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Enid Blyton, une vieille dame populaire et contestée de la littérature jeunesse

28 Nov

Il y a tout juste 50 ans, le 28 novembre 1968, la prolifique auteur britannique Enid Blyton s’est endormie paisiblement dans son lit. Après avoir débuté en publiant de la poésie Child Whispers (Murmures d’enfants), cette célèbre écrivain pour la jeunesse a écrit plus de 700 livres pour la plupart publiés sous forme de série dont les plus connus sont Noddy (Oui oui en français), The famous five (Le club des cinq), Brer Rabbit Retold (Jojo lapin) ou encore The secret seven (Le clan des sept)… Auteur à succès, elle conquit des millions de jeunes lecteurs mais dans les années 80, avec l’essor d’une nouvelle littérature jeunesse, elle tomba un peu en désuétude, tout en restant parmi les 4 auteurs les plus traduits, donc les plus vendus, au monde. Retour sur une grande auteur aussi populaire que controversée, qui grâce à une utilisation presque visionnaire du principe de la série, a fait lire des générations entières de lecteurs avec des romans qui continuent à être plébiscités au XXIe. 

Comment devient-on Enid Blyton ?

Réponse : en écrivant … beaucoup ! Née dans le Kent, passionnée d’histoire, de biologie, de nature et de mythologie, Enid Blyton est surtout une femme dotée d’une opiniâtreté à toute épreuve, d’une curiosité insatiable et certainement d’une capacité de travail assez conséquente. Remarquée très jeune par ses professeurs pour sa plume et son imagination, elle n’est pourtant pas encouragée par sa famille qui la veut concertiste. A la place, elle choisit d’être institutrice, métier qu’elle abandonnera  dès qu’elle pourra vivre de ses livres.

By Phyllis Chase (c.1897- c.1977)

Après avoir participé à des concours dans des revues, elle fait ses débuts en littérature avec de la poésie, du théâtre puis avec des ouvrages sur l’éducation. En 1924, est publié The Enid Blyton Book of Fairies, son premier recueil de nouvelles. Elle commence à écrire pour des journaux dont le Morning post puis dans Teachers’ World, où elle fait notamment paraître une interview de AA Mine, le célèbre auteur de Winnie the poo (Winnie l’ourson), ce qui contribute indirectement à sa propre reconnaissance en tant qu’auteur.

Écriture en séries

En 1926, elle participe au magazine Sunny Stories dont elle devient rédactrice en chef et tient une chronique hebdomadaire dans Teachers’ World. Commencée en 1929, cette chronique très appréciée sur l’air du temps et la vie comme elle va est écrite sous la forme de lettres envoyées par son fox-terrier Bobs  : cette forme géniale et humoristique devient vite très populaire jusqu’à être rassemblée et publiée sous forme de recueils : en 1933, Letters from Bobs s’est vendu à 10 000 exemplaires dès la première semaine.

À partir de 1938, elle écrit de plus en plus souvent au format série, avec des héros récurrents auxquels on s’attache, s’identifie et prend plaisir à retrouver et à voir évoluer. Le cliffhanger n’est pas encore de la partie mais elle a dû y penser puisqu’elle savait susciter l’impatience de ses lecteurs à la fin de chaque nouvel épisode.

Tout au long de sa carrière, il semble qu’elle ait eu ainsi un certain nombre d’intuitions dont fait partie l’écriture en series (qui n’était pas nouvelle en soi mais n’avait jamais été utilisée avec tant d’ampleur et de facilité pour la jeunesse) ainsi qu’un don inné pour le marketing et la promotion de son œuvre  : en 1937, Sunny Stories devient Enid Blyton’s Sunny Stories, et sert de tremplin à la publication en série des livres de l’auteur. Dès 1952, elle met en place son fan club le Famous Five Club — le club du Club des cinq —  qui comptera « deux cent vingt mille membres en 1974 et croît à la vitesse de six mille nouveaux membres par an » (source Wikipedia). De la même facon l’Enid Blyton magazine participera à créer des communautés de lecteurs autour de son oeuvre. Nul doute qu’aujourd hui, Enid Blyton aurait eu un Instagram, un twitter et une page Facebook !

Mais revenons à son histoire. En 1941, elle édite son premier calendrier Sunny Stories Calendar pour l’année 1942, année durant laquelle elle ne publie pas moins de 22 titres… dont le premier du Club des cinq intitulé Five and the tresury island inaugurant ainsi une série de 21 titres. L’année suivante, elle entame une autre série The Mystery of the Burnt Cottage ainsi qu’une adaptation de la Bible pour les enfants. 1944 sera aussi un année prolifique avec 24 titres mais c’est  presque une sorte de « mise en jambes » pour la romancière, qui va ensuite quasiment doubler sa cadence de production.

Productivité intense et succès

Les années 50 sont extrêmement productives pour la romancière qui inaugure cette décénnie avec 32 romans publiés en 1949 suivis d’une bonne quarantaine chacune des année suivantes. On peut supposer que le fait que les quotas d’impression qui depuis la guerre limitaient l’activité éditoriale cessent précisément cette année-là lui permet enfin de laisser libre cours à sa prolixité.

Évidemment, une telle productivité est vite suspectée et on accuse la romancière de sous-traiter l’écriture de ses romans. Dès 1955, elle est obligée de démentir ces rumeurs de façon officielle mais elle continue de publier à rythme soutenu, ne cessant d’inventer de nouveaux personnages et de nouvelles séries. En 1949, elle crée le personnage de Noddy (Oui oui), qui est aussitôt  repéré par Kellogs qui en achète les droits !

Clairement, Enid Blyton se révèle aussi romancière que femme d’affaires bien entourée. En 1950, elle créée sa propre entreprise, Darrell Waters Ltd., pour gérer sa fortune. En parallèle, par le biais de ses clubs et fondations, elle finance un certain nombre d’associations caritatives, pour venir en aide aux animaux et aux enfants malades.

Le succès se décline en livres, suites et séries mais aussi en de multiples produits dérivés (jeux, puzzles, figurines et jouets depuis 1948). Dès 1950, son œuvre est adaptée d’abord pour la scène, puis pour la télévision et enfin le cinéma. Ainsi en 1955, Oui oui devient le héros d’une série télévisée qui obtiendra un grand succès.

Célèbre mais toujours contestée

Moqués par certains dès le début des années 50, les héros d’Enid Blyton suscitent de plus en plus de critiques, notamment de la part du journaliste politique Colin Welsh dans le magazine Encounter dont l’article ‘Dear Little Noddy » de janvier 1958 décrit Oui oui comme un « pantin anormalement pédant, moralisateur, simpliste et pleurnichard… »

Au début des années 60, Enid Blyton ne ralentit pas la cadence mais commence à clore certaines séries commencées des années plus tôt : Le clan des sept, Le club des cinq, Oui oui…  En 1965, pour des raisons de santé, elle cesse quasiment d’écrire, à part son journal intime et s’éteint à l’âge de 71 ans.

Assez critiquée dès ses débuts car considérée comme une auteur de « seconde zone », elle est à nouveau sous le feu des reproches dans les années 80 pour ses valeurs morales déclarées douteuses : outre la simplicité de ses intrigues, on l’accuse de véhiculer snobisme, sexisme, racisme et xénophobie. S’il est clair que ses livres ont vieilli, ils sont représentatifs du mode de pensée d’une époque, celle qui va des années 30 à 60 et Enid Blyton ne s’est jamais caché de vouloir diffuser des valeurs morales solides à ses jeunes lecteurs.

Osciller entre popularité et mise à l’index semble être une des particularités de la carrière et de l’œuvre d’Enid Blyton, qui, plus de dix ans après sa mort, se voit redevenir la bête noire des prescripteurs de littérature pour enfants avant de regagner quelques années plus tard les étagères des librairies et bibliothèques avec des rééditions et des remises au goût du jour.

La postérité d’Enid Blyton

Lue et traduite dans le monde entier, en 2018, son œuvre continue à être lue, et inspire même plusieurs romanciers désireux de poursuivre son œuvre, dont sa propre petite-fille qui en 2009 écrira un épisode de Oui oui. Avec des suites, des à la manière de et des spin off plus ou moins heureux, on trouve ainsi plus de 200 livres se réclamant de l’esprit et de la lettre blytonniens. Dans les pays anglo-saxons, des guides d’apprentissage divers et variés sont aussi réalisés à partir des aventures de ses héros.

Au XXIe siècle, son travail continue d’inspirer le cinéma puisqu’en 2009, on réalise en Allemagne une série de 3 films tirés de ses romans  : Hanni and Nanni, l’histoire de deux jumelles, montrant une nouvelle fois combien les aventures imaginées par Madame Blyton sont impérissables 🙂

La vie de l’auteur elle-même sera elle aussi portée à l’écran de nombreuses fois, sous forme de téléfilm pour la BBC et dans un format épisode.

Initiée de son vivant par l’auteur elle-même, la flamme Enyd Blyton demeure entretenue dans ses nombreux clubs de fans. Et aujourd’hui encore avec un site Internet officiel dédié à l’auteur (nouvelle fenêtre), un prix « the Enid », des rencontres annuelles dont le Enid Blyton’s day, une page Facebook (nouvelle fenêtre) , des expositions au Royaume Uni à l’occasion du centenaire de sa naissance, un timbre à son effigie édité par la Royal mail…

Mais pour lui rendre hommage, laissons la parole à cette grande dame des débuts de la littérature jeunesse :

I am not really much interested in talking to adults, although I suppose practically every mother in the kingdom knows my name and my books. It’s their children I love.

Merci au site de l’Enidblytonsociety (nouvelle fenêtre) pour la mine de renseignements qu’on y trouve et pour les illustrations empruntées pour illustrer cet article.  Outre une biographie, la liste exhaustive de tous ses titres, vous y trouverez aussi des jeux, un journal, un quizz et des fans à rejoindre !Enyd Blyton society (site en anglais - nouvelle fenêtre)

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Les Rencontres de Liseur (2) : Faut-il avoir peur des robots ?

20 Nov

Du rêve des scientifiques au quotidien d’aujourd’hui, quel futur imaginer pour les humains et les machines ? Habitants de Levallois ou d’ailleurs, adhérents de La Médiathèque ou non, dans le cadre des Rencontres de Liseur 2018-2019 (nouvelle fenêtre) , vous êtes tous invités le samedi 1er décembre à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel pour écouter et dialoguer avec Rodolphe Gelin, spécialiste du domaine.

R. Gelin

©SoftBank Robotics

Pourquoi faire appel à Rodolphe Gelin ?

Parce que ce scientifique est, d’un point de vue technique, l’homme de la situation. Ingénieur des Ponts et Chaussées, titulaire d’un DEA en Intelligence Artificielle, il est chercheur en robotique chez SoftBank Robotics (nouvelle fenêtre) (ex-Aldebaran, LA société française spécialiste des robots humanoïdes) et membre de l’équipe de direction en charge de l’Innovation…

Ce connaisseur ne doute pas de la présence, incontournable et indispensable, auprès des humains de robots, plus précisément de robots humanoïdes/androïdes. Mais, n’est-ce pas une évidence pour un membre clef d’une entreprise florissante qui a créé les robots androïdes NAO, Pepper et Romeo ?

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Auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels Robot, ami ou ennemi ? (Le Pommier, 2015) et Le robot est-il l’avenir de l’homme ? (La Documentation Française, 2016) [nouvelle fenêtre], régulièrement interviewé pour des magazines comme Robot-magazine.fr (nouvelle fenêtre) et des émissions de radio dont France Culture (nouvelle fenêtre), Rodolphe Gelin viendra-t-il accompagné de quelques spécimens pour mieux vous convaincre ?

Entre l’automate, aux gestes répétés inlassablement, et le robot «superordinateur logé dans un corps mobile, capable de fonder ses actions de manière raisonnée sur ce qu’il perçoit du monde extérieur» selon le journaliste spécialisé Daniel Ichbiah in Robots : genèse d’un peuple artificiel  (Minerva, 2005) [voir l’article « Supercalculateur » sur Futura Tech (nouvelle fenêtre)], il y a un gouffre. Et chaque jour les possibilités des superordinateurs croissent. Du simple algorithme au deep learning , comment suivre le mouvement de cette accélération ? Merci à David Louapre et son blog « science étonnante» (nouvelle fenêtre) et pour son explication limpide en vidéo qui permet de se mettre à la page :

Néanmoins, où donner de la tête ? Il y a de quoi se perdre  !

De l’utopie des imaginations fertiles à la réalité du quotidien

Loin du Golem, des premiers automates [voir à ce sujet la vidéo sur Kugel et ses automates, extraite de l’émission Visites privées du 21/10/2016 (nouvelle fenêtre)] et des utopies en littérature – voir notre sélection sur les robots dans la littérature (nouvelle fenêtre)– ou sur les robots au cinéma (nouvelle fenêtre), il semble qu’en réalité le seul véritable robot domestique, en 2013, ait été un aspirateur de la marque Roomba dixit Raja Chatila , directeur de recherches CNRS à l’ISIR (Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique). Voici sa position, qu’il explicite dans l’article issu de la Paris innovation revue, intitulé « Les robots du quotidien » (nouvelle fenêtre) :

D’un point de vue culturel, que dit le succès de Roomba ? Que les humains, après mûre réflexion, acceptent volontiers d’être délestés d’une besogne qui fait mal au dos. Que sur le plan de la vie de famille, ils n’ont pas grand-chose à craindre d’un robot-aspirateur. Que l’engin semble revenir au plus près de l’étymologie slave du mot : en tchèque, « robota » signifie corvée. Mais de l’aspirateur au compagnon humanoïde capable de vous apprendre une langue, il y a un monde. Et plus le robot domestique s’éloigne de sa fonction première d’esclave, plus son acceptation est difficile… Pourtant, en tant que « domestique assistant » les fonctions espérées par les roboticiens actuels laissent rêveurs : aux robots domestiques capables d’aspirer ou de tondre, il faut ajouter les robots compassionnels (robots compagnons), les robots d’assistance aux personnes en perte d’autonomie, les robots éducatifs, les robots ludiques ou les robots domestiques de surveillance.

Depuis lors, les robots ménagers se sont multipliés : robots culinaires, tondeuses, etc., comme le détaille l’article du Figaro du 04/01/2016, intitulé Des robots domestiques bientôt dans les maisons  (nouvelle fenêtre)

Inutile de se voiler la face, ces machines améliorent notre quotidien. Elles pallient nos faiblesses, font gagner du temps et de l’argent, que ce soit dans la sphère privée, publique, dans l’industrie et de nombreux autres domaines. Mais la vraie question est : jusqu’à quel point ? Démonstration filmée de la « robot-mania » par Nétyscom, business solution au Pays du Soleil Levant car, si les Français sont les champions de l’innovation en matière de robotisation, ce sont les japonais les plus robotisés :

Et demain ?

Faut-il s’inquiéter des progrès exponentiels de la programmation ? Pourquoi les scientifiques donnent-ils une apparence humaine, voire des têtes d’enfants aux robots humanoïdes ? Cette invasion de machines est-elle vraiment une menace ? Jusqu’où iront-nous dans leur degré d’autonomie et leur liberté de décision ? Quels seront leurs droits et devoirs ? Cette interrogation est d’ailleurs au cœurs de la série télévisée de Lars Lundström « Real Humans » dans laquelle les hubots (pour human robots), une nouvelle génération de robots, tendent à répondre à tous les besoins de la société (assistance aux personnes âgées, aide aux devoirs, tâches domestiques) mais l’étrange présence de ces employés modèles, serviables et corvéables à merci  engendre des émotions contrastées parmi les humains… à regarder en VOD sur La Médiathèque en ligne (nouvelle fenêtre) pour en savoir plus !

Robots J'ai peur

©Pausecafein.fr

Alors, quels changements pour nos sociétés ? Le travail humain existera- t-il encore ? Quel sens aura-t-il ? Si les machines remplacent l’homme dans de nombreux métiers, quelles seront les conséquences sociales ?

L’émission du magazine Envoyé spécial du 11 janvier 2018 (nouvelle fenêtre) prévoit la suppression croissante d’emplois « mécanisables » et l’article de Benoît George du 07/09/17 sur LesEchos.fr s’interroge : « Le robot est-il l’avenir de l’homme ? » (nouvelle fenêtre), alors qu’une étude de l’université d’Oxford (nouvelle fenêtre) montre que, d’ici à vingt ans, les machines remplaceront l’homme dans presque la moitié des métiers.

Humain miroir robot

L’intelligence artificielle nous rendra-t-elle définitivement « obsolètes » ? La création artistique restera–t-elle l’apanage des humains ? Les robots deviendront ils artistes indépendants à leur tour ? C’est ce que laisse penser cette vidéo en lien avec l’exposition « Artistes et Robots » qui a eu lieu cette année au Grand Palais (nouvelle fenêtre).

Quid des « robots compagnons » et des relations entre humains dont le philosophe Marcel Gauchet dit déjà : « Nous sommes entrés dans un monde où les gens sont destinés à se supporter très mal les uns les autres. » (in La démocratie contre elle-même, Gallimard, 2002).

Résumons : Quels sont les enjeux éthiques, économiques et sociaux ? Faut-il confier nos vies aux robots ? Quelles libertés restera-t-il aux les humains ? L’émission Xenus diffusée sur Arte le 12 juillet 2018 (nouvelle fenêtre) nous donne quelques pistes… Au fond, les vraies questions ne sont-elles pas : Comment anticiper au mieux cette nouvelle ère de l’humanité ?  Quels sont les limites, les risques et les promesses ? Un avenir sans humains est-il plausible ? Le reportage de France 2 du 16/03/2018 (nouvelle fenêtre) donne un aperçu des dernières évolutions et soulève la question des limites à définir. Rodolphe Gelin nous aidera à réfléchir à toutes ces questions et à nous en poser d’autres… Bienvenue dans le meilleur des mondes !

Image robots rouge

© captaineconomics.fr

BONUS : une sélection de livres à La Médiathèque

Sélection de documents sur le thème faut-il avoir peur des robots (site de La Médiathèque nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 1er décembre 2018 à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean Jaurès-Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

Paris Photo 2018 du 8 au 11 novembre 2018 au Grand Palais

10 Nov

Ouverte depuis le 8 novembre, la vingt-deuxième édition de Paris Photo continue jusqu’à dimanche au Grand Palais. L’occasion de vous mettre à jour sur les plus grands photographes d’aujourd’hui, qu’ils soient professionnels ou amateurs. Mais aussi de replonger dans l’Histoire de la photographie.

Crée en 1997 par Rick Gadella, un éditeur d’art, la foire internationale de la photographie est le rendez-vous parisien des amoureux de la photo.

Je voulais ouvrir le monde de la photo à l’international. Paris était l’endroit idéal. Avec son histoire, sa tradition, ses galeries, ses collectionneurs, ses musées et ses événements tels que le Mois de la photo…

Rick Gadella (Polka Magazine, 2016)

La foire se veut être à la fois la représentation de toutes les périodes de la photographie ainsi que tous les genres. Depuis 2011, elle se tient au Grand Palais sous la grande verrière.

Pour consulter le programme, rendez-vous sur le site de de Paris Photo (nouvelle fenêtre).

Et si comme nous vous aimez la photo, ces billets consacrés au 8ème art pourraient vous intéresser :

Sur Liseur

Sur Cin’Eiffel

Sur Déclic Musique

Et à La Médiathèque :

 

 

 

 

 

 

Les romans sur la Première Guerre mondiale

8 Nov

On ne compte plus les romans sur la Première Guerre mondiale. L’horreur de la Grande guerre, qu’on pensait être la dernière, a donné lieu à de nombreux témoignages sur les Poilus, les conditions de vie dans les tranchées ou la vie de ceux qui sont restés a l’arrière, de ceux qui attendent qu’un proche leur revienne et qui vivent dans la peur. À l’occasion de la commémoration du centenaire de l’Armistice de 1918, La Médiathèque vous propose une sélection de romans différents pour comprendre l’ampleur de ce conflit.

Le front et les tranchées

À l’ouest rien de nouveauErich Maria Remarque (nouvelle fenêtre) : Erich Maria Remarque est né en 1898 en Allemagne. Il a donc 16 ans quand débute la Première Guerre mondiale. Il est mobilisé en 1916 et raconte son quotidien et celui de ses camarades dans les tranchées. C’est un roman pacifiste sur le premier conflit mondial qui permet de se rendre compte que soldat allemand et soldat français partagent les mêmes conditions de vie au front. Erich Maria Remarque décrit la réalité de la guerre, ses dommages physiques et psychologiques et ses buts souvent trop lointains par rapport à la réalité des combats.

Il rencontre un grand succès à sa publication en 1929, puis son roman est adapté au cinéma en 1930 par Lewis Milestone (retrouvez ce film à La Médiathèque – nouvelle fenêtre). À la prise de pouvoir par Hitler en 1933 ses livres sont brûlés dans un autodafé et en 1938 Erich Maria Remarque est déchu de sa nationalité allemande. Il s’exile en Suisse puis aux États-Unis où il est naturalisé en 1947.

Erich Maria Remarque est également une des sources d’inspiration d’Edgar Hilsenrath (un auteur à (re)découvrir dans notre article : Aurez-vous assez de second degré pour vous lancer dans la lecture de… Edgar Hilsenrath ?), auteur de Le Nazi et le Barbier (nouvelle fenêtre) et Fuck America (nouvelle fenêtre).

L’adieu aux armesErnest Hemingway (nouvelle fenêtre) : roman d’essence autobiographique où la première Guerre Mondiale y est décrite du point de vue d’un ambulancier américain travaillant pour la Croix Rouge italienne. Métaphore d’une guerre absurde, ce roman décrit les sentiments des protagonistes sans saveur et l’amour parait insignifiant. Les événements racontés ne semblent pas susciter d’empathie de la part du personnage principal, tout est maussade et gris.

Voir également l’adaptation cinématographique de Frank Borzage (nouvelle fenêtre)

CrisLaurent Gaudé (nouvelle fenêtre) :  » Ils se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M’Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d’où ils s’élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l’insoutenable fraternité de la guerre de 1914. Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore retentit l’horrible cri de ce soldat fou qu’ils imaginent perdu entre les deux lignes du front : « l’homme-cochon ». A l’arrière, Jules, le permissionnaire, s’éloigne vers la vie normale, mais les voix des compagnons d’armes le poursuivent avec acharnement. Elles s’élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité, prenant en charge collectivement une narration incantatoire, qui nous plonge, nous aussi, dans l’immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissantes. » Résumé issu du site Internet des éditions Actes Sud (nouvelle fenêtre).

Voyage au bout de la nuitFerdinand Céline (nouvelle fenêtre) : la première Guerre Mondiale est la première étape de ce roman. Les tranchées, les ordres arbitraires des supérieurs hiérarchiques, la mort, tous ces événements participent à mettre fin à l’innocence de notre personnage Ferdinand Bardamu qui traverse les périodes historiques et les continents pour nous peindre une fresque du XXe siècle.

Les gueules cassées

La chambre des officiersMarc Dugain (nouvelle fenêtre) : roman qui a popularisé les blessés de la face, les gueules cassées. C’est le premier livre de Marc Dugain, romancier et réalisateur français. Il a reçu deux prix littéraires, celui des Libraires en 1998 et celui des Deux-Magots l’année suivante. Vous pouvez également trouver son adaptation cinématographique (nouvelle fenêtre) par le réalisateur François Dupeyron à La Médiathèque.

Au revoir là-hautPierre Lemaître (nouvelle fenêtre) : « Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu. Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants. » Babelio

Vous pouvez retrouver le roman (nouvelle fenêtre), le livre audio (nouvelle fenêtre), la bande dessinée (nouvelle fenêtre) et le film (nouvelle fenêtre) avec Albert Dupontel à La Médiathèque.

 

Les Poilus

Les croix de bois – Roland Dorgelès (nouvelle fenêtre) : journaliste engagé au front comme fantassin, Roland Dorgelès commence à écrire Les Croix de bois en 1918, à partir de notes prises sur le vif et de la correspondance adressée à sa maîtresse et à sa mère. Ce roman obtient le Prix Femina en 1919.

Il y raconte le quotidien des Poilus, la vie au front et dans les tranchées. Pour avoir sa vision complète de la guerre de 14, vous pouvez retrouver l’ensemble de ses récits dans « D’une guerre à l’autre : Les croix de bois, Le cabaret de la Belle Femme, Le réveil des morts, La drôle de guerre, Retour au front, carte d’identité » (nouvelle fenêtre) disponible à La Médiathèque.

 

L’amour

Un long dimanche de fiançailles – Sébastien Japrisot (nouvelle fenêtre) : Prix interallié en 1991, adapté au cinéma par Jean-Pierre Jeunet en 2004 (nouvelle fenêtre), ce roman de guerre et d’amour parle de séparation et de sentiments. Matilde fera tout ce qui est possible pour retrouver Manech, son amoureux parti au front et déclaré disparu.

14 Jean Echenoz (nouvelle fenêtre) : roman assez court sur le destin de cinq Poilus pendant la Première Guerre mondiale. Ce roman s’attarde plus sur le quotidien bouleversé des soldats que sur l’horreur de la guerre en général, sans pour autant l’occulter. Les sentiments des personnages sont mis en exergue et chaque détail du quotidien est décrit le plus fidèlement possible. Retrouvez également le livre audio lu par l’auteur (nouvelle fenêtre) à La Médiathèque.

 

Les témoignages

Ceux de 14Maurice Genevoix (nouvelle fenêtre) :  » Genevoix arrive au front à la fin du mois d’août comme sous-lieutenant au 106ème régiment d’infanterie stationné à Châlons-sur-Marne. Fort d’une très bonne résistance morale et physique, il fait face aux épreuves mais comme pour beaucoup de jeunes soldats la découverte de la guerre moderne est brutale en ces premiers mois meurtriers. Dès les premières semaines du conflit, il note dans ses carnets, sa guerre au jour le jour. Matière riche et vivante qu’il retravaillera in situ en recopiant ses carnets,  en les faisant lire et en les envoyant à ses correspondants. « Sous Verdun », premier des cinq ouvrages de Maurice Genevoix qui constitueront en 1949 « Ceux de 14 », parait en avril 1916. Blessé de trois balles un an auparavant, le jeune normalien passe seize mois en convalescence. Invalide à 70%, il est réformé et se consacre alors, jusqu’à la fin du conflit, au sort des orphelins de guerre en entrant au service de la fraternité franco-américaine. » Résumé tiré du site internet « La Grande Guerre en dessins » (nouvelle fenêtre)

Compagnie KWilliam March (nouvelle fenêtre) : un classique américain de la guerre des tranchées. Dans la droite ligne de A l’ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque, nous voyons la guerre du côté américain cette fois-ci. C’est la découverte de la guerre et du front par des soldats de l’US Marines, débarqués en 1917 en France.  C’est une multitude de témoignages, de vie et  d’émotions qui transparaissent dans ce roman. L’histoire s’inspire de celle de son auteur, William March (William Edward Campbell), un écrivain américain né à Mobile le 18 septembre 1893 et mort à La Nouvelle-Orléans en Louisiane le 15 mai 1954. Vous pouvez également télécharger ce roman en version numérique (nouvelle fenêtre) sur le site de La Médiathèque.

La main coupée, et autres récits de guerre Blaise Cendrars (nouvelle fenêtre) :  » En août 1914, un jeune poète suisse qui réside à Paris s’engage comme volontaire dans l’armée française. Bientôt reversé dans la Légion étrangère, Blaise Cendrars (1887-1961) combat sur le front de Somme puis il prend part à la grande offensive de Champagne. Grièvement blessé le 28 septembre 1915, à l’assaut des tranchées allemandes, il est amputé de son bras droit de combattant et d’écrivain. Il sera désormais le manchot des lettres françaises.Tout au long d’une œuvre abondante et d’une grande diversité, Cendrars est revenu sur l’année qu’il a passée au front et sur ses souvenirs de la Grande Guerre. Condamnant les idéologies qui ont déchaîné et exploité la violence, l’ancien caporal prend le parti des hommes dont il a partagé le combat et les souffrances. Avec une froide lucidité, il montre comment la civilisation européenne a sabordé ses valeurs pour se transformer en machine de guerre. Grande figure de la poésie moderne, ami d’Apollinaire, de Chagall et de Léger, l’auteur de La Prose du Transsibérien, de Moravagine et de L’Homme foudroyé est un témoin majeur de la Première Guerre mondiale qui a ravagé sans retour le monde contemporain et bouleversé sa vie d’homme et de poète. » Critique issue des Éditions Denoël (nouvelle fenêtre)

Un roman policier

tranchecailleTranchecaillePatrick Pécherot (nouvelle fenêtre) :  » Chemin des Dames, 1917, l’offensive du général Nivelle tourne à l’hécatombe. Dans l’enfer des combats, un conseil de guerre s’apprête à juger le soldat Jonas, accusé d’avoir assassiné son lieutenant. Devant l’officier chargé de le défendre défilent, comme des fantômes, les témoins harassés d’un drame qui les dépasse. Coupable ? Innocent ? Jonas est-il un simulateur ou un esprit simple ? Le capitaine Duparc n’a que quelques jours pour établir la vérité. Et découvrir qui est réellement celui que ses camarades ont surnommé Tranchecaille. »  Résumé issu de Babelio.

La poésie

calligrammes-9782070300082_0CalligrammesGuillaume Apollinaire (nouvelle fenêtre) : « Dans la revue «Les Soirées de Paris» qu’il a fondé deux ans auparavant, Apollinaire, journaliste et poète, signe, en 1914, cinq poèmes figuratifs, créations auxquelles il donne le nom d’idéogrammes. Il envisage alors de faire publier en album sous le titre de Et moi aussi je suis peintre, un ensemble d’«idéogrammes lyriques et coloriés». L’album ne paraîtra pas car au mois d’août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France: c’est le début de la première guerre mondiale et Apollinaire s’engage dans l’armée. Même s’il part se battre au front, il continue à écrire de nouveaux idéogrammes lyriques. En 1916, gravement blessé à la tête, il est transféré à Paris pour être opéré et suivre une longue convalescence durant laquelle il reprend ses activités littéraires : en 1918, le nouveau recueil qu’il intitulera Calligrammes, poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916) est publié. Il réunit vingt-quatre poèmes dont une vingtaine de calligrammes. » Extrait de l’analyse du poème Calligrammes (nouvelle fenêtre)

 

L’illustration d’en-tête est tirée de la fresque de 60 mètres réalisée par Joe Sacco en 2016 pour le musée Thiepval (nouvelle fenêtre) dans la Somme.

Hommage à Mario Ramos

2 Nov

Mario Ramos, auteur devenu culte de la littérature jeunesse, aurait eu 60 ans le 7 novembre 2018. À cette occasion, sa maison d’édition l’École des loisirs a décidé de lui rendre hommage en lui dédiant cette journée. Dans les bibliothèques et les librairies, vous pourrez découvrir ou re-découvrir toutes les histoires de cet auteur prolifique.

Un bon livre c’est d’abord une bonne histoire.
Le texte et les dessins sont intimement liés, les deux racontent l’histoire. Sans oublier l’humour ( la politesse du désespoir ).
Je recherche la simplicité (qui demande parfois beaucoup de travail).
L’album pour enfants parle aussi aux adultes, d’où l’importance des différents niveaux de lecture. De toute façon, un enfant comprend toujours beaucoup plus que ce qu’on croit.

(extrait de la biographie du site web de Mario Ramos -nouvelle fenêtre)

 

Le plus malin Mario Ramos (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Dans pratiquement tous ses albums dont plusieurs ont été primés, Mario Ramos utilise les animaux pour parler des travers de l’être humain mais toujours avec beaucoup d’humour, il aime bien également faire des variantes à partir des contes traditionnels comme dans Le plus malin (nouvelle fenêtre) où le loup veut évidemment croquer le petit chaperon rouge, tout se passe bien jusqu’à ce qu’il enfile la chemise de nuit de la grand-mère…

Un autre thème que l’on retrouve dans l’œuvre de Ramos est la différence, sujet parfois cruel dans les cours d’école.

C’est moi le plus fort (nouvelle fenêtre), C’est moi le plus beau (nouvelle fenêtre), Le roi est occupé (nouvelle fenêtre), Nuno le petit roi (nouvelle fenêtre), Loup, loup, y es-tu ? (nouvelle fenêtre) et bien d’autres sont à découvrir à La Médiathèque de Levallois.

Le mercredi 7 novembre, la séance d’Acti-contes (nouvelle fenêtre) destinée au enfants à partir de 4 ans sera spécialement consacrée à cet auteur avec des histoires, des jeux et des activités  : rendez-vous à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel !

Pour en savoir plus sur Mario Ramos

La page qui lui est consacrée sur le site de son éditeur (nouvelle fenêtre) avec des vidéos et la liste de tous ses albums disponibles en tant qu’auteur-illustrateur ou simple illustrateur.

Un livret passionnant édité par l’École des Loisirs : Le monde de Ramos, textes d’après un entretien avec Lucie Cauwe (pdf-nouvelle fenêtre). 

Pour jouer avec ses personnages 

Des jeux (puzzle, memory ou taquin) sur son site Web personnel (nouvelle fenêtre)

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