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Jury de prix littéraire, et si c’était vous cette année ?

15 Sep

Cette année, la rentrée littéraire, ce sont 567 romans dont seuls quelques uns seront primés par de prestigieux prix littéraires. Mais qui dit prix dit jury, donc juré… soit des lecteurs motivés, curieux, aimant découvrir, débattre et voter. Pour le Goncourt ou le Médicis, les jurys sont déjà constitués… Mais pour faire partie de celui du Prix des lecteurs de Levallois 2019, il est encore temps  ! Douze jurés sont impatiemment recherchés et attendus pour participer à cette aventure qui durera d’octobre 2018 à mars 2019. Cela peut être vous  ! Vous avez jusqu’au 13 octobre pour déposer votre candidature.

Le prix des lecteurs de Levallois

Décerné chaque année depuis 2011 lors du Salon du roman historique de Levallois, il récompense un roman écrit par un jeune auteur, non pas exclusivement par l’âge mais par la production. Ce Prix, organisé par La Médiathèque avec le concours du magazine Le Point est en effet doté d’une enveloppe substantielle (offerte par SoOuest) visant à encourager et soutenir la création d’un auteur encore peu reconnu, voire débutant.

Paru lors des rentrées littéraires de septembre 2018 ou de janvier 2019, le roman primé doit être écrit en français (pas de traduction) et comporter une trame historique indéniable. Tout l’art du romancier consiste donc à équilibrer petite et grande histoire pour que le lecteur ait bien l’impression de lire un roman tout en tournant une page de livre d’histoire. Il n’y a aucune restriction quant à la période historique choisie par l’auteur pour y placer son intrigue qui peut ainsi se situer de l’âge de fer jusqu’à l’orée du XXIème siècle.

Pour déterminer le livre lauréat, les critères à prendre en compte sont la présence (ou non) d’un contexte historique significatif, la densité des personnages, la qualité de l’intrigue ou l’ingéniosité de la construction, le style, la création d’un univers personnel à l’auteur… Parmi tous ces éléments, le plaisir de lecture est évidemment un critère majeur.

Les romans lauréats

2019 : celui que vous aurez contribué à couronner 🙂

2018 : Là où passe l’aiguille (nouvelle fenêtre) de Véronique Mougin (Flammarion)

2017 : La chute d’Icare (nouvelle fenêtre) de Jean-François Roseau (éditions de Fallois)

2016 : L’autre Joseph (nouvelle fenêtre) de Kéthévane Davrichewy (Sabine Wespieser)

2015 : Septembre (nouvelle fenêtre) de Jean Mattern (Gallimard)

2014 :  La petite communiste qui ne souriait jamais (nouvelle fenêtre) de Lola Lafon (Actes Sud)

2012 :  La vie rêvée d’Ernesto G. (nouvelle fenêtre) de Jean-Michel Guenassia (Albin Michel)

2011 : Du domaine des murmures (nouvelle fenêtre) de Carole Martinez (Gallimard)

Les compétences nécessaires pour être un bon juré

Avoir envie de lire plus de 1500 pages en l’espace de 6 mois, être prêt à se plonger dans des romans que l’on aurait pas sélectionnés par soi-même, aimer partager à propos de ses lectures et écouter les avis d’autres lecteurs, apprécier de débattre ou convaincre mais aussi de changer d’avis, être fairplay en cas de désaccord, savoir faire un choix parmi ses coups de cœur (même si les expériences des précédents jurys nous ont prouvé que le choix final est toujours un dilemme), voter en son âme et conscience le jour J, savoir se taire (entre le jour du vote dont le résultat est tenu secret jusqu’au moment de la remise du prix, soit plusieurs jours de silence), accepter d’être déçu (si son titre favori n’est pas le titre élu), s’enthousiasmer quoiqu’il arrive, aimer discuter de lecture, histoire, littérature (mais pas que… ) et rencontrer des auteurs.

Pour ceux qui s’interrogent, il n’est pas nécessaire d’être déjà un lecteur confirmé de romans historiques : pour de nombreux jurés, la participation au jury a souvent été l’occasion de découvrir ce genre. Si vous ignorez ce qui se cache sous cette étiquette évoquant des histoires d’empereurs, de reines ou de mousquetaires, notre article Le roman historique est-il un genre ? vous montrera que depuis des temps immémoriaux, les spécialistes eux-mêmes ont du mal à s’accorder sur une définition…

Ce qui nous pousse à conclure cette liste de compétences par la plus importante : la curiosité qui, en littérature, ne s’avère jamais un vilain défaut !

Les avantages liés à la fonction de juré

Outre l’intégration d’un groupe motivé et sympathique, le plaisir d’assister à 5 réunions passionnées et le privilège de passer ces soirées dans une Médiathèque entièrement privatisée pour l’occasion, chaque membre du jury recevra en cadeau les 8 à 10 livres de la sélection (fournis gracieusement par les éditeurs).

Cette année encore, nous tenons à préciser que contrairement à certains prix littéraires prestigieux qui se dévoilent autour d’un repas gastronomique et étoilé, le résultat final sera déterminé autour d’une table de La Médiathèque agrémentée pour l’occasion d’un apéritif festif !

Le dimanche 31 mars, jour du salon 2019, chaque juré aura aussi la possibilité d’apporter ses livres pour les faire dédicacer par les auteurs. Au vu de notre expérience sur les salons précédents, son statut de juré lui procurera alors un regard bienveillant et une écoute attentive de la part des auteurs, toujours très sensibles à ce prix émanant de lecteurs (surtout s’il est le lauréat de l’année :-).

Le calendrier du juré 2019

Samedi 13 octobre 2018 à 18h : date limite de remise des candidatures pour le jury 2019 en remplissant le formulaire en ligne sur le site de la Ville (nouvelle fenêtre).

Mardi 6 novembre  à 19h : 1ère réunion avec remise des premiers titres de la sélection.

4 mardis à 19h avant fin mars 2019 (dates non encore arrêtées) : réunions de partage/débat après lecture avec une dernière séance consacrée au vote.

Dimanche 31 mars 2019  : remise du prix au lauréat lors de la 8éme édition du salon.

Si vous hésitez encore…

… et voulez en savoir plus sur le déroulement des réunions, l’ambiance, les débats, le vote et le moment de la remise des prix, retrouvez les coulisses des jurys précédents dans La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois.

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Les clés d’une bonne rentrée : capitaliser sur l’été !

1 Sep

C’est bientôt la rentrée…  Après celle des grains, des foins et des moissons, c’est le tour des écoliers, des aoûtiens, des parlementaires, des théâtres, des écrivains et de tout un chacun. Mais si pour tous, la rentrée est souvent synonyme de retour à la normale, parfois de contraintes mais surtout de reprise des habitudes, pourquoi abandonner dès septembre celles qui ont fait le charme de l’été et des vacances ? Pour vous aider à aborder la rentrée 2018 avec un esprit neuf et détendu, Liseur a glané auprès de romanciers, philosophes, essayistes et écrivains-voyageurs quelques bonnes habitudes estivales à prolonger sans restriction.

L'art presque perdu de ne rien faire de Dany Laferrière (catalogue de La médiathèque -nouvelle fenêtre)Pratiquer sans modération l’art de ne rien faire

Grâce à l’académicien Dany Laferrière, replongez sans scrupule toute l’année dans un rythme ralenti grâce à L’art presque perdu de ne rien faire (nouvelle fenêtre). Vous y apprendrez que la nonchalance est une affaire de connaisseur. « J’étais devenu un spécialiste mondial de la sieste », nous révèle Dany Laferrière dès le début de son livre. Cela n’interdit pas de lire et de réfléchir – la sieste y est, au contraire, propice. Elle permet aux pensées de jaillir, s’attachant aux petites et aux grandes choses, aux rêves et aux lectures. Dany Laferrière nous parle d’Obama et de l’Histoire, de ses premières amours nimbées d’un parfum d’ilang-ilang, de Salinger et de Borges, de la guitare hawaïenne, du nomadisme et de la vie – car cet Art presque perdu de ne rien faire est, ni plus ni moins, un art de vivre.

Prendre son temps pour en gagner (Livre numérique-catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Aller doucement

Et cette fois ce n’est pas un académicien mais Lothar Seiwert, un spécialiste de la gestion du temps qui vous invite à paresser pour être plus efficace dans Prendre son temps pour en gagner (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre). Il nous fait découvrir les principes de base du Life Leadership, méthode de gestion de soi et de son existence qui consiste à ralentir au quotidien pour gagner en efficacité. En quelques étapes simples, vous apprendrez à ne plus tomber dans le piège de la vitesse. Vous créerez ainsi toutes les conditions vous permettant de modifier durablement votre rapport au temps, pour finalement… rééquilibrer votre vie.

Comment réaliser vos rêves : Ma méthode garantie (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)Faire des plans sur la comète

Comment réaliser vos rêves :  ma méthode garantie (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) de Rosette Laberge

Ce guide ne contient pas de recette miracle pour réaliser vos rêves, mais une méthode pas à pas basée sur des principes de gestion et sur l’expérience personnelle et professionnelle de l’auteure. Ce processus simple et efficace vous conduira jusqu’à la réalisation de vos rêves à la condition que vous soyez décidé à fournir les efforts nécessaires pour vous élever sur la première marche de votre podium. Êtes-vous prêt pour la grande aventure ?

Trêve de bavardages : retrouvons le goût de la conversation , Fanny Auger (catalogue de La Médiathèque- nouvelle fenêtre)Refaire le monde

Vous avez passé l’été en grandes discussions philosophiques ou existentielles et de retour à la routine, vous craignez que la conversation et votre sociabilité n’en pâtissent ? Dans Trêve de bavardages : retrouvons le goût de la conversation (nouvelle fenêtre), Fanny Auger nous explique « qu’est-ce qu’une bonne conversation ? Comment mieux écouter ? Comment briser la glace sans évoquer la météo ? Comment prendre le temps de se parler ?

Le secret de Socrate pour changer la vie de François Roustang (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)S’intéresser aux petits secrets des anciens

Et si écouter les secrets des autres n’était pas un mauvais défaut ? C’est particulièrement vrai quand il s’agit de ceux d’un célèbre philosophe. Ainsi, grâce au secret de Socrate pour changer la vie (nouvelle fenêtre), vous pourrez peut-être trouver de sages pistes pour modifier votre existence : François Roustang explore ici une hypothèse inattendue : « et si loin d’être le premier philosophe, Socrate était le premier vrai thérapeute de l’Histoire ?  N’est-il pas celui qui a le mieux compris les effets qu’il faut produire pour modifier son rapport à soi et au monde ?  »

Optimistes ! : Les règles d'or pour voir la vie en rose Franck Martin (catalogue de La Médiathèque- nouvelle fenêtre) Garder ses lunettes de soleil (les roses) en toutes circonstances

Dans Optimistes ! : Les règles d’or pour voir la vie en rose (nouvelle fenêtre), Franck Martin propose un petit programme feel-good pour aborder septembre dans la bonne humeur :

il nous invite, non pas à nous persuader que tout est parfait dans le meilleur des mondes, mais à entraîner notre œil à mettre l’accent sur le beau dans toute situation.

 

Faire des sudokus (et réviser son anglais)

Foolproof, and Other Mathematical Meditations (Livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Vous avez fait tous les sudokus des journaux de l’été ? Vous êtes parti à l’étranger, vous avez été fluent english et vous ne voulez pas perdre votre vocabulaire ? Pourquoi ne pas l’associer à un peu de méditation (très tendance en 2018) et comme c’est la rentrée et qu’il faut bien se remettre à compter, calculer et réfléchir, ce petit livre est fait pour vous : Foolproof, and Other Mathematical Meditations (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre) de Brian Hayes.

 

Rester zen et accepter que rien ne dure (donc pas les vacances)

Avec Esprit zen, esprit neuf (nouvelle fenêtre), Shunryu Suzuki explique au candidat zen comment vivre dans le présent et en profiter : « nous devons avoir l’esprit neuf d’un débutant, affranchi de toute possession, un esprit qui sait que tout est en changement continuel. Rien n’existe si ce n’est momentanément dans sa forme et sa couleur actuelles. Une chose coule en une autre sans pouvoir être saisie. Avant la fin de la pluie, nous entendons un chant d’oiseau. Même sous la neige épaisse, nous voyons poindre des perce-neige et des pousses nouvelles.  »

Et si vraiment … envisager de ne jamais rentrer 🙂

 Ils ont fait le tour du monde : 32 portraits de blog-trotters de Sandrine Mercier et Michel Fonovich (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Si vraiment, rentrer est difficile, inspirez-vous pour l’avenir de ceux qui ont fait une pause un peu plus longue que la pause estivale… avec Ils ont fait le tour du monde : 32 portraits de blog-trotters (nouvelle fenêtre) de Sandrine Mercier et Michel Fonovich :

Qui n’a jamais rêvé de partir faire le tour du monde, un an, deux ans voire plus ? Mais entre le rêve et la réalité, il y a un monde… Cet ouvrage suit une trentaine d’itinéraires : hommes et femmes qui ont su partir… et revenir.

Bonne rentrée à tous !

Le Goncourt 2018 de la biographie a été attribué à …

2 Juil

Né en 1980, le premier Goncourt de la biographie fut décerné à Jean Lacouture pour son ouvrage sur François Mauriac édité au Seuil. Le 5 juin 2018, le nom du lauréat du Prix Goncourt de la biographie – qui s’appelle depuis peu le prix Goncourt de la Biographie Edmonde Charles-Roux-, a été dévoilé :  il s’agit de Denis Demonpion pour son livre Salinger intime : enquête sur l’auteur de L’Attrape-cœurs (nouvelle fenêtre) édité chez Robert Laffont.

Salinger intime : Enquête sur l'auteur de L'attrape-coeurs de Denis Demonpion (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Parmi les prix littéraires et particulièrement parmi les descendants du Goncourt, celui-là est presque un jeunot. Il vient d’ailleurs de se voir rebaptiser Prix Goncourt de la Biographie Edmonde Charles-Roux. Il est traditionnellement attribué par les académiciens lors de leur dernière séance avant l’été et remis à Nancy lors de la manifestation littéraire annuelle Le livre sur la place, soulignant ainsi les liens de cœur entre la famille Goncourt et la ville lorraine (lieu de naissance d’Edmond Goncourt).  Le choix de ce lieu témoigne aussi des liens de mémoire entre l’actuelle Académie Goncourt et la ville de Nancy, puisque celle-ci héberge depuis 1988 les archives de la vie de l’académie ainsi que des documents ayant appartenu aux frères Goncourt.

Les tendances d’un prix presque quarantenaire

Si l’on se penche attentivement sur les sujets des ouvrages récompensés depuis près de 40 ans, on peut y déceler un certain esprit de famille : littéraire et cultivé 🙂

Ce prix étant une sorte d’arrière-petit-cousin de l’illustre Goncourt né en 1903, on trouve dans les livres lauréats une majorité de biographies de romanciers et personnalités littéraires (27 livres / 37 ouvrages récompensés). Parmi ces hommes de lettres figurent tout de même quelques artistes, musiciens, cinéastes, collectionneurs ou mécènes. On y trouve quelques outsiders comme une célèbre femme de mode, un militaire jeune héros de la guerre de 1870 et de la Commune ou encore un personnage aussi mythique que biblique : Moïse. Malgré ces deux derniers exemples, les héros des livres lauréats appartiennent généralement au XXe siècle.

Il est amusant de constater que parmi les personnalités choisies comme thèmes de ces sommes de savoir, la parité n’est pas véritablement de mise puisque seules 11 femmes sont au centre de ces biographies. Pour en tirer de potentielles conclusions sur la représentation de la femme en biographie goncourable, il faudrait analyser tous les titres sélectionnés, mais là n’est pas l’objet de cet article !  Néanmoins, on peut imaginer que le nom actuel du Prix qui rend hommage à une femme pourrait faire infléchir cette courbe à tendance sujet masculin, même si évidemment chacun sait que le prix est attribué sur des critères de qualité et non de genre du sujet étudié 🙂

Pour l’anecdote : en 2006, un éclair coquin et licencieux a peut-être fait sourire les jurés ce jour où le prix fut attribué à une œuvre racontant la vie d’une certaine Dominique Aury. Celle-ci était plus connue sous son pseudonyme Pauline Réage, auteur du sulfureux Histoire d’Ô.

Pour finir ce rapide et très subjectif survol des ouvrages primés, l’année 2017 fut une première puisque c’est une œuvre à 4 mains (celles de Claude et Marianne Schopp) qui reçut le prix avec un ouvrage au titre très psychanalytique : Dumas fils ou l’Anti-Œdipe (paru chez Phébus).

Le lauréat 2018 : une bio de Salinger

Comme nous le savons depuis quelques semaines, c’est un livre sur le grand écrivain Salinger qui l’emporte cette année : énigmatique, discret et retiré volontairement du monde, ce dernier était l’auteur du livre culte L’attrape-cœur (nouvelle fenêtre)L’ouvrage du journaliste et biographe Denis Demonpion apporte un nouvel éclairage sur la vie de cet écrivain énigmatique et retiré volontairement du monde.

 Il [Denis Demonpion] revient sur ses jeunes années à Vienne durant l’Anschluss, son engagement durant la Seconde guerre mondiale (Salinger a été parmi les soldats américains qui ont débarqué en Normandie pour libérer la France) mais aussi sur sa relation amoureuse avec la jeune Oona O’Neill […] . (extrait de l‘article publié sur Tv5 monde – nouvelle fenêtre)

Aux côtés de cet auteur qui marqua une époque et des générations de lycéens, les personnalités mises en lumière dans les autres livres sélectionnés en 2018 étaient  :

  • la femme d’un fabuleux écrivain mais homme de peu de bien :

♥ Madame Céline par David Alliot (Tallandier)

  • un auteur de policier inventeur du cyberpolar :

♥ Maurice G. Dantec : Prodiges & outrances par Hubert Artus (Séguier)

  • un dramaturge français à l’œuvre traduite et jouée dans le monde entier disparu dans les années sida

♥ Bernard-Marie Koltès par Arnaud Maïsetti (Minuit)

  • une essayiste américaine, militante, passionnée de politique et de photographie,

♥ Susan Sontag par Béatrice Mousli (Flammarion)

Les lauréats depuis 1980

Pour les amateurs de biographies, voici la liste des livres primés au fil des années.

2017 Claude et Marianne Schopp Dumas fils ou l’Anti-Oedipe Phébus
2016 Philippe Forest Aragon Gallimard
2015 Jean-Christophe Attias Moïse, fragile Alma
2014 Jean Lebrun Notre Chanel Editions Bleu autour
2013 Pascal Mérigeau Jean Renoir Flammarion
2012 David Haziot Le roman des Rouart Fayard
2011 Maurizio Serra Malaparte, vies et légendes Grasset
2010 Michel Vinock Madame de Stael Fayard
2009 Viviane Forrester Virginia Woolf Albin Michel
2008 Jennifer Lesieur Jack London Tallandier
2007 Patrice Locmant Huysmans, le forçat de la vie Bartillat
2006 Angie David Dominique Aury Léo Scheer
2005 Thibaut d’Antonay Jean Lorrain Fayard
2004 Claude Dufresne Appelez-moi George Sand Michel Lafon
2003 Pierre Billard Louis Malle Plon
2002 Jean-Paul Goujon Pierre Louÿs Fayard et Christian Bourgois
2001 Laure Murat La maison du docteur Blanche JC Lattès
2000 Dominique Bona Berthe Morizot Grasset
1999 Claude Pichois & Alain Brunet Colette de Fallois
1998 Christian Liger Le roman de Rossel Robert Laffont
1997 Jean-Claude Lamy Prévert, les frères Albin Michel
1996 Anka Muhlstein Astolphe de Custine Grasset
1995 Gidel Les deux Guitry Flammarion
1994 David Bellos Georges Perec Seuil
1993 Jean Bothorel Louise de Vilmorin Grasset
1992 Philippe Beaussant Lully Gallimard
1990 Pierre Citron Giono Seuil
1989 Joanna Richardson Judith Gautier Seghers
1988 Frédéric Vitoux La vie de Céline Gallimard
1987 Michel Surya Georges Bataille, la mort à l’œuvre Seghers
1986 M. Canavaggio Cervantes Mazarine
1985 Georges Poisson Laclos ou l’obstination Grasset
1984 Jeanne Champion Suzanne Valadon Fayard
1983 Ghislain de Diesbach Madame de Staël Perrin
1982 Pierre Sipriot René Depestre
1981 Hubert Juin Victor Hugo Christian Bourgois
1980 Jean Lacouture François Mauriac Seuil

Source  :  Académie Goncourt (nouvelle fenêtre)

Les blogs prennent leur pause estivale

1 Juil

Comme chaque année, depuis leur naissance il y a maintenant 4 ans, les blogs de La Médiathèque cessent leurs publications de la mi-juillet à la fin aout 2018. L’équipe des rédacteurs prend ainsi un peu de repos et vous souhaite un très bon été, où que vous soyez !

Tout au long de la saison 2017-2018, nous avons écrit près de 300 articles, rédigé des milliers de phrases et repéré des centaines de ressources que nous avons eu le plaisir de vous faire connaitre ou (re)découvrir ! Tous ces articles ne vivent que par vous aussi nous vous remercions de les avoir lus, appréciés, partagés, likés et parfois commentés ou critiqués.

Nous reviendrons à la rentrée avec de nouvelles idées et pleins d’enthousiasme pour la saison 2018-2019. Et même un nouveau blog…

N’hésitez pas à profiter de ces deux mois pour lire ou relire nos articles précédents : que vous ayez des envies de lecture, de conseils de musique ou de cinéma, que vous vouliez vous renseigner sur le monde du travail ou sur une formation, ou que vous ayez envie de mieux connaitre l’histoire de votre ville, vous trouverez de quoi vous satisfaire sur les cinq blogs de La Médiathèque !

Et vous pourrez les lire partout : au bureau, en vacances ou dans les transports.

Bon été à tous !

Expo à voir d’urgence : « Les Hollandais à Paris » au Petit Palais

8 Mai

Profitez des jours fériés (et ou des ponts pour les chanceux 🙂 pour aller au Petit Palais  ! Il reste quelques jours pour y voir  l’exposition, Les Hollandais à Paris, dont le titre ne laisse pas assez présager la découverte fabuleuse que l’on y fait. On s’attend à voir des peintures intimistes ou des vanités à la facture virtuose, on se dit qu’on a déjà admiré le plus grandiose avec Vermeer l’année dernière, mais dès la porte franchie, on a le bonheur de parcourir près de deux siècles de peinture et de découvrir un formidable chassé-croisé d’influences, d’interactions et d’échanges artistiques mis en valeur dans une scénographie impeccable.

Il faut d’abord parler du lieu, le superbe Petit Palais, édifié par Charles Girault, qui forme avec le Grand Palais et le Pont Alexandre III, un ensemble conçu spécialement pour l’Exposition Universelle de 1900. Le simple fait d’entrer dans le bâtiment est déjà un plaisir puisque l’on accède à l’exposition temporaire en empruntant la longue galerie sud aux plafonds majestueux. Ensuite, dès l’entrée dans l’exposition, le ton est donné : élégant, lumineux, didactique et sans ostentation.

Une scénographie parfaite

Les salles se succèdent offrant au spectateur un parcours chronologique, mais aussi thématique, qui va de la fin du XVIIIe aux années 1940. Les tableaux, ni trop nombreux ni trop rares sont mis en valeur par la couleur des murs, dans des tons profonds qui changent dans chaque salle, offrant une atmosphère agrémentée parfois d’un décor architectural discret comme une verrière ou une rotonde.  Cette mise en scène sobre a l’élégance de servir d’écrin aux œuvres exposées et non de les écraser.

Rappelant que l’art est l’œuvre d’hommes et de femmes (bien qu’il n’y ait pas de représentante féminine dans les peintres choisis) soit d’individus aux parcours, caractères et sensibilités particuliers, chaque salle ouvre sur le portrait de l’artiste exposé dans celle-ci. Cette mise en perspective d’un visage, d’un homme et de son œuvre donne à l’exposition un caractère très humaniste, que l’on retrouve dans le choix des œuvres et dans la scénographie générale.

Une promenade en histoire de l’art

Comme son titre l’indique, le parti pris de l’exposition est de faire découvrir le travail de ces peintres hollandais venus à Paris pour y travailler, enrichir leur technique ou renouveler leur inspiration mais aussi de souligner le formidable jeu d’influences et d’interactions esthétiques entre les artistes.

Neuf peintres hollandais sont ainsi exposés : Gérard van Spaendonck pour la fin du XVIIIe et Ary Scheffer pour la génération romantique ; Jacob Maris, Johan Jongkind et Frederik Kaemmerer pour le milieu du XIXe siècle et enfin, George Breitner, Vincent van Gogh, Kees van Dongen et Piet Mondrian pour la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Leurs œuvres sont présentées aux côtés de celles d’artistes français contemporains comme Géricault, David, Corot, Millet, Boudin, Monet, Cézanne, Signac, Braque, Picasso… Extrait de la présentation sur le site du Petit Palais (nouvelle fenêtre)

L’exposition nous fait vivre un moment de l’histoire de l’art d’une richesse incroyable puisque la période voit naitre différents mouvements picturaux majeurs. On commence la visite avec des peintres de cour qui franchissent les épreuves de la Révolution sans trop de dommages aux côtés d’un David ou d’un Géricault, puis on admire ces peintures de fleurs qui sont autant des chefs d’œuvre de virtuosité que des démonstrations de symboles et de culture esthétique.

© Adagp, Paris 2018

Ensuite, à travers l’œuvre des ces artistes hollandais imprégnés de ce qui se fait dans le creuset d’art parisien et qui y apportent leur touche ou leur inspiration, on assiste à la naissance du paysage comme sujet pictural, d’abord réalisé en atelier puis en plein air. Petit à petit, de salle en salle, on suit les premiers frémissements de l’ impressionnisme, on côtoie l’école de Pont-Aven ou de Barbizon, on flirte avec le fauvisme et les nabis, on fait un détour vers l’art de l’affiche pour finir avec Piet Mondrian qui portera les expérimentations du cubisme jusqu’à une apogée quadrillée et colorée dont il fera sa signature.

Mon conseil : ne pas manquer un étonnant tableau de rochers de Fontainebleau qui devient quasi abstrait par son découpage et son cadrage.

Dans chaque salle, il est très intéressant de s’arrêter sur les tableaux mis en relation par les commissaires d’exposition, œuvres de peintres français, sources d’inspiration ou d’apprentissage pour les Hollandais, mais la juxtaposition s’avère souvent troublante d’hommages, d’échanges et d’enrichissements mutuels. Outre ce face à face balisé, chacun peut aussi faire son propre cheminement selon ses connaissances ou préférences, ainsi certains tableaux peuvent évoquer des Vuillard, des Bonnard ou des Klimt.

Dans ce foisonnement artistique et poreux où chacun s’enrichit de l’autre, il est amusant de constater comment le travail des artistes se transforme, emprunte, reproduit et sublime, puis diffuse de nouvelles manières de peindre d’un côté ou l’autre des frontières. Ainsi Van Gogh qui arrive avec les teintes brunes (celles de ses célèbres Mangeurs de pomme de terre (nouvelle fenêtre) conservés au musée Van Gogh d’Amsterdam) dans ses premiers paysages des toits de Paris  va petit à petit éclaircir ses ciels et sa palette pour finir du côté d’Arles avec les couleurs qu’on lui connait.

Une période fondatrice pour le marché de l’art

En sous-texte de l’histoire de la peinture, l’exposition montre aussi combien ces deux siècles sont un moment clé pour le commerce de l’art qui se développera dans les siècles à venir, puisque l’on y voit le système de reconnaissance et de validation des artistes évoluer, du Salon officiel en passant par celui des Refusés jusqu’à la naissance du marché de l’art tel que nous le connaissons. Au fil des salles, de petites toiles qui ne sont pas forcément les plus exceptionnelles en facture montrent cette transformation  : de l’art officiel et reconnu par le Salon, qui permettait d’obtenir des commandes, on passe aux premiers ateliers privés pour dames de bonne famille puis à ceux de certains artistes comme Jongking qui y exposait de jeunes peintres non validés par le Salon, jusque là seul maitre tout puissant de l’art officiel.

Mon conseil : ne pas manquer le petit tableau qui montre le fameux Salon officiel, un enchevêtrement presque kafkaien de tableaux couvrant du sol au plafond  la galerie du Louvre.

On voit ainsi se mettre en place un autre circuit de légitimation, qui rompt avec la rigueur et les tendances conservatrices du Salon et promeut de nouveaux acteurs, les marchands d’art dont le rôle deviendra majeur au XXe siècle, et dont Adolphe Goupil est un des premiers représentants.  Dans la salle consacrée à l’artiste Frederik Kaemmerer et aux autre artistes de la maison Goupil, on mesure la complexité de ce délicat équilibre entre art et commerce, avec une production artistique qui s’adapte  – voire crée -, le goût du jour, plait et se vend.

Après l’explosion de couleurs  de Van Dongen, l’exposition se termine avec une salle consacrée à Mondrian qui ayant découvert le cubisme (expérimenté puis délaissé par Picasso et Braque) choisira de le pousser à sa limite, en allant presque au delà de la décomposition cubiste pour finalement  l’épurer puis le colorer.

Mon conseil : le magnifique paysage de Cézanne, père du cubisme selon certains et le paysage des toits de Paris vus par une fenêtre de Mondrian à comparer avec la photo de cette même vue, qui donne un autre éclairage à ce que l’on connait généralement de Mondrian.

C’est à vous !

Il reste quelques jours (jusqu’au 12 mai ) pour aller visiter cette exposition au Petit Palais : ne la manquez pas ! Pour préparer ou prolonger votre visite :

La billetterie sur le site du Petit Palais (nouvelle fenêtre)

Le catalogue de l’exposition Les Hollandais à Paris (bientôt disponible à La Médiathèque)

L’émission La dispute du 21/02/2018 (nouvelle fenêtre) consacrée à l’exposition.

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