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Idées lectures, l’Asie à travers la littérature (1)

21 Mar

Le printemps est arrivé avec ses floraisons, ses parfums et ses premières belles journées, alors, préparer ses prochaines vacances met du baume au cœur et permet d’entamer la rêverie autour de ces paysages, décors urbains exotiques et populations attachantes. Projetez-vous grâce à ce billet : découvrez avec plaisir des lieux que vous parcourrez et faites surgir des odeurs, des atmosphères de cet ailleurs.

Les bibliothécaires vous font partager leurs romans et bande-dessinées préférés sur la Birmanie, la Thaïlande et le Cambodge.

Le Myanmar

Voici la Birmanie, un pays qui sera différent de tous ceux que tu connais. Rudyard Kipling

La Birmanie a inspiré de nombreux auteurs occidentaux, y compris deux lauréats du Prix Nobel de Littérature. Cependant sa richesse littéraire est voie de disparition aujourd’hui…

Pour vous donner envie, voici deux chroniques extraites de la rubrique info du site d’Arte Birmanie : à lire et à voir (nouvelle fenêtre), du 9 octobre 2015.

Le Palais des miroirs de Amitav Ghosh (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Le Palais des miroirs (nouvelle fenêtre), Amitav Gosh, 2002

Une magistrale saga familiale qui s’ouvre sur l’exil des derniers souverains birmans vers l’Inde en 1885, raconte le sort des ouvriers agricoles indiens venus trimer dans les plantations de caoutchouc en Birmanie et se clôt sur un rassemblement autour de la maison d’Aung San Suu Kyi. Amitav Gosh est un célèbre écrivain indien, multi-primé pour sa vision critique et détaillée du système colonial en Asie.

Chroniques birmanes (nouvelle fenêtre), Guy Delisle, 2007Chroniques birmanes de Guy Delisle (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Le dessinateur québécois s’est fait connaître par les chroniques de sa vie d’expatrié dans plusieurs pays en développement, au gré des missions de sa femme Nadège, collaboratrice de Médecins sans frontières. Dans cet album sur la Birmanie où il a passé quatorze mois, il croque avec humour ses désillusions au quotidien, son rôle de père, l’absurdité du régime dictatorial, les rumeurs qui circulent, les scandales de drogue ou de corruption, son obsession pour la maison d’Aung San Suu Kyi où la figure de l’indépendance a été assignée à résidence pendant quinze ans.

À lire également le désormais classique de Joseph Kessel La vallée des rubis (nouvelle fenêtre).

La Thaïlande

La Thaïlande n’est pas seulement un pays de plages et de temples somptueux. Au-delà des clichés, une littérature fascinante ne demande qu’à se faire connaître, et une pléiade d’auteurs talentueux propose des œuvres de qualité.  Extrait d’un article d’ActuaLitté de Clément Solym du 18/04/2011 (nouvelle fenêtre) .

cafe-lovely de R. Lapcharoensap (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Café Lovely (nouvelle fenêtre), R. Lapcharoensap, 2005

Extrait des avis de La Médiathèque – Florence B.

Saviez-vous vous que les « farangs » ne sont intéressés comme le dit la mère de Luk que par « le cul et les éléphants » ? Le ton de ces nouvelles est donné dès le premier récit ! La Thaïlande souffre encore de cette image consumériste, mondialisée et du tourisme sexuel mais dans ces nouvelles pleines d’humour, de tendresse, d’émotion, de tristesse, le lecteur va découvrir une autre Thaïlande. L’originalité de ces nouvelles vaut surtout pour leur dimension sociologique. On y découvre dans Café Lovely, qui donne le titre à ce recueil,  les relations entre deux frères livrés à eux-mêmes, dans Tour au paradis, le voyage à Koh Lukmak d’une mère bientôt aveugle et de son fils, dans Priscilla la Cambodgienne, l’accueil fait par les Thaïs aux immigrés cambodgiens avec l’image frappante de Priscilla et de ses dents en or ou encore dans la dernière et certainement la plus aboutie de ses nouvelles : Combat de coqs, l’histoire d’un homme qui, par les défaites essuyées par ses coqs au combat, entraîne sa famille dans la déchéance.

La maturité et la lucidité exprimée ici, par Rattawut Lapcharoensap, jeune auteur américain, ayant grandi à Bangkok, en font un recueil très précieux pour qui veut découvrir la Thaïlande sous un autre angle.

À lire également Bangkok 8 de John Burdett (nouvelle fenêtre), Les cafards de Jo Nesbo (nouvelle fenêtre), Les oiseaux de Bangkok de Manuel Vasquez Montalban.

Le Cambodge

Longtemps orale, la littérature cambodgienne peine à s’exporter aujourd’hui.

L’élimination (nouvelle fenêtre), Rithy Panh, 2012 L'élimination de Rithy Panh (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Extrait des avis de La Médiathèque – Isabelle D.

Récit et souvenirs au fil de l’interview du responsable de M13 puis de S21, centres de torture du régime de Pol Pot… Petit à petit, se dessine le portrait de Duch, bourreau et criminel de masse au service du régime totalitaire khmer, entre affirmations politisées, slogans, omissions et réécriture de l’Histoire. Sous la plume du narrateur, de plus en plus perturbé par ces entretiens, deux versions se confrontent, celle du survivant, Rithy Panh, enfant d’une famille d’intellectuels humanistes et celle de l’ancien tortionnaire, fier de l’organisation du processus de mort qu’il a mise en place puis améliorée sans relâche. Outre l’usage de tortures systématiques et arbitraires, outre l’élimination systématique d’une population à rééduquer, outre le génocide de plus de 1.7 millions de personnes, le plus troublant dans cette lecture, pour le lecteur autant que pour le narrateur, sont les mots même de Duch, reflet de cette parole qui fut l’outil privilégié du régime du Kampuchéa démocratique. L’invocation constante de l’idéologie de l’Angkar (l’Organisation révolutionnaire) le goût pour la méthode, la dialectique, l’abandon de toute sincérité pour une langue lisse  où tout devient équivalent, sans poids. 40 ans plus tard, les mots de Duch sont restés ceux d’une propagande. Ils font résonner l’inhumanité d’un régime dont Duch se dit « otage et acteur », illustrant à l’envers les propos de l’auteur qui souhaite « donner à voir par les mots », projet et œuvre d’une vie, celle d’un jeune garçon devenu cinéaste. Volonté de témoigner et de questionner, hommage à tous ceux qui sont morts… C’est en évoquant la force morale de ses parents, que Rithy Panh écrit cette terrible expression « la puissante banalité du bien ». À lire avant de regarder les films de ce grand cinéaste.

L’anniversaire du roi (nouvelle fenêtre), Marc Trillard, 2016 L'anniversaire du roi de Marc Trillard (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Extrait des avis de La Médiathèque – Florence B.

Victor-Vong, artiste franco-khmer mis au ban du Tout-paris débarque à Phnom Penh pour redorer son blason d’artiste. Il a un grand projet : réaliser 90 portraits pour célébrer l’anniversaire du roi du Cambodge Norodom Sihanouk qui sous peu soufflera ses 90 bougies. Pour ce faire, il réunit de jeunes étudiants cambodgiens qui seront chargés de prendre pour modèle la population cambodgienne. Beau projet mais en 2012, le retentissant procès des criminels khmers est en cours et remue profondément le pays. Un roman déroutant au départ par sa langue, entre humour et tragédie, qui raconte la grande Histoire au travers des tribulations de cet artiste médiocre mais attachant. Non seulement on revit le traumatisant épisode du génocide cambodgien, mais on ressent également l’atmosphère, on se régale des soupes, on vit au rythme du marché central. Marc trillard relève avec défi ce pari et fait de ce roman une véritable réflexion sur la nature humaine, sur le devoir de mémoire. Une très agréable lecture et une découverte du pays garantie !

Les bibliothécaires vous souhaitent de belles lectures, en attendant le prochain article !

Jetez-vous à l’eau : lisez un livre.

2 Déc

La Grande Vague de Kanagawa, une estampe de Hokusai au Metropolitan Museum of Art

Sans eau pas de vie ! La richesse du thème, son actualité en font le sujet de bien des livres, documentaires bien sûr, déclinés de différentes façons, que ce soit dans le domaine politique, environnemental, technique, ou géographique. En littérature, poésie et théâtre, l’eau symbolise le rêve, ses références aquatiques positives ou négatives, peuvent être présentées sous différentes formes : source, puits ou fontaine, ruisseau, rivière ou fleuve, lac, étang ou marécage, mer ou océan, glace, pluie ou brouillard, et même larmes ! C’est un thème fascinant par excellence depuis l’antiquité.

Pour nous imprégner de cet élément lénifiant ou tonique à ses heures, je vous propose de vous « replonger » dans quelques passages du Bateau ivre d’Arthur Rimbaud.

«  Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages, Porteur de blés flamands ou de cotons anglais. Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages, Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées, Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants, Je courus ! Et les Péninsules démarrées N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes. Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes, Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !… »

Pour aller plus loin sur le sujet et saisir ses paradoxes, lisez cet article Les mythes et les symboliques sur le site du Centre d’information sur l’Eau avant de vous embarquer dans le flot des ces quelques romans.

Pierre Loti avec  Pêcheur d’Islande  est par excellence un roman de marin, puisque c’était du reste le métier de l’auteur.

Dans Colline de Jean Giono, tout est liquide, a la consistance de l’eau, et du feu c’est du reste le point central de l’œuvre.

Dans Manon des sources : l’eau des collines de Marcel Pagnol, le cœur du roman même touche à l’eau, déjà de par son titre, ainsi que dans cette région aride de Provence, où il se déroule, et où l’on recherche une source.

Dans la nouvelle fantastique Sur l’eau de Guy de Maupassant, il est question d’angoisse et de suspense, avec une découverte morbide faite par un  canotier sur la Seine.

Dans le grand Meaulnes d’Alain-Fournier, l’action se situe en Sologne entre étangs et marais, lieux où l’on chasse et l’on pêche.

On ne résume plus Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne,  si ce n’est par l’apparition d’une bête monstrueuse en 1866 dans plusieurs mers du globe qui défraie la chronique.

Le nègre de Narcisse de Joseph Conrad suit le périple d’un voilier qui quitte Bombay, en direction de l’Angleterre avec un équipage hétéroclite.

Dans Vendredi  ou les limbes du pacifique Michel Tournier revisite le thème de Robinson et aborde   l’eau (ne serait-ce que par la lieu, une île perdue), ainsi que les autres éléments.

Tahar Ben Jelloun dans partir situe son action à Tanger au bord d’une falaise, il est aussi question de prendre le bateau.

Chez Jean-Marie-Gustave Le Clezio, on constate l’apparition constante des éléments qui sont présents dans la nature ( la lumière, l’eau, le sable, la mer etc…) ce peut être dans Désert, par exemple.

Dans un barrage contre le pacifique de Marguerite Duras, une jeune veuve se débat contre les inondations sur ses terres non-cultivables.

Ainsi dans Les Derniers Jours de Corinthe, Alain  Robbe-Grillet salue ce « vieil océan aux vagues de cristal » et dévoile l’influence des mouvements de la mer sur son travail d’écriture.

La Rivière Espérance de Christian Signol trace le destin d’une famille de bateliers qui naviguaient sur la  Dordogne.

Dans l’Epopée du buveur d’eau de John Irving, le protagoniste farfelu du livre, suite à un problème urinaire, doit boire beaucoup d’eau.

Dans le supplice de l’eau Perceval Everett utilise l’eau comme pratique de torture dans la prison d’Abou Grahib à des fins exterminatrices.

Avec Le convoi de l’eau Akira Yoshimura trace d’une façon délicate, le destin d’une petite communauté liée aux travaux d’un barrage empêchant que leur village ne soit englouti.

Les Déferlantes de Claudie Gallay se situe au cap de la Hague dans le Cotentin, il y est question de secret porté par le vent.

Dans la grande nageuse d’Olivier Frébourg, Marion et le narrateur ont la même passion pour l’océan, lui en tant que marin et elle nageuse.

Nous sommes l’eau de Wally Lamb où le destin d’Annie s’apprête à franchir une nouvelle étape à Three rivers la ville où elle a vécu 27 ans baignée comme son nom l’indique par les rivières. Métaphore utilisée aussi dans ses choix de vie.

Catherine Poulain avec Le grand marin nous entraine dans une vie âpre et rude, celle d’une femme qui  voyage au cœur de l’Alaska où elle va pêcher le flétan.

On peut aussi évoquer  des récits de voyage comme Le passant du bout du monde de Francisco Coloane ou La longue route : seul entre ciel et mer de Bernard Moitessier

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  L’eau et le liquide en général s’infiltrent dans toutes les grandes thématiques. Elle rythme la vie des personnages et reflète leurs questionnements profonds et ceux de leur auteur, Dans  L’eau et les rêves de Gaston Bachelard, le philosophe se laisse davantage guider par les images des poètes en s’abandonnant à sa propre rêverie, dans un texte érudit. L’écoute de l’eau et de ses mystères entraine son lecteur dans une superbe méditation.

1942 – C’est près de l’eau que j’ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l’intermédiaire d’un rêveur. Si je veux étudier la vie des images de l’eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays. Je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin de la Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. La plus belle des demeures serait pour moi au creux d’un vallon, au bord d’une eau vive, dans l’ombre courte des saules et des osières.

Et maintenant, c’est à vous : plongez dans la lecture et laissez-vous porter  !

Un souffle d’Amérique : la littérature dans tous ses Etats (2)

12 Nov

Depuis le 8 novembre  2016, les États Unis ont un nouveau président. Et si c’était l’occasion de plonger, état par état, de l’Alabama au Wyoming, dans la diversité et l’histoire de ce pays ? Je vous propose un panorama de quelques livres, les meilleurs possibles, dont l’action se déroule dans l’un de ces États et qui vous permettront de survoler tout un pays à travers la riche palette qu’offre sa littérature.

Alabama : Harper Lee. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur  , un petit bijou de fraicheur qui développe les thèmes du racisme, de la ségrégation et de l’éducation.

Alaska : David Vann. Sukkwan island, un roman au suspense inoubliable qui revisite les rapports humains avec brio. Un jeune auteur américain de tout premier plan.

Arizona : Brady Udall. Le destin miraculeux d’Edgar Mint, un roman inclassable, original et poétique, il est aussi plein d’humour.

Arkansas :  Maya Angelou. Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage , une œuvre majeure de la littérature américaine du XXe siècle qui aborde les thèmes de l’identité, du racisme, de la résilience et l’apprentissage du langage et de la littérature.

Californie : John Steinbeck. Les raisins de la colère, l’aventure misérable d’une famille espérant échapper à la grande dépression.

 Caroline :  David Payne. Le monde perdu de Joe Madden, magnifique récit à 3 voix sur l’amour, l’enfance, les illusions perdues.

Colorado :  Craig Davidson. Cataract Falls, roman initiatique intimiste et mélancolique.

Connecticut :  Wally Lamb. Le chagrin et la grâce, odyssée désespérée d’un homme en quête d’identité.

Dakota : Louise Erdrich.  la Malédiction des colombes, roman choral sur l’amitié, le sang, le poids du passé.

Delaware :Toni Morrisson. Beloved, l’histoire d’une ancienne esclave hantée par un fantôme.

Floride : Russell Banks. Lointain souvenir de la peau, réflexion sur le monde contemporain, méditation sur la chute, la perte de l’innocence et l’exclusion.

Georgie : Margaret Mitchell. Autant en emporte le vent, texte mythique qui mêle amours romantiques et violentes pendant le drame de la guerre de sécession dans le Sud des Etats-Unis.

Illinois : Johnathan Franzén. Les corrections,  le portrait d’une famille du Midwest.

Louisiane : James Lee Burke. Dans la brume électrique, enquête sur le meurtre d’un homme de couleur qui ramènera à la guerre de sécession.

Louisiane : Tim Gautreaux. Nos disparus, le romancier nous invite à sillonner le Mississippi sur un bateau à aubes, dans les années 1920.

Michigan : Jim Harrison. De Marquette à Veracruz, traite de la maladie, la luxure, la boisson, le délitement la fidélité. Des thèmes chers à ce grand auteur, disparu en 2016.

Mississipi : William Faulkner. Sanctuaire, roman d’atmosphère policière sombre et grandiose.

Missouri : Mark Twain. Les Aventures de Tom Sawyer, l’histoire d’un jeune orphelin qui fait l’école buissonnière.

New Jersey : Philip Roth. Pastorale Americaine, l’histoire de l’Amérique moderne vu par les yeux d’une famille d’immigrants juifs, qui parviennent grâce à leurs valeurs à accéder au rêve américain.

New Mexico : Cormac Mc Carthy. La trilogie des confins, grands espaces et voleurs de chevaux au programme.

New York : Paul Auster.  La trilogie New Yorkaise, au coeur de New York, l’auteur explore ses thèmes de prédilection : identité et liberté.

De New York à la Californie : Wally Lamb. Nous sommes l’eau, un portrait fascinant de l’Amérique à travers la vie tourmentée d’une famille.

Ohio : Toni Morrison.  Sula, sur le thème de la lutte des femme Afro-américaine pour exister…

Tennessee : Cormac Mc Carthy. Un enfant de Dieu, dans les années 60 Lester Ballard se fait déposseder de tout ce qu’il a, et l’on suit son délitement moral.

Texas : Philipp Meyer. Le Fils, un tour de force avec son histoire du Texas, autant dire des Etats-Unis,  à travers trois voix d’une même famille de pionniers.

Utah : Norman Mailer. Le chant un bourreau, chef-d œuvre dont on dit qu’il est « le crime et châtiment » de l’Ouest américain.

Vermont  : Donna Tartt. Le Maitre des illusions, chronique de l’illusion et de la complicité, histoire de culpabilité et de responsabilité dotée d’un grand suspense.

Virginie : William Styron. les confessions de Nat Turner, l’histoire d’un homme pris au piège de sa colère, qui trace avec finesse le portrait d’un esclave noir avant la guerre de sécession.

Virginie : Kevin Powers. Yellow birds, roman fascinant sur l’absurdité de cette guerre en Irak dont le héros Bartie subira les ravages.

Wisconsin : Mary Ellis  Relindes. Wisconsin, une magnifique fresque familiale où la réalité est teintée de fantastique.

Wyoming : Craig Johnson. Little Bird,  un polar où l’on suit un éventail de personnages pourvus de sens du tragique et d’humour sur fond de hautes plaines glacées.

Enfin… Si dans tous ces livres vous n’avez pas trouvé celui de vos rêves, cherchez votre inspiration dans notre précédent article Un souffle d’Amérique, la littérature dans tous ses États, dans Le coin de La Médiathèque de novembre et demandez conseil à votre bibliothécaire.

Nous avons rencontré pour vous 4 auteurs de la rentrée littéraire à la librairie Decitre

29 Sep

images-librairieCette rentrée littéraire, qui comporte 560 romans, dont 363 romans français, 66 premiers romans et 197 romans étrangers, nous régale, nous surprend, nous fait rire et pleurer, nous instruit, nous interroge, nous fait rêver ou voyager.  Foisonnante et riche, elle nous permet de retrouver avec une grande satisfaction des auteurs attendus, et aussi de faire de belles découvertes.

Une rentrée reflet de notre monde qui se fait le théâtre d’éléments tragiques, qui questionne, qui s’engage. C’est aussi une rentrée pleine de vivacité, de dérision et d’humour. Une rentrée de l’intime, tout en subtilité pour panser les angoisses du monde. *

Parmi tous ces univers à la fois hétéroclites ou proches, la librairie Decitre, qui a ouvert ses portes en août 2016 dans le centre So OUEST de Levallois, nous a accueillis chaleureusement ce mercredi 14 septembre : le public, dont nous faisions partie, était nombreux, enthousiaste et motivé pour cette présentation des coups de cœur des libraires présents (à retrouver en ligne sur leur site)  suivie d’une rencontre-dédicace avec 4 auteurs sélectionnés parmi les plus talentueux de cette rentrée littéraire.

Cette soirée était co-animée par Olivia de Lamberterie, éditorialiste, directrice des pages culture du magazine  ELLE  et responsable de la rubriques « livres. »

  • au-commencement-du-7e-jourLuc Lang était parmi les 4 auteurs présents pour son dernier livre  Au commencement du septième jour. Celui-ci est présenté comme l’ouvrage le plus abouti d’une carrière qui compte déjà une poignée de belles réussites. Parmi elles, Mille six cent ventres en 1998 ou les tribulations d’un cuisinier de prison peu sympathique qui valut à l’auteur le Goncourt des Lycéens.  En 1988, il obtint pour Voyage sur la ligne d’horizon, le prix Jean Freustié.
    Ce nouvel opus s’ouvre sur un accident. L’épouse de Thomas vient d’être transférée à l’hôpital et est dans le coma. Il faut annoncer la nouvelle aux enfants, Elsa et Anton… Ce drame intime  ramène le narrateur à la mort de son père. Si l’auteur avoue  être influencé par Cormac Mc Carthy, notamment La trilogie des confins, il a un vrai talent pour lier les éléments avec suspense. Les épreuves endurées se révèlent de l’initiation pour le personnage principal, et l’ enquête de départ devient progressivement une quête… Le rythme et la dynamique donnent à ce roman de faux airs de thriller, doublées d’une grande justesse psychologique et d’un style puissant.
  • soyez-imprudents-les-enfants--véronique-ovalde (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Véronique Ovaldé avec Soyez imprudents les enfants, poursuit une œuvre remarquée, notamment en 2008, son cinquième roman Et mon cœur transparent récompensé par le prix France Culture/Télérama. En 2009, son septième roman Ce que je sais de Vera Candida reçut le Prix Renaudot des lycéens, le prix France Télévisions 2009 et le Grand Prix des lectrices de Elle en 2010.
    La présente histoire se déroule sur fond d’Espagne franquiste, de légendes et de morts suspectes, ce à quoi il faut ajouter l’arbre généalogique de la famille Bartolome auxquels on adjoint le conseil « Soyez imprudents les enfants » au moment de quitter le nid. Atanasia le prend à la lettre, bien décidée à prendre son destin en main et à changer le cours de l’histoire. C’est un tourbillon permanent porté par l’écriture fantasque et musicale que l’on connaît à l’auteur. Foisonnant, son ouvrage est à la fois enquête, roman historique et voyage initiatique pour une héroïne qui cherche et se cherche.
  • leila-slimani-chanson-douce (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Leila Slimani était invitée pour son livre  Chanson douce. Cette jeune auteure a l’art de sonder les âmes perturbées. Remarquée pour son premier roman Dans le jardin de l’ogre, elle confirme son talent, ainsi qu’un goût pour les névroses, et les pulsions entrainant ses héroines très loin…
    Myriam vit dans les beaux quartiers et à une vie comme celles que l’on lit dans les magazines feminins, mais elle est frustrée. Comment concilier carrière, féminité et maternité ? Cette aspiration à la perfection hante plus d’une mère de famille, car même si elle adore ses enfants, ils la« dévorent »… Aussi éprouve-t-elle le besoin de reprendre son métier d’avocate. La famille engage donc Louise, une « perle rare » pour s’occuper des enfants. La nounou se fond dans le décor, et s’intègre parfaitement dans cette famille qu’elle envie tant. Pourtant on suit sur un air de berceuse infernale, la mécanique d’un être qui perd pied, inexorablement.
  • negar-djavadi-desorientale (Catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Négar Djavadi nous a parlé de DésorientaleAvec ce premier roman, Négar Djavadi, scénariste d’origine iranienne, fille d’intellectuels opposés au régime du Shah, a trouvé matière dans sa vie personnelle. Comme l’héroïne, elle a fui son Iran natal à cheval à travers les montagnes du  Kurdistan et n’y est jamais retournée. Elle commente du reste ce débat en signifiant que le fait de passer au roman plutôt qu’au scénario s’est imposé à elle comme un espace de liberté où elle a pu dérouler cette ample fresque politique, musicale et cinématographique.

Ces livres sont évidemment présents dans toutes les bonnes médiathèques (à La Médiathèque de Levallois, vous les trouverez en version papier et/ou en livre à télécharger). Cette rentrée recèle quelques pépites, n’hésitez pas à consulter vos libraires et vos bibliothécaires préférés 🙂

Bonne lecture !

  • Merci à l’éditorialiste des librairies Décitre qui nous a inspiré l’introduction et la réalisation de cet article 🙂

Des romans pour l’été

29 Juin

Les Français manquent de temps pour lire. La majorité d’entre eux déclarent vouloir lire plus, selon l’enquête Les Français et la lecture menée en 2015 par l’IPSOS et le Centre National du Livre. C’est sans doute pour cette raison qu’ils profitent des vacances pour lire trois fois plus que dans l’année. Et vous, quelles seront vos lectures de l’été 2016 ?

Si vous aimez les personnages complexes, les intrigues envoûtantes, voici une sélection à savourer au rythme de l’été… Plongez-vous dans ces pépites : coups de cœur ou livres oubliés, ils seront vos compagnons de farniente à la ville, au jardin, ou de bronzage sur la plage…

IMAGES

Vous aimez les climats tendus ? Lisez Les disparus du phare de Peter May qui vous emporte dans la vertigineuse recherche d’identité d’un homme sans nom et sans passé, dont la mémoire perdue le conduit droit vers l’abime. Il reprend connaissance sur une plage, oppressé par la certitude d’une menace diffuse.

Faites connaissance avec les personnages de Laura Kasischke, et sa propension à imaginer des histoires violentes, pleines de menaces d’une façon sourde et subtile. Son œuvre d’une exceptionnelle intensité, pose cette question  :comment prendre conscience que l’on est en vie, quand la vie est une succession de platitude ? Commencez par Esprit d’hiver, un huis-clos oppressant entre une mère et sa fille, et La couronne verte ou comment deux jeunes adultes se laisseront guider au Mexique par un inconnu, dépaysement et suspense garanti.

Une autre grande dame : Donna Tartt. L’Américaine  a imposé son art d’orfèvre en seulement trois romans, publiés à dix ans d’intervalle. Le petit copain est un polar sudiste  se déroulant dans les années 1970. Pour Le maitre des illusions, il s’agit d’une mort inexpliquée dans un clan soit une perversion érudite du traditionnel roman de campus américain. Le chardonneret, roman polymorphe, roman-collage, et néanmoins roman pour tous, et roman de la consécration ?

Tout le monde connait Henning Mankell, et son inspecteur Wallander (voir notre article À Ystad Kurt Wallander est orphelin publié en octobre 2015). Mais emportez dans vos bagages son premier roman Daisy Sisters : il renferme déjà les idéaux sociaux et politiques qui sous-tendent son œuvre.

Un livre pour frissonner La fille du train de Paula Hawkins : formidablement construite et narrée, cette leçon de suspense offre trois magnifiques portraits de femmes face à leurs démons.

Dans un même ordre d’idée et même si ce n’est pas un roman policier, Check-point de Jean-Christophe Rufin nous offre un thriller psychologique, et une vraie réflexion sur l’humanitaire. Cela se passe en Bosnie en 1995 mais c’est terriblement actuel.

Parce qu’il est toujours agréable de lire un roman de Paul Auster… Pourquoi pas Invisible, où un jeune poète en devenir rencontre un mystérieux mécène français et sa maîtresse. Entre New-York et  Paris, ces destins se croisent dans un fascinant voyage dans le temps.

Un autre prodige de l’écriture, à découvrir si ce n’est déjà fait : Laurent Binet. Si vous aimez les romans historiques, précipitez vous sur HHhH ou la restitution de l’attentat contre Reinhard Heinrich, chef de la Gestapo et bras droit d’Himmler. Fruit d’un travail historique poussé, très bien documenté, ce roman nous emmène à Prague en 1942 dans un bras de fer tactique entre les SS et les parachutistes envoyés par Londres. Laurent Binet a remporté le prix Interallié en novembre 2016 avec le déjanté La Septième fonction du langage, où il imagine Roland Barthes assassiné.

 

Jonathan Franzen, lui dans Purity déploie de l’audace et de l’imprévu avec un récit époustouflant de virtuosité, thriller qui n’épargne aucun pouvoir, et qui nous plonge dans le passé d’Andréas Wolf avec délice.

Joyce Maynard dans Prête à tout nous tisse avec brio les voix de Suzanne et de son entourage, c’est aussi une satire acérée de la célébrité ainsi qu’un passionnant roman noir.

Pour son premier roman, Catherine Poulain avec Le grand marin nous offre une vision originale d’une femme qui cherche un sens à sa vie, et qui décide de prendre le large, elle s’épanouira  dans la fraternité et la solidarité qui unit les marins. Une magnifique écriture, nerveuse et précise et de nombreux dialogues apportent un rythme trépidant à ce  récit.

La petite femelle de Philippe Jaenada : un bien beau livre écrit avec beaucoup d’humour aussi, de pudeur, d’émotion et qui nous restitue avec justesse l’époque des années 50.

Et pour les jours de fortes chaleurs, quelques romans rafraichissants : En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeault à l’écriture fluide et précise sur une note surréaliste et légère avec la voix de Nina Simone en réminiscence.

Ou La bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald. Sara jeune Suédoise, débarque dans une petite ville des USA mais sa correspondante Amy est morte. Sara va, grâce aux livres, faire sa place dans cette petite ville… C’est un livre attachant et optimiste.

Au moment où Canal Plus diffuse les épisodes de la mini-série Olive Kitteridge, pourquoi ne pas lire le livre d’ Elizabeth Strout dont la série est adaptée. Vous ferez connaissance avec Olive dans une fresque polyphonique dont tous les personnages sont des héros ordinaires, avec leurs faiblesses et leurs grandeurs : émotion garantie.

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