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Pause estivale sur les blogs de La Médiathèque

13 Juil

Comme chaque année depuis leur création, les blogs de La Médiathèque sont en pause durant les mois d’été et les rédacteurs mettent leurs claviers au repos. 

Au cours de la saison 2018-2019, nous avons imaginé, écrit et publié plus de 300 articles, qui ont été lus par plus de 3 000 personnes chaque mois. C’est donc aujourd’hui l’occasion de vous remercier, vous lecteurs réguliers et/ou occasionnels, pour vos lectures, votre enthousiasme, votre curiosité, vos suggestions, vos likes, vos commentaires et vos partages de nos articles sur les réseaux.

Nous nous retrouverons à la rentrée, plein de nouvelles idées, de nouvelles rubriques et d’énergie pour une nouvelle saison. Nous vous souhaitons un merveilleux été, épanouissant, formateur, cinéphile, musical, patrimonial, littéraire et numérique !

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Dernière séance de la saison 2018-2019 pour Premiers pas premières pages

2 Juil

L’été est arrivé et avec lui la chaleur et des envies de fraicheur ! Samedi 22 juin, une quinzaine de bébés attentifs et leurs parents ont assisté à la séance de fin d’année de Premiers pas premières pages : une séance très aquatique consacrée à la mer et aux poissons !

  • Santiano – Hugues Aufray  ♫
C’est un fameux trois-mâts, fin comme un oiseau
(Hisse et ho, Santiano)
Dix-huits noeuds, quatre cents tonneaux
Je suis fier d’y être matelot
Tiens bon la vague et tiens bon le vent
Hisse et ho, Santiano
Si dieu veut, toujours droit devant
(Nous irons jusqu’à San Francisco)

Ce matin-là, la plage est déserte. Seuls les cris des mouettes accompagnent les pas de Joé. Pour passer le temps, Petit matelot commence à plier des feuilles de papier pour en faire des bateaux. Un par un, il les met à l’eau et bientôt toute la mer est recouverte de petites voiles blanches…

 

  • Bateau sur l’eau
  • La baleine qui tourne qui vire

C’est la baleine qui tourne, qui vire
Comme un joli petit navire
Prenez garde à votre doigt
Ou la baleine le mangera
Prenez garde à votre doigt
Ou la baleine le mangera

C’est la baleine qui tourne, qui vire
Comme un joli petit navire
Prenez garde à la baleine
Elle va vous manger le doigt
Prenez garde à la baleine
Elle va vous manger le doigt

 

  • Les petits poissons dans l’eau
  • Un poisson au fond d’un étang

Un poisson au fond d’un étang
Qui faisait des bulles
Qui faisait des bulles
Un poisson au fond d’un étang
Qui faisait des bulles
Pour passer le temps

Un oiseau vint près de l’étang
Regarder les bulles
Regarder les bulles
Un oiseau vint près de l’étang
Regarder les bulles
Pour passer le temps
Que fais-tu joli poisson blanc ?…

Un aquarium comme une cour de récréation où s’expriment, sans retenu, la cruauté et la vanité.

 

 

  • Et on termine par la Comptine du poisson qui nage

À l’année prochaine !!!!

Merci à Fanélie B., Marie-Charlotte W. et Alvina C. pour la conception de la séance qui a permis la réalisation de cet article 🙂

 

Réviser son bac à La Médiathèque : opération Coup de pouce 2019

10 Juin

Depuis 2011, La Médiathèque accompagne les lycéens dans leurs révisions du Baccalauréat avec la semaine  « Coup de pouce aux révisions » qui se déroule cette année du mardi 11 juin au dimanche 17 juin. Cet article du Blog B.R.E.F. fait le point sur cette semaine, qui s’annonce intensive en révisions. Nous souhaitons bonne chance à tous les futurs bacheliers !

Sur place ou en ligne, et jusqu’à la dernière minute, n’oubliez la sélection de documents disponibles à La Médiathèque (nouvelle fenêtre) ainsi que le Zoom sur Coup de pouce aux révisions avec sites et vidéos utiles (nouvelle fenêtre) pour vous entraîner et réviser.

B.R.E.F.

Le décompte pour passer les épreuves du bac débute. Les lycéens plancheront à partir du 17 juin jusqu’au 24 juin 2019. Depuis plusieurs années, La Médiathèque de Levallois organise l’opération Coup de pouce aux révisions. Cette année, elle aura lieu du 11 au 16 juin pour permettre aux candidats de réviser dans les meilleurs conditions.

Coup de pouce aux révisions, c’est quoi ?

Ouverture exceptionnelle : la médiathèque Gustave-Eiffel modifie ses horaires d’ouverture au public pendant la semaine de révisions

Coup de pouce aux révisions

Des espaces de travail avec un aménagement de la médiathèque Gustave-Eiffel : tables, accès internet libre, wifi gratuit, salle de travail silencieuse avec respect des règles pour réviser sereinement, prises électriques à disposition.

Des ouvrages indispensables pour réviser son bac en prêt et en consultation sur place : annales, annabac, fiches dans différentes matières et filières.

Une sélection de sites et applis incontournables :

Voir l’article original 171 mots de plus

Libraires et librairies dans les romans

2 Mai

Il y a quelques jours, le 27 avril, les librairies indépendantes étaient en fête pour l’édition 2019 de cet événement dont l’objectif est de « mettre en valeur ce que la librairie apporte d’irremplaçable à la vie du livre et plus particulièrement à la création… » Objectif largement partagé par La Médiathèque et par le blog Liseur, qui profite de cette occasion pour se pencher ces lieux mythiques et sur leur place dans les romans : ainsi, documentées, fidèles à la réalité, fantasmées ou magnifiées, les librairies sont au cœur de l’intrigue, avec leur personnage principal, le libraire…

La librairie de la pomme verte et autres lieux merveilleux (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)

Commençons ce petit tour d’horizon des représentations de ces lieux par une anthologie : La librairie de la pomme verte et autres lieux merveilleux  (nouvelle fenêtre), des textes écrits par trente grands romanciers américains, qui sont autant un hymne à la librairie qu’une invitation à la lecture et à la découverte de nouveaux livres.

Mais le libraire n’a pas toujours eu bonne réputation…  Dans sa Comédie humaine, Balzac en a fait de nombreux portraits peu flatteurs pour la profession, notamment dans Les illusions perdues (nouvelle fenêtre), roman dans lequel son héros, Lucien de Rubempré, est poète et cherche à se faire éditer. Précisions qu’à l’époque et jusqu’au XIXe, les libraires étaient aussi éditeurs. Et Balzac semble avoir une petite dent contre eux puisqu’après quelques piques bien senties contre les libraires, il fait dire à l’un de ses personnages :

Avant de contempler dans sa gloire Dauriat, le libraire fashionable, vous aurez vu le libraire du quai des Augustins le libraire escompteur, le marchant de ferraille littéraire, le Normand ex vendeur de salade…

Rappelons que Balzac a participé à l’éphémère Feuilleton des journaux politiques, où il publia anonymement quelques articles, dont le célèbre « De l’état actuel de la librairie »en 1830, dans lequel il n’était pas tendre. Une brève (non) signée Balzac à consulter sur le site de Gallica-BNF (nouvelle fenêtre)

Mais depuis Balzac, le métier a évolué, la profession s’est scindée en deux branches distinctes et les libraires ont endossé de nouvelles fonctions, dont les romanciers se sont tout de suite emparés avec de multiples variations.

Le libraire feel good

Le libraire de Wigtown (nouvelle fenêtre) de Shaun Bythell

Avec un humour tout britannique, Shaun Bythell, bibliophile, misanthrope et propriétaire des lieux, nous invite à découvrir les tribulations de sa vie de libraire. On y croise des clients excentriques, voire franchement désagréables, Nicky, employée fantasque qui n’en fait qu’à sa tête, mais aussi M. Deacon, délicieux octogénaire qui se refuse à commander ses livres sur Amazon… (Extrait de la chronique de lecture parue sur le blog littéraire Mumu dans le bocage – nouvelle fenêtre)

La femme au carnet rouge (nouvelle fenêtre) d’Antoine Laurain

Si on sait depuis Coup de foudre à Notting Hill que la librairie est un lieu propice aux rencontres amoureuses, que se passe-t-il quand un libraire trouve dans la rue, tout près de sa librairie, un sac à main volé ?  S’il ne contient plus de papiers d’identité, il recèle encore une foule d’objets qui livrent autant d’indices sur leur propriétaire : photos, notes, flacon de parfum…

La bibliothèque des cœurs cabossés (nouvelle fenêtre) de Katarina Bivald

Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, jeune libraire suédoise introvertie que ne vit que pour les livres, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l’Iowa. Mais, quand Sara décide de rendre visite à Amy, celle-ci vient de mourir. Loin de chez elle et un peu perdue, elle va trouver de l’aide auprès des habitants et monter… une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait.

La lettre oubliée (livre à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) de Nina Georges

Jean Perdu a toujours un livre en tête pour soulager les maux de l’âme : dans sa « Pharmacie littéraire » installée sur une péniche, ce libraire vend des romans comme on vendrait des remèdes pour vivre mieux. Mais il sait soigner tout le monde – à l’exception de lui-même.

Le libraire rédempteur

La libraire de la place aux Herbes : dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es (livre à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) d’Eric de Kermel

Nathalie et Philippe, son mari, décident de sauter le pas et de quitter la capitale pour partir en province, à Uzés. Ils ont élevé leurs enfants et se trouvent à cet âge où il est important de réinventer un projet à deux pour entamer une nouvelle tranche de vie. Philippe est architecte et n’a pas besoin d’être en permanence à Paris, et Nathalie se met en disponibilité de son métier de prof de lettres.Philippe devient un habitué du TGV Avignon-Paris et sa femme comprend rapidement que le tour des brocanteurs et le choix des tissus de ses rideaux ne remplira pas sa vie, même sous le soleil de Provence. La librairie de la place aux herbes est à vendre….

La Petite chartreuse (nouvelle fenêtre) de Pierre Péju

La librairie s’appelle Le Verbe Être. Le problème des personnages est leur immense difficulté à être. Il y a un lien entre être et les mots : en quoi, jusqu’où peuvent-ils ou non nous aider à vivre, à être ? Ils peuvent donner à vivre et à respirer, mais pas toujours : un moment, on a l’impression que ce sont eux qui vont réveiller la petite fille, et pourtant ils ne l’empêcheront pas de mourir.
Ce livre est aussi un hommage à la littérature et au libraire, cet entremetteur qui joue un rôle extrêmement important au service de la culture, de la vie même. (Extrait de l’interview de l’auteur sur le site des éditions Gallimard -nouvelle fenêtre)

Une librairie en pays hostile (livre à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) de Michael Uras

Un tout petit livre qui raconte le retour de Maurizio, après des années d’exil, dans son pays natal, la Sardaigne, pour y ouvrir une librairie : il y sera aidé par son ami Giacomo, avec lequel il a entretenu durant des années une correspondance à propos de littérature.

Il est aussi question de correspondance et d’un libraire qui deviendra un conseiller (celui dont Balzac aurait rêvé peut-être…) dans 84, Charing Cross Road (nouvelle fenêtre) d’Hélène Hanff.

Auteur de livres pour la jeunesse établie à New-York et passionnée de littérature anglaise, Helene Hanff prend contact, par le biais d’une petite annonce trouvée dans un journal, avec la librairie Marks & Co. de Londres, spécialisée dans la recherche de livres anciens et épuisés. Un des employés de cette enseigne, Franck Doel, répond à ses premières requêtes et deviendra très vite son interlocuteur privilégié….

Le libraire un peu bizarre…

Le libraire (nouvelle fenêtre) de Régis de Sa Moreira

Passionné de lecture, plutôt solitaire et très sélectif quant aux livres ou aux clients, ce libraire un peu particulier tient une boutique dans une ville où il a de nombreux concurrents, mais il se démarque par le fait qu’il lit tous les livres qu’il vend et que sa boutique est ouverte 24h/24. Ces spécificités lui attirent une clientèle extravagante, tout aussi passionnée de livres…

 

Le libraire enquêteur

L’Homme qui aimait trop les livres ((livre à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) d’Allison Hoover Bartlett.

Comment attraper un voleur qui subtilise des livres rares pour compléter sa bibliothèque personnelle ? Il faudra toute la ténacité de Ken Sanders, libraire de livres ancien irascible, qui se surnomme lui-même biblioflic pour y arriver. S’ensuit une traque de plusieurs années entre un voleur obsessionnel et un libraire obstiné prêt à bondir au moindre faux-pas. Le récit d’une traque qui nous plonge dans l’univers trop peu connu du livres anciens…

 

Quand il n’est pas du côté de la police, le libraire peut être de celui des voleurs comme Bernie Rhodenbarr, libraire-cambrioleur renommé : renouvelant le genre en le faisant sortir des clous, le héros de Lawrence Block apparait dans une série de dix romans dont Le tueur du dessus, Le blues de libraire, Le cambrioleur en maraude (nouvelle fenêtre), Les lettres mauves (nouvelle fenêtre), Le Bogart de la cambriole (nouvelle fenêtre), La spinoza connection (nouvelle fenêtre), Le voleur qui comptait les cuillères (livre numérique à télécharger sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre).

Le libraire aux pouvoirs étranges

L’ombre du vent (nouvelle fenêtre)L'ombre du vent / Carlos Ruiz Zafon (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Carlos Ruiz Zafon

Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon, Daniel Sempere, le narrateur, dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. Un enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville ».

Du même auteur, lire aussi Le prisonnier du ciel où la librairie Sempere père et fils est à nouveau le point de départ d’une enquête entre passé et présent, allant fantastique, romantisme et grande Histoire.

La librairie des ombres (nouvelle fenêtre)La librairie des ombres de Mikkel Birkegaard (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) de Mikkel Birkegaard

Un thriller dans le style nordique qui démarre très fort sur un thème particulièrement original : la puissance de l’esprit, de la parole, de la lecture. Dans la ville de Copenhague, Luca Campelli, propriétaire de la librairie Libri di Luca spécialisée dans les livres anciens, meurt subitement, apparemment d’un arrêt du coeur. Son fils Jon avec qui il a rompu tout contact depuis vingt ans hérite du magasin et découvre rapidement un secret fabuleux. Son père était à la tête d’un groupe de « lettore », des personnes dotées du pouvoir exceptionnel d’influencer la lecture des autres, de leur faire connaître des mondes merveilleux…. (extrait de la chronique de de CC rider sur Critiques libres-nouvelle fenêtre).

Et maintenant, il ne vous reste plus qu’à pousser la porte de toutes ces librairies imaginaires et à faire la connaissance de ces héros passionnés de livres !

La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois 2019, mission accomplie

10 Avr

Depuis plusieurs mois vous avez suivi leurs aventures, mais aussi leurs passions et leurs hésitations afin de déterminer qui des 8 auteurs sélectionnés pour le Prix des lecteurs de Levallois serait le lauréat de l’année. Dimanche 31 mars 2019, le nom de celui-ci a été dévoilé devant une salle comble : Paul Greveillac pour son roman Maitres et esclaves, publié chez Gallimard ! Mais avant de revenir sur ce moment historique où le cœur de huit auteurs a été mis sous pression, retournons quelques heures auparavant à la dernière réunion de nos jurés, celle qui a permis d’élire le gagnant de l’année.

Aucun d’eux n’aurait voulu manquer cette soirée intense et essentielle. Aussi à 19 heures précises, tous nos jurés sont là. À peine installés, ils étalent consciencieusement livres, notes manuscrites et documents sur la table.

Dernier tour de table

Ils échangent des regards, plaisantent, rient mais chacun garde le silence sur son vote à venir. Car tous ont en tête « leur » lauréat : reste à savoir si cela va correspondre à la tendance générale. Quand sont ensuite rappelées les règles du scrutin, les bras se croisent, les mines se font très attentives et un silence presque solennel s’installe.

Juste avant de passer devant l’urne, tous les romans sont repassés en revue. Mais ce soir, comme il s’agit de voter pour un livre (et non contre), on va affuter ses arguments en énonçant uniquement qualités et points forts de chaque titre. Un seul mot d’ordre : du positif !

Aussitôt, de façon synthétique, bon enfant et presque ludique, chacun lance une phrase, un mot ou une impression liée à cette lecture. Si pour certains livres, l’éloge coule de source, pour d’autres, on peine un peu plus… Mais l’ambiance est légère, presque festive et en tous les cas, bienveillante. Voici en vrac certains qualificatifs entendus parfois plusieurs fois :

original, rythmé, fin, poétique, réaliste, ultra contemporain, facile à lire, fantastique, passionné, féministe, documenté, moderne, vibrant, solaire, explosif, coloré, parfumé, explicite et historique bien sûr !

Mais il est temps de voter. Rires et chuchotements résonnent au moment de la distribution des bulletins puis le silence se fait quand chacun glisse le petit papier portant son titre-coup de cœur dans l’urne.

Un scrutin très surveillé

Sur un grand tableau blanc, les bâtons s’alignent au fur et à mesure du dépouillement, exécuté et vérifié par trois personnes. Après un moment où tout semble possible, deux titres se détachent du peloton  : ceux qui iront au deuxième tour.

C’est là que le débat change de ton. Car à présent, il ne s’agit plus uniquement de citer les qualités d’un titre mais de convaincre de sa place de meilleur candidat au Prix ! Après quelques débats sur le fond et la forme, s’affrontent les partisans du savoir, de l’œuvre littéraire, de la densité et de la réflexion et ceux qui pensent plaisir de lecture avant connaissance et style. On s’interroge : « doit-on laisser parler notre feeling avant ? » « Qu’attend-on d’un livre et d’un roman historique en particulier ? » Suit une question plus existentielle :

Mais qui est-on  ? Un jury littéraire ou un jury de lecteurs ?

En réponse à cette question, tous revendiquent unanimement leur identité de lecteur. Mais comme les deux camps ne semblent toujours pas trouver d’accord sur le futur lauréat, certains tentent des manœuvres alternatives en invoquant le nécessaire coup de pouce à donner à l’auteur ou le plaisir du public qui va lire le livre lauréat.

Qu’est-ce qui va faire qu’avec ce prix on va aider quelqu’un à choisir un livre ?

Après cette question sur laquelle tout le monde s’échauffe et parle en même temps, un jurée qu’on a peu entendue ce soir prend la parole et résume le problème à sa substantifique moelle : « deux livres incomparables, deux univers… »

Voilà qui n’arrange pas les affaires de nos jurés  🙂 parce que maintenant il s’agit vraiment de faire un choix. Mais si l’on peut trembler pour eux en lisant ces lignes, nos jurés, eux, n’hésitent pas. Quand les voix s’inscrivent en face des deux candidats, le scrutin est serré. Les visages sont sérieux. Après un moment de suspense où le challenger remonte, Maitres et esclaves l’emporte…

Les sourires reviennent, les hochements de tête entendus, les ça-me-parait-logique ou les j’en-étais-sûr. Ainsi, même si certains auraient préféré que soit élu le challenger (ou un autre), personne ne semble surpris de la victoire du livre de Paul Gréveillac car tout le monde s’accorde sur sa grande qualité littéraire.

La soirée se termine autour d’un verre où d’un petit groupe à l’autre, on entend parler de lectures, de livres et d’histoires de jurés !

La cérémonie de remise du Prix

Mais la tâche de nos 12 valeureux n’est pas terminée car 36 heures plus tard, les voici au Salon du Roman Historique de Levallois, prêt à voir couronner en direct l’auteur qu’ils ont élu. Si nos douze complices connaissent le nom du lauréat, celui-ci, ni aucun des autres auteurs sélectionnés, n’en a été informé. Ainsi, au risque de voir l’heureux élu s’évanouir sur scène, le secret et la surprise sont gardés jusqu’à la dernière seconde…

Mais chacun sait qu’écrire est une prise de risques et la littérature, un art dangereux 🙂

Toujours est-il qu’à 16h45, le stress monte sérieusement pour les auteurs sélectionnés. Lors des deux rencontres précédentes animées par Karine Papillaud, journaliste au Point, chacun d’entre eux a pu parler sereinement son livre, de ses motivations et de ses projets en cours. Mais à présent, sagement assis sur deux bancs au pied de la scène, tous semblent légèrement nerveux.

La cérémonie de remise du prix est alors ouverte par Stéphane Decreps, adjoint au Maire délégué à la culture, qui évoque le renouveau du roman historique, « particulièrement symbolique en notre époque de transmission », ainsi que la place de plus en plus importante de cette littérature, qui a beaucoup évolué depuis les romans d’Alexandre Dumas. Le président du salon 2019, Dany Laferrière, prend bien soin de préserver le suspense. En bon écrivain, il joue des mots et maitrisant l’art de faire monter la tension, nécessaire dans un roman mais presque cruelle pour nos auteurs, il annonce en riant :

Un piège au début, des fausses pistes puis de la lenteur jusqu’au présent, l’anxiété de huit auteurs qui n’ont qu’une chose en tête : savoir qui a gagné !

Montent alors sur scène Sophie Perrusson, directeur du Pôle Savoirs et Patrimoine accompagnée de la porte-parole des jurés, « désignée volontaire » rit-elle. Avec humour et sincérité, cette dernière raconte alors l’aventure de ce jury, « un honneur » pour elle et la rencontre de grands lecteurs passionnés, « qui ont su exprimer au mieux ce qu’ils ont aimé ou moins ». De cette expérience, elle retiendra les débats animés, la « confrontation de perceptions et de principes » et l’importance de « ce prix considéré avec beaucoup de sérieux par tous les jurés ».

Mais choisir c’est renoncer et ce n’est pas toujours facile …

L’annonce du lauréat

Reprenant le micro après cette conclusion, Dany Laferrière fait encore languir les auteurs impatients, qui commencent à trépigner sur leur bancs. Au moment de révéler le nom du lauréat, il s’amuse, prend son temps et accroit le suspense en prétendant ne pas connaître le nom du lauréat. Après une fausse piste, et certainement un coup au cœur pour chacun des huit romanciers sous tension, il balaie l’assemblée du regard :

Alors si quelqu’un s’appelle Paul Gréveillac dans la salle, c’est lui !

Un peu chancelant, l’auteur se lève et s’avance, applaudi avec fair-play par les autres sélectionnés. Sur scène, il semble assez ému :

C’est bizarre et émouvant de trouver son public. Je suis content si j’ai pu traduire l’âme chinoise dans notre langue.

Il sourit, rit, remercie et conclut son discours improvisé par ces mots :

Que la vie continue et que l’on lise beaucoup ! Je vous souhaite de belles lectures !

Stéphane Decreps, Paul Gréveillac et Dany Laferrière

Dany Laferrière le félicite, mais félicite aussi le public venu aussi nombreux au salon et « qui ne s’est pas laissé impressionner par le soleil » de cette belle journée du mois de mars. Le lauréat reçoit ensuite des mains de Stéphane Decreps un énorme chèque, symbole de la dotation offerte par So Ouest, partenaire du salon.

Félicitations au lauréat et à tous les auteurs qui ont su séduire notre jury.

Car s’il y a un heureux lauréat, aucun des sept autres auteurs n’est oublié en ce moment de gloire. Sous les applaudissements, Dany Laferrière présente alors un par un les livres de la sélection. Ce qui permet d’assister à un moment plein d’humour et de connivence où le jeune auteur Paul Gréveillac souffle le titre de chaque livre à l’immortel Dany Laferrière, qui n’a pas ses lunettes.

La cérémonie se termine sur ce beau moment de complicité et de partage, où chacun des auteurs se voit applaudi par la salle et par ses pairs. En cette belle fin d’après-midi, bien sûr il n’y a qu’un lauréat du Prix 2019 mais resteront huit magnifiques romans gagnants, ceux qui ont tout au long de l’année stimulé, remis en question, séduit et fait dialoguer nos douze jurés.

Maitres et esclaves de Paul Gréveillac (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)

À présent se termine cette Saga du Jury de Prix des Lecteurs de Levallois 2019 : félicitations à Paul Gréveillac, lauréat du Prix 2019 pour Maitres et esclaves (nouvelle fenêtre) mais aussi à Julien Blanc-Gras (Comme à la guerre – nouvelle fenêtre), Yves Bichet (Les enfants du tumulte –nouvelle fenêtre), Esther-Sarah Bulle (Là où les chiens aboient par la queue –nouvelle fenêtre) ), Stéphane Malandrin (Le mangeur de livres – nouvelle fenêtre), Diane Mazloum (L’âge d’or –nouvelle fenêtre), Jacques Pimpaneau (Le roman d’un saltimbanque – nouvelle fenêtre) et Abnousse Shalmani (Les exilés meurent aussi d’amour – nouvelle fenêtre) .

Et enfin, un immense merci à nos douze jurés pour leur investissement, leur énergie, leur passion, leur diplomatie, leur patience, leur curiosité, leur enthousiasme au cours des débats.  Et un grand bravo pour leur participation active à cette Saga 2019 pour les dialogues, les costumes et les décors !

Pour revoir tous les moments de cette belle journée du Salon 2019, 130 photos   :

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