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L’homme est-il un animal comme les autres ?

14 Fév

Samedi 16 février 2019, Jean-Baptiste de Panafieu, professeur agrégé de sciences naturelles et auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique, sera présent à La Médiathèque de Levallois dans le cadre de la manifestation départementale annuelle La science se livre. Lors d’une conférence autour de son ouvrage L’homme est-il un animal comme les autres ? (nouvelle fenêtre)  il apportera des réponses et questionnera ce sujet passionnant qui s’adresse à tous : le rapport entre humanité et animalité.

Qui est Jean-Baptiste de Panafieu ?

Auteur, scénariste et conseiller scientifique, Jean-Baptiste de Panafieu (nouvelle fenêtre) a publié de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique, documentaires ou romans, sur la nature et les sciences adressés à la jeunesse et aux adultes.

Parmi la soixantaine d’ouvrages à son actif, on retiendra:  Sur les traces de Charles Darwin (Prix La science se livre 2006), Histoires de squelettes et Au temps des premiers hommes, édités chez Gallimard Jeunesse, Le bestiaire marin (Plume de Carotte), Humanimal (Gulf Stream), Les Cro-Magnon (Casterman), La grande aventure de l’évolution : Une histoire d’aujourd’hui (nouvelle fenêtre) chez Milan, Les insectes nourriront-ils la planète ?  (nouvelle fenêtre) édité au Rouergue, Évolution  (Xavier Barral) ou encore Darwin à la plage (nouvelle fenêtre). 

Invité à La Médiathèque pour la 23ème édition de La science se livre (nouvelle fenêtre), Jean-Baptiste de Panafieu donnera une conférence autour de son livre L’homme est-il un animal comme les autres ? (nouvelle fenêtre) paru en 2016 aux éditions La ville brule.

L'homme est-il un animal comme les autres Jean-Baptiste de Panafieu (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Destiné à tous les publics, cet ouvrage revient sur les fondamentaux de la théorie de l’évolution en insistant sur les liens de parenté entre les différentes espèces et nous explique le rapport entre l’être humain et les autres espèces animales :

Quelle est la frontière entre l’animal et l’humain? Quelles sont les traces de notre évolution et allons-nous encore évoluer ? Comment adapter nos modes de vie dans le respect du monde qui nous entoure? Qu’est-ce qui nous différencie réellement des autres animaux ? Qu’en est-il du droit des animaux?

Et bien d’autres interrogations mêlant biologie, anthropologie et philosophie auxquelles l’auteur répondra.

Pratique : rendez-vous à La Médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès) le samedi 16 février à 16 heures.

Qu’est-ce la science se livre ?

Un rendez-vous annuel …. dans toutes les bibliothèques, médiathèques, lieux culturels, centres de recherches et associations de culture scientifique du département.

Le thème pour cette 23ème édition  : les relations Humain – Animal (nouvelle fenêtre). Si Charles Darwin a contribué à changer notre vision de la nature et de la place de l’homme dans la nature en affirmant qu’il fait partie d’une très longue évolution et qu’il partage avec le reste des animaux des traits anatomiques, génétiques, comportementaux, la science aujourd’hui découvre peu à peu que les animaux pensent, apprennent, transmettent et qu’ils sont des êtres sensibles, déclenchant une véritable révolution philosophique et éthique…

Depuis le 2 février et jusqu’au 24 février, La science se livre se décline dans de nombreuses villes des Hauts-de-Seine avec plus de 150 événements autour de ces sujets passionnants : expositions, expériences, ateliers, parcours, jeux, conférences, débats, tables rondes. Retrouvez tout le programme sur le site de La Science se livre (nouvelle fenêtre) 

Merci à Patricia D. pour la rédaction de cet article

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Envie de se faire une expo photo en janvier ?

25 Jan

Vous aimez la photo ? Cela tombe bien, nous aussi. L’exposition Les Nadar, une légende photographique est présentée du 16 octobre 2018 au 3 février 2019 à la BNF (nouvelle fenêtre)

La Bibliothèque nationale de France propose la première grande exposition consacrée aux trois Nadar. Félix Tournachon dit Gaspard Félix Nadar (1820-1910) (nouvelle fenêtre), son frère Adrien Tournachon (1825-1903) (nouvelle fenêtre) et son fils Paul Nadar (1856-1939) (nouvelle fenêtre) furent tout à la fois photographes, peintres, dessinateurs et inventeurs.

La photographie est à la portée du premier des imbéciles, elle s’apprend en une heure. Ce qui ne s’apprend pas, c’est le sentiment de la lumière et encore moins l’intelligence morale de votre sujet, et la ressemblance intime. Félix Nadar

Félix Nadar (1820-1910) est un artiste visionnaire, à la fois écrivain, caricaturiste, journaliste, passionné par l’aérostation (nouvelle fenêtre) et bien sûr photographe. Pratiquement toutes les personnes célèbres de son époque ont posé pour lui dans son atelier de la rue Saint-Lazare à Paris. D’Alexandre Dumas à Charles Baudelaire, en passant par Sarah Bernhardt, Eugène Delacroix, et bien d’autres.

Pour allez plus loin :

Nadar à La Médiathèque (nouvelle fenêtre)

 

Moins connu que Félix Nadar, Adrien Tournachon (1825-1903) dit Nadar jeune pour le différencier de son frère est son demi-frère. Il est également photographe et est surtout connu pour une série de portraits « têtes d’expression » du mime Charles Debureau (1929-1873) (nouvelle fenêtre) du théâtre des Funambules. Cette série sera exposée à l’Exposition universelle de 1855.

L’écrivain Théophile Gautier dira de lui en 1858 dans le journal Le Moniteur universel :

Deburau est jeune, mince, élégant ; ses traits sont délicats et distincts, ses yeux expressifs — et sa bouche petite, qu’il sait étendre pour avaler les plus grosses bouchées, possède une sorte de dédain moqueur, un mépris anglais, qui est très piquant.

Paul Nadar (1856-1939), est le fils de Félix Nadar et le moins connu des trois. Il réalise néanmoins une série de photographies lors de son voyage à travers l’Europe Centrale et l’Asie en 1890.

Si vous ne pouvez pas vous déplacer à la BNF, leur site propose une exposition virtuelle extrêmement intéressante et complète (nouvelle fenêtre)

Le catalogue de l’exposition Les Nadar- une légende photographique sera bientôt disponible à La Médiathèque.

La saga du jury du prix des lecteurs de Levallois, premiers débats

14 Jan

Quelques semaines avant Noël, les 12 jurés du Prix des lecteurs de Levallois 2019 se sont réunis pour leur première véritable séance de jury. Si la première réunion avait permis au groupe de faire connaissance, cette soirée du mois de décembre a été l’occasion de passer deux premiers romans au crible des critiques, des éloges et des doutes ! Revivez en direct ces quelques heures…

À la recherche de l’Histoire

La muse Clio Legs (détail), fresque de Charles F. Comfort Bibliothèque et Archives Canada

Dès les premiers échanges,  une question va agiter la tablée : où est l’Histoire ? Prenant leur rôle très à cœur et ayant bien enregistré les consignes (à savoir que les romans sélectionnés fassent preuve d’une veine historique indéniable), les jurés semblent avoir concentré leur lecture et leur analyse sur cet aspect.

– Attention, on parle de roman « historique », objecte cette jurée à une autre qui avoue avoir été littéralement conquise par le romanesque d’une histoire qui l’a fait rêver.

– Mais justement rétorque la première, c’en est un vrai  ! Au-delà des destins individuels, on découvre l’histoire d’un pays mais aussi l’évolution des mentalités, la mutation d’une société avec l’exode rural, l’urbanisation, l’émigration…

Tous ceux qui ont bien vu la patte de l’Histoire dans ce roman acquiescent. Certains y voient même une combinaison assez réussie d’Histoire et d’évolution sociale. Petit bémol pour cet autre pour qui l’aspect historique arrive malgré tout très tard dans le roman. « Et c’est même un peu léger ». Avis aussitôt suivi par un troisième qui renchérit : « si peu explicite que ça en devient frustrant de pas savoir… »

– C’est une saga familiale avec une petite dimension historique.

La jurée qui vient de parler ne s’est même pas posée la question : pour elle, ce livre ne raconte pas d’évènements ni de faits donc il n’est pas historique. Petit brouhaha autour de la table…

– Mais non, ça part d’un phénomène historique, c’est de l’histoire actuelle, et finalement on apprend comment on vivait à cette époque !

Photo extraite du film « 12 hommes en colère » de Sidney Lumet

Ainsi pour certains, la description de l’évolution d’une société est un critère tout à fait suffisant pour donner le qualificatif d’historique à un roman. On assiste alors à un petit débat pour déterminer si oui ou non, l’évolution sociale fait partie de l’Histoire, chaque point de vue ayant ses détracteurs et contradicteurs.  Diplomate et rassembleur, un des jurés résume alors la « nature » du roman soumis à la question  :

– Un livre sociétal qui met en scène des personnages dans une période historique précise.

Alors historique ou pas ? Autour de cette table, on n’arrive pas à trancher… Selon cette autre jurée, il y a juste un contexte mais ce n’est définitivement pas historique. En riant, elle avoue alors qu’elle vient juste de terminer Les rois maudits, qui, en terme de période, de repères et d’évènements répertoriés dans les programmes d’histoire, répond davantage à sa définition du genre.

Notre juré diplomate reprend alors la parole :

– La question à se poser est de savoir si un roman est historique à partir du moment où l’Histoire est au centre de ce roman.

Silence perplexe autour de la table car à cet instant, tout le monde est d’accord pour dire que la famille est au cœur de ce roman.

– Mais le livre raconte comment les évènements de cette époque l’ont affectée, modifiée, transformée et fait passer d’un univers à un autre.

Alors pour ce juré c’est clair, ce roman possède sa part indéniable d’Histoire, et ce, même si l’auteur a fait le choix d’un focus sur une famille évoluant dans une période historique. Autour de la table, tous ne sont pas convaincus.

Ils le seront encore moins quant au deuxième roman analysé car dans celui-là, « l’histoire est vraiment en filigrane »; Mais là aussi, les avis sont aussi contrastés que sur le premier livre.

-On est d’accord ou on a un blocage, résume à nouveau notre sage juré.

-Est-ce qu’à chaque fois ce débat revient ? demande un autre.

D’après notre expérience, la réponse est oui et c’est bon signe, cela veut dire que chaque année, nos jurés se posent les bonnes questions et butent sur les mêmes difficultés : qu’est-ce qu’un roman historique ? Le livre que j’ai en mains en est-il bien un ?

Mais le risque de toute discussion au sujet d’un livre est aussi de se perdre dans son sujet et de finir par débattre du fond et non de la forme. Si l’on entend bien ce soir quelques discussions quant au bien fondé du choix de tel personnage, au manque de solidarité dans la famille, au difficile rapport colons/colonisés, ou encore quant au fait que « dans la vraie vie cela ne peut pas être comme ça », les jurés n’oublient pas ce qui constitue l’essence d’un livre (et donc ce qui doit aussi être pris en compte pour leur remettre un prix)  : sa construction, sa « voix » personnelle, son style…

Style, construction, points de vue

On se penche alors sur la forme, évoquant la construction chorale, l’histoire à plusieurs voix , le « même moment vu par différents personnages », l’imbrication de chapitres plus petits qui coupent le récit principal, les contes et poèmes orientaux enchevêtrés dans le récit, l’alternance de points de vue, le choix de raconter selon la vision d’une petite fille, ce qui permet de poser les « vraies questions ».

Puis on parle écriture et les passions se déchainent : « un style foisonnant, flamboyant, un livre qui se déguste, très coloré qui se goute, se respire… »

C’est la force du texte : aucune faiblesse, pas de chute de style, la langue est belle…

Bien sûr face à ces louanges, d’autres sont plus critiques : le foisonnement devient fouillis… Ces avis opposés deviennent encore plus marqués quand la richesse de l’écriture qui a séduit les uns semble excessive aux autres : « ça part dans tous les sens, c’est confus, on décroche ».

– Trop c’est trop, dit cette jurée.

À ceux qui parlent de « catalogue de personnages », de « style vulgaire » ou « d’écriture qui se perd dans les clichés et les répétitions », une autre jurée oppose que le style est justement parfaitement adapté au contenu : « l’écriture est faite pour accompagner et montrer ce qu’elle [l’auteur] a vécu ! » Et notre jurée de souligner l’humour et l’ironie de l’auteur quand l’auteur décrit l’atmosphère familiale, la nostalgie de l’exil ou le poids de la tradition…

Comme vous pouvez le constater, les avis sont multiples, parfois diamétralement opposés, mais rassurez-vous, toujours courtois ! Cette divergence de points de vue et d’appréciations se retrouve dans le bref petit vote à main levée qui a lieu à la fin de la séance et qui, bien évidemment, ne préjuge en rien de l’avenir mais a le mérite de pouvoir commencer à hiérarchiser les lectures dans l’esprit de chacun en vue du vote final du mois de mars.

Quand la séance se termine, chacun repart, sourire aux lèvres, avec deux nouveaux livres à lire pour la rentrée. Espérons qu’à la prochaine réunion, nous pourrons à nouveau entendre comme cela a été dit ce soir par une des jurées (fidèle à la tradition de cette saga depuis 2014, le mot de la fin revient toujours à l’un des jurés)  :

Ces lectures se dégustent 🙂

Ce qui est certain, c’est qu’elles seront l’objet de beaucoup d’attention, d’implication et de débats passionnés

Précédemment dans Liseur : La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois 2019, top départ.

En passant

Meilleurs vœux !

1 Jan

L'équipe du blog Liseur vous souhaite une reès belle année remplie de lectures

Enid Blyton, une vieille dame populaire et contestée de la littérature jeunesse

28 Nov

Il y a tout juste 50 ans, le 28 novembre 1968, la prolifique auteur britannique Enid Blyton s’est endormie paisiblement dans son lit. Après avoir débuté en publiant de la poésie Child Whispers (Murmures d’enfants), cette célèbre écrivain pour la jeunesse a écrit plus de 700 livres pour la plupart publiés sous forme de série dont les plus connus sont Noddy (Oui oui en français), The famous five (Le club des cinq), Brer Rabbit Retold (Jojo lapin) ou encore The secret seven (Le clan des sept)… Auteur à succès, elle conquit des millions de jeunes lecteurs mais dans les années 80, avec l’essor d’une nouvelle littérature jeunesse, elle tomba un peu en désuétude, tout en restant parmi les 4 auteurs les plus traduits, donc les plus vendus, au monde. Retour sur une grande auteur aussi populaire que controversée, qui grâce à une utilisation presque visionnaire du principe de la série, a fait lire des générations entières de lecteurs avec des romans qui continuent à être plébiscités au XXIe. 

Comment devient-on Enid Blyton ?

Réponse : en écrivant … beaucoup ! Née dans le Kent, passionnée d’histoire, de biologie, de nature et de mythologie, Enid Blyton est surtout une femme dotée d’une opiniâtreté à toute épreuve, d’une curiosité insatiable et certainement d’une capacité de travail assez conséquente. Remarquée très jeune par ses professeurs pour sa plume et son imagination, elle n’est pourtant pas encouragée par sa famille qui la veut concertiste. A la place, elle choisit d’être institutrice, métier qu’elle abandonnera  dès qu’elle pourra vivre de ses livres.

By Phyllis Chase (c.1897- c.1977)

Après avoir participé à des concours dans des revues, elle fait ses débuts en littérature avec de la poésie, du théâtre puis avec des ouvrages sur l’éducation. En 1924, est publié The Enid Blyton Book of Fairies, son premier recueil de nouvelles. Elle commence à écrire pour des journaux dont le Morning post puis dans Teachers’ World, où elle fait notamment paraître une interview de AA Mine, le célèbre auteur de Winnie the poo (Winnie l’ourson), ce qui contribute indirectement à sa propre reconnaissance en tant qu’auteur.

Écriture en séries

En 1926, elle participe au magazine Sunny Stories dont elle devient rédactrice en chef et tient une chronique hebdomadaire dans Teachers’ World. Commencée en 1929, cette chronique très appréciée sur l’air du temps et la vie comme elle va est écrite sous la forme de lettres envoyées par son fox-terrier Bobs  : cette forme géniale et humoristique devient vite très populaire jusqu’à être rassemblée et publiée sous forme de recueils : en 1933, Letters from Bobs s’est vendu à 10 000 exemplaires dès la première semaine.

À partir de 1938, elle écrit de plus en plus souvent au format série, avec des héros récurrents auxquels on s’attache, s’identifie et prend plaisir à retrouver et à voir évoluer. Le cliffhanger n’est pas encore de la partie mais elle a dû y penser puisqu’elle savait susciter l’impatience de ses lecteurs à la fin de chaque nouvel épisode.

Tout au long de sa carrière, il semble qu’elle ait eu ainsi un certain nombre d’intuitions dont fait partie l’écriture en series (qui n’était pas nouvelle en soi mais n’avait jamais été utilisée avec tant d’ampleur et de facilité pour la jeunesse) ainsi qu’un don inné pour le marketing et la promotion de son œuvre  : en 1937, Sunny Stories devient Enid Blyton’s Sunny Stories, et sert de tremplin à la publication en série des livres de l’auteur. Dès 1952, elle met en place son fan club le Famous Five Club — le club du Club des cinq —  qui comptera « deux cent vingt mille membres en 1974 et croît à la vitesse de six mille nouveaux membres par an » (source Wikipedia). De la même facon l’Enid Blyton magazine participera à créer des communautés de lecteurs autour de son oeuvre. Nul doute qu’aujourd hui, Enid Blyton aurait eu un Instagram, un twitter et une page Facebook !

Mais revenons à son histoire. En 1941, elle édite son premier calendrier Sunny Stories Calendar pour l’année 1942, année durant laquelle elle ne publie pas moins de 22 titres… dont le premier du Club des cinq intitulé Five and the tresury island inaugurant ainsi une série de 21 titres. L’année suivante, elle entame une autre série The Mystery of the Burnt Cottage ainsi qu’une adaptation de la Bible pour les enfants. 1944 sera aussi un année prolifique avec 24 titres mais c’est  presque une sorte de « mise en jambes » pour la romancière, qui va ensuite quasiment doubler sa cadence de production.

Productivité intense et succès

Les années 50 sont extrêmement productives pour la romancière qui inaugure cette décénnie avec 32 romans publiés en 1949 suivis d’une bonne quarantaine chacune des année suivantes. On peut supposer que le fait que les quotas d’impression qui depuis la guerre limitaient l’activité éditoriale cessent précisément cette année-là lui permet enfin de laisser libre cours à sa prolixité.

Évidemment, une telle productivité est vite suspectée et on accuse la romancière de sous-traiter l’écriture de ses romans. Dès 1955, elle est obligée de démentir ces rumeurs de façon officielle mais elle continue de publier à rythme soutenu, ne cessant d’inventer de nouveaux personnages et de nouvelles séries. En 1949, elle crée le personnage de Noddy (Oui oui), qui est aussitôt  repéré par Kellogs qui en achète les droits !

Clairement, Enid Blyton se révèle aussi romancière que femme d’affaires bien entourée. En 1950, elle créée sa propre entreprise, Darrell Waters Ltd., pour gérer sa fortune. En parallèle, par le biais de ses clubs et fondations, elle finance un certain nombre d’associations caritatives, pour venir en aide aux animaux et aux enfants malades.

Le succès se décline en livres, suites et séries mais aussi en de multiples produits dérivés (jeux, puzzles, figurines et jouets depuis 1948). Dès 1950, son œuvre est adaptée d’abord pour la scène, puis pour la télévision et enfin le cinéma. Ainsi en 1955, Oui oui devient le héros d’une série télévisée qui obtiendra un grand succès.

Célèbre mais toujours contestée

Moqués par certains dès le début des années 50, les héros d’Enid Blyton suscitent de plus en plus de critiques, notamment de la part du journaliste politique Colin Welsh dans le magazine Encounter dont l’article ‘Dear Little Noddy » de janvier 1958 décrit Oui oui comme un « pantin anormalement pédant, moralisateur, simpliste et pleurnichard… »

Au début des années 60, Enid Blyton ne ralentit pas la cadence mais commence à clore certaines séries commencées des années plus tôt : Le clan des sept, Le club des cinq, Oui oui…  En 1965, pour des raisons de santé, elle cesse quasiment d’écrire, à part son journal intime et s’éteint à l’âge de 71 ans.

Assez critiquée dès ses débuts car considérée comme une auteur de « seconde zone », elle est à nouveau sous le feu des reproches dans les années 80 pour ses valeurs morales déclarées douteuses : outre la simplicité de ses intrigues, on l’accuse de véhiculer snobisme, sexisme, racisme et xénophobie. S’il est clair que ses livres ont vieilli, ils sont représentatifs du mode de pensée d’une époque, celle qui va des années 30 à 60 et Enid Blyton ne s’est jamais caché de vouloir diffuser des valeurs morales solides à ses jeunes lecteurs.

Osciller entre popularité et mise à l’index semble être une des particularités de la carrière et de l’œuvre d’Enid Blyton, qui, plus de dix ans après sa mort, se voit redevenir la bête noire des prescripteurs de littérature pour enfants avant de regagner quelques années plus tard les étagères des librairies et bibliothèques avec des rééditions et des remises au goût du jour.

La postérité d’Enid Blyton

Lue et traduite dans le monde entier, en 2018, son œuvre continue à être lue, et inspire même plusieurs romanciers désireux de poursuivre son œuvre, dont sa propre petite-fille qui en 2009 écrira un épisode de Oui oui. Avec des suites, des à la manière de et des spin off plus ou moins heureux, on trouve ainsi plus de 200 livres se réclamant de l’esprit et de la lettre blytonniens. Dans les pays anglo-saxons, des guides d’apprentissage divers et variés sont aussi réalisés à partir des aventures de ses héros.

Au XXIe siècle, son travail continue d’inspirer le cinéma puisqu’en 2009, on réalise en Allemagne une série de 3 films tirés de ses romans  : Hanni and Nanni, l’histoire de deux jumelles, montrant une nouvelle fois combien les aventures imaginées par Madame Blyton sont impérissables 🙂

La vie de l’auteur elle-même sera elle aussi portée à l’écran de nombreuses fois, sous forme de téléfilm pour la BBC et dans un format épisode.

Initiée de son vivant par l’auteur elle-même, la flamme Enyd Blyton demeure entretenue dans ses nombreux clubs de fans. Et aujourd’hui encore avec un site Internet officiel dédié à l’auteur (nouvelle fenêtre), un prix « the Enid », des rencontres annuelles dont le Enid Blyton’s day, une page Facebook (nouvelle fenêtre) , des expositions au Royaume Uni à l’occasion du centenaire de sa naissance, un timbre à son effigie édité par la Royal mail…

Mais pour lui rendre hommage, laissons la parole à cette grande dame des débuts de la littérature jeunesse :

I am not really much interested in talking to adults, although I suppose practically every mother in the kingdom knows my name and my books. It’s their children I love.

Merci au site de l’Enidblytonsociety (nouvelle fenêtre) pour la mine de renseignements qu’on y trouve et pour les illustrations empruntées pour illustrer cet article.  Outre une biographie, la liste exhaustive de tous ses titres, vous y trouverez aussi des jeux, un journal, un quizz et des fans à rejoindre !Enyd Blyton society (site en anglais - nouvelle fenêtre)

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