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L’auteur jeunesse Wolf Erlbruch reçoit le prix ALMA 2017

9 Mai

Le prix ALMA (Astrid Lindgren Mémorial Award ou Prix commémoratif Astrid Lindgren) est la plus haute récompense destinée à un auteur jeunesse vivant : cette année, Wolf Erlbruch a été honoré par cette distinction majeure. Malgré un parti pris pour la difficulté tant par le choix des sujets que par leur traitement, Wolf Erlbruch est reconnu par les critiques et apprécié du jeune public. Ses ouvrages, écrits seul ou en partenariat avec d’autres, sont une invitation permanente à la découverte, certains parlent même «d’état d’âme » à la Erlbruch

© Wolf Erlbruch / Peter Hammer Verlag

Wolf Erlbruch met les questions essentielles de la vie à la portée des lecteurs de tous âges. Son oeuvre profondément ancrée dans une vision fondamentalement humaniste dépeint avec humour et chaleur les petites choses qui forment le grand Tout. Maîtrisant parfaitement son art, il s’appuie sur une longue tradition graphique, tout en ouvrant de nouvelles perspectives créatives. Wolf Erlbruch est un visionnaire appliqué.*

* Extrait de la plaquette de présentation du site du Prix Alma (en anglais-nouvelle fenêtre).

Plusieurs générations d’enfants du monde entier connaissent le titre emblématique racontant l’histoire De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête … (nouvelle fenêtre)

Avec ce succès mondial, Wolf Erlbruch, est dès le début de sa carrière, nominé et couronné par des prix nationaux et internationaux.

Ces récompenses vous indifférent ? Venez découvrir son atelier  :

Site de Wolf Erlbruch (nouvelle fenêtre)

Wolf Erlbruch a collaboré avec des auteurs contemporains marquants plutôt germanophones comme : Rafik Schami (nouvelle fenêtre),  Jürg Schubiger (nouvelle fenêtre), Lavie Oren (nouvelle fenêtre), ou encore Dolf Verroen (nouvelle fenêtre).  

Il travaille aussi seul, mais à chaque fois il choisit la difficulté. Soit par la forme picturale qui est très loin de l’imaginaire formaté Disney, ou encore par un texte délibérément poétique. Ainsi il n’hésite pas à s’emparer de Goethe…

Il ne cherche pas non plus la facilité dans les thèmes traités  : l’amour cannibale comme dans L’ogresse en pleurs (nouvelle fenêtre), le sens de l’existence dans La grande question (nouvelle fenêtre), la philosophie dans Le nouvel abécédaire, la différence dans Les cinq affreux (nouvelle fenêtre), la création du monde dans L’atelier des papillons ou encore l’autonomie et la liberté avec Remue ménage chez Madame K (nouvelle fenêtre).

Quelle que soit la difficulté, Professor Erlbruch reste « simple » et plein d’humour. Ce n’est pas Hans Bacher,  producteur designer dans l’industrie du film d’animation ( Dreamwolds ), camarade de promo de 1969 à 1974 qui dira le contraire . Sur son site One1more2time3’s Weblog (en anglais-nouvelle fenêtre) il retrace  30 ans de carrière  de Wolf Erlbruch :

Un auteur qui a su transformer en or tout ce qu’il a créé.

Des nouvelles de Léonard 2017

3 Mai

La sixième édition du concours d’écriture des élèves de seconde du lycée Léonard de Vinci de Levallois vient de se terminer avec l’annonce des lauréats le 20 avril dernier au CDI du lycée… Les nouvelles primées sont désormais réunies dans le recueil 2017, Héritages : nouvelles  qui réunit 10 des meilleurs textes. N’hésitez pas à les lire à La Médiathèque, au lycée ou en ligne !

Le concours Des nouvelles de Léonard est un projet organisé par le lycée qui, depuis quelques années, convie les bibliothécaires de La Médiathèque à être membres du jury. Ce comité de lecture composé aussi de professeurs et de documentalistes sélectionne 20 textes. Les 10 premiers lauréats sont publiés dans un recueil édité par le lycée : Héritages : nouvelles (nouvelle fenêtre) mais vous pouvez aussi les lire en ligne (nouvelle fenêtre).

Définition de la nouvelle :

la nouvelle est un récit court, écrit en prose. Cependant, plus que sa longueur, c’est bien davantage la concision et l’efficacité de son écriture qui la caractérisent. En règle générale, les personnages d’une nouvelle sont peu nombreux et brièvement décrits. Son action est assez simple mais construite de façon à ménager un effet de surprise au dénouement : c’est ce que l’on appelle la chute.

Cette année, comme les précédentes, nous, bibliothécaires, avons été éblouis par le sens de l’observation, l’imagination mais aussi les talents d’écriture des adolescents. Tous leurs textes nous ont captivés et émus. Nous leur adressons un grand bravo et remercions chacun des auteurs pour nous avoir offert ce plaisir de lecture. Le thème 2017 étant « Héritages », il nous est venu l’envie de citer une réflexion concernant l’idée de transmission :

L’enfant de personne ne devient personne. Il lui faut quelqu’un pour devenir quelqu’un. Un nouveau-né qui n’appartient pas est condamné à mourir ou à mal se développer. Mais un enfant qui appartient est condamné à se laisser façonner par ceux à qui il appartient.

Boris Cyrulnick, psychiatre et psychanalyste français.

Pour voir des photos de la remise des prix et découvrir le nom des lauréats 2017… précipitez-vous sur l’article Concours de nouvelles # 2, la remise des prix  (nouvelle fenêtre) publié sur le blog du CDI du lycée Léonard de Vinci.

Transistions, nouvelles Lycée léonard de Vinci (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) BONUS : en 2016, nous avions aussi assisté à la remise des prix  (Des nouvelles de Léonard 2016) et  le recueil des nouvelles intitulé Transitions : nouvelles (nouvelle fenêtre) est disponible à La Médiathèque.

Bonnes nouvelles 🙂

Un Américain à Paris : rétrospective Cy Twombly à Beaubourg

19 Avr

Il était temps ! Un des plus grands artistes américains, Cy Twombly est exposé depuis janvier au Centre Pompidou à Paris : cet artiste immense reste relativement peu connu en France, et le musée parisien nous offre cette année une magnifique rétrospective de plus de 60 ans de travail. Cy Twombly est pourtant l’un des artistes américains majeurs de la 2ème moitié du XXe. Vous avez  jusqu’au 24 avril 2017 pour le (re)découvrir.

Quels que soient les avatars de la peinture, quels que soient le support et le cadre, c’est toujours la même question : qu’est-ce qui se passe là ? […] Roland Barthes *.

Mort en 2011, Cy Twombly a traversé le siècle précédent avec une singularité et une originalité constantes, navigant entre et avec les courants artistiques majeurs : expressionnisme abstrait, Action painting, minimalisme, conceptualisme, Pop art et abstraction pure… Il est aussi l’un des plus européens des Américains (il a vécu en Europe la plus grande partie de sa vie), ce qui lui a valu quelques critiques outre-Atlantique. Son œuvre étonne (et rebute parfois) par son apparent hermétisme, par la scripturalité de ses œuvres et par ses formats monumentaux.  Mais on retiendra de ce grand artiste sa recherche permanente sur le sens profond de son œuvre : sa volonté d’écrire/décrire et de faire voir les choses.

Vidéo teaser de l'exposition Cy Twombly du 30 novembre 2016 au 24 avril 2017 (nouvelle fenêtre)

© Centre Pompidou 2016 / Cy Twombly Foundation

Peintre lettré et pétri de culture classique, il se choisit pour prénom Cy, un surnom très populaire aux États-Unis, rendant ainsi hommage à son père et au célèbre joueur de baseball du début XXe, Cy Young. Très jeune, il se passionne pour le dessin et la peinture, mais aussi pour la mythologie, la littérature, notamment gréco-romaine (son père est lui-même féru de grec et de latin) et la poésie (Mallarmé, Rilke, Keats). Son éducation artistique se fera dans le Sud des États-Unis dont il est originaire, puis à Boston, avant qu’il n’intègre la célèbre Art Students League of New York.

Grâce à sa formation, l’artiste maitrise parfaitement les techniques du dessin et de la peinture, mais aussitôt après les avoir acquis, il cherchera à s’en détacher et à désapprendre pour en quelque sorte se construire un nouveau langage artistique. À ce sujet, une anecdote raconte, que parmi ses multiples recherches pour y parvenir, il s’entrainait à peindre dans le noir, ou de la main gauche ou les yeux bandés…

Au début de sa carrière, ses peintures, déjà de grand format, sont dans un premier temps très sombres,  avant de prendre une couleur blanchâtre. D’aspect crème un peu pâteux et émaillée de signes, dessins, ratures et gribouillis, la toile semble alors recouverte d’un apprêt nacré sous lequel on devine une autre couche de vie picturale, comme un sous-texte mystérieux. À la surface, de ci de là des mots apparaissent, la plupart indéchiffrables, accompagnés de mini-dessins ou figures symboliques, posés sur la toile comme des notes en coin de page ou des listes de signes codés.

Twombly est à la recherche d’un nouveau vocabulaire pictural, quelque chose d’inédit mais aussi d’une nouvelle graphie. Taches, griffures, coulures, jetés, lettres, nom propres, vide, narration, titre et cycle en seront l’alphabet toute sa vie.

À propos de la personne : vidéo « Cy Twombly, parcours d’exposition » par Jonas Storsve. WildBox Productions (Réalisateur). © Centre Pompidou 2016.

Un artiste en recherche d’un nouveau langage

Aujourd’hui encore, les œuvres de la première salle de l’exposition pourront surprendre le visiteur. Pourtant, nous avons vu Basquiat et ses successeurs plus ou moins novateurs, et le graffiti a pris ses lettres de noblesse avant d’entrer victorieusement au musée. Mais si en 2017, on entend encore des commentaires moqueurs, on imagine sans mal combien les œuvres de Twombly ont pu déplaire en 1950… Ainsi, à l’aube d’un pop art d’apparence plus accessible que les peintures/écritures de Twombly, les critiques des années 50 ont été virulentes.

Malgré l’incompréhension du public et les refus des galeries, le jeune Twombly n’abandonne pas son objectif, creusant et fouillant sa manière de faire jusqu’à trouver son identité artistique propre. Mais peut-être la mauvaise réception de ses premiers travaux explique-t-elle les divers « fuck »  que l’on peut lire sur les toiles de cette époque 🙂

Quand on pense à la culture classique de Twombly, on ne peut s’empêcher de rapprocher les peintures de cette époque des graffitis et petits dessins plus ou moins grivois sur les forums romains et les murs de Pompéi.

D’autant plus qu’à cette époque, Twombly commence à voyager, ce qu’il fera toute sa vie. Grâce à une bourse, il découvre le vieux continent et fait son tour d’Europe dans la plus pure tradition des artistes de la Renaissance. Ses premiers voyages se feront en compagnie de Robert Rauschenberg, dont les photos rendent compte de certains travaux disparus de Twombly.

Curieux et talentueux, Twombly pratique lui aussi à la photographie, et ses photos s’organisent en composition, jeux d’espace et de lumière extrêmement construits.

Une exposition chronologique par séries

Première rétrospective de Cy Twombly en France (seuls des dessins avaient été montrés en 2004 : 50 années de dessins Cy Twombly sur le site du Centre Pompidou-nouvelle fenêtre), l’exposition de 2017 rassemble plus de 140 œuvres et s’articule de façon chronologique autour de ses grandes séries ou cycles de peintures, une façon de peindre que l’artiste a utilisée toute sa vie. Une salle a même été aménagée spécialement pour la série Fifty Days at Iliam (Philadelphia Muséum of Art, site en anglais – nouvelle fenêtre), déplacée de façon exceptionnelle à Paris. Entre les peintures, la scénographie conçue par les commissaires de l’expo intercale judicieusement photographies, travaux de recherche et sculptures. Ces dernières ont été regroupées sur un podium en longueur d’où le visiteur peut les embrasser d’un seul regard avec en toile de fond les toits de Paris.

Il est intéressant de voir que Twombly peint, avec la manière qui lui est propre, en cycles et séquences, se rapprochant ainsi de la réflexion de ses contemporains du Pop art qui, au même moment, creusent les notions de série et de reproduction issus de la société de consommation en plein essor, quand lui va chercher sa source dans  l’intemporalité et l’universalité des mythes antiques.

N’en déduisons pas pour autant qu’il vivait en marge de son temps, politique ou artistique. Il suffit de regarder sa série Nine Discourses on Commodus 1963 (appartenant au Musée Gugghenheim de Bilbao – nouvelle fenêtre) pour faire le parallèle avec la dramatique actualité des États-Unis fin 1963. Devant une des dernières toiles de cette série, on ne peut pas ne pas penser au tailleur rose éclaboussé de Jackie Kennedy et devant ces coulures et rouges empâtés, on pense à Francis Bacon et ses séries de papes ou son bœuf écorché…

Mais, en plein pop art et mimimalisme, cette série de Twombly a heurté dès sa 1ère présentation (1964) à New-York chez le galeriste Leo Castelli. Sa peinture, vue comme celle d’un dandy trop européen, a alors été très critiquée par le milieu artistique :

Double-page de l’article « Roman classic surprise  » de Valentine Lawford (Vogue US -1966) : Cy Twombly et sa femme dans leur palazzo romain.

On le dit trop chic, trop sophistiqué, en un mot, trop éloigné de l’idée que l’Amérique se fait d’un artiste américain.

écrit Jonas Storve, le commissaire de l’ exposition de Paris dans sa présentation (nouvelle fenêtre).

Aujourd’hui, on voit sur les photos un homme élégant, un peu nonchalant mais dont le regard vif traduit le bouillonnement intellectuel perpétuel. On sait en effet qu’il passait beaucoup de temps à réfléchir et concevoir ses œuvres, étant en ceci très conceptuel (bien qu’il n’ait jamais aimé être assimilé à tel ou tel mouvement). Il aurait lui-même confié que parfois l’exécution de ses oeuvres lui demandaient moins de temps que leur  maturation .

Précisons que Twombly, depuis la fin des années 50, s’était installé en Italie dans un authentique palais romain après avoir épousé l’ héritière d’une grande famille italienne, ce qui lui permettait de se consacrer pleinement à son art, mais aussi de donner libre cours à ses passions, notamment la collection d’antiques, la Méditerranée et les voyages.

Les dernières salles montrent les ultimes toiles de Twombly, de plus en plus gigantesques et colorées, avec un détour par des toiles presque japonisantes évoquant les recherches de Monet. La série Coronation of Sesostris (2000) frappe par sa lumière avec notamment cette barque de Pharaon traversant le Nil qui rappelle les couleurs de Turner.

Presque décoratives, les toutes dernières œuvres semblent finalement les plus accessibles, comme si Twombly avait trouvé son langage, unique, simple, détaché, paisible et universel, concluant ainsi avec majesté le travail d’une vie.

Pour compléter/anticiper la visite de l’exposition

Inauguré en mars 2010, le plafond de la salle des bronzes commandé par Le Louvre à l’artiste américain Cy Twombly. Maître d’œuvre : Wela productions.

  • Il faut absolument aller voir le plafond de la salle des bronzes grecs au Louvre, avec ce bleu très italien dont le très discret Twombly dira :

C’est vrai, j’ai peu utilisé le bleu, hormis ma dernière série exposée à Athènes. Pour moi, ce n’est pas le bleu de la Grèce, ni du ciel, ni de la mer. C’est le bleu de la peinture, le bleu de Giotto que j’ai recherché, un bleu simple et plein, entre cobalt et le lapis-lazuli…

propos confié à  Valérie Duponchelle le jour de l’inauguration et extrait de l’article L’été grec de Cy Twombly sur Le Figaro.Fr du 24/03/2010 (nouvelle fenêtre).

Et maintenant… c’est à vous

Si ce n’est déjà fait, bloquez une date dans votre agenda : il vous reste quelques jours pour voir cette expo unique. Tous les détails pratique sont sur la billetterie du site du centre Pompidou (nouvelle fenêtre).

*extrait de La sagesse de l’art de Roland Barthes, écrit pour le catalogue du Withney Museum (NY) en 1979.

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Envie de se faire une expo photo ?

5 Avr

Vous aimez la photo ? Cela tombe bien, nous aussi. Voici une liste non exhaustive des expositions de 2017 consacrées au huitième art à Paris :

L’exposition Eli Lotar (1905-1969) du 14 février 2017 au 28 mai 2017 au Jeu de Paume (nouvelle fenêtre)

Éli Lotar, Eliazar Lotar Teodorescu de son nom d’état-civil, est un photographe français d’origine roumaine, né le 30 janvier 1905 dans le 18e arrondissement de Paris, ville où il est mort le 10 mai 1969. En 1926, il rencontre la photographe allemande Germaine Krull (nouvelle fenêtre) dont il deviendra l’assistant puis le compagnon pendant trois ans et qui lui apprendra la technique photographique. Avec elle, il publiera dans des revues prestigieuses telle que Vue, Jazz, Arts et Métiers Graphiques. L’œuvre d’Eli Lotar se rapproche des dadaïstes, des surréalistes. De ce point de vue, il applique le procédé de la « Nouvelle Vision », courant photographique qui au sujet cadré, centré, lui préfère la plongée, la contre-plongée, le jeux des angles etc. Il sera d’ailleurs chef-opérateur de Luis Bunuel, mais s’inscrit également dans la tradition du reportage documentaire, notamment avec la réalisation d’une série de photos aux Abattoirs d’Aubervilliers. Eli Lotar est également connu pour une série de portraits, notamment celui du sculpteur Giacometti.

Le catalogue de l’exposition, Eli Lotar de Damarice Amao, Clément Chéroux, Pia Viewing, une coédition Jeu de paume/Libella/Centre Pompidou sera bientôt disponible à La Médiathèque.

L’exposition Autophoto, du 20 avril 2017 au 24 septembre 2017, à la Fondation Cartier pour l’Art contemporain (nouvelle fenêtre).

Cette exposition rassemble plus de 400 photographies consacrée à la relation entre la photographie et l’automobile. Comment la voiture a transformé le paysage urbain ? Comment la voiture a influencé les photographes ? Avec notamment Jacques-Henri Lartigues, Ed Ruscha, Lee Friedlander, Jacqueline Hassink et bien d’autres.

Le catalogue de l’exposition, Autophoto de Simon Baker, Clément Chéroux, Marc Desportes, une coédition Fondation Cartier pour l’Art contemporain/Xavier Barral sera bientôt disponible à La Médiathèque.

L’exposition Walker Evans (1903-1975) au Centre Pompidou (nouvelle fenêtre) du 26 avril 2017 au 14 août 2017

Un itinéraire singulier que celui de Walker Evans, photographe américain qui se destinait à être écrivain, et qui prit des cours de littérature française à La Sorbonne en 1926.
Walker Evans s’est surtout fait connaître pour ses photos de la Grande Dépression (nouvelle fenêtre) prises dans le cadre de la mission de la Farm Security Administration (nouvelle fenêtre), entre 1935 et 1937. Il s’agit de l’un des programmes du New Deal mis en place par Roosevelt, sous forme de subventions pour aider les paysans. Les photographes sont donc là pour rendre compte de la réalité de leurs vies. Comme le signale Anne Bertrand dans la revue Vacarme du 14 octobre 2007, consacré à l’histoire de la photographie américaine (nouvelle fenêtre) :

Chacun pourra trouver chez Evans ce qu’il cherche. Lui seul a réuni, dans l’histoire de la photographie américaine, un corpus d’une telle ampleur et d’une telle diversité.

Pour en savoir plus sur Walker Evans, Liseur vous invite  à consulter un extrait de Une intervention récalcitrante. Les pages de Walker Evans de David Campany, dans la revue Etudes Photographiques, du 27 mai 2011 (nouvelle fenêtre).

Quelques photos ci-dessous de ce grand photographe.

Le catalogue de l’exposition, Walker Evans de Clément Chéroux édité par la BPI du Centre Pompidou sera bientôt disponible à La Médiathèque.

Jury du Prix des lecteurs de Levallois 2017, mission accomplie !

14 Mar

Dimanche 26 février 2017, notre intrépide jury s’est réuni pour la dernière fois, au pied de la scène sur laquelle a été remis le Prix des Lecteurs de Levallois 2017.  « Un élu, huit gagnants », a rappelé en introduction la journaliste Karine Papillaud devant une salle comble, avant de présenter chacun des 9 romanciers sélectionnés pour le prix 2017.  Puis, au terme d’un suspense sans pitié :-), le nom du lauréat a été dévoilé par Yasmina Khadra, président de la 6ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois : Jean-François Roseau pour son roman, La chute d’Icare, publié aux éditions de Fallois.

Mais revenons sur les minutes qui ont précédé l’annonce du lauréat 2017. Au premier rang face à la scène, sont assis 12 jurés, le visage grave, le regard attentif, conscients de l’importance de la mission qu’ils ont menée pendant des mois et dont le point d’orgue est le « couronnement » du livre élu (et de son auteur) aujourd’hui.

Sur le podium, Sophie Perrusson, directrice adjointe de l’Action culturelle de la Ville,  rappelle le rôle de La Médiathèque dans l’organisation du Prix des Lecteurs de Levallois et dans l’accompagnement de ce jury  tout au long du processus, des premières discussions post-lecture au vote final. Puis les neuf auteurs sont appelés sur scène et s’installent en arc de cercle face au public. Sourires, bras croisés ou mains dans les poches, tous semblent sereins, mais on a du mal à imaginer que ne se cache pas là-dessous un peu d’émotion ou d’impatience avant l’annonce du résultat… Quant à nos 12 jurés, ils continuent à veiller d’un œil tendre et admiratif sur ces 9 auteurs, qu’ils ont lus, aimés, critiqués, encensés et défendus. Et parmi lesquels ils ont, au terme d’un scrutin riche en surprises,  élu un vainqueur…

photos-remise-des-prix-selectionnes-prix-des-lecteurs-de-levallois-2017 (Flickr Ville de Levallois-nouvelle fenêtre)

Toutes les photos du Salon du Roman Historique de Levallois sont à retrouver sur Flickr (Service photo de la Ville de Levallois)

– Vous n’êtes pas dans l’ordre de mes petites fiches, plaisante la journaliste.

Neuf romanciers, neuf romans

Frédéric Gros commence avec Possédées, qu’il décrit comme « un roman sur une  intensité historique », soit l’histoire d’une machinerie judicaire très compliquée autour d’une possession à l’époque de la contre-réforme. Françoise Cloarec explique que dans L’indolente qui raconte l’histoire d’un couple, Pierre et Marthe Bonnard, elle a « entrecoupé ce livre de scènes où [elle] invente,  un moyen de dire ce qui se passait entre eux et de ne pas dénaturer leur histoire ». Niels Labuzan explique que Cartographie de l’oubli est « un roman sur l’Histoire et sur comment on la raconte » mais c’est aussi un premier roman qui mêle le thème métaphysique de l’oubli au récit de la colonisation du Sud-Ouest africain par l’Allemagne. Vient ensuite Michel Bernard avec Les deux remords de Claude Monet, « un livre parti d’une intuition », explique-t-il, selon laquelle Monet aurait eu deux remords, ce qui donnait le cadre dramatique du roman. Jean-Paul Delfino, quant à lui, est parti d’un fait historique pour écrire Les pêcheurs d’étoiles, racontant une nuit de soûlographie salutaire où ses héros Satie et Cendrars arpentent le Paris des années 20. Yannick Grannec présente ensuite Le bal mécanique, son deuxième roman qui, dit-elle avec un sourire,  » pour faire prétentieux, est une course à la modernité sur un siècle », mais qui est avant tout une histoire de famille et de quête des origines.

Elle passe ensuite le micro à son voisin qui n’est autre que le lauréat, Jean-François Roseau.

Précisons ici qu’à ce stade du déroulé de la cérémonie de remise du prix, seuls quelques happy fews connaissent le résultat du scrutin, dont évidemment nos 12 jurés qui ont gardé le secret des délibérations depuis  leur dernière rencontre. Sur leurs visages impassibles, aucun indice ou tressaillement particulier : le silence total sur le résultat fait partie des clauses de leur mission et nos jurés ont montré depuis la première seconde qu’ils ont à coeur de tenir leurs engagements…

Jean-François Roseau prend  la parole : La Chute d’Icare est son deuxième roman. Mais si le livre est né d’un souvenir personnel puisque c’est son grand-père qui, le premier, lui a parlé de ce fameux Albert Préziosi, le jeune auteur nous dit :

La chance d’un écrivain quand il s’attaque à un roman historique, c’est qu’il y a énormément de brèches dans les personnages.

Éric Faye poursuit avec  Éclipses japonaises, une histoire de Japonais, plaisante-t-il mais surtout « une histoire de disparitions, une affaire qui a eu lieu entre les années 70 et maintenant… », laissant en bon romancier planer le mystère sur des énigmes non résolues et des disparitions encore possibles… Négar Djavadi terminera ce tour de scène en expliquant la genèse de Désorientale : un livre né de « l’envie de raconter une histoire, de raconter une saga familiale dans cet Iran assez méconnu qui est celui des années 70, 60 et auparavant… »

Et le gagnant est …

Tandis que les auteurs regagnent leurs places, la représentante du jury 2017, accompagnée et couvée du regard par ses confrères et consoeurs jurés, monte alors sur scène et parle de leur aventure commune, avec ses découvertes, ses péripéties et ses retournements. Bref la vie d’un jury…  Il y a eu des cris et des larmes ? Presque… admet-elle, ce que vous n’aviez certainement pas manqué de constater en lisant la saga de leurs aventures sur Liseur.

On ne s’y attend pas mais chacun a envie de porter son coup de coeur, de le défendre jusqu’au bout. Et tout ca dans une très bonne entente.

Sur scène, notre jurée est entourée de Stéphane Decreps, adjoint au maire à la culture de la Ville de Levallois et de l’écrivain Yasmina Khadra. Le premier insiste sur la place privilégiée faite au livres et aux auteurs à Levallois parce que « c’est sur le travail que font tous les auteurs que se façonnent l’esprit et la réflexion, bases de la démocratie ».  Le président de cette 6eme édition du salon ironise sur la fonction et le caractère parfois inamovible de la fonction présidentielle mais il redevient sérieux quand il évoque  « cette grande communauté de lecteurs et d’écrivains, la plus belle des familles ».

À la question, un prix de lecteurs, c’est important, l’écrivain répond :

On aime un livre parce qu’il nous touche un peu plus qu’un autre et je trouve que le lecteur est toujours sincère, il va vers ce qui est beau et juste. Et c’est ce qui l’honore.

Puis l’écrivain s’avance vers les livres, sa main plane un moment au-dessus des neuf ouvrages sélectionnés, tenant le public en haleine.

– Où est-ce qu’il est d’abord ce livre ? Il n’est pas là, plaisante-t-il, jouant sur la tension de ce moment de pré-révélation…

Quelques cœurs sont en suspens avant qu’il finisse par saisir le lauréat (l’ouvrage pas l’homme !:-) en le tendant à bout de bras :

– Le voici, et je m’excuse pour les autres,

Jean-François Roseau avec son roman La Chute d'Icare Prix des lecteurs de Levallois 2017Jean-François Roseau remonte alors sur scène, accompagné d’applaudissements. Il serre la main des officiels, il sourit, il remercie avant de se voir récompensé d’un chèque de 2000 euros, dotation offerte par le partenaire du salon, la société So Ouest.

Il semble ému, « merci infiniment », il évoque la sincérité des lecteurs, avant de parler de son prochain roman, celui auquel il travaille déjà.La chute d'Icare de Jean-François Roseau (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Après de nouveaux applaudissements, la salle se vide. Jean-François Roseau va aller signer des dédicaces sur des livres désormais auréolés d’un bandeau jaune Prix des lecteurs de Levallois 2017.

La fin d’une aventure collective

Les jurés se séparent, la plupart vont aller à la rencontre des auteurs qu’ils ont lu et de tous ceux qu’ils veulent découvrir, nul doute qu’ils sauront parler de leur plaisir de lecteurs à chacun des auteurs de la sélection et sous le sceau du secret, peut-être leur confieront-ils :

Vous étiez mon préféré…

Nous voici donc parvenus au terme de cette fascinante aventure dont les héros, 12 jurés et 9 romans ont, le temps d’une saison, mis le roman historique à l’honneur. Merci à ce jury 2017, qui, comme ceux des précédentes années, nous a émerveillé par sa qualité d’écoute, de dialogue, d’analyse, mais aussi par sa générosité, sa complicité, sa sincérité et sa totale implication en littérature. Toutes nos félicitations et notre admiration vont évidemment à Jean-François Roseau ainsi qu’aux huits autres romanciers sélectionnés : grâce à eux tous, nous avons vécu des moments historiques et mémorables avec le jury 2017.

Comme le veut la tradition de cette saga du Prix des lecteurs de Levallois, le mot de la fin revient aux jurés. Voici ce qu’ils avaient dit, il y a quelques mois,  du roman primé :

Une très belle surprise

Nul doute que cette expression s’applique à chacun des neufs romans de la sélection 2017  !

Liseur remercie tout particulièrement les 12 jurés 2017 pour leur participation active à la réalisation et à la production de la saison 3* de la saga du Jury du Prix des Lecteurs de Levallois  : inspiration, mise en scène, dialogues, décors et costumes 🙂

* Saisons précédentes  en 2015 et 2016.

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