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Jury du Prix des lecteurs de Levallois 2017, mission accomplie !

14 Mar

Dimanche 26 février 2017, notre intrépide jury s’est réuni pour la dernière fois, au pied de la scène sur laquelle a été remis le Prix des Lecteurs de Levallois 2017.  « Un élu, huit gagnants », a rappelé en introduction la journaliste Karine Papillaud devant une salle comble, avant de présenter chacun des 9 romanciers sélectionnés pour le prix 2017.  Puis, au terme d’un suspense sans pitié :-), le nom du lauréat a été dévoilé par Yasmina Khadra, président de la 6ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois : Jean-François Roseau pour son roman, La chute d’Icare, publié aux éditions de Fallois.

Mais revenons sur les minutes qui ont précédé l’annonce du lauréat 2017. Au premier rang face à la scène, sont assis 12 jurés, le visage grave, le regard attentif, conscients de l’importance de la mission qu’ils ont menée pendant des mois et dont le point d’orgue est le « couronnement » du livre élu (et de son auteur) aujourd’hui.

Sur le podium, Sophie Perrusson, directrice adjointe de l’Action culturelle de la Ville,  rappelle le rôle de La Médiathèque dans l’organisation du Prix des Lecteurs de Levallois et dans l’accompagnement de ce jury  tout au long du processus, des premières discussions post-lecture au vote final. Puis les neuf auteurs sont appelés sur scène et s’installent en arc de cercle face au public. Sourires, bras croisés ou mains dans les poches, tous semblent sereins, mais on a du mal à imaginer que ne se cache pas là-dessous un peu d’émotion ou d’impatience avant l’annonce du résultat… Quant à nos 12 jurés, ils continuent à veiller d’un œil tendre et admiratif sur ces 9 auteurs, qu’ils ont lus, aimés, critiqués, encensés et défendus. Et parmi lesquels ils ont, au terme d’un scrutin riche en surprises,  élu un vainqueur…

photos-remise-des-prix-selectionnes-prix-des-lecteurs-de-levallois-2017 (Flickr Ville de Levallois-nouvelle fenêtre)

Toutes les photos du Salon du Roman Historique de Levallois sont à retrouver sur Flickr (Service photo de la Ville de Levallois)

– Vous n’êtes pas dans l’ordre de mes petites fiches, plaisante la journaliste.

Neuf romanciers, neuf romans

Frédéric Gros commence avec Possédées, qu’il décrit comme « un roman sur une  intensité historique », soit l’histoire d’une machinerie judicaire très compliquée autour d’une possession à l’époque de la contre-réforme. Françoise Cloarec explique que dans L’indolente qui raconte l’histoire d’un couple, Pierre et Marthe Bonnard, elle a « entrecoupé ce livre de scènes où [elle] invente,  un moyen de dire ce qui se passait entre eux et de ne pas dénaturer leur histoire ». Niels Labuzan explique que Cartographie de l’oubli est « un roman sur l’Histoire et sur comment on la raconte » mais c’est aussi un premier roman qui mêle le thème métaphysique de l’oubli au récit de la colonisation du Sud-Ouest africain par l’Allemagne. Vient ensuite Michel Bernard avec Les deux remords de Claude Monet, « un livre parti d’une intuition », explique-t-il, selon laquelle Monet aurait eu deux remords, ce qui donnait le cadre dramatique du roman. Jean-Paul Delfino, quant à lui, est parti d’un fait historique pour écrire Les pêcheurs d’étoiles, racontant une nuit de soûlographie salutaire où ses héros Satie et Cendrars arpentent le Paris des années 20. Yannick Grannec présente ensuite Le bal mécanique, son deuxième roman qui, dit-elle avec un sourire,  » pour faire prétentieux, est une course à la modernité sur un siècle », mais qui est avant tout une histoire de famille et de quête des origines.

Elle passe ensuite le micro à son voisin qui n’est autre que le lauréat, Jean-François Roseau.

Précisons ici qu’à ce stade du déroulé de la cérémonie de remise du prix, seuls quelques happy fews connaissent le résultat du scrutin, dont évidemment nos 12 jurés qui ont gardé le secret des délibérations depuis  leur dernière rencontre. Sur leurs visages impassibles, aucun indice ou tressaillement particulier : le silence total sur le résultat fait partie des clauses de leur mission et nos jurés ont montré depuis la première seconde qu’ils ont à coeur de tenir leurs engagements…

Jean-François Roseau prend  la parole : La Chute d’Icare est son deuxième roman. Mais si le livre est né d’un souvenir personnel puisque c’est son grand-père qui, le premier, lui a parlé de ce fameux Albert Préziosi, le jeune auteur nous dit :

La chance d’un écrivain quand il s’attaque à un roman historique, c’est qu’il y a énormément de brèches dans les personnages.

Éric Faye poursuit avec  Éclipses japonaises, une histoire de Japonais, plaisante-t-il mais surtout « une histoire de disparitions, une affaire qui a eu lieu entre les années 70 et maintenant… », laissant en bon romancier planer le mystère sur des énigmes non résolues et des disparitions encore possibles… Négar Djavadi terminera ce tour de scène en expliquant la genèse de Désorientale : un livre né de « l’envie de raconter une histoire, de raconter une saga familiale dans cet Iran assez méconnu qui est celui des années 70, 60 et auparavant… »

Et le gagnant est …

Tandis que les auteurs regagnent leurs places, la représentante du jury 2017, accompagnée et couvée du regard par ses confrères et consoeurs jurés, monte alors sur scène et parle de leur aventure commune, avec ses découvertes, ses péripéties et ses retournements. Bref la vie d’un jury…  Il y a eu des cris et des larmes ? Presque… admet-elle, ce que vous n’aviez certainement pas manqué de constater en lisant la saga de leurs aventures sur Liseur.

On ne s’y attend pas mais chacun a envie de porter son coup de coeur, de le défendre jusqu’au bout. Et tout ca dans une très bonne entente.

Sur scène, notre jurée est entourée de Stéphane Decreps, adjoint au maire à la culture de la Ville de Levallois et de l’écrivain Yasmina Khadra. Le premier insiste sur la place privilégiée faite au livres et aux auteurs à Levallois parce que « c’est sur le travail que font tous les auteurs que se façonnent l’esprit et la réflexion, bases de la démocratie ».  Le président de cette 6eme édition du salon ironise sur la fonction et le caractère parfois inamovible de la fonction présidentielle mais il redevient sérieux quand il évoque  « cette grande communauté de lecteurs et d’écrivains, la plus belle des familles ».

À la question, un prix de lecteurs, c’est important, l’écrivain répond :

On aime un livre parce qu’il nous touche un peu plus qu’un autre et je trouve que le lecteur est toujours sincère, il va vers ce qui est beau et juste. Et c’est ce qui l’honore.

Puis l’écrivain s’avance vers les livres, sa main plane un moment au-dessus des neuf ouvrages sélectionnés, tenant le public en haleine.

– Où est-ce qu’il est d’abord ce livre ? Il n’est pas là, plaisante-t-il, jouant sur la tension de ce moment de pré-révélation…

Quelques cœurs sont en suspens avant qu’il finisse par saisir le lauréat (l’ouvrage pas l’homme !:-) en le tendant à bout de bras :

– Le voici, et je m’excuse pour les autres,

Jean-François Roseau avec son roman La Chute d'Icare Prix des lecteurs de Levallois 2017Jean-François Roseau remonte alors sur scène, accompagné d’applaudissements. Il serre la main des officiels, il sourit, il remercie avant de se voir récompensé d’un chèque de 2000 euros, dotation offerte par le partenaire du salon, la société So Ouest.

Il semble ému, « merci infiniment », il évoque la sincérité des lecteurs, avant de parler de son prochain roman, celui auquel il travaille déjà.La chute d'Icare de Jean-François Roseau (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Après de nouveaux applaudissements, la salle se vide. Jean-François Roseau va aller signer des dédicaces sur des livres désormais auréolés d’un bandeau jaune Prix des lecteurs de Levallois 2017.

La fin d’une aventure collective

Les jurés se séparent, la plupart vont aller à la rencontre des auteurs qu’ils ont lu et de tous ceux qu’ils veulent découvrir, nul doute qu’ils sauront parler de leur plaisir de lecteurs à chacun des auteurs de la sélection et sous le sceau du secret, peut-être leur confieront-ils :

Vous étiez mon préféré…

Nous voici donc parvenus au terme de cette fascinante aventure dont les héros, 12 jurés et 9 romans ont, le temps d’une saison, mis le roman historique à l’honneur. Merci à ce jury 2017, qui, comme ceux des précédentes années, nous a émerveillé par sa qualité d’écoute, de dialogue, d’analyse, mais aussi par sa générosité, sa complicité, sa sincérité et sa totale implication en littérature. Toutes nos félicitations et notre admiration vont évidemment à Jean-François Roseau ainsi qu’aux huits autres romanciers sélectionnés : grâce à eux tous, nous avons vécu des moments historiques et mémorables avec le jury 2017.

Comme le veut la tradition de cette saga du Prix des lecteurs de Levallois, le mot de la fin revient aux jurés. Voici ce qu’ils avaient dit, il y a quelques mois,  du roman primé :

Une très belle surprise

Nul doute que cette expression s’applique à chacun des neufs romans de la sélection 2017  !

Liseur remercie tout particulièrement les 12 jurés 2017 pour leur participation active à la réalisation et à la production de la saison 3* de la saga du Jury du Prix des Lecteurs de Levallois  : inspiration, mise en scène, dialogues, décors et costumes 🙂

* Saisons précédentes  en 2015 et 2016.

Bob Dylan Prix Nobel de Littérature 2016

13 Oct

Le prix Nobel 2016 de littérature est tombé : Bob Dylan vient d’être consacré par l’Académie suédoise. Les noms d’Adonis, Philip Roth, Don DeLillo, Joyce Carol Oates, Ngugi wa Thiong’o, Jon Fosse, Elena Ferrante, David Grossman  ou encore Haruki Murakami se murmuraient dans les coulisses du célèbre prix qui a pour objectif depuis 1901 de consacrer l’œuvre remarquable et littéraire d’une vie…  

Depuis lundi dernier, le prix 2016 se place sous le signe de la surprise puisque l’annonce du lauréat, prévue pour le 10 octobre, a été repoussée  à aujourd’hui 13 octobre … ce qui n’a pas manqué de faire jaser dans les chaumières. Mais aujourd’hui, Bob Dylan a été honoré par le prix  « for having created new poetic expressions within the great American song tradition ». Et si d’aucuns s’interrogent sur ce choix… écoutons (enfin lisons 🙂 plutôt le poète chanteur :

« The answer, my friend, is blowin’ in the wind
The answer is blowin’ in the Wind… »

 

Et pour tout savoir de la genèse de Bob Dylan, c’est dans l’article du blog Déclic Musique.

Declic Musique

La nouvelle vient de tomber, l’Académie suédoise du Nobel vient de décerner au chanteur-poète américain ce prestigieux prix.

bob-dylan-machine-ecrire

C’est la première fois dans l’histoire du Nobel de littérature qu’un musicien se voit couronner, tout comme en 2008 lorsqu’il avait reçu le prix Pulitzer. Principalement connu comme chanteur, il a pourtant failli ne jamais connaître le succès. Son premier album sorti en 1962 est un échec commercial mais il décide de prendre comme nom de scène pour relancer sa carrière Bob Dylan, titre de ce premier album, qu’il utilise à nouveau dans le titre de son deuxième disque The Freewheelin’ Bob Dylan. Les textes de ses chansons sont souvent contestataires et pacifistes mais toujours écrits sous forme de poèmes chantés. C’est l’explication donnée par les membres du jury, pour eux Dylan écrit une poésie pour l’oreille. Ils utilisent également des termes musicaux pour justifier leur choix, c’est un sampleur…

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Hors Concours, naissance d’un nouveau prix littéraire

12 Oct

Vous l’avez peut-être appris : un nouveau prix littéraire est né ces jours-ci, auquel nous souhaitons longue vie et succès. Le prix Hors Concours vient ainsi d’annoncer ses 8 romans finalistes pour 2016, leur particularité étant d’être issus de l’édition indépendante.  Volonté que le dernier-né des prix littéraires affiche via son slogan : Le prix de l’édition qui n’a pas de prix.

Car en parallèle des majors de l’édition Galligraseuil (selon l ‘expression qui aurait été inventée par le journaliste Bernard Franck dans les années 80), il existe une foule de petites maisons indépendantes (on en dénombrerait 10 000 dont 5000 actives en France) et dans la multitude des prix littéraires français, il en existe déjà quelques centaines dont 6 se partagent le podium, le haut du panier et le fond du portefeuille… Vous aurez reconnu dans cette catégorie le Goncourt, le Renaudot, le Fémina, le Flore, l’Interallié, le Wepler… etc

Celui qui a souhaité, un jour, embrasser en quelques titres la diversité de l’édition indépendante a sans doute connu une sensation de vertige. Comment plonger sans se noyer dans cette nébuleuse de courants, de titres et d’auteurs aux patronymes souvent inconnus ?

Hors concours

Soucieux d’être « une porte d’entrée » vers cette édition, le Prix Hors Concours s’inspire du modèle classique de prix littéraire tout en proposant une « structuration originale » :  tout d’abord, chaque maison indépendante a été invitée à sélectionner et à proposer un roman de son catalogue dont elle estimait qu’il pourrait être l’élu de l’année. Ainsi en 2016, 80 maisons ont répondu à l’invitation en envoyant un extrait représentatif.

Sur ces 80 extraits, 50 ont été retenus, formant ainsi  une liste mettant à l’honneur ces petites maisons dont les noms fleurent bon l’insolite comme Baker Street, Le verger des Hespérides , La ville brûle, Le bateau ivre ou encore Le bord du Lot. Leur simple énumération en devient un véritable poème ouvrant à la rêverie et à la découverte. Les titres des romans invitent aussi au voyage avec Cinq nuances de pirates, Ce que vit le rouge-gorge, Les terminaisons nerveuses ou encore Tango Loft

Un collectif composé de libraires, bibliothécaires et éditeurs ont lu ces extraits et ont présélectionné 8 titres, dont la liste a été dévoilée le 3 octobre dernier à la SGDL. Ces 8 romans seront lus dans leur intégralité par un jury constitué de journalistes littéraires..

Le prix sera remis le 10 novembre, soit quelques jours après certains de ses grands frères. On ne sait pas encore si un restaurant accueillera les agapes de ce nouveau petit prix mais nous adressons toutes nos félicitations à ses créateurs, ses participants et son futur heureux lauréat.

Voici les 8 finalistes à découvrir très vite dans toute bonne médiathèque et/ou librairie  :

  • Fabien Maréchal, Dernier avis avant démolition (Antidata)
  • Laurence Biberfeld, Ce que vit le rouge-gorge (Au-delà du raisonnable)
  • Gilles Marchand, Une bouche sans personne (Aux forges de Vulcain)
  • Bruno Doucey, Le carnet retrouvé de Monsieur Max (Bruno Doucey)
  • Carl-Keven Korb, Une nuit pleine de dangers et de merveilles (Le chemin de fer)
  • Brahim Metiba, Ma mère et moi (Mauconduit)
  • Benoît-Marie Lecoin, Ringo (Le Murmure)
  • Anna Dubosc, Koumiko (Rue des promenades)

Et les autres…

Les prix traditionnels ont publié leur première, voire deuxième sélection dont voici les listes. Certains romans reviennent de l’une à l’autre…  À vous de faire vos pronostics !

  • prix_goncourtGoncourt

Catherine Cusset L’Autre qu’on adorait (Gallimard)
J-Baptiste Del Amo Règne animal (Gallimard)
Jean-Paul Dubois La Succession (L’Olivier)
Gaël Faye Petit Pays (Grasset)
Frédéric Gros Les Possédées (Albin Michel)
Régis Jauffret Cannibales (Seuil)
Luc Lang Au commencement du septième jour (Stock)
Leila Slimani Chanson Douce (Gallimard)

  • prix-femina_1346Femina

Jean-Baptiste Del Amo Règne animal (Gallimard)
Nathacha Appanah Tropique de la violence (Gallimard)
Gaël Faye Petit pays (Grasset)
Hélène Gestern L’odeur de la forêt (Arléa)
Luc Lang,Au commencement du septième jour (Stock)
Marcus Malte Le garçon (Zulma)
Laurent Mauvignier Continuer (Minuit)
Florence Seyvos La sainte famille (L’Olivier)
Thierry Vila Le cri (Grasset)
Emmanuel Venet Marcher droit, tourner en rond (Verdier)
Eric Vuillard 14 juillet (Actes Sud)

  • prix-de-floreFlore

Boris Bergmann, Déserteur (Calmann-Lévy)
Cédric Gras, Anthracite (Stock)
Joann Sfar, Comment tu parles de ton père (Albin Michel)
Leila Slimani, Chanson douce (Gallimard)
Nina Yargekov, Double nationalité (P.O.L)

  • prix_interallieInterallié

Paul Baldenberger A la place du mort (Les Equateurs)
François Cérésa Poupe (Le Rocher)
Adélaïde de Clermont-Tonnerre Le dernier des nôtres (Grasset)
Catherine Cusset L’autre qu’on adorait (Gallimard)
Jean-Paul Dubois La succession (L’Olivier)
Lionel Duroy L’absente (Julliard)
Gaël Faye Petit pays (Grasset)
Stéphane Hoffmann Un enfant plein d’angoisse et très sage (Albin Michel)
Serge Joncour Repose-toi sur moi (Flammarion)
Leïla Slimani Chanson douce (Gallimard)
Karine Tuil L’insouciance (Gallimard)
Eric Vuillard 14 Juillet (Actes Sud)

  • prix-renaudotRenaudot

Adélaïde de Clermont-Tonnerre Le dernier des nôtres (Grasset)
Gaël Faye Petit pays (Grasset)
Régis Jauffret Cannibales (Seuil)
Serge Joncour Repose-toi sur moi (Flammarion)
Simon Liberati California girls (Grasset)
Laurent Mauvignier Continuer (Minuit)
Yasmina Reza Babylone (Flammarion)
Leila Slimani Chanson douce (Gallimard)

  • prix_medicisMédicis

Nathacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard)

Stéphane Audeguy, Histoire du lion personne (Seuil)

Nicolas Idier, Nouvelle jeunesse (Gallimard)

Ivan Jablonka, Laetitia ou la fin des hommes (Seuil)

Denis Michelis, Le bon fils (Noir sur Blanc)

Céline Minard, Le grand jeu (Rivages)

Arnaud Sagnard, Bronson (Stock)

La saga 2016 du Prix des Lecteurs de Levallois, 5ème épisode, apothéose

15 Avr

Dimanche 10 avril 2016, moment historique au Salon du Roman Historique, puisqu’y a été révélé le titre du roman lauréat du Prix des Lecteurs de Levallois : L’autre Joseph, un roman de Kéthévane Davrichewy. Gardé précieusement depuis dix jours, le secret des délibérations était resté entier jusqu’à l’heure de l’annonce, 15 heures 45.  Et c’est devant une salle comble que Kéthévane Davrichewy a été applaudie et récompensée.

Revenons sur les heures qui ont précédé ce moment : depuis 14 heures, non loin de la salle des mariages où sera remis le prix, 132 auteurs sont réunis dans les salons d’honneur, baignés d’ors, de lustres et de soleil. Parmi ces auteurs, sept sont particulièrement impatients de connaître les résultats… A 15 heures 44, c’est avec dignité, ponctualité et un soupçon d’émotion, m’a-t-il semblé, qu’ils  s’avancent vers la salle des mariages.

Dernier moment de suspense pour les auteurs

Ils vont devoir patienter encore un peu, car le débat précédent s’est étiré jusqu’à déborder de son horaire. Tous attendent, jurés, public, et auteurs. On piaffe poliment devant les portes encore closes. Des discussions s’engagent, peut-être des pronostics 🙂  et quand trois des auteurs sélectionnés se mettent à discuter, on se demande si ils parlent de leur travail respectif, de leur trac peut-être ou de leurs espoirs ?

Les portes s’ouvrent.  Au premier rang, les jurés s’installent, détendus, complices, souriants, seuls détenteurs du secret… De l’autre côté de la travée, les auteurs, attentifs, l’air apparemment serein. Sur l’estrade devant eux, Sophie Perrusson, directrice de La Médiathèque organisatrice du salon,  parle d’aboutissement réussi pour La Médiathèque, qui a eu le plaisir de conduire le Prix des Lecteurs de Levallois tout au long de l’année.

C’est à Adrien Goetz, Président du Salon 2016, que revient la noble tâche de dévoiler le nom du vainqueur de l’année. Le romancier sait ménager le suspense, il souligne d’abord la force et la symbolique d’un prix décerné par des lecteurs, puis il parle d’aventures, de voyages, de politique et d’histoire du siècle, glissant ça et là des indices où l’auteur bientôt primé pourrait se reconnaitre. Enfin il annonce :

Le prix est attribué à Kéthévane Davrichewy pour L’autre Joseph

remise-prix-des-lecteurs-levallois-2016

La remise du Prix des Lecteurs de Levallois le 10 avril 2016


La salle applaudit, le jury sourit, les auteurs félicitent la romancière qui se lève sans défaillir. Précisons ici que, au risque de lui faire avoir une syncope, le gagnant est mis au même régime de surprise que les autres, n’étant ni préparé ni prévenu d’aucune manière, avant que l’annonce officielle ne le déclare lauréat 🙂

Kéthévane Davrichewy sourit, émue, simple, discrète. Elle monte sur scène, dit quelques mots. L’adjoint au Maire délégué à la Culture, Stéphane Decreps, lui adresse ses félicitations avant de lui remettre un chèque au format impressionnant, dotation offerte par la société So Ouest. Une petite pointe d’humour et d’actualité accompagne la remise du chèque, avant que l’élu rappelle l’importance du livre à Levallois, particulièrement mis à l’honneur avec le Salon du Roman Historique et son Prix des Lecteurs.

Le porte-parole des jurés raconte ensuite le processus qui a conduit à ce choix : il explique les motivations, les rencontres, les découvertes, la stimulation, les revirements et les passions. Il insiste sur la difficulté de départager des romans aux qualités littéraires remarquables. Il parle de cette énergie qui a entrainé douze personnes dans cette aventure durant tout un hiver. Bien sûr, il n’y a qu’un seul roman lauréat, mais aujourd’hui, le juré rapporte la sincère admiration du jury pour les sept romans de la sélection et remercie leurs auteurs « pour les moments qu’ils nous ont fait vivre ». Conscient et fier de l’importance de la tâche confiée au jury, il termine son discours sur le mot  « responsabilité ».

Puis les mots de Kéthévane Davrichewy, extraits du roman, résonnent dans la salle, portés par la voix du comédien Boris Terral.

Éloges et félicitations

lautre-joseph-kethevane-davrichewyAvant que vous ne plongiez dans la lecture de L’autre Joseph, voyez ce que nos jurés avaient dit de ce roman dès les premières réunions du jury :

En le lisant on traverse l’Histoire, c’est un roman familial, on voit émerger un pays, une histoire, l’auteur reconstitue un monde de façon extraordinaire, dans un livre comme ça on suit une épopée, on revit cette époque de l’intérieur, j’ai voyagé d’un bout à l’autre de ce livre,  j’ai trouvé très émouvant cette impression d’être avec eux, d’être assis sur les marches avec eux, d’avancer dans la rue à leurs côtés. L’introspection donne le souffle, beaucoup de pudeur, une douleur pudique,  j’en ressors en ayant l’impression d’avoir vécu quelque chose.

C’est un livre qui donne envie d’aller voir ses autres romans. C’est le seul dont j’ai cité une phrase à quelqu’un.

Ici reviennent les notions de partage, de transmission et d’échange qui, à toutes les rencontres du jury, se sont avérées capitales. Ainsi les livres ont été lus, relus, cornés, soulignés, aimés, prêtés, donnés, offerts, commentés en famille ou entre amis, recommandés. Et aujourd’hui dédicacés par leurs auteurs à ces jurés intrépides.

L’autre Joseph est disponible dans toutes les bonnes médiathèques 🙂  ainsi que les précédents romans de Kéthévane Davrichewy, de même que tous les livres sélectionnés pour le prix de cette année.

La saga 2016 se termine ici avec les sincères félicitations de Liseur à l’auteur Kéthévane Davrichewy ainsi que nos compliments aux auteurs sélectionnés pour ce prix, Pierre Adrian, Anne-James Chaton, Pauline-Gaia Laburthe, Antoine de Meaux, Sylvain Pattieu  et Yan Pradeau.

Et enfin tous nos remerciements vont aux douze membres du jury pour leur  implication, leur dynamisme ainsi que pour leur participation active au scénario et aux dialogues des épisodes de cette saga 🙂

À revoir sur Liseur : les épisodes 1, 2 , 3 et 4

Et pour revivre cette journée en images :

En passant

Prix littéraires, les petits derniers

12 Nov
Suite (mais pas encore fin des Prix littéraires 2015), voici toutes fraiches les dernières récompenses littéraires de cet automne : Wepler-Fondation la Poste, Flore et celle du jour, l’Interallié.

 

Pour la petite histoire, Achab avait déjà, le 1er octobre, reçu le prix semi-parodique de la page 111 (attribué sur la seule qualité de cette page précise)  nous rappelle le Monde des Livres du 9 novembre 2015.  Pour ceux qui ignorent l’existence de ce prix facétieux mais sérieux, voici le « manifeste » de ce prix sur Nova Planet.com :  le plus sérieusement absurde des prix littéraires.

 

 

 

 

BONUS : Si vous rêvez de devenir juré de prix littéraire, vous avez jusqu’à samedi 14 novembre pour tenter votre chance au Prix du Roman Historique des lecteurs de Levallois .

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