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Des bandes dessinées à télécharger sur le site de La Médiathèque !

29 Mar

Vous ne pouvez pas en emprunter à La Médiathèque pour le moment, mais vous pouvez en lire chez vous ! Sur ordinateur ou tablette (nous déconseillons la liseuse pour la lecture de BD car le format s’adapte mal) vous pouvez télécharger des BD parmi une soixantaine de titres proposés sur le site de La Médiathèque. Pour cela, il suffit de vous connecter à votre compte lecteur et de piocher dans la sélection « BD à télécharger » sur la page d’accueil du site. Cet article vous en propose une petite sélection.

Jusqu'au dernier

Jusqu’au dernier – Jérôme Félix (nouvelle fenêtre)

L’arrivée du chemin de fer signifie la fin des cow boys qui emmenaient les troupeaux jusqu’à Chicago, la fin donc du métier de Russell et de son acolyte Kirby, errant sur les routes vers le Montana. Un Western qui nous plonge dans une histoire de cow boys et de meurtres sur les terres du Wyoming.  Les dessins aux couleurs sombres, bleutées et pluvieuses, regorgent de détails pour une ambiance crépusculaire et pleine de tension. Une histoire complète en un volume, accessible sur le site de La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Negalyod

Negalyod – Vincent Perriot (nouvelle fenêtre)

Bande-dessinée futuriste où se mêlent les hommes et les dinosaures, des villes flottantes et le désert, des inégalités dans la population se trouvant des deux côtés, et bien sûr une histoire de vengeance. La question de l’eau est la problématique centrale de cette histoire, ce qu’elle pourrait être dans nos sociétés d’ici quelques années. Entre western et science-fiction, cette BD est également un hommage à Moebius (nouvelle fenêtre), dont vous pourrez retrouver les BD à La Médiathèque. Elle fut sélectionnée pour le prix BD Fnac France Inter de 2019.

Dans les forêts de Sibérie – Virgil Dureuil (nouvelle fenêtre)

Adaptation du livre éponyme de Sylvain Tesson (nouvelle fenêtre), Virgil Dureuil illustre cet exil de six mois en Sibérie que raconte l’auteur. Entre février et juillet 2010, il s’est isolé dans une cabane au bord du lac Baïkal, se débrouillant pour manger et ne croisant que de rares visiteurs. Une lecture qui nous fait voyager et relativiser sur notre besoin incessant de consommer. Et si jamais la BD et le roman vous ont plu et que vous en voulez encore, l’adaptation cinématographique existe en VOD (nouvelle fenêtre) sur le site de La Médiathèque, ainsi que la bande originale du film (nouvelle fenêtre). Pour se laisser bercer en rêvant d’ailleurs.

Mary jane

Mary Jane – Frank Le Gall et Damien Cuvillier (nouvelle fenêtre)

 

Angleterre, XIXe siècle, les bas fonds côtoient l’aristocratie anglaise. Mary Jane Kelly est une représentation de cette misère sociale sévissant dans les rues de Londres. Pauvreté, prostitution et crimes se mêlent dans un décor sombre. Cette BD est l’histoire d’une rencontre, ou plutôt de deux rencontres : celle de Mary Jane et de Jack l’Éventreur et celle de Frank Le Gall (nouvelle fenêtre) et Damien Cuvillier (nouvelle fenêtre), deux artistes reconnus dans le monde de la bande-dessinée. Si cette lecture vous plait, vous pouvez retrouver une autre BD à télécharger de Damien Cuvillier : Eldorado (nouvelle fenêtre).

Sur la route de West – Tillie Walden (nouvelle fenêtre)

Un road-trip sur les routes du Texas. Deux femmes qui se retrouvent et tentent d’échapper à leur passé. Une course-poursuite qui s’engage. Un résumé qui rappelle le film Thelma et Louise (nouvelle fenêtre) de Ridley Scott, bien que les critiques mentionnent un glissement du récit vers l’abstraction qui rappellerait le monde d’Alice au pays des merveilles, que vous pouvez retrouver en livre numérique (nouvelle fenêtre) ou dans plusieurs versions pour enfants, à lire ou à écouter sur le site de La Médiathèque.

Deux autres BD de l’auteur Tillie Walden seront à retrouver à La Médiathèque : Spinning (nouvelle fenêtre), et Dans un rayon de soleil (nouvelle fenêtre).

Une sélection qui peut être complétée par les titres suivants, accessibles également en téléchargement :

Après ces découvertes, n’hésitez pas à regarder nos sélections de livres, de bandes-dessinées, de musiques et de films à voir, écouter et lire via le site de La Médiathèque et grâce à votre carte de lecteur.

Les romans gothiques

24 Jan

La littérature gothique apparaît à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre et s’éteint vers 1830. Récits sombres, macabres, entre surnaturel, romantisme et histoire, c’est un sous-genre du fantastique. Les héros peuplant ces romans font émerger en nous des sentiments ambivalents. Entre admiration et peur, on se souvient de la créature de Frankenstein,  de Dracula ou encore du terrible M. Hyde. Les décors nous intriguent et nous plongent dans une ambiance glaçante et angoissante comme les paysages brumeux des Landes des « Hauts de Hurlevent » ou les abords du château de Dracula. Frissons et plaisir ressentis lors de ces lectures, La Médiathèque vous entraîne du côté obscur.

Les châteaux : lieu phare des intrigues

Les châteaux sont des lieux communs au déroulement des récits des romans gothiques. Ceci par nostalgie, à cette époque, des codes de l’architecture gothique. De même, on retrouve toujours des lieux d’apparence ordinaire en plein jour, et qui se chargent de mystères à la nuit tombée.

Le premier roman gothique de l’histoire, Le château d’Otrante, de Horace Walpole (1764), situe son récit dans la forteresse d’Otrante dans la région des Pouilles en Italie.  Il est toujours possible de visiter ce château aujourd’hui, bien qu’il ne ressemble pas au château gothique, sombre et pointu qu’on pourrait s’imaginer à la vue de certaine couverture du roman.

Dans Dracula, de Bram Stoker (1897) (nouvelle fenêtre), l’intrigue se passe dans un château, qu’on associe de nos jours au château de Bran, situé sur un col de montagne séparant la Transylvanie de la Valachie, en Roumanie. Château à l’allure gothique situé sur le territoire du prince Vlad Tepes, lequel a inspiré la légende de Dracula, il correspond idéalement à l’idée qu’on peut se faire du château du roman.

chateau bran roumanie dracula

Dracula étant un classique du genre gothique, de nombreux auteurs de bandes-dessinées en ont fait des adaptations. En voici deux :

Le château lugubre, isolé et délabré se retrouve également dans Les mystères d’Udolphe de Ann Radcliffe (1794) ainsi que d’autres événements surnaturels. Ce roman, référence du genre gothique par les thèmes qu’il aborde, est mentionné à la lecture de Northanger Abbey de Jane Austen (nouvelle fenêtre), publié à titre posthume en 1817.

Les personnages récurrents

On retrouve souvent les mêmes personnages type dans ces romans. Ils font référence aux tourments, à la possession, au mal et donnent aux histoires leur dimension surnaturelle et terrifiante. En voici quelques exemples :

Les hommes d’église

  • Le Moine, de Matthew G. Lewis (1796) (nouvelle fenêtre) : Censuré à sa publication, ce roman critique le monde religieux et lui lie des thèmes comme l’inceste, le parricide et la magie noire. Parmi d’autres histoires, on suit la vie de Frère Ambrosio qui pactise avec le Diable dans l’Espagne catholique du XVIIe siècle

Une adaptation cinématographique a été réalisée en 2010 avec Vincent Cassel, disponible en VOD avec votre carte de médiathèque (nouvelle fenêtre). Ou en DVD (nouvelle fenêtre).

Les femmes tentatrices

  • Plusieurs poèmes des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire (1857) (nouvelle fenêtre) font référence aux femmes. Notamment dans la partie «Spleen et Idéal» on retrouve des poèmes évoquant des femmes réelles, par exemple Jeanne Duval dans «Parfum exotique» ou Apollonie Sabatier dans «Semper Eadem»
  • Carmilla de Sheridan le Fanu (1871) (nouvelle fenêtre) : Carmilla regroupe deux figures inhérentes au roman gothique : la femme tentatrice et le vampire. Un autre thème est sous-jacent dans ce roman, celui de l’homosexualité féminine, développé à travers l’histoire d’amour entre Laura et Carmilla.

Les monstres

Pour ne citer que deux exemples : le personnage de Dracula (de Bram Stoker) qui fait référence à la figure du vampire. Le mot vient du slave « upir » dont la signification se rapproche de celle de « sorcière ». Et le monstre de Frankenstein dans le roman de Mary Shelley (1818) (nouvelle fenêtre), appelé également « démon » ou « créature » et qui montre l’obsession des hommes à vouloir percer le secret de la vie.

Les adaptations cinématographiques : Frankenstein Junior de Mel brooks (2001) (nouvelle fenêtre) ; Mary Shelley de Haifaa Al-mansour (2018) (nouvelle fenêtre). Egalement disponible en VOD (nouvelle fenêtre).

Outre ces « monstres » définis comme tels par leurs caractéristiques surnaturelles, de nombreux romans gothiques reprennent cette entité en l’appliquant aux hommes :

L’étrange cas du Docteur Jekyll et de M. Hyde, de Robert Louis Stevenson (1886) (nouvelle fenêtre)  : Le docteur Jekyll, obsédé par sa double personnalité, souhaite mettre au point un sérum qui séparerait son bon de son mauvais côté.  Homme possédé par le mal ou représentation de la dualité qui se trouve en chacun de nous, on se pose encore la question.

Le Horla de Maupassant (1887) (nouvelle fenêtre) : on retrouve la même problématique, l’homme est-il fou ou atteint d’une maladie rarissime qui le pousserait à voir des choses surnaturelles ?

D’autres romans gothiques

Bien que le genre finisse par s’éteindre au milieu du XIXe siècle, des romans actuels rappellent ces classiques. À travers leurs créatures imaginaires, leurs ambiances noires et leurs histoires d’amour tragiques, le genre gothique reste vivant au XXI siècle,  voici deux titres contemporains :

Quelques bandes-dessinées

Ce vaste panorama du genre gothique n’est pas exhaustif mais j’espère qu’il suscitera l’envie de découvrir ou de redécouvrir ces histoires. Vos avis et suggestions pour le compléter sont les bienvenus.

Déracinés

10 Oct

D’après la définition du dictionnaire : « Qui a quitté son milieu d’origine, son environnement, son pays. »

À toutes les époques, dans tous les pays, le phénomène de « déracinement » peut être mentionné. Au XVIIe siècle lors du commerce triangulaire, pendant le temps des colonisations, aujourd’hui lors des diasporas et des migrations. Volontaire ou forcé, le déracinement a un impact sur les identités personnelles, participe à la mixité des populations  et peut laisser des séquelles qui sont alors transmises de générations en générations. Les livres décrits dans cet article ont tous en commun de raconter des parcours personnels ou collectifs de déracinement et leurs conséquences.

La traite négrière

Racines, Alex Haley (1976) (nouvelle fenêtre)

racinesGrand classique parmi les romans traitant de l’esclavage, Racines est une épopée familiale sur plusieurs générations. L’histoire débute avec l’enlèvement du jeune Kounta Kinté en Gambie et son déracinement vers l’Amérique en 1767. On plonge dans le récit de cet homme et de ses descendants pendant deux siècles. À travers l’esclavage puis la ségrégation, l’auteur parle de ses origines. C’est une histoire d’héritage, de transmissions culturelles et de coutumes, mêlés à une grande part de l’histoire américaine.

Ce que vous ne saviez peut être pas : Prix Pulitzer en 1977, ce roman a plusieurs fois été remis en question, notamment pour la véracité de son histoire : Alex Haley prétend raconter l’histoire de sa famille, d’autres pensent que ce récit est inventé de toutes pièces. De même, l’auteur aurait reconnu avoir plagié quelques passages du livre de Harold Courlander, The African de 1967.

No home, Yaa Gyasi (2017) (nouvelle fenêtre)

no homeSe rapprochant du roman Racines de Alex Haley, No home retrace également la vie et la descendance de deux enfants, deux sœurs nées dans deux tribus rivales du Ghana. La différence est que le récit de Yaa Gyasi se sépare en deux destinées distinctes : l’une des fillettes est enfermée pour être vendue comme esclave, elle est donc emmenée aux États-Unis et la seconde fillette reste au Ghana et épouse un marchand d’esclaves anglais.

Des deux côtés de l’Atlantique on peut suivre et découvrir l’évolution d’une famille qui d’un côté côtoie et participe au commerce d’esclave et de l’autre tente de s’en échapper pour retrouver la liberté. C’est également deux cultures qui évoluent différemment, des habitudes qui se créées en fonction du lieu où l’on habite et pas forcément du lieu d’où l’on vient.

L’anecdote : Le titre original en anglais est Homegoing, qui signifie « rentrer à la maison », soit l’opposé du titre choisi par l’éditeur français : No Home, qui signifie « pas de maison ».

Washington black, Esi Edugyan (2019) (nouvelle fenêtre)

washington blackNotre troisième et plus récent roman sur la traite négrière et le déracinement outre-Atlantique : Washington Black. Washington Black c’est le nom de cet enfant noir qui travaille dans une plantation de canne à sucre de la Barbade en 1818. Il n’a pas été enlevé ou transporté en bateau, il est né dans la plantation. Pourtant on sent tout au long du roman qu’il cherche désespérément l’endroit d’où il vient, l’endroit où il se sentirait chez lui. On voyage donc avec lui vers le Grand-Nord, l’Angleterre ou encore le Maroc. Plus qu’un lieu, c’est une identité qu’il recherche, une famille à laquelle s’attacher et la sensation d’être aimé par quelqu’un.

L’info en + : C’est le troisième roman de l’auteur, Esi Edugyan, et son deuxième prix Giller. Le premier lui ayant été attribué pour 3 minutes 33 secondes.

Pocahontas et Minik

Pocahontas

73d38865fa271a6de966546d5bac86af--american-women-american-indiansL’histoire de Pocahontas est peut-être la plus connue, grâce notamment aux chers studios Disney qui en ont réalisé une adaptation en 1995. Mais c’est aussi une histoire vraie qui commence en 1607, date à laquelle les colons anglais fondent la nouvelle colonie de Jamestown dans le Nouveau Monde. S’appropriant les terres des tribus présentent sur le continent, les colons anglais ne tardent pas à entrer en confrontation avec les Amérindiens pour des questions de territoire. Baptisée puis mariée à un Anglais, Pocahontas est attirée par la culture de ces « hommes blancs » et par le christianisme, ce qui l’éloigne de sa tribu. Pourtant lors de son voyage à Londres, toutes les adaptations s’accordent à nous faire ressentir ce malaise, ce désarroi qu’elle pourrait ressentir face à ce monde civilisé, trop codifié et étouffant.

Plusieurs hypothèses entourent la légende de Pocahontas :

– Sa relation avec John Smith : pratiquement toutes les adaptations la mentionnent. Certaines comme une histoire d’amour, d’autres comme une histoire d’amitié. Les sources s’accordent à dire que Pocahontas aurait sauvé la vie de John Smith au moins une fois.

– Son nom de naissance serait « Matoaka » et sa tribu l’aurait surnommée « Pocahontas » qui signifie « petite dévergondée » à cause de son espièglerie étant enfant.

– Enlevée en 1613, elle aurait demeurée plus d’un an dans une colonie anglaise où elle aurait été baptisée et se serait mariée avec John Rolfe. Elle aurait alors pris le nom de Rebecca Rolfe.

– En 1616 elle aurait voyagé vers l’Angleterre accompagnée de onze autres powahtans pour montrer à la cour de Londres que les Amérindiens n’étaient pas une menace pour les Anglais. C’est à son retour qu’elle serait tombée malade (à cause de la pollution de Londres), tuberculose ou pneumonie, et cela lui aurait été fatal. Elle est alors âgée de 22 ans.

Les adaptations à lire ou à voir :

– La bande-dessinée de Loïc Locatelli et Kournwsky, Pocahontas – La princesse du nouveau monde (nouvelle fenêtre), une histoire séparée en trois actes : « Matoaka » « Pocahontas » et « Rebecca ». La dernière partie représentant bien la dualité des sentiments de Pocahontas entre un Londres fait de parures et de faux-semblants et une Amérique sauvage et libre.

– Le film réalisé par Terrence Malik, Le Nouveau Monde (2005) (nouvelle fenêtre). L’histoire est beaucoup plus centrée sur la relation entre Pocahontas et John Smith.

– Le livre de Nicole Bacharan, Good morning America : ceux qui ont inventé l’Amérique (nouvelle fenêtre). Elle dédie son premier chapitre à Pocahontas et tente de rester le plus fidèle possible à l’Histoire.

Minik

Groenland Manhattan , Chloé Cruchaudet (2008) – BD (nouvelle fenêtre)

groenland manhattanEn 1897, l’explorateur américain Robert Peary fait des excursions au Groenland dans le but d’atteindre le Pôle. Lors d’une expédition, il décide d’emmener avec lui à New York une famille d’esquimaux. Chloé Cruchaudet met en images le récit de Minik, cet enfant esquimau emmené en Amérique comme trophée, qui grandit auprès d’une famille américaine après la mort de son père. Le squelette de ce dernier est exposé au Museum d’Histoire naturelle et Minik tente de le récupérer pour pouvoir l’enterrer dignement et rentrer chez lui. Tiré d’une histoire vraie, ce récit traite du déracinement des populations dans un but lucratif. Finalement Minik ne se sent pas américain et pourtant quand il rentre chez lui il s’y sent également comme un étranger.minik

Pour en savoir plus : Ken Harper mène une enquête en 1980 sur le parcours de Minik, devenu tour à tour curiosité scientifique, bête de foire et, passé cet engouement, homme dépersonnalisé, pas tout à fait américain, ni esquimau. Retrouvez son livre Minik, l’esquimau déraciné à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Les colonisations 

Terra Australis, Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloux (2013) – BD (nouvelle fenêtre)

terra australisUn pavé de presque deux kilos pour conter l’histoire des bagnards d’Angleterre déportés en Australie qui s’appelait en 1784 « La Terre du Sud ». Comme pour toutes les histoires de colonisation, la rencontre avec les peuples originaires de cette Terra incognita ne se fait pas toujours en douceur. Ceux qui décident de ces voyages pensent en termes de territoire, de conquête et de rivalités, alors que les mille cinq cent prisonniers envoyés de force coloniser cette terre doivent s’adapter au climat, inventer un nouveau mode de vie et finalement, essayer de se sentir chez eux en gardant dans le cœur l’espoir de retrouver un jour leur patrie d’origine.

Florida, Jean Dytar (2018) – BD (nouvelle fenêtre)

floridaC’est au XVIe siècle que le projet de coloniser la Floride germe au sein de la communauté française des Huguenots.  Moins de deux cents hommes partent vers ce nouveau monde pour fuir les persécutions religieuses, dont notre personnage principal : Jacques Le Moyne, cartographe. Sur place, il faut faire face à la nature parfois hostile, au manque de ravitaillement, à la présence d’autres peuples et aux rivalités avec les autres pays européens colonisateurs. Une volonté de s’enraciner autre part, un espoir d’y être plus heureux peut-être, et finalement un retour à la réalité plus brutal.

D’autres idées de lecture

Pour nous faire part de vos lectures et nous conseiller d’autres romans, vous pouvez laisser vos avis sur le site de La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Imaginer le futur

12 Sep

Les listes de lectures font partie des bonnes résolutions de rentrée ou des programmes scolaires. Celles de romans dystopiques sont souvent les mêmes, on nous conseille 1984 (nouvelle fenêtre) de Georges Orwell ainsi que La ferme des animaux (nouvelle fenêtre), Le Meilleur des mondes (nouvelle fenêtre) d’Aldous Huxley ou encore Fahrenheit 451 (nouvelle fenêtre) de Ray Bradbury. Mais pourquoi ne pas se tourner vers d’autres lectures, plus récentes (romans ou bd), peut-être peu connues, mais dont les auteurs ont imaginé un monde fait de nouvelles règles, un monde avec de nouveaux paysages, des relations hommes/femmes qui ont évolué ou encore un monde où la nature a repris ses droits.

La dystopie – ou contre-utopie – est un genre fictionnel dépeignant une société imaginaire, dont l’organisation fait qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur (même si elle prône l’inverse). On présente la dystopie comme l’inverse de l’utopie car, au lieu de présenter un monde parfait, elle propose le pire qu’il soit et entend mettre le lecteur en garde contre de tels débordements (extrait de la définition donnée sur le site Babelio)

Les Romans

Vox - dalcherUn futur où les femmes n’ont pas le droit de parler. Ou plutôt si, mais elles sont limitées à cent mots par jour. Si elles dépassent ce quota, elles sont punies. Les femmes de n’importe quel âge, de leur naissance à leur mort. Ce roman, outre son intrigue principale, pose la question d’une société dirigée uniquement par des hommes, de l’éducation des enfants en fonction de leur sexe et de l’effet de groupe qui empêche les uns de se révolter et autorise les autres à cautionner les pires atrocités. Une idée originale qui rend la lecture divertissante et qui permet de réfléchir sur l’évolution de la société.

L'eliteDe nombreuses guerres à répétition ont détruit le monde que nous connaissons. La population vit dans ce qu’on appelle « La Communauté Unifiée » composée de plusieurs colonies qui tentent de reconstruire un monde vivable. Chaque année, à la façon du roman Hunger Games (nouvelle fenêtre) de Suzanne Collins des adolescents sont sélectionnés pour passer « Le Test », celui qui leur permettra d’accéder à l’université et de participer à l’amélioration du monde. Personne ne sait en quoi consiste ce test, personne n’est revenu pour en parler, aucun des gagnants précédents ne se souvient…Un premier tome qui se lit d’une traite et qui donne envie de lire les autres. Une bonne transition entre les romans jeunesses et les romans adultes, pour tous ceux qui aiment les romans d’anticipation.

La déclaration« Angleterre, 2140. Les adultes peuvent choisir de ne plus mourir s’ils renoncent à faire des enfants. Anna vit depuis presque toujours au Foyer de Grange Hal un pensionnat pour les Surplus, des enfants qui n’auraient pas dû naître, des enfants dont les parents ont défié la loi en les mettant au monde. Anna n’a plus de parents désormais. Confinée dans l’enceinte du pensionnat, elle travaille très dur, pour effacer leur faute. Anna a tout oublié de son passé. Jusqu’au jour où arrive un jeune garçon qui semble la connaître. Mais qui est ce Peter ? Pourquoi ne la laisse-t-il pas tranquille ? Et pourquoi elle, Anna, se sent-elle soudain si troublée ? A travers l’incroyable histoire d’Anna, et au fil de son carnet, son seul confident, un roman bouleversant sur la vitalité de l’adolescence. » Résumé du site Babelio

transparence dugain« À la fin des années 2060, la présidente française de Transparence, une société du numérique implantée en terre sauvage d’Islande, est accusée par la police locale d’avoir orchestré son propre assassinat. Or au même moment, son entreprise s’apprête à commercialiser le programme Endless, un projet révolutionnaire sur l’immortalité, qui consiste à transplanter l’âme humaine dans une enveloppe corporelle artificielle. Alors que la planète est gravement menacée par le réchauffement climatique, cette petite start-up qui est sur le point de prendre le contrôle du secteur numérique pourra-t-elle sauver l’humanité ? » Résumé du site Babelio.

Retrouvez-le également en version téléchargeable (nouvelle fenêtre) sur le site de la Médiathèque.

Le passeurRoman sorti en 1993 en Amérique et en 1994 en France, il est composé de quatre tomes : Le Passeur, L’Élue, Messager et Le Fils, dernier tome de la série sorti en 2014. Étudié dans certaines écoles, ce roman nous pousse à s’interroger. Jonas vit dans un monde sans émotions, sans conscience, sans souvenirs. Il n’y a ni douleur ni peine mais pas d’amour non plus. Chaque enfant se voit attribuer un rôle lors de ses douze ans. Jonas reçoit le plus important : le rôle de Receveur. Il sera gardien de la mémoire et des connaissances transmises par Le Passeur.

Une adaptation a été réalisée en 2014 par Phillip Noyce : The Giver.

D’autres idées de lecture :

Les bandes-dessinées

after deathDans un monde détruit par l’accumulation d’éléments néfastes, quelques milliers d’hommes et de femmes vivent dans un « refuge » au-dessus des nuages. Ce refuge leur procure un traitement qui leur permet de vivre éternellement, par cycle, en améliorant leur vie à chaque cycle. Jonah Cooke intègre de nouvelles fonctions pour quelques cycles : il doit écouter les bruits qui viennent « d’en bas » là où jadis l’humanité habitait, sous ces nuages aux couleurs étranges. Face à ce nouveau monde façonné par l’homme, Jonah se souvient de son passé et de sa vie sur Terre.  Scott Snyder dresse un scénario futuriste d’un homme en quête de soi-même et Jeff Lemire illustre ce nouveau monde avec des couleurs surnaturelles qui ne manquent pas de nous émerveiller.

Un récit de science-fiction où l’écologie est au centre de l’histoire. Des gens meurent sans explication, les animaux ont un comportement étrange…et si les arbres communiquaient entre eux et détenaient les secrets de l’univers ?

TERLes éditions Daniel Maghen ont un don pour publier des ouvrages aux illustrations envoûtantes. Patrick Prugne avec Iroquois (nouvelle fenêtre), Emmanuel Lepage avec La Lune est blanche (nouvelle fenêtre) ou encore Benjamin Lacombe avec Curiosités nous ont fait rêver avec leurs romans graphiques qu’on pourrait contempler pendant des heures. Avec TER, c’est la même chose, la couverture nous donne envie de le feuilleter et l’histoire nous transporte dans un monde futuriste où la population vit sur une terre qui n’est plus la Terre. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, car les réponses sur ce nouveau monde se trouvent sous leurs pieds.

KanopéEn 2137 seul une partie de l’Amazonie reste végétalisée et habitée par des espèces animales et humaines qui ont résisté à la radioactivité. Deux mondes s’opposent : la civilisation des villes avec le personnage de Jean qui se retrouvent dans la jungle pour fuir les autorités, et le monde sauvage avec Kanopé qui vit seule dans la jungle. Entre une histoire d’amour et une fable écologique, cette BD tout en légèreté nous questionne sur le monde de demain.

transperceneige extinctionsLe préquel de le bande-dessinée culte des années 80 de Jean-Marc Rochette et Jacques Lob, adaptée au cinéma en 2013 par Bong Joon-Ho (nouvelle fenêtre), palme d’or 2019 pour son film Parasite. Si vous ne connaissez pas Transperceneige (nouvelle fenêtre), c’est l’histoire d’un train, conçu pour tourner indéfiniment autour de la Terre sans s’arrêter. En effet la Terre évolue dans un perpétuel hiver où tout est gelé, excluant toute forme de vie. Les seuls survivants sont à bord de ce train, divisé en compartiments distincts, laissant les plus pauvres à l’arrière.

Le préquel « Transperceneige – extinction » revient sur l’avant. Qui a conçu ce train ? Pourquoi ? Qui peut y monter ?

Nouveau monde, nouvelles technologies, nouvelle génération : les 50/50. Ils vivent à moitié dans le réel, à moitié dans le virtuel. Ils sont les cobayes de l’expérience d’un monde totalement virtuel, où tout est possible.

D’autres idées de lecture dystopiques :

Dans toutes ces histoires d’anticipation, les auteurs imaginent un monde dévasté. Un monde où la nature n’existe plus, où les animaux sont rares et où seule une infime partie de l’humanité a survécu. Ou alors ce sont des histoires de sociétés totalement réformées où les libertés sont réduites et les gens n’ont plus de libre-arbitre. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire un roman de science-fiction qui présenterait une société meilleure ou un monde plus sain. Sommes-nous trop défaitistes ? Ou réalistes ?

Bonus : un de nos premiers articles ,  Vous avez dit dystopie, comme c’est bizarre… paru en 2013.

Voyages en terres désertiques

4 Mar

Vous rêvez de partir loin du bruit des klaxons et de l’agitation de la ville, vers des paysages grandioses, apaisants et envoûtants ? Les romans et bandes-dessinées présentés ci-après vous donneront un avant-goût de liberté et d’évasion. Leurs auteurs ont, pour la plupart, voyagé eux-mêmes dans ces contrées reculées. Ils nous livrent leur expérience, décrivent leurs aventures, leurs rencontres. Certains accompagnent leur témoignage d’illustrations à l’aquarelle, d’autres de photos. Autant de manière différente de nous faire voyager à travers les mots et les images avant, peut-être, de vraiment prendre le large.

Une sélection de romans 

Farallon Islands / Abby Geni (nouvelle fenêtre)

Une île dans l’océan Atlantique au large de San Francisco, cinq scientifiques, une photographe, quatre saisons, des mammifères marins et des oiseaux. L’intrigue de ce roman se déroule dans ce cadre, sur une île à la nature préservée. On y suit l’arrivée de Miranda la photographe. Elle découvre ses colocataires, chacun spécialiste d’un domaine animalier : les requins, les phoques ou encore les oiseaux. Et chacun avec sa personnalité : ermite, jovial, antipathique ou encore difficile à cerner. La vie de l’île est rythmée par les saisons, chaque saison donne la prépondérance à un scientifique et à son domaine d’étude. Miranda se fait l’observatrice de cette nature complexe et de ces relations particulières entre scientifiques et animaux.  En tant que lecteur on apprend comment chassent les requins, la dangerosité d’un goéland, mais surtout à découvrir les hommes et leur cohabitation, comme une espèce animale à part entière.

Retrouvez ce roman en version numérique téléchargeable (nouvelle fenêtre) !

Dans les forêts de Sibérie / Sylvain Tesson (nouvelle fenêtre)

Un homme. Six mois. Une cabane. Le silence. Le lac Baïkal. Ce sont les éléments qui composent le roman de Sylvain Tesson. Sa retraite dans les forêts de Sibérie, sa fuite. Sa tentative d’être heureux face à son impuissance pour changer le monde. Avoir du temps pour réfléchir, pêcher, lire, boire, discuter avec les rares personnes présentent dans ce lieu à l’écart de tout. Et se demander, est-ce la liberté ?

L’adaptation en film (nouvelle fenêtre) du roman de Sylvain Tesson est également disponible en DVD à La Médiathèque, ou en VOD sur La Médiathèque numérique(nouvelle fenêtre) grâce à votre carte de lecteur.

Le Totem du Loup / Jiang Rong (nouvelle fenêtre)

La Mongolie, sa population et son mode de vie nomade. L’adoration et la peur des loups. Les croyances si différentes de leurs voisins. Comment Chen Zhen peut-il s’adapter dans ce monde si différent du sien ? Ce jeune étudiant chinois est envoyé auprès des tribus nomades de Mongolie en 1967, pendant la révolution culturelle en Chine. Outre la dimension politique propre au récit et à l’évolution des sociétés mongoles, Jiang Rong nous plonge dans le monde des steppes asiatiques. Entre les aléas climatiques, les conditions de vie difficiles et la grande solidarité des familles  peuplant ce territoire, on suit l’adaptation du jeune Chen Zhen au fil des saisons.

L’adaptation en film : Le dernier Loup de Jean-Jacques Annaud (nouvelle fenêtre), est également disponible à La Médiathèque.

Bon baisers du Baïkal / Géraldine Dunbar (nouvelle fenêtre)

Recueil de nouvelles se déroulant dans des bourgades autour du lac Baïkal, Géraldine Dunbar décrit les relations entre les hommes et l’adaptation au climat avec plein de poésie. Ces nouvelles sont agréables à lire, elles nous transportent pour quelques heures autour de ce lac calme et paisible. Comme une parenthèse délicate et sensible qui donne des envies d’ailleurs.

D’autres idées de lecture…

En BD : focus sur un auteur, Emmanuel Lepage

Emmanuel Lepage est un dessinateur, et un voyageur. Il tente de lier son récit à la réalité en racontant ses voyages, ce qu’il a vécu, ce qu’il a lu. C’est l’authenticité de ses histoires et ses dessins envoûtants qui donnent envie d’en lire plus, et finalement de voyager vers ces contrées désolées.

Voyage aux îles de la Désolation / Emmanuel Lepage (nouvelle fenêtre)

En 2010 Emmanuel Lepage embarque sur le Marion Dufresnes, le navire ravitailleur des TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) qui fait deux rotations par an pour subvenir aux besoins des scientifiques. Les Terres Australes, ce sont les îles de Crozet, d’Amsterdam, de Saint-Paul et la plus connue, l’île de Kerguelen, autrefois appelées « Les îles de la Désolation ». Ce voyage est une opportunité unique d’entrer dans un monde sauvage et mystérieux où seuls les scientifiques posent généralement les pieds.

La Lune est blanche / Emmanuel et François Lepage (nouvelle fenêtre)

Emmanuel et François Lepage nous emmènent en Antarctique, au bout du monde, où les étendues blanches sont aussi belles qu’hostiles. Une terre qui n’appartient à aucun pays, où tous les scientifiques travaillent ensemble et où le tourisme n’a pas sa place. Une terre d’isolement et pourtant de rencontres, qui fait peur et donne envie. L’association des deux frères pour réaliser cette bande-dessinée reportage permet d’admirer les illustrations d’Emmanuel Lepage et les photographies de François Lepage. Pour des envies d’ailleurs et d’aventures.

Un printemps à Tchernobyl / Emmanuel Lepage (nouvelle fenêtre)

1986, la catastrophe de Tchernobyl. En 2008, c’est un paysage figé dans le temps que découvre Emmanuel Lepage, mandaté par l’association  Dessin’acteurs pour raconter la vie des survivants, ceux qui ont décidé de rester là-bas, malgré les risques. C’est une aventure mais aussi un défi pour notre voyageur qui a le sentiment de défier la mort. L’évolution des dessins et des couleurs donne vie à cette bande-dessinée et permet de voir la catastrophe de Tchernobyl sous un nouveau jour.

D’autres dessinateurs racontent leurs voyages … ou en inventent

Parenthèse Patagone / Aude Picault (nouvelle fenêtre)

Cette bande-dessinée est plutôt un carnet de bord. Aude Picault décide un jour de partir découvrir les canaux de Patagonie sur un voilier. Elle prend le large et nous fait part de son voyage en alternant les dessins à l’aquarelle, le récit de ses journées et les cartes de son voyage. Les aquarelles ont des lignes souples et des couleurs douces ce qui rend l’ensemble assez réaliste. Les dessins agrémentés de dialogues ont toujours une petite pointe d’humour qui rend la lecture très agréable.

Le chant du pluvier / Amandine Laprun et Joseph Béhé ; Erwann Surcouf (nouvelle fenêtre)

Pour renouer avec son père après la mort de sa mère, Guilhèm l’emmène pour un voyage au Groenland. Chacun doit réapprendre à vivre avec les habitudes de l’autre dans un univers dénué du confort quotidien. Découverte des icebergs et des coutumes locales, de la population. Les dessins alternent entre trois jeux de couleurs : les tons bleus, marrons et noir et blanc. Des photos du Groenland sont ajoutées à la fin du livre.

Terra Australis / LF Bollée et Philippe Nicloux (nouvelle fenêtre)

LF Bollée nous emmène en Australie, sur cette terre chère à son cœur. Il nous raconte son histoire, les débuts de sa colonisation, quand l’Angleterre y envoya ses prisonniers condamnés à la déportation. C’est une aventure dans laquelle on se plonge pendant 500 pages sans en démordre du début à la fin. Les dessins en noir et blanc de Philippe Nicloux son très précis, que ce soit pour les expressions du visage ou pour les contrastes des paysages. L’ensemble forme une harmonie qui plonge le lecteur dans l’univers de ce XVIIIe siècle et de ce périple vers « cette fameuse Terre du Sud », cette « Terra Australis Incognita ».

 

 

Et pour continuer ses lectures…

 

Il ne vous reste plus qu’à venir faire votre choix à La Médiathèque, et à nous conseiller d’autres lectures d’aventure !

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