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Déracinés

10 Oct

D’après la définition du dictionnaire : « Qui a quitté son milieu d’origine, son environnement, son pays. »

À toutes les époques, dans tous les pays, le phénomène de « déracinement » peut être mentionné. Au XVIIe siècle lors du commerce triangulaire, pendant le temps des colonisations, aujourd’hui lors des diasporas et des migrations. Volontaire ou forcé, le déracinement a un impact sur les identités personnelles, participe à la mixité des populations  et peut laisser des séquelles qui sont alors transmises de générations en générations. Les livres décrits dans cet article ont tous en commun de raconter des parcours personnels ou collectifs de déracinement et leurs conséquences.

La traite négrière

Racines, Alex Haley (1976) (nouvelle fenêtre)

racinesGrand classique parmi les romans traitant de l’esclavage, Racines est une épopée familiale sur plusieurs générations. L’histoire débute avec l’enlèvement du jeune Kounta Kinté en Gambie et son déracinement vers l’Amérique en 1767. On plonge dans le récit de cet homme et de ses descendants pendant deux siècles. À travers l’esclavage puis la ségrégation, l’auteur parle de ses origines. C’est une histoire d’héritage, de transmissions culturelles et de coutumes, mêlés à une grande part de l’histoire américaine.

Ce que vous ne saviez peut être pas : Prix Pulitzer en 1977, ce roman a plusieurs fois été remis en question, notamment pour la véracité de son histoire : Alex Haley prétend raconter l’histoire de sa famille, d’autres pensent que ce récit est inventé de toutes pièces. De même, l’auteur aurait reconnu avoir plagié quelques passages du livre de Harold Courlander, The African de 1967.

No home, Yaa Gyasi (2017) (nouvelle fenêtre)

no homeSe rapprochant du roman Racines de Alex Haley, No home retrace également la vie et la descendance de deux enfants, deux sœurs nées dans deux tribus rivales du Ghana. La différence est que le récit de Yaa Gyasi se sépare en deux destinées distinctes : l’une des fillettes est enfermée pour être vendue comme esclave, elle est donc emmenée aux États-Unis et la seconde fillette reste au Ghana et épouse un marchand d’esclaves anglais.

Des deux côtés de l’Atlantique on peut suivre et découvrir l’évolution d’une famille qui d’un côté côtoie et participe au commerce d’esclave et de l’autre tente de s’en échapper pour retrouver la liberté. C’est également deux cultures qui évoluent différemment, des habitudes qui se créées en fonction du lieu où l’on habite et pas forcément du lieu d’où l’on vient.

L’anecdote : Le titre original en anglais est Homegoing, qui signifie « rentrer à la maison », soit l’opposé du titre choisi par l’éditeur français : No Home, qui signifie « pas de maison ».

Washington black, Esi Edugyan (2019) (nouvelle fenêtre)

washington blackNotre troisième et plus récent roman sur la traite négrière et le déracinement outre-Atlantique : Washington Black. Washington Black c’est le nom de cet enfant noir qui travaille dans une plantation de canne à sucre de la Barbade en 1818. Il n’a pas été enlevé ou transporté en bateau, il est né dans la plantation. Pourtant on sent tout au long du roman qu’il cherche désespérément l’endroit d’où il vient, l’endroit où il se sentirait chez lui. On voyage donc avec lui vers le Grand-Nord, l’Angleterre ou encore le Maroc. Plus qu’un lieu, c’est une identité qu’il recherche, une famille à laquelle s’attacher et la sensation d’être aimé par quelqu’un.

L’info en + : C’est le troisième roman de l’auteur, Esi Edugyan, et son deuxième prix Giller. Le premier lui ayant été attribué pour 3 minutes 33 secondes.

Pocahontas et Minik

Pocahontas

73d38865fa271a6de966546d5bac86af--american-women-american-indiansL’histoire de Pocahontas est peut-être la plus connue, grâce notamment aux chers studios Disney qui en ont réalisé une adaptation en 1995. Mais c’est aussi une histoire vraie qui commence en 1607, date à laquelle les colons anglais fondent la nouvelle colonie de Jamestown dans le Nouveau Monde. S’appropriant les terres des tribus présentent sur le continent, les colons anglais ne tardent pas à entrer en confrontation avec les Amérindiens pour des questions de territoire. Baptisée puis mariée à un Anglais, Pocahontas est attirée par la culture de ces « hommes blancs » et par le christianisme, ce qui l’éloigne de sa tribu. Pourtant lors de son voyage à Londres, toutes les adaptations s’accordent à nous faire ressentir ce malaise, ce désarroi qu’elle pourrait ressentir face à ce monde civilisé, trop codifié et étouffant.

Plusieurs hypothèses entourent la légende de Pocahontas :

– Sa relation avec John Smith : pratiquement toutes les adaptations la mentionnent. Certaines comme une histoire d’amour, d’autres comme une histoire d’amitié. Les sources s’accordent à dire que Pocahontas aurait sauvé la vie de John Smith au moins une fois.

– Son nom de naissance serait « Matoaka » et sa tribu l’aurait surnommée « Pocahontas » qui signifie « petite dévergondée » à cause de son espièglerie étant enfant.

– Enlevée en 1613, elle aurait demeurée plus d’un an dans une colonie anglaise où elle aurait été baptisée et se serait mariée avec John Rolfe. Elle aurait alors pris le nom de Rebecca Rolfe.

– En 1616 elle aurait voyagé vers l’Angleterre accompagnée de onze autres powahtans pour montrer à la cour de Londres que les Amérindiens n’étaient pas une menace pour les Anglais. C’est à son retour qu’elle serait tombée malade (à cause de la pollution de Londres), tuberculose ou pneumonie, et cela lui aurait été fatal. Elle est alors âgée de 22 ans.

Les adaptations à lire ou à voir :

– La bande-dessinée de Loïc Locatelli et Kournwsky, Pocahontas – La princesse du nouveau monde (nouvelle fenêtre), une histoire séparée en trois actes : « Matoaka » « Pocahontas » et « Rebecca ». La dernière partie représentant bien la dualité des sentiments de Pocahontas entre un Londres fait de parures et de faux-semblants et une Amérique sauvage et libre.

– Le film réalisé par Terrence Malik, Le Nouveau Monde (2005) (nouvelle fenêtre). L’histoire est beaucoup plus centrée sur la relation entre Pocahontas et John Smith.

– Le livre de Nicole Bacharan, Good morning America : ceux qui ont inventé l’Amérique (nouvelle fenêtre). Elle dédie son premier chapitre à Pocahontas et tente de rester le plus fidèle possible à l’Histoire.

Minik

Groenland Manhattan , Chloé Cruchaudet (2008) – BD (nouvelle fenêtre)

groenland manhattanEn 1897, l’explorateur américain Robert Peary fait des excursions au Groenland dans le but d’atteindre le Pôle. Lors d’une expédition, il décide d’emmener avec lui à New York une famille d’esquimaux. Chloé Cruchaudet met en images le récit de Minik, cet enfant esquimau emmené en Amérique comme trophée, qui grandit auprès d’une famille américaine après la mort de son père. Le squelette de ce dernier est exposé au Museum d’Histoire naturelle et Minik tente de le récupérer pour pouvoir l’enterrer dignement et rentrer chez lui. Tiré d’une histoire vraie, ce récit traite du déracinement des populations dans un but lucratif. Finalement Minik ne se sent pas américain et pourtant quand il rentre chez lui il s’y sent également comme un étranger.minik

Pour en savoir plus : Ken Harper mène une enquête en 1980 sur le parcours de Minik, devenu tour à tour curiosité scientifique, bête de foire et, passé cet engouement, homme dépersonnalisé, pas tout à fait américain, ni esquimau. Retrouvez son livre Minik, l’esquimau déraciné à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Les colonisations 

Terra Australis, Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloux (2013) – BD (nouvelle fenêtre)

terra australisUn pavé de presque deux kilos pour conter l’histoire des bagnards d’Angleterre déportés en Australie qui s’appelait en 1784 « La Terre du Sud ». Comme pour toutes les histoires de colonisation, la rencontre avec les peuples originaires de cette Terra incognita ne se fait pas toujours en douceur. Ceux qui décident de ces voyages pensent en termes de territoire, de conquête et de rivalités, alors que les mille cinq cent prisonniers envoyés de force coloniser cette terre doivent s’adapter au climat, inventer un nouveau mode de vie et finalement, essayer de se sentir chez eux en gardant dans le cœur l’espoir de retrouver un jour leur patrie d’origine.

Florida, Jean Dytar (2018) – BD (nouvelle fenêtre)

floridaC’est au XVIe siècle que le projet de coloniser la Floride germe au sein de la communauté française des Huguenots.  Moins de deux cents hommes partent vers ce nouveau monde pour fuir les persécutions religieuses, dont notre personnage principal : Jacques Le Moyne, cartographe. Sur place, il faut faire face à la nature parfois hostile, au manque de ravitaillement, à la présence d’autres peuples et aux rivalités avec les autres pays européens colonisateurs. Une volonté de s’enraciner autre part, un espoir d’y être plus heureux peut-être, et finalement un retour à la réalité plus brutal.

D’autres idées de lecture

Pour nous faire part de vos lectures et nous conseiller d’autres romans, vous pouvez laisser vos avis sur le site de La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

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Quels romans mettre dans vos valises pour l’été 2019 ?

8 Juil

Comme chaque année, le temps des grandes vacances revient et par la même occasion celui de choisir les lectures qui jalonneront vos farnientes estivaux, vos voyages ou randonnées ! Après Quels romans mettre dans vos valises en 2017 et en 2018, les bibliothécaires de La Médiathèque vous proposent pour vous guider une nouvelle fois une sélection de romans à glisser dans votre sac à main, à dos ou de plage.

 

La présentation de J’entends des regards que vous croyez muets aux éditions Verticales par Arnaud Cathrine.

 

L’avis d’Alex sur livresforfun sur overblog.com : «Le moins que l’on puisse dire est que Rue du Dragon couché est un polar totalement dépaysant à plus d’un titre». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Les avis du Masque et la Plume sur France Inter : « Un livre sur le désœuvrement de la jeunesse dans l’Est de la France, écrit à coup de cliffhangers… et surtout extrêmement vivant et drôle !  » A écouter sur France Inter.

 

 

L’avis d’Isabelle sur le site de La Médiathèque de Levallois : « la magie de ce roman doit beaucoup à sa forme qui oscille entre recueil de nouvelles et roman choral […]». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Lucie sur le blog Abracadabra books : « »Le roman sensuel et envoûtant de l’été… Si je devais faire une comparaison, je dirais que Cape May est un savoureux mélange de Gatsby le Magnifique et des Liaisons Dangereuses. » Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de FranBlan (77 ans) sur le site Critiques libres : « Une formidable comédie humaine à l’anglaise, ponctuée du légendaire flegme britannique ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis du blog Les livres de George : « j’ai adoré ce roman à la fois pour sa valeur romanesque voire feuilletonnesque, mais aussi pour cette réflexion à la fois sur la condition féminine et sur la lecture. Un grand roman donc, qui me donne très envie de découvrir d’autres romans de cette auteure.» Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Brice Matthieussent dans l’émission John Fante, une soif de revanche (1909-1983) diffusée le 23/02/2019 sur France culture : « Un écrivain dont «  l’œuvre littéraire a été un décalque aussi fidèle de l’existence de l’auteur ». A écouter sur France Culture.

L’avis de Clémence Barbier dans Zonelivres.fr :« Qanaaq c’est une immersion dans l’immensité blanche du Groenland. Terre blanchâtre où le noir a sa place tant par l’ambiance que par les ressources exploitées. […]Vous rêvez de dépaysement ? Vous allez être servis ! ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis d’Alexandre Fillon dans l’Express.fr : « L’un des plus hauts sommets du roman anglais contemporain ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

L’avis d’Audrey du blog Cellardoor : « Je l’ai préféré au 1er des Rougon Macquart ». Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

 

L’avis de Télérama : « Ce roman donne raison à la magnifique chanson écrite par Bob Dylan et chantée par Joan Baez Diamonds and rust : la mémoire est faite de diamants et de rouille ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

L’avis de Christophe Alix sur Next.liberation.fr : « Une sorte de road-movie métaphysique au féminin dans l’immensité inquiétante de l’Alaska, qui revisite à sa manière grinçante le mythe de la «frontière» ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis de Philippe Leuckx sur La Cause littéraire.fr : « […]Aux qualités d’écriture, minutieuse, féconde, imaginative tout en étant très réaliste, s’ajoutent les vertus d’un regard ouvert à l’autre, quel qu’il soit : penser reste un combat, et penser juste, large, vrai, une mission. Un grand livre ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis de Bernard Henninger sur NooSFere.fr : « Les éditions de l’Atalante signent le retour au romanesque de Catherine Dufour avec un récit fantastique, au sens premier du terme, une plongée pleine d’appréhension dans un Paris vibrant de légendes, délaissant une modernité sinistrée pour un passé aux mystères aussi fascinants que vénéneux […] ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis de Victor Garcia sur L‘express.fr : « Avec Central Park, Guillaume Musso nous entraîne dans un thriller psychologique qui commence dans le mythique parc de New York. Alice et Gabriel ne se connaissent pas. Ils se réveillent pourtant sur un banc, menottés ». Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de Serge Bressan sur La Grande Parade.com : « […] Avec la complicité de l’écrivain et historien Emmanuel Haymann, l’auteur déambule avec une appétence communicative dans des périodes où l’on croise Clovis, Charlemagne, où les Anglais parlaient français (ou presque !), où le français devient la langue de Molière, puis celle des médias… pour en arriver à ce français devenu la langue de l’immédiat[…]. Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de la librairie La Procure en vidéo :

 

L’avis d’Anniemots sur son blog : « Pour résumer : à consommer sans modération, trilogie idéale à emporter dans ses bagages pendant les vacances ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Caroline Broué sur France Culture à écouter : « Un roman où les arbres sont le centre du récit… ce n’est pas commun ! ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Léon-Marc Levy sur La Cause Littéraire.fr : « Monsieur Toussaint Louverture continue à nous surprendre avec des œuvres oubliées et plus stupéfiantes les unes que les autres. Avec ce roman – est-ce un roman, un récit fictionnel ? – nous sommes dans le monde âpre et mâle de la boxe dans les années 1950. » Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Christilla Pellé-Douël sur Psychologies.com : « Pour son premier roman, la britannique Rosie Walsh fait très fort : impossible de lâcher le livre avant de connaître la fin. Une super-romancière du psycho-thriller est née… Idéal pour occuper un long voyage ! » Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis des critiques du Masque et de la Plume sur France Inter : « Quatre ans après « Réparer les vivants », Maylis de Kerangal nous plonge une nouvelle fois dans un corps de métier et nous révèle toute sa technicité : « Un monde à portée de main » emmène le lecteur dans la vie d’une spécialiste du trompe-l’œil. Qu’ont pensé les critiques du Masque et la Plume de ce roman ?  » Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis d’Aifelle1 sur le blog Le goût des livres : « C’est la lecture parfaite pour les vacances, vous avez encore le temps de la glisser dans votre valise. Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis des Inrocks.com : « Féministe avant l’heure, charmant et so British même s’il se passe en Italie, Avril enchanté est non seulement la lecture idéale pour finir ce mois d’avril avec bonheur, mais aussi pour traverser tous les mois d’été à venir ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de NooSFere.fr : « Christina Dalcher nous offre avec Vox un roman dystopique glaçant, dans la veine de La Servante écarlate. Ici, pas de corps féminin asservi – mais des voix bâillonnées ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis d’Eve sur Carnetsdeweekends.fr : « L’auteur s’attarde sur la psychologie des personnages[…].Ce roman nous conduit ainsi à réfléchir à l’évolution de la condition des femmes depuis le début du XXème siècle et au poids de secrets de famille. Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de Yan sur Encoredunoir.com  : « On se laisse vite entraîner dans ce roman qui oscille souvent entre la dure chronique sociale, le récit intime émouvant et par la grâce de l’écriture et de la description des lieux, le conte horrifique. » Lire la suite (nouvelle fenêtre)

L’avis de Magali sur Fictionista.ch : « À lire si : Vous n’avez pas peur de vous décentrer et de remettre en question votre façon de penser. » Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de Yann sur Unwalkers.com : « un roman aussi vivant qu’émouvant, où les tragédies intimes servent de moteur aux protagonistes. A l’efficacité du récit viennent s’ajouter l’humour omniprésent et les splendides paysages du Montana, le tout contribuant à faire de Céline une très agréable lecture de ce début d’année. »Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de Bookivore sur Critiques libres  : « Ce roman, excellemment bien écrit, se lit rapidement, il est court (trop), et il s’impose vraiment comme un vrai classique du genre. » Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

 

 

L’avis de Jérémie sur Destination futur.fr : « Que vous aimiez Stephen King ou non, je vous recommande « Écriture, mémoires d’un métier» car ce livre est truffé de conseils sensés pour améliorer sa qualité d’écriture et mieux vivre ce métier. Peut-être ne serez-vous pas sensible à la première partie autobiographique comme je l’ai été, mais les autres parties sont vraiment riches d’enseignements et l’auteur s’appuie sur des exemples personnels concrets. » Lire la suite (nouvelle fenêtre)

Un grand merci à tous les chroniqueurs des blogs, sites, magazines dans lesquels j’ai pioché ces avis ainsi qu’aux bibliothécaires pour leur travail de sélection judicieux.

Bonne lecture de nos romans préférés de l’été 2019 !

Nouvelles, vous avez dit nouvelles ?

15 Juin

La nouvelle est un récit à priori court, écrit en prose. Pourtant ce critère ne fait pas l’unanimité, citons par exemple Microfictions (nouvelle fenêtre) de Régis Jauffret,  (500 textes de 2 pages chacun), sont annoncées comme « roman », tandis que La Rêveuse d’Ostende, (nouvelle fenêtre) parue dans le recueil de nouvelles éponyme d’Éric-Emmanuel Schmitt fait 115 pages. Stendhal, souvenons-nous, qualifiait, dans son avertissement au lecteur, La Chartreuse de Parme (nouvelle fenêtre) de « nouvelle », avec 530 pages en livre de poche ! C’est pourquoi l’on peut penser que la définition de la nouvelle n’est pas à chercher dans un nombre de pages minimum ou maximum, mais ailleurs, davantage dans la concision et l’efficacité de l’écriture qui la caractérisent.

En règle générale, les personnages d’une nouvelle sont peu nombreux et brièvement décrits. Son action est assez simple mais construite de façon à ménager un effet de surprise au dénouement : c’est ce que l’on appelle la chute. Elle semble s’opposer au roman qui, lui, est long. C’est un genre littéraire qui se subdivise en sous-genres : nouvelle réaliste, fantastique, poétique. Ces histoires peuvent être amusantes ou nostalgiques, voire inquiétantes ou dérangeantes, pour vous faire frissonne,r on s’appuie sur la concentration de l’histoire.

Les pays francophones l’axent plutôt sur un événement, son rythme est rapide et peu explicatif. Tandis que la nouvelle anglo-saxonne a un rythme qui permet d’expliquer les pensées et les réactions des personnages. Elle a pris son essor au XIXe siècle.

À titre indicatif quelques titres évoqués : Honoré de Balzac, le chef d’œuvre inconnu  (nouvelle  fenêtre) Gustave Flaubert, Trois contes (nouvelle nêtre) Guy de Maupassant, auteur de nombreuses nouvelles, une partie de campagne, Le horla ( nouvelle fenêtre) le parapluie, La Parure (nouvelle fenêtre) etc

Emile Zola est un habile nouvelliste, il compose des textes saisissants, par exemple La mort d’Olivier Bécaille (nouvelle fenêtre ) entre autres, à travers des histoires légères ou cruelles, il pose un regard acéré sur la société de son temps et se révèle être le maître de la nouvelle naturaliste avec ses textes saisissants. Allan Edgar Poe, quant à lui, exploite la veine fantastique et compose ses fameuses histoires extraordinaires (nouvelle fenêtre), ainsi que son confrère Barbey d’Aurevilly  Les Diaboliques (nouvelle fenêtre).

Très proche du conte, la nouvelle fait réfléchir sur le monde et le comportement des hommes. Ainsi celles du XXe et XXIe siècle reflètent et mettent en scène le monde contemporain à l’instar des séries télévisuelles. Dans l’œuvre de  Jean-Paul Sartre, l’on peut citer Le mur (nouvelle fenêtre) par exemple. Et pour celle que l’on considère comme la sœur française de Raymond Carver, (reconnu comme le maitre du genre), Annie Saumont, ce sont environ 300 nouvelles dont  Les blés (nouvelle fenêtre) qui font partie de celles disponibles dans votre Médiathèque.

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En Russie plusieurs grands auteurs s’y sont essayé, retenons par exemple Fedor Dostoïevski avec La douce (nouvelle fenêtre ) qui met en abyme une illusion de soi-même et le décalage qui peut exister dans un couple. Pendant qu’ Anton Tchekhov loue la beauté des paysages Russes dans La Steppe (nouvelle fenêtre)

Le grand écrivain Autrichien Stefan Zweig, consacre l’empathie et le lyrisme dans la littérature. Avec sa fine plume empreinte de sagacité, citons, Lettre d’une inconnue (nouvelle fenêtre) entre autre.

Pour Henry James, l’élève, par exemple est un écrivain de génie qui éblouit, quand il se fait nouvelliste, par sa profondeur, sa finesse d’analyse, sa drôlerie empreinte de légèreté et l’éclat de son talent comme dans  Le motif dans le tapis (nouvelle fenêtre) par exemple. On peut également citer, Hermann Melville  et son emblématique Bartelby le scribe (nouvelle fenêtre) symbole de la bureaucratie passive traité avec un irrésistible humour.

Pour en revenir au plus populaire nouvelliste Américain Raymond Carver, il  dépeint de petites gens, plutôt paumés touchés par la grâce,  comme dans   Parlez-moi d’amour (nouvelle fenêtre),  ou  Les vitamines du bonheur (nouvelle fenêtre). Sa  caractéristique est une écriture particulièrement minimaliste. Son modèle est John Cheever  qualifié de « Tchekhov des classes moyennes », dont les textes fascinent par leur fulgurance, il n’a pas son pareil pour capter un détail, un instant de tension comme dans Déjeuner de famille (nouvelle fenêtre)  

Charles Bukowski, célèbre pour son nihilisme signe le fameux  Contes de la folie ordinaire (nouvelle fenêtre)  portrait au vitriol de la société américaine empreint d’une grande oralité dans un langage cru que l’on retrouve dans l’ensemble de son œuvre. Le grand Russel Banks en plus de ses romans passionants, nous a aussi livré un texte avec concision qui radiographie les États-Unis de façon remarquable, il s’agit d’Un membre permanent de notre famille (nouvelle fenêtre)

On peut citer aussi de jeunes auteurs Américains ou Canadiens principalement édités chez Albin Michel, dans la collection Terre d’Amérique, comme Sherman Alexie qui, avec La vie aux trousses ( nouvelle fenêtre) offre tendresse, cruauté, humour grinçant :  ces nouvelles prouvent, s’il en était besoin, que « l’enfant terrible des lettres américaines » est un écrivain virtuose. Ou bien Joseph Boyden avec Là-haut vers le Nord (nouvelle fenêtre) Ces nouvelles étonnantes, mélange fascinant d’émotion, de colère, de grâce, de violence et de poésie, dessinent, à la manière d’un roman choral, les pleins et les déliés d’une communauté humaine.

Les nouvelles du Japonais Akira Yoshimura  dépeignent sa fascination pour la mort qu’il nous offre comme un spectacle grâce à  son écriture ciselée, à l’image de  La  jeune fille suppliciée sur une étagère (nouvelle fenêtre)

Parmi les fameux nouvellistes, n’omettons pas la Canadienne de langue anglaise, reine de la nouvelle et Nobelisée pour son œuvre  : Alice Munro, qui  comme dans Trop de bonheur (nouvelle fenêtre) va à l’essentiel dans ses œuvres dont les personnages sont des femmes aux itinéraires cabossés qui semblent nourris de sa propre expérience , deuil d’une mère, du désamour d’un mari, de la jalousie ambivalente d’une belle-mère, des choses cachées derrière les choses et c’est la profondeur du mystère, allié à la limpidité de son style qui font la puissance de son œuvre.

Dépressions (nouvelle fenêtre ) d’Herta Muller rassemblent une série de situations et d’événements qui donnent forme à son récit : la mort d’un proche, un accident avec une vache, l’alcoolisme du père et c’est dans une langue comprimée et rugueuse qui lui est très personnelle qu’elle nous offre une observation impitoyable de la petitesse humaine.  Elle fut elle aussi lauréate du prix Nobel en 2009.

Si la nouvelle n’est pas toujours un genre très prisé du public, elle se concentre sur l’essentiel et peut être une excellente façon de voyager par exemple, dans le temps ou l’espace. Le recueil le plus récent que j’ai lu et que je vous recommande est Le boxeur Polonais (nouvelle fenêtre) d’Eduardo Halfon, auteur guatémaltèque, qui signe un  texte mystérieux et puissant, de deux chroniques courtes qui se déploient  avec une nostalgie lente et forte et sont aussi une invitation à la réflexion sur le rôle de la littérature.

Histoires de famille (3ème partie)

25 Mai

Après les incontournables (Histoires de famille- 1ère partie) et les contemporains (Histoires de famille – 2ème partie), j’ai gardé pour la fin ces romans que j’ai particulièrement appréciés, tout d’abord ceux de Dermot Bolger avec deux thématiques fortes autour de la cellule familiale.

Toute la famille sur la jetée du paradis (nouvelle fenêtre) de Dermot Bolger. Roman- fleuve envoûtant où nous suivons les cinq enfants de la famille Goold Verschoyle de 1915 à 1945 au travers de l’enfer de l’Histoire. Particulièrement celle de l’Irlande dont l’auteur est natif. Tiré d’une histoire vraie, c’est un récit passionnant. Il s’en dégage une grande force.

Une seconde vie (nouvelle fenêtre) de Dermot Bolger. C’est un livre profond et intelligent qui offre une réflexion ouverte sur l’incidence de l’abandon sur le psychisme dans une Irlande sombre et violente.

Voici aussi deux premiers romans particulièrement remarquables qui traitent de thèmes très durs avec beaucoup de finesse. De jeunes auteurs dont il faudra à mon avis suivre le parcours.

My absolute Darling (nouvelle fenêtre) de Gabriel Tallent. Ce livre retrace le cheminement de Julia alias Turtle,14 ans, orpheline de mère, qui grandit avec Martin son père, nihiliste à tendance survivaliste violent et abusif. Elle évolue dans cet univers étroit et glauque, dans une maison isolée du nord de la Californie. C’est un roman ambitieux  dont le style tout en finesse et délicatesse, permet de supporter des scènes glaçantes, et le roman se nourrit de l’ambiguïté et des contradictions des personnages.

Idaho (nouvelle fenêtre) d’Emily Ruskovitch (nouvelle fenêtre).  Ce texte restitue la vie de la famille Mitchell, constituée de Wade, Jenny, May et June vivant dans une nature somptueuse. Ils ont une vie solitaire et rude, ordinaire et sauvage, avant que le drame n’arrive. Bouleversant par son thème – l’histoire d’un infanticide restituée par la voix d’Ann, la deuxième femme de Wade – et troublant par sa construction, tout en ellipses et en mystère.

Et pour finir un fraichement arrivé : Le pont d’argile (nouvelle fenêtre) de Markus Suzak. Un grand roman sur le lien qui unit père et fils, une saga familiale bouleversante.

Histoires de famille (2ème partie)

15 Mai

Après Histoires de familles (1ère partie)  consacré aux incontournables, voici les romans contemporains. Spécialement nourris par les récents travaux de psychologie et de généalogie, ils explorent l’intimité familiale, le rapport entre le passé et le présent, la fiction et la réalité, l’identité singulière et l’image de soi,  immense laboratoire qui donne à lire d’autres lignes de partage.

  • Le soleil des Scorta (nouvelle fenêtre) de Laurent Gaudé ou la chronique d’une famille de 1870 à nos jours, avec un nom pour grandir, s’implanter, se nourrir, se tenir, défier le destin, narguer le temps. Une grande fresque historique portée par une imagination qui semble avoir atteint son apogée, inondée de fraîcheur et poussée par la musicalité d’un style irréprochable, une fresque vivante et volcanique.
  • Une chanson douce (nouvelle fenêtre) de Leila Slimani. Dans un huis-clos familial asphyxiant, on y voit un couple jongler entre les contraintes liées aux doubles vies des jeunes parents, tiraillés entre la réussite professionnelle et les exigences de la vie familiale. Quand Louise, la nounou entre en scène, elle apprivoise tout ce petit monde et devient un rouage essentiel à leur vie. C’est un livre efficace et sans concession qui s’inscrit complètement dans la réalité contemporaine.
  • Où on va papa ? (nouvelle fenêtre) de Jean-Louis Fournier. L’auteur aborde l’honnêteté et le quotidien devant le handicap. Ce court récit, entre  humour noir décompresseur et une flagellation expiatoire, démystifie la condition d’handicapé. Le style est un peu trash mais poignant, simple dans la forme comme dans le contenu, il donne à réfléchir en développant le propos habituel, mais toujours utile, sur la norme et son cortège d’absurdités.
  • Ensemble c’est tout (nouvelle fenêtre) d’Anna Gavalda. Ce livre traite de sujets fréquents : famille, amitié, solidarité, sentiments et amour qu’on refuse d’admettre. Le récit est parfaitement mené, on ne s’ennuie pas une minute. Avec quatre personnages principaux attachants c’est un hymne à la quête du bonheur, parsemé d’obstacles psychologiques et physiques, surgissant parfois d’une enfance brisée.

  • Un secret (nouvelle fenêtre) de Philippe Grimbert. Simon, enfant unique, s’invente un grand frère. À l’adolescence, Louise, la voisine, lui apprendra qu’il a eu un demi-frère, Simon, mort pendant la guerre. Elle lui révélera peu à peu le secret de sa famille, qui a pris naissance pendant l’occupation 1940-1945, et lui parlera des vies bouleversées par ce traumatisme… Une histoire poignante toute en délicatesse.
  • Ce que je sais de Vera Candida (nouvelle fenêtre) de Véronique Ovaldé. Rose, Violette et Vera vont toutes trois avoir une fille sans pouvoir révéler le nom du père. Ce livre possède un ton d’une vitalité inouïe, un rythme proprement effréné et une écriture enchantée. C’est ce qu’il fallait pour donner à cette fable la portée d’une histoire universelle : l’histoire des femmes avec leurs hommes, des femmes avec leurs enfants, une bataille pour se débrouiller à élever leur progéniture.
    Ou Déloger l’animal (nouvelle fenêtre)  de Veronique Ovaldé. C’est dans un univers étrange qu’évoluent Rose ( que l’on retrouve)- dont l’auteur trace un magnifique portrait-  et sa mère, l’originalité de ce livre tient au fil ténu entre fiction et réalité.
  • La haine de la famille (nouvelle fenêtre) de Catherine Cusset. Chaque portrait est en roman indépendant mais tous sont reliés entre eux, là aussi entre haine et amour. Une famille, en somme, avec toutes ses difficultés relationnelles, ses conflits de personnalités, ses incohérences, avec le poids de la haine contrebalancé par la force de l’amour. C’est intelligent et fluide.

 

  • Juste après la vague (nouvelle fenêtre) de Sandrine Collette. Une petite barque, seule sur l’océan en furie. Trois enfants isolés sur une île mangée par les flots. Un combat inouï pour la survie de la famille.  Thriller efficace et agréable.
  • Les accommodements raisonnables (nouvelle fenêtre) de Jean-Paul Dubois. Ici il est question d’un père perdu, d’une épouse endormie, d’enfants qui s’éloignent de lui, d’une maîtresse fantasque. Tragique et drôle, jetant sur son époque un regard lucide, ce livre de la maturité garde néanmoins le charme des héros de Jean-Paul Dubois, éternels adolescents écartelés entre leur amour de la vie et leur sens aigu de la culpabilité.
  • Les pêcheurs (nouvelle fenêtre) d’Obioma Chigozie. Ce premier roman au charme indéniable relate la descente aux enfers longue et inexorable d’une famille Nigériane. Le style puissant et le thème universel fascinent par leur maîtrise.
  • A l’orée du verger (nouvelle fenêtre) de Tracy Chevalier. Ce roman nous plonge dans l’histoire des pionniers et du commerce des arbres Millénaires de Californie. L’écrit est clair et précis et il nous emporte avec un grand plaisir dans une traversée du Nouveau monde encore sauvage qui nous permet de rencontrer la famille Goodnough.
  • L’Île des oubliés (nouvelle fenêtre) de Victoria Hislop. Une histoire émouvante qui nous entraîne sur l’île des lépreux en Crête, entre découverte d’un pays et secrets de famille. C’est une oeuvre singulière sur l’importance des racines.
  • Middlesex (nouvelle fenêtre) de Jeffrey Eugenides. Une famille Grecque quitte la Turquie dans le drame et la misère… On frise la chronique sociale, L’Histoire, le roman d’apprentissage, la clownerie. L’écriture est prenante, pleine d’humanité, très agréable pour traiter le thème non évident de l’hermaphrodisme.
  • La Saga des Neshov (nouvelle fenêtre)1er tome : la terre des mensonges d’Anne Birkefeld Ragde ( cette saga se décline en 3 tomes). C’est un roman puissant qui ménage du suspense. Torunn, l’unique petite-fille, se retrouve pour la première fois en confrontation avec les drames secrets de sa famille, Chacun tente de s’épanouir et essaye de trouver sa place. Mais peu à peu, il apparaît que le passé ne peut être corrigé : ce qui n’a pas été dit et fait avant ne se répare pas, quoi qu’on tente. Des cicatrices resteront gravées dans l’histoire de tous ces personnages.
  • Les souvenirs (nouvelle fenêtre) de David Foenkinos. Avec une ironie douce-amère l’auteur traite des souvenirs qui ponctuent la vie, graves, touchants, comiques, absurdes.
  • Rien ne s’oppose à la nuit (nouvelle fenêtre) de Delphine de Vigan. L’auteur brosse le portrait de sa mère, et de sa famille, remontant les souvenirs comme on remonte un fleuve, avec ce qu’ils charrient de bon et de mauvais. Portrait de l’intime et durée, c’est un récit très touchant, humble et vivant.
  • Mon père (nouvelle fenêtre) de Grégoire Delacourt. C’est le récit d’une famille qui est tendue vers Edouard, dont on attend beaucoup, déclaré prodige de la famille grâce à un poème écrit précocement. C’est une livre à l’ironie triste qui se lit avec émotion et tendresse.

Prochainement sur Liseur  : Histoire de familles (3ème et dernière partie)

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