques du thème : les plumes, les totems, les chevaux, les squaws…

Il ne manque plus qu’un feu de camp pour chanter et danser autour tout en sautillant avec la main sur la bouche et des plumes sur la tête !

 

Le coin de La Médiathèque de septembre prend la rentrée d’un bon pied

8 Sep

Première rentrée, trac, retrouvailles sur les bancs de l’école, échappée hors cadre, ou apprentissage de la cour de récréation, la première semaine de septembre est pour beaucoup, petits ou grands, un moment chargé d’émotions, de stress, de découvertes ou de souvenirs  d’enfance. Afin de vivre avec plaisir cette rentrée 2018,  les bibliothécaires vous ont concocté une petite sélection spéciale !

Maman à l’école d'Éric Veille et Pauline Martin (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Maman à l’école (nouvelle fenêtre) d’Éric Veille et Pauline Martin. Éditions Actes Sud junior

La première rentrée scolaire est souvent un moment aussi difficile pour les jeunes enfants que pour leurs parents. Dans cet album truculent, une petite fille est promise, comme de nombreux autres enfants de son âge, à l’abandon. L’héroïne de cette histoire se laissera-t-elle faire ? Que nenni. Admirez sa technique : aussi hilarante qu’efficace. Maman est contrainte de rester partager le quotidien terriblement difficile de son enfant. Mais est-ce bien sa place ?  Très rapidement sa présence devient embarrassante…

À lire en famille pour rassurer petits et grands.

Le train des souris de Haruo Yamashita (catalogue de La médiathèque-nouvelle fenêtre) Le train des souris (nouvelle fenêtre) de Haruo Yamashita. Éditions École des Loisirs

C’est la veille de la rentrée, Maman souris se retrouve avec ses sept petits prêts à faire leur toute première journée d’école mais aucun des sept souriceaux n’est vraiment décidé à y aller, chacun ayant bien sûr une excellente raison, y compris le dernier, qui lui, ne veut juste pas y aller, et cela lui semble bien suffisant.

Une fois les sept petits endormis, la maman se creuse la tête pour trouver le moyen de motiver sa troupe. Avec deux pelotes de laine, elle invente un stratagème ingénieux que les enfants découvrent à leur réveil. Dans la nuit, elle a déroulé deux pelotes de laine tout le long du chemin de la maison à l’école. Alors, le matin, elle prend place sur les « rails » improvisés et s’autoproclame chef de gare, invitant ses petits à monter dans le train. Évidemment la ruse prend vite avec ses sept enfants joueurs qui oublient instantanément leurs peurs pour suivre leur drôle de maman. Et les voilà partis à l’aventure…

Un album tout en délicatesse aux adorables illustrations pastel qui donnent terriblement envie de découvrir d’autres aventures de la famille souris. Une bonne manière d’évoquer les différentes peurs liées à la rentrée et à l’école de manière générale.

Ma famille, Le collège et autres cauchemars de Carol Midgley (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Ma famille, le collège et autres cauchemars (nouvelle fenêtre ) de Carol Midgley. Éditions De la Martinière jeunesse

Dany, presque 13 ans, est persuadée que tous ses problèmes s’envoleraient si elle n’était pas affublée d’une famille pareille. Une mère de nouveau enceinte, un père immature, un grand frère en pleine crise d’adolescence, une petite sœur plus collante qu’un chewing-gum, une grand-mère obsédée par son transit intestinal et un chien amoureux d’une botte fourrée…

Aucun doute, ils se mettent en quatre pour faire de sa vie un enfer ! Au collège, ce n’est pas tellement plus reluisant : Dany est amoureuse de Damian, le plus beau garçon du monde qui n’a d’yeux que pour Trésor, la reine des pestes. Heureusement, Dany peut compter sur sa meilleure amie Amber pour lui remettre les pieds sur terre… du moins quand elle prend la peine de suivre ses conseils.

Ce roman est très drôle et touchant. Il est rempli de folies et de surprises. Une jolie histoire de jeunesse qui met en avant les problèmes de l’adolescence, les amis, les premiers amours et la famille, LA  lecture idéale pour accompagner les ados pour cette rentrée scolaire partagés entre joie et peur de découvrir ou de retrouver leurs établissements, leurs amis et leurs instituteurs…

L’école buissonnière de Nicolas Vanier (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre )L’école buissonnière (nouvelle fenêtre) de Nicolas Vanier. Xo Éditions

C’est l’histoire d’un petit orphelin de la banlieue parisienne qui, confié à Borel, le  garde-chasse du domaine de La Chesnaye, et à sa femme Célestine, découvre  ce nouvel environnement fait de chasse, de pêche,  de rencontres insolites, de sensation de liberté et  d’amitié. C’est  sur les bords de la Loire que le gamin des villes va faire la connaissance d’un vieil ermite braconnier qui va, très vite, lui enseigner le secret des plantes, des animaux qui vivent en osmose dans la nature.  Paul écoute, observe…  Puis c’est la rencontre avec le cerf, un cerf majestueux qu’il décide de protéger des hommes. Une longue quête commence qui le conduira au secret de sa propre enfance…

Une écriture douce, réelle pour ce roman « initiatique » rempli de tendresse. Une ode à la nature et à l’amitié.

Récréations de James Mollison (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Récréations (nouvelle fenêtre) de James Mollison. Éditions Textuel

Après les chambres d’enfants à travers le monde, le photographe anglais James Mollison se focalise sur les cours d’école. De la très chic école japonaise, en passant par la terre battue d’une école au Kenya, James Mollison nous donne à voir les enfants qui jouent, qui crient, qui pleurent, quel que soit leur continent. Comme devant un puzzle, nous nous amusons à pointer les différences. Nous tournons les pages et découvrons  les tenues chatoyantes des enfants dans un monastère au Bhoutan, les uniformes anglais ou les tenues militaires russes.

Au travers de ce beau voyage photographique, d’un lieu à un autre, d’une école à une autre, James Mollison présente 59 clichés en couleurs et offre un témoignage inédit sur ce lieu universel qu’est la cour de récréation.

Un très beau livre fascinant, avec des photos lumineuses, que l’on prend plaisir à découvrir dans leur moindre détail.

Merci à Nathalie F., Cécile P., Patricia  D. et Nadia C. pour leurs contributions à cet article.

Bon anniversaire mai 68 avec le coin de La Médiathèque de mai 2018

14 Mai

 

Mai 68 – mai 2018 !  50 ans ont passé mais les slogans fleurent toujours bon le printemps et la liberté ! Souvenez-vous :  Sous les pavés, la plage ; Je décrète l’état de bonheur permanent ; Fais attention à tes oreilles, elles ont des murs ; Enragez-vous ! Profitant des beaux jours du mois de mai, le coin de La Médiathèque vous emmène faire un petit tour de nostalgie sur les barricades avec des fictions, des documentaires et un livre pour les plus jeunes !

Le déjeuner des barricades de Pauline Dreyfuss (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Le déjeuner des barricades (nouvelle fenêtre) de Pauline Dreyfuss. Éditions Grasset & Fasquelle

Au loin résonne l’écho des barricades de mai 68  et dans un lieu hors du temps, étouffant, improbable, vont se télescoper les rencontres les plus  inattendues : la richissime veuve, le petit personnel, le directeur démis de ses fonctions, un jeune auteur aujourd’hui illustre, le gratin mondain de la littérature,  le notable de province, la survivante des camps… Et l’on s’attache.

Dans ce roman qui se lit facilement, on retrouve l’atmosphère feutrée des palaces. Mais sous cette fluidité de lecture, se cachent des recherches poussées qui s’intègrent avec naturel à l’intrigue, si bien qu’elles passent inaperçues pour le lecteur, tout en apportant une vraie richesse au roman. Les anecdotes croustillantes sont nombreuses  et les aller-retour entre les différents grands moments de l’histoire de France multiples.

Ce texte peut se lire d’une seule traite sans se poser plus de questions et passer un bon moment. On pourra aussi  s’amuser à y  retrouver des références  musicales comme Paris s’éveille  de Dutronc, littéraires comme J’ai trop  longtemps cru aux vacances  d’ Éric Ollivier, Un diamant gros comme le Ritz de Fitzgerald et La place de l’étoile de Modiano, ou encore picturales avec le tableau Le déjeuner sur l’herbe de Renoir.

La France de 1968 de Jean-Louis Marzorati (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) La France en 1968 (nouvelle fenêtre) de Jean-Louis Marzorati. Éditions Hoëbeke

Au premier jour de 1968, la France est à l’apogée des « Trente Glorieuses « . Sa croissance spectaculaire et continue depuis 1959 la place parmi les grands pays industrialisés du monde. Pourtant, la société étouffe, la révolte gronde. 1968 est une année charnière : les femmes veulent être émancipées et se revendiquent du féminisme, les jeunes aspirent à des choix de vie différents de ceux de leurs aînés et de nombreux artistes et intellectuels s’arrêtent de produire, s’engageant dans la vie politique et l’acte militant. La France connaît alors une vague de contestation comme nulle autre : 9 millions de personnes, tous âges, milieux sociaux et professions confondus, se mettent  en grève… Publié bien en amont de tous les livres qui vont célébrer les quarante ans de Mai 68, La France de 1968 – illustré par une centaine de photos extraites des archives de l’Agence France-Presse et expliqué par les textes de Serge July et de Jean-Louis Marzorati – fait revivre non seulement ces fameuses journées qui devaient laisser une empreinte profonde et durable sur la société française, mais plus encore la société française de l’époque. Par-delà les barricades et le Quartier Latin, l’ouvrage est le portrait d’un pays en pleine mutation, dans ses villes et ses campagnes, dans son industrie et sa culture. Serge July analyse dans son avant-propos les enjeux, les causes et les conséquences de Mai 68, et Jean-Louis Marzorati  fournit des légendes très documentées des différentes photos d’époque de l’AFP. Un ouvrage indispensable pour comprendre les ressorts de cet évènement historique, loin de toute caricature…

La véritable histoire de Marianne qui vécut la grève de mai 1968 de Pascale Bouchié (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) La véritable histoire de Marianne qui vécut la grève de mai 1968 (nouvelle fenêtre) de Pascale Bouchié. Éditions Bayard

La véritable histoire de Marianne se passe à Paris il y a cinquante ans, en mai 1968. Les évènements parisiens se déroulent sous les yeux de Marianne, une fillette de CM2. Sa rencontre avec Patrick, un lycéen de terminale blessé dans les émeutes lui offre l’occasion de découvrir les dessous de ces évènements : de la fabrication des affiches de protestation des étudiants à l’école des Beaux-Arts, à leur diffusion. Chaque titre de chapitre reprend une maxime ou un slogan qui tapissait alors les murs des rues de la Capitale et qui ont fait de Mai 1968 un mouvement étudiant libertaire et surréaliste : « sous les pavés, la plage », « il est interdit d’interdire »…

Des documents informatifs accompagnés de photographies d’archives légendées ponctuent les aventures de Marianne et apportent un éclairage sur la période.

Le récit et les pages documentaires font de La véritable histoire de Marianne, qui vécut la grève de mai 1968, un ouvrage tout à fait accessible pour les enfants dès 8 ans et donneront  l’occasion d’échanger avec eux sur cet épisode qui a joué un rôle déterminant dans l’évolution de la société.

mourir a 30 ans de Romain Goupil (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Mourir à 30 ans (nouvelle fenêtre) de Romain Goupil

Mourir à 30 ans est un film documentaire de Romain Goupil, Caméra d’Or au Festival de Cannes en 1982, et César du meilleur Premier film.

Le film débute avec la mort en 1978 de Michel Recanati, compagnon de route des années lycée du réalisateur. Pourquoi en est t-il arrivé là ? Retour en arrière : nous sommes au milieu des années 60, Romain Goupil a 14 ans, il est passionné de cinéma, et filme tout, surtout sa bande de copains et ses vacances, avant de faire une rencontre capitale, celle de Michel Recanati en 1965 et de se détourner pour s’engager au sein des Comités d’actions lycéens. 1968, on retrouve Romain Goupil dans des réunions politiques au bistrot, dans des assemblées générales, dans des manifs. Sous la forme d’un journal filmé (avec en voix off Romain Goupil) composé d’images d’archives et de témoignages d’anciens militants en 1981, le réalisateur revient sur son passé et s’interroge sur son engagement politique et ses désillusions.

Le film d’une génération qui voulait tout envoyer promener.

Merci à Céline L., Nathalie F. et Nadia C. pour la rédaction de cet article !

Le coin de La Médiathèque d’avril 2018 prend de bonnes résolutions

16 Avr

Le printemps est enfin arrivé ! Cette douceur tant attendue est peut-être l’occasion de changer ses habitudes, de faire peau neuve ou d’aborder le quotidien autrement. Le coin de La Médiathèque d’avril vous propose cinq idées de bonnes résolutions de printemps à découvrir et qui sait, à mettre en pratique avant la fin du mois ?

Paris en famille (catalogue de la Médiathèque-nouvelle fenêtre) Paris en famille (nouvelle fenêtre). Éditions Graine 2

Avec enfin le soleil qui pointe le bout de son nez, pourquoi ne pas partir en expédition à Paris avec ses enfants ?

Tout d’abord une présentation historique de la capitale pose le cadre, puis toutes les informations susceptibles de rendre les escapades agréables sont dévoilées, collectées et référencées par quartier. Impossible alors de résister à l’appel de l’art dans les musées, de ne pas tester les attractions  approuvées par les rédactrices du guide, de passer à côté des bonnes adresses ou bien de rater les activités incontournables proposées en fonction de l’âge des enfants.

Se  croire à la campagne sur la Coulée verte, devenir Picasso au Musée en Herbe, rencontrer  la Joconde au Musée du Louvre, approcher les baleines dans la Grande Galerie de l’Évolution, se faire peur dans les catacombes, changer de continent au Musée du Quai Branly, chevaucher un dragon au Musée Cernuschi ! Il ne reste plus qu’à enfiler ses baskets pour partir à l’assaut du bitume et découvrir le Paris secret qui n’a pas échappé à ce guide …

Dans ma peau : une enveloppe moins superficielle qu'elle n'en a l'air de Yael Adler (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Dans ma peau : une enveloppe moins superficielle qu’elle n’en a l’air (nouvelle fenêtre) de Yael Adler. Éditions Solar

C’est le printemps, il est grand temps de faire peau neuve avant l’arrivée de l’été !

Dans son livre Dans ma peau, Yael Adler, dermatologue, phlébologue et nutritionniste, souligne le fait que nous en faisons trop pour cet organe, le plus vaste du corps humain, et qu’il est impératif de lever le pied pour laisser respirer notre peau.

Oubliez les livres médicaux ennuyeux et préparez-vous à être captivé par la peau, qui selon Yael Adler, dissimule de nombreux secrets qui méritent toute notre attention…

Ainsi vous apprendrez que « faire des UV ne permet absolument pas de se prémunir des coups de soleil ou de favoriser la production de vitamine D. L’intérêt de se faire rôtir sous un néon avant de partir en vacances n’est rien de plus qu’un mythe! » Mieux vaut boire un bon verre de jus d’orange par jour, en y ajoutant une petite goutte d’huile de lin…

Un essai scientifique qui allie humour et légèreté à la portée de tous !

Je mange sain et bio, même au boulot ! de Marie Chioca (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Je mange sain et bio, même au boulot ! (nouvelle fenêtre) de Marie Chioca. Éditions Terre Vivante

Manger sain, gourmand et nourrissant  tous les jours, surtout au travail, n’est pas chose aisée. Pourtant préparer ces «  lunch box »   avec de bons  produits et en équilibrant fibres, protéines et glucides reste le meilleur moyen de préserver santé, vitalité et  silhouette !

À travers les 45 recettes que propose Marie Chioca, auteure, créatrice et photographe culinaire, vous trouverez des idées simples et pratiques, à  peu de frais et rapides.

Du sandwich nordique à la salade César en passant par la terrine légère de poulet et poireaux, avec indice glycémique bas et sa version végétarienne, il y a des recettes pour tous les appétits et tous les goûts. Enfin quelques recettes sucrées, cookies, madeleines au yaourt, ou mugcakes au chocolat viennent clore cet ouvrage qui ravira vos papilles et votre balance !

Ma gym express : 50 exercices pour avoir une jolie silhouette de Véronique Schapiro-Chatenay (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Ma gym express : 50 exercices pour avoir une jolie silhouette (nouvelle fenêtre)  de Véronique Schapiro-Chatenay. Éditions Larousse

Les bonnes résolutions de janvier sont passées, mais en avril il n’est pas trop tard pour prendre soin de soi. Véronique Schapiro-Chatenay est consultante en posture et langage du corps. Selon elle, il y a une interaction entre le corps et le mental, et pour reprendre confiance en soi, il faut les travailler ensemble.

Dans cet ouvrage, elle propose une cinquantaine d’exercices pour remodeler sa silhouette. Une méthode à la carte, rapide et motivante, qui invite à travailler son corps, petit à petit, pour retrouver énergie et bien-être physique. Les exercices sont simples, bien expliqués et accompagnés de nombreux conseils. À faire un peu chaque jour, même pour celles et ceux qui n’ont jamais le temps… Un livre qui permet de prendre conscience de son corps, de le reconquérir et de trouver la bonne posture qui renforcera les muscles responsables du maintien. Alors prêt à vous sentir en pleine forme ?

Bon mois d’avril !

Merci à Line R., Sylvie Z., Françoise MG. et Alvina C. pour la rédaction de cet article 🙂

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