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La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois 2018, c’est parti !

18 Nov

Vous ne les connaissez pas encore mais vous allez entendre parler d’eux : ils sont 12, femmes et hommes, passionnés, courageux, motivés, littéraires et incorruptibles… Ce sont les jurés du Prix des lecteurs de Levallois 2018.  Choisis parmi de nombreux candidats, ils se sont réunis pour la première fois un soir d’octobre à La Médiathèque. Comme chaque année, Liseur était à l’écoute, pour vous raconter aventures, surprises et secrets des coulisses de ce désormais fameux prix littéraire. Voici donc présentés pour vous en exclusivité les héros de la saga 2018 du Prix des lecteurs de Levallois.

Assis autour d’une grande table, les jurés 2018 semblent très sages. Des « anciens » (les « redoublants », ceux qui rempilent) se saluent, visiblement heureux de se retrouver pour une nouvelle session.  Quand la réunion commence, tous écoutent avec attention le rappel des objectifs de ce prix : remis lors du Salon du Roman Historique de Levallois (qui se tiendra cette année le dimanche 11 mars 2018), il récompense un roman historique écrit par un jeune auteur (jeune par rapport à sa production et pas uniquement en fonction de son âge) grâce à une dotation substantielle conçue comme un encouragement à l’écriture.

jury 12 hommes en colèreQui sont les jurés 2018 ?

Au premier coup d’œil, il est clair que la parité ne sera pas respectée dans ce jury, faute de candidats masculins. Néanmoins plusieurs valeureux Messieurs siègent ce soir autour de la table, dont certains ont déjà participé aux aventures de jurys précédents. Pour ceux qui s’interrogent à ce sujet, l’équilibre est ici respecté puisque quelques jurées 2018 ont elles aussi participé à de précédentes sessions. Quand vient le tour de table de présentation, on commence par ceux qui reviennent, « les redoublants ».

« Mais je suis plus que redoublant », affirme alors l’un de ces Messieurs au moment d’entamer les présentations.

Je lis beaucoup. 90 livres depuis l’année dernière…

Murmures admiratifs autour de la table… Car oui, il y a de quoi faire rêver tout amateur de lecture  !

Je lis un peu trop. J’avale, confesse-t-il presque penaud. D’ailleurs j’ai déjà lu certains romans de la rentrée littéraire, qui peut-être font partie de la sélection.

Et notre juré espère bien que cette fois-ci il va choisir LE très bon cheval, car l’année passée, il « avait de très bons chevaux mais qui n’ont pas franchi la ligne d’arrivée ». Espérons donc que ces tentatives auront été un galop d’essai.

« Moi je lis autant que je peux mais pas autant que je voudrais », regrette une jurée qui elle aussi a eu jusqu’alors du mal à trouver des choses qui l’intéressent parmi les nombreux romans historiques qui paraissent chaque année mais qui compte bien trouver de quoi satisfaire ses envies d’Histoire et de fiction.

Que lisent-ils ?

Évidemment jusqu’au 11 mars, des romans historiques ! Mais que lisaient-ils avant ? En général, de tout : des romans historiques, des polars, des romances, des biographies, « un spectre très large, excepté la poésie », précise l’une.

Tout type de littérature : la blanche, la noire, l’historique. mais je n’aime pas trop le polar historique.

Nous touchons ici un sujet au cœur des débats, passés ou à venir : les genres, leur définition, leur périmètre, leurs caractéristiques… Et d’expérience de bibliothécaire, je peux vous dire que la querelle sur les limites des genres est toujours d’actualité. Mais n’anticipons pas…

Car pour le moment, si certains jurés sont tombés depuis longtemps dans la marmite des romans historiques, une des jurées explique avoir découvert le genre en venant en tant que visiteur au salon. Une autre, plutôt hostile à ce type de roman, a revu son opinion grâce à sa participation précédente au jury :

j’en ai lu pour la première fois à cette occasion, avant je pensais que c’était très ennuyeux, mais c’est tout l’inverse  : pas vieux, pas rébarbatif !

C’est sans doute aussi ce que souhaite cette autre jurée, qui  en raison d’obligations professionnelles et familiales, ne lit que la nuit et cherche donc à éviter les livres qui pourraient être « soporifiques ». Pour elle, la participation au jury est l’occasion de « déceler de petites pépites dans les romans historiques ». Et certainement de passer quelques nuits blanches ?

Que recherchent-ils ?

Une façon d’échanger, de confronter nos idées et… de changer d’avis !

En tête de liste des objectifs annoncés autour de la table, on trouve l’échange, la possibilité de discuter de livres et l’envie de partager avec d’autres amateurs de lecture. À ce sujet, plusieurs jurés diront (à mots plus ou moins couverts) leur frustration à ne pouvoir parler de lecture dans leur cercle de famille ou d’amis et l’espoir de trouver ici, dans ces réunions de jury, un temps d’échange précieux. Une jurée raconte qu’elle avait tenté de mettre en place un petit groupe de lecture, mais « ça n’a jamais marché, on n’avait pas d’échange concerté, on avait un problème de timing ».

Rassurons nos jurés tout de suite :  question échange, ils n’ont aucun souci à se faire, la discussion est même la substantifique moelle de ces réunions et côté timing, ils n’auront pas le choix ! Ils vont devoir être en phase les uns avec les autres, car pour la prochaine réunion, ils auront dû lire les mêmes titres pour pouvoir alors les défendre ou les descendre. La possibilité de confrontation, voire d’opposition, est ce qui les attire, comme l’exprime cette jurée :

C’est parfois assez surprenant. C’est amusant de se dire « je l’ai avalé » et d’avoir en face de soi quelqu’un qui l’a laissé tomber à la dixième page.

Ainsi, autour de la table, il apparait qu’aucun de nos jurés ne rêve de consensus, quoique le mythe du livre qui l’emporterait à l’unanimité lors du vote soit évoqué. Non au contraire, nos jurés sont là pour débattre : » ce qui est intéressant, c’est qu’on a pas tous les mêmes goûts ni les mêmes opinions ».

J’aime que mes lectures m’apportent et m’apprennent quelque chose.

Ainsi, outre l’envie d’en découdre :-), celles d’apprendre et de découvrir une époque par le biais de la fiction font aussi partie des motivations à participer. Auxquelles s’ajoute « s’échapper » comme l’explique en souriant une jurée. « mon métier dans la finance étant loin de la réalité de l’Histoire, la lecture me permet de m’échapper. »

book-112117_640Happy end

Avant de partir, les jurés reçoivent  un petit sac avec leur « matériel » de juré : les deux premiers romans de la sélection, le code électoral (modalités du scrutin de ce prix littéraire) ainsi que la rituelle grille de lecture qui va leur permettre point par point d’affiner leur avis et de « se poser des questions au delà de j’aime-j’aime pas ».

Quand la réunion se termine, tout le monde repart, sac sous le bras, visages animés, échangeant déjà avec ses nouveaux complices de jury sous l’œil attendri de Liseur : car des affinités futures se devinent, des échanges, des rapprochements et des centres d’intérêt communs…  Et d’expérience, nous savons que les jurys finissent bien !

Cet article se termine donc en happy end, sur ce mot d’une jurée* pour qui l’aventure du jury de l’année dernière a été bienheureuse, puisqu’elle confie avec un large sourire aux 11 autres :

Je m’y suis fait une amie.

*Comme le veut la tradition de la saga des jurés du Prix des lecteurs de Levallois, le mot de la fin de chaque épisode revient à un des membres du jury ( souvent à son insu 🙂 mais ils ont évidemment un droit de réponse !

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Goncourt d’avant, que sont-ils devenus ? (1)

30 Oct

Une semaine avant l’annonce du lauréat du prix Goncourt 2017 (nouvelle fenêtre), quelques valeureux Goncourables sont encore en lice et les pronostics vont bon train pour savoir qui sera l’heureux Goncourt 2017. Nous nous réjouissons par avance pour celui/celle qui sera l’Élu de l’année et lui souhaitons succès durable et longue vie littéraire. En pensant à son avenir, nous nous nous sommes interrogés sur la destinée littéraire, ses aléas et la trace qu’un romancier et son œuvre laissent dans le temps. Très vite, une question s’est imposée  : en 2017, qui connait encore le nom et l’œuvre des illustres prédécesseurs* du futur Goncourt de l’année ?

Que les choses soient claires :  il ne s’agit pas de déprimer le futur lauréat mais bien au contraire de l’éclairer sur les mirages potentiels de la gloire afin de le prévenir que dans 100 ans, peut-être seuls sa descendance, les archivistes du Goncourt et ce blog  – s’il devient centenaire :-)-, se souviendront de son nom et de son roman.

Pourtant que le lauréat 2017 ne s’inquiète pas :  nul ne peut tirer une leçon de la postérité puisque la littérature, comme la vie,  est riche en oublis, absences cruelles mais aussi redécouvertes et surprises, voire phénomènes de mode qui font renaître un auteur de ses cendres. Car, s’il est très vite une assurance de reconnaissance immédiate et une manne substantielle pour un auteur, le Goncourt peut aussi être aussi un phénix.

  • Note à l’attention des lecteurs qui sont allés jusque-là : afin de ne pas vous faire ici une thèse de 250 volumes sur l’histoire du Goncourt depuis sa création en 1903, nous avons choisi de nous intéresser aux auteurs lauréats du Goncourt des années finissant par 7. Voici aujourd’hui les 4 premiers.

1907  : Emile Moselly pour Terres lorraines et Jean des brebis ou le livre de la misère. Plon

À priori, peu de lecteurs de 2017 connaissent l’œuvre d’Émile Chenin (nom de plume Moselly), à part les amateurs de romans régionalistes rustiques et quelques Lorrains. Pourtant, cet auteur a eu une courte vie (1870-1918) dont la naissance et la disparition sont dignes d’un personnage de roman : né dans la BNF (son père y était gardien) et mort d’un arrêt du cœur dans le train Quimper-Paris en revenant de vacances …  Professeur agrégé de lettres classiques, il eut pour élève Maurice Genevoix à Orléans, pour  ami et soutien de son œuvre, Charles Péguy, et il écrivit une petite dizaine de romans. Mais son nom reste gravé dans les mémoires grâce au prix littéraire qui porte son nom  : le Prix Moselly (nouvelle fenêtre) qui récompense depuis 1949 une nouvelle « d’inspiration lorraine » publiée dans Études Touloises, le magazine du pays de Toul  organe de communication du Cercle d’Études Locales du Toulois (CELT).

1917  : Henri Malherbe pour La flamme au poing. Albin Michel

Critique littéraire, journaliste, directeur de la Revue des Vivants, brièvement directeur de l’Opéra comique, Henri Malherbe (1886-1958),  lieutenant blessé au combat durant la Grande guerre, fut président de l’Association des écrivains combattants : il est lui aussi à l’origine d’une distinction littéraire le Prix Henry-Malherbe (nouvelle fenêtre) : créé en 1953 et réservé à un essai. Outre le Goncourt de 17, Malherbe reçut le Grand Prix SGDL de littérature 1956 (nouvelle fenêtre) pour l’ensemble de son œuvre.

Patriotique et ardent, La flamme au poing est un roman de guerre qui fait revivre les combats à partir de l’expérience de l’auteur. Ce texte contraste avec Le feu d’Henry Barbusse, couronné par le Goncourt l’année précédente. En effet, en 1917,  il s’agit de remobiliser, de ne plus douter de la cause et de motiver les troupes quitte à noircir l’allure de l’ennemi et à mythifier  « les soldats habillés d’un bleu clair, zébré de boue blonde,  (qui) sont le ciel et le sol de France en action ».

1927  : Maurice Bedel pour Jérôme, 60° latitude nord. Gallimard

Romancier, voyageur, essayiste et docteur en médecine versé dans la psychiatrie et les obsessions, Maurice Bedel publia d’abord de la poésie sous le pseudo de Gabriel Senlis. S’il fait partie de cette génération d’écrivains marquée par les tranchées, il entamera sa carrière de romancier avec un roman sentimental. Ce roman, Jérôme 60 ° latitude nord, reçut le Goncourt l’année de sa sortie contre l’avis de Léon Daudet alors membre de l’Académie Goncourt qui lui préférait L’imposture de Georges Bernanos. Malgré son prestigieux prix, le roman de Bedel fut assez critiqué à sa sortie : on lui reprochait de plagier Morand ou Giraudoux mais surtout de porter atteinte à la réputation des jeunes filles de Norvège, pays où se situe l’intrigue amoureuse.

Quelques années plus tard, une fois les discussions et les polémiques apaisées,  Maurice Bedel devient président de la SGDL en 1948, prouvant ainsi que le monde (y compris le littéraire) est petit. Si son roman est peu lu aujourd’hui, Bedel reste dans les mémoires du XXIe siècle pour Son journal de guerre, tenu pendant les 4 ans du conflit et resté inédit jusqu’alors : il a été publié presque 100 ans plus tard et fait preuve d’une finesse d’observation et d’une lucidité étonnantes. Commencé le 1er août 1914 dans l’ivresse patriotique, il se termine sur ces mots :

Les temps sont noirs. L’horizon est barré. Il ne faudra pas que l’on croie dans cent ans que c’était gai, la Victoire.

(Saint-Avold, 31 décembre 1918).

Faux passeport d'Emile Plisnier (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) 1937  : Charles Plisnier pour Faux-passeports. Corréa

Poète, militant politique, avocat, journaliste, Charles Plisnier (1896-1952) fut le premier écrivain belge à obtenir le plus prestigieux prix français. À ce titre, il semble avoir mieux franchi les décennies que ses confrères de fortune littéraire. Plisnier fut d’abord poète, puis novelliste et romancier et reçut le Goncourt pour Faux passeports, un recueil de nouvelles, en lice avec un roman de Georges Simenon. L’histoire du Goncourt ne s’étend pas trop sur le fait qu’en raison de sa nationalité, on avait refusé à Plisnier le prix  l’année précédente (1936) alors que son roman Mariages était salué par la critique comme l’œuvre d’un nouveau Balzac.

Mais en 37, les académiciens Goncourt se rattrapèrent en primant Faux passeports ainsi que Mariages. Le sous-titre de Faux Passeports, Les Mémoires d’un agitateur, avait peut-être plus de sens qu’on n’avait voulu le voir puisqu’il a ainsi  réussi à bouleverser les frontières géographiques du Goncourt.

Grâce à ce succès, Plisnier devint membre de l’Académie de langue et de littérature françaises (nouvelle fenêtre) , l’équivalent belge de notre Académie française avec des particularités locales  : 40 membres, écrivains et philologues, des membres féminins dès 1920 et des étrangers acceptés. Une fois lauréat, Plisnier abandonna le barreau pour se consacrer au Meurtres, une saga de 5 volumes. Cette série fut adaptée en 1949 au cinéma avec un casting insolite réunissant Jeanne Moreau et Fernandel.

S’il était écrivain à part entière, Plisnier était aussi un homme engagé. Investi dès 1945 dans le fédéralisme wallon, il présida l’Union fédéraliste des minorités et régions européennes et s’avéra un défenseur précoce de l’Europe.

Comme ses confrères goncourés de 1907, 17 et 27, Charles Plisnier a donné son nom à un prix littéraire, le prix Charles Plisnier,  institué en 1959, qui fusionnera en 1963 avec le «prix hainuyer de littérature française», et c’est, depuis, le «prix hainuyer de littérature française Charles Plisnier» qui est annuellement décerné dans la province du Hainaut mais aussi à d’autres prix dont Le Prix triennal Sciences humaines et Folklore décerné par l’Association Charles Plisnier (nouvelle fenêtre) créée à la mort de l’écrivain avec pour mission de « promouvoir la francophonie, langue et cultures ».

De ces quatre Goncourts d’avant-guerre, Plisnier fut le seul à être proposé pour le Nobel de littérature en 1952. Hélas pour lui, c’est un Français, François Mauriac, qui reçut cette reconnaissance internationale.

Outre sa qualité littéraire, c’est peut-être une des raisons qui font que son œuvre continue à être éditée en 2017, lue et disponible, notamment en livre numérique (nouvelle fenêtre) sur le site de votre médiathèque préférée.

Sources utilisées pour cet article :

Bihr Alain, « Bedel M., Journal de guerre 1914-1918 », dans revue  Interrogations , N°17. L’approche biographique, janvier 2014 [en ligne], http://www.revue-interrogations.org/Bedel-M-Journal-de-guerre-1914 (nouvelle fenêtre)

Site de l’ Académie Goncourt (nouvelle fenêtre)

Site de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique (nouvelle fenêtre)

Les livres cultes de Jean-François Roseau

18 Oct

Livres de chevets, objets tutélaires, miroirs et/ou formateurs, ceux qu’on écorne, relit ou souhaite relire, ceux qu’on emmènerait sur cette fameuse île déserte où l’on aurait plein de temps pour lire… tout lecteur a en tête un ou plusieurs romans, qui l’ont accompagné, enthousiasmé, ému… Et comme les écrivains sont aussi des lecteurs, nous avons eu envie de leur demander quelles lectures les ont inspirés et guidés. Ainsi, après les livres cultes de Yasmina Khadra au printemps dernier, nous avons sollicité Jean-François Roseau, lauréat du Prix des Lecteurs du Salon du Roman Historique de Levallois 2017 pour qu’il nous livre, à son tour, la liste des titres qui ont marqué sa vie, son œuvre et peut-être fait naître son désir d’écrire.

Un jeune auteur déjà auréolé de prix

Ce jeune homme, diplômé de la Sorbonne et de l’IEP,  a bien d’autres activités mais il est surtout l’auteur de deux romans très remarqués : Au plus fort de la bataille, élaboré à partir d’une authentique découverte de documents inédits, lauréat du Prix Lafayette en 2015 (source éditions Pierre Guillaume de Roux (nouvelle fenêtre) et en 2016, La chute d’Icare, « épopée merveilleuse célébrant les premiers temps de l’aviation et l’âge de nos derniers héros » – extrait de la présentation du roman sur le site des Éditions de Fallois (nouvelle fenêtre)-.

Outre le Prix des lecteurs de Levallois, son deuxième roman a reçu de nombreuses récompenses et en particulier, le Prix François Mauriac décerné par l’Académie française (nouvelle fenêtre). Pour la petite histoire, il succède pour ce prix en 2017 à Pierre Adrian (Prix François Mauriac 2016), jeune auteur qui avait, lui aussi, concouru pour le Prix des lecteurs de Levallois avec son roman La Piste Pasolini. De là à imaginer que les Académiciens ont un œil sur notre prix, il n’y a qu’un pas d’autosatisfaction :-).

Son actualité

Selon nos sources (confirmées = l’auteur himself :-), le prochain roman de Jean-François Roseau devrait paraître aux éditions de Fallois début 2018. Il s’agira d’une intrigue aux accents de pamphlet et de comédie sur le monde politique contemporain.

Ses livres cultes

Je me permets tout d’abord de citer Jean-François Roseau dans sa réponse à notre demande de sélection drastique :

Je me plierai avec plaisir à l’exercice et, comme vous le dites si justement, s’il me faut n’indiquer qu’une dizaine de titres, je devrai en sacrifier quelques uns. Voire leur être infidèle. C’est le travers et la richesse des catalogues ! Faire court avec le moins d’impasses. Mais c’est le jeu ! Tant pis pour les autres. Je me rattraperai avec eux la prochaine fois qu’on me posera la même question.

Mais nous avions déjà trouvé quelques pistes dans son dernier roman, que ce soit dans les citations qui ouvrent certains chapitres, dans les lectures des personnages ou dans les réflexions du narrateur.

Elle (Antoinette) avait apporté un livre qui venait de paraitre, « Mort à crédit ».

-Céline est formidable ! Tu aimeras…

(Il ne l’ouvrit jamais. Albert, d’ailleurs, ne lut jamais Céline)

Contrairement à son héros Albert dans « La chute d’Icare »,  Jean-François Roseau a lu Louis-Ferdinand Céline et l’a tout de suite cité –en 2ème position– parmi ses titres favoris et dans ses lignes, il y fait plusieurs fois références à propos d’héroïsme.

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Ces 12 livres sont disponibles dans toute bonne médiathèque, librairie ou rayonnages de bibliothèque personnelle.

Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier (version papier et/ou en ligne sur le site de La Médiathèque  – nouvelle fenêtre)

Mort à Crédit (nouvelle fenêtre) de Louis-Ferdinand Céline

Aurélien (nouvelle fenêtre) de Louis Aragon

Les Enfants tristes de Roger Nimier (disponible dans les bibliothèques de la Ville de Paris- nouvelle fenêtre)

Le Feu follet (nouvelle fenêtre) de Pierre Drieu La Rochelle

Où j’ai laissé mon âme (nouvelle fenêtre) de Jérôme Ferrari

Terre des hommes  (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre)  d’Antoine de Saint-Exupéry.

Extension du Domaine de la lutte (nouvelle fenêtre)  de Michel Houellebecq

La Princesse de Clèves  en version papier (nouvelle fenêtre) de Madame de La Fayette ou en ligne (nouvelle fenêtre)

Battling le ténébreux d’Alexandre Vialatte (disponible dans les bibliothèques de la Ville de Paris- nouvelle fenêtre)

Belle du Seigneur (nouvelle fenêtre) d’Albert Cohen

Au Château d’Argol (nouvelle fenêtre) de Julien Gracq.

Additif

Les remords ayant taraudé notre auteur :-), quelques jours plus tard, un gentil correctif nous est parvenu :

Mais, nous confie Jean-François Roseau, il y en a :
Beaucoup d’autres, encore…
Consciente de l’immense frustration que génère ce type d’exercice – quand il faut restreindre ses lectures préférées à une petite douzaine…- l’équipe du blog Liseur remercie sincèrement Jean-François Roseau d’avoir bien voulu se prêter au jeu de la liste de livres cultes 🙂

14 points essentiels pour devenir juré du Prix des Lecteurs de Levallois 2018

12 Sep

La 7ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois aura lieu le 11 mars 2018. Comme chaque année, le Prix des Lecteurs de Levallois sera remis à un jeune auteur afin de le récompenser et de l’encourager à poursuivre son œuvre. Comme son nom l’indique, le jury de ce prix est constitué de lecteurs de Levallois. Pour faire partie de l’aventure de ce prestigieux jury, il suffit de soumettre sa candidature avant le 8 octobre 2017 … et d’être sélectionné. Pour vous aider à vous décider et/ou à candidater, voici un récapitulatif des qualités et compétences nécessaires pour devenir juré de ce désormais célèbre prix littéraire.

  • Le juré aime lire, même s’il confesse parfois s’être éloigné de la lecture et que sa participation au jury est  l’occasion de s’y remettre.
  • Il a lu au moins un livre 🙂 et peut en faire une brève critique pour motiver sa candidature.
  • Il s’engage à lire une petite dizaine de romans en quelques mois soit environ 1500 pages (papier et/ou numérique).
  • Conséquence du point précédent : il risque de passer quelques nuits blanches sur son ouvrage soit parce que la réunion du jury a lieu le lendemain soit tout simplement parce qu’il veut connaitre la fin du bouquin (nous militons ouvertement pour la 2ème raison).
  • Il a de l’intérêt pour ce qu’on appelle « roman historique », mais ce n’est pas un critère déterminant. Différents cas sont alors possibles, tous étant admis :

Accès au formulaire de candidature en ligne sur le site de la Ville de Levallois (nouvelle fenêtre) – Il ne lit QUE des romans historiques et l’Histoire est son dada (critère là aussi non déterminant)

– Il n’a JAMAIS lu de roman historique mais il est curieux de découvrir le genre.

– Il a lu Les trois mousquetaires il y a LONGTEMPS et pour lui, roman historique rime avec cape, épée et chemise à jabot (dans ce cas, la participation au jury peut s’avérer une petite mise à jour sur ce genre littéraire apprécié au XXIe siècle)

  • Il a envie d’échanger autour de ses lectures et de confronter son point de vue avec d’autres lecteurs.
  • Il est motivé, enthousiaste mais non exempt de sens critique.
  • Il résiste aux pressions en tous genres et sait garder le secret des urnes, car une fois le vainqueur 2018 déterminé par le vote final des jurés, son nom ne sera révélé au public que plusieurs jours après (lors de la cérémonie de remise du prix).
  • De fait, il est évidemment  incorruptible 🙂
  • Il est tenace, mais sait écouter les avis différents, pouvant aller jusqu’à revoir son opinion sur un livre si les arguments qu’on lui oppose sont convaincants. Néanmoins l’expérience des années précédentes montre qu’un peu d’entêtement et de jusqu’au boutisme ne nuisent pas.
  • Il est fair-play et éventuellement bon perdant (si son favori n’est pas le lauréat). Et nous tenons ici à le préciser : il peut y avoir des déçus… l’unanimité du jury n’ayant jamais été obtenue. Mais l’édition 2018 sera peut-être différente ?
  • Il est libre quatre mardis soirs d’ici le mois de mars 2018 pour les réunions du jury : la première ayant lieu le mardi 17 octobre à 19h, à l’issue de laquelle il se verra remettre les premiers titres (1ère partie de la sélection) ainsi qu’un certain nombre de conseils. La dernière réunion sera consacrée au vote final où il engagera sa voix et son énergie pour défendre les couleurs de son auteur préféré.
  • Il est disponible le dimanche 11 mars pour l’édition 2018 du Salon du Roman Historique.
  • Il est conscient que ses paroles sont susceptibles d’être citées (de façon anonyme) dans la Saga du Prix des lecteurs de Levallois, dont la saison 4 commencera à l’issue de la première réunion, les précédentes saisons de la Saga du Prix des Lecteurs de Levallois  (2015, 2016 et 2017) ayant été publiées sur Liseur.

Convaincus ? Prêts à postuler ? Vous avez jusqu’au 8 octobre !

Le formulaire à remplir en ligne (nouvelle fenêtre) se trouve sur le site de la Ville de Levallois et est à renvoyer avant le 8 octobre 18h.

Comme chaque année, les moins familiers de la rédaction en ligne peuvent la faire sur papier.

Rappel : les jurés des années précédentes peuvent postuler,  des « redoublants » ayant été admis les années précédents  (à l’heure où nous écrivons cet article, le cas des triplants voire davantage n’a pas encore été étudié).

Accès au formulaire de candidature en ligne sur le site de la Ville de Levallois (nouvelle fenêtre) Info supplémentaire : pour ceux qui souhaitent postuler sur d’autres prix nationaux ou internationaux, ces critères peuvent être nécessaires mais ne seront peut-être pas suffisants, certains prix tels le Goncourt et ses semblables demandant d’avoir quelques publications à son actif. Se renseigner auprès de chaque organisateur de prix sera donc plus prudent.

Petite précision : si une petite collation est servie le jour de la délibération finale du jury du Prix des lecteurs de Levallois, elle ne provient pas de chez Drouant.

Quand la littérature se met au service des résolutions de rentrée

9 Sep

Culture générale, expression écrite, richesse du vocabulaire, construction de soi et ouverture au monde, la littérature a des qualités reconnues, célébrées et encouragées par tous les systèmes scolaires et éducatifs du monde. Mais ce que l’on ignore, c’est que les pages des grands auteurs, classiques ou contemporains, peuvent être inspirantes, efficaces, voire constructives au moment de mettre en place tous ces grands projets annuels d’amélioration de la vie quotidienne, que l’on appelle « bonnes résolutions de rentrée ». 

Selon vos objectifs pour 2017-2018, voici donc comment :

Comment Proust peut changer votre vie de Alain de Botton (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Changer de vie

Vous y avez réfléchi pendant les vacances, et maintenant, c’est décidé, vous vous y mettez, vous arrêtez de…  ou vous commencez à…, l’essentiel de ce genre de décision étant de bouleverser les schémas habituels et de penser sa vie autrement. C’est là que Proust et Alain de Botton entrent en scène…
Dans son best seller Comment Proust peut changer votre vie (nouvelle fenêtre)l’écrivain britannique qui est aussi fondateur de The School of life (nouvelle fenêtre) nous le certifie :

Proust peut changer notre vie. En neuf chapitres savoureux, l’auteur nous entraîne dans la vie, la correspondance et l’oeuvre de l’écrivain pour en extraire de formidables leçons de vie. (Présentation de l’éditeur J’ai lu)

Le Titanic fera naufrage de Pierre Bayard (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Anticiper l’avenir

Grâce au livre Le Titanic fera naufrage  de Pierre Bayard (nouvelle fenêtre), étudiez la façon dont certains auteurs ont su avant tout le monde ce que l’avenir préparait et inspirez-vous de leur méthode pour découvrir quel sera votre futur, voire celui de la planète.

À l’image du romancier américain Morgan Robertson, qui raconta le naufrage du Titanic avec quatorze années d’avance, les créateurs semblent disposer d’un accès privilégié vers l’avenir, qui leur permet d’anticiper les guerres, les dictatures ou les catastrophes naturelles. Prendre la mesure de cette capacité prémonitoire ne devrait pas seulement inciter à leur confier des responsabilités politiques et à les associer aux recherches de la science, mais aussi à remettre en cause notre lecture des oeuvres ainsi que notre représentation de l’histoire littéraire et artistique. (présentation de l’éditeur Éd. de Minuit)

Chercher (et trouver) l’âme sœur

La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con : coaching littéraire pour séduire en 7 étapes (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtreLire les classiques et s’appuyer sur leurs expériences peut s’avérer utile pour initier, mettre en place  et gérer tout type de situation amoureuse, de la moins littéraire à la plus romantique. C’est ce que nous explique Sarah Sauquet dans La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con : coaching littéraire pour séduire en 7 étapes (livre numérique-nouvelle fenêtre).

Le livre commence par un test « quel(le) séducteur/trice de la littérature êtes-vous ? » qui vous aidera à situer votre profil et à adapter votre stratégie de lecture …

Véritable outil d’autocoaching, ce guide positif en 7 étapes vous propose de vous appuyer sur les cas de la littérature pour rencontrer, séduire et garder l’âme-sœur. Vous y découvrirez comment faire les bons choix dans Les Misérables, vous comprendrez l’importance de déclarer sa flamme dans Orgueil et préjugés, et vous cesserez de vouloir reconquérir votre ex après avoir relu Gatsby le Magnifique ! Plus encore, vous constaterez que les classiques de la littérature n’ont jamais été aussi modernes…( extrait de la présentation de l’éditeur Eyrolle)

Comment faire lire les hommes de votre vie de Vincent Monadé (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Changer le comportement d’autrui  (Bonne chance…)

Vous souhaitez convertir votre âme sœur (trouvée grâce au livre précédent ) au plaisir de la lecture… Comment faire lire les hommes de votre vie de Vincent Monadé (nouvelle fenêtre) vous aidera dans cette tâche valeureuse.

On connaît les campagnes de sensibilisation à l’école pour faire lire les enfants, on ne parle jamais du fait qu’une bonne partie de la pouplation a déserté la lecture : les hommes ! Mais qu’est-il arrivé au cerveau masculin ? Vincent Monadé, président du CNL, ancien libraire et lecteur passionné lui-même, prend la plume dans ce petit livre pour tenter d’endiguer ce fléau, et rallier notamment les femmes à la cause : faire lire les hommes ! ( présentation de l’éditeur Payot)

Bibliothèque idéale du naufragé de François Armanet (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre).Partir avant la fin de l’année pour une île déserte

Mais vous séchez au moment de préparer vos bagages. De grands écrivains y ont heureusement réfléchi avant vous et vous éviteront le casse-tête que représente le fait de faire sa valise avec l’essentiel. Ainsi François Armanet a rédigé cette Bibliothèque idéale du naufragé (nouvelle fenêtre).

Quels sont les trois livres que vous emporteriez sur une île déserte ? : c’est la question qu’a posée François Armanet à deux cents écrivains du monde entier. Sa joyeuse enquête est un manuel de survie du naufragé, une invitation à la découverte de livres ignorés, une bibliothèque idéale élaborée par ceux dont l’écriture est la vie. (extrait de la présentation de l’éditeur Flammarion)

La Twittérature : les chefs-d'oeuvre de la littérature revus par la Génération Twitter d'Alexander Aciman et Emmett Rensin (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Avoir le bagage minimum

Vous avez retenu l’option précédente (île déserte et bagage) mais préfèreriez pouvoir épater Vendredi en arrivant sur votre île ? Il vous reste trop peu de temps avant le départ pour prendre connaissance et retenir la substantifique moelle des bestsellers de la littérature mondiale ? Pas de panique : plongez vite dans La Twittérature : les chefs-d’oeuvre de la littérature revus par la Génération Twitter d’Alexander Aciman et Emmett Rensin (nouvelle fenêtre) et vous vous en sortirez très bien.

 …Plus de 70 chefs-d’oeuvre de la littérature mondiale pour en extraire avec Twitter, la quintessence. Sacrilège ? Imposture ? Du monde grec à Shakespeare, Voltaire ou Proust, parodie, sarcasme et insolence sont la marque de l’esprit occidental. À l’ère de l’info-déluge et du tout numérique, en 2 mots comme en 140 signes, la Twittérature présente la littérature minute !(extrait de la présentation de l’éditeur Éd. de Saint Simon)

Ce livre peut aussi être conseillé pour se présenter à un examen, un speed date, un repas avec les beaux-parents (de le ou la promis(e) rencontré grâce au projet « trouver l’âme sœur » ci dessus). Il obtient généralement des résultats satisfaisants dans toute situation où il s’agit de briller en société.

Il peut être complété et/ou remplacé par la lecture de l’ouvrage Comment parler des livres que l’on a pas lus  ? de Pierre Bayard (nouvelle fenêtre) car selon l’auteur « Contrairement aux idées reçues, il est tout à fait possible, d’avoir un échange passionnant à propos d’un livre que l’on n’a pas lu, y compris, et surtout, avec quelqu’un qui ne l’a pas lu non plus ! ».

Et voilà, il ne vous reste plus qu’à prendre vos bonnes (ou mauvaises) résolutions et à vous inspirer des grandes œuvres littéraires pour les mettre en œuvre ! Bonne chance et bonne rentrée 2017 !

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