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Voyages en terres désertiques

4 Mar

Vous rêvez de partir loin du bruit des klaxons et de l’agitation de la ville, vers des paysages grandioses, apaisants et envoûtants ? Les romans et bandes-dessinées présentés ci-après vous donneront un avant-goût de liberté et d’évasion. Leurs auteurs ont, pour la plupart, voyagé eux-mêmes dans ces contrées reculées. Ils nous livrent leur expérience, décrivent leurs aventures, leurs rencontres. Certains accompagnent leur témoignage d’illustrations à l’aquarelle, d’autres de photos. Autant de manière différente de nous faire voyager à travers les mots et les images avant, peut-être, de vraiment prendre le large.

Une sélection de romans 

Farallon Islands / Abby Geni (nouvelle fenêtre)

Une île dans l’océan Atlantique au large de San Francisco, cinq scientifiques, une photographe, quatre saisons, des mammifères marins et des oiseaux. L’intrigue de ce roman se déroule dans ce cadre, sur une île à la nature préservée. On y suit l’arrivée de Miranda la photographe. Elle découvre ses colocataires, chacun spécialiste d’un domaine animalier : les requins, les phoques ou encore les oiseaux. Et chacun avec sa personnalité : ermite, jovial, antipathique ou encore difficile à cerner. La vie de l’île est rythmée par les saisons, chaque saison donne la prépondérance à un scientifique et à son domaine d’étude. Miranda se fait l’observatrice de cette nature complexe et de ces relations particulières entre scientifiques et animaux.  En tant que lecteur on apprend comment chassent les requins, la dangerosité d’un goéland, mais surtout à découvrir les hommes et leur cohabitation, comme une espèce animale à part entière.

Retrouvez ce roman en version numérique téléchargeable (nouvelle fenêtre) !

Dans les forêts de Sibérie / Sylvain Tesson (nouvelle fenêtre)

Un homme. Six mois. Une cabane. Le silence. Le lac Baïkal. Ce sont les éléments qui composent le roman de Sylvain Tesson. Sa retraite dans les forêts de Sibérie, sa fuite. Sa tentative d’être heureux face à son impuissance pour changer le monde. Avoir du temps pour réfléchir, pêcher, lire, boire, discuter avec les rares personnes présentent dans ce lieu à l’écart de tout. Et se demander, est-ce la liberté ?

L’adaptation en film (nouvelle fenêtre) du roman de Sylvain Tesson est également disponible en DVD à La Médiathèque, ou en VOD sur La Médiathèque numérique(nouvelle fenêtre) grâce à votre carte de lecteur.

Le Totem du Loup / Jiang Rong (nouvelle fenêtre)

La Mongolie, sa population et son mode de vie nomade. L’adoration et la peur des loups. Les croyances si différentes de leurs voisins. Comment Chen Zhen peut-il s’adapter dans ce monde si différent du sien ? Ce jeune étudiant chinois est envoyé auprès des tribus nomades de Mongolie en 1967, pendant la révolution culturelle en Chine. Outre la dimension politique propre au récit et à l’évolution des sociétés mongoles, Jiang Rong nous plonge dans le monde des steppes asiatiques. Entre les aléas climatiques, les conditions de vie difficiles et la grande solidarité des familles  peuplant ce territoire, on suit l’adaptation du jeune Chen Zhen au fil des saisons.

L’adaptation en film : Le dernier Loup de Jean-Jacques Annaud (nouvelle fenêtre), est également disponible à La Médiathèque.

Bon baisers du Baïkal / Géraldine Dunbar (nouvelle fenêtre)

Recueil de nouvelles se déroulant dans des bourgades autour du lac Baïkal, Géraldine Dunbar décrit les relations entre les hommes et l’adaptation au climat avec plein de poésie. Ces nouvelles sont agréables à lire, elles nous transportent pour quelques heures autour de ce lac calme et paisible. Comme une parenthèse délicate et sensible qui donne des envies d’ailleurs.

D’autres idées de lecture…

En BD : focus sur un auteur, Emmanuel Lepage

Emmanuel Lepage est un dessinateur, et un voyageur. Il tente de lier son récit à la réalité en racontant ses voyages, ce qu’il a vécu, ce qu’il a lu. C’est l’authenticité de ses histoires et ses dessins envoûtants qui donnent envie d’en lire plus, et finalement de voyager vers ces contrées désolées.

Voyage aux îles de la Désolation / Emmanuel Lepage (nouvelle fenêtre)

En 2010 Emmanuel Lepage embarque sur le Marion Dufresnes, le navire ravitailleur des TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) qui fait deux rotations par an pour subvenir aux besoins des scientifiques. Les Terres Australes, ce sont les îles de Crozet, d’Amsterdam, de Saint-Paul et la plus connue, l’île de Kerguelen, autrefois appelées « Les îles de la Désolation ». Ce voyage est une opportunité unique d’entrer dans un monde sauvage et mystérieux où seuls les scientifiques posent généralement les pieds.

La Lune est blanche / Emmanuel et François Lepage (nouvelle fenêtre)

Emmanuel et François Lepage nous emmènent en Antarctique, au bout du monde, où les étendues blanches sont aussi belles qu’hostiles. Une terre qui n’appartient à aucun pays, où tous les scientifiques travaillent ensemble et où le tourisme n’a pas sa place. Une terre d’isolement et pourtant de rencontres, qui fait peur et donne envie. L’association des deux frères pour réaliser cette bande-dessinée reportage permet d’admirer les illustrations d’Emmanuel Lepage et les photographies de François Lepage. Pour des envies d’ailleurs et d’aventures.

Un printemps à Tchernobyl / Emmanuel Lepage (nouvelle fenêtre)

1986, la catastrophe de Tchernobyl. En 2008, c’est un paysage figé dans le temps que découvre Emmanuel Lepage, mandaté par l’association  Dessin’acteurs pour raconter la vie des survivants, ceux qui ont décidé de rester là-bas, malgré les risques. C’est une aventure mais aussi un défi pour notre voyageur qui a le sentiment de défier la mort. L’évolution des dessins et des couleurs donne vie à cette bande-dessinée et permet de voir la catastrophe de Tchernobyl sous un nouveau jour.

D’autres dessinateurs racontent leurs voyages … ou en inventent

Parenthèse Patagone / Aude Picault (nouvelle fenêtre)

Cette bande-dessinée est plutôt un carnet de bord. Aude Picault décide un jour de partir découvrir les canaux de Patagonie sur un voilier. Elle prend le large et nous fait part de son voyage en alternant les dessins à l’aquarelle, le récit de ses journées et les cartes de son voyage. Les aquarelles ont des lignes souples et des couleurs douces ce qui rend l’ensemble assez réaliste. Les dessins agrémentés de dialogues ont toujours une petite pointe d’humour qui rend la lecture très agréable.

Le chant du pluvier / Amandine Laprun et Joseph Béhé ; Erwann Surcouf (nouvelle fenêtre)

Pour renouer avec son père après la mort de sa mère, Guilhèm l’emmène pour un voyage au Groenland. Chacun doit réapprendre à vivre avec les habitudes de l’autre dans un univers dénué du confort quotidien. Découverte des icebergs et des coutumes locales, de la population. Les dessins alternent entre trois jeux de couleurs : les tons bleus, marrons et noir et blanc. Des photos du Groenland sont ajoutées à la fin du livre.

Terra Australis / LF Bollée et Philippe Nicloux (nouvelle fenêtre)

LF Bollée nous emmène en Australie, sur cette terre chère à son cœur. Il nous raconte son histoire, les débuts de sa colonisation, quand l’Angleterre y envoya ses prisonniers condamnés à la déportation. C’est une aventure dans laquelle on se plonge pendant 500 pages sans en démordre du début à la fin. Les dessins en noir et blanc de Philippe Nicloux son très précis, que ce soit pour les expressions du visage ou pour les contrastes des paysages. L’ensemble forme une harmonie qui plonge le lecteur dans l’univers de ce XVIIIe siècle et de ce périple vers « cette fameuse Terre du Sud », cette « Terra Australis Incognita ».

 

 

Et pour continuer ses lectures…

 

Il ne vous reste plus qu’à venir faire votre choix à La Médiathèque, et à nous conseiller d’autres lectures d’aventure !

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Les romans sur la Première Guerre mondiale

8 Nov

On ne compte plus les romans sur la Première Guerre mondiale. L’horreur de la Grande guerre, qu’on pensait être la dernière, a donné lieu à de nombreux témoignages sur les Poilus, les conditions de vie dans les tranchées ou la vie de ceux qui sont restés a l’arrière, de ceux qui attendent qu’un proche leur revienne et qui vivent dans la peur. À l’occasion de la commémoration du centenaire de l’Armistice de 1918, La Médiathèque vous propose une sélection de romans différents pour comprendre l’ampleur de ce conflit.

Le front et les tranchées

À l’ouest rien de nouveauErich Maria Remarque (nouvelle fenêtre) : Erich Maria Remarque est né en 1898 en Allemagne. Il a donc 16 ans quand débute la Première Guerre mondiale. Il est mobilisé en 1916 et raconte son quotidien et celui de ses camarades dans les tranchées. C’est un roman pacifiste sur le premier conflit mondial qui permet de se rendre compte que soldat allemand et soldat français partagent les mêmes conditions de vie au front. Erich Maria Remarque décrit la réalité de la guerre, ses dommages physiques et psychologiques et ses buts souvent trop lointains par rapport à la réalité des combats.

Il rencontre un grand succès à sa publication en 1929, puis son roman est adapté au cinéma en 1930 par Lewis Milestone (retrouvez ce film à La Médiathèque – nouvelle fenêtre). À la prise de pouvoir par Hitler en 1933 ses livres sont brûlés dans un autodafé et en 1938 Erich Maria Remarque est déchu de sa nationalité allemande. Il s’exile en Suisse puis aux États-Unis où il est naturalisé en 1947.

Erich Maria Remarque est également une des sources d’inspiration d’Edgar Hilsenrath (un auteur à (re)découvrir dans notre article : Aurez-vous assez de second degré pour vous lancer dans la lecture de… Edgar Hilsenrath ?), auteur de Le Nazi et le Barbier (nouvelle fenêtre) et Fuck America (nouvelle fenêtre).

L’adieu aux armesErnest Hemingway (nouvelle fenêtre) : roman d’essence autobiographique où la première Guerre Mondiale y est décrite du point de vue d’un ambulancier américain travaillant pour la Croix Rouge italienne. Métaphore d’une guerre absurde, ce roman décrit les sentiments des protagonistes sans saveur et l’amour parait insignifiant. Les événements racontés ne semblent pas susciter d’empathie de la part du personnage principal, tout est maussade et gris.

Voir également l’adaptation cinématographique de Frank Borzage (nouvelle fenêtre)

CrisLaurent Gaudé (nouvelle fenêtre) :  » Ils se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M’Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d’où ils s’élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l’insoutenable fraternité de la guerre de 1914. Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore retentit l’horrible cri de ce soldat fou qu’ils imaginent perdu entre les deux lignes du front : « l’homme-cochon ». A l’arrière, Jules, le permissionnaire, s’éloigne vers la vie normale, mais les voix des compagnons d’armes le poursuivent avec acharnement. Elles s’élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité, prenant en charge collectivement une narration incantatoire, qui nous plonge, nous aussi, dans l’immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissantes. » Résumé issu du site Internet des éditions Actes Sud (nouvelle fenêtre).

Voyage au bout de la nuitFerdinand Céline (nouvelle fenêtre) : la première Guerre Mondiale est la première étape de ce roman. Les tranchées, les ordres arbitraires des supérieurs hiérarchiques, la mort, tous ces événements participent à mettre fin à l’innocence de notre personnage Ferdinand Bardamu qui traverse les périodes historiques et les continents pour nous peindre une fresque du XXe siècle.

Les gueules cassées

La chambre des officiersMarc Dugain (nouvelle fenêtre) : roman qui a popularisé les blessés de la face, les gueules cassées. C’est le premier livre de Marc Dugain, romancier et réalisateur français. Il a reçu deux prix littéraires, celui des Libraires en 1998 et celui des Deux-Magots l’année suivante. Vous pouvez également trouver son adaptation cinématographique (nouvelle fenêtre) par le réalisateur François Dupeyron à La Médiathèque.

Au revoir là-hautPierre Lemaître (nouvelle fenêtre) : « Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu. Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants. » Babelio

Vous pouvez retrouver le roman (nouvelle fenêtre), le livre audio (nouvelle fenêtre), la bande dessinée (nouvelle fenêtre) et le film (nouvelle fenêtre) avec Albert Dupontel à La Médiathèque.

 

Les Poilus

Les croix de bois – Roland Dorgelès (nouvelle fenêtre) : journaliste engagé au front comme fantassin, Roland Dorgelès commence à écrire Les Croix de bois en 1918, à partir de notes prises sur le vif et de la correspondance adressée à sa maîtresse et à sa mère. Ce roman obtient le Prix Femina en 1919.

Il y raconte le quotidien des Poilus, la vie au front et dans les tranchées. Pour avoir sa vision complète de la guerre de 14, vous pouvez retrouver l’ensemble de ses récits dans « D’une guerre à l’autre : Les croix de bois, Le cabaret de la Belle Femme, Le réveil des morts, La drôle de guerre, Retour au front, carte d’identité » (nouvelle fenêtre) disponible à La Médiathèque.

 

L’amour

Un long dimanche de fiançailles – Sébastien Japrisot (nouvelle fenêtre) : Prix interallié en 1991, adapté au cinéma par Jean-Pierre Jeunet en 2004 (nouvelle fenêtre), ce roman de guerre et d’amour parle de séparation et de sentiments. Matilde fera tout ce qui est possible pour retrouver Manech, son amoureux parti au front et déclaré disparu.

14 Jean Echenoz (nouvelle fenêtre) : roman assez court sur le destin de cinq Poilus pendant la Première Guerre mondiale. Ce roman s’attarde plus sur le quotidien bouleversé des soldats que sur l’horreur de la guerre en général, sans pour autant l’occulter. Les sentiments des personnages sont mis en exergue et chaque détail du quotidien est décrit le plus fidèlement possible. Retrouvez également le livre audio lu par l’auteur (nouvelle fenêtre) à La Médiathèque.

 

Les témoignages

Ceux de 14Maurice Genevoix (nouvelle fenêtre) :  » Genevoix arrive au front à la fin du mois d’août comme sous-lieutenant au 106ème régiment d’infanterie stationné à Châlons-sur-Marne. Fort d’une très bonne résistance morale et physique, il fait face aux épreuves mais comme pour beaucoup de jeunes soldats la découverte de la guerre moderne est brutale en ces premiers mois meurtriers. Dès les premières semaines du conflit, il note dans ses carnets, sa guerre au jour le jour. Matière riche et vivante qu’il retravaillera in situ en recopiant ses carnets,  en les faisant lire et en les envoyant à ses correspondants. « Sous Verdun », premier des cinq ouvrages de Maurice Genevoix qui constitueront en 1949 « Ceux de 14 », parait en avril 1916. Blessé de trois balles un an auparavant, le jeune normalien passe seize mois en convalescence. Invalide à 70%, il est réformé et se consacre alors, jusqu’à la fin du conflit, au sort des orphelins de guerre en entrant au service de la fraternité franco-américaine. » Résumé tiré du site internet « La Grande Guerre en dessins » (nouvelle fenêtre)

Compagnie KWilliam March (nouvelle fenêtre) : un classique américain de la guerre des tranchées. Dans la droite ligne de A l’ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque, nous voyons la guerre du côté américain cette fois-ci. C’est la découverte de la guerre et du front par des soldats de l’US Marines, débarqués en 1917 en France.  C’est une multitude de témoignages, de vie et  d’émotions qui transparaissent dans ce roman. L’histoire s’inspire de celle de son auteur, William March (William Edward Campbell), un écrivain américain né à Mobile le 18 septembre 1893 et mort à La Nouvelle-Orléans en Louisiane le 15 mai 1954. Vous pouvez également télécharger ce roman en version numérique (nouvelle fenêtre) sur le site de La Médiathèque.

La main coupée, et autres récits de guerre Blaise Cendrars (nouvelle fenêtre) :  » En août 1914, un jeune poète suisse qui réside à Paris s’engage comme volontaire dans l’armée française. Bientôt reversé dans la Légion étrangère, Blaise Cendrars (1887-1961) combat sur le front de Somme puis il prend part à la grande offensive de Champagne. Grièvement blessé le 28 septembre 1915, à l’assaut des tranchées allemandes, il est amputé de son bras droit de combattant et d’écrivain. Il sera désormais le manchot des lettres françaises.Tout au long d’une œuvre abondante et d’une grande diversité, Cendrars est revenu sur l’année qu’il a passée au front et sur ses souvenirs de la Grande Guerre. Condamnant les idéologies qui ont déchaîné et exploité la violence, l’ancien caporal prend le parti des hommes dont il a partagé le combat et les souffrances. Avec une froide lucidité, il montre comment la civilisation européenne a sabordé ses valeurs pour se transformer en machine de guerre. Grande figure de la poésie moderne, ami d’Apollinaire, de Chagall et de Léger, l’auteur de La Prose du Transsibérien, de Moravagine et de L’Homme foudroyé est un témoin majeur de la Première Guerre mondiale qui a ravagé sans retour le monde contemporain et bouleversé sa vie d’homme et de poète. » Critique issue des Éditions Denoël (nouvelle fenêtre)

Un roman policier

tranchecailleTranchecaillePatrick Pécherot (nouvelle fenêtre) :  » Chemin des Dames, 1917, l’offensive du général Nivelle tourne à l’hécatombe. Dans l’enfer des combats, un conseil de guerre s’apprête à juger le soldat Jonas, accusé d’avoir assassiné son lieutenant. Devant l’officier chargé de le défendre défilent, comme des fantômes, les témoins harassés d’un drame qui les dépasse. Coupable ? Innocent ? Jonas est-il un simulateur ou un esprit simple ? Le capitaine Duparc n’a que quelques jours pour établir la vérité. Et découvrir qui est réellement celui que ses camarades ont surnommé Tranchecaille. »  Résumé issu de Babelio.

La poésie

calligrammes-9782070300082_0CalligrammesGuillaume Apollinaire (nouvelle fenêtre) : « Dans la revue «Les Soirées de Paris» qu’il a fondé deux ans auparavant, Apollinaire, journaliste et poète, signe, en 1914, cinq poèmes figuratifs, créations auxquelles il donne le nom d’idéogrammes. Il envisage alors de faire publier en album sous le titre de Et moi aussi je suis peintre, un ensemble d’«idéogrammes lyriques et coloriés». L’album ne paraîtra pas car au mois d’août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France: c’est le début de la première guerre mondiale et Apollinaire s’engage dans l’armée. Même s’il part se battre au front, il continue à écrire de nouveaux idéogrammes lyriques. En 1916, gravement blessé à la tête, il est transféré à Paris pour être opéré et suivre une longue convalescence durant laquelle il reprend ses activités littéraires : en 1918, le nouveau recueil qu’il intitulera Calligrammes, poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916) est publié. Il réunit vingt-quatre poèmes dont une vingtaine de calligrammes. » Extrait de l’analyse du poème Calligrammes (nouvelle fenêtre)

 

L’illustration d’en-tête est tirée de la fresque de 60 mètres réalisée par Joe Sacco en 2016 pour le musée Thiepval (nouvelle fenêtre) dans la Somme.

Pour les amateurs d’art et d’illustrations : la gravure

26 Avr

La gravure est l’art de creuser différents supports pour faire ressortir un motif qui est alors encré et passé dans une presse, ce qui donne une image imprimée. Ce résultat s’appelle une estampe (voir La gravure de Maria Cristina Paoluzzi (nouvelle fenêtre) pour plus de précisions sur l’histoire de la gravure).

Plusieurs techniques de gravures permettent de réaliser des illustrations :

– La gravure sur bois (ou xylogravure) est l’une des plus anciennes. Elle aurait été pratiquée dès le VIIe siècle en Asie. En Occident, la plus ancienne pièce de bois gravée daterait de 1370 et a été retrouvée en 1899 : c’est le bois Protat (voir le blog de la BNF pour plus de précisions (nouvelle fenêtre) )

– La linogravure (ou gravure sur linoléum) est une technique dérivée de la gravure sur bois, où le bois est remplacé par le linoléum. Ce matériau apparait en Angleterre en 1863. Il est d’abord utilisé pour recouvrir les sols puis sert de support à la gravure à partir de 1900.

– La carte à gratter est issue du « dessin par grattage » connu depuis l’Antiquité. À l’origine du graffiti, cette technique consiste à superposer plusieurs couches de plâtre que l’artiste gratte pour faire apparaître la couche inférieure. Aujourd’hui, la carte à gratter est réalisée à base de carton enduit d’une pâte qu’on peut recouvrir d’encre de Chine noire pour des illustrations en noir et blanc par exemple. Dans ces illustrations, le noir est la couleur principale, elle constitue le fond de l’image.

Ces différentes techniques sont classées par ordre de difficulté, le linoléum étant plus souple et donc plus facile à creuser que le bois ; et la carte à gratter ne nécessitant qu’une plume bien taillée ou tout outil permettant de faire apparaître la couche inférieure du support. Pour ceux qui souhaitent tenter l’expérience, par exemple lors d’un dimanche après-midi pluvieux, une gomme ou une pomme de terre peuvent faire office de support.

Les artistes utilisant ces techniques sont peu nombreux dans le domaine des livres illustrés. C’est un travail long et peu précis qui ne laisse pas beaucoup de place aux détails. Mais ceux qui se sont lancés dans cette aventure nous permettent aujourd’hui d’admirer avec un œil nouveau des ouvrages aux illustrations remarquables.

Les livres illustrés en linogravure :

L’illustratrice Joëlle Jolivet utilise régulièrement cette technique :

Dans le livre, Fani Marceau & Joëlle Jolivet (nouvelle fenêtre)

365 pingouins, Jean-Luc Fromental & Joëlle Jolivet (nouvelle fenêtre) : une façon ludique et amusante d’apprendre à compter.

 

Également, Solenne et Thomas, deux graphistes illustrateurs freelance du Studio Tomso (nouvelle fenêtre)  utilisent la linogravure comme technique d’illustration dans un ouvrage jeunesse appelé L’oiseau d’or (nouvelle fenêtre), sur l’ouverture au monde. Chaque planche au format panoramique met à l’honneur une gravure en couleur et un animal.  L’oiseau d’or présent sur toutes les pages est recouvert d’une fine feuille dorée reconnaissable à la vue et au toucher.oiseau-or

 

Les livres illustrés à la carte à gratter (principalement des bandes-dessinées) :

L’auteur suisse de Bandes-dessinées Thomas Ott est l’un des rares auteurs contemporains à travailler avec la carte à gratter  :

Cinema panopticum, Thomas Ott (nouvelle fenêtre).  Aucun dialogue, une attraction, cinq histoires et une atmosphère oppressante. Voici les principaux ingrédients de travail de Thomas Ott pour l’écriture de cette bande-dessinée.

73304-23-4153-6-96-8, Thomas Ott (nouvelle fenêtre). A quoi peut bien correspondre cette suite de numéros me direz-vous. Pour le savoir, il faudra lire cette bande-dessinée. Et par « lire » j’entends « observer attentivement les images » car comme vous l’aurez compris, la marque principale de Thomas Ott est l’absence de dialogue.

Dark Country, Thomas Ott (nouvelle fenêtre) . L’acteur et réalisateur Thomas Jane réalisa en 2008 un film appelé Dark Country. Connaissant et appréciant le travail de Thomas Ott, il demande à ce dernier d’en écrire la bande-dessinée, librement adaptée. Thomas Ott interprète donc cette histoire à sa façon, sans avoir vu le film au préalable.

Autres exemples :dracula hippolyte

  • La bande dessinée adaptée du roman de Bram Stoker : Dracula, de Hippolyte (nouvelle fenêtre) .
  • En 1974 Jacques Tardi publie une bande-dessinée intitulée Le démon des glaces, dont les illustrations sont toutes réalisées à la carte à gratter.Tardi

Les documentaires illustrés en gravures :

Pour aller plus loin :

 

La guerre en BD (3), les autres guerres

7 Mar

Il est difficile de trouver des bandes dessinées jeunesse sur d’autres guerres que la Première et la Seconde Guerre mondiale. Cette catégorie n’offre donc qu’une bibliographie pour adultes, à mon grand regret. Les récits les plus marquants viennent de ceux qui se sont déplacés pour rendre compte des évènements le plus fidèlement possible (comme Zerocalcare et Joe Sacco). Ou de ceux qui ont vécu les évènements et racontent leur histoire comme Marcelino Truong, exposé du 5 au 25 mars à La Médiathèque (nouvelle fenêtre)  et présent le 11 mars au Salon du Roman Historique de Levallois 2018 (nouvelle fenêtre).

Adulte :

Jamais je n’aurais 20 ans, Jaime Martin (nouvelle fenêtre) : cette bande dessinée raconte la vie d’une jeune fille pendant la guerre civile espagnole (1936—1939). Résistante, Isabel suit son futur mari, chef d’une cellule locale, dans sa fuite contre la répression.

Palestine, dans la bande de gaza (nouvelle fenêtre) & Palestine : une nation occupée (nouvelle fenêtre), Joe Sacco : Dans ces deux volumes, Joe Sacco nous décrit ses expériences à Jérusalem, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza durant l’hiver 1991-1992.

Gaza 1956, Joe Sacco (nouvelle fenêtre) : l’auteur a été sur le terrain (bande de Gaza) pour récolter les souvenirs  de deux incidents de 1956 : les meurtres de Khan Younis et les tueries de Rafah. Cinquante ans plus tard, il essaye d’éclaircir ces évènements minorés par la presse et l’ONU.

Un maillot pour l’Algérie, Bertrand Galic, Kris et Javi Rey (nouvelle fenêtre) : les valeurs de l’indépendance vues à travers le sport.  Des footballeurs se préparant à jouer la coupe du monde sous le maillot de la France quittent tout pour jouer sous le maillot de l’Algérie, un pays qui n’existe pas encore.

Kobane Calling, Zerocalcare (nouvelle fenêtre) : Kobané, c’est la ville dans laquelle Zerocalcare est envoyé en tant que reporter. Au nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie, l’armée Kurde est en lutte contre l’État islamique. Zerocalcare tente de décrire son quotidien à la frontière turque, toujours avec un langage propre à lui et humoristique.

Une si jolie petite guerre, Marcelino Truong (nouvelle fenêtre) : roman graphique en deux tomes sur la guerre du Vietnam. Marcelino Truong porte un regard d’enfant sur cette guerre. Il nous fait part de ses incompréhensions, de sa vision de la guerre alors que lui et sa famille viennent de s’installer à Saigon. Face à son histoire, on retrouve l’histoire politique de la guerre du Vietnam : l’endiguement du communisme par les États-Unis, sous couvert de protection des populations.

Matteo, Jean-Pierre Gibrat (nouvelle fenêtre) : « Récit romanesque de haute tenue, composé de quatre époques, Mattéo raconte la destinée singulière d’un homme qui, de 1914 à 1939, de la guerre de 14 à la Seconde Guerre mondiale, en passant par la révolution russe, le Front Populaire et la guerre d’Espagne, traversera époques tumultueuses et passions exacerbées. Finalement, comme malgré lui, Mattéo sera de toutes les guerres, celles qui auront embrasé les premières décennies du XXe siècle en mettant à mal son pacifisme militant, comme celles qui meurtriront son cœur d’amoureux éconduit » Bedethèque.

Comme  pour la Première Guerre mondiale (La guerre en BD 1), et La Seconde Guerre mondiale (La guerre en BD 2), cette sélection n’est pas exhaustive et ne mentionne que les documents présents à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

À vous de nous proposer dans les suggestions des BD singulières qui offrent un regard nouveau sur la guerre !

Pour tous les amateurs d’Histoire et de bande dessinée, n’oubliez pas de passer au Salon du Roman Historique de Levallois le dimanche 11 mars 2018 où un vingtaine d’auteurs-illustrateurs de BD (liste des invités -nouvelle fenêtre) seront présents et dédicaceront leurs livres.

Parmi eux, Marcelino Truong, exposé à La Médiathèque du lundi 5 mars au dimanche 25 mars 2018 (nouvelle fenêtre) participera à une rencontre intitulée Raconter l’Histoire, une histoire à part (nouvelle fenêtre) à La Médiathèque le vendredi 9 et  sera présent le dimanche 11 mars au Salon (Hôtel de ville de Levallois) où il dédicacera ses livres et animera un atelier pour les enfants.

BONUS : les articles La voix des auteurs, Marcelino Truong et Marcelino Truong raconte une si jolie petite guerre publiés à l’occasion de la sortie de la BD en 2014 sur le blog Liseur !

La guerre en BD (2), la Seconde Guerre mondiale

3 Mar

La plupart des bandes dessinées jeunesse sur la Seconde Guerre mondiale mettent en scène des enfants. C’est un moyen plus efficace de toucher nos jeunes lecteurs, car ils peuvent s’identifier directement aux personnages et peut-être se demander : « À leur place, qu’aurais-je fait ? ». Les bandes dessinées adultes sont quant à elles des témoignages ou des fictions qui mettent en lumière des aspects de la guerre parfois oubliés.

Jeunesse :

Les enfants de la résistance, Vincent Dugomier (nouvelle fenêtre) : bande dessinée en trois tomes sur trois enfants grandissant au début de la Seconde guerre mondiale. Souhaitant aider leurs parents et les habitants de leur village, ils créent anonymement et innocemment un réseau de résistance et d’espoir qui s’étend à tout le village et au-delà.

Irena, Séverine Tréfouël (nouvelle fenêtre) : figure oubliée dans les livres d’histoire, Irena Sendlerowa est une résistante et militante polonaise qui apporta de l’aide dans le camp de Varsovie pendant la Seconde guerre mondiale. Elle aida notamment 2500 enfants à s’échapper. Cette bande dessinée est une adaptation de son histoire. Trois tomes ont été publiés, la série est actuellement en cours.

Rescapés de la Shoah, Zane Whittingham / Ryan Jones (nouvelle fenêtre) : six enfants, six témoignages, si histoires. Ils ont survécu à la Shoah et racontent ce qu’il s’est passé, comment ils l’ont vécu. Les dessins sont simples et représentatifs. En fin d’ouvrage, on trouve une photo actuelle des six enfants, un glossaire et une chronologie.

Journal d’Anne Frank, Antoine Ozanam et Nadji (nouvelle fenêtre) : adaptation jeunesse du journal incontournable de la seconde guerre mondiale.

L’envolée sauvage, Laurent Galandon (nouvelle fenêtre) : 1941, dans un orphelinat loin du front et de la guerre. Simon est juif et passionné par les oiseaux. L’antisémitisme n’épargne personne et Simon est bientôt obligé de fuir, confronté à la bêtise humaine.  Un série en quatre tomes.

Adulte :

Dent d’ours, Yann (nouvelle fenêtre) : trois amis d’enfance, Werner, Hanna et Max, deux allemands et un juif, vivent en Allemagne dans les années 30. Aux lois de Nuremberg de 1935 succèdent la Nuit de Cristal de 1938 puis l’entrée en guerre en 1939. Ces trois amis passionnés par l’aviation voient leur amitié mise à l’épreuve quand Werner et Hanna doivent entrer dans les jeunesses hitlériennes pour continuer l’aviation alors que Max et sa famille sont progressivement rejetés de la société.

Gen d’Hiroshima, Keiji Nakazawa (nouvelle fenêtre)  : une série de manga en dix tomes, qui racontent la vie d’un petit garçon en 1945 pendant la guerre. Il tente de survivre aux privations avec sa famille, jusqu’à ce que la bombe explose… Cette série est en partie autobiographique et raconte la vie de l’auteur, Keiji Nakazawa, rescapé du bombardement d’Hiroshima.

Hitler, Shigeru Mizuki (nouvelle fenêtre) : c’est l’histoire de l’artiste non reconnu, de celui qui a été par deux fois refusé aux Beaux-Arts. Celui qui s’est senti investi d’une mission divine de faire de l’Allemagne un « empire de mille ans ». Celui qui est à l’origine du second conflit mondial et de millions de morts.

Au revoir là-haut, Christian de Metter (nouvelle fenêtre) : bande-dessinée adaptée du célèbre roman de Pierre Lemaître.

La dernière cigarette, Nikolavitch / Botta (nouvelle fenêtre)  : 1943, un Russe et un Allemand se retrouvent isolés dans une cabane le temps d’une nuit…le temps d’une trêve humaine.

Il était une fois en France, Fabien Nury (nouvelle fenêtre) : Joseph Joanovici est un juif roumain sous l’occupation. Criminel ou héro, cela dépend des points de vue. Il était ferrailleur et fournissait du métal pour les autorités allemandes. Cette bande-dessinée en six tomes raconte son histoire, de son ascension à sa chute.

Maus, Art Spiegelman (nouvelle fenêtre) : première BD à être récompensée par le prix Pulitzer en 1992, Maus aborde la question juive pendant la Seconde guerre mondiale. Les Nazis sont représentés par des chats, les Juifs par des souris. Art Spiegelman raconte l’histoire de Vladek Spiegelman son père à partir des années 30 ; mais aussi sa propre histoire à New York dans les années 70. La dimension humaine est ce qui fait de cette bande-dessinée un chef d’œuvre.

Collaboration horizontale, Navie et Carole Maurel (nouvelle fenêtre) : ce qu’on retient de la guerre ce sont les combats, les milliers de morts et toutes les destructions. Mais même pendant la guerre naît l’amour. C’est le cas dans cet immeuble où vivent plusieurs femmes, toutes solidaires sous l’Occupation. L’une d’entre elles tombe amoureuse d’un Allemand. Entre aide et trahison, la limite est parfois fine.

Le journal d’Anne Frank, Ari Folman et David Polonsky (nouvelle fenêtre) : le classique revisité en roman graphique. Le scénario est de Ari Folman et les illustrations sont de David Polonsky.

Ma guerre – De la Rochelle à Dachau, Tiburce Oger (nouvelle fenêtre) : adaptation du témoignage de Guy-Pierre Gautier, le grand-père de l’auteur. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale puis survivant aux camps, son témoignage nous permet de comprendre et surtout de ne pas oublier.

 

Palestine, dans la bande de gaza (nouvelle fenêtre) & Palestine : une nation occupée (nouvelle fenêtre), Joe Sacco : Dans ces deux volumes, Joe Sacco nous décrit ses expériences à Jérusalem, en Cisjordanie et

Matteo, Jean-Pierre Gibrat (nouvelle fenêtre) : « Récit romanesque de haute tenue, composé de quatre époques, Mattéo raconte la destinée singulière d’un homme qui, de 1914 à 1939, de la guerre de 14 à la Seconde Guerre mondiale, en passant par la révolution russe, le Front Populaire et la guerre d’Espagne, traversera époques tumultueuses et passions exacerbées. Finalement, comme malgré lui, Mattéo sera de toutes les guerres, celles qui auront embrasé les premières décennies du XXe siècle en mettant à mal son pacifisme militant, comme celles qui meurtriront son cœur d’amoureux éconduit » Bedethèque.

Après La guerre en BD (1), la Première guerre mondiale retrouvez très prochainement sur Liseur la suite de ces propositions de lecture avec  La guerre en BD (3) les autres guerres.

RAPPEL : n’oubliez pas de venir jetez un coup d’œil à l‘exposition D’une guerre à l’autre de Marcelino Truong  présentée à la médiathèque Gustave-Eiffel du lundi 5 mars jusqu’au dimanche 25 mars, dans le cadre du Salon du Roman Historique de Levallois 2018 (nouvelle fenêtre). 

Participant à une rencontre intitulée Raconter l’Histoire, une histoire à part à La Médiathèque le vendredi 9 mars, Marcelino Truong sera présent le dimanche 11 mars au Salon (Hôtel de ville de Levallois) où il dédicacera ses livres et animera un atelier pour les enfants.

 

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