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L’artiste, matière romanesque et littéraire (1)

11 Déc

Réel ou de pure fiction, l’artiste occupe une place de choix dans le roman classique ou contemporain. Ainsi art, peintre et création artistique sont l’occasion pour les romanciers de décortiquer l’alchimie particulière du processus créatif et pour les lecteurs, se transforment en un moment privilégié permettant de partager la vie et l’intimité d’un artiste. Du récit à la fiction, voici une petite sélection de livres qui illustrent le rapport particulier qu’entretiennent l’art et la littérature. 

L'oeuvre de Zola (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) S’il s’inspire souvent d’un personnage existant, les artistes qui ont pu servir de modèle ne l’apprécient pas toujours. Ainsi Paul Cézanne, grand ami d’Émile Zola, se brouilla avec l’écrivain après la parution de L’œuvre (nouvelle fenêtre)  : trop de ressemblances avec Claude Lantier, le peintre maudit du roman ainsi qu’une peinture à charge des excès du monde de l’art et des artistes ne plurent pas du tout au peintre qui, peut-être vexé que son image ait été écornée en littérature, ferma la porte de son atelier au père des Rougon-Macquart.

Mais en général, encore de ce monde ou pas, les artistes à l’honneur en littérature ne semblent pas avoir de réactions aussi virulentes.

L’artiste et l’écrivain, une complicité créative

Zao de Texier (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Les livres qui leur sont consacrés sont en effet des portraits intimes et très émouvants comme celui que fait Richard Texier dans Zao (nouvelle fenêtre), en s’appuyant sur une complicité rare et une amitié de plusieurs années avec le peintre Zao Wouki. D’après le journaliste Jérome Bléglé dans son article « En mai fais ce qu »il te plait » publié le 11 mai 2018 sur LePoint.fr (nouvelle fenêtre), le romancier a particulièrement réussi son texte :

Les écrivains peinent à donner du relief aux ouvrages consacrés aux peintres. Il manque souvent une couleur, une image, un ton, une profondeur pour rendre compte de la complexité de l’œuvre et de la vie de ces artistes. Texier rend à son modèle toutes ses dimensions, sa richesse, sa tendresse, sa générosité et son infinie simplicité dans un livre qui navigue entre la biographie, l’exercice d’admiration et le carnet de croquis.

Entre biographie et fiction

À l’opposé de cette intimité réelle, se trouve Hockney (nouvelle fenêtre) de Catherine Cusset qui dit dans sa préface s’être beaucoup documentée mais n’avoir jamais rencontré ni interviewé l’artiste.

Vie de david Hockney de C Cusset (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Ce roman, à cheval entre fiction et biographie, permet de comprendre le parcours artistique de cet artiste fabuleux dont la particularité sur 60 ans de carrière est de toujours se renouveler, tant en sujets qu’en techniques. Tout l’art de la romancière consiste alors à écrire entre les faits et à imaginer avec sa sensibilité ce qui échappe à la biographie pure et simple, donnant ainsi un portrait très personnel du peintre anglais.

Deux remords de Claude Monet de Michel Bernard (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Parmi les excellents romans qui flirtent avec la biographie, on citera évidemment Deux remords de Claude Monet (nouvelle fenêtre) de Michel Bernard, livre sélectionné pour le Prix des Lecteurs de Levallois 2017 et qui obtint le Prix Libraires en Seine de la même année : un roman qui plonge le lecteur dans l’intimité du célèbre peintre impressionniste avec une écriture qui retranscrit admirablement la touche, la lumière et la matière picturale.

 

Au delà de la biographie, certains thèmes fleurissent dans la littérature, comme celui de l’artiste torturé, cher aux romanciers.

L’artiste maudit

Toutes les couleurs du monde de Montanaro (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Dans Toutes les couleurs du monde (nouvelle fenêtre), Giovanni Montanaro construit une fiction sur quelques mois de la vie du célèbre peintre quand à 27 ans entre août 1879 et juin 1880, il disparaît sans écrire une seule lettre à son frère.  Ici, on le découvre parcourant la campagne flamande, au moment où il devient peintre, sans maître, à l’insu de tous. L’auteur imagine que l’artiste s’est arrêté à Geel,  petit bourg belge surnommé le « village des fous », car depuis le Moyen Age, ceux-ci vivent parmi la population en toute liberté. Un roman où la couleur et la lumière deviennent de véritables personnages.

On retrouve le thème central de la souffrance de l’artiste dans le roman de Ralph Dutli, Le dernier voyage de Soutine (nouvelle fenêtre) qui raconte aussi « la nécessité pour Soutine de se cacher sans cesse ».

Mais une seconde course-poursuite lui fait concurrence : celle du fourgon mortuaire qui transporte en urgence Soutine dans un état quasi cadavérique entre Chinon, où il s’est réfugié, et une clinique parisienne où il sera opéré et mourra. Le romancier imagine que pendant le voyage qui précède l’extinction finale, Soutine délire. Le texte épouse ses torsions et ses hallucinations, rythmées par le ballottage du véhicule. Le peintre en pensées «poursuit sa remontée à travers les quarante-neuf années de sa vie», et cette chronologie désordonnée est celle du livre, comme structuré par des plaques d’inquiétude qui se chevauchent. Le procédé nous imprègne de l’intranquillité de Soutine, et nous regardons Paris d’un œil neuf, de son œil à lui, entre les années 1910 et les années 1940.

Extrait de l‘article Chaim Soutine une palette de douleurs de Virginie Bloch-Lainé (nouvelle fenêtre) publié le 18 novembre 2016 dans Libération.

L’artiste amoureux

Célèbre pour ses amours tumultueuses avec le peintre Diego Rivera, l’artiste mexicaine Frida Kahlo semble inspirer particulièrement  les romanciers : Le Clézio avec son célèbre Frida et Diego mais aussi Gérard de Cortanze qui lui consacre deux romans, Frida Kahlo, la beauté terrible (nouvelle fenêtre), qui raconte la vie et l’œuvre de l’artiste puis Les amants de Coyoacan (nouvelle fenêtre), centré sur la période où le couple Kahlo/Riviera reçoit à Mexico un certain Trotski, réfugié d’URSS, qui tombe fou amoureux de la belle peintre… Plus récemment, à la rentrée littéraire de septembre dernier (2019), Claire Berest s’intéresse à la relation amoureuse mouvementée de l’artiste dans son roman Rien n’est noir (nouvelle fenêtre).

C’est aussi une très belle histoire d’amour que celle de Léonora (nouvelle fenêtre) d’Elena Poniatiwska.

Ce gros roman raconte la vie de Léonora Carrington, peintre, romancière et dramaturge de sa naissance dans le Lancashire au Mexique où elle s’installera, en passant par le Paris bohème des années 1930 où elle fréquente les surréalistes. Plongés dans l’atmosphère intellectuelle cosmopolite et avant-gardiste de l’internationale artistique et surréaliste des années, on suit la vie de celle qui vécut une histoire d’amour passionnée avec l’artiste Max Ernst.

Cet « amour fou » avait déjà été raconté dans Max et Léonora par Juliette Roche qui s’était concentrée sur les années 1937 à 1940, date où le peintre fut arrêté et qui conduisait Leonora dans une fuite éperdue aux limites de la folie.

Dans Leonora, l’auteur, qui a elle-même connu Léonora Carrington, retrace la totalité du parcours de l’artiste et dresse le portrait d’un personnage « incandescent, viscéralement libre et passionnée, surréaliste par nature » (extrait de la présentation de l’éditeur, Actes Sud).

Un personnage essentiel, la femme

Muses, rivales, complices ou castratrices, les femmes ou compagnes d’artistes sont de fabuleux personnages pour le roman : dans L’indolente (nouvelle fenêtre), Francoise Cloraec dresse le portrait de Marthe Bonnard, un personnage réel mystérieux à l’histoire complexe, mais hélas, le livre laisse un peu le lecteur amateur de Bonnard sur sa faim.

Il est ainsi question de sentiments amoureux dans La veuve Basquiat : une histoire d’amour (nouvelle fenêtre) de Jennifer Clément qui raconte la relation agitée qui unit le peintre le plus trash des années 80 à New York à une femme, amante et muse.

Dans les romans sur ces femmes inspirantes, on citera aussi La vie rêvée de Gabrielle : Muse des Renoir (nouvelle fenêtre) de Lyliane Mosca.

La vie de Gabrielle Renard est un roman. Un roman vrai et en couleurs qui commence en 1894, quand, toute jeune, elle quitte sa Champagne natale pour devenir bonne à Paris chez les Renoir. Sa beauté simple mais rayonnante lui vaut de poser bientôt pour le célèbre peintre. Egalement nourrice du petit Jean, le futur cinéaste, elle contribue grandement à son éducation. (extrait de la présentation par l’éditeur)

Si les romans cités dans cet article évoquent la vie de peintres réels, de nombreux auteurs recomposent le personnage d’artiste, créant de toutes pièces (ou pas…) des artistes et des vies de fictions (à suivre prochainement sur Liseur ). 

 

Évasions

21 Nov

S’évader, décamper, déguerpir, filer à l’anglaise, s’échapper, fuir, se tailler, se faire la belle… Autant de synonymes dont tous les prisonniers rêvent, pour quitter la prison, cet univers impitoyable dans lesquels ils sont enfermés. En littérature, les romans regorgent d’histoires d’évasions, car elles demeurent follement romanesques, qu’elles soient spectaculaires, ou non..

Dans un premier temps, les détenus s’évadent par l’esprit en élaborant des stratagèmes, parfois complexes qui peuvent durer des années. Puis ils passent enfin à l’action, parce que le contexte y est favorable ou parce qu’ils sont tout simplement au bout du bout et ne souhaitent qu’une chose : retrouver leur liberté.

Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas (nouvelle fenêtre)

« Attendre et espérer », voilà toute la sagesse d’Edmond Dantès. Fier marin sur le point d’être nommé capitaine et d’épouser sa bien-aimée, Mercédès, il est arrêté. Dénoncé comme bonapartiste il est enfermé au château d’If et attendra quatorze ans sa délivrance et sa vengeance. Elle sera terrible. Edmond Dantès est devenu riche et titré. Son vieux compagnon de cellule, l’abbé Faria, en lui révélant son secret, l’a fait comte de Monte-Cristo. Après sa spectaculaire évasion, les fortunes se font et se défont au gré de son implacable volonté. Dumas raconte ces aventures extraordinaires avec génie, « Il lui a fallu des excès de vie pour renouveler cet énorme foyer de vie », disait George Sand, admirative. (in Babelio)

Tiré de faits réels, ce roman-feuilleton est sorti la même année que Les Trois Mousquetaires (nouvelle fenêtre) et a connu un succès immédiat. Le livre est structuré en trois parties : la jeunesse à Marseille, la captivité au château d’If et l’évasion pour l’île de Monte-Cristo, enfin la vengeance en s’installant à Paris.

  • Le Château d’If : l’une des plus vieilles prisons d’État de France, édifiée par François 1er entre 1525 et 1529
  • Son numéro de cellule : n°34
  • Sa durée de captivité : 14 ans
  • La préparation de la vengeance : 10 ans
  • L’évasion : en faisant le mort
  • La vengeance : terrible

Évasion de Benjamin Whitmer (nouvelle fenêtre)

1968. Le soir du Réveillon, douze prisonniers s’évadent de la prison d’Old Lonesome, autour de laquelle vit toute une petite ville du Colorado encerclée par les montagnes Rocheuses. L’évènement secoue ses habitants, et une véritable machine de guerre se met en branle afin de ramener les prisonniers… morts ou vifs. À leurs trousses, se lancent les gardes de la prison et un traqueur hors pair, les journalistes locaux soucieux d’en tirer une bonne histoire, mais aussi une trafiquante d’herbe décidée à retrouver son cousin avant les flics… De leur côté, les évadés, séparés, suivent des pistes différentes en pleine nuit et sous un blizzard impitoyable. Très vite, une onde de violence incontrôlable se propage sur leur chemin.

La quintessence du noir dans la plus magnifique tradition américaine. Pierre Lemaître

Comme l’indique Pierre Lemaître dans la préface, le roman de Benjamin Whitmer pourrait faire penser à James Lee Burke ou bien David Goodis pour le côté classique, mais avec la violence insoutenable en plus. En choisissant de faire parler les personnages à tour de rôle, tous plus barjos les uns que les autres, on se rend vite compte qu’ils ont tous un point commun avec les gardiens de la prison, la population, les journalistes : des hommes et des femmes perdus.
On verrait très bien Quentin Tarantino en faire un film ! Quentin si tu lis cet article  🙂

Ce monde n’est pas fait pour que vous vous en évadiez. Ce monde est fait pour tenir votre cœur captif le temps qu’il faut pour le broyer. Benjamin Whitmer

À marche forcée : à pied du Cercle Polaire à l’Himalaya de Slavomir Rawicz (nouvelle fenêtre)

Hiver 1941 ; Concevoir l’impossible. Refuser que d’autres choisissent pour vous une mort lente et fuir, fuir, en dépit de toute raison, poussé par une volonté farouche de reprendre sa liberté. Après avoir parcouru plus de 4 000 kilomètres en wagon plombé et à pied, à crever de froid pour rejoindre un camp au fin fond de la Sibérie glacée, un petit groupe de prisonniers décide de s’évader et de faire le chemin dans l’autre sens. Pour ces hommes venus de tous les horizons (un ingénieur américain, un droit commun russe, un officier de la cavalerie polonaise, un comptable…), s’échapper de cet enfer de glace ne sera que le début d’une aventure tout aussi extrême. Souvent affamés, potentiellement la cible des locaux qui touchent l’équivalent d’un an de salaire pour la capture d’un fugitif, ils vont parcourir ensemble plus de 10 000 kilomètres en près d’un an, à travers la toundra, traversant les plaines de Mongolie, les fournaises du désert de Gobi, les sommets de l’Himalaya jusqu’à la Grande Muraille de Chine. Certains n’y survivront pas.

Changement de décor avec ce roman et l’enfer des goulags. Récit passionnant pour ceux qui aiment les récits de guerre.
Mais dès sa parution en 1956, le livre de Slavomir Rawicz fait polémique : trop d’incohérences, trop d’imprécision (nouvelle fenêtre). Pourtant le livre continue de fasciner.

Après ces trois lectures qui vous feront frissonner, un petit conseil : le mieux est encore de ne pas se retrouver en prison 🙂

La rentrée littéraire d’automne 2019 : du côté des libraires

18 Oct

Après C’est la rentrée, les grandes tendances et Rentrée littéraire 2019, nos chouchous, place aux féminin avec la sélection des libraires. En effet, cette rentrée littéraire 2019 semble placée sous le signe des femmes. Elles sont partout dans les 524 nouveaux romans qui déferlent depuis août dans les librairies. Au vu d’événements comme « metoo « , nombre de romans cette année portent un message de respect. Le courage des femmes, le partage, les tourments de l’exil et les souvenirs de famille sont au cœur des écrits de cette rentrée.

Voici les belles découvertes qu’ont fait pour vous les libraires de la librairie Decitre. Laissez-vous guider pour vivre de belles émotions…

 Karine Tuil : Les choses humaines (nouvelle fenêtre) , Jean Farel est présentateur de télé et avec son ex-femme Claire ils ont formé un couple d’intellectuels à la vie contrôlée et médiatisée se servant l’un de l’autre pour faire évoluer leur carrière. Leur vie va basculer quand leur fils Alexandre, promu à une brillante carrière va se retrouver au cœur d’un procès pour viol. L’auteur décortique de manière brillante les mécanismes de la justice, nous emmène au cœur du désir, des pulsions, du consentement, de cette zone grise insaisissable. C’est un roman actuel, terriblement nécessaire, construit avec une grande intelligence et une grande justesse.

Leonora Miano : Rouge impératrice (nouvelle fenêtre ). Ce livre, le premier d’une trilogie, n’est pas simple. Il nous emmène dans le méandres et l’utopie Africaine. Pour y  explorer le trait d’union entre l’Afrique et l’Europe, la culture, l’économie, le fédéralisme pour s’autonomiser, ainsi que  l’inversion du pouvoir avec les blancs. Il est très dérangeant, il permet de faire son auto-critique et pose la question du monde en marche fait de violence  et de changement. Il nous permet de porter un regard réaliste en prévision de ce qui peut nous attendre.

Victoria Mas : Le bal des folles (nouvelle fenêtre). Ce premier roman se passe au XIXe siècle à la Salpétrière. Pour le bal de la mi-Carême, la haute société est invitée et s’adonne à un certain voyeurisme. Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations du Dr Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, qui a un don, elle voit des fantômes, cela bouleverse le regard sur l’hôpital et met à nu la condition féminine au XIXe siècle. Ce premier roman est malgré tout assez actuel.

Blandine Rinkel  : Le Nom secret des choses (nouvelle fenêtre). Blandine grandit en Vendée. Isolée elle arrive à Paris pour poursuivre ses études, et rencontre Elia, leur amitié devient fusionnelle, elle change de prénom, devient Océane, essaie de saisir les codes, les masques de la capitale, s’y essouffle jusqu’à la trahison. C’est une expérience qui va l’épuiser. Cette autobiographie est très écrite, et dit beaucoup sur la jeune génération.

Régina Porter  : Ce que l’on sème (nouvelle fenêtre). Ce roman est un patchwork remarquablement cousu à partir des moments intenses de la vie de deux familles américaines, l’une noire, descendant d’esclaves africains, l’autre blanche, ,issues de l’immigration irlandaise. Ces deux familles ne vont cesser de s’entrecroiser tout au long du roman, depuis les années 50 jusqu’à la première année du mandat d’Obama.

Joyce Carol Oates  : Un livre des martyrs Américains (nouvelle fenêtre). Son ouverture se fait sur le meurtre d’un médecin pratiquant l’avortement par conviction, perpétré par un militant pro-vie se sentant investi d’une mission divine. L’auteure ne portera jamais de jugement moral, elle laisse la parole à ses personnages de façon magistrale. C’est un livre puissant, perturbant parfois, difficile a quitter. Un coup de force narratif et littéraire, à l’image des précédents romans percutants de cette auteur « droguée à l’écriture depuis ses 14 ans ».

Kaouher Adimi  : Les Petits de Décembre (nouvelle fenêtre) . Partie d’un fait divers, la jeune auteure, qui avait fait partie de la sélection pour le Prix des Lecteurs de Levallois en 2018, est revenue sur le terrain d’un lotissement près d’Alger où les enfants jouent et dont ils fait leur fief. Mais tout se dérègle un beau matin lorsque des généraux débarquent avec des plans de constructions en main, et des projets de belles villas. Les enfants vont faire une mini-révolution, Au contraire des parents, craintifs et résignés, cette jeunesse s’insurge et refuse de plier. La tension monte, et la machine du régime se grippe. Ce livre, à l’écriture touchante offre une vision asse juste de la société algérienne actuelle tant du point de vue sociologique que politique.

Cécile Coulon  : Une bête au paradis( nouvelle fenêtre). L’histoire d’une lignée de femmes (la grand-mère et la petite-fille ) qui renoncent à leur vie pour une terre, celle de la ferme du Paradis, comme une malédiction. Quasiment une tragédie grecque, presque un conte intemporel sous forme d’un huis clos au Paradis. La tension gonfle, l’angoisse sourde monte. Il est difficile de savoir quelle forme le Mal prendra, mais on sent une sorte de fatalité implacable qui va le faire surgir. Très fort, ce livre remue le lecteur.

Claudie Huntzinger : Les grands cerfs. Un livre qui parle d’un monde qui est en train de s’achever mais qui ne sait pas où il va. L’auteure cerne cette vie à l’écart, dans la montagne , où elle a librement choisi de faire vivre sa protagoniste, il y plusieurs décennies. Mais ce roman parle aussi du goût de la nature et de la passion de l’écriture. Pamina se met à s’intéresser aux cerfs qui vivent dans ce coin reculé… depuis toujours. Elle y rencontre Léo, un jeune photographe, fasciné par ces animaux, qui il va lui apprendre à les comprendre, à savoir devenir invisible, à l’affût, dans l’attente et le silence. C’est une sorte de fable du réel, empreinte de poésie.

 

Jerôme Attal  : La petite sonneuse de cloches (nouvelle fenêtre). Voici une histoire d’amour, à deux époques différentes. On évoque un épisode de la vie de Chateaubriand à peine âgé de 25 ans qui est réfugié à Londres alors que gronde la terrible révolution française. Dans ses mémoires, l’auteur romantique évoque un baiser inoubliable qu’il a reçu d’une petite sonneuse de cloches , imaginé ou réellement reçu ?
De l’autre côté, nous avons Joachim Stockholm qui vient de perdre son père, qui était un grand admirateur de Chateaubriand. Pour rendre un dernier hommage à ce père, Joachim décide de partir à Londres élucider le mystère de cette jeune sonneuse de cloches… Ce roman se lit ainsi en alternant les sentiments finement décrits et amenés par Jérôme Attal. La mise en scène scénographique est en place et la lecture se déroule sans accrocs au fin d’une jolie mélodie romantique.

Louis-Philippe Dalembert  : Mur méditérranée (nouvelle fenêtre). Inspiré d’un naufrage, il s’agit de la rencontre de personnes sauvées qui échangent et construisent leur histoire, moment de confiance entre 3 femmes à deux endroits. Aussi le voyage depuis l’Érythrée, la violence et prédation au départ, puis la tempête. À la suite du sauvetage se nouera une histoire forte de fraternité. Ce texte donne une idée de l’état du monde. Tous sont logés dans un entrepôt où ils sont tous stockés, dans des conditions très éprouvantes. Malgré ce qu’elles vont vivre, elles vont s’aider. C’est une épopée du courage que la littérature rappelle. Récit d’un voyage au bout de la nuit. Magnifique

 Pete Fromm  : La vie en chantier (nouvelle fenêtre). Taz et Marny sont sur le point de devenir parents, ils travaillent à leur maison pour l’arrivée de leur enfant, mais Marny perd la vie en accouchant laissant son mari seul face au bébé et aux travaux, c’est très dur pour lui de reprendre pied. Il se polarise sur l’enfant, aidé par sa famille et ses amis. Sa propre réparation s’effectue au fil des chapitres sur 2 ans. L’auteur américain campe comme à son habitude une nature somptueuse en décor pour ce texte très touchant.

Sylvain Prudhomme. Par les routes (nouvelle fenêtre). Dans une petite ville du Sud, tranquille, des autostoppeurs qui se sont perdus de vue, vont instaurer un jeu de rôle, l’un fascinant l’autre. Ce nouveau roman d’un auteur qui fait partie de nos chouchous de la rentrée littéraire (il avait été sélectionné pour le Prix des Lecteurs de Levallois en 2015) raconte des départs et des retours, dans lesquels l’alter ego de l’auteur est le réceptacle de ce nomadisme. ll y est également question de tous ces autres que l’on rencontre en dehors de la cellule familiale, de l’importance de l’air extérieur, du risque d’étouffement dans la vie familiale autarcique.

Max Porter  : Lanny (nouvelle fenêtre). Ode à l’enfance et à l’imagination, le deuxième roman de Max Porter est un conte qui puise aux sources du merveilleux comme du plus trivial, pour révéler l’invisible et inquiétante magie à l’œuvre dans nos vies. Le village du roman appartient à ceux qui vivent là aujourd’hui, et à ceux qui ont vécu là autrefois, à un petit garçon nommé Lanny, tendre et imprévisible, et à ses parents, Et aussi au Père Lathrée… Morte, étrange créature protéiforme, légende folklorique et  qui veille sur les lieux – à moins qu’il ne fasse planer sur eux une sourde menace. Ce livre est un bijou de créativité.

Aurélien Bellanger  : Le continent de la douceur (nouvelle fenêtre). Le livre débute par une galerie de personnages pittoresques qui font de l’accrobranche. Drôles ou risibles, tous fonctionnent en couple et ont tous un lien avec l’histoire européenne et le Karst. C’est baroque et dense, mais cela fonctionne malgré la complexité du propos. Et cela en dit beaucoup sur la situation et la politique actuelle. Un roman réjouissant !

Jean-Paul Dubois  : Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (nouvelle fenêtre) Retrace la vie de Paul Hansen revisitée entre les quatre murs de son étroite cellule. Il se remémore son séjour au nord du Danemark, à Skagen, chez les pêcheurs de plies, et dans le nord canadien où l’amiante s’extrait à coup de dynamitages et empoisonne tranquillement sols et vivants. C’est un homme plutôt bienveillant qui veut donner du sens à sa vie. Sans doute le plus abouti et le plus profond des romans de l’auteur l’auteur, ce livre raconte le déclin du monde, qui a une autre morale, et dont la violence devient ce qu’il faut pour sauver sa propre dignité. L’auteur procède par procédés symboliques, et c’est une réussite.

Zhang Yueran  : Le clou. En Chine, deux personnages se retrouvent 30 ans plus tard et discutent de leur trajectoire et des secrets qui les lient à un héritage familial. Pétris d’obsession, ils souhaitent effacer la révolution culturelle qui les a impactés et essaient de s’en sortir. L’alternance des récits est décrypté avec une psychologie fine. Mystère, trahison, cette saga familiale retrace un pan de la Chine d’aujourd’hui  qui n’est pas des plus réjouissant.

Sehlahattin Demirtas  : Et tournera la roue. Ces nouvelles du prix Nobel turc en prison actuellement parlent d’espoir, d’amour et de l’humain. Le style merveilleusement simple nous dévoile la Turquie d’aujourd’hui. Il raconte des histoires personnelles, intimes, qui nous parlent, qui pourraient être les nôtres ou celles de nos proches. Il nous montre à quel point Turcs, Kurdes, Français ou autres, sont semblables dans leurs émotions, leurs rêves, leurs désir de liberté. Et ce faisant, il donne à ses nouvelles une portée politique bien plus grande que n’importe quel manifeste.

Sylvain Coher  : Vaincre Rome (nouvelle fenêtre). L’auteur compose  la trame de son roman avec le marathon de Rome en 66, 10 kilomètres pour chaque chapitre ; Abebe Bikila soldat éthiopien va courir les quarante-deux kilomètres et cent quatre-vingt-quinze mètres pieds nus, il va remporter le marathon olympique. Pendant qu’il court, on suit ses pensées. Une voix en lui invoque Hérodote, Nietzsche, la Bible, son épouse aussi. Il porte un regard sur l’enfance, et  la colonisation, c’est une aventure entraînante et accessible. Et semble-t-il une prouesse littéraire.

Eric Lhome Un peu de nuit en plein jour (nouvelle fenêtre)  Paris est devenu un monde sombre dans un paysage transformé, sa population se livre à ses instincts les plus primaires. les hommes s’organisent en clans. Plus la classe sociale est élevée plus la vie est prolongée. Féral est cogneur dans ce monde urbain et violent, mais il lui arrive de se remémorer l’ancien temps. Il rencontre Livie, leur amour est immédiat dans ce monde sauvage. Le côté SF n’enlève pas la poésie, c’est touchant.

Guillaume Lavenant  : Protocole gouvernante  (nouvelle fenêtre). Dans ce roman assez étrange et assez novateur, chaque chapitre a un numéro qui semble indispensable à chaque famille. Cette  fiction très originale nous glace le sang. Son univers nous rappelle un peu celui de  La servante écarlate  et les temps anarchiques des révolutions. Dystopie, thriller, conte terroriste, il est un futur que nous n’aimerions pas connaître. Nous refermons le roman, songeurs… Un livre surprenant à recommander !

Thomas Orange  : Ici n’est plus ici  (nouvelle fenêtre). Ce roman polyphonique parle d’une façon très intimes des Indiens renvoyés à leurs conditions, après le massacre de Sand Creek en 1864. Urbanisés à Oakland, ils sont désormais mal dans leur vie, avec cette même question existentielle : que signifie être Indien de nos jours ? Sachant que le gouvernement américain est contre eux, mais que leurs rites rapportent de l’argent au pays. Rage et poésie compose ce roman, imposant la voix saisissante de ce jeune auteur.

Sorj Chalandon  : Une joie féroce nouvelle fenêtre) ou comment une femme qui a passé sa vie à écouter les autres devient une guerrière, une combattante contre la maladie et découvre la rébellion, l’illégalité et l’urgence de vivre. Ce livre est véritablement romanesque, et une fois encore l’auteur trouve les mots justes.

Et maintenant, bonnes lectures 🙂

Déracinés

10 Oct

D’après la définition du dictionnaire : « Qui a quitté son milieu d’origine, son environnement, son pays. »

À toutes les époques, dans tous les pays, le phénomène de « déracinement » peut être mentionné. Au XVIIe siècle lors du commerce triangulaire, pendant le temps des colonisations, aujourd’hui lors des diasporas et des migrations. Volontaire ou forcé, le déracinement a un impact sur les identités personnelles, participe à la mixité des populations  et peut laisser des séquelles qui sont alors transmises de générations en générations. Les livres décrits dans cet article ont tous en commun de raconter des parcours personnels ou collectifs de déracinement et leurs conséquences.

La traite négrière

Racines, Alex Haley (1976) (nouvelle fenêtre)

racinesGrand classique parmi les romans traitant de l’esclavage, Racines est une épopée familiale sur plusieurs générations. L’histoire débute avec l’enlèvement du jeune Kounta Kinté en Gambie et son déracinement vers l’Amérique en 1767. On plonge dans le récit de cet homme et de ses descendants pendant deux siècles. À travers l’esclavage puis la ségrégation, l’auteur parle de ses origines. C’est une histoire d’héritage, de transmissions culturelles et de coutumes, mêlés à une grande part de l’histoire américaine.

Ce que vous ne saviez peut être pas : Prix Pulitzer en 1977, ce roman a plusieurs fois été remis en question, notamment pour la véracité de son histoire : Alex Haley prétend raconter l’histoire de sa famille, d’autres pensent que ce récit est inventé de toutes pièces. De même, l’auteur aurait reconnu avoir plagié quelques passages du livre de Harold Courlander, The African de 1967.

No home, Yaa Gyasi (2017) (nouvelle fenêtre)

no homeSe rapprochant du roman Racines de Alex Haley, No home retrace également la vie et la descendance de deux enfants, deux sœurs nées dans deux tribus rivales du Ghana. La différence est que le récit de Yaa Gyasi se sépare en deux destinées distinctes : l’une des fillettes est enfermée pour être vendue comme esclave, elle est donc emmenée aux États-Unis et la seconde fillette reste au Ghana et épouse un marchand d’esclaves anglais.

Des deux côtés de l’Atlantique on peut suivre et découvrir l’évolution d’une famille qui d’un côté côtoie et participe au commerce d’esclave et de l’autre tente de s’en échapper pour retrouver la liberté. C’est également deux cultures qui évoluent différemment, des habitudes qui se créées en fonction du lieu où l’on habite et pas forcément du lieu d’où l’on vient.

L’anecdote : Le titre original en anglais est Homegoing, qui signifie « rentrer à la maison », soit l’opposé du titre choisi par l’éditeur français : No Home, qui signifie « pas de maison ».

Washington black, Esi Edugyan (2019) (nouvelle fenêtre)

washington blackNotre troisième et plus récent roman sur la traite négrière et le déracinement outre-Atlantique : Washington Black. Washington Black c’est le nom de cet enfant noir qui travaille dans une plantation de canne à sucre de la Barbade en 1818. Il n’a pas été enlevé ou transporté en bateau, il est né dans la plantation. Pourtant on sent tout au long du roman qu’il cherche désespérément l’endroit d’où il vient, l’endroit où il se sentirait chez lui. On voyage donc avec lui vers le Grand-Nord, l’Angleterre ou encore le Maroc. Plus qu’un lieu, c’est une identité qu’il recherche, une famille à laquelle s’attacher et la sensation d’être aimé par quelqu’un.

L’info en + : C’est le troisième roman de l’auteur, Esi Edugyan, et son deuxième prix Giller. Le premier lui ayant été attribué pour 3 minutes 33 secondes.

Pocahontas et Minik

Pocahontas

73d38865fa271a6de966546d5bac86af--american-women-american-indiansL’histoire de Pocahontas est peut-être la plus connue, grâce notamment aux chers studios Disney qui en ont réalisé une adaptation en 1995. Mais c’est aussi une histoire vraie qui commence en 1607, date à laquelle les colons anglais fondent la nouvelle colonie de Jamestown dans le Nouveau Monde. S’appropriant les terres des tribus présentent sur le continent, les colons anglais ne tardent pas à entrer en confrontation avec les Amérindiens pour des questions de territoire. Baptisée puis mariée à un Anglais, Pocahontas est attirée par la culture de ces « hommes blancs » et par le christianisme, ce qui l’éloigne de sa tribu. Pourtant lors de son voyage à Londres, toutes les adaptations s’accordent à nous faire ressentir ce malaise, ce désarroi qu’elle pourrait ressentir face à ce monde civilisé, trop codifié et étouffant.

Plusieurs hypothèses entourent la légende de Pocahontas :

– Sa relation avec John Smith : pratiquement toutes les adaptations la mentionnent. Certaines comme une histoire d’amour, d’autres comme une histoire d’amitié. Les sources s’accordent à dire que Pocahontas aurait sauvé la vie de John Smith au moins une fois.

– Son nom de naissance serait « Matoaka » et sa tribu l’aurait surnommée « Pocahontas » qui signifie « petite dévergondée » à cause de son espièglerie étant enfant.

– Enlevée en 1613, elle aurait demeurée plus d’un an dans une colonie anglaise où elle aurait été baptisée et se serait mariée avec John Rolfe. Elle aurait alors pris le nom de Rebecca Rolfe.

– En 1616 elle aurait voyagé vers l’Angleterre accompagnée de onze autres powahtans pour montrer à la cour de Londres que les Amérindiens n’étaient pas une menace pour les Anglais. C’est à son retour qu’elle serait tombée malade (à cause de la pollution de Londres), tuberculose ou pneumonie, et cela lui aurait été fatal. Elle est alors âgée de 22 ans.

Les adaptations à lire ou à voir :

– La bande-dessinée de Loïc Locatelli et Kournwsky, Pocahontas – La princesse du nouveau monde (nouvelle fenêtre), une histoire séparée en trois actes : « Matoaka » « Pocahontas » et « Rebecca ». La dernière partie représentant bien la dualité des sentiments de Pocahontas entre un Londres fait de parures et de faux-semblants et une Amérique sauvage et libre.

– Le film réalisé par Terrence Malik, Le Nouveau Monde (2005) (nouvelle fenêtre). L’histoire est beaucoup plus centrée sur la relation entre Pocahontas et John Smith.

– Le livre de Nicole Bacharan, Good morning America : ceux qui ont inventé l’Amérique (nouvelle fenêtre). Elle dédie son premier chapitre à Pocahontas et tente de rester le plus fidèle possible à l’Histoire.

Minik

Groenland Manhattan , Chloé Cruchaudet (2008) – BD (nouvelle fenêtre)

groenland manhattanEn 1897, l’explorateur américain Robert Peary fait des excursions au Groenland dans le but d’atteindre le Pôle. Lors d’une expédition, il décide d’emmener avec lui à New York une famille d’esquimaux. Chloé Cruchaudet met en images le récit de Minik, cet enfant esquimau emmené en Amérique comme trophée, qui grandit auprès d’une famille américaine après la mort de son père. Le squelette de ce dernier est exposé au Museum d’Histoire naturelle et Minik tente de le récupérer pour pouvoir l’enterrer dignement et rentrer chez lui. Tiré d’une histoire vraie, ce récit traite du déracinement des populations dans un but lucratif. Finalement Minik ne se sent pas américain et pourtant quand il rentre chez lui il s’y sent également comme un étranger.minik

Pour en savoir plus : Ken Harper mène une enquête en 1980 sur le parcours de Minik, devenu tour à tour curiosité scientifique, bête de foire et, passé cet engouement, homme dépersonnalisé, pas tout à fait américain, ni esquimau. Retrouvez son livre Minik, l’esquimau déraciné à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Les colonisations 

Terra Australis, Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloux (2013) – BD (nouvelle fenêtre)

terra australisUn pavé de presque deux kilos pour conter l’histoire des bagnards d’Angleterre déportés en Australie qui s’appelait en 1784 « La Terre du Sud ». Comme pour toutes les histoires de colonisation, la rencontre avec les peuples originaires de cette Terra incognita ne se fait pas toujours en douceur. Ceux qui décident de ces voyages pensent en termes de territoire, de conquête et de rivalités, alors que les mille cinq cent prisonniers envoyés de force coloniser cette terre doivent s’adapter au climat, inventer un nouveau mode de vie et finalement, essayer de se sentir chez eux en gardant dans le cœur l’espoir de retrouver un jour leur patrie d’origine.

Florida, Jean Dytar (2018) – BD (nouvelle fenêtre)

floridaC’est au XVIe siècle que le projet de coloniser la Floride germe au sein de la communauté française des Huguenots.  Moins de deux cents hommes partent vers ce nouveau monde pour fuir les persécutions religieuses, dont notre personnage principal : Jacques Le Moyne, cartographe. Sur place, il faut faire face à la nature parfois hostile, au manque de ravitaillement, à la présence d’autres peuples et aux rivalités avec les autres pays européens colonisateurs. Une volonté de s’enraciner autre part, un espoir d’y être plus heureux peut-être, et finalement un retour à la réalité plus brutal.

D’autres idées de lecture

Pour nous faire part de vos lectures et nous conseiller d’autres romans, vous pouvez laisser vos avis sur le site de La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Quels romans mettre dans vos valises pour l’été 2019 ?

8 Juil

Comme chaque année, le temps des grandes vacances revient et par la même occasion celui de choisir les lectures qui jalonneront vos farnientes estivaux, vos voyages ou randonnées ! Après Quels romans mettre dans vos valises en 2017 et en 2018, les bibliothécaires de La Médiathèque vous proposent pour vous guider une nouvelle fois une sélection de romans à glisser dans votre sac à main, à dos ou de plage.

 

La présentation de J’entends des regards que vous croyez muets aux éditions Verticales par Arnaud Cathrine.

 

L’avis d’Alex sur livresforfun sur overblog.com : «Le moins que l’on puisse dire est que Rue du Dragon couché est un polar totalement dépaysant à plus d’un titre». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Les avis du Masque et la Plume sur France Inter : « Un livre sur le désœuvrement de la jeunesse dans l’Est de la France, écrit à coup de cliffhangers… et surtout extrêmement vivant et drôle !  » A écouter sur France Inter.

 

 

L’avis d’Isabelle sur le site de La Médiathèque de Levallois : « la magie de ce roman doit beaucoup à sa forme qui oscille entre recueil de nouvelles et roman choral […]». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Lucie sur le blog Abracadabra books : « »Le roman sensuel et envoûtant de l’été… Si je devais faire une comparaison, je dirais que Cape May est un savoureux mélange de Gatsby le Magnifique et des Liaisons Dangereuses. » Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de FranBlan (77 ans) sur le site Critiques libres : « Une formidable comédie humaine à l’anglaise, ponctuée du légendaire flegme britannique ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis du blog Les livres de George : « j’ai adoré ce roman à la fois pour sa valeur romanesque voire feuilletonnesque, mais aussi pour cette réflexion à la fois sur la condition féminine et sur la lecture. Un grand roman donc, qui me donne très envie de découvrir d’autres romans de cette auteure.» Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Brice Matthieussent dans l’émission John Fante, une soif de revanche (1909-1983) diffusée le 23/02/2019 sur France culture : « Un écrivain dont «  l’œuvre littéraire a été un décalque aussi fidèle de l’existence de l’auteur ». A écouter sur France Culture.

L’avis de Clémence Barbier dans Zonelivres.fr :« Qanaaq c’est une immersion dans l’immensité blanche du Groenland. Terre blanchâtre où le noir a sa place tant par l’ambiance que par les ressources exploitées. […]Vous rêvez de dépaysement ? Vous allez être servis ! ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis d’Alexandre Fillon dans l’Express.fr : « L’un des plus hauts sommets du roman anglais contemporain ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

L’avis d’Audrey du blog Cellardoor : « Je l’ai préféré au 1er des Rougon Macquart ». Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

 

L’avis de Télérama : « Ce roman donne raison à la magnifique chanson écrite par Bob Dylan et chantée par Joan Baez Diamonds and rust : la mémoire est faite de diamants et de rouille ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

L’avis de Christophe Alix sur Next.liberation.fr : « Une sorte de road-movie métaphysique au féminin dans l’immensité inquiétante de l’Alaska, qui revisite à sa manière grinçante le mythe de la «frontière» ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis de Philippe Leuckx sur La Cause littéraire.fr : « […]Aux qualités d’écriture, minutieuse, féconde, imaginative tout en étant très réaliste, s’ajoutent les vertus d’un regard ouvert à l’autre, quel qu’il soit : penser reste un combat, et penser juste, large, vrai, une mission. Un grand livre ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis de Bernard Henninger sur NooSFere.fr : « Les éditions de l’Atalante signent le retour au romanesque de Catherine Dufour avec un récit fantastique, au sens premier du terme, une plongée pleine d’appréhension dans un Paris vibrant de légendes, délaissant une modernité sinistrée pour un passé aux mystères aussi fascinants que vénéneux […] ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis de Victor Garcia sur L‘express.fr : « Avec Central Park, Guillaume Musso nous entraîne dans un thriller psychologique qui commence dans le mythique parc de New York. Alice et Gabriel ne se connaissent pas. Ils se réveillent pourtant sur un banc, menottés ». Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de Serge Bressan sur La Grande Parade.com : « […] Avec la complicité de l’écrivain et historien Emmanuel Haymann, l’auteur déambule avec une appétence communicative dans des périodes où l’on croise Clovis, Charlemagne, où les Anglais parlaient français (ou presque !), où le français devient la langue de Molière, puis celle des médias… pour en arriver à ce français devenu la langue de l’immédiat[…]. Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de la librairie La Procure en vidéo :

 

L’avis d’Anniemots sur son blog : « Pour résumer : à consommer sans modération, trilogie idéale à emporter dans ses bagages pendant les vacances ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Caroline Broué sur France Culture à écouter : « Un roman où les arbres sont le centre du récit… ce n’est pas commun ! ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Léon-Marc Levy sur La Cause Littéraire.fr : « Monsieur Toussaint Louverture continue à nous surprendre avec des œuvres oubliées et plus stupéfiantes les unes que les autres. Avec ce roman – est-ce un roman, un récit fictionnel ? – nous sommes dans le monde âpre et mâle de la boxe dans les années 1950. » Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Christilla Pellé-Douël sur Psychologies.com : « Pour son premier roman, la britannique Rosie Walsh fait très fort : impossible de lâcher le livre avant de connaître la fin. Une super-romancière du psycho-thriller est née… Idéal pour occuper un long voyage ! » Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis des critiques du Masque et de la Plume sur France Inter : « Quatre ans après « Réparer les vivants », Maylis de Kerangal nous plonge une nouvelle fois dans un corps de métier et nous révèle toute sa technicité : « Un monde à portée de main » emmène le lecteur dans la vie d’une spécialiste du trompe-l’œil. Qu’ont pensé les critiques du Masque et la Plume de ce roman ?  » Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis d’Aifelle1 sur le blog Le goût des livres : « C’est la lecture parfaite pour les vacances, vous avez encore le temps de la glisser dans votre valise. Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis des Inrocks.com : « Féministe avant l’heure, charmant et so British même s’il se passe en Italie, Avril enchanté est non seulement la lecture idéale pour finir ce mois d’avril avec bonheur, mais aussi pour traverser tous les mois d’été à venir ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de NooSFere.fr : « Christina Dalcher nous offre avec Vox un roman dystopique glaçant, dans la veine de La Servante écarlate. Ici, pas de corps féminin asservi – mais des voix bâillonnées ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis d’Eve sur Carnetsdeweekends.fr : « L’auteur s’attarde sur la psychologie des personnages[…].Ce roman nous conduit ainsi à réfléchir à l’évolution de la condition des femmes depuis le début du XXème siècle et au poids de secrets de famille. Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de Yan sur Encoredunoir.com  : « On se laisse vite entraîner dans ce roman qui oscille souvent entre la dure chronique sociale, le récit intime émouvant et par la grâce de l’écriture et de la description des lieux, le conte horrifique. » Lire la suite (nouvelle fenêtre)

L’avis de Magali sur Fictionista.ch : « À lire si : Vous n’avez pas peur de vous décentrer et de remettre en question votre façon de penser. » Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de Yann sur Unwalkers.com : « un roman aussi vivant qu’émouvant, où les tragédies intimes servent de moteur aux protagonistes. A l’efficacité du récit viennent s’ajouter l’humour omniprésent et les splendides paysages du Montana, le tout contribuant à faire de Céline une très agréable lecture de ce début d’année. »Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de Bookivore sur Critiques libres  : « Ce roman, excellemment bien écrit, se lit rapidement, il est court (trop), et il s’impose vraiment comme un vrai classique du genre. » Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

 

 

L’avis de Jérémie sur Destination futur.fr : « Que vous aimiez Stephen King ou non, je vous recommande « Écriture, mémoires d’un métier» car ce livre est truffé de conseils sensés pour améliorer sa qualité d’écriture et mieux vivre ce métier. Peut-être ne serez-vous pas sensible à la première partie autobiographique comme je l’ai été, mais les autres parties sont vraiment riches d’enseignements et l’auteur s’appuie sur des exemples personnels concrets. » Lire la suite (nouvelle fenêtre)

Un grand merci à tous les chroniqueurs des blogs, sites, magazines dans lesquels j’ai pioché ces avis ainsi qu’aux bibliothécaires pour leur travail de sélection judicieux.

Bonne lecture de nos romans préférés de l’été 2019 !

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