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L’artiste, matière romanesque et littéraire (1)

11 Déc

Réel ou de pure fiction, l’artiste occupe une place de choix dans le roman classique ou contemporain. Ainsi art, peintre et création artistique sont l’occasion pour les romanciers de décortiquer l’alchimie particulière du processus créatif et pour les lecteurs, se transforment en un moment privilégié permettant de partager la vie et l’intimité d’un artiste. Du récit à la fiction, voici une petite sélection de livres qui illustrent le rapport particulier qu’entretiennent l’art et la littérature. 

L'oeuvre de Zola (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) S’il s’inspire souvent d’un personnage existant, les artistes qui ont pu servir de modèle ne l’apprécient pas toujours. Ainsi Paul Cézanne, grand ami d’Émile Zola, se brouilla avec l’écrivain après la parution de L’œuvre (nouvelle fenêtre)  : trop de ressemblances avec Claude Lantier, le peintre maudit du roman ainsi qu’une peinture à charge des excès du monde de l’art et des artistes ne plurent pas du tout au peintre qui, peut-être vexé que son image ait été écornée en littérature, ferma la porte de son atelier au père des Rougon-Macquart.

Mais en général, encore de ce monde ou pas, les artistes à l’honneur en littérature ne semblent pas avoir de réactions aussi virulentes.

L’artiste et l’écrivain, une complicité créative

Zao de Texier (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Les livres qui leur sont consacrés sont en effet des portraits intimes et très émouvants comme celui que fait Richard Texier dans Zao (nouvelle fenêtre), en s’appuyant sur une complicité rare et une amitié de plusieurs années avec le peintre Zao Wouki. D’après le journaliste Jérome Bléglé dans son article « En mai fais ce qu »il te plait » publié le 11 mai 2018 sur LePoint.fr (nouvelle fenêtre), le romancier a particulièrement réussi son texte :

Les écrivains peinent à donner du relief aux ouvrages consacrés aux peintres. Il manque souvent une couleur, une image, un ton, une profondeur pour rendre compte de la complexité de l’œuvre et de la vie de ces artistes. Texier rend à son modèle toutes ses dimensions, sa richesse, sa tendresse, sa générosité et son infinie simplicité dans un livre qui navigue entre la biographie, l’exercice d’admiration et le carnet de croquis.

Entre biographie et fiction

À l’opposé de cette intimité réelle, se trouve Hockney (nouvelle fenêtre) de Catherine Cusset qui dit dans sa préface s’être beaucoup documentée mais n’avoir jamais rencontré ni interviewé l’artiste.

Vie de david Hockney de C Cusset (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Ce roman, à cheval entre fiction et biographie, permet de comprendre le parcours artistique de cet artiste fabuleux dont la particularité sur 60 ans de carrière est de toujours se renouveler, tant en sujets qu’en techniques. Tout l’art de la romancière consiste alors à écrire entre les faits et à imaginer avec sa sensibilité ce qui échappe à la biographie pure et simple, donnant ainsi un portrait très personnel du peintre anglais.

Deux remords de Claude Monet de Michel Bernard (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Parmi les excellents romans qui flirtent avec la biographie, on citera évidemment Deux remords de Claude Monet (nouvelle fenêtre) de Michel Bernard, livre sélectionné pour le Prix des Lecteurs de Levallois 2017 et qui obtint le Prix Libraires en Seine de la même année : un roman qui plonge le lecteur dans l’intimité du célèbre peintre impressionniste avec une écriture qui retranscrit admirablement la touche, la lumière et la matière picturale.

 

Au delà de la biographie, certains thèmes fleurissent dans la littérature, comme celui de l’artiste torturé, cher aux romanciers.

L’artiste maudit

Toutes les couleurs du monde de Montanaro (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Dans Toutes les couleurs du monde (nouvelle fenêtre), Giovanni Montanaro construit une fiction sur quelques mois de la vie du célèbre peintre quand à 27 ans entre août 1879 et juin 1880, il disparaît sans écrire une seule lettre à son frère.  Ici, on le découvre parcourant la campagne flamande, au moment où il devient peintre, sans maître, à l’insu de tous. L’auteur imagine que l’artiste s’est arrêté à Geel,  petit bourg belge surnommé le « village des fous », car depuis le Moyen Age, ceux-ci vivent parmi la population en toute liberté. Un roman où la couleur et la lumière deviennent de véritables personnages.

On retrouve le thème central de la souffrance de l’artiste dans le roman de Ralph Dutli, Le dernier voyage de Soutine (nouvelle fenêtre) qui raconte aussi « la nécessité pour Soutine de se cacher sans cesse ».

Mais une seconde course-poursuite lui fait concurrence : celle du fourgon mortuaire qui transporte en urgence Soutine dans un état quasi cadavérique entre Chinon, où il s’est réfugié, et une clinique parisienne où il sera opéré et mourra. Le romancier imagine que pendant le voyage qui précède l’extinction finale, Soutine délire. Le texte épouse ses torsions et ses hallucinations, rythmées par le ballottage du véhicule. Le peintre en pensées «poursuit sa remontée à travers les quarante-neuf années de sa vie», et cette chronologie désordonnée est celle du livre, comme structuré par des plaques d’inquiétude qui se chevauchent. Le procédé nous imprègne de l’intranquillité de Soutine, et nous regardons Paris d’un œil neuf, de son œil à lui, entre les années 1910 et les années 1940.

Extrait de l‘article Chaim Soutine une palette de douleurs de Virginie Bloch-Lainé (nouvelle fenêtre) publié le 18 novembre 2016 dans Libération.

L’artiste amoureux

Célèbre pour ses amours tumultueuses avec le peintre Diego Rivera, l’artiste mexicaine Frida Kahlo semble inspirer particulièrement  les romanciers : Le Clézio avec son célèbre Frida et Diego mais aussi Gérard de Cortanze qui lui consacre deux romans, Frida Kahlo, la beauté terrible (nouvelle fenêtre), qui raconte la vie et l’œuvre de l’artiste puis Les amants de Coyoacan (nouvelle fenêtre), centré sur la période où le couple Kahlo/Riviera reçoit à Mexico un certain Trotski, réfugié d’URSS, qui tombe fou amoureux de la belle peintre… Plus récemment, à la rentrée littéraire de septembre dernier (2019), Claire Berest s’intéresse à la relation amoureuse mouvementée de l’artiste dans son roman Rien n’est noir (nouvelle fenêtre).

C’est aussi une très belle histoire d’amour que celle de Léonora (nouvelle fenêtre) d’Elena Poniatiwska.

Ce gros roman raconte la vie de Léonora Carrington, peintre, romancière et dramaturge de sa naissance dans le Lancashire au Mexique où elle s’installera, en passant par le Paris bohème des années 1930 où elle fréquente les surréalistes. Plongés dans l’atmosphère intellectuelle cosmopolite et avant-gardiste de l’internationale artistique et surréaliste des années, on suit la vie de celle qui vécut une histoire d’amour passionnée avec l’artiste Max Ernst.

Cet « amour fou » avait déjà été raconté dans Max et Léonora par Juliette Roche qui s’était concentrée sur les années 1937 à 1940, date où le peintre fut arrêté et qui conduisait Leonora dans une fuite éperdue aux limites de la folie.

Dans Leonora, l’auteur, qui a elle-même connu Léonora Carrington, retrace la totalité du parcours de l’artiste et dresse le portrait d’un personnage « incandescent, viscéralement libre et passionnée, surréaliste par nature » (extrait de la présentation de l’éditeur, Actes Sud).

Un personnage essentiel, la femme

Muses, rivales, complices ou castratrices, les femmes ou compagnes d’artistes sont de fabuleux personnages pour le roman : dans L’indolente (nouvelle fenêtre), Francoise Cloraec dresse le portrait de Marthe Bonnard, un personnage réel mystérieux à l’histoire complexe, mais hélas, le livre laisse un peu le lecteur amateur de Bonnard sur sa faim.

Il est ainsi question de sentiments amoureux dans La veuve Basquiat : une histoire d’amour (nouvelle fenêtre) de Jennifer Clément qui raconte la relation agitée qui unit le peintre le plus trash des années 80 à New York à une femme, amante et muse.

Dans les romans sur ces femmes inspirantes, on citera aussi La vie rêvée de Gabrielle : Muse des Renoir (nouvelle fenêtre) de Lyliane Mosca.

La vie de Gabrielle Renard est un roman. Un roman vrai et en couleurs qui commence en 1894, quand, toute jeune, elle quitte sa Champagne natale pour devenir bonne à Paris chez les Renoir. Sa beauté simple mais rayonnante lui vaut de poser bientôt pour le célèbre peintre. Egalement nourrice du petit Jean, le futur cinéaste, elle contribue grandement à son éducation. (extrait de la présentation par l’éditeur)

Si les romans cités dans cet article évoquent la vie de peintres réels, de nombreux auteurs recomposent le personnage d’artiste, créant de toutes pièces (ou pas…) des artistes et des vies de fictions (à suivre prochainement sur Liseur ). 

 

La saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2020, en route pour l’aventure !

5 Nov

Mardi 14 octobre dernier, à l’heure où La Médiathèque ferme ses portes, a eu lieu la première réunion du nouveau jury du Prix des Lecteurs de Levallois. Cette rencontre fondatrice marque le lancement de l’aventure collective qui va mener douze jurés de la lecture individuelle des romans sélectionnés à une prise de décision commune : déterminer qui sera l’auteur lauréat du Prix 2020, et dévoiler son nom le dimanche 1er mars lors de la 9ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois.

D’ici cette date, vous allez suivre ici pas à pas leur cheminement, leurs enthousiasmes et leurs coups de cœur, mais aussi leurs interrogations, leurs doutes et parfois leurs différends. Car oui, s’ils ont en commun leur envie de découverte et leur volonté de participer à ce jury, ces douze lecteurs aux natures, goûts et personnalités différentes vont devoir se mettre d’accord… Ainsi, comme les années précédentes, le challenge de cette nouvelle équipe de jurés va être de mener à bien cette mission collective, excitante, parfois difficile mais toujours passionnante : décider qui parmi les huit à dix livres de la sélection de romans historiques parus entre mars 2019 et janvier 2020 sera le meilleur des candidats au Prix.

Comme l’explique en préambule Sophie Perrusson, directrice du Pole Savoirs et patrimoine, tous les romans lauréats des années précédentes (présentés ce soir sur la table) prouvent que les jurés-lecteurs levalloisiens ont depuis 2011 choisi de jeunes* auteurs talentueux , dont la production est suivie de près à chaque rentrée littéraire (voir notre article : Rentrée littéraire 2019, nos chouchous).

* Petite précision : « jeune » s’entend ici en terme de production et non d’année de naissance.

Quand on ajoute à ce beau palmarès littéraire les chiffres de fréquentation du dernier Salon (près de 6000 visiteurs en une après-midi),  la tablée hoche la tête, convaincue s’il en était encore besoin de l’importance de la tâche qui lui est confiée à partir de cet instant.

Et comme il va s’agir de travailler tous ensemble à ce noble objectif, la première étape est de savoir avec qui on va faire équipe ! Suit alors un sympathique tour de table que nous allons essayer de résumer ici afin que vous fassiez vous aussi connaissance de ces douze héros dont l’épopée va nous tenir en haleine durant quelques mois.

Les jurés 2020

Avec 7 femmes et 5 hommes, on atteint presque la parité 🙂 Aussi cette année, les seules questions de genre qui vont se poser vont être celles propres à la littérature, avec cette interrogation cruciale qui va amener à un moment ou à un autre nos jurés à se creuser la tête, qu’elles soient masculines ou féminines : qu’est-ce qu’un roman historique ? Est-ce un genre littéraire qui obéit à des codes bien précis ? Si oui, quelles en sont les particularités, les frontières ? Les impératifs et les nécessités par rapport à l’Histoire ?

En matière de lecture, ils sont éclectiques  : entre Alexandro Barrico, des biographies, la saga Harry Potter, Au lit Petit lapin, Alexis Michalik, les prix des années précédentes ou La panthère des neiges de Sylvain Tesson, la palette est large ! Ils sont aussi parfois systématiques puisque ce juré a lu tous les livres d’un auteur qu’il a découvert et apprécié. Mais quel que soit leur mode de lecture, une chose est certaine : tous aiment lire. Et quand plusieurs jurés parlent de leur souhait de transmettre leur amour de la lecture à leurs enfants, les bibliothécaires ne peuvent qu’acquiescer !

Mais lire, ça veut dire avoir du temps pour le faire… Une disponibilité que certains trouvent sans problème, quand d’autres profitent d’un moment de pause dans leur vie professionnelle ou que d’autres sont contraints de faire des choix, ce qui passe parfois par le sacrifice de quelques heures de sommeil.

J’ai décidé de consacrer du temps à la lecture.

Comme cette jurée qui l’affirme haut et fort, nos jurés sont très déterminés ! Mais comme tout être humain (qui plus est, amateur de lecture…), ils restent des êtres humains en proie à la tentation et aux dilemmes. Quand ce n’est pas la lutte entre sommeil et lecture pour les jeunes parents, c’est leur environnement qui les torture… Ainsi, l’un d’entre eux a la chance et le problème d’habiter en face d’une librairie, ce qui est « à la fois agréable et dangereux  » confesse-t-il, ce que confirme cet autre qui trouve « problématique » d’être un « énorme adepte de librairie ». Qu’ils se rassurent 🙂 S’ils vivent déjà dangereusement, on peut d’ores et déjà leur prédire que fréquenter régulièrement La Médiathèque ne va pas résoudre leur problème, les sollicitations de lecture y étant affreusement nombreuses, parole de bibliothécaire…

D’autant plus que plus on les écoute, plus on découvre qu’ils sont tous curieux, avides de découverte et voient leur participation à ce jury comme « une aventure merveilleuse, « un moment de magie pour tout le monde », ou encore l’occasion « de se poser, de réfléchir et de rencontrer de nouvelles personnes autour de ces lectures ».

Outres ces échanges entre jurés, rencontrer des auteurs lors du Salon fait aussi partie des perspectives excitantes de leur mission, ce qui ne sera pas une première pour la plupart des jurés qui y sont déjà allés régulièrement et confirment que les écrivains sont très accessibles. Mais le 1er mars 2020, nos jurés ne seront pas uniquement des lecteurs acheteurs en quête de dédicaces mais les acteurs à part entière d’un temps fort et particulièrement émouvant du Salon, la remise du Prix des Lecteurs de Levallois !

En attendant, ils repartent ce soir avec leur premier roman ainsi que de la grille d’analyse qui va leur permettre de réfléchir, classer, hiérarchiser et utiliser le même vocabulaire pour échanger autour des livres.

Enfin, tradition de cette saga oblige, le mot de la fin revient à un membre de ce jury à propos de l’aventure qui commence ce soir :

C’est une super expérience, très sympa, le Salon est très bien organisé et c’est chouette d’y participer à tous les niveaux !

Rentrée littéraire 2019 : nos chouchous…

1 Oct

Après C’est la rentrée qui annonçait les grandes tendances de la rentrée littéraire 2019, voici à présent quelques romans que nous attendions tout particulièrement chez Liseur : les nouveaux titres des auteurs sélectionnés et/ou lauréats des précédentes éditions du Prix des Lecteurs de Levallois !

Car autant vous dire que depuis que les romans de leurs débuts ont été lus, décortiqués et débattus lors des réunions de jury des Prix des lecteurs de Levallois, nous guettons la production de ces écrivains à chaque rentrée littéraire. Et cette année, la moisson est foisonnante, voyez plutôt  !

  • Kaouther Adimi  : Les petits de Décembre (nouvelle fenêtre), un roman sur la société algérienne d’aujourd’hui, avec ses duperies, sa corruption, ses abus de pouvoir, mais aussi ses espérances.
  • Miguel Bonnefoy  : une nouvelle sur la nuit dans Une nuit à Manosque.
  • Jean-Paul Delfino : Assassins ! (nouvelle fenêtre) où la piste du meurtre de l’auteur des Rougon-Macquart est sérieusement envisagée.
  • Patrick Deville  : Amazonia, un périple et une promenade littéraire sur le fleuve Amazone et son histoire.
  • Éric Faye : La télégraphiste de Chopin (nouvelle fenêtre), qui raconte l’enquête d’un journaliste lorsqu’en 1995 une femme prétend recevoir régulièrement la visite de Chopin…

 

  • Yannick Grannec  : Les simples (nouvelle fenêtre), récit de la sombre machination d’un vicaire pour s’emparer de la manne financière générée par les préparations de l’herboriste d’une petite communauté de bénédictines en 1584.
  • Frédéric Gros : Le guérisseur des lumières (nouvelle fenêtre), un roman épistolaire qui met en scène l’inventeur du magnétisme animal.
  • Jean Mattern (Prix des Lecteurs de Levallois en 2015)  : Une vue exceptionnelle, quand le désir de paternité d’un couple renaît 20 ans plus tard…
  • Wilfried N’Sondé  : Aigre doux, un roman pour la jeunesse.
  • Sylvain Pattieu : Forêt furieuse (nouvelle fenêtre), une histoire de violence reproduite, de terreur et d’enfants rescapés d’une guerre confiés à une institution…
  • Sylvain Prudhomme  : Par les routes (nouvelle fenêtre), une histoire d’auto-stoppeur, d’amitié, de désir et de rencontres.
  • Alexis Ragougneau : Opus 77 qui fait le portrait d’une famille de musiciens étouffée par le poids des non dits.
  • Sébastien Spitzer : Le cœur battant du monde (nouvelle fenêtre), un roman sur fond de famine irlandaise et de lutte armée.

Auxquels nous ajouterons ces trois auteurs dont les romans sont parus courant 2019 mais qu’on ne peut pas ne pas citer dans cet article sur ces auteurs que nous suivons avec attention :

Terminons par des félicitations et des vœux de succès à quatre de ces auteurs dont les romans ont été sélectionnés pour les prix littéraires d’automne 🙂

  • 1ère sélection du Renaudot, du grand prix du Roman de l’Académie française, du prix Femina, du Prix Wepler-Fondation La Poste et du prix Interallié : Sylvain Prudhomme avec Par les routes
  • 1ere sélection du Prix Femina : Alexis Ragougneau avec Opus 77
  • 1ère sélection du Goncourt et du prix Interallié : Sébastien Spitzer avec Le cœur battant du monde
  • 1ere sélection du Prix révélation de la Société des Gens De Lettres  : Sylvain Pattieu avec Forêt furieuse.

 

Nul doute que sur la route qui mène aux prix, tous ces auteurs ont particulièrement le cœur battant 🙂

La plupart des titres cités dans cet article sont déjà disponibles à La Médiathèque de Levallois (mais rançon du succès, il faut les réserver), les autres le seront incessamment sous peu. Bonnes lectures de rentrée !

Jury de prix littéraire : et si c’était vous ?

19 Sep

Goncourt, Renaudot, Médicis, Interallié, Wepler ou Flore,  vous suivez à chaque rentrée  les sélections des prix littéraires et vous vous demandez comment se déroulent les rencontres de ces prestigieux jurys. Et si cette année vous pouviez, vous aussi, vivre la formidable aventure d’un juré de prix littéraire, de l’excitation de la première livraison des livres de la sélection jusqu’à la séance de vote final ? Mais comment faire, me direz-vous ? Il suffit de postuler pour le prochain jury du prochain Salon du Roman Historique de Levallois  ! Il aura lieu le dimanche 1er mars 2020 et l’un des 12 héros de la saga du Prix des Lecteurs de Levallois 2020 sera peut-être vous…

Le Prix des lecteurs de Levallois

Né en 2011, ce prix a pour but de soutenir l’œuvre et la création d’un auteur en début de carrière. Doté d’une récompense financière (offerte par l’un des partenaires du salon, So Ouest), il a déjà récompensé des auteurs talentueux, dont nous suivons depuis la carrière avec attention.

Ainsi ont été successivement primés :

  • 2020  ? Ce sera à vous de le décider !

Qui sont les jurés ?

Ce pourrait être vous. En effet pour devenir juré, c’est simple. Il suffit juste de…

  • aimer lire (condition sine qua non) car 8 à 10 romans vous seront remis au fil des séances
  • accepter de jouer le jeu des lectures « imposées » puisque la sélection de livres est faite en amont
  • être prêt à lire des romans « historiques », c’est à dire se situant dans une période allant du Big bang à l’histoire récente, et où la grande Histoire est un élément fondamental de l’intrigue, que ce soit dans les faits, le contexte, les personnages (réels ou imaginaires) ou l’univers.
  • être curieux, avide de découverte, mais aussi prêt à se faire bousculer (littérairement parlant bien sûr) par des lectures qui peuvent sortir de votre zone de confort
  • être endurant :  si l’on se réfère aux années précédentes, la moyenne des pages lues par un juré est d’environ 2 000 en quelques mois
  • avoir envie de discuter de ses lectures, d’échanger, de partager et de dialoguer
  • être à l’écoute, déterminé, tenace, convaincant mais aussi souple (car parfois, on évolue dans son jugement au fil des discussions)
  • être fairplay et courtois quoiqu’il arrive, même si les avis sont opposés et les débats houleux !

Mais qu’est ce qui se passe si…

Je ne lis pas de roman historique. Peu importe que vous soyez déjà fans de romans historiques ou que vous n’en avez jamais lu de votre vie, le principe est d’avoir envie de découvrir un genre, un style ou un univers littéraire.

Il y a longtemps que je n’ai pas lu et j’aimerais me remettre à la lecture. D’après les jurés des années précédentes, participer à ce jury est un excellent stimulant pour tous les lecteurs (réguliers ou occasionnels) et chaudement recommandé par la faculté de médecine et les bibliothécaires 🙂

Je ne suis pas inscrit à La Médiathèque. Il suffit de 5 minutes pour s’inscrire, sur place ou en ligne (nouvelle fenêtre), on s’en occupera !

Je ne suis pas Levalloisien. Aie ! Le Prix est celui des lecteurs de Levallois… Mais il n’y a que vous qui puissiez décider de déménager si vous tenez absolument à faire partie du jury…

Je préfère lire en numérique. Les livres sont offerts par les éditeurs en version papier mais certains titres existent aussi en livres téléchargeables sur le site de La Médiathèque.

Je ne me sens pas capable d’analyser un roman. Pas de panique, vous aurez à votre disposition des outils d’analyse qui pourront vous guider mais le principe de base est de se faire confiance, et en particulier avoir ou affiner sa propre échelle de valeur en terme de plaisir de lecture.

Je ne sais pas quand sont les réunions. Le mardi à 19h, la première ayant lieu le mardi 15 octobre à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès) ensuite c’est au rythme d’environ une par mois (les dates de toutes les réunions du jury seront communiquées lors de la première rencontre).

Je ne pourrais pas être présent à chaque fois. Participer à toutes les rencontres du jury fait partie du « contrat » de juré, mais personne n’est à l’abri d’un empêchement ou d’une urgence. En revanche, assister à la dernière séance, celle du vote est impératif : c’est là où vous défendrez le livre que vous souhaitez voir couronner. De plus, c’est, de mémoire de jurés et d’organisateurs, un moment particulièrement intense et riche en émotions inoubliables !

Comment postuler ?

Vous voilà maintenant convaincus, alors rendez-vous sur le formulaire en ligne (nouvelle fenêtre) !

Vous pouvez aussi postuler par mail à bibeiffel@villelevallois.fr en précisant Jury SRH dans le sujet du mail ou encore passer nous voir pour retirer un formulaire papier. Outre votre identité et vos coordonnées, il faut expliciter ce qui vous motive à participer à ce jury (vous pouvez citer cet article s’il vous a donné le petit élan qui manquait 🙂 et faire une mini-chronique d’un livre qui vous a marqué (que ce soit positivement ou négativement).

Attention, vous devez envoyer votre candidature avant le dimanche 28 septembre 2019.

Et maintenant c’est à vous !

C’est la rentrée !

2 Sep

Et oui, nous voici déjà en septembre, mois de toutes les rentrées : scolaire, universitaire, judiciaire, parlementaire, sportive, politique, culturelle et… littéraire. En ce domaine, 2019 s’annonce riche : découvertes de primo-romanciers, agréables continuités avec les second livres des petits nouveaux des années précédentes ou valeurs sûres des ténors de la littérature dont les derniers romans sont attendus avec impatience et confiance. Voici donc un petit tour d’horizon de ce qui nous attend en cette rentrée…

La rentrée littéraire 2019 en six questions

  • Quand  ? Entre la mi-août et la fin octobre
  • Combien ? 524 romans, dont 336 romans français et 188 étrangers
  • Quoi ? Des thématiques assez sombres et très contemporaines… Outre les incontournables histoires de familles qui offrent leur lot de noirceurs, avec viols et enfances meurtries, on pourra lire des romans où il est question de femmes dans la société du XXIe, de cybersécurité, d’enfermement, d’exils, de migrants, d’écologie et de questions environnementales, de politique de Brexit, de terrorisme et de djihadisme.
  • Comment ? une production plus resserrée. « Moins et mieux » selon le directeur général de Stock. « Moins publier pour avoir le choix de mieux défendre », entend-on en écho chez Flammarion.  Ainsi la production de cette année baisse  de -7,6% en nombres de titres par rapport à  2018. Pour les romans français, la baisse atteint -11,8%, avec une production passant de 381 à 336 titres.
  • Qui ? 82 primo romanciers, jeunes pousses de la littérature mais aussi de grands noms. Parmi les Français : Sorj Chalandon, Karine Tuil, Jean-Paul Dubois, Marie Darrieussecq, Jean-Philippe Toussaint, Olivier Adam, Amélie Nothomb, Patrick Deville, Lionel Duroy ou Luc Lang… Et dans les étrangers, Jonathan Coe, Siri Hustvedt, Edna O’brien, Joyce Carol Oates, Pete Fromm, et Audur Ava Olafsdottir…

Les particularités 2019

  • Une habitude sans laquelle la rentrée littéraire ne serait plus ce qu’elle est

Ainsi, l’auteur belge Amélie Nothomb, qui publie depuis 30 ans un roman à chaque rentrée littéraire, nous livre cette année une histoire à la 1ère personne racontant les dernières semaines de la vie du Christ intitulée Soif.

  • Un romancier oublié remis à l’honneur

Présenté par le New Yorker comme « Le Géant oublié de la littérature américaine », William Melvin Kelley (1937 –2017) était un romancier et auteur de nouvelles afro américain. Il était aussi professeur d’université. Son roman le plus connu est celui de ses débuts A Different Drummer, publié en 1962 et traduit cette année chez Delcourt littérature. Un autre tambour « pose de façon inédite (et incroyablement gonflée pour l’époque) la « question raciale ». Une histoire alternative, féroce et audacieuse, un roman choc, tant par sa qualité littéraire que par sa vision politique. »(extrait de la présentation de l’éditeur- nouvelle fenêtre)

  • Un roman du prix Nobel de littérature 2014

Belle cuvée pour cette rentrée avec la livraison du nouveau roman de Patrick Modiano qui revient avec Encre sympathique, sur lequel son éditeur, Gallimard, reste très énigmatique mais qui d’après ce que l’on peut lire ça ou là, serait « une enquête sur une disparition mystérieuse, non élucidée depuis des années », sujet modianesque s’il en est :

Trente ans après son passage dans l’agence Hutte, Jean Eyben réouvre le dossier qu’il avait gardé sur la disparition jamais élucidée de Noëlle Lefebvre. Il contient peu de choses. Son adresse 13, rue Vaugelas dans le 15e arrondissement, celle du Dancing de la Marine et celle des magasins Lancel, place de l’Opéra, où elle travaillait. Quelques noms… (extrait de l’article du Figaro, Que sait-on d’ »Encre sympathique », le nouveau Patrick Modiano annoncé pour octobre? – nouvelle fenêtre)
  • Des écrivains mis en abime

Cette année, on note un certain nombre d’ouvrages dont le narrateur ou le héros est un écrivain ou au minimum un familier des livres  :

♦ un romancier chez Lionel Duroy qui dans Nous étions nés pour être heureux semble entamer un étape de réconciliation dans l’histoire familiale qu’il déboulonne depuis Le chagrin,

♦un auteur quarantenaire que l’on suit depuis quelques romans  chez Olivier Adam mais qui est à présent en perte de vitesse dans Une partie de badmington,

une apprentie romancière dans Souvenirs de l’avenir de Siri Husdvedt (qui revient à la fiction après plusieurs publications d’essais),

une auteur en reconversion : partie conquérir Reykjavik et la littérature, elle va finalement se présenter à l’élection de reine de beauté dans Miss Irlande d’Audur Ava Olafsdottir,

♦un écrivain énigmatique après lequel court le narrateur de Chercher Kinski, 1er roman d’Arthur Terrier,

♦un romancier nostalgique dans un rôle d’accompagnant chez Morgan Sportès dans Si je t’oublie,

un écrivain maudit qui devient enquêteur aux côtés d’un historien chez Aurélien Bellanger dans Le continent de la douceur,

♦une libraire malade atteinte d’un cancer dans Une joie féroce de Sorj Chalandon,

des lecteurs anonymes  à l’honneur dans l’essai de Patrick Deville, L’étrange fraternité des lecteurs solidaires. 

  • Des exofictions

Ce terme barbare est né dans les années 2010 pour désigner un « genre littéraire qui crée des fictions à partir d’éléments du réel, mettant souvent en jeu des personnages célèbres » (source Actualitté -nouvelle fenêtre) : ainsi on pourra lire la vie de Frida Kahlo dans Rien n’est noir de Claire Berest, celle de Gaulle sous la plume de Georges-Marc Benamou dans Le général a disparu, de Marlon Brando pour Samuel Blumenfeld, ou de Debbie Harry par Julien Decoin…

Tendance littéraire oblige, écrivains et personnages sont ici encore au cœur des fictions avec notamment Giono, furioso  chez Emmanuelle Lambert, Zola dans Assassins ! par Jean-Paul Delfino (Héloïse d’Ormesson), Virginia (Woolf) chez Emmanuelle Favier, Christopher Marlowe pour Emmanuelle Pirotte dans D’innombrables soleils.

Du côté des personnages romanesques, ce sont Lolita, l’héroïne de Nabokov, dans le Journal de L. par Christophe Tison et Bartleby le scribe dans L’imitation de Bartleby, 1er roman de Julien Battesti qui ont la vedette.

  • De la couleur en bandeaux

Vous le remarquerez certainement, de nombreux éditeurs ont fait le choix de la couleur avec des bandeaux aux couleurs frappantes. Tendance pantone chez Grasset, crème chic et élégant chez Gallimard, fluo pour Flammarion, couleurs fortes pour Belfond, et bandeaux plus larges pour Le Seuil… L’idée, vous l’avez compris, est d’accrocher le regard du lecteur hésitant devant les piles de nouveautés.

  • Des auteurs en podcasts

Les booktubeurs ont lancé le mouvement avec leur chroniques en vidéo et les éditeurs investissent le terrain ! Flammarion ouvre le bal avec des podcasts (nouvelle fenêtre) mêlant lectures et interviews des dix auteurs de leur rentrée sur leur mini site évènementiel Rentrée littéraire.

Les envies des bibliothécaires

Après un rapide sondage, ils sont partants pour Une partie de Badmington avec Olivier Adam, un Jour de courage de Brigitte Giraud, Une joie féroce de Chalandon ou encore un Nouvel an de Julie Zeh.

On les verra aussi dévorer Un livre de martyrs américains de Joyce Carol Oates, Le moine de Moka de Dave Eggers, Civilizations de Laurent Binet , Les amazones de Jim Fergus, ou Le cœur de l’Angleterre de Jonathan Coe.

Ils pourront vous donner leurs avis sur Le bal des folles de Valérie Mas, Ceux qui partent de Jeanne Bénameur, La tentation de Luc Lang, Soif d’Amélie Nothomb…

En vous souhaitant une bonne rentrée et de belles lectures 🙂

Pour info : la plupart de ces titres seront prochainement disponibles à La Médiathèque (en version papier et/ou en ligne)

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