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Les coups de cœur de nos libraires

16 Oct

Jeudi 27 septembre 2018, les libraires du magasin Decitre de Levallois ont présenté leurs ouvrages coups de cœur de cette rentrée. Parmi eux les romans Avec toutes mes sympathies et Dix-sept ans dont leurs auteurs, respectivement Olivia de Lamberterie et Eric Fottorino, nous ont parlé avec beaucoup de retenue et d’émotion.

Olivia de Lamberterie, journaliste et critique littéraire est rédactrice en chef adjointe au magazine Elle, responsable du service livres et chroniqueuse à Télématin, comme je le disais n’est pas venue en tant que critique ce soir, mais pour nous parler de son livre, cette fois. Il s’agit d’Avec toutes mes sympathies (nouvelle fenêtre), édité aux éditions Stock, ode à la mémoire de son frère. Ce livre plonge dans la beauté de l’intime.

Eric Fottorino quant à lui, dirigea le quotidien Le Monde durant 25 ans jusqu’en 2011, il est fondateur de l’hebdomadaire Le 1 avec Laurent Greilsamer et Nathalie Thiriez, lancé en 2014. Il est aussi célèbre pour ses romans et essais. Ce soir, il présente un autre texte de l’intime, même s’il revendique le terme de roman, Dix-sept ans (nouvelle fenêtre) paru aux éditions Gallimard, dont le thème commun avec Olivia de Lamberterie, est l’absence. Pour le chroniqueur, il s’agit de la mère et tous deux nous font part de la manière dont  l’écriture et la littérature les ont aidés à lever le voile sur le puzzle familial.

 

Pour le journaliste, il dit s’être construit en creux et a porté un regard distancé sur sa mère, une sorte de mort émotionnelle et par les mots, en est venu a réinventer sa vie en la romançant dans une déambulation familiale qui a pour cadre sa ville natale, Nice, pour « dégeler » ses sentiments. Manière d’éroder les traumatismes dans une écriture de l’épure.

Pour la critique littéraire qui a perdu son frère dans des circonstances tragiques, (puisque il s’est donné la mort), il y a eu impossibilité d’écrire et de lire après le drame, les mots ayant perdus toute leur substance. Puis, elle a été portée par la nécessité d’écrire à un moment, cela a été aussi le moyen de contenir la violence familiale sourde.

Selon ces deux auteurs, la constatation qui en résulte est que l’écriture de l’intime se fait « sans vous » avec un grand travail de concentration.

À la suite de ce riche et émouvant échange, les libraires ont présenté différents ouvrages de cette rentrée.

  • Un coup de cœur pour Le monarque des ombres (nouvelle fenêtre)  de Javier Cercas qui dépeint les propres résistances de l’auteur pour mettre à jour l’existence d’un héros fourvoyé. L’auteur nous trempe dans la grande Histoire, celle de son pays sous la monarchie, qui en 1931 devint du jour au lendemain républicain. Une République qui entrera en crise en novembre 1933, ce qui débouchera sur une guerre civile. Le fascisme et les dissensions dans le pays, ainsi qu’une fois encore la part d’ombre de la famille sont décrites avec beaucoup de retenue ainsi que les espoirs déçus et les divisions profondes jusqu’à l’arrivée de Franco. Texte plutôt de l’ordre de l’essai, tout en réserve, à méditer. Le talent narratif de l’auteur n’est plus à démontrer.
  • Moi ce que j’aime c’est les Monsters (bientôt disponible à La Médiathèque  d’Emil Ferris est un roman graphique avec une narration à plusieurs strates. L’illustration forte apporte de la densité au texte, qui est par ailleurs parfaitement en place autour des dessins. Le thème central est qu’une petite fille s’intéresse à la mort de sa voisine et à son passé douloureux de juive allemande pendant la guerre. L’enfant est persuadée que cette mort n’est pas naturelle. Cet ovni littéraire est à la fois, thriller, conte fantastique, roman social, il se déroule dans les années 60, et contient un contexte politique à la fois violent et pudique. Sa qualité n’a trompé personne, puisqu’il a été couronné par trois fois du prix Will Eisner (lire à ce sujet l’article Monstress and My Favorite thing is monsters are Top Winners at the Eisner awards 2018 –en anglais- sur le site Comic-con.org -nouvelle fenêtre).
  • Camarade papa de Gauz (bientôt disponible à La Médiathèque) est une histoire documentée qui nous mène à la fin du XIXème sur les pas de Dabilly, un jeune homme parti tenter l’aventure en Côte d’Ivoire. Constitué de deux histoires mêlées, sous forme de conte à un siècle d’intervalle écrit du point de vue des colons et des colonisés, fantastique et onirique, ce texte est servi par une belle langue relevée et imagée, et il contient de très beaux chapitres sur l’histoire coloniale. Étonnant et riche.

Je vous engage à retrouver cet auteur prometteur avec son précédent roman  Debout-payé (nouvelle fenêtre)

  • Dans Un monde à portée de main (nouvelle fenêtre), Maylis de Kerangal centre son roman autour d’une jeune femme, Paula, qui partage amitié avec Kate et colocation avec Jonas. Nous explorons les difficultés du statut d’artiste de peintre en décor. Malgré l’aspect technique appuyé du texte pour rendre la matière sensible et précieuse, le texte est fluide et parle aux plus grand nombre. Une intrigue resserrée autour d’un thème, une écriture précise et cadencée qui énonce autant qu’elle suggère. Encore une réussite.
  • Midi (nouvelle fenêtre) de Cloé Korman.C’est un roman solaire sur les souvenirs. Claire a été éducatrice spécialisée et a dirigé une troupe dans un théâtre associatif, elle est à l’heure actuelle devenue médecin, quand un patient se présente… C’est Dominique qui resurgit de son passé, frappé par une hépatite B, très avancée. Entre fantômes du passé et présent, c’est une évocation touchante et sensible. Cloé Korman nous entraîne dans une enquête sur le mystère d’une violence exposée devant tous, en plein soleil, et néanmoins inapprochable. Porté par le souffle vital de deux héroïnes à peine sorties de l’adolescence, Midi est la splendide évocation d’une beauté qui aveugle et qui sauve.
  • Évasion (livre numérique à télécharger via le site de La Médiathèque) de Benjamin Whitmar est un roman noir qui retrace la fuite, un soir du réveillon, d’une douzaine de détenus dans le blizzard, la neige et le froid glacial. La chasse à l’homme s’organise : gardiens, traqueurs et journalistes sont à l’affût. C’est un roman sombre, hypnotique, un écrit brut, qui décrit finement des personnages très marquants, ainsi que les mécanismes de la violence. Magistral avec peu d’ effet. Après Pike (nouvelle fenêtre) puis Cry father (nouvelle fenêtre), Benjamin Whitmer s’impose avec ce troisième roman impressionnant comme un nouveau maître du roman noir américain.
  • Dans La guérilla des animaux, Camille Brunel fait le constat affligeant de l’extinction des animaux  et pose cette question « Que serions-nous sans eux ? ». C’est ce qui décide Isaac à affronter toute personne qui leur nuirait. Il se pose en justicier et l’explique dans ses conférences. Ce livre porte l’expression d’une nouvelle génération, c’est un livre fort.
  • Dans Là où les chiens aboient par la queue (livre numérique à télécharger à La Médiathèque) Estelle Sarah-Bulle retrace 50 ans d’histoire familiale à la Guadeloupe. Ézéquiel vit à Créteil et interroge sa tante, personnage flamboyant qui transmet l’histoire de la  famille et du pays, car la mère a laissé une absence mythologique. Très émouvant. Intensément romanesque, porté par une langue bluffante d’inventivité, Là où les chiens aboient par la queue embrasse le destin de toute une génération d’Antillais pris entre deux mondes. 

Voici donc un panel de bons romans de cette rentrée 2018. Et quel que soit le genre ou le thème qui vous attire, la Médiathèque regorge de livres (papier ou téléchargeables) d’auteurs connus, reconnus ou peu connus qui sauront vous séduire, alors rendez-vous sur le site de La Médiathèque (nouvelle fenêtre) !

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Quels romans mettre dans vos valises pour cet été ?

6 Juil

À la veille des premiers départs en vacances, il est plus que temps de songer aux lectures que vous emporterez cet été, parole de bibliothécaire. Après Les romans à mettre dans vos valises pour l’été 2017, La Médiathèque vous propose pour vous guider en 2018 une sélection de romans à glisser dans votre sac à main, de randonnée, ou de plage.

Comme l’année passée plusieurs choix s’offrent à vous :

1, 2, 3, 4 titres selon la durée de votre séjour.
Les gros qui plomberont votre sac, pour être sûr de ne pas manquer.
Les ultralégers pour en lire plein.
Les numériques pour l’aspect pratique.
Les sérieux, les classiques…tous les choix sont permis !

Mais vous avez peut-être déjà votre petite idée…

Indu Boy de Catherine Clément (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Indu Boy de Catherine Clément.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

L’avis de Marie-Anne Sburlino sur Unidivers, le web culturel breton : « Catherine Clément est une écrivaine de grand talent. En deux-cent pages, elle tisse les grands évènements politiques de l’Inde et la vie familiale des Nehru. Dynamisant son récit avec les coutumes d’un pays qu’elle connaît parfaitement et des anecdotes symboliques, elle brosse un portrait sans concession d’une femme exceptionnelle, d’un destin qu’elle élève en légende ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre)

L’avis de Marine Landrot dans Télérama : « Son pays et les États-Unis, le passé et le présent, la tristesse et la drôlerie : la saga tonitruante et sensible d’une Nigériane partie affronter son destin ». Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

Bakhita de Véronique Olmi (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Bakhita de Véronique Olmi.

L’avis de Françoise Dargent dans Le Figaro Culture : « Pour écrire cette fresque romanesque, l’auteur s’est inspiré d’une histoire réelle, celle de Sainte Joséphine Bakhita, religieuse d’origine soudanaise qui fut canonisée par le pape Jean-Paul II, première Africaine a être élevée à la gloire des autels. Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

Sheila Levine est morte et vit à New-York de Gail Parent (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Sheila Levine est morte et vit à New-York de Gail Parent.

L’avis d’Elisabeth Philippe des Inrockuptibles : « Gail Parent conte les déboires sentimentaux de Sheila Levine, trentenaire new-yorkaise qui décide de mettre fin à ses jours. Un livre culte des seventies, comédie irrésistible entre Philip Roth et Lena Dunham ». Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

 

Une vie comme les autres de HanaYanghira (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Une vie comme les autres de HanaYanghira.

L’avis de Raphaëlle Leyris du Monde des livres : « Avec « Une vie comme les autres », l’écrivaine américaine réussit à faire ressentir au lecteur les souffrances de son héros ». Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

 

Terre des oublis de Duong Thu Huong (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Terre des oublis de Duong Thu Huong.

L’avis d’Antoine Audouard du Monde Magazine : « Je lui avais adressé une lettre par l’entremise de son éditeur américain. Je lui racontais que, dans une soirée du PEN club – une association internationale d’écrivains qui la soutient depuis longtemps – de New York où elle avait été invitée, j’avais lu quelques pages de son extraordinaire Terre des oublis ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Nuit de Bernard Minier (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Nuit de Bernard Minier.

L’avis de Jacques Tessier sur le blog un-polar.com : « Faux-semblants, illusions et transformations des êtres, qui ne restent jamais identiques à eux-mêmes dans le cours de leur vie, richesse des détails et cohérence de l’histoire, tout cela fait de ce cinquième roman de Bernard Minier un livre passionnant à lire, de la première à la dernière page. « . Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

Visionnez la présentation de Marie-Joseph Biziou, libraire à la Procure :

 

Face au vent de Jim Lynch (catalogue de La médiathèque-nouvelle fenêtre) Face au vent de Jim Lynch.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

L’avis de Michel Abescat sur Télérama : « Ils sont embarqués sur le même bateau, pour le meilleur et pour le pire. « Pendant des années, la voile nous a unis. Nous étions régatiers, constructeurs et plaisanciers. C’était à la fois notre entreprise familiale, notre sport et notre drogue favorite. Et puis, la voile a fini par nous séparer ». En une phrase le livre est résumé, mais rien n’est dit tant le charme de ce texte doux-amer, aussi drôle que déchirant, tient à ses détails et à la finesse de son regard ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

Une longue impatience de Gaëlle Josse (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Une longue impatience de Gaëlle Josse.

L’avis de Nicole Grundlinger sur le blog mots pour mots : « Chère Gaëlle, votre livre est tout simplement bouleversant. Vous parvenez à nous faire approcher au plus près de l’intimité des sentiments d’Anne Quémeneur. Une femme simple, un roseau plié par les bourrasques, malmené par les vents violents, une femme qui puise dans sa terre et dans l’amour niché au creux de son ventre la force de vivre. Une femme qui vibre intensément à l’intérieur sans laisser aucune prise au regard des autres ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

La vérité sur l'affaire Harry Québert de Joël Dicker (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

La vérité sur l’affaire Harry Québert de Joël Dicker.

L’avis de Brigitte Bontour sur BibliObs : « Dans ce roman d’une fougue et d’une habileté déconcertante, qui va beaucoup plus loin qu’une simple intrigue policière, le lecteur est déstabilisé, charmé, subjugué, sans cesse lancé sur de fausses pistes ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

Une terre d'ombre de Ron Rash (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Une terre d’ombre de Ron Rash.

L’avis de Victoire Nguyen sur La cause littéraire : « Ron Rash donne ici une peinture sombre des relations humaines fondées sur l’intérêt, l’ignorance et la cruauté. Les âmes innocentes sont traquées sans ménagement et l’innocent doit payer de son sang pour assouvir la soif de vengeance de la communauté. C’est un roman à l’équilibre fragile car le lecteur est constamment en alerte. Il sait que l’orage va arriver. Il sait que le châtiment tombera sur la tête de Hank et de sa sœur ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Cette chose étrange en moi d'Orhan Pamuk (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Cette chose étrange en moi d’Orhan Pamuk.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

Écoutez l’entretien de Christophe Ono dit Biot avec Orhan Pamuk sur France Culture :

En faisant résonner les voix de Mevlut et de ses amis, Orhan Pamuk décrit l’émergence, ces cinquante dernières années, de la fascinante mégapole qu’est Istanbul. Cette « chose étrange », c’est à la fois la ville et l’amour, l’histoire poignante d’un homme déterminé à être heureux.

Le temps des écrivains : entretien de Christophe Ono dit Biot avec Orhan Pamuk sur France Culture (nouvelle fenêtre)

Le sympathisant de Viet Thanh Nguyen( catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Le sympathisant de Viet Thanh Nguyen.

L’avis de Frédéric Roussel sur Libération : « Le Pulitzer 2016 revisite de façon inédite la guerre du Vietnam par la voix d’un métis devenu espion ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

L'art de la joie de Goliarda Sapienza (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) L’art de la joie de Goliarda Sapienza.

L’avis de Jean Laurenti dans le Matricule des anges : « Un demi-siècle de combat sans répit pour accéder à la liberté et à la connaissance de soi : écrivant la vie d’une femme hors du commun, Goliarda Sapienza façonne un écrin romanesque torrentiel et baroque ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

My absolute darling de Gabriel Tallent. (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) My absolute darling de Gabriel Tallent.

L’avis de Jean-François Schwab sur le blog du Courrier international : « […] C’est effectivement un roman à ne pas manquer, complètement dingue, perturbant, bouleversant, à lire absolument, malgré sa noirceur, sa violence, son horreur. Son chemin vers la délivrance et la liberté en est d’autant plus phénoménal et sublime. C’est un livre dérangeant, secouant, éprouvant. Il vous sera impossible de l’oublier une fois terminé. Ni le roman ni cette littérature de haute voltige ni son exceptionnelle traduction. Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

1177 avant J.-C., le jour où la civilisation s'est effondrée d'Eric H. Cline (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)1177 avant J.-C., le jour où la civilisation s’est effondrée d’Eric H. Cline.

L’avis de Marc Semo sur Libération : « «Nous avons avons beaucoup à apprendre des vestiges de civilisations pareillement interconnectées qui se sont effondrées il y a trois mille ans», écrit Eric H. Cline. Sa recherche, qui s’appuie sur de nombreuses sources historiques et archéologiques, est fascinante d’abord de par son approche globale, étudiant ces civilisations de la Grèce, de l’Asie mineure ou du Nil dans leur interdépendance, qui fut l’une des principales causes de leur effondrement, après avoir été la source de leur richesse. Lire la suite (nouvelle fenêtre).

Léviathan de Paul Auster (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Léviathan de Paul Auster.

L’avis de Buzz-littéraire : « Léviathan est un roman polymorphe, une hydre à plusieurs têtes pour reprendre la métaphore mythologique. En effet, tout commence (hormis la scène initiale qui précède le long flash-back) comme un film de Woody Allen, tendance « Maris et femmes » avant de basculer dans le thriller croisé western à la Clint Eastwood ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Anansi boys de Neil Gaiman (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Anansi boys de Neil Gaiman.

L’avis d’Olivier Girard dans la revue le Bifrost sur le blog des éditions le Bélial’  : « Et alors ? Anansi Boys appartient à cette famille bizarre des livres trop bien faits. Non pas qu’on s’y ennuie, loin de là, mais il est sans aspérité aucune, d’un excellent niveau global mais dénué de scènes véritablement fortes, curieusement dépourvu de toute vibration. Bref, on se dit que oui, décidemment, ce Gaiman est vraiment fort, qu’Anansi Boys est un pur livre plaisir (plaisir de l’auteur à l’avoir écrit, c’est flagrant, plaisir de lecture pour celui qu’y s’y plonge, c’est tout aussi évident) ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

Germania d'Harald Gilbers (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Germania d’Harald Gilbers.

L’avis de Véronique Richebois dans Les Echos : « Germania, couronné du prix littéraire Friedrich Glauser, est tout sauf une resucée laborieuse des aventures de Bernie Gunther, la star de la Kripo inventée par Philipp Kerr. L’intrigue ficelée autour de ce serial killer, qui frappe à une cadence redoublée et provoque les autorités en profanant les monuments de 1914-1918, allant jusqu’à déposer un svastika de chair devant la Chancellerie, est brillante ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Une Antigone à Kandahar par Joydeep Roy-Bhattacharya (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Une Antigone à Kandahar par Joydeep Roy-Bhattacharya.

L’avis de Mélanie Talcott sur le blog Mediapart : « Ni ouvrage contre le terrorisme, ni récit antimilitariste, Une Antigone à Kandahar souligne néanmoins l’absurdité de notre angélisme qui berce l’arrogance de nos démocraties, nous persuadant que nous avons tous les droits et par-dessus tout, le Droit comme un blanc-seing ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L'anneau de Moebius de Franck Thilliez( catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) L’anneau de Moebius de Franck Thilliez.

L’avis de Pascal Kneuss sur Passion-romans : « L’anneau de Moebius, une magnifique interprétation de la distorsion… Une fois de plus, l’auteur nous incite à faire tourner nos petits neurones à haut régime. Moult questions vont se chevaucher dans notre « caboche », jusqu’à ce que nous puissions établir notre propre version des choses par rapport à ce que l’auteur nous envoie en pleine figure. Des questions en relation avec notre destin, les possibilités qui s’offrent à nous pour changer les choses, en connaissance de cause ou non ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

Mille petits riens de Jodi Picoult (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Mille petits riens de Jodi Picoult.

L’avis de Chloé Niccolo sur ActuaLitté : « Inspiré d’une histoire vraie, les Mille petits riens de l’Américaine Jodi Picoult nous plongent dans un récit de la vie ordinaire : ségrégation, racisme, délitement social, mais aussi le combat silencieux et digne des petits et des sans voix pour faire émerger le bien au milieu du chaos moral ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Le cercle de Dave Eggers (catalogue de La médiathèque-nouvelle fenêtre) Le cercle de Dave Eggers.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

L’avis d’Yves Perreau des Inrockuptibles : « En digne descendant de George Orwell et de William S. Burroughs, Dave Eggers renouvelle la littérature d’anticipation dystopique. Chef-d’œuvre du genre, le Cercle est le premier grand roman de notre nouvelle ère hyper numérique ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Chanson de la ville silencieuse d'Olivier Adam (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Chanson de la ville silencieuse d’Olivier Adam.

L’avis de Laurence Houot pour la rubrique livres de Culturebox : « On se laisse embarquer par la voix sensible de cette jeune femme poussée comme une herbe sauvage dans un monde peuplé d’adultes égocentriques. On suit son errance dans les rues et les nuits de Lisbonne, sa quête pour sortir d’un brouillard surgi d’une enfance sans souvenirs ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

Les portes de fer de Jens Christian Grondahl.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

L’avis de Fabienne Pascaud sur Télérama : « C’est toute une génération européenne que racontent avec tendresse et brio ces Portes de Fer ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’autre qu’on adorait de Catherine Cusset.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

L’avis de Siegfried Forster sur rfi  : Catherine Cusset: «L’autre qu’on adorait», le coup de cœur 2016 (nouvelle fenêtre) 

 

 

La revanche de Kevin de Iegor Gran.

À lire aussi en téléchargement (nouvelle fenêtre).

L’avis de Bernard Quiriny dans Chronicart : « Avec son style comique et fantaisiste (notes de bas de page, etc.), sa cruauté calculée, son ironie pleine de flegme, Gran est décidément l’héritier des meilleurs satiristes, veine qu’il cultive dans la fiction comme dans l’essai (cf. son Ecologie en bas de chez moi ou, récemment, le recueil de ses chroniques pour Charlie). Il y a du Marcel Aymé chez lui, en style funky ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Un grand merci à tous les chroniqueurs des blogs, sites, magazines dans lesquels j’ai pioché ces avis ainsi qu’aux bibliothécaires pour leur travail de sélection judicieux.

Bonne lecture de nos romans préférés de l’été 2018 !

Philip Roth, ce grand écrivain américain

23 Juin

Depuis le mardi 22 mai 2018, à l’âge de 85 ans, Philip Roth, immense écrivain américain, l’un des  préférés des Français, considéré comme l’un des témoins les plus lucides et implacables des travers de la société américaine, et auteur d’une œuvre majestueuse et imposante de 28 romans, n’est plus. Il fit preuve d’une incroyable énergie créatrice. Son talent n’est plus à découvrir, sa réputation plus à faire.

Né le 19 mars 1933 à Newark dans le New Jersey, Philip Roth est le petit-fils d’immigrés juifs. Ses œuvres seront fortement influencées par son milieu social. Sa ville natale y constitue un  personnage à part entière. Il étudie à l’université de Pennsylvanie puis à Chicago. Après avoir enseigné les lettres, il s’installe à New York pour se consacrer à l’écriture. Il commence à publier dans le New Yorker. En 1959, il rencontre le succès avec son premier recueil de nouvelles, Goodbye Columbus qui dresse un portrait au vitriol de l’Amérique. La critique salue presque unanimement la naissance d’un écrivain en lui décernant le prestigieux National Book Award…

Une célébrité qui sent le soufre

Avec Portnoy et son complexe (nouvelle fenêtre) en 1970, il s’attire les foudres de la communauté juive-américaine, ce qui lui vaut d’être considéré comme l’« enfant terrible » du roman juif-américain jusqu’aux années 1990. Car ce monologue comique traite du sort d’un jeune avocat juif, traumatisé par une mère à l’amour étouffant, sur le divan de son psychanalyste. Il s’en prend à l’éducation archaïque qu’il a reçue de ses parents et qui d’après lui, héréditairement, traumatise les enfants. La forme narrative choisie confère au récit une grande liberté, le ton est vif et âpre.

Avant que l’auto-fiction ne soit inventée il se compose un alter ego, Nathan Zuckerman, (qu’il fait apparaitre dans 9 livres) notamment dans les trois romans universellement célébrés de la Trilogie  américaine qui débute avec La pastorale américaine  (nouvelle fenêtre) où Nathan Zuckerman lui-même évoque les failles mais surtout les revers du rêve américain devenu tas de cendres, avec les ravages de la guerre du Vietnam. Dans ce livre, l’auteur fait tordre le cou aux mythes d’un autre âge. Il obtient pour ce titre le Pulitzer en 1998.

J’ai épousé un communiste (nouvelle fenêtre) : en 1998, dans ce récit à deux voix, Nathan Zuckerman et son vieux professeur remontent le fil d’une mémoire brouillée, celle d’Iron Ringold, celle d’une Amérique plongée dans la tourmente du maccarthysme, au temps de la peur paranoïde de la subversion communiste. C’est une nouvelle fois brillant ! Avec une plume acérée et érudite, il dresse un portrait décapant d’une Amérique malade de son conformisme et de ses peurs.

Dans l’excellent roman La tache (nouvelle fenêtre) il dénonce une Amérique puritaine et renfermée sur elle-même. Ce texte lui permet d’obtenir le Médicis étranger en 2002. Il s’agit d’un roman sur l’affaire Lewinsky qui défraye la chronique à cette époque : Nathan Zuckerman y retrouve l’épaisseur perdue dans les deux précédents volumes. Cette fois, l’action se situe dans un campus universitaire où le héros est convoqué par le professeur Coleman pour raconter sa version de l’histoire. Comme dans les précédents textes de Philip Roth, il est question de trahisons et de vengeances.

L’auteur inspire le cinéma puisque plusieurs de ses grands livres ont été adaptés. Voici un extrait de La Couleur du mensonge (2003) de Robert Benton, transposition de La tache, interprété par Anthony Hopkins et Nicole Kidman.

Parallèlement à cette trilogie, il n’a cessé d’écrire, et je ne vais pas ici vous dresser une liste in extenso de ses œuvres, mais plutôt mettre l’accent sur certaines. Si l’auteur a abordé des thèmes récurrents, telle l’histoire récente des États-Unis, il est aussi obsédé par l’identité, le sexe, et règle ses comptes avec les femmes (on l’accusera du reste d’être misogyne), mais aussi avec « les rabbins, les hommes politiques, les psychanalystes et les critiques littéraires », selon ses propres mots.  Dans la grande tradition Balzacienne, il parle dans chaque livre d’argent, plutôt la notion du patrimoine familial, comme héritage culturel transmis par les parents.

Dans Patrimoine : une histoire vraie (nouvelle fenêtre) (en 1994) justement il y fait forcement référence. Puisque l’on suit l’agonie de Herman son père pendant que l’auteur le guide et l’assiste jusqu’à s’identifier à lui. Texte cruel et émouvant dont il fait un récit universel pour ne jamais oublier, avec retenue et causticité.

Il écrit La bête qui meurt (nouvelle fenêtre) en 2001 sur la révolution sexuelle des années 1960. On retrouve ici les thèmes chers à Philip Roth  : les plaisirs de la chair, les conventions rigides dans une Amérique bien-pensante, les souvenirs de la révolution sexuelle… à travers le portrait de ce professeur sympathique, esthète érudit et cultivé, pris dans le piège de la dépendance amoureuse.
Brillante analyse des comportements humains, réflexion sur la vieillesse et la mort, c’ est un petit bijou de finesse et d’émotion.

Le complot contre l’Amérique (nouvelle fenêtre) (2004) imagine le destin d’une famille juive de Newark si les États-Unis avaient élu l’aviateur Charles Lindbergh, un sympathisant nazi notoire, plutôt que Franklin D. Roosevelt en 1940. Des observateurs affirment que la présidence de Donald Trump permet d’apprécier ce dernier ouvrage sous un nouveau jour.

Dans Un homme (nouvelle fenêtre) (2006) il décrit avec fatalisme et brio le destin de cet homme, dont on ne connait même pas le nom. Ainsi, chacun pourra y trouver sa part de vérité. La maladie, la vieillesse, la peur de ne plus séduire, les mariages ratés, les enfants détestés, une fille chérie, des liens très forts avec un frère, l’histoire du papa juif qui aura tout fait pour cet homme… autant de petites aventures, certes banales dans la vie de tout un chacun, mais que Roth a le secret de dévoiler avec justesse Un homme simple, stoïque, digne face à la maladie, un homme comme nous tous, capable du pire et du meilleur, voué à la finitude.

Indignation (nouvelle fenêtre) (2008)  : en pleine guerre de Corée, Marcus Messner, jeune garçon d’origine juive et fils de boucher de Newark, sérieux et travailleur, bon fils, et excellent élève subit le harcèlement de son père, en proie à une véritable paranoïa au sujet de son fils bien-aimé.

Le Rabaissement (nouvelle fenêtre)  (2009)  : Simon Axler fut un très grand écrivain… À 60 ans, il a perdu son talent, sa magie et sa confiance en lui. Encore une fois, Philip Roth fait avec ce roman une magnifique composition d’intelligence, d’érotisme et de désolation.

Dans Némésis (nouvelle fenêtre) paru en 2010, il relate les ravages causés auprès de la jeunesse par la guerre en 1944, et une terrible épidémie de poliomyélite qui sévit à Newark et se propage.  Et il annonce que ce sera son ultime roman.

S’il adopte un ton caustique dans la première partie de son œuvre, il aura tendance à devenir plus contestataire, moins provocateur au fil de ses écrits.

Fin observateur de la société américaine et de ses travers, le natif de Newark avait été régulièrement pressenti pour le Nobel de littérature, sans jamais l’obtenir. Sa plume exigeante, sa lucidité implacable sur la bien-pensance de la société américaine, ses conformismes et préjugés ont valu à Philip Roth d’entrer en France, dans le collection de la Pléiade en 2017, temple sacré des virtuoses de la littérature, réparant ainsi l’affront de l’Académie Suédoise.

Voici quelques citations qui jalonnent ses œuvres :

Dans Complot contre l’Amérique :

Ne vient-il pas un temps dans la vie où le devoir est le plaisir, plutôt que le plaisir un devoir.

Dans La bête qui meurt

Le vrai écrivain n’est pas celui qui raconte des histoires, mais celui qui se raconte dans l’histoire. La sienne et celle, plus vaste du monde dans lequel il vit.

Le rabaissement

Ne vous battez pas contre vous-même. Il y a suffisamment de cruauté dans le monde

Indignation

N’attends pas que ta main soit froide pour donner

Un Homme

La paix intérieure vient de n’avoir personne à ses trousses, personne qui vous caricature, ou qui vous snobe ou qui vous méjuge.

Un autre nom à l’œuvre clairvoyante et puissante, Tom Wolfe, nous a lui aussi quitté le 10 mai 2018 à l’âge de 88 ans, nous laissant orphelins d’un autre  grand conteur de l’Amérique moderne.

Relisez : Le bucher des vanités (nouvelle fenêtre ) (1987) succès mondial qui dénonce les codes sociaux des États-Unis du XXe siècle. L’étoffe  des héros (nouvelle fenêtre) fresque sur fond de guerre froide avec les étoiles comme enjeu : 7 astronautes à la conquête du ciel. Moi, Charlotte Simmons (nouvelle fenêtre), avec une intrigue en milieu universitaire gangréné par le laxisme des profs et le matérialisme des étudiants.

Ces livres que vous avez aimé… ces livres que vous aimerez …

2 Juin

Nathan Hill, Britt Bennett, Alice Zeniter, Frank Thilliez, Sorj Chalandon, Colson Whithead, Lapena Shari, Eric Reinhardt, Miguel Bonnefoy, Abby Jenny… vous avez été nombreux à encenser les romans de ces auteurs, à l’aube de l’été, je vous propose de découvrir des romanciers que vous pourriez aimer avant (ou pendant) les vacances.

Je vais commencer par saluer l’œuvre de Karl Ove Knausgaard intitulée Mon combat (nouvelle fenêtre) (non sans provocation). Son autobiographie, quatrième tome paru en 2017  Aux confins du monde (nouvelle fenêtre)  est puissamment addictive. Cette entreprise se déclinera en 6 volumes. Bien qu’adulé dans le monde entier et mystérieusement sous-estimé en France l’écrivain norvégien a  décidé de raconter entièrement sa vie. Le décès de son père, son histoire d’amour, son enfance ou la fin de son adolescence qui est le sujet d’ aux confins du monde. Dans un style brut, direct avec une capacité à atteindre l’universel, à saisir l’essentiel tout en offrant un vrai regard sur la société nordique, et l’identité masculine.

  • Si vous avez aimé de Nathan Hill Les fantômes du vieux pays (nouvelle fenêtre) Tantôt satire d’une jeunesse ultra connectée des années 2010, tantôt fissuration d’un idéal, le livre fait de chaque chapitre un univers à lui seul. L’auteur nous transporte en Irak, dans un fourgon rempli de GI s, avant de nous faire vivre à l’intérieur d’un jeu vidéo. Ce livre est une fine méditation sur l’identité, la perte, le besoin et la difficulté de vivre ensemble dans un monde dissolu.
  • Vous aimerez peut-être de Jonathan Franzen Phénomènes naturels (nouvelle fenêtre). Dans ce roman polymorphe on retrouve le talent atypique de cet auteur américain. La comédie familiale satirique qui se joue dans ce livre se transforme  ensuite  en se muant en un thriller écologique.
  • Si vous avez aimé ce premier roman étranger de Brit Bennett  Le cœur battant de nos mères (nouvelle fenêtre ) Cette jeune prodige livre un roman aussi grave que sensible sur l’entrée dans l’âge adulte. Adolescente Afro-américaine de Californie, Nadia perd brutalement sa mère. Deuil quelque peu atténué par l’arrivée de Luke, le fils du pasteur. Brit Bennett sait associer poésie et puissance narrative. Elle traque les doutes  et les joies de toute une communauté d’une plume mature et incroyablement lumineuse.
  • Vous aimerez peut-être le très joli roman dIsabelle Carré  Les rêveurs (nouvelle fenêtre) Dans ce livre qui commence comme un roman, et qui s’achève plutôt comme un récit autobiographique, la comédienne raconte son enfance et son adolescence dans les années 70 dans une famille un peu décalée.
  • Si vous avez aimé d’Alice Zeniter L’Art de perdre (nouvelle fenêtre) Plus d’un demi-siècle après la signature des accords d’Evian, la guerre d’Algérie resurgit grâce à cette fresque romanesque puissante et audacieuse, habilement documentée,  qu’ Alice Zeniter  relate à plusieurs voix. Celles d’Ali, Hamid, Naîma et tous les autres embarqués dans un voyage qui ne finit jamais émigrés perpétuels, ces générations successives seront prisonnières d’un passé tenace. Elle détaille les conditions de vie de cette famille Kabyle comme les autres qui porte les stigmates de cette guerre, des morts, de l’exil, du travail aliénant. Il a été couronné de nombreux prix, amplement mérités,  notamment le Goncourt des lycéens 2018. Avec une sensibilité rigoureuse et vaillante, Alice Zeniter, 31 ans, met des mots sur cette interminable aphasie, celle d’une .famille, la nôtre aussi.
  • Vous aimerez peut-être de Blas de Roblès Dans l’épaisseur de la chair (nouvelle fenêtre) , c’est à travers l’histoire personnelle d’un homme, tout un pan de l’histoire de l’Algérie, depuis l’arrivée des grands-parents, venus d’Espagne, jusqu’au retour en France, au début des années 60. Et ça commence par une apostrophe terrible, lancée par le père à son fils – Tu n’as jamais été un vrai pied-noir ! – doublée d’une question en écho : Qu’est-ce qu’un vrai pied-noir ? Le récit est enlevé, brillant, philosophique, drôle Et avant tout, le magnifique hommage d’un fils à son père.
  • Pour changer de genre vous avez été nombreux à plébisciter Frank Thilliez et son Sharko (nouvelle fenêtre). Avec son talent incontournable et une trame des plus captivantes, l’auteur nous plonge dans les abysses du sang et de l’horreur. Impossible d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue.
  • Vous aimerez peut-êtreNuit (nouvelle fenêtre) de Bernard Minier,  le retour tant attendu de Servaz dans un face à face angoissant avec Hirtmann, nuit de tempête en mer du Nord secoué par des vents violents l’hélicoptère dépose Kirste Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L’inspectrice Norvègienne mène l’enquête sur le meurtre d’une technicienne de la base off-shore. Un homme manque à l’appel, en fouillant sa cabine Kirsten trouve une série de photos. Quelques jours plus tard elle est dans le bureau de Martin Servaz, l’absent est Julien Hirtmann un tueur retors et insaisissable que Martin traque depuis des années. C’est le début d’un voyage terrifiant au bout de la nuit le plus redoutable des ennemis.
  • Si vous avez aimé de Sorj Chalandon Le jour d’avant (nouvelle fenêtre) ce livre est un vibrant hommage aux mineurs qui ont perdu la vie à Liévin-Lens en 1974. Cette histoire que l’auteur retrace avec détails et émotion rend compte de leurs conditions de travail, de l’esprit de famille qui les animait, comme de leur fierté d’exercer un métier qu’ils se transmettaient de génération en génération. Le manque de reconnaissance de la nation les blessait d’autant plus. C’est une belle histoire classique qui suffirait à nourrir le livre, mais Sorj Chalandon ménage à son lecteur un ultime et imprévisible rebondissement digne de ses qualités de grand auteur. Une finesse d’écriture, une intrigue violente et haletante, la sensibilité de ses mots et Sorj Chalandon nous embarque et nous bouleverse.
  • Vous aimerez peut-être :  Les loyautés (nouvelle fenêtre) de Delphine de Vigan. Finie l’autofiction pour Delphine de Vigan. Avec ce texte  elle fait place à un roman social abordant un certain nombre de thématiques actuelles. Les destins croisés de quatre personnages : Théo, enfant de parents divorcés ; Mathis, son ami, qu’il entraîne sur des terrains dangereux ; Hélène, professeure de collège à l’enfance violentée, qui s’inquiète pour Théo ; Cécile, la mère de Mathis, qui voit son équilibre familial vaciller. Une exploration des loyautés qui les unissent ou les enchaînent les uns aux autres.
  • Si vous avez aimé  Underground railroad (nouvelle fenêtre) de Colson Whithead : Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Et va vivre une incroyable odyssée. Colson Whithead avec une originalité et une maitrise époustouflante explore les mécanismes du racisme. À la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une œoeuvre politique d’ aujourd’hui plus que jamais nécessaire.
  • Vous aimerez peut-être de Véronique Olmi  et Bakhita ( nouvelle fenêtre ) L’histoire de Bakhita née au Darfour est un cauchemar, enfant elle est enlevée et vendue à des négriers musulmans et entre dans un univers de violence et d’humiliation. Dans ce roman pénétrant Véronique Olmi a su trouver les mots pour dire la souffrance, l’horreur, l’abjection des hommes, autant que la beauté, la bienveillance et l’amour de son héroîne.
  • Si vous avez aimé de Lapena Shari Le couple  d’à côté (nouvelle fenêtre). Lorsque  leur bébé  disparait Le chagrin, l’angoisse,  l’espoir,  la déception,  les interrogations  transforment  la vie d’Anne et de Marco, deux jeunes parents  en  enfer,  d’autant  plus  que  les  médias  ont  envahi  le quartier  ne  leur laissant  aucun répit. Et nous voici entraînés dans la spirale diabolique de ce thriller psychologique qui réussit habilement à jouer avec nos nerfs.
  • Vous aimerez peut-être de Paula Hawkins Au fond de l’eau (nouvelle fenêtre) la star mondiale du thriller « psychologique domestique » est donc retour avec ce « Au fond de l’eau ». Trois femmes, parmi onze personnages, habitent le roman de Paula Hawkins dans une atmosphère sombre et gothique. Inéluctablement, on s’enfonce au fond de l’eau. Oui, pourra-t-on vraiment remonter à la surface ?…Le canevas est habile, il aborde avec sensibilité les violences faites aux femmes.
  • Si vous avez aimé dEric Reinhardt La chambre des époux (nouvelle fenêtre) Dans ce roman se déploie plusieurs histoires gigognes qui se croisent et se mêlent dans une construction paradoxalement remarquable d’évidence et de clarté. Ici l’imaginaire intime de l’auteur se lâche plus que jamais. Sophistiqué, romantique et impudique, élégant, tranchant, il suit inlassablement pourtant son fil conducteur, cette quête de la beauté universelle censée sauver le monde à travers l’amour et l’art.
  • Vous aimerez peut-être de Grégoire Delacourt  La femme qui ne vieillissait pas (nouvelle fenêtre) est un conte réaliste sur le rêve de beaucoup de d’hommes et de femmes : arrêter le temps qui passe quand il est encore temps.
  • Si vous avez aimé de Miguel Bonnefoy Sucre noir (nouvelle fenêtre )  Vous allez plonger dans l’ambiance des pirateries, avec l’odeur sucrée et enivrante du rhum dans le climat humide des mangroves. Vous découvrez les personnages forts et attachants avec leurs secrets. Dans une prose somptueuse, on y voit  Chacun chercher son trésor comme des pirates. Envoutant et sensuel ce court roman est addictif.
  • Vous aimerez peut-être de Virginie Caille-Bastide Le sans-Dieu (nouvelle fenêtre) Premier roman d’aventure prometteur qui débute en 1709 en Bretagne, et que l’on retrouve ensuite dans la mer des Caraïbes tout y est la vengeance, les secrets, l’île au trésor, les batailles, les trahisons, les amitiés. l’auteur utilise le style de langage propre au 18e siècle. Cela peut surprendre mais on s’y fait très vite.
  • Si vous avez aimé d’Abby Jenni Farallon Island (nouvelle fenêtre). Cette petite merveille de mécanique romanesque vous emporte a un rythme haletant dans un enchaînement de situations de survie sur une féroce et magnifique île qui semble regorger de secrets. L’univers suggéré est étouffant, angoissant, et s’adresse autant aux amateurs de policiers qu’aux passionnés de romans naturalistes. Dans cet envoûtant à huis clos, tendu à l’extrême, la psychologie d’une équipe de  scientifiques est décortiquée et analysée avec une grande subtilité. Un roman où la nature, nous hante longtemps après la lecture.
  • Vous aimerez peut-être de Jenni Fagan Les buveurs de lumières (nouvelle fenêtre) Troublant roman d’apprentissage tout en clair-obscur, sur fond de crise climatique et de fin du monde, étrange et lent ce roman a un charme qui se déploie, laissant place à un sentiment d’amour et d’espoir étrange et beau.
  • Ou d’Emily Fridlund Une histoire des loups (nouvelle fenêtre ) Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. . La jeune fille entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Troublant et poétique, Best-seller dès sa parution aux États-Unis, ce premier roman  a été acclamé par la critique.

Si vous possédez une liseuse ou une tablette, n’oubliez pas que certaines de nos pépites sont disponibles en version numérique !

De la plume à la caméra (2) : L.A Confidential

24 Mai

On ne compte plus les adaptations littéraires au cinéma. Contes, épopées, romans, tout y passe. Certains films sont d’ailleurs plus connus que le livre dont il est tiré. Adaptation fidèle au texte, transposition dans notre époque, le succès est souvent au rendez-vous. Mais comme le dit Julien Gracq : 

Pour qu’un roman devienne un très bon film , il faut que le film soit autre chose. Il s’agit de chercher une sorte d’équivalent mais qui ne se limite pas à la simple transposition visuelle.

Après Dans ses yeux, voici L.A Confidential.

Le livre :

L.A Confidential (nouvelle fenêtre) de James Ellroy (1990)

LA Confidential de James Ellroy (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) L.A Confidential est un roman policier historique de James Ellroy, troisième tome de sa série Le Quatuor de Los Angeles qui en compte quatre : Le Dalhia Noir, Le Grand nulle part, L.A Confidential, et White Jazz.
1950. Edmund « Ed »Exley, est un policier intègre, ambitieux, prêt à tout pour éclipser son père.
Wendell « Bud » White, officier de police aggressif, ayant vu son père abattre sa mère, a développé une haine haineuse à l’égard des hommes qui maltraitent les femmes.
Jack « Poubelle »Vincenne, alimente en affaires et scoops, l’Indiscret, un magasine à scandales;
Les trois hommes très différents vont devoir s’associer pour élucider 6 assassinats…

Un extrait du livre :

Pensez-vous qu’il faille autoriser l’existence d’une certaine fraction du crime organisé afin qu’elle perpétue certains vices acceptables qui ne font de mal à personne ? Bien sûr, une façon de défendre l’électorat. Il faut bien laisser un peu de mou sur la ficelle.

Le mot de l’éditeur : Trois flics pris dans un tourbillon , un cauchemar qui teste leur loyauté et leur courage, un cauchemar d’où toute pitié est exclue et qui ne permet à personne de survivre. L.A Confidential est un roman noir épique.

La critique de polars-addict.com : James Ellroy maîtrise admirablement le rythme de son récit en alternant temps forts et temps faibles, utilisant ici et là des ellipses temporelles agrémentées d’articles de journaux pour faire un bon en avant de quelques années à son récit, permettant par exemple de faire passer un flic des moeurs à la brigade anti-drogue.

Le film :

LA Confidential (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) L.A Confidential (nouvelle fenêtre) de Curtis Hanson (1997)

Dans le Los Angeles des années 50, alors que la ville est sujette à une vague de règlements de comptes après la chute du caïd de la drogue Mickey Cohen, la police criminelle se mobilise toute entière sur l’affaire de « L’Oiseau de nuit », un massacre au cours duquel est tombé un ancien flic.

 

Un extrait du film :

L’avis de Cécile Mury dans Télérama (nouvelle fenêtre) : du polar magistral de James Ellroy, Curtis Hanson a su faire un grand film. Sans doute l’une des meilleurs adaptations des vingt dernières années. On admire un Guy Pearce méconnaissable, alors à peine sorti du succès de drag queen dans Priscilla folle du désert. On est touchés par Russel Crowe « pré Gladiator », qui parvient à donner une étonnante vulnérabilité à son personnage de tape-dur. Quant à Kevin Spacey, il offre à son flic « vendu » le mélange parfait de cynisme et de spleen ».

L’avis d‘avoir-alire (nouvelle fenêtre) : Hanson travaille les motifs du noir, de la femme fatale à la corruption généralisée, pour recréer un monde qui est autant celui du Los Angeles des années 50 que de sa représentation cinématographique.

L’avis de Guillaume Loison dans Télé obs (nouvelle fenêtre) : un film noir fluide, clair et sans bavure (comme cette lumière cristalline, presque aqueuse, signée Dante Spinotti, le meilleur chef opérateur du monde), tout en respectant l’atmosphère de stupre mélancolique et de folie furieuse qui fait le sel des créations littéraires du « Dog ».

Un livre foisonnant pour celles et ceux qui aiment le noir, peuplé de garces, de flics tourmentés, d’escrocs en tout genre, et un film au casting époustouflant (mention spéciale à Russell Crow et Guy Pearce).

Pour vous faire une idée, le livre et le film sont disponibles à La Médiathèque.

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