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Pause estivale sur les blogs de La Médiathèque

13 Juil

Comme chaque année depuis leur création, les blogs de La Médiathèque sont en pause durant les mois d’été et les rédacteurs mettent leurs claviers au repos. 

Au cours de la saison 2018-2019, nous avons imaginé, écrit et publié plus de 300 articles, qui ont été lus par plus de 3 000 personnes chaque mois. C’est donc aujourd’hui l’occasion de vous remercier, vous lecteurs réguliers et/ou occasionnels, pour vos lectures, votre enthousiasme, votre curiosité, vos suggestions, vos likes, vos commentaires et vos partages de nos articles sur les réseaux.

Nous nous retrouverons à la rentrée, plein de nouvelles idées, de nouvelles rubriques et d’énergie pour une nouvelle saison. Nous vous souhaitons un merveilleux été, épanouissant, formateur, cinéphile, musical, patrimonial, littéraire et numérique !

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Réviser son bac à La Médiathèque : opération Coup de pouce 2019

10 Juin

Depuis 2011, La Médiathèque accompagne les lycéens dans leurs révisions du Baccalauréat avec la semaine  « Coup de pouce aux révisions » qui se déroule cette année du mardi 11 juin au dimanche 17 juin. Cet article du Blog B.R.E.F. fait le point sur cette semaine, qui s’annonce intensive en révisions. Nous souhaitons bonne chance à tous les futurs bacheliers !

Sur place ou en ligne, et jusqu’à la dernière minute, n’oubliez la sélection de documents disponibles à La Médiathèque (nouvelle fenêtre) ainsi que le Zoom sur Coup de pouce aux révisions avec sites et vidéos utiles (nouvelle fenêtre) pour vous entraîner et réviser.

B.R.E.F.

Le décompte pour passer les épreuves du bac débute. Les lycéens plancheront à partir du 17 juin jusqu’au 24 juin 2019. Depuis plusieurs années, La Médiathèque de Levallois organise l’opération Coup de pouce aux révisions. Cette année, elle aura lieu du 11 au 16 juin pour permettre aux candidats de réviser dans les meilleurs conditions.

Coup de pouce aux révisions, c’est quoi ?

Ouverture exceptionnelle : la médiathèque Gustave-Eiffel modifie ses horaires d’ouverture au public pendant la semaine de révisions

Coup de pouce aux révisions

Des espaces de travail avec un aménagement de la médiathèque Gustave-Eiffel : tables, accès internet libre, wifi gratuit, salle de travail silencieuse avec respect des règles pour réviser sereinement, prises électriques à disposition.

Des ouvrages indispensables pour réviser son bac en prêt et en consultation sur place : annales, annabac, fiches dans différentes matières et filières.

Une sélection de sites et applis incontournables :

Voir l’article original 171 mots de plus

Un auteur à l’affiche : Annie Ernaux

1 Juin

Le 21 mai dernier à Londres, l’écrivain Annie Ernaux a manqué de peu la consécration finale du Man Booker Prize International 2019 (nouvelle fenêtre) pour son  titre-phare Les années (nouvelle fenêtre) évidemment traduit en anglais. Sélectionnée dans la shortlist du prestigieux prix littéraire, elle est considérée comme le chef de file du roman social.

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Le prix a été remis à Jokha Alharthi pour son livre Celestial bodies (voir l’article du Temps – nouvelle fenêtre) mais c’est l’occasion de revenir sur la vie et l’œuvre d’Annie Ernaux. Son nom d’origine est Duchesne, elle est née en 1940, à Lillebone en Normandie. Issue de parents épiciers, elle sera poussée par sa mère à faire des études, (très jeune elle prend conscience des écarts de milieux, ce qui vraisemblablement alimentera  l’origine de son inspiration littéraire).

Elle étudie ensuite à l’université de Rouen, première étape vers l’autonomie. Elle obtient le CAPES, et devient agrégée en lettres modernes. Lorsque paraît La place (nouvelle fenêtre) elle obtient le prix Renaudot, ce qui la fait connaître. Mêlant l’expérience personnelle à la grande Histoire, ses ouvrages abordent l’ascension sociale de ses parents  La Honte (nouvelle fenêtre), son mariage La Femme gelée (nouvelle fenêtre), sa sexualité et ses relations amoureuses Passion simple (nouvelle fenêtre), Se perdre (nouvelle fenêtre), son environnement La Vie extérieure (nouvelle fenêtre), son avortement L’Événement (nouvelle fenêtre), la mort de sa mère dans Une femme, construisant ainsi une œuvre importante, d’influence sociologique. Sa référence en la matière sera Pierre Bourdieu, qu’elle admire.

Elle délaissera très vite la fiction pour tenter de montrer le monde tel qu’il est en s’appuyant sur sa propre histoire. Peu à peu, elle invente une écriture singulière qui utilise un matériel autobiographique comme terrain de questionnement. Elle épure de plus en plus son style et le singularise. Elle publie souvent des journaux qui complètent certains de ses textes avec un autre angle de vue. Elle interroge sans cesse son écriture soit avec un allié, soit seule dans son ouvrage, L’atelier noir (disponible en version numérique- nouvelle fenêtre ) où elle analyse avec une grande précision sa recherche pour parvenir à un ouvrage essentiel : Les années (nouvelle fenêtre).  

les années Annie Ernaux (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) En ce moment, Annie Ernaux est à l’honneur dans la pièce L’autre fille, tirée d’un de ses livres (paru en 2011), à l’affiche au Studio Hebertot (nouvelle fenêtre) où j’ai eu la chance de me rendre pour cette adaptation sobre et brillante, mise en scène par Nadia Remita. Dans un décor épuré, la comédienne Laurence Mongeaud livre avec brio un texte socio-biographique, très fort, interprété magistralement et au ton juste sur un secret familial absolu. Jamais un mot de la bouche de ses parents sur cette sœur inconnue, morte deux ans avant sa naissance… Annie Ernaux s’interroge. Creuser l’absence pour faire jaillir la présence, écrire à une morte pour s’adresser aux vivants… un texte tendre et abrupt pour un spectacle intense et bouleversant. qui se caractérise par des phrases courtes, où chaque mot est pesé, choisi.

Les Rencontres de Liseur (5) : Désobéir : des policiers et des gendarmes sous l’Occupation (1940-1944)

9 Mai

Dans le cadre des Rencontres de Liseur 2018-2019 (nouvelle fenêtre), La Médiathèque de Levallois vous convie à la conférence donnée par l’historienne Limore Yagil autour de son dernier ouvrage le samedi 18 mai 2019 à 16h.

Enseignante à l’université de Haifa et de Tel-Aviv en Israël, Limore Yagil est actuellement professeure et directrice de recherches d’histoire contemporaine à l’Université de la Sorbonne. Spécialiste de l’histoire culturelle et politique de la France sous l’Occupation, elle a publié une dizaine d’ouvrages portant principalement sur cette période et sur les modalités du sauvetage des Juifs, parmi lesquels Au nom de l’art 1933-1945 : exils, solidarités et engagements (nouvelle fenêtre) (Fayard, 2015) et Désobéir : des policiers et des gendarmes sous l’Occupation (nouvelle fenêtre) (Nouveau monde, 2018).

Le contexte : police et gendarmerie françaises pendant l’Occupation

À la suite de l’armistice du 22 juin 1940 et plus encore après l’entrevue de Montoire entre Pétain et Hitler (24 octobre 1940), le régime de Vichy met en place une collaboration d’État avec l’occupant nazi. Dans le but incertain d’obtenir des compensations de la part des vainqueurs, c’est tout l’appareil administratif français qui se met au service des allemands, anticipant même parfois leurs souhaits.

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Affiche de propagande pour le recrutement de la Police nationale dans le cadre de la Révolution nationale du régime de Vichy, fin 1941 – début 1942 © Wikipedia

La police (qui dépend du Ministère de l’Intérieur) et la gendarmerie (organe militaire) ne dérogent pas à la règle et des milliers de fonctionnaires ou militaires alors en poste sont tenus d’exécuter les ordres. Lutte contre la Résistance, répression, maintien de l’ordre, rafles de juifs ou travail de police plus habituel s’inscrivent alors dans cette perspective, qui peuvent à l’occasion mêler des français et des allemands lors de certaines opérations. Les 16 et 17 juillet 1942, 9000 policiers et gendarmes participeront ainsi à la tristement célèbre rafle du Vél d’Hiv aux côtés des autorités allemandes. [Lire à ce sujet sur Géo.fr l’article synthétique de intitulé « Occupation : la police française, précieuse alliée du IIIe Reich » (nouvelle fenêtre)]

L’essai de Limore Yagil

Désobéir : des policiers et des gendarmes sous l'Occupation (1940-1944) / Limore Yagil (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)

Par cette  fresque sans concession ni-faux semblant, basée sur de nombreux documents d’archives, L. Yagil vient enrichir l’historiographie de la Seconde Guerre Mondiale en examinant de façon très précise un aspect peu étudié, celui de la désobéissance aux ordres du gouvernement de Vichy de membres de deux corps d’État emblématiques. Ce faisant, elle révèle une autre histoire, celle de gendarmes et de policiers qui ont risqué leur vie pour secourir Juifs, résistants et autres fugitifs parmi lesquels certains furent reconnus comme « Justes parmi les nations » et dont elle n’omet pas de dresser la liste en fin d’ouvrage.

Dans une interview donnée à La Tribune juive du 29 mars 2019 (nouvelle fenêtre), L. Yagil s’explique sur les raisons de ce choix et l’objectif de son étude :

« Notre ouvrage concernant les policiers et les gendarmes propose au lecteur de changer de perspective. Au lieu de se concentrer sur la phase « négative » de cette période, de chercher les coupables, il s’agit de démontrer pour la première fois, les nombreux policiers et gendarmes, qui ne sont pas entré en Résistance, mais ont désobéi pour sauver des vies humaines, des Juifs, des aviateurs alliés, des résistants, des réfractaires aux STO [Service du Travail Obligatoire] etc. Il ne s’agit pas d’exonérer Vichy mais d’introduire plus de nuance, de variété, de complexité dans l’analyse d’un passé tragique. »

BONUS : une sélection de documents à La Médiathèque

Sélection de documents sur le site de La Médiathèque - nouvelle fenêtre

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi  18 mai 2019 à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean Jaurès-Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

James Baldwin : un homme révolté

15 Avr

L’œuvre de l’auteur américain James Baldwin a été remise à l’honneur en France  à l’occasion de la sortie du film I’m not your negro (nouvelle fenêtre) réalisé par Raoul Peck en 2017. Ce documentaire sera projeté à La Médiathèque le jeudi 18 avril 2019 dans le cadre de Cin’Eiffel, pour aller plus loin (nouvelle fenêtre) : s’appuyant sur les écrits de Baldwin, le scénariste y brosse une chronique très personnelle des années sanglantes de lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Retour sur un grand écrivain et une œuvre essentielle.

Né à Harlem dans une famille pauvre et pieuse, il est l’aîné de 9 enfants. Fils illégitime, il sera élevé par son beau-père pasteur très strict et violent. Il choisira un temps de se tourner vers la religion et deviendra prédicateur en 1938, activité qu’il abandonnera en 1942 pour se consacrer à la littérature.

Dès l’adolescence, il prend conscience de son homosexualité. En 1948, fuyant la ségrégation raciale de New York et l’homophobie, il s’exile à Paris. Il y devient une figure emblématique de la communauté Afro-américaine en exil avec ses amis Joséphine Baker, Maya Angelou ou Richard Wright.

En 1953, publication de son premier roman La conversion, récit largement autobiographique, qui raconte l’examen de conscience de John, le jour de ses 14 ans, en attente d’une révélation mystique. En 1955, parait son premier recueil d’essais Chroniques d’un pays natal ainsi que La Prochaine Fois, le feu, deux livres qui explorent les non-dits et les tensions sous-jacentes autour des distinctions raciales, sexuelles et sociales dans l’Amérique du milieu du XXe siècle.

En 1956, La chambre de Giovanni, son second roman, fait état de la recherche d’identité sexuelle. En 1957, l’auteur fait sa première apparition à la télévision dans l’émission Lecture pour tous :  il y répond aux questions de Pierre Desgraupes à propos de son livre Les élus du seigneur, qui traite de façon poignante de la croyance des jeunes noirs de l’époque liée à l’histoire américaine.

De retour aux États-Unis, il s’implique dans le mouvement naissant des droits civiques, aux côtés des leaders noirs Medgar Evers, Malcolm X et surtout Martin Luther King. En 1962, paraît Un autre Pays  (nouvelle fenêtre) qui débute par le suicide de Rufus Scott : c’est une œuvre émouvante et violente où l’auteur s’affirme une fois encore comme le brillant porte-parole de la minorité noire aux États-Unis.

À partir des années 70, James Baldwin s’installe définitivement à Saint-Paul de Vence où il écrit des pièces de théâtre, des essais, de la poésie. En 1974, parait le roman Si Beale Street pouvait parler (nouvelle fenêtre) qui  retrace la vie de Tish et Fonny qui s’aiment et envisagent de se marier. Mais alors qu’ils s’apprêtent à avoir un enfant, le futur marié, victime d’une erreur judiciaire, est arrêté et incarcéré. Traité avec force et intensité, ce livre a été adapté au cinéma par Barry Jenkins en 2018.

En 1975, il est convié à une série d’entretiens avec Eric Laurent sur France Culture.

En 1987, son œuvre s’achève brutalement car il meurt précocement à l’âge de 64 ans à Saint-Paul de Vence.

En France, on (re) découvre son œuvre à l’occasion de la sortie du film I’m not your negro (nouvelle fenêtre) réalisé par Raoul Peck en 2017. Le réalisateur haïtien est interviewé dans l’émission La Grande librairie :

Partant du livre inachevé de l’auteur, Raoul Peck a reconstitué la pensée de Baldwin en s’aidant des notes prises par l’écrivain, ses discours et ses lettres. Il en a fait un documentaire salué dans le monde entier et sélectionné aux Oscars,– aujourd’hui devenu un livre, formidable introduction à l’œuvre de James Baldwin. Un voyage kaléidoscopique qui révèle sa vision tragique, profonde et pleine d’humanité de l’histoire des Noirs aux États-Unis et de l’aveuglement de l’Occident.

Pour aller plus loin :  l’article « Documentaire. “I am not your negro”, les mots de la colère de James Baldwin » publié dans Courrier international du 21 avril 2017 (nouvelle fenêtre) 

Retrouvez quelques textes de James Baldwin, ce grand humaniste dans votre Médiathèque, ainsi que plusieurs écrits d’autres grands défenseurs de la cause noire.

Je vous renvoie également au texte d’Alain Mabanckou  Lettre à Jimmy (nouvelle fenêtre) où, à travers l’œuvre de Baldwin, il aborde ces questions toujours d’actualité.

Pour clore cet article, méditons sur cette citation du grand auteur :

L’Histoire n’est pas le passé, c’est le présent.

 

Remerciements tout particuliers à Ariane C. qui a participé à l’élaboration de cet article.

L’image d’en-tête de cet article provient de Wikipedia : par Gvsfhp — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=53219750.

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