Archive | Actualité RSS feed for this section

Où va le travail à l’heure du numérique, une conférence de Pierre Lénel à La Médiathèque

18 Fév pierre-lenel

Samedi 25 février 2017, Pierre Lénel donnera une conférence intitulée Où va le travail à l’heure du numérique ? Un sujet qui nous concerne tous pour la 4ème conférence du cycle L’humain face au défi du numérique des Rencontres de Liseur à La Médiathèque de Levallois.

Pierre Lénel est chercheur, enseignant et sociologue. Il vient partager avec vous, lecteur de Levallois,  le fruit de ses investigations et réflexions sur son sujet de prédilection : le travail  « objet de recherche historique et central au Laboratoire Interdisciplinaire de Sociologie Économique, unité mixte de recherche CNRS et CNAM » (nouvelle fenêtre) mais aussi ses tenants et aboutissants.  Vaste sujet qui occupe et /ou préoccupe à tout instant, chacun d’entre nous.

Un nouveau challenge pour les entreprises

Les entreprises évoluent et doivent réussir des challenges pour survivre à la start-up, grandir hors des incubateurs,  trouver des nouveaux business modèles, affronter une concurrence sans frontières, gérer leur e-réputation,

entreprises-gerez-votre-ereputation (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) ou encore investir dans des équipements et des outils de travail, former régulièrement leur  personnel au digital …

Indéniablement,  au XXIème siècle, le contexte général change rapidement, comme nous le dit Michel Wieviorka dans L’impératif numérique ou la nouvelle ère des sciences humaines et sociales (nouvelle fenêtre).

La question des actifs est au cœur des interrogations de Pierre Lénel. En effet, « En quoi l’entreprise, parallèlement à la création de valeur ajoutée et à la maximisation du profit, peut-elle être vue comme le théâtre de la réalisation sociale de l’individu, élément clé dans la construction de son identité ? » s’interrogent eux aussi les sociologues, Olivier Cousin, Dominique Meda et Maëlezig Bigi, auteurs de Travailler au XXIe siècle : des salariés en quête de reconnaissance (nouvelle fenêtre)  en explorant la réalité du travail aujoud’hui.

Une nouvelle organisation du travail

Le numérique va-t-il faire du travail un enfer ou un paradis ? Le blog les 15 marches fait de ce sujet le cœur de ses réflexions comme l’explique  Stéphane Schultz (CEO, 15marches) aux rencontres de Wayden Transition dans une conférence intitulée : transformation numérique, les clés du succès (vidéo de 52′)

Il ne fait aucun doute que des mutations profondes s’opèrent à tous les niveaux. Un  nouvel écosystème, aux frontières brouillées, assez incontrôlables, si ce n’est par des algorithmes se met en place. L’article Ces algorithmes qui nous gouvernent publié dans Le Point du N°2298  du 22 sept 2016 enquête sur ces programmes qui brassent nos données… à lire sur le site de La Médiathèque- onglet presse en ligne (nouvelle fenêtre).

Des institutions comme  L’Éducation Nationale, le ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social  s’interrogent demandant des « rapports » comme le rapport Mettling en septembre 2015 , Transformation numérique et vie au travail,   « qui souligne les effets de la transformation numérique sur l’organisation générale du travail, notamment en entreprise, dans un contexte de surcharge informationnelle » selon l’article  L’impact du numérique sur le monde du travail du 4/12/2015 sur le site eduscol.education.fr (nouvelle fenêtre).

Former et se former pour transformer

Tout commence par une remise en question des fondamentaux proposés au cours de la scolarité. Les travailleurs devront être capables d’utiliser les outils mis à leur disposition. Mais cela suppose de se former : Bruno Devauchelle dans Comment le numérique transforme les lieux de savoirs : le numérique au service du bien commun et de l’accès au savoir pour tous (nouvelle fenêtre)  propose  « un panorama complet et sans concession sur les mutations en cours » mais des pistes concrètes pour que le numérique soit au service de tous.  Denis Cristol dans Former, se former et apprendre à l’ère numérique : le social Learning (nouvelle fenêtre) donne « des clés pour décider de nouvelles stratégies, enrichir et recombiner des pratiques pédagogiques à l’ère du numérique ».

Mais le travailleur d’aujourd’hui et de demain devra surtout être capable de se former tout au  long de leur carrière au sein de l’entreprise ou à titre privé. Toujours à la pointe, Google a annoncé dès 2015 la mise en place d’un programme de formation gratuit, pour apprendre à maîtriser les outils numériques avec 89 cours en ligne «Vous aussi, développez votre entreprise ou votre carrière en maîtrisant les outils numériques » promet le géant du numérique sur son site dédié Pour les pros with Google.com (nouvelle fenêtre).

Transformations des profils et des métiers

Selon une majorité des chefs d’entreprise (59 %), ces évolutions économiques, sociétales et technologiques vont entraîner une transformation des activités des salariés et de leurs modes de production (source KPMG). Les profils seront nouveaux, les compétences multiples et la formation permanente. Leur flexibilité ? Immense. Tant sur les lieux de travail (chez eux, ici ou là,  en fonction des besoins), leurs horaires, leurs missions ponctuelles et variées …  Le management se voit lui aussi transformé, nous explique Charles Henri Dumon dans Recruter les meilleurs à l’ère digitale (nouvelle fenêtre) où il décode pour nous les nouvelles méthodes de recrutement via le numérique, qui bouleverse le process tant du coté du recruteur que du recruté.

Bref, une transformation profonde des activités et des conditions dans lesquelles elles seront réalisées.

Pierre Lénel évoquera-t-il la démocratie participative au sein de l’entreprise ? Car nombreuses sont aujourd’hui les sociétés qui éditent des « guides de bonne pratique »  pour l’amélioration de la qualité de travail ou font appel aux savoirs et expériences de leurs employés pour rester performants (enquête d’Air France-KLM Trust Together auprès de son personnel). D’autres s’interrogent sur la motivation de leur personnel, en particulier de cette mystérieuse génération Y, comme le raconte Ben Widdicombe dans son article  Dur, dur de travailler avec la génération Y ! publié le 26/05/2016 dans le N° 1334 de Courrier international, un article à retrouver en intégralité en se connectant sur le site de La Médiathèque dans Presse en ligne (nouvelle fenêtre). Problématique sur laquelle reviennent aussi Marie Desplats et Florence Pinaud dans Manager la génération Y : travailler avec les 20-30 ans (nouvelle fenêtre).

Il est probable que Pierre Lénel évoquera les  « nouvelles » maladies professionnelles, liées à toutes ces transformations. Electro – Hyper sensibilité, syndrome carpien, problèmes de vue, amnésie etc … voire dépendances puisque de très (et beaucoup moins) sérieux programmes de digital detox se mettent en place militant pour une « déconnexion volontaire », comme on peut le lire dans le dossier Internet : avons-nous tous besoin d’une digital détox ? sur Passeport santé.net (nouvelle fenêtre)

Un juste équilibre humain/numérique

Certains prétendent que  d’ici 20 ans, 42 % des métiers en France ont un risque élevé d’être automatisé. La présence humaine serait alors superflue. À terme, le travail restera-t-il indispensable pour « exister » socialement ? Ainsi s’interroge Ryan Avent dans un article en anglais intitulé A world without work is coming – it could be utopia or it could be hell publié le 16/9/2016 sur The Gardian (nouvelle fenêtre)

Quoiqu’il en soit, il nous faudra réinventer notre présent et composer avec la technologie et faire confiance aux humains.

Homo connecticus : comment maintenir une haute qualité relationnelle à l’ère du numérique de Christophe Medici (nouvelle fenêtre) ou Homo numericus au travail de Alain Bloch et Pierre Beretti (nouvelle fenêtre) donnent des pistes de réflexion pour garder l’humain au cœur du travail.

 

Infos pratiques  : rencontre avec Pierre Lénel le samedi 25 février 2017 à 16h la médiathèque Gustave-Eiffel (nouvelle fenêtre)

Pour en savoir plus :  lire le dossier Numérique et transformations du monde du travail : vers de nouveaux équilibres  sur digital-society-forum.orange.com (nouvelle fenêtre).

La bio (Cv et publications) de Pierre Lénel sur le site du CNAM (nouvelle fenêtre)

En passant

Publics culturels, votre avis nous intéresse !

16 Fév enquete-culture-2017
Vous aimez la culture, votre avis nous intéresse : exprimez-vous  ! Vous avez jusqu’au 5 mars 2017…
Que vous connaissiez les multiples services culturels offerts par la Ville de Levallois, que vous les utilisiez un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout  🙂 votre participation est souhaitée !

Exposition Sindbad le marin à La Médiathèque

13 Fév sinbad-le-marin, Quentin Gréban

Prêts à lever l’ancre, moussaillons ?

Du 21 février au 12 mars 2017, La Médiathèque accueille une exposition de 25 illustrations originales de Quentin Gréban (nouvelle fenêtre) issues de son album Sindbad le marin. Une véritable invitation au voyage où pirates, effrayant cyclope, oiseaux mythiques et dangereux anthropophages se côtoient ! Venez admirer le talent de Quentin Gréban et ses superbes dessins à l’aquarelle.

En préambule du 6ème Salon du Roman Historique de Levallois (nouvelle fenêtre) qui aura lieu dimanche 26 février 2017, Quentin Gréban proposera une visite commentée de l’exposition « Sindbad le marin » à la médiathèque Gustave-Eiffel le samedi 25 février à 10h30 et à 11h30.

Autres rendez-vous à ne pas manquer :

  • affiche-evenements jeunesse -Salon du Roman Historique Levallois 2017Vendredi 24 février à 16h : une rencontre animée par Raphaëlle Botte avec trois auteurs jeunesse (Aude Maurel, Quentin Gréban et Gilles Bachelet) ouverte à tous à la médiathèque Gustave-Eiffel.
  • Samedi 25 février à 15h30 : un goûter-lecture avec Quentin Gréban à l’Hôtel Ibis de Levallois, 24 rue de Trébois.
  • Dimanche 26 février :  histoires, contes, applis et spectacles pour tous les historiens en herbe à découvrir dans le programme du site du Salon du Roman Historique : Graines d’historiens (nouvelle fenêtre) 

N’hésitez pas à découvrir les autres albums de Quentin Gréban disponibles à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Par ailleurs, si les explorateurs de la mer vous fascinent, vous avez jusqu’au 26 février 2017 pour vous rendre à l’exposition « Aventuriers des mers: de Sindbad à Marco Polo » à l’Institut du Monde Arabe de Paris (nouvelle fenêtre). À l’occasion de cette exposition, un remarquable boutre traditionnel d’Oman, bateau de commerce et de pêche entièrement construit en bois, est installé sur la parvis de l’IMA et illuminé la nuit.

Vous pouvez également découvrir l’exposition avec vos oreilles grâce à cette balade radiophonique proposée par La Fabrique de l’Histoire sur le site de France Culture (nouvelle fenêtre).

Enfin,  les amateurs d’océan, de mer et d’eau sous toutes ses  formes se plongeront dans cet article Jetez vous à l’eau :Lisez un livre ! du blog Liseur pour y découvrir des romans sur le thème de l’eau ! Les adeptes de vidéo ne sont pas oubliés avec cette sélection de voyages maritimes (films en VOD proposés sur le site de La Médiathèque- nouvelle fenêtre).

PRATIQUE  : Exposition à la médiathèque Gustave-Eiffel du 21 février au 12 mars 2017 (aux horaires d’ouverture habituels).

Yasmina Khadra, président du Salon du Roman Historique de Levallois 2017

4 Fév khadra-portrait

Cette année, l’écrivain Yasmina Khadra sera président de la 6ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois qui aura lieu le 26 février 2017, l’occasion pour le blog Liseur de revenir sur sa carrière.

Yasmina Khadra, que l’on peut découvrir dans cette vidéo moyen métrage de Arte France réalisée par Régine Abadia en 2011 (nouvelle fenêtre), de son vrai nom Mohamed Moulessehoul, est né à Kenadsa dans le Sahara algérien le 10 janvier 1955. Sous ce pseudonyme féminin se cache un écrivain prolifique et talentueux qui, au fil de ses œuvres, a su contribuer à faire connaitre le monde arabe et dénoncer les violences et les injustices. Au-delà de sa renommée mondiale, ses écrits sont empreints d’authenticité, son style est riche et singulier et ses livres sont une véritable invitation à la réflexion sur la complexité du monde d’aujourd’hui.

À 9 ans, son père le confie à l’École militaire des cadets pour faire de lui un officier. Et c’est quand il quitte l’armée en 2000 qu’il se consacre à l’écriture. Il s’installe en France et acquiert rapidement une consécration et une renommée internationales, avec le quatuor algérien, La part du mort, Morituri, Double-blanc, L’automne des chimères (nouvelle fenêtre), série de romans noirs avec le commissaire Brahim Llob en héros, à Alger dans les années 90.

Mais c’est vraiment à partir de 2002 que Yasmina Khadra accède à la notoriété avec une trilogie :  Les hirondelles de Kaboul (nouvelle fenêtre), L’Attentat (nouvelle fenêtre), pressenti par les jurys du Goncourt et du Renaudot en 2005, puis en 2006 Les Sirènes de Bagdad(nouvelle fenêtre) où il choisit de côtoyer de près le terrorisme.
Dernièrement, il puise son inspiration dans les conflits actuels : L’Équation africaine (nouvelle fenêtre)  en 2011, Les anges meurent de nos blessures (nouvelle fenêtre) en 2013, Qu’attendent les singes (nouvelle fenêtre) en 2014 et À quoi rêvent les loups (nouvelle fenêtre) en  2015.
La dernière nuit du Raïs
(nouvelle fenêtre), publié en 2015, retrace les dernières heures du colonel Khadafi, tandis que son dernier opus Dieu n’habite pas la Havane (nouvelle fenêtre), sorti en 2016, célèbre la mélodie joyeuse du peuple cubain.
Son œuvre est traduite en 33 langues, et plusieurs de ses livres ont été adaptés, notamment au cinéma, au théâtre mais également en bandes dessinées.

À NE PAS MANQUER : interview exclusive de Yasmina Khadra le vendredi 10 février 2017 à 17 h. À suivre en live sur la page Facebook de la Ville de Levallois  !

Jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2017, dernières lectures

31 Jan affiche Salon du Roman Historique de Levallois 2017

Un soir de janvier, douze intrépides lecteurs de romans historiques ont bravé le froid et la nuit  pour participer à la troisième réunion du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2017.  Au programme de cette soirée animée : cinq romans décortiqués, des coups de coeur, des passions mais aussi des déceptions, des frustrations et une ébauche de palmarès…

Tout d’abord, rendez-vous bien compte du challenge que représente la mission de nos jurés : depuis leur dernier rendez-vous en décembre, ils ont, entre la dinde, le sapin et les étrennes, dévoré plus de 2100 pages… Futurs candidats au jury des années à venir, soyez donc conscients que la lecture de romans historiques n’est pas une activité de tout repos et que la pression est forte… Nos jurés 2017 mesurent d’autant plus l’importance de leur tâche que l’échéance fatidique approche : le vote final ! Celui par lequel ils vont devoir déterminer en leur âme et conscience quel est le meilleur roman historique de la sélection et quel sera l’auteur qui, grâce à leur lecture attentive, recevra le prix 2017.

Mais n’anticipons pas…

Des romans en deux temps

Dès le premier titre évoqué, la dualité semble être un des maitres mots des discussions de ce soir. On la repère au niveau de certains personnages qualifiés d’ambivalents, ambigus ou à deux identités, ou au niveau de l’intrigue avec deux trames qui se rejoignent à la fin, ou encore dans la composition même du roman : avant-après, aujourd’hui-hier, ici-ailleurs, vison d’enfant-regard d’adulte ou encore effet miroir à 100 ans d’intervalle. Le sujet même peut être scindé en deux : « info ou intox ? » nous dit-on pour un des titres qui mêle rumeur historique et grande Histoire.

« La première partie ajoute du sens à la partie historique ». « On a l’impression qu’il y a deux romans en un » – et c’est un compliment- mais il y a « une trop grande césure, on s’attache aux personnages et après on est déçu de pas les retrouver », explique une jurée.

Ainsi attention, le résultat n’est pas toujours à la hauteur de l’effet attendu. Et ce, même quand l’écriture suit ce tempo en se différenciant d’une partie à l’autre comme pour ce roman où un juré nous dit :

Un style dense dans la première, mais une espèce de rédaction poussive dans la deuxième…

Écoutez plutôt les commentaires sur ces constructions d’intrigue en deux parties dont le rythme, hélas, ne fonctionne pas toujours à la lecture.

Cela n’a pas du tout résonné en moi. Je n’ai pas fait le lien entre les deux histoires. Il m’a manqué la transition.

Cela peut même s’avérer déstabilisant pour certains jurés :

Ça m’a laissé un pied en l’air…

Ce que reformule une autre jurée de façon moins dansante :  » le mélange ne marche pas ».

Mais comme on pouvait s’y attendre, tout ceci est une question de sensibilité personnelle et d’équilibre, car si pour l’une tel roman est « un fouillis inextricable » dans lequel elle s’est perdue et, selon ses termes, a « pataugé », l’autre trouve que « passer du coq à l’âne tend la lecture »… Alors comment trancher ?

L’histoire qui est dans nos gênes

On s’attache alors à l’essence même du roman historique. Et les débats prennent des accents macbethiens :  to be roman historique ou not to be ?

Si l’un des titres « répond aux critères » et est tout de suite adoubé roman historique par la majorité des jurés, un autre ouvrage aura bien du mal à franchir le cap : « On dirait un roman policier dont on a pas les dernières pages ». Aie, ça commence mal… car le même se voit traité de « jolie histoire d’amour dans un cadre et un contexte historique ». Mais hélas, même pour cette jurée qui s’avoue très romantique, ce roman « ne serait pas à priori classé dans les romans historiques ».

Parce que « l’insertion dans l’histoire, on n’en parle jamais ! Il n’y a aucun contexte et ce n’est peut-être même pas un roman », renchérit un autre.

Ouh là là, mais qu’est-ce donc alors ?

C’est un ouvrage documenté documentaire. Et la dernière partie ne sert peut-être qu’à pouvoir dire « c’est un roman historique ».

On vous avait prévenu ! Nos jurés sont impitoyables. Mais ils sont aussi très courageux, prêts à relever tous les défis « quand j’ai vu la taille, je ne l’ai pas laché ». Et incorruptibles  : vous l’apprendrez à vos dépens si vous essayez de leur faire dire qui est le lauréat avant le 26 février prochain.

Mais quand ils apprécient, quel enthousiasme !

Historique à 400 %. Génial parce que révélateur d’un pan d’histoire inconnue.

Ainsi, parmi les constantes qui se dégagent des discussions, il semble que plus le lecteur de romans historiques apprend, plus il est content.

« C’est le livre qui m’a le plus appris ». « Extrêmement documenté ». « Hyper informatif sur les schémas humains ». « On devrait le faire lire aux enfants » tellement c’est instructif mais « uniquement sa version expurgée alors ». Car  ce livre est « une jolie façon humaine de découvrir une horreur », précise un autre juré.

Comme lors de la précédente rencontre, il sera question de la « modernité de situations qui appartiennent au passé et qui se répètent ». Mais aussi de cette histoire que nous ne connaissons pas, de secrets ou de voiles soulevés sur certaines périodes. On parle aussi d’histoire familiale,  « c’est ma famille ! » crie une jurée,  de psychanalyse,  de « bouleversement et de désintégration », de « socle culturel », de filiation, de « vérités très dures mais bonnes à dire », de la « symbolique du 17 juin » et de « l’histoire qui est dans nos gênes et qui ressort »…

Bref de tout ce qui nous constitue notre histoire individuelle et notre mémoire collective et que les romanciers réussissent à entrelacer dans ces fictions sur fond d’Histoire.

L’attention à l’écriture

Plate, sobre, imagée, laborieuse ou épique, l’écriture ne laisse pas nos jurés indifférents. Elle provoque des passions :  « J’ai adoré sa manière d’écrire », « ce sont des mots fabuleux ». Elle déclenche des réactions épidermiques : « scotchant », abrupt », « rude »,  « violent » et « coup de poing ». Elle fait corner des pages et remonter le temps ou l’espace :   « écrit à l’ancienne »,  « plongée dans les  1001 nuits », « du Pagnol ! »

– Trop lyrique ! dit une jurée presque décue. J’ai décroché, il était si bien parti ! D’habitude je deviens le personnage. Mais là j’ai eu du mal à rentrer dedans…

– Trop de dialogues, pas assez de narration, confirme un autre. On dirait une rédaction d’un élève de première (avec tout le respect que nous devons aux futurs bacheliers 🙂

Si elle peut s’avérer décevante, l’écriture peut aussi transporter.  « Émouvante dans ses excès », il arrive même qu’elle bouscule, « percute »,  évolue et réussisse à tisser des liens intimes avec son lecteur. « J’ai beaucoup aimé la proximité, cette façon d’impliquer et d’interpeller celui qui lit ». « On a l’impression que le livre est en construction devant nous ».

Au style, certains jurés associent des atmosphères « on se croirait dans la cuisine de femmes orientales »,  des images  » les amoureux de Peynet » ou d’autres, des films, en remarquant  « une belle scène d’ouverture comme au cinéma » ou un roman qui pourrait être « Le coeur des  hommes revu et corrigé ». On établit des liens, des points communs, des oppositions d’un livre à l’autre « ce que j’ai apprécié, c’est l’éclairage d’un rebelle. Qui est l’opposé du héros du précédent (roman) ». Un début de classement pour le vote final peut-être ?

À la fin de la soirée et peut-être la faim aidant, malgré les apéricubes sur la table, le vocabulaire et les métaphores évoluent dans les discussions. Écoutez plutôt :

– J’ai été fascinée par toute cette nourriture historique.

– Elle (l’auteur) aurait dû en garder pour le deuxième ! Elle met tout dedans.

– C’est difficile à digérer.

– Le langage est cru.

– Je l’ai lu ligne par ligne, mot par mot, je me suis gavée de ce bouquin.

Intentions de vote

Avant de se séparer, un rapide tour de table donne la tendance : des romans ex æquo, des outsiders, des recalés. Mais chacun sait que sondages et intentions de vote ne sont pas toujours annonciateurs du résultat final et que l’on peut être surpris… Ainsi, tout peut encore évoluer d’ici la prochaine fois. Mais une chose est sûre, le livre gagnant sera :

Le meilleur. Un vrai roman historique avec l’Histoire avec un grand H.*

*Comme toujours, la dernière phrase de cet article est empruntée à un de nos jurés que nous remercions.

Retrouvez le précédent épisode de notre saga avec Le jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2017, premières lectures. La suite prochainement sur Liseur… avant le dénouement le 26 février 2017 lors de la remise du Prix des Lecteurs de Levallois au lauréat !

%d blogueurs aiment cette page :