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Les bienfaits de la lecture selon le coin de La Médiathèque de janvier

19 Jan

On ne le dira jamais assez : la lecture n’a que des qualités ! Grâce à elle, on peut apprendre, découvrir, s’évader, rêver, passer un bon moment mais aussi ressentir des émotions, comprendre et mieux se connaitre. À l’occasion de la Nuit de la lecture  (nouvelle fenêtre) et de la première rencontre de Liseur de l’année intitulée La littérature peut-elle améliorer notre vie (nouvelle fenêtre), le coin de La Médiathèque de janvier 2019 vous propose roman, manuel, documentaire et film qui vous convaincront, si ce n’est déjà fait, des bienfaits de la lecture à tout âge de la vie.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee. (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (nouvelle fenêtre) de Harper Lee.

Si les livres éclairent, divertissent et cultivent, ce que l’on sait moins c’est que la lecture peut avoir la vertu de faire du bien. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, par le profond humanisme qui s’en dégage, fait partie de ceux-là, de ceux que l’on a plaisir à lire pour se détendre, même s’il traite de sujets graves et sérieux.

Ce récit nous transporte en Alabama dans les années 30, dans la petite ville rurale et ségrégationniste, de Maycomb, durement frappée par la récession. Orpheline de mère, Scout âgée de 8 ans vit avec son frère Jem et son père Atticus, avocat commis d’office pour défendre un homme noir accusé d’avoir violé une femme blanche. Petite fille vive et débrouillarde, ce roman est sa vision des faits qu’elle nous fait partager avec beaucoup de fraîcheur et drôlerie propres à l’enfance, malgré le contexte grave. Les personnages très attachants, dont Scout tout particulièrement qui émeut par sa sincérité et sa simplicité, prennent place dans un cadre historique et une ambiance retranscrits  avec beaucoup de talent et finesse.

Ce récit initiatique, hymne à la justice et à la tolérance, qui tient à la fois du conte, de la nouvelle et du roman, a pris un caractère universel. Il fut d’ailleurs couronné par le prix Pulitzer en 1961. Salué  aujourd’hui comme une œuvre de référence incontestée, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur a été traduit en 40 langues et plus de 40 millions d’exemplaires en ont été vendus dans le monde entier.

À lire absolument !

La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con – Coaching littéraire pour séduire en 7 étapes de Sarah Sauquet ((livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)   La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con – Coaching littéraire pour séduire en 7 étapes ( livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)  de Sarah Sauquet

Sarah Sauquet, professeur de lettres innove avec cet ouvrage décalé qui revisite les classiques. Son pari ? Permettre à ses lecteurs de trouver et de séduire l’âme sœur en les invitant à découvrir ou relire des textes de la littérature dans lesquels il est question d’amour et de séduction.

Il s’agit bien d’un  « Coaching littéraire pour séduire en 7 étapes » si l’on suit le parcours que l’auteur nous a concocté pour trouver l’amour en compagnie d’ Orlando (nom du personnage de Virginia Woolf à la fois masculin et féminin) : se préparer physiquement et psychologiquement, éviter les obstacles, se jeter à l’eau, prendre son temps, se faire confiance, garder le cap et donner du temps au temps.

Les conseils prodigués par l’auteur se basent  sur l’expérience des héros de la littérature (Thérèse Raquin, Swann, Cyrano, Jane Eyre, Valmont…) qu’elle a pris plaisir à analyser après avoir décortiqué les textes littéraires.  Ces sentiments que dévoilent de grands textes classiques se révèlent être, contrairement aux idées reçues, toujours d’actualité et peuvent être, encore aujourd’hui, le fidèle reflet de notre propre expérience.

D’un ton léger, souvent avec humour, Sarah Sauquet parle de l’amour avec justesse  et invite chacun à lire ou relire les classiques de la littérature qui peuvent aider à trouver sa voie dans les méandres du sentiment amoureux.

Le livre des grands contraires psychologiques d’Oscar Brenifier et Jacques Desprez (catalogue de La Médiathèque -nouevlle fenêtre)  Le livre des grands contraires psychologiques (nouvelle fenêtre) d’Oscar Brenifier et Jacques Desprez

Sommes-nous tous identiques ? S’il est évident qu’il y a des différences physiques entre les humains, qu’en est-il des personnalités ? Le caractère est ce qui est le propre d’un être et c’est ce qui distingue en psychologie une personne d’une autre : sa nature, ses tendances, son humeur, on dit aussi son tempérament. Il y a autant de caractères que d’êtres humains, mais on peut toutefois les regrouper en grandes catégories : compliqués, calmes, sérieux, simples, discrets, sociables… Chaque être est unique mais porte en lui une petite parcelle de tous les caractères, il peut ainsi la reconnaitre chez une autre personne, ce qui lui permet de mieux comprendre les autres.

Familiers et étranges, les personnages de cet album incarnent dix couples de personnalités opposées : ils se font face sur chaque double-page, puis chacun est développé avec ses traits caractéristiques, ses qualités et ses défauts. Un livre intelligent pour mieux se connaitre, aller vers les autres et devenir soi-même grâce à la lecture !

La lectrice de Michel Deville (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)     La lectrice (nouvelle fenêtre) un film de Michel Deville

En 1988, Michel Deville propose une adaptation cinématographique, libre et pétillante du roman éponyme de Raymond Jean.

Marie, pour gagner sa vie, devient lectrice. Elle envoûte, fascine ; par sa lecture, elle réinvente les textes en fonction de celui qui écoute. Michel Deville, à travers ce film cultive les thèmes qui ont toujours jalonné ses œuvres : le corps, les désirs enfouis, l’érotisme, les personnages qui choisissent toujours la nouveauté et l’aventure. Nourri de littérature, de théâtre et de fantaisie, il jongle avec les mots. Il faut dire qu’il a trouvé l’interprète idéale pour ce rôle : Miou-Miou ! Légère, sensuelle, drôle, elle adapte sa voix souple au gré de son humeur, défiant sans cesse le confort trop facile du quotidien.

Un film à regarder dans son lit, avec gourmandise.

Merci à Sylvie,  Marianne et Isabelle pour leur contribution à la rédaction de cet article.

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Le coin de La Médiathèque de décembre 2018 vous emmène en voyage

13 Déc

Les mois d’hiver commencent et les grandes vacances vous semblent bien loin ? Pas de panique ! Pour répondre à toutes vos envies d’évasion, de grand air et de découverte le nez au vent, le coin de La Médiathèque de décembre vous propose de partir à la découverte du monde en lecture et en musique. Bon voyage !

Mon imagier autour du monde de Christelle Lardenois, Annelore Parrot, Cécile Hudrisier, Pascale Hédelin (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Mon imagier autour du monde (nouvelle fenêtre) de Christelle Lardenois, Annelore Parrot, Cécile Hudrisier, Pascale Hédelin. Éditions De la Martinière Jeunesse

Il n’est jamais trop tôt pour voyager ! Évadez-vous avec vos petits et partez à la rencontre de Thomas, Chiyoko, Igor, Fang ou encore Latefa et Paola qui vous présentent leurs pays.

Une double-page aux illustrations très colorées et naïves, un court texte explicatif, vous feront parcourir les continents et découvrir les particularités culturelles et les objets de la vie quotidienne de ces enfants. En refermant ce livre, vos chérubins sauront reconnaître une feuille de Ginkgo, voudront troquer votre voiture contre un tuk-tuk, manger des tortillas, jouer du balafon et peut-être un jour pratiquer le baseball…

Et pourquoi ne pas poursuivre ce tour du monde, une fois le livre refermé, en  leur proposant de vous  raconter où l’on peut rencontrer un panda roux, quels chapeaux l’on porte en Amérique du sud, comment on appelle les habitants du Grand Nord….

Un album documentaire enrichissant et passionnant qui donnera sûrement envie d’aller plus loin !

Le rêve de Ryosûke de Durian Sukegawa (catalogue de La Médiathèque- nouvelle fenêtre) Le rêve de Ryosûke (nouvelle fenêtre) de Durian Sukegawa. Éditions Albin Michel

Ryosûke quitte Tokyo et s’engage comme saisonnier avec deux autres compagnons : Tachikawa, un garçon turbulent et Kaoru, la  » percée « ,  pour effectuer des travaux de canalisation sur l’île  imaginaire d’Aburi au Japon.  Une fois, le travail achevé, Ryosûke décide de rester pour concrétiser le rêve de son père décédé alors qu’il était enfant. Mais ce choix est-il le bon ? Les habitants de cette minuscule île sont-ils prêts à l’accueillir et à bouleverser leurs habitudes ?

Après les Délices de Tokyo, véritable succès également adapté au cinéma, Durian Sukegawa nous offre ici un conte moderne et initiatique, dans lequel il mêle avec humour et finesse une réflexion sur le passage dans le monde adulte, l’accomplissement personnel et le rapport homme-animal.

La lecture de ce deuxième roman de Durian Sukegawa, ce retour aux sources, débutant comme un roman d’aventure, s’est révélé être un doux et sucré plaisir de lecture. Alors embarquez pour cette île sauvage aux habitants mystérieux, évasion garantie !

 So Calypso ! Calypso Rose (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)So Calypso ! (nouvelle fenêtre) Calypso Rose. Éditions Because Music

Envolons-nous pour les Caraïbes en compagnie de Calypso Rose. Son dernier album So Calypso est une invitation au voyage et aussi l’occasion de faire une balade dans le temps.

Calypso Rose est originaire de l’île de Tobago qui appartient à la République de Trinité-et-Tobago dans les Antilles Anglaises. C’est là qu’est né le style musical appelé Calypso. La chanteuse est la seule artiste féminine à avoir remporté le titre de reine du calypso au carnaval de Trinité-et-Tobago. Un évènement important dans ce pays.

Ici Calypso Rose rend hommage à ses racines africaines avec des sonorités ska (Israël by bus), reggae et blues, et en chantant en duo avec Angélique Kidjo, une chanteuse béninoise. Elle revisite également certains standards comme I say a little prayer interprété par Dionne Warwick et dont on connait mieux la version d’Aretha Franklin, Rum & coca cola des Andrew Sisters et Rivers of Babylon du groupe jamaïcain The Mélodians.

Back to Africa calypso rose (site de La Médiathèque - musique en ligne - nouvelle fenêtre) Un album atypique qui vous emmènera dans un voyage musical où vous pourrez redécouvrir les reprises de ses plus grandes influences musicales.

Prolongez le périple avec le documentaire Back to Africa (à écouter en ligne – nouvelle fenêtre) qui est disponible sur le site de la Philharmonie de Paris en vous connectant sur le site de La Médiathèque.

 

L’anthropologie n’est pas un sport dangereux de Nigel Barley (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) L’anthropologie n’est pas un sport dangereux (nouvelle fenêtre) de Nigel Barley. Payot

Quoi de tel pour voyager loin que de ménager ses lectures…  et de suivre les pérégrinations d’un anthropologue européen dans une contrée éloignée aux coutumes insolites ! Instructif et exaltant, le récit du voyage s’avère facétieux quand le scientifique parti sur le terrain en question manie à merveille l’autodérision, la curiosité et un brin d’ironie mordante.

Loin de produire un ouvrage académique, Nigel Barley, anthropologue de formation, écrivain et conservateur au British Museum, fait avant tout le récit d’une rencontre : celle d’individus vivant sur un autre continent, parlant une langue différente, ayant des codes particuliers et des rites ancestraux.  Cette immersion d’un Occidental dans le quotidien d’une peuplade déconnectée du monde moderne, les Torajas, provoque un certain nombre de surprises, anecdotes, hésitations, malentendus et fou-rires réciproques que l’auteur ne se prive pas de partager.

Dès les premières pages, le ton est donné : imaginez un universitaire londonien en costume de tweed debout devant le contenu de son sac à dos étalé sur son lit, son contrat d’assurance à la main, et s’interrogeant soudain sur ce qui peut bien pousser les anthropologues à vouloir partir sur le terrain. Ajoutez à ça des déboires de transport avec une escale à Moscou – qui nous vaut une comparaison quasi scientifique des coutumes aéroportuaires d’un bout à l’autre de la planète -, puis une arrivée rocambolesque dans les montagnes du Sulawasi, région où le temps et les distances semblent changer d’échelle autant que la précision cartographique semble y être incongrue. Terminez par un chapitre sur la venue à Londres des Torajas, dont le regard candide sur la civilisation européenne rappelle celui des Perses de Montesquieu… Et vous obtiendrez une aventure humaine passionnante, qui allie la curiosité et la démarche scientifique à un humour salvateur, et un livre vivifiant qui vous emmènera en voyage au fin fond de l’Indonésie !

Merci à Marie-Charlotte W., Florence B., Valérie N. et Isabelle D. pour la rédaction de cet article.

Le coin de La Médiathèque de novembre 2018 commémore l’Armistice de 1918

14 Nov

La victoire se tient après nos jugulaires

Et calcule pour nos canons les mesures angulaires

Nos salves nos rafales sont des cris de joie

Ses fleurs sont nos obus aux fleurs merveilleuses

Sa pensée se recueille aux tranchées glorieuses

Extrait d’Étendards de Guillaume Apollinaire in Calligrammes publié en avril 1918.

 

  • Là où poussent les coquelicots, un film documentaire de Vincent Marie et Laurent Segal

Vincent Marie, historien, et Laurent Segal réalisent un film exceptionnel sur la vie quotidienne des soldats entre 1914 et 1918, vue à travers la bande dessinée. Ils font appel à neuf dessinateurs, de différentes nationalités, qui ont travaillé sur le sujet : chacun son angle, chacun ses thèmes. Ensemble ils interrogent d’innombrables photos et images d’archives de l’époque ;  grâce aux fondus enchaînés, leurs dessins raniment et ressuscitent, des images anonymes et glacées de jeunes vies brisées. Le graphisme exprime davantage que des photos figées, il permet de supporter l’horreur, livre de nouvelles émotions et des souffrances durables. Le film dégage parfaitement les liens intimes qui existent entre la bande dessinée et la Grande Guerre et revendique le statut d’œuvre de vulgarisation : pour ceux qui en doutaient encore, la bande dessinée, grâce à Tardi, Joe Sacco, Vandermeulen…, se révèle un excellent vecteur de transmission de notre Histoire !

Ce film a été projeté le jeudi 8 novembre à 19h30 à La Médiathèque en présence de Laurent Segal à l’occasion de la commémoration de l’Armistice de 1918.

© Kilaohm Productions

Tournées par la section cinématographique de l’armée créée en 1915, ces images exceptionnelles ne nous montrent cependant qu’un versant de la guerre. Au service de l’effort national, elles disent la bonne humeur des soldats à l’avant et la détermination de l’arrière. Elles ne racontent pas le doute, la tristesse, et surtout pas la mort. À nous de nous rappeler que ce qu’elles ne montrent pas est au moins aussi important que ce qu’elles ont l’ambition de prouver.

Nous sommes en 1914 dans l’East End, un des quartiers de Londres. La guerre vient d’éclater. John Patterson, étudiant en littérature, refuse de s’enrôler bien que soumis à la pression patriotique de son entourage. Mais un événement l’oblige finalement à quitter ses livres pour s’engager… Consigné à faire le courrier pour deux de ses camarades d’infortune,  John se trouve confronté aux horreurs de la guerre avec ses charniers, ses cadavres, ses mutilés ; il observe les errements des uns, les tourments des autres et les choix souvent contraints par tous… Sur le front, les notions de courage, de lâcheté et d’héroïsme sont bien éloignées de celles véhiculées par la propagande à l’arrière.

À l’image des contradictions de l’époque, Courrier des tranchées est une fiction tout en nuance habitée par des personnages que tout oppose, un de ces romans dont la trame à la fois tragique et captivante ne cesse de progresser au fil des pages. L’héroïsme et la lâcheté, l’autoritarisme aveugle et l’obéissance, les chagrins d’amour et les amitiés indéfectibles entre frères d’armes, les livres et la poésie qui aident à lutter contre la barbarie sont autant d’éléments constitutifs de ce roman qui amène à réfléchir sur le devenir des convictions et la nature réelle du courage en temps de guerre.

12 novembre 1918. Belgique. Dans un camp de prisonniers français, Augustin apprend que la guerre est finie. Il va pouvoir enfin rentrer chez lui et retrouver sa femme Geneviève.

Alors, Augustin se souvient… Pour survivre dans les tranchées, pour atténuer la douleur de regarder ses compagnons mourir sous ses yeux, Augustin a lu et relu les  » Valentines « , les lettres d’amours enflammées de sa femme. Augustin se souvient aussi de la perte de son enfant, de la bonne Louisa, de son ennemi de toujours Félicien.

Mais une fois la guerre vraiment terminée pour lui, son retour sur sa terre ne va pas se passer comme prévu et la douloureuse vérité sur sa femme va petit à petit lui être révélée…

Cette bande dessinée au graphisme pictural est un magnifique récit fait de flash-backs où le dessin à la gouache de Christian De Metter vient renforcer certaines images dures des soldats, des gueules cassées et de la méchanceté paysanne. Un livre poignant et touchant sur les ravages de la guerre, qui a reçu le Prix public du Festival d’Angoulême en 2005.

La Première Guerre mondiale est racontée d’année en année, chaque double-page explique un évènement, de la bataille de la Marne au soutien de l’Amérique. Les cartes sont simples à comprendre, les dessins rendent l’ensemble ludique et agréable à la lecture. La guerre est abordée du point de vue de plusieurs pays, sur terre, sur mer et dans les airs. On nous parle du front, de la politique, des batailles et des tranchées mais aussi de l’arrière, de la société civile et du rôle des femmes.  Bien que destiné à la jeunesse, ce documentaire comporte des chiffres et des noms précis qui instruiront les plus grands. Ainsi adultes et enfants y apprendront des choses intéressantes et faciles à mémoriser notamment grâce au lexique et les courtes biographies des personnalités de l’époque. Excellent livre pour jeter des bases historiques claires et précises avant d’approfondir le sujet avec des ouvrages complémentaires.

L’illustration d’en-tête est tirée de la fresque de 60 mètres réalisée par Joe Sacco en 2016 pour le musée Thiepval (nouvelle fenêtre) dans la Somme.

Merci à Marianne G., Patricia D., Nadia C. et Fanélie B. pour la rédaction de cet article.

Le coin de La Médiathèque d’octobre 2018 continue la conquête de l’Ouest

22 Oct

Après  Ma soirée à La Médiathèque dont le thème cette année était « Il était une fois dans l’Ouest », voici de quoi continuer à voyager dans les grands espaces grâce à un roman intense qui parle de liberté, une série de bandes dessinées mythique, un album surprenant et des comptines à chanter autour d’un feu de camp !

1878, treize ans ont passé depuis la fin de la Guerre de Sécession. La conquête de l’Ouest est achevée. Les dernières tribus indiennes ont été rassemblées dans la plus ingrate des contrées : l’Oklahoma. La « dernière frontière » enserre ce dernier territoire indien que l’on nomme « réserve ». Parmi elle, la tribu Cheyenne…

C’est au cœur de cette réserve  que débute le récit : pour les sauver de la faim et de la malaria, le vieux chef cheyenne tente d’obtenir l’autorisation de ramener son peuple dans le Wyoming, sa terre d’origine …  Mais une rumeur court : trois indiens cheyennes auraient quitté la réserve ! L’armée, chargée de les surveiller, ordonne au chef de la tribu de les retrouver et prend en otages dix indiens contre la remise des trois fuyards. N’ayant plus rien à perdre, poussée par son désir de liberté, toute la tribu décide de passer outre et entame sa longue marche de retour vers la terre natale à 1600 kilomètres  au nord.
De l’été à l’hiver 1878, une véritable chasse à l’homme commence. Une opération de poursuite d’une ampleur disproportionnée avec  13 000 soldats qui finiront par être mobilisés contre ces 150 indiens, femmes, enfants, vieillards et seulement à peine une cinquantaine d’hommes adultes qui feront le choix de ne jamais abandonner leur fierté, leur dignité, leur droit à la liberté ….

Ce roman, paru en 1941, sous le titre « le dernier espoir » est une cinglante dénonciation du sort réservé aux peuples autochtones par l’administration des États-Unis et une formidable ode à la liberté de ceux qui n’avaient que le tort de penser que le sol sur lequel  ils avaient vécu était le leur…
Un magnifique roman à découvrir ou à redécouvrir.

Qui ne connaît pas Lucky Luke, une série vendue à plus de 300 millions d’exemplaires ?

Le père de Lucky Luke, Morris, de son vrai nom Maurice de Bevere, a publié 70 albums de la série entre 1947 et sa mort en 2001. Lucky Luke a ensuite été repris par plusieurs auteurs. Il a par ailleurs connu plusieurs adaptations en série, film d’animation et en longs-métrages.

Dès le 11e album, en 1958, Morris se fait accompagner de différents scénaristes dont René Goscinny, célèbre pour sa série Astérix, qui signe avec lui près de 40 albums.

Avec un humour à plusieurs registres susceptible de toucher toutes les générations, Lucky Luke érige le Far West en mythologie, tout en s’appuyant sur des éléments historiques. Ses auteurs revisitent et popularisent ainsi en France et en Belgique un certain nombre de légendes de la conquête de l’Ouest américain : l’agence de détectives Pinkerton, le courrier du Pony Express, Calamity Jane, Billy the Kid… Ils mettent également en scène des éléments iconiques : le chemin de fer, le supplice du goudron et des plumes, la diligence, les bateaux à aube sur le Mississipi, les pionniers, les bonimenteurs, les chasseurs de primes, la cavalerie et les indiens…

Une série à (re)découvrir et partager en famille !

  •  Fourmi (nouvelle fenêtre) de Cyril Houplain. Éditions Milan

C’est un travail de fourmi (il faut bien le dire) qu’a demandé la réalisation de cet album ! Et une extrême patience. En effet toutes les illustrations sont composées de fourmis, identiques, dessinées à la main et nombreuses ! Cyril Houplain le dit lui-même : « Il m’a fallu deux ans pour faire le livre. Il me faut en moyenne douze fourmis pour remplir un centimètre carré » soit une tâche titanesque et des milliers d’heures de travail.

L’histoire est celle d’Alistair Burke, 14 ans, qui se fait surnommer  « Fourmi » car il travaille en tant que mousse sur un bateau et parvient à se glisser n’importe où. On suit ses péripéties jusque dans l’Ouest des États-Unis où il rencontre des Apaches et trouve sa vocation : dresseur de fourmis.

Outre l’histoire qui fait voyager petits et grands, chaque page est un émerveillement de fourmis. On peut regarder cet album de loin, de près ou à la loupe et pour les plus courageux, on peut essayer de compter le nombre de fourmis !

Cet album invite les enfants en Amérique pour chanter et danser le Far West.

Il comprend dix comptines aux accents du grand Ouest américain dont une en anglais et une autre en iroquois. Certaines déjà connues des enfants et des plus grands (Nagawicka, Un jour dans sa cabane)  sont ici revisitées par le groupe Framix et côtoient de nouveaux textes ainsi que des mélodies traditionnelles amérindiennes.

Ambiance Far West garantie grâce aux instruments de musique variés : banjo, yukulélé, flûte indienne, guitare et le violon typique de la musique américaine. Dix chansons entrainantes et souvent tendres avec des paroles faciles à retenir et des rimes amusantes.

Les jolies illustrations très colorées de Cécile Hudrissier complètent le voyage  dans l’univers des cow-boys et des indiens avec tous les ingrédients typiques du thème : les plumes, les totems, les chevaux, les squaws…

Il ne manque plus qu’un feu de camp pour chanter et danser autour tout en sautillant avec la main sur la bouche et des plumes sur la tête !

 

Le coin de La Médiathèque de septembre prend la rentrée d’un bon pied

8 Sep

Première rentrée, trac, retrouvailles sur les bancs de l’école, échappée hors cadre, ou apprentissage de la cour de récréation, la première semaine de septembre est pour beaucoup, petits ou grands, un moment chargé d’émotions, de stress, de découvertes ou de souvenirs  d’enfance. Afin de vivre avec plaisir cette rentrée 2018,  les bibliothécaires vous ont concocté une petite sélection spéciale !

Maman à l’école d'Éric Veille et Pauline Martin (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Maman à l’école (nouvelle fenêtre) d’Éric Veille et Pauline Martin. Éditions Actes Sud junior

La première rentrée scolaire est souvent un moment aussi difficile pour les jeunes enfants que pour leurs parents. Dans cet album truculent, une petite fille est promise, comme de nombreux autres enfants de son âge, à l’abandon. L’héroïne de cette histoire se laissera-t-elle faire ? Que nenni. Admirez sa technique : aussi hilarante qu’efficace. Maman est contrainte de rester partager le quotidien terriblement difficile de son enfant. Mais est-ce bien sa place ?  Très rapidement sa présence devient embarrassante…

À lire en famille pour rassurer petits et grands.

Le train des souris de Haruo Yamashita (catalogue de La médiathèque-nouvelle fenêtre) Le train des souris (nouvelle fenêtre) de Haruo Yamashita. Éditions École des Loisirs

C’est la veille de la rentrée, Maman souris se retrouve avec ses sept petits prêts à faire leur toute première journée d’école mais aucun des sept souriceaux n’est vraiment décidé à y aller, chacun ayant bien sûr une excellente raison, y compris le dernier, qui lui, ne veut juste pas y aller, et cela lui semble bien suffisant.

Une fois les sept petits endormis, la maman se creuse la tête pour trouver le moyen de motiver sa troupe. Avec deux pelotes de laine, elle invente un stratagème ingénieux que les enfants découvrent à leur réveil. Dans la nuit, elle a déroulé deux pelotes de laine tout le long du chemin de la maison à l’école. Alors, le matin, elle prend place sur les « rails » improvisés et s’autoproclame chef de gare, invitant ses petits à monter dans le train. Évidemment la ruse prend vite avec ses sept enfants joueurs qui oublient instantanément leurs peurs pour suivre leur drôle de maman. Et les voilà partis à l’aventure…

Un album tout en délicatesse aux adorables illustrations pastel qui donnent terriblement envie de découvrir d’autres aventures de la famille souris. Une bonne manière d’évoquer les différentes peurs liées à la rentrée et à l’école de manière générale.

Ma famille, Le collège et autres cauchemars de Carol Midgley (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Ma famille, le collège et autres cauchemars (nouvelle fenêtre ) de Carol Midgley. Éditions De la Martinière jeunesse

Dany, presque 13 ans, est persuadée que tous ses problèmes s’envoleraient si elle n’était pas affublée d’une famille pareille. Une mère de nouveau enceinte, un père immature, un grand frère en pleine crise d’adolescence, une petite sœur plus collante qu’un chewing-gum, une grand-mère obsédée par son transit intestinal et un chien amoureux d’une botte fourrée…

Aucun doute, ils se mettent en quatre pour faire de sa vie un enfer ! Au collège, ce n’est pas tellement plus reluisant : Dany est amoureuse de Damian, le plus beau garçon du monde qui n’a d’yeux que pour Trésor, la reine des pestes. Heureusement, Dany peut compter sur sa meilleure amie Amber pour lui remettre les pieds sur terre… du moins quand elle prend la peine de suivre ses conseils.

Ce roman est très drôle et touchant. Il est rempli de folies et de surprises. Une jolie histoire de jeunesse qui met en avant les problèmes de l’adolescence, les amis, les premiers amours et la famille, LA  lecture idéale pour accompagner les ados pour cette rentrée scolaire partagés entre joie et peur de découvrir ou de retrouver leurs établissements, leurs amis et leurs instituteurs…

L’école buissonnière de Nicolas Vanier (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre )L’école buissonnière (nouvelle fenêtre) de Nicolas Vanier. Xo Éditions

C’est l’histoire d’un petit orphelin de la banlieue parisienne qui, confié à Borel, le  garde-chasse du domaine de La Chesnaye, et à sa femme Célestine, découvre  ce nouvel environnement fait de chasse, de pêche,  de rencontres insolites, de sensation de liberté et  d’amitié. C’est  sur les bords de la Loire que le gamin des villes va faire la connaissance d’un vieil ermite braconnier qui va, très vite, lui enseigner le secret des plantes, des animaux qui vivent en osmose dans la nature.  Paul écoute, observe…  Puis c’est la rencontre avec le cerf, un cerf majestueux qu’il décide de protéger des hommes. Une longue quête commence qui le conduira au secret de sa propre enfance…

Une écriture douce, réelle pour ce roman « initiatique » rempli de tendresse. Une ode à la nature et à l’amitié.

Récréations de James Mollison (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Récréations (nouvelle fenêtre) de James Mollison. Éditions Textuel

Après les chambres d’enfants à travers le monde, le photographe anglais James Mollison se focalise sur les cours d’école. De la très chic école japonaise, en passant par la terre battue d’une école au Kenya, James Mollison nous donne à voir les enfants qui jouent, qui crient, qui pleurent, quel que soit leur continent. Comme devant un puzzle, nous nous amusons à pointer les différences. Nous tournons les pages et découvrons  les tenues chatoyantes des enfants dans un monastère au Bhoutan, les uniformes anglais ou les tenues militaires russes.

Au travers de ce beau voyage photographique, d’un lieu à un autre, d’une école à une autre, James Mollison présente 59 clichés en couleurs et offre un témoignage inédit sur ce lieu universel qu’est la cour de récréation.

Un très beau livre fascinant, avec des photos lumineuses, que l’on prend plaisir à découvrir dans leur moindre détail.

Merci à Nathalie F., Cécile P., Patricia  D. et Nadia C. pour leurs contributions à cet article.

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