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Déracinés

10 Oct

D’après la définition du dictionnaire : « Qui a quitté son milieu d’origine, son environnement, son pays. »

À toutes les époques, dans tous les pays, le phénomène de « déracinement » peut être mentionné. Au XVIIe siècle lors du commerce triangulaire, pendant le temps des colonisations, aujourd’hui lors des diasporas et des migrations. Volontaire ou forcé, le déracinement a un impact sur les identités personnelles, participe à la mixité des populations  et peut laisser des séquelles qui sont alors transmises de générations en générations. Les livres décrits dans cet article ont tous en commun de raconter des parcours personnels ou collectifs de déracinement et leurs conséquences.

La traite négrière

Racines, Alex Haley (1976) (nouvelle fenêtre)

racinesGrand classique parmi les romans traitant de l’esclavage, Racines est une épopée familiale sur plusieurs générations. L’histoire débute avec l’enlèvement du jeune Kounta Kinté en Gambie et son déracinement vers l’Amérique en 1767. On plonge dans le récit de cet homme et de ses descendants pendant deux siècles. À travers l’esclavage puis la ségrégation, l’auteur parle de ses origines. C’est une histoire d’héritage, de transmissions culturelles et de coutumes, mêlés à une grande part de l’histoire américaine.

Ce que vous ne saviez peut être pas : Prix Pulitzer en 1977, ce roman a plusieurs fois été remis en question, notamment pour la véracité de son histoire : Alex Haley prétend raconter l’histoire de sa famille, d’autres pensent que ce récit est inventé de toutes pièces. De même, l’auteur aurait reconnu avoir plagié quelques passages du livre de Harold Courlander, The African de 1967.

No home, Yaa Gyasi (2017) (nouvelle fenêtre)

no homeSe rapprochant du roman Racines de Alex Haley, No home retrace également la vie et la descendance de deux enfants, deux sœurs nées dans deux tribus rivales du Ghana. La différence est que le récit de Yaa Gyasi se sépare en deux destinées distinctes : l’une des fillettes est enfermée pour être vendue comme esclave, elle est donc emmenée aux États-Unis et la seconde fillette reste au Ghana et épouse un marchand d’esclaves anglais.

Des deux côtés de l’Atlantique on peut suivre et découvrir l’évolution d’une famille qui d’un côté côtoie et participe au commerce d’esclave et de l’autre tente de s’en échapper pour retrouver la liberté. C’est également deux cultures qui évoluent différemment, des habitudes qui se créées en fonction du lieu où l’on habite et pas forcément du lieu d’où l’on vient.

L’anecdote : Le titre original en anglais est Homegoing, qui signifie « rentrer à la maison », soit l’opposé du titre choisi par l’éditeur français : No Home, qui signifie « pas de maison ».

Washington black, Esi Edugyan (2019) (nouvelle fenêtre)

washington blackNotre troisième et plus récent roman sur la traite négrière et le déracinement outre-Atlantique : Washington Black. Washington Black c’est le nom de cet enfant noir qui travaille dans une plantation de canne à sucre de la Barbade en 1818. Il n’a pas été enlevé ou transporté en bateau, il est né dans la plantation. Pourtant on sent tout au long du roman qu’il cherche désespérément l’endroit d’où il vient, l’endroit où il se sentirait chez lui. On voyage donc avec lui vers le Grand-Nord, l’Angleterre ou encore le Maroc. Plus qu’un lieu, c’est une identité qu’il recherche, une famille à laquelle s’attacher et la sensation d’être aimé par quelqu’un.

L’info en + : C’est le troisième roman de l’auteur, Esi Edugyan, et son deuxième prix Giller. Le premier lui ayant été attribué pour 3 minutes 33 secondes.

Pocahontas et Minik

Pocahontas

73d38865fa271a6de966546d5bac86af--american-women-american-indiansL’histoire de Pocahontas est peut-être la plus connue, grâce notamment aux chers studios Disney qui en ont réalisé une adaptation en 1995. Mais c’est aussi une histoire vraie qui commence en 1607, date à laquelle les colons anglais fondent la nouvelle colonie de Jamestown dans le Nouveau Monde. S’appropriant les terres des tribus présentent sur le continent, les colons anglais ne tardent pas à entrer en confrontation avec les Amérindiens pour des questions de territoire. Baptisée puis mariée à un Anglais, Pocahontas est attirée par la culture de ces « hommes blancs » et par le christianisme, ce qui l’éloigne de sa tribu. Pourtant lors de son voyage à Londres, toutes les adaptations s’accordent à nous faire ressentir ce malaise, ce désarroi qu’elle pourrait ressentir face à ce monde civilisé, trop codifié et étouffant.

Plusieurs hypothèses entourent la légende de Pocahontas :

– Sa relation avec John Smith : pratiquement toutes les adaptations la mentionnent. Certaines comme une histoire d’amour, d’autres comme une histoire d’amitié. Les sources s’accordent à dire que Pocahontas aurait sauvé la vie de John Smith au moins une fois.

– Son nom de naissance serait « Matoaka » et sa tribu l’aurait surnommée « Pocahontas » qui signifie « petite dévergondée » à cause de son espièglerie étant enfant.

– Enlevée en 1613, elle aurait demeurée plus d’un an dans une colonie anglaise où elle aurait été baptisée et se serait mariée avec John Rolfe. Elle aurait alors pris le nom de Rebecca Rolfe.

– En 1616 elle aurait voyagé vers l’Angleterre accompagnée de onze autres powahtans pour montrer à la cour de Londres que les Amérindiens n’étaient pas une menace pour les Anglais. C’est à son retour qu’elle serait tombée malade (à cause de la pollution de Londres), tuberculose ou pneumonie, et cela lui aurait été fatal. Elle est alors âgée de 22 ans.

Les adaptations à lire ou à voir :

– La bande-dessinée de Loïc Locatelli et Kournwsky, Pocahontas – La princesse du nouveau monde (nouvelle fenêtre), une histoire séparée en trois actes : « Matoaka » « Pocahontas » et « Rebecca ». La dernière partie représentant bien la dualité des sentiments de Pocahontas entre un Londres fait de parures et de faux-semblants et une Amérique sauvage et libre.

– Le film réalisé par Terrence Malik, Le Nouveau Monde (2005) (nouvelle fenêtre). L’histoire est beaucoup plus centrée sur la relation entre Pocahontas et John Smith.

– Le livre de Nicole Bacharan, Good morning America : ceux qui ont inventé l’Amérique (nouvelle fenêtre). Elle dédie son premier chapitre à Pocahontas et tente de rester le plus fidèle possible à l’Histoire.

Minik

Groenland Manhattan , Chloé Cruchaudet (2008) – BD (nouvelle fenêtre)

groenland manhattanEn 1897, l’explorateur américain Robert Peary fait des excursions au Groenland dans le but d’atteindre le Pôle. Lors d’une expédition, il décide d’emmener avec lui à New York une famille d’esquimaux. Chloé Cruchaudet met en images le récit de Minik, cet enfant esquimau emmené en Amérique comme trophée, qui grandit auprès d’une famille américaine après la mort de son père. Le squelette de ce dernier est exposé au Museum d’Histoire naturelle et Minik tente de le récupérer pour pouvoir l’enterrer dignement et rentrer chez lui. Tiré d’une histoire vraie, ce récit traite du déracinement des populations dans un but lucratif. Finalement Minik ne se sent pas américain et pourtant quand il rentre chez lui il s’y sent également comme un étranger.minik

Pour en savoir plus : Ken Harper mène une enquête en 1980 sur le parcours de Minik, devenu tour à tour curiosité scientifique, bête de foire et, passé cet engouement, homme dépersonnalisé, pas tout à fait américain, ni esquimau. Retrouvez son livre Minik, l’esquimau déraciné à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Les colonisations 

Terra Australis, Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloux (2013) – BD (nouvelle fenêtre)

terra australisUn pavé de presque deux kilos pour conter l’histoire des bagnards d’Angleterre déportés en Australie qui s’appelait en 1784 « La Terre du Sud ». Comme pour toutes les histoires de colonisation, la rencontre avec les peuples originaires de cette Terra incognita ne se fait pas toujours en douceur. Ceux qui décident de ces voyages pensent en termes de territoire, de conquête et de rivalités, alors que les mille cinq cent prisonniers envoyés de force coloniser cette terre doivent s’adapter au climat, inventer un nouveau mode de vie et finalement, essayer de se sentir chez eux en gardant dans le cœur l’espoir de retrouver un jour leur patrie d’origine.

Florida, Jean Dytar (2018) – BD (nouvelle fenêtre)

floridaC’est au XVIe siècle que le projet de coloniser la Floride germe au sein de la communauté française des Huguenots.  Moins de deux cents hommes partent vers ce nouveau monde pour fuir les persécutions religieuses, dont notre personnage principal : Jacques Le Moyne, cartographe. Sur place, il faut faire face à la nature parfois hostile, au manque de ravitaillement, à la présence d’autres peuples et aux rivalités avec les autres pays européens colonisateurs. Une volonté de s’enraciner autre part, un espoir d’y être plus heureux peut-être, et finalement un retour à la réalité plus brutal.

D’autres idées de lecture

Pour nous faire part de vos lectures et nous conseiller d’autres romans, vous pouvez laisser vos avis sur le site de La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

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Imaginer le futur

12 Sep

Les listes de lectures font partie des bonnes résolutions de rentrée ou des programmes scolaires. Celles de romans dystopiques sont souvent les mêmes, on nous conseille 1984 (nouvelle fenêtre) de Georges Orwell ainsi que La ferme des animaux (nouvelle fenêtre), Le Meilleur des mondes (nouvelle fenêtre) d’Aldous Huxley ou encore Fahrenheit 451 (nouvelle fenêtre) de Ray Bradbury. Mais pourquoi ne pas se tourner vers d’autres lectures, plus récentes (romans ou bd), peut-être peu connues, mais dont les auteurs ont imaginé un monde fait de nouvelles règles, un monde avec de nouveaux paysages, des relations hommes/femmes qui ont évolué ou encore un monde où la nature a repris ses droits.

La dystopie – ou contre-utopie – est un genre fictionnel dépeignant une société imaginaire, dont l’organisation fait qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur (même si elle prône l’inverse). On présente la dystopie comme l’inverse de l’utopie car, au lieu de présenter un monde parfait, elle propose le pire qu’il soit et entend mettre le lecteur en garde contre de tels débordements (extrait de la définition donnée sur le site Babelio)

Les Romans

Vox - dalcherUn futur où les femmes n’ont pas le droit de parler. Ou plutôt si, mais elles sont limitées à cent mots par jour. Si elles dépassent ce quota, elles sont punies. Les femmes de n’importe quel âge, de leur naissance à leur mort. Ce roman, outre son intrigue principale, pose la question d’une société dirigée uniquement par des hommes, de l’éducation des enfants en fonction de leur sexe et de l’effet de groupe qui empêche les uns de se révolter et autorise les autres à cautionner les pires atrocités. Une idée originale qui rend la lecture divertissante et qui permet de réfléchir sur l’évolution de la société.

L'eliteDe nombreuses guerres à répétition ont détruit le monde que nous connaissons. La population vit dans ce qu’on appelle « La Communauté Unifiée » composée de plusieurs colonies qui tentent de reconstruire un monde vivable. Chaque année, à la façon du roman Hunger Games (nouvelle fenêtre) de Suzanne Collins des adolescents sont sélectionnés pour passer « Le Test », celui qui leur permettra d’accéder à l’université et de participer à l’amélioration du monde. Personne ne sait en quoi consiste ce test, personne n’est revenu pour en parler, aucun des gagnants précédents ne se souvient…Un premier tome qui se lit d’une traite et qui donne envie de lire les autres. Une bonne transition entre les romans jeunesses et les romans adultes, pour tous ceux qui aiment les romans d’anticipation.

La déclaration« Angleterre, 2140. Les adultes peuvent choisir de ne plus mourir s’ils renoncent à faire des enfants. Anna vit depuis presque toujours au Foyer de Grange Hal un pensionnat pour les Surplus, des enfants qui n’auraient pas dû naître, des enfants dont les parents ont défié la loi en les mettant au monde. Anna n’a plus de parents désormais. Confinée dans l’enceinte du pensionnat, elle travaille très dur, pour effacer leur faute. Anna a tout oublié de son passé. Jusqu’au jour où arrive un jeune garçon qui semble la connaître. Mais qui est ce Peter ? Pourquoi ne la laisse-t-il pas tranquille ? Et pourquoi elle, Anna, se sent-elle soudain si troublée ? A travers l’incroyable histoire d’Anna, et au fil de son carnet, son seul confident, un roman bouleversant sur la vitalité de l’adolescence. » Résumé du site Babelio

transparence dugain« À la fin des années 2060, la présidente française de Transparence, une société du numérique implantée en terre sauvage d’Islande, est accusée par la police locale d’avoir orchestré son propre assassinat. Or au même moment, son entreprise s’apprête à commercialiser le programme Endless, un projet révolutionnaire sur l’immortalité, qui consiste à transplanter l’âme humaine dans une enveloppe corporelle artificielle. Alors que la planète est gravement menacée par le réchauffement climatique, cette petite start-up qui est sur le point de prendre le contrôle du secteur numérique pourra-t-elle sauver l’humanité ? » Résumé du site Babelio.

Retrouvez-le également en version téléchargeable (nouvelle fenêtre) sur le site de la Médiathèque.

Le passeurRoman sorti en 1993 en Amérique et en 1994 en France, il est composé de quatre tomes : Le Passeur, L’Élue, Messager et Le Fils, dernier tome de la série sorti en 2014. Étudié dans certaines écoles, ce roman nous pousse à s’interroger. Jonas vit dans un monde sans émotions, sans conscience, sans souvenirs. Il n’y a ni douleur ni peine mais pas d’amour non plus. Chaque enfant se voit attribuer un rôle lors de ses douze ans. Jonas reçoit le plus important : le rôle de Receveur. Il sera gardien de la mémoire et des connaissances transmises par Le Passeur.

Une adaptation a été réalisée en 2014 par Phillip Noyce : The Giver.

D’autres idées de lecture :

Les bandes-dessinées

after deathDans un monde détruit par l’accumulation d’éléments néfastes, quelques milliers d’hommes et de femmes vivent dans un « refuge » au-dessus des nuages. Ce refuge leur procure un traitement qui leur permet de vivre éternellement, par cycle, en améliorant leur vie à chaque cycle. Jonah Cooke intègre de nouvelles fonctions pour quelques cycles : il doit écouter les bruits qui viennent « d’en bas » là où jadis l’humanité habitait, sous ces nuages aux couleurs étranges. Face à ce nouveau monde façonné par l’homme, Jonah se souvient de son passé et de sa vie sur Terre.  Scott Snyder dresse un scénario futuriste d’un homme en quête de soi-même et Jeff Lemire illustre ce nouveau monde avec des couleurs surnaturelles qui ne manquent pas de nous émerveiller.

Un récit de science-fiction où l’écologie est au centre de l’histoire. Des gens meurent sans explication, les animaux ont un comportement étrange…et si les arbres communiquaient entre eux et détenaient les secrets de l’univers ?

TERLes éditions Daniel Maghen ont un don pour publier des ouvrages aux illustrations envoûtantes. Patrick Prugne avec Iroquois (nouvelle fenêtre), Emmanuel Lepage avec La Lune est blanche (nouvelle fenêtre) ou encore Benjamin Lacombe avec Curiosités nous ont fait rêver avec leurs romans graphiques qu’on pourrait contempler pendant des heures. Avec TER, c’est la même chose, la couverture nous donne envie de le feuilleter et l’histoire nous transporte dans un monde futuriste où la population vit sur une terre qui n’est plus la Terre. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, car les réponses sur ce nouveau monde se trouvent sous leurs pieds.

KanopéEn 2137 seul une partie de l’Amazonie reste végétalisée et habitée par des espèces animales et humaines qui ont résisté à la radioactivité. Deux mondes s’opposent : la civilisation des villes avec le personnage de Jean qui se retrouvent dans la jungle pour fuir les autorités, et le monde sauvage avec Kanopé qui vit seule dans la jungle. Entre une histoire d’amour et une fable écologique, cette BD tout en légèreté nous questionne sur le monde de demain.

transperceneige extinctionsLe préquel de le bande-dessinée culte des années 80 de Jean-Marc Rochette et Jacques Lob, adaptée au cinéma en 2013 par Bong Joon-Ho (nouvelle fenêtre), palme d’or 2019 pour son film Parasite. Si vous ne connaissez pas Transperceneige (nouvelle fenêtre), c’est l’histoire d’un train, conçu pour tourner indéfiniment autour de la Terre sans s’arrêter. En effet la Terre évolue dans un perpétuel hiver où tout est gelé, excluant toute forme de vie. Les seuls survivants sont à bord de ce train, divisé en compartiments distincts, laissant les plus pauvres à l’arrière.

Le préquel « Transperceneige – extinction » revient sur l’avant. Qui a conçu ce train ? Pourquoi ? Qui peut y monter ?

Nouveau monde, nouvelles technologies, nouvelle génération : les 50/50. Ils vivent à moitié dans le réel, à moitié dans le virtuel. Ils sont les cobayes de l’expérience d’un monde totalement virtuel, où tout est possible.

D’autres idées de lecture dystopiques :

Dans toutes ces histoires d’anticipation, les auteurs imaginent un monde dévasté. Un monde où la nature n’existe plus, où les animaux sont rares et où seule une infime partie de l’humanité a survécu. Ou alors ce sont des histoires de sociétés totalement réformées où les libertés sont réduites et les gens n’ont plus de libre-arbitre. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire un roman de science-fiction qui présenterait une société meilleure ou un monde plus sain. Sommes-nous trop défaitistes ? Ou réalistes ?

Bonus : un de nos premiers articles ,  Vous avez dit dystopie, comme c’est bizarre… paru en 2013.

Voyages en terres désertiques

4 Mar

Vous rêvez de partir loin du bruit des klaxons et de l’agitation de la ville, vers des paysages grandioses, apaisants et envoûtants ? Les romans et bandes-dessinées présentés ci-après vous donneront un avant-goût de liberté et d’évasion. Leurs auteurs ont, pour la plupart, voyagé eux-mêmes dans ces contrées reculées. Ils nous livrent leur expérience, décrivent leurs aventures, leurs rencontres. Certains accompagnent leur témoignage d’illustrations à l’aquarelle, d’autres de photos. Autant de manière différente de nous faire voyager à travers les mots et les images avant, peut-être, de vraiment prendre le large.

Une sélection de romans 

Farallon Islands / Abby Geni (nouvelle fenêtre)

Une île dans l’océan Atlantique au large de San Francisco, cinq scientifiques, une photographe, quatre saisons, des mammifères marins et des oiseaux. L’intrigue de ce roman se déroule dans ce cadre, sur une île à la nature préservée. On y suit l’arrivée de Miranda la photographe. Elle découvre ses colocataires, chacun spécialiste d’un domaine animalier : les requins, les phoques ou encore les oiseaux. Et chacun avec sa personnalité : ermite, jovial, antipathique ou encore difficile à cerner. La vie de l’île est rythmée par les saisons, chaque saison donne la prépondérance à un scientifique et à son domaine d’étude. Miranda se fait l’observatrice de cette nature complexe et de ces relations particulières entre scientifiques et animaux.  En tant que lecteur on apprend comment chassent les requins, la dangerosité d’un goéland, mais surtout à découvrir les hommes et leur cohabitation, comme une espèce animale à part entière.

Retrouvez ce roman en version numérique téléchargeable (nouvelle fenêtre) !

Dans les forêts de Sibérie / Sylvain Tesson (nouvelle fenêtre)

Un homme. Six mois. Une cabane. Le silence. Le lac Baïkal. Ce sont les éléments qui composent le roman de Sylvain Tesson. Sa retraite dans les forêts de Sibérie, sa fuite. Sa tentative d’être heureux face à son impuissance pour changer le monde. Avoir du temps pour réfléchir, pêcher, lire, boire, discuter avec les rares personnes présentent dans ce lieu à l’écart de tout. Et se demander, est-ce la liberté ?

L’adaptation en film (nouvelle fenêtre) du roman de Sylvain Tesson est également disponible en DVD à La Médiathèque, ou en VOD sur La Médiathèque numérique(nouvelle fenêtre) grâce à votre carte de lecteur.

Le Totem du Loup / Jiang Rong (nouvelle fenêtre)

La Mongolie, sa population et son mode de vie nomade. L’adoration et la peur des loups. Les croyances si différentes de leurs voisins. Comment Chen Zhen peut-il s’adapter dans ce monde si différent du sien ? Ce jeune étudiant chinois est envoyé auprès des tribus nomades de Mongolie en 1967, pendant la révolution culturelle en Chine. Outre la dimension politique propre au récit et à l’évolution des sociétés mongoles, Jiang Rong nous plonge dans le monde des steppes asiatiques. Entre les aléas climatiques, les conditions de vie difficiles et la grande solidarité des familles  peuplant ce territoire, on suit l’adaptation du jeune Chen Zhen au fil des saisons.

L’adaptation en film : Le dernier Loup de Jean-Jacques Annaud (nouvelle fenêtre), est également disponible à La Médiathèque.

Bon baisers du Baïkal / Géraldine Dunbar (nouvelle fenêtre)

Recueil de nouvelles se déroulant dans des bourgades autour du lac Baïkal, Géraldine Dunbar décrit les relations entre les hommes et l’adaptation au climat avec plein de poésie. Ces nouvelles sont agréables à lire, elles nous transportent pour quelques heures autour de ce lac calme et paisible. Comme une parenthèse délicate et sensible qui donne des envies d’ailleurs.

D’autres idées de lecture…

En BD : focus sur un auteur, Emmanuel Lepage

Emmanuel Lepage est un dessinateur, et un voyageur. Il tente de lier son récit à la réalité en racontant ses voyages, ce qu’il a vécu, ce qu’il a lu. C’est l’authenticité de ses histoires et ses dessins envoûtants qui donnent envie d’en lire plus, et finalement de voyager vers ces contrées désolées.

Voyage aux îles de la Désolation / Emmanuel Lepage (nouvelle fenêtre)

En 2010 Emmanuel Lepage embarque sur le Marion Dufresnes, le navire ravitailleur des TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) qui fait deux rotations par an pour subvenir aux besoins des scientifiques. Les Terres Australes, ce sont les îles de Crozet, d’Amsterdam, de Saint-Paul et la plus connue, l’île de Kerguelen, autrefois appelées « Les îles de la Désolation ». Ce voyage est une opportunité unique d’entrer dans un monde sauvage et mystérieux où seuls les scientifiques posent généralement les pieds.

La Lune est blanche / Emmanuel et François Lepage (nouvelle fenêtre)

Emmanuel et François Lepage nous emmènent en Antarctique, au bout du monde, où les étendues blanches sont aussi belles qu’hostiles. Une terre qui n’appartient à aucun pays, où tous les scientifiques travaillent ensemble et où le tourisme n’a pas sa place. Une terre d’isolement et pourtant de rencontres, qui fait peur et donne envie. L’association des deux frères pour réaliser cette bande-dessinée reportage permet d’admirer les illustrations d’Emmanuel Lepage et les photographies de François Lepage. Pour des envies d’ailleurs et d’aventures.

Un printemps à Tchernobyl / Emmanuel Lepage (nouvelle fenêtre)

1986, la catastrophe de Tchernobyl. En 2008, c’est un paysage figé dans le temps que découvre Emmanuel Lepage, mandaté par l’association  Dessin’acteurs pour raconter la vie des survivants, ceux qui ont décidé de rester là-bas, malgré les risques. C’est une aventure mais aussi un défi pour notre voyageur qui a le sentiment de défier la mort. L’évolution des dessins et des couleurs donne vie à cette bande-dessinée et permet de voir la catastrophe de Tchernobyl sous un nouveau jour.

D’autres dessinateurs racontent leurs voyages … ou en inventent

Parenthèse Patagone / Aude Picault (nouvelle fenêtre)

Cette bande-dessinée est plutôt un carnet de bord. Aude Picault décide un jour de partir découvrir les canaux de Patagonie sur un voilier. Elle prend le large et nous fait part de son voyage en alternant les dessins à l’aquarelle, le récit de ses journées et les cartes de son voyage. Les aquarelles ont des lignes souples et des couleurs douces ce qui rend l’ensemble assez réaliste. Les dessins agrémentés de dialogues ont toujours une petite pointe d’humour qui rend la lecture très agréable.

Le chant du pluvier / Amandine Laprun et Joseph Béhé ; Erwann Surcouf (nouvelle fenêtre)

Pour renouer avec son père après la mort de sa mère, Guilhèm l’emmène pour un voyage au Groenland. Chacun doit réapprendre à vivre avec les habitudes de l’autre dans un univers dénué du confort quotidien. Découverte des icebergs et des coutumes locales, de la population. Les dessins alternent entre trois jeux de couleurs : les tons bleus, marrons et noir et blanc. Des photos du Groenland sont ajoutées à la fin du livre.

Terra Australis / LF Bollée et Philippe Nicloux (nouvelle fenêtre)

LF Bollée nous emmène en Australie, sur cette terre chère à son cœur. Il nous raconte son histoire, les débuts de sa colonisation, quand l’Angleterre y envoya ses prisonniers condamnés à la déportation. C’est une aventure dans laquelle on se plonge pendant 500 pages sans en démordre du début à la fin. Les dessins en noir et blanc de Philippe Nicloux son très précis, que ce soit pour les expressions du visage ou pour les contrastes des paysages. L’ensemble forme une harmonie qui plonge le lecteur dans l’univers de ce XVIIIe siècle et de ce périple vers « cette fameuse Terre du Sud », cette « Terra Australis Incognita ».

 

 

Et pour continuer ses lectures…

 

Il ne vous reste plus qu’à venir faire votre choix à La Médiathèque, et à nous conseiller d’autres lectures d’aventure !

Les romans sur la Première Guerre mondiale

8 Nov

On ne compte plus les romans sur la Première Guerre mondiale. L’horreur de la Grande guerre, qu’on pensait être la dernière, a donné lieu à de nombreux témoignages sur les Poilus, les conditions de vie dans les tranchées ou la vie de ceux qui sont restés a l’arrière, de ceux qui attendent qu’un proche leur revienne et qui vivent dans la peur. À l’occasion de la commémoration du centenaire de l’Armistice de 1918, La Médiathèque vous propose une sélection de romans différents pour comprendre l’ampleur de ce conflit.

Le front et les tranchées

À l’ouest rien de nouveauErich Maria Remarque (nouvelle fenêtre) : Erich Maria Remarque est né en 1898 en Allemagne. Il a donc 16 ans quand débute la Première Guerre mondiale. Il est mobilisé en 1916 et raconte son quotidien et celui de ses camarades dans les tranchées. C’est un roman pacifiste sur le premier conflit mondial qui permet de se rendre compte que soldat allemand et soldat français partagent les mêmes conditions de vie au front. Erich Maria Remarque décrit la réalité de la guerre, ses dommages physiques et psychologiques et ses buts souvent trop lointains par rapport à la réalité des combats.

Il rencontre un grand succès à sa publication en 1929, puis son roman est adapté au cinéma en 1930 par Lewis Milestone (retrouvez ce film à La Médiathèque – nouvelle fenêtre). À la prise de pouvoir par Hitler en 1933 ses livres sont brûlés dans un autodafé et en 1938 Erich Maria Remarque est déchu de sa nationalité allemande. Il s’exile en Suisse puis aux États-Unis où il est naturalisé en 1947.

Erich Maria Remarque est également une des sources d’inspiration d’Edgar Hilsenrath (un auteur à (re)découvrir dans notre article : Aurez-vous assez de second degré pour vous lancer dans la lecture de… Edgar Hilsenrath ?), auteur de Le Nazi et le Barbier (nouvelle fenêtre) et Fuck America (nouvelle fenêtre).

L’adieu aux armesErnest Hemingway (nouvelle fenêtre) : roman d’essence autobiographique où la première Guerre Mondiale y est décrite du point de vue d’un ambulancier américain travaillant pour la Croix Rouge italienne. Métaphore d’une guerre absurde, ce roman décrit les sentiments des protagonistes sans saveur et l’amour parait insignifiant. Les événements racontés ne semblent pas susciter d’empathie de la part du personnage principal, tout est maussade et gris.

Voir également l’adaptation cinématographique de Frank Borzage (nouvelle fenêtre)

CrisLaurent Gaudé (nouvelle fenêtre) :  » Ils se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M’Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d’où ils s’élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l’insoutenable fraternité de la guerre de 1914. Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore retentit l’horrible cri de ce soldat fou qu’ils imaginent perdu entre les deux lignes du front : « l’homme-cochon ». A l’arrière, Jules, le permissionnaire, s’éloigne vers la vie normale, mais les voix des compagnons d’armes le poursuivent avec acharnement. Elles s’élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité, prenant en charge collectivement une narration incantatoire, qui nous plonge, nous aussi, dans l’immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissantes. » Résumé issu du site Internet des éditions Actes Sud (nouvelle fenêtre).

Voyage au bout de la nuitFerdinand Céline (nouvelle fenêtre) : la première Guerre Mondiale est la première étape de ce roman. Les tranchées, les ordres arbitraires des supérieurs hiérarchiques, la mort, tous ces événements participent à mettre fin à l’innocence de notre personnage Ferdinand Bardamu qui traverse les périodes historiques et les continents pour nous peindre une fresque du XXe siècle.

Les gueules cassées

La chambre des officiersMarc Dugain (nouvelle fenêtre) : roman qui a popularisé les blessés de la face, les gueules cassées. C’est le premier livre de Marc Dugain, romancier et réalisateur français. Il a reçu deux prix littéraires, celui des Libraires en 1998 et celui des Deux-Magots l’année suivante. Vous pouvez également trouver son adaptation cinématographique (nouvelle fenêtre) par le réalisateur François Dupeyron à La Médiathèque.

Au revoir là-hautPierre Lemaître (nouvelle fenêtre) : « Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu. Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants. » Babelio

Vous pouvez retrouver le roman (nouvelle fenêtre), le livre audio (nouvelle fenêtre), la bande dessinée (nouvelle fenêtre) et le film (nouvelle fenêtre) avec Albert Dupontel à La Médiathèque.

 

Les Poilus

Les croix de bois – Roland Dorgelès (nouvelle fenêtre) : journaliste engagé au front comme fantassin, Roland Dorgelès commence à écrire Les Croix de bois en 1918, à partir de notes prises sur le vif et de la correspondance adressée à sa maîtresse et à sa mère. Ce roman obtient le Prix Femina en 1919.

Il y raconte le quotidien des Poilus, la vie au front et dans les tranchées. Pour avoir sa vision complète de la guerre de 14, vous pouvez retrouver l’ensemble de ses récits dans « D’une guerre à l’autre : Les croix de bois, Le cabaret de la Belle Femme, Le réveil des morts, La drôle de guerre, Retour au front, carte d’identité » (nouvelle fenêtre) disponible à La Médiathèque.

 

L’amour

Un long dimanche de fiançailles – Sébastien Japrisot (nouvelle fenêtre) : Prix interallié en 1991, adapté au cinéma par Jean-Pierre Jeunet en 2004 (nouvelle fenêtre), ce roman de guerre et d’amour parle de séparation et de sentiments. Matilde fera tout ce qui est possible pour retrouver Manech, son amoureux parti au front et déclaré disparu.

14 Jean Echenoz (nouvelle fenêtre) : roman assez court sur le destin de cinq Poilus pendant la Première Guerre mondiale. Ce roman s’attarde plus sur le quotidien bouleversé des soldats que sur l’horreur de la guerre en général, sans pour autant l’occulter. Les sentiments des personnages sont mis en exergue et chaque détail du quotidien est décrit le plus fidèlement possible. Retrouvez également le livre audio lu par l’auteur (nouvelle fenêtre) à La Médiathèque.

 

Les témoignages

Ceux de 14Maurice Genevoix (nouvelle fenêtre) :  » Genevoix arrive au front à la fin du mois d’août comme sous-lieutenant au 106ème régiment d’infanterie stationné à Châlons-sur-Marne. Fort d’une très bonne résistance morale et physique, il fait face aux épreuves mais comme pour beaucoup de jeunes soldats la découverte de la guerre moderne est brutale en ces premiers mois meurtriers. Dès les premières semaines du conflit, il note dans ses carnets, sa guerre au jour le jour. Matière riche et vivante qu’il retravaillera in situ en recopiant ses carnets,  en les faisant lire et en les envoyant à ses correspondants. « Sous Verdun », premier des cinq ouvrages de Maurice Genevoix qui constitueront en 1949 « Ceux de 14 », parait en avril 1916. Blessé de trois balles un an auparavant, le jeune normalien passe seize mois en convalescence. Invalide à 70%, il est réformé et se consacre alors, jusqu’à la fin du conflit, au sort des orphelins de guerre en entrant au service de la fraternité franco-américaine. » Résumé tiré du site internet « La Grande Guerre en dessins » (nouvelle fenêtre)

Compagnie KWilliam March (nouvelle fenêtre) : un classique américain de la guerre des tranchées. Dans la droite ligne de A l’ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque, nous voyons la guerre du côté américain cette fois-ci. C’est la découverte de la guerre et du front par des soldats de l’US Marines, débarqués en 1917 en France.  C’est une multitude de témoignages, de vie et  d’émotions qui transparaissent dans ce roman. L’histoire s’inspire de celle de son auteur, William March (William Edward Campbell), un écrivain américain né à Mobile le 18 septembre 1893 et mort à La Nouvelle-Orléans en Louisiane le 15 mai 1954. Vous pouvez également télécharger ce roman en version numérique (nouvelle fenêtre) sur le site de La Médiathèque.

La main coupée, et autres récits de guerre Blaise Cendrars (nouvelle fenêtre) :  » En août 1914, un jeune poète suisse qui réside à Paris s’engage comme volontaire dans l’armée française. Bientôt reversé dans la Légion étrangère, Blaise Cendrars (1887-1961) combat sur le front de Somme puis il prend part à la grande offensive de Champagne. Grièvement blessé le 28 septembre 1915, à l’assaut des tranchées allemandes, il est amputé de son bras droit de combattant et d’écrivain. Il sera désormais le manchot des lettres françaises.Tout au long d’une œuvre abondante et d’une grande diversité, Cendrars est revenu sur l’année qu’il a passée au front et sur ses souvenirs de la Grande Guerre. Condamnant les idéologies qui ont déchaîné et exploité la violence, l’ancien caporal prend le parti des hommes dont il a partagé le combat et les souffrances. Avec une froide lucidité, il montre comment la civilisation européenne a sabordé ses valeurs pour se transformer en machine de guerre. Grande figure de la poésie moderne, ami d’Apollinaire, de Chagall et de Léger, l’auteur de La Prose du Transsibérien, de Moravagine et de L’Homme foudroyé est un témoin majeur de la Première Guerre mondiale qui a ravagé sans retour le monde contemporain et bouleversé sa vie d’homme et de poète. » Critique issue des Éditions Denoël (nouvelle fenêtre)

Un roman policier

tranchecailleTranchecaillePatrick Pécherot (nouvelle fenêtre) :  » Chemin des Dames, 1917, l’offensive du général Nivelle tourne à l’hécatombe. Dans l’enfer des combats, un conseil de guerre s’apprête à juger le soldat Jonas, accusé d’avoir assassiné son lieutenant. Devant l’officier chargé de le défendre défilent, comme des fantômes, les témoins harassés d’un drame qui les dépasse. Coupable ? Innocent ? Jonas est-il un simulateur ou un esprit simple ? Le capitaine Duparc n’a que quelques jours pour établir la vérité. Et découvrir qui est réellement celui que ses camarades ont surnommé Tranchecaille. »  Résumé issu de Babelio.

La poésie

calligrammes-9782070300082_0CalligrammesGuillaume Apollinaire (nouvelle fenêtre) : « Dans la revue «Les Soirées de Paris» qu’il a fondé deux ans auparavant, Apollinaire, journaliste et poète, signe, en 1914, cinq poèmes figuratifs, créations auxquelles il donne le nom d’idéogrammes. Il envisage alors de faire publier en album sous le titre de Et moi aussi je suis peintre, un ensemble d’«idéogrammes lyriques et coloriés». L’album ne paraîtra pas car au mois d’août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France: c’est le début de la première guerre mondiale et Apollinaire s’engage dans l’armée. Même s’il part se battre au front, il continue à écrire de nouveaux idéogrammes lyriques. En 1916, gravement blessé à la tête, il est transféré à Paris pour être opéré et suivre une longue convalescence durant laquelle il reprend ses activités littéraires : en 1918, le nouveau recueil qu’il intitulera Calligrammes, poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916) est publié. Il réunit vingt-quatre poèmes dont une vingtaine de calligrammes. » Extrait de l’analyse du poème Calligrammes (nouvelle fenêtre)

 

L’illustration d’en-tête est tirée de la fresque de 60 mètres réalisée par Joe Sacco en 2016 pour le musée Thiepval (nouvelle fenêtre) dans la Somme.

Pour les amateurs d’art et d’illustrations : la gravure

26 Avr

La gravure est l’art de creuser différents supports pour faire ressortir un motif qui est alors encré et passé dans une presse, ce qui donne une image imprimée. Ce résultat s’appelle une estampe (voir La gravure de Maria Cristina Paoluzzi (nouvelle fenêtre) pour plus de précisions sur l’histoire de la gravure).

Plusieurs techniques de gravures permettent de réaliser des illustrations :

– La gravure sur bois (ou xylogravure) est l’une des plus anciennes. Elle aurait été pratiquée dès le VIIe siècle en Asie. En Occident, la plus ancienne pièce de bois gravée daterait de 1370 et a été retrouvée en 1899 : c’est le bois Protat (voir le blog de la BNF pour plus de précisions (nouvelle fenêtre) )

– La linogravure (ou gravure sur linoléum) est une technique dérivée de la gravure sur bois, où le bois est remplacé par le linoléum. Ce matériau apparait en Angleterre en 1863. Il est d’abord utilisé pour recouvrir les sols puis sert de support à la gravure à partir de 1900.

– La carte à gratter est issue du « dessin par grattage » connu depuis l’Antiquité. À l’origine du graffiti, cette technique consiste à superposer plusieurs couches de plâtre que l’artiste gratte pour faire apparaître la couche inférieure. Aujourd’hui, la carte à gratter est réalisée à base de carton enduit d’une pâte qu’on peut recouvrir d’encre de Chine noire pour des illustrations en noir et blanc par exemple. Dans ces illustrations, le noir est la couleur principale, elle constitue le fond de l’image.

Ces différentes techniques sont classées par ordre de difficulté, le linoléum étant plus souple et donc plus facile à creuser que le bois ; et la carte à gratter ne nécessitant qu’une plume bien taillée ou tout outil permettant de faire apparaître la couche inférieure du support. Pour ceux qui souhaitent tenter l’expérience, par exemple lors d’un dimanche après-midi pluvieux, une gomme ou une pomme de terre peuvent faire office de support.

Les artistes utilisant ces techniques sont peu nombreux dans le domaine des livres illustrés. C’est un travail long et peu précis qui ne laisse pas beaucoup de place aux détails. Mais ceux qui se sont lancés dans cette aventure nous permettent aujourd’hui d’admirer avec un œil nouveau des ouvrages aux illustrations remarquables.

Les livres illustrés en linogravure :

L’illustratrice Joëlle Jolivet utilise régulièrement cette technique :

Dans le livre, Fani Marceau & Joëlle Jolivet (nouvelle fenêtre)

365 pingouins, Jean-Luc Fromental & Joëlle Jolivet (nouvelle fenêtre) : une façon ludique et amusante d’apprendre à compter.

 

Également, Solenne et Thomas, deux graphistes illustrateurs freelance du Studio Tomso (nouvelle fenêtre)  utilisent la linogravure comme technique d’illustration dans un ouvrage jeunesse appelé L’oiseau d’or (nouvelle fenêtre), sur l’ouverture au monde. Chaque planche au format panoramique met à l’honneur une gravure en couleur et un animal.  L’oiseau d’or présent sur toutes les pages est recouvert d’une fine feuille dorée reconnaissable à la vue et au toucher.oiseau-or

 

Les livres illustrés à la carte à gratter (principalement des bandes-dessinées) :

L’auteur suisse de Bandes-dessinées Thomas Ott est l’un des rares auteurs contemporains à travailler avec la carte à gratter  :

Cinema panopticum, Thomas Ott (nouvelle fenêtre).  Aucun dialogue, une attraction, cinq histoires et une atmosphère oppressante. Voici les principaux ingrédients de travail de Thomas Ott pour l’écriture de cette bande-dessinée.

73304-23-4153-6-96-8, Thomas Ott (nouvelle fenêtre). A quoi peut bien correspondre cette suite de numéros me direz-vous. Pour le savoir, il faudra lire cette bande-dessinée. Et par « lire » j’entends « observer attentivement les images » car comme vous l’aurez compris, la marque principale de Thomas Ott est l’absence de dialogue.

Dark Country, Thomas Ott (nouvelle fenêtre) . L’acteur et réalisateur Thomas Jane réalisa en 2008 un film appelé Dark Country. Connaissant et appréciant le travail de Thomas Ott, il demande à ce dernier d’en écrire la bande-dessinée, librement adaptée. Thomas Ott interprète donc cette histoire à sa façon, sans avoir vu le film au préalable.

Autres exemples :dracula hippolyte

  • La bande dessinée adaptée du roman de Bram Stoker : Dracula, de Hippolyte (nouvelle fenêtre) .
  • En 1974 Jacques Tardi publie une bande-dessinée intitulée Le démon des glaces, dont les illustrations sont toutes réalisées à la carte à gratter.Tardi

Les documentaires illustrés en gravures :

Pour aller plus loin :

 

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