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Les blogs prennent leur pause estivale

13 Juil

Comme chaque année, depuis leur naissance il y a maintenant 4 ans, les blogs de La Médiathèque cessent leurs publications de la mi-juillet à la fin aout 2018. L’équipe des rédacteurs prend ainsi un peu de repos et vous souhaite un très bon été, où que vous soyez !

Tout au long de la saison 2017-2018, nous avons écrit près de 300 articles, rédigé des milliers de phrases et repéré des centaines de ressources que nous avons eu le plaisir de vous faire connaitre ou (re)découvrir ! Tous ces articles ne vivent que par vous aussi nous vous remercions de les avoir lus, appréciés, partagés, likés et parfois commentés ou critiqués.

Nous reviendrons à la rentrée avec de nouvelles idées et pleins d’enthousiasme pour la saison 2018-2019. Et même un nouveau blog…

N’hésitez pas à profiter de ces deux mois pour lire ou relire nos articles précédents : que vous ayez des envies de lecture, de conseils de musique ou de cinéma, que vous vouliez vous renseigner sur le monde du travail ou sur une formation, ou que vous ayez envie de mieux connaitre l’histoire de votre ville, vous trouverez de quoi vous satisfaire sur les cinq blogs de La Médiathèque !

Et vous pourrez les lire partout : au bureau, en vacances ou dans les transports.

Bon été à tous !

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Le Goncourt 2018 de la biographie a été attribué à …

2 Juil

Né en 1980, le premier Goncourt de la biographie fut décerné à Jean Lacouture pour son ouvrage sur François Mauriac édité au Seuil. Le 5 juin 2018, le nom du lauréat du Prix Goncourt de la biographie – qui s’appelle depuis peu le prix Goncourt de la Biographie Edmonde Charles-Roux-, a été dévoilé :  il s’agit de Denis Demonpion pour son livre Salinger intime : enquête sur l’auteur de L’Attrape-cœurs (nouvelle fenêtre) édité chez Robert Laffont.

Salinger intime : Enquête sur l'auteur de L'attrape-coeurs de Denis Demonpion (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Parmi les prix littéraires et particulièrement parmi les descendants du Goncourt, celui-là est presque un jeunot. Il vient d’ailleurs de se voir rebaptiser Prix Goncourt de la Biographie Edmonde Charles-Roux. Il est traditionnellement attribué par les académiciens lors de leur dernière séance avant l’été et remis à Nancy lors de la manifestation littéraire annuelle Le livre sur la place, soulignant ainsi les liens de cœur entre la famille Goncourt et la ville lorraine (lieu de naissance d’Edmond Goncourt).  Le choix de ce lieu témoigne aussi des liens de mémoire entre l’actuelle Académie Goncourt et la ville de Nancy, puisque celle-ci héberge depuis 1988 les archives de la vie de l’académie ainsi que des documents ayant appartenu aux frères Goncourt.

Les tendances d’un prix presque quarantenaire

Si l’on se penche attentivement sur les sujets des ouvrages récompensés depuis près de 40 ans, on peut y déceler un certain esprit de famille : littéraire et cultivé 🙂

Ce prix étant une sorte d’arrière-petit-cousin de l’illustre Goncourt né en 1903, on trouve dans les livres lauréats une majorité de biographies de romanciers et personnalités littéraires (27 livres / 37 ouvrages récompensés). Parmi ces hommes de lettres figurent tout de même quelques artistes, musiciens, cinéastes, collectionneurs ou mécènes. On y trouve quelques outsiders comme une célèbre femme de mode, un militaire jeune héros de la guerre de 1870 et de la Commune ou encore un personnage aussi mythique que biblique : Moïse. Malgré ces deux derniers exemples, les héros des livres lauréats appartiennent généralement au XXe siècle.

Il est amusant de constater que parmi les personnalités choisies comme thèmes de ces sommes de savoir, la parité n’est pas véritablement de mise puisque seules 11 femmes sont au centre de ces biographies. Pour en tirer de potentielles conclusions sur la représentation de la femme en biographie goncourable, il faudrait analyser tous les titres sélectionnés, mais là n’est pas l’objet de cet article !  Néanmoins, on peut imaginer que le nom actuel du Prix qui rend hommage à une femme pourrait faire infléchir cette courbe à tendance sujet masculin, même si évidemment chacun sait que le prix est attribué sur des critères de qualité et non de genre du sujet étudié 🙂

Pour l’anecdote : en 2006, un éclair coquin et licencieux a peut-être fait sourire les jurés ce jour où le prix fut attribué à une œuvre racontant la vie d’une certaine Dominique Aury. Celle-ci était plus connue sous son pseudonyme Pauline Réage, auteur du sulfureux Histoire d’Ô.

Pour finir ce rapide et très subjectif survol des ouvrages primés, l’année 2017 fut une première puisque c’est une œuvre à 4 mains (celles de Claude et Marianne Schopp) qui reçut le prix avec un ouvrage au titre très psychanalytique : Dumas fils ou l’Anti-Œdipe (paru chez Phébus).

Le lauréat 2018 : une bio de Salinger

Comme nous le savons depuis quelques semaines, c’est un livre sur le grand écrivain Salinger qui l’emporte cette année : énigmatique, discret et retiré volontairement du monde, ce dernier était l’auteur du livre culte L’attrape-cœur (nouvelle fenêtre)L’ouvrage du journaliste et biographe Denis Demonpion apporte un nouvel éclairage sur la vie de cet écrivain énigmatique et retiré volontairement du monde.

 Il [Denis Demonpion] revient sur ses jeunes années à Vienne durant l’Anschluss, son engagement durant la Seconde guerre mondiale (Salinger a été parmi les soldats américains qui ont débarqué en Normandie pour libérer la France) mais aussi sur sa relation amoureuse avec la jeune Oona O’Neill […] . (extrait de l‘article publié sur Tv5 monde – nouvelle fenêtre)

Aux côtés de cet auteur qui marqua une époque et des générations de lycéens, les personnalités mises en lumière dans les autres livres sélectionnés en 2018 étaient  :

  • la femme d’un fabuleux écrivain mais homme de peu de bien :

♥ Madame Céline par David Alliot (Tallandier)

  • un auteur de policier inventeur du cyberpolar :

♥ Maurice G. Dantec : Prodiges & outrances par Hubert Artus (Séguier)

  • un dramaturge français à l’œuvre traduite et jouée dans le monde entier disparu dans les années sida

♥ Bernard-Marie Koltès par Arnaud Maïsetti (Minuit)

  • une essayiste américaine, militante, passionnée de politique et de photographie,

♥ Susan Sontag par Béatrice Mousli (Flammarion)

Les lauréats depuis 1980

Pour les amateurs de biographies, voici la liste des livres primés au fil des années.

2017 Claude et Marianne Schopp Dumas fils ou l’Anti-Oedipe Phébus
2016 Philippe Forest Aragon Gallimard
2015 Jean-Christophe Attias Moïse, fragile Alma
2014 Jean Lebrun Notre Chanel Editions Bleu autour
2013 Pascal Mérigeau Jean Renoir Flammarion
2012 David Haziot Le roman des Rouart Fayard
2011 Maurizio Serra Malaparte, vies et légendes Grasset
2010 Michel Vinock Madame de Stael Fayard
2009 Viviane Forrester Virginia Woolf Albin Michel
2008 Jennifer Lesieur Jack London Tallandier
2007 Patrice Locmant Huysmans, le forçat de la vie Bartillat
2006 Angie David Dominique Aury Léo Scheer
2005 Thibaut d’Antonay Jean Lorrain Fayard
2004 Claude Dufresne Appelez-moi George Sand Michel Lafon
2003 Pierre Billard Louis Malle Plon
2002 Jean-Paul Goujon Pierre Louÿs Fayard et Christian Bourgois
2001 Laure Murat La maison du docteur Blanche JC Lattès
2000 Dominique Bona Berthe Morizot Grasset
1999 Claude Pichois & Alain Brunet Colette de Fallois
1998 Christian Liger Le roman de Rossel Robert Laffont
1997 Jean-Claude Lamy Prévert, les frères Albin Michel
1996 Anka Muhlstein Astolphe de Custine Grasset
1995 Gidel Les deux Guitry Flammarion
1994 David Bellos Georges Perec Seuil
1993 Jean Bothorel Louise de Vilmorin Grasset
1992 Philippe Beaussant Lully Gallimard
1990 Pierre Citron Giono Seuil
1989 Joanna Richardson Judith Gautier Seghers
1988 Frédéric Vitoux La vie de Céline Gallimard
1987 Michel Surya Georges Bataille, la mort à l’œuvre Seghers
1986 M. Canavaggio Cervantes Mazarine
1985 Georges Poisson Laclos ou l’obstination Grasset
1984 Jeanne Champion Suzanne Valadon Fayard
1983 Ghislain de Diesbach Madame de Staël Perrin
1982 Pierre Sipriot René Depestre
1981 Hubert Juin Victor Hugo Christian Bourgois
1980 Jean Lacouture François Mauriac Seuil

Source  :  Académie Goncourt (nouvelle fenêtre)

Expo à voir d’urgence : « Les Hollandais à Paris » au Petit Palais

8 Mai

Profitez des jours fériés (et ou des ponts pour les chanceux 🙂 pour aller au Petit Palais  ! Il reste quelques jours pour y voir  l’exposition, Les Hollandais à Paris, dont le titre ne laisse pas assez présager la découverte fabuleuse que l’on y fait. On s’attend à voir des peintures intimistes ou des vanités à la facture virtuose, on se dit qu’on a déjà admiré le plus grandiose avec Vermeer l’année dernière, mais dès la porte franchie, on a le bonheur de parcourir près de deux siècles de peinture et de découvrir un formidable chassé-croisé d’influences, d’interactions et d’échanges artistiques mis en valeur dans une scénographie impeccable.

Il faut d’abord parler du lieu, le superbe Petit Palais, édifié par Charles Girault, qui forme avec le Grand Palais et le Pont Alexandre III, un ensemble conçu spécialement pour l’Exposition Universelle de 1900. Le simple fait d’entrer dans le bâtiment est déjà un plaisir puisque l’on accède à l’exposition temporaire en empruntant la longue galerie sud aux plafonds majestueux. Ensuite, dès l’entrée dans l’exposition, le ton est donné : élégant, lumineux, didactique et sans ostentation.

Une scénographie parfaite

Les salles se succèdent offrant au spectateur un parcours chronologique, mais aussi thématique, qui va de la fin du XVIIIe aux années 1940. Les tableaux, ni trop nombreux ni trop rares sont mis en valeur par la couleur des murs, dans des tons profonds qui changent dans chaque salle, offrant une atmosphère agrémentée parfois d’un décor architectural discret comme une verrière ou une rotonde.  Cette mise en scène sobre a l’élégance de servir d’écrin aux œuvres exposées et non de les écraser.

Rappelant que l’art est l’œuvre d’hommes et de femmes (bien qu’il n’y ait pas de représentante féminine dans les peintres choisis) soit d’individus aux parcours, caractères et sensibilités particuliers, chaque salle ouvre sur le portrait de l’artiste exposé dans celle-ci. Cette mise en perspective d’un visage, d’un homme et de son œuvre donne à l’exposition un caractère très humaniste, que l’on retrouve dans le choix des œuvres et dans la scénographie générale.

Une promenade en histoire de l’art

Comme son titre l’indique, le parti pris de l’exposition est de faire découvrir le travail de ces peintres hollandais venus à Paris pour y travailler, enrichir leur technique ou renouveler leur inspiration mais aussi de souligner le formidable jeu d’influences et d’interactions esthétiques entre les artistes.

Neuf peintres hollandais sont ainsi exposés : Gérard van Spaendonck pour la fin du XVIIIe et Ary Scheffer pour la génération romantique ; Jacob Maris, Johan Jongkind et Frederik Kaemmerer pour le milieu du XIXe siècle et enfin, George Breitner, Vincent van Gogh, Kees van Dongen et Piet Mondrian pour la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Leurs œuvres sont présentées aux côtés de celles d’artistes français contemporains comme Géricault, David, Corot, Millet, Boudin, Monet, Cézanne, Signac, Braque, Picasso… Extrait de la présentation sur le site du Petit Palais (nouvelle fenêtre)

L’exposition nous fait vivre un moment de l’histoire de l’art d’une richesse incroyable puisque la période voit naitre différents mouvements picturaux majeurs. On commence la visite avec des peintres de cour qui franchissent les épreuves de la Révolution sans trop de dommages aux côtés d’un David ou d’un Géricault, puis on admire ces peintures de fleurs qui sont autant des chefs d’œuvre de virtuosité que des démonstrations de symboles et de culture esthétique.

© Adagp, Paris 2018

Ensuite, à travers l’œuvre des ces artistes hollandais imprégnés de ce qui se fait dans le creuset d’art parisien et qui y apportent leur touche ou leur inspiration, on assiste à la naissance du paysage comme sujet pictural, d’abord réalisé en atelier puis en plein air. Petit à petit, de salle en salle, on suit les premiers frémissements de l’ impressionnisme, on côtoie l’école de Pont-Aven ou de Barbizon, on flirte avec le fauvisme et les nabis, on fait un détour vers l’art de l’affiche pour finir avec Piet Mondrian qui portera les expérimentations du cubisme jusqu’à une apogée quadrillée et colorée dont il fera sa signature.

Mon conseil : ne pas manquer un étonnant tableau de rochers de Fontainebleau qui devient quasi abstrait par son découpage et son cadrage.

Dans chaque salle, il est très intéressant de s’arrêter sur les tableaux mis en relation par les commissaires d’exposition, œuvres de peintres français, sources d’inspiration ou d’apprentissage pour les Hollandais, mais la juxtaposition s’avère souvent troublante d’hommages, d’échanges et d’enrichissements mutuels. Outre ce face à face balisé, chacun peut aussi faire son propre cheminement selon ses connaissances ou préférences, ainsi certains tableaux peuvent évoquer des Vuillard, des Bonnard ou des Klimt.

Dans ce foisonnement artistique et poreux où chacun s’enrichit de l’autre, il est amusant de constater comment le travail des artistes se transforme, emprunte, reproduit et sublime, puis diffuse de nouvelles manières de peindre d’un côté ou l’autre des frontières. Ainsi Van Gogh qui arrive avec les teintes brunes (celles de ses célèbres Mangeurs de pomme de terre (nouvelle fenêtre) conservés au musée Van Gogh d’Amsterdam) dans ses premiers paysages des toits de Paris  va petit à petit éclaircir ses ciels et sa palette pour finir du côté d’Arles avec les couleurs qu’on lui connait.

Une période fondatrice pour le marché de l’art

En sous-texte de l’histoire de la peinture, l’exposition montre aussi combien ces deux siècles sont un moment clé pour le commerce de l’art qui se développera dans les siècles à venir, puisque l’on y voit le système de reconnaissance et de validation des artistes évoluer, du Salon officiel en passant par celui des Refusés jusqu’à la naissance du marché de l’art tel que nous le connaissons. Au fil des salles, de petites toiles qui ne sont pas forcément les plus exceptionnelles en facture montrent cette transformation  : de l’art officiel et reconnu par le Salon, qui permettait d’obtenir des commandes, on passe aux premiers ateliers privés pour dames de bonne famille puis à ceux de certains artistes comme Jongking qui y exposait de jeunes peintres non validés par le Salon, jusque là seul maitre tout puissant de l’art officiel.

Mon conseil : ne pas manquer le petit tableau qui montre le fameux Salon officiel, un enchevêtrement presque kafkaien de tableaux couvrant du sol au plafond  la galerie du Louvre.

On voit ainsi se mettre en place un autre circuit de légitimation, qui rompt avec la rigueur et les tendances conservatrices du Salon et promeut de nouveaux acteurs, les marchands d’art dont le rôle deviendra majeur au XXe siècle, et dont Adolphe Goupil est un des premiers représentants.  Dans la salle consacrée à l’artiste Frederik Kaemmerer et aux autre artistes de la maison Goupil, on mesure la complexité de ce délicat équilibre entre art et commerce, avec une production artistique qui s’adapte  – voire crée -, le goût du jour, plait et se vend.

Après l’explosion de couleurs  de Van Dongen, l’exposition se termine avec une salle consacrée à Mondrian qui ayant découvert le cubisme (expérimenté puis délaissé par Picasso et Braque) choisira de le pousser à sa limite, en allant presque au delà de la décomposition cubiste pour finalement  l’épurer puis le colorer.

Mon conseil : le magnifique paysage de Cézanne, père du cubisme selon certains et le paysage des toits de Paris vus par une fenêtre de Mondrian à comparer avec la photo de cette même vue, qui donne un autre éclairage à ce que l’on connait généralement de Mondrian.

C’est à vous !

Il reste quelques jours (jusqu’au 12 mai ) pour aller visiter cette exposition au Petit Palais : ne la manquez pas ! Pour préparer ou prolonger votre visite :

La billetterie sur le site du Petit Palais (nouvelle fenêtre)

Le catalogue de l’exposition Les Hollandais à Paris (bientôt disponible à La Médiathèque)

L’émission La dispute du 21/02/2018 (nouvelle fenêtre) consacrée à l’exposition.

En passant

Un brin de muguet pour le 1er mai

1 Mai

Le Muguet

Un bouquet de muguet,
Deux bouquets de muguet,
Au guet ! Au guet !
Mes amis, il m’en souviendrait,
Chaque printemps au premier mai.
Trois bouquets de muguet,
Gai ! gai !
Au premier mai,
Franc bouquet de muguet.

Robert Desnos (1900-1945)

Bonus pour ceux qui s’interrogent sur la tradition du 1er mai : l’article 1er mai fête ce qu’il te plait (nouvelle fenêtre) sur le blog B.R.E.F

La saga du Prix des lecteurs de Levallois 2018 : ultime rencontre

21 Mar

De mémoire de jury, dimanche 11 mars 2018 restera un jour inoubliable : réunis dans la salle des mariages de l’Hôtel de ville, douze jurés attentifs et passionnés ont suivi la remise du Prix des lecteurs de Levallois, aboutissement et fruit de la mission collective à laquelle ils ont participé tout l’hiver. Lors de cette cérémonie de récompense, le nom de la lauréate a été dévoilé par Didier Decoin, président de la 7ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois : Véronique Mougin pour son roman, Où passe l’aiguille, publié aux éditions Grasset.

Mais revenons sur les minutes qui ont précédé ce moment historique…  La salle comble bruisse d’impatience quand la journaliste Karine Papillaud ouvre la séance. Sophie Perrusson, directrice adjointe de l’Action culturelle de la Ville, rappelle alors l’objectif du Prix : soutenir la création et encourager l’œuvre d’un jeune auteur. Puis elle explique le rôle de La Médiathèque dans la conduite de ce 7ème Prix des Lecteurs de Levallois et dans l’accompagnement du jury tout au long de l’année. Les jurés opinent quand la difficulté de leur mission est soulignée :

Cette année encore, c’était un véritable challenge, neuf romans en lice, tous de très grande qualité.

La parole est aux nominés

Karine Papillaud invite ensuite les auteurs à monter sur scène, afin que chacun dise quelques mots de son roman, sa démarche ou son sujet. À peine installés, l’ambiance est détendue, presque bon enfant, la journaliste mettant à l’aise les écrivains, dont on imagine tout de même que sous leurs airs sereins, ils sont un peu tendus.

Précisons en effet qu’à ce moment-là, le suspense est entier car à part quelques happy fews dans la salle (dont font partie nos douze jurés), aucun des nominés ne sait qui va être couronné dans quelques minutes. !

Le premier à se présenter est Sébastien Spitzer pour Ces rêves qu’on piétine, qu’il décrit comme « une tentative de comprendre l’incompréhensible ». Soulignant ce qui avait été remarqué et déterminant lors des débats de nos jurés, il explique qu’il a construit ce récit en trois temps mêlés systématiquement, offrant ainsi les portraits croisés de trois personnages. En lice pour son roman Le bon cœur, Michel Bernard explique que Jeanne d’Arc, son héroïne, « le personnage le plus documenté de l’histoire du moyen- âge », reste néanmoins un personnage qui fait peur et provoque beaucoup de résistances, malgré la grande actualité de ses combats.

Vient le tour de la future lauréate, Véronique Mougin, qui raconte la genèse de Où passe l’aiguille :  la vie de son cousin, dont « le parcours est une histoire très forte et très romanesque » et qui lui a donné envie d’en faire un roman. « Une histoire épatante à raconter, avec une double dimension » qui l’a conduite à faire le « travail que font tous les auteurs » : recherches, travail d’archives et enregistrement du témoignage de ce cousin avec 12 carnets de notes remplis en trois jours…

Pour Le déjeuner des barricades, Pauline Dreyfus a été intéressée par le contexte : en plein cœur de l’utopie soixanthuitarde dans ces jours de mai 1968 où tout peut basculer, son roman raconte une journée particulière dans un grand palace parisien où les employés ont pris le pouvoir alors que doit avoir lieu un fameux déjeuner de prix littéraire…

Pour Wilfried N’Sondé dans Un océan, deux mers, trois continents , tout est parti d’un personnage réel du XVIIe qui l’a fasciné : « un périple fondamentalement romanesque, une belle aventure, des faits qui méritaient d’être racontés ». Vient ensuite Alexis Ragougneau, intéressé par les « jeux de masques » des mois troubles de l’épuration, et qui définit son roman Niels comme une enquête dans le Paris littéraire de l’époque, à la frontière de la réalité et de la fiction. Pour Michèle Audin, le sujet de La commune s’est presque imposé par son paradoxe : « c’est une période très intéressante avec des gens qui n’ont pas d’histoire et qui ont fait l’Histoire ». Elle sourit en ajoutant qu’en faire un sujet de roman montre que « la littérature est utile », ce que personne ne niera aujourd’hui ! On termine cette présentation avec Sébastien Rutès dont le roman La vespasienne fait pincer le nez quand il explique qu’il y a mis en scène un héros qui « unit le sublime et l’abject »et dont les pratiques particulières (le héros est adepte du soupisme) deviennent une métaphore au fil du livre…

Le moment crucial

Puis tous les auteurs regagnent leur place. Montent alors sur scène Didier Decoin, Sophie Perrusson et Stéphane Decreps, Adjoint au Maire à la culture, ainsi que la représentante du jury. De par ses fonctions à l’Académie Goncourt, Didier Decoin, qui a lu tous les romans candidats, connait bien la difficulté de choisir un seul lauréat parmi plusieurs excellents titres et avoue en riant s’être « régalé à tous les lire parce qu’il savait qu’il  n’aurait pas à choisir. À chaque fois c’est un supplice ! »

Phrase qui fait écho aux cas de conscience de nos jurés le jour du vote… comme vous avez pu le lire dans le précédent épisode de cette saga.

C’est au président que revient l’honneur de proclamer le lauréat. Il laisse planer le suspense :

C’est une lauréate,  Et elle faisait partie de ma sélection finale…

À l’annonce de son nom, Véronique Mougin se lève sous les applaudissements et rejoint la scène. Après l’avoir félicitée, Didier Decoin dit combien ce livre l’a touché :

Un livre tonique, appartenant à la littérature de l’aurore : ces livres qui commencent dans la nuit et finissent dans la lumière.

Souriante et émue, Véronique Mougin remercie à son tour, faisant remarquer en souriant que c’est « l’histoire d’un cancre qui est récompensé à travers elle ». Elle se dit donc très heureuse pour celui qui a inspiré ce roman, qui n’a jamais voulu être témoin et lui a, selon ses mots,  « réservé son témoignage ». « Il avait envie de mettre quelque part ses morts », dit-elle dans une délicate formule. Grâce à ce livre, les voici à présent entrés en littérature avec ce bel hommage romanesque.

Puis, à la façon de son héros qui sait manier l’humour dans les moments dramatiques, elle enchaîne dans un éclat de rire en confiant qu’elle est ravie, car outre ce Prix des Lecteurs, elle a aussi gagné un sac à main, enjeu du pari fait avec son cousin sur l’issue de la sélection de son roman pour ce prix.

Stephane Decreps remet ensuite le prix au nom de So Ouest, partenaire du Salon, de la Ville et du Maire qui a rejoint la scène. C’est ensuite au tour de la représentante des jurés de parler de l’aventure de ce jury 2018dont vous avez suivi les coulisses sur Liseur :

C’était en effet un supplice de devoir choisir dans cette excellente sélection, confirme-t-elle en regardant Didier Decoin.

Elle s’amuse de la quantité majoritaire des femmes dans ce jury, « mais où sont les lecteurs de Levallois ? » demande-t-elle en se tournant vers la salle, qui se met à rire, déjà conquise par son enthousiasme. Elle évoque ensuite les réunions, ces moments uniques de partage, vante les débats passionnés et parle de ce qui l’a motivée à participer à ce jury  :

la joie de découvrir des livres que l’on n’aurait pas forcément lus, de partager avec d’autres lecteurs, de pouvoir exprimer ses ressentis de lecture, de réfléchir sur ce que l’on attend d’un roman historique et de rencontrer les auteurs !

Après un tel éloge, nul doute que beaucoup de candidats se présenteront pour le jury 2019 !

Fierté et remerciements

Après un dernier moment de photos et de félicitations, la cérémonie s’achève sur des applaudissements. Notre jury se sépare, fier de son œuvre : le prix des Lecteurs de Levallois 2018 a été remis, mettant un point final à l’aventure de nos douze intrépides jurés. Tandis qu’ils s’éloignent, on peut les entendre échanger, rire et rediscuter de leurs favoris. On entend même ça et là des projets de continuer à échanger autour de leurs lectures. Et c’est l’esprit serein qu’ils se dirigent vers leurs auteurs… sans nul doute pour les remercier pour le plaisir qu’ils ont eu à lire leurs romans et leur dire de vive voix toute leur admiration.

Car, si au soir de ce 11 mars 2018, il n’y a qu’un seul roman gagnant, il y a neuf romans ex-aequo dans l’enthousiasme, l’engagement, le plaisir et les passions qu’ils ont suscités au sein du jury.

Toutes nos félicitations et notre admiration vont évidemment à Véronique Mougin ainsi qu’aux huit autres romanciers sélectionnés : grâce à eux tous, nous avons vécu des moments historiques et mémorables avec les jurés 2018.

Pour finir, nous adressons un immense merci à ce jury, qui, comme ceux des précédentes années, nous a émerveillés par son envie de découvrir, de comprendre, d’analyser et mais aussi par sa générosité, sa complicité, sa sincérité et sa totale implication en littérature.

Comme le veut la tradition de cette saga du Prix des lecteurs de Levallois, le mot de la fin revient aux jurés. Voici ce qu’ils avaient dit, il y a quelques mois, du roman primé :

Un roman à tiroirs, une ode aux personnages, un livre qui transporte !

Liseur remercie tout particulièrement les 12 jurés 2018 pour leur participation active à la réalisation et à la production de la saison 4 de la Saga du Jury du Prix des Lecteurs de Levallois  : inspiration, mise en scène, dialogues, décors et costumes 🙂

Bonus : l’intégrale de la Saga du Prix des Lecteurs de Levallois (saisons 2015, 2016, 2017 et 2018) disponible sur Liseur 🙂

Super Bonus : pour revivre ce moment de pur bonheur, le film de la remise du Prix des lecteurs de Levallois réalisé par Bulles de culture !

Pour voir toutes les photos (sur Flicker-nouvelle fenêtre) de cette belle journée  !

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