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Bonnes nouvelles dans le coin de La Médiathèque de juin 2019

21 Juin

Au mois de juin, les nouvelles sont à l’honneur ! Après notre article Nouvelles vous avez dit nouvelles, Le coin de La Médiathèque s’intéresse à ces courts récits en prose, où une action assez simple ménage souvent un effet de surprise au moment du dénouement. Voici ainsi plusieurs recueils de ces textes courts au style percutant, à destination des enfants, des adultes ou encore des cinéphiles.

Nouvelles histoires pressées de bernard friot (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)

Nouvelles histoires pressées (nouvelle fenêtre) de Bernard Friot. Éditions Milan

Bernard Friot est le spécialiste des nouvelles pour enfants. Vous ne connaissez pas encore ses Histoires pressées ? C’est une chance !

Bernard Friot sait écouter les enfants : il a étudié longuement leur manière de raconter leurs histoires mélangeant très librement réalité et imaginaire. Il en résulte une série de recueils de nouvelles s’adressant à tous types de lecteurs (dès neuf ans) y compris ceux en difficulté par rapport à la lecture. Le résultat : des nouvelles très faciles à lire car aucun des textes ne dépasse trois pages, un humour décalé, le figuré se transforme en réalité pendant que le second degré devient premier, on  en perd ses repères, c’est jubilatoire, on s’esclaffe !

Une succession d’histoires courtes, poétiques et drôles qui peuvent être le point de départ à des jeux de vocabulaire et jeux d’humour.

La magie des mots a opéré, voilà notre monde transformé ! La vie est décidément pleine de malice et bonnes nouvelles !

Nouvelles histoires du Wyoming d’Annie Proulx (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)

Nouvelles histoires du Wyoming (nouvelle fenêtre) d’Annie Proulx. Éditions Grasset

Dans les onze nouvelles qui composent ce recueil, l’auteur nous emmène dans l’Amérique rurale, mais il pourrait s’agir de n’importe quelle campagne profonde, là où les mœurs confinent à la sauvagerie : la brutalité y côtoie la jalousie tandis que l’absurdité des vengeances et la simplicité des esprits dérivent facilement vers la violence gratuite. Fermiers ou chasseurs, hommes ou femmes, jeunes et vieux, tous ces êtres rugueux se frôlent et se heurtent, souvent s’évitent mais se détruisent à coup sûr. L’écriture d’Annie Proulx transcrit parfaitement, grâce à une économie de mots et à une sécheresse volontaire du style, l’âpreté d’un univers où les relations humaines sont hostiles. L’insistance sur la difficulté à communiquer et l’absence délibérée de bienveillance donnent à ces textes une violence sous-jacente, parfois dérangeante tant elle est absolue.

Débutants de Raymond Carver (catalogue d La médiathèque-nouvelle fenêtre)

Débutants (nouvelle fenêtre) de Raymond Carver. Éditions L’Olivier

« Les mots, c’est finalement tout ce que nous avons, alors il vaut mieux que ce soit ceux qu’il faut ». Cet extrait d’une réflexion plus générale de Carver sur la littérature  aurait pu lui servir d’épitaphe. Faisant de la littérature l’essentiel de sa vie, maître dans l’art de la précision et de la simplicité, un peu à distance, souvent nostalgique voire amer, Raymond Carver donna une forme résolument originale à la nouvelle anglo-saxonne.  Ses textes, à la forme exclusivement courte, parlent de vie quotidienne, banale et difficile,  souvent de la vie de couple, fragile ou défaite. Partout, les souvenirs de ce qui a eu lieu ou aurait pu être, planent comme des rêveries sur un quotidien sans espoir. Chaque mot y est à sa place pour dire une réalité qu’aucun extraordinaire ne vient surprendre, mais toujours dans l’ombre se devine une autre histoire : celle qui n’est pas écrite et qui sous-tend l’ensemble de quelque chose d’indéfinissable, entre menace et pressentiment.

Retour à la vie réalisé par Henri-Georges Clouzot, Jean Dreville, André Cayatte et Georges Lampin (1949)

En 1945, le producteur Jacques Roitfeld, est frappé par le retour de deux millions de prisonniers de guerre et de déportés et le douloureux problème de leur réinsertion dans la vie civile. En 1948, il propose à quatre réalisateurs (Henri-Georges Clouzot, Jean Dreville, André Cayatte et Georges Lampin) de réaliser un film à sketches sur ce sujet, inattendu dans sa forme mais plutôt homogène. Ce Retour à la vie est une véritable curiosité, une œuvre unique dans le cinéma français de l’après-guerre, première évocation dans le cinéma de la déportation, sujet alors hautement tabou. Chaque sketch est admirablement interprété par les grands acteurs de l’époque : Louis Jouvet, Serge Reggiani, Bernard Blier… La critique et le public ont cependant boudé ce film considéré comme trop pessimiste (même si certains sketches sont drôles et mordants !) et insistant trop sur les recoins sombres de l’âme humaine. À redécouvrir…

Merci à Marianne V., Dorothée I., Isabelle D. pour la rédaction de cet article.

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Le coin de La Médiathèque de mai 2019 rend hommage à Léonard de Vinci

21 Mai

À l’occasion des 500 ans de la mort de Léonard de Vinci (15 avril 1452 – 2 mai 1519), le coin de La Médiathèque de mai ne peut pas passer à côté de la vie et l’œuvre de cet artiste majeur qui fut aussi un grand scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste,  architecte, urbaniste, botaniste, musicien, poète, philosophe et écrivain. Voici une petite sélection pour voir Léonard autrement !

La demande de Michèle Desbordes (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) La demande (nouvelle fenêtre) de Michèle Desbordes / Éditions Verdier

Ce court roman si poétique, se déroule dans le cadre bucolique du Clos Lucé, à Amboise, dans un paysage de bord de Loire envoûtant et tranquille, où Léonard de Vinci va passer les deux dernières années de sa vie, à l’invitation du roi de France. Son nom ne sera jamais cité, pourtant on reconnaît le vieux peintre italien entouré de ses travaux, de ses élèves et de sa servante dévouée et discrète avec lequel il tisse une étrange relation, indicible et sensible, faite de silences et de jeux de regards. Tout dans ce roman concourt à la lenteur, à la méditation : les paysages se déploient, restituant « la douceur angevine » avec beaucoup de réalité et Michèle Desbordes qui manie la langue comme une caresse, nous envoûte grâce à son écriture délicate et ciselée créant une véritable atmosphère picturale.

Les machines de Léonard de Vinci : Secrets et inventions des codex de Domenico Lorenza (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)

Les machines de Léonard de Vinci : Secrets et inventions des codex (nouvelle fenêtre) de Domenico Lorenza / Editions Gründ

Si on connaît Léonard de Vinci pour sa Joconde, on le présente aussi aujourd’hui comme  un prodigieux génie scientifique, précurseur de l’époque moderne pour avoir imaginé et conçu toutes sortes de machines préfigurant la révolution industrielle du XIXème siècle : machines volantes, machines hydrauliques, machines de guerre, scaphandres de plongée.  En témoignent les nombreux dessins que le maître nous a laissés, des croquis qui nous interpellent non seulement par leur beauté esthétique mais aussi par l’innovation technique née de son sens de l’observation et de son esprit de synthèse.

Ce remarquable ouvrage réunit des textes originaux du génie italien et une trentaine de dessins dont la représentation en 3D nous permet de découvrir et de comprendre les secrets de ses machines visionnaires.

Léonard de Vinci : l’homme aux mille talents de Viviane Koenig (catalogue d La Médiathèque - nouvelle fenêtre)

Léonard de Vinci : l’homme aux mille talents (nouvelle fenêtre) de Viviane Koenig / Éditions Belin

L’auteur dresse le portrait de Léonard de Vinci, génie de la Renaissance. Dès l’âge de 5 ans,  Léonard se révèle comme un enfant intelligent possédant quelque chose d’étonnant et le don de se faire aimer, avec une envie de tout savoir, de tout connaître et de tout comprendre. En tant qu’enfant illégitime, il ne peut être destiné qu’à une carrière manuelle. À l’âge de 14 ans, il entre chez l’artiste peintre Verrocchio à Florence. Il n’oubliera jamais cette première journée passée à ses côtés. Malgré le manque affectif dont souffrira Léonard toute sa vie, il se jette dans l’art à corps perdu et deviendra rapidement le plus talentueux des compagnons de Verrocchio avant de devenir l’un des maîtres incontestés de l’art italien. Recommandé à partir de 11-12 ans, ce roman historique passionnant retrace principalement les trente premières années de la vie de l’artiste.

Léonardo de cécile Alx (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Léonardo (nouvelle fenêtre) de Cécile Alix / Editions Poulpe fictions

Peintre, sculpteur, ingénieur, Léonard de Vinci, l’un des plus grands esprits de tous les temps, est mort il y a 500 ans. Nombre d’auteurs ont écrit pour retracer le parcours exceptionnel de cet homme…

Cécile Alix raconte avec fraîcheur la vie de cet homme hors du commun grâce à son héroïne, Mélissa, 12 ans, qui a créé une chaine Youtube 100% bio…graphie pour parler de Léo, alias Léonard de Vinci, sa grande passion. Les chapitres abordés sous forme d’épisodes relatant son parcours sont très bien documentés : son enfance, son apprentissage chez Verrocchio, ses débuts à Florence, sa gloire à Milan et la fin de sa vie en France. Des graphismes très originaux ainsi qu’une petite BD de Leslie Plée à chaque page, illustrent à merveille les textes ponctués d’humour de Mélissa et surtout permettent de mieux comprendre les projets de Leonardo.

Avec des moyens très contemporains, voilà une manière originale de faire découvrir ou redécouvrir la vie complexe des artistes de la Renaissance. Une petite pépite à mettre entre toutes les mains !

Merci à Sylvie Z., Marie-Odile S., Patricia D. et Marie-Charlotte W.

Illustration d’en-tête (signature) : Di Léonard de VinciHubertl-ATNicolas Y. D. TIREL – Wikimedia Commons, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=59398649

Le coin de La Médiathèque d’avril joue avec le fil

20 Avr

Au mois d’avril, ne te découvre pas d’un fil ! Même si les dictons ne se vérifient pas toujours, le coin de La Médiathèque d’avril 2019 a décidé de se pencher sur les travaux d’aiguille avec un roman, un film, un dictionnaire du textile et un livre pour apprendre à coudre à la machine !

Où passe l’aiguille de Véronique Mougin (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)

Ce livre débute par l’enfance de Tomas dans une ville frontalière de la Hongrie dans les années quarante. Tomas, 14 ans, est un garçon obstiné, intrépide et rusé qui rêve d’autres horizons. Il veut devenir plombier contre l’avis de son père Herman. Ce dernier, tailleur de métier aimerait que son fils apprenne à tirer l’aiguille, persuadé que ce métier lui permettra toujours de vivre : or ce travail  semble d’un mortel ennui pour son fils…

1944, la guerre est déclarée. Les forces allemandes envahissent la Hongrie. Le père et le fils sont  déportés au camp de Dora-Mittelbau où l’on n’a plus qu’un numéro de matricule en guise de nom, ou il faut vivre chaque minute comme si c’était la dernière de sa vie, dans la souffrance physique, morale, dans la crasse et le froid.

C’est finalement la couture qui sauvera Tomas, lui qui avait auparavant refusé tout contact de près ou de loin avec cet outil : « La vérité : quand je couds, je n’ai pas de visions. Je ne revois pas le camp, les punitions, l’appel ou pire. Je me concentre, l’aiguille passe et repasse, chaque geste mille fois répété et doucement je deviens le fil, je deviens l’aiguille, je suis le tissu piqué et l’air que je respire, le rythme de la machine et le bruit de l’atelier. »

Le père et le fils survivront grâce à leurs talents de tailleurs et Thomas, une fois libéré, entamera une brillante carrière de couturier.

À partir des souvenirs, des silences de son cousin, Véronique Mougin a réussi à tisser un roman tout en profondeur et émotion qui a remporté le Prix des lecteurs de Levallois lors du Salon du Roman Historique 2018.

Lorsque Claire, caissière (17 ans) apprend qu’elle est enceinte, elle décide d’accoucher sous X. Elle trouve refuge chez Madame Melikian (Ariane Ascaride) femme solitaire, brodeuse pour la haute couture. Entre les deux femmes, au fur et à mesure que le ventre de Claire s’arrondit, se transmet l’art de la broderie, de la création mais aussi celui de la filiation : qu’est-ce qu’être femme ? Qu’est-ce qu’être mère ? Éléonore Faucher associe presque en silence, comme par magie, une veine très réaliste à une esthétique de la matière, de la densité et de la couleur comme on ajoute, en broderie à la toile brute, fils chatoyants et perles. Comme la caméra, on marche sur les pas de Claire, en songeant à La jeune fille à la perle de Vermeer…

On suivra décidément cette jeune réalisatrice et la jeune Lola Naymark, une véritable pépite.

Un premier film virtuose et touché par la grâce.

Réédition d’un ouvrage unique, ce dictionnaire synthétique et pédagogique explore l’ensemble de la filière textile, en mêlant histoire, techniques et témoignages sur les métiers. Écrit par deux spécialistes de l’industrie du textile et de la mode, cet ouvrage est un véritable outil de référence indispensable pour connaître les textiles d’aujourd’hui et inventer ceux de demain. Filature, teinture, tapisserie, passementerie, dentelle, couture, accessoire, broderie… plus de quarante domaines sont explorés. Malgré son côté austère, car c’est avant tout un dictionnaire comprenant 8000 définitions, on découvre un univers méconnu au riche passé, celui de l’industrie textile. Ainsi, vous saurez tout sur le point de chausson, la couchure, la rifleuse, la foulerie, le visiteur, ou bien encore sur le suivez-moi jeune-homme…

En partenariat avec la marque de machine à coudre Singer, l’auteur (diplômée de l’Académie internationale de Coupe de Paris) propose aux petits couturiers et couturières une trentaine de projets classés par thèmes : dans ma chambre, dans mon cartable, dans ma valise ou bien encore mes vêtements et accessoires. Une mine d’idées dans laquelle chacun et chacune pourra trouver matière à créer !

Des explications claires et précises illustrées de schémas permettent de visualiser les différentes étapes des réalisations.

Sacs, pochettes, écharpes, jupes, trousses, autant de modèles  réalisés dans de jolis tissus aux imprimés graphiques et colorés, qui donneront envie aux jeunes créatifs de se mettre à la couture. Et pourquoi pas de coudre leurs propres réalisations à la machine et faire sensation auprès des copains !

 

Merci à Sylvie Z., Marianne V., Marie-Odile S. et Françoise MG. pour la rédaction de cet article.

Le coin de La Médiathèque de mars 2019 se passionne pour l’Histoire

4 Avr

Si vous êtes fan d’Histoire, vous avez peut-être passé votre dimanche 31 mars au Salon du Roman Historique de Levallois  : parmi les 135 auteurs présents, peut-être y avez-vous rencontré ceux qui ont écrit ces livres ? Si ce n’est pas le cas mais aussi pour tous ceux qui n’ont pu être présents pour l’édition 2019 du salon, effectuons un petit retour dans le passé avec ce coin de La Médiathèque du mois de mars spécial romans historiques !

Ce cœur qui haïssait la guerre (nouvelle fenêtre)ce ceour qui haissait la guerre de Michel heurtault (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) de Michel Heurtault.  Éditions Albin-Michel

Dans cette fresque puissante qui dépeint l’Allemagne depuis l’avènement du IIIème Reich jusqu’à sa chute, Michel Heurtault explore la complexité des engagements qui ont divisé la société allemande : ces années où « la lucidité d’un homme se mesure, plus qu’à son courage, au nombre d’incertitudes qu’il est capable d’affronter ».

Ainsi, nous suivons l’histoire d’Anton, jeune ingénieur allemand admis dans un centre de recherche sur les fusées dont le  rêve est d’explorer l’espace. Mais l’histoire va  en décider autrement : les ingénieurs aéronautiques, qui pensaient créer des machines pour les progrès de l’Humanité, se retrouvent à créer des engins de mort  destinés à dominer l’Europe définitivement. Indifférent  à la politique et au nazisme au départ, le jeune homme qui rêve plus d’étoiles que de pouvoir, va peu à peu être envahi par les affres du doute et se battre avec sa conscience pour finalement s’engager dans la lutte contre le Führer.

La résistance intérieure allemande a été longtemps ignorée et c’est avec une grande rigueur historique  et beaucoup de subtilité que ce texte dense et d’une rare intelligence nous en fait le récit. Un roman magnifique !

Le cœur des Amazones de G. Bindi et C. Rossi (catalogue de La médiathèque -nouvelle fenêtre)   Le cœur des Amazones (nouvelle fenêtre)  de G. Bindi et C. Rossi. Éditions Casterman

Le cœur des Amazones est une bande-dessinée scénarisée par Géraldine Bindi et illustrée par Christian Rossi considéré comme le maître du dessin réaliste.

Géraldine Bindi, universitaire spécialiste du domaine et nouvelle dans l’univers de la BD, s’est servie de ses recherches pour poser le cadre de cette histoire qui se déroule au temps de la guerre de Troie. Des femmes guerrières nommées « les Amazones » vivent secrètement  dans la forêt sous la protection d’Artémis, déesse de la chasse, et attirent annuellement des hommes pour se reproduire. Dans cette société matriarcale, seules les nouveaux-nés filles sont épargnées. Les mâles reproducteurs sont cantonnés aux tâches domestiques. L’équilibre de ce microcosme est cependant fragile…La jeune reine Penthésilée ne trouve pas de roi. Mais peut-être sa rencontre avec Achille, héros légendaire de l’Illiade, va-t-elle changer le cours de l’histoire ?

À l’heure de MeToo et des autres combats portés par les femmes, cette aventure mythologique, bien que porteuse de certains anachronismes, offre à la fois une nouvelle variante de ce thème et une résonance bien actuelle.

Les splendides dessins de Christian Rossi réalisés dans des nuances de marron, à base de brou de noix et de sépia, accompagnent parfaitement ce récit et ajoutent au caractère singulier, magique, sensuel et charnel de cet album.

Laissez-vous emporter dans cette guerre des sexes sur fond de mythologie !

Brasil de Jean-Paul Delfinot (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)   Brasil (nouvelle fenêtre) de Jean-Paul Delfino. Éditions Le Passage

 Brasil est le septième volume de la Suite brésilienne de Jean-Paul Delfino, grande  fresque historique de neuf romans commencée en 2005 avec Corcovado et qui couvre une période de près de trois siècles.  Une saga sur l’histoire du Brésil qui met en scène des personnages historiques et fictifs aux destins croisés, qui se  confrontent aux soubresauts de l’histoire, aux luttes fratricides, à la traite négrière,  aux  injustices et aux révoltes menées dans un tourbillon de passions et d’espoir. Exilé à Rio depuis la conquête du Portugal par Napoléon en 1810,  Dom Joao VI, roi du Portugal et du Brésil, se voit dans l’obligation de rejoindre Lisbonne laissant son fils gouverner à sa place pour diriger la colonie… La jeune Madalena, descendante d’esclave, va tout quitter pour cet homme pervers et tyrannique qui n’aura de cesse de l’humilier et de la réduire à l’état de servitude. Une situation qui éveillera en elle un désir de vengeance puis d’assassinat alors que sa propre fille Marina et son mari Zumbi tentent,  de leur côté, d’échapper aux soldats de l’empereur en sillonnant le pays …

Au fil des chapitres qui alternent entre la vie de la cour et celle des esclaves, le lecteur est littéralement entraîné dans des intrigues et des rebondissements qui nourrissent tout au long du roman cette passionnante  fresque  historique brésilienne.

Pablo, drôle de chevalier (nouvelle fenêtre) et Pablo drôle de pirate (nouvelle fenêtre) de Sylvain Diez et Alain Chiche. Éditions Belin jeunesse

Depuis 2002 Sylvain Diez, artiste peintre, illustrateur mais aussi sculpteur, a publié une quarantaine d’ouvrages à destination des enfants, seul ou en collaboration avec d’autres auteurs (Alain Chiche, Jean Leroy).

Fidèle à la devise des éditions Kaléidoscope « Lire rire grandir », il invente pour son public un univers où les animaux se substituent aux humains dont ils reflètent les manies, les angoisses, les espoirs et les joies. Un monde tendre et drôle où les affreux ne font pas peur. Rien d’effrayant même lorsqu’il s’agit de loup, lion ou autres prédateurs. Ses dessins sont nets et sans bavures, dans un style graphique tout en rondeur. Certains lui reprocheraient un manque de finesse, de nuance ou de subtilité. Qu’importe ! Tout est parfaitement efficace et le message clair.

Ses albums sont de vrais moments de plaisir. Les thèmes abordés ?  Partage, humour, contes revisités, écologie, savoir-vivre, mais aussi… L’Histoire.

Grâce aux aventures de Pablo, un petit chaton, l’auteur fait découvrir l’univers des pirates avec une déclinaison pleine d’humour de vocabulaire gallinacé  ou encore le Moyen-Âge par le biais des illustrations : château-fort aux tours crénelées, lit à baldaquin, guimpe, hennin et autres coiffes médiévales, armures, épées, fléaux, moines en bure, écussons et bien sûr – car il s’agit de fiction – un dragon !

Un auteur à suivre et une multitude d’ouvrages à découvrir absolument !

Merci à Sylvie Z., Florence B., Patricia D.et Nathalie F. pour la rédaction de cet article.

Le coin de La Médiathèque de février 2019 a adoré la science se livre

28 Fév

Après la conférence L’homme est-il un animal comme les autres ? donnée à La Médiathèque par Jean-Baptiste de Panafieu le 16 février dans le cadre de « La Science se livre 2019 », le coin de La Médiathèque vous propose de quoi poursuivre cette réflexion passionnante sur les origines de l’homme et le rapport de l’humanité à l’animalité.

Pour ceux qui ont manqué la venue de Jean-Baptiste de Panafieu, la lecture de son livre vous mettra au cœur du sujet.

L'homme est-il un animal comme les autres JB de Panafieu (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)   L’homme est-il un animal comme les autres ? (nouvelle fenêtre)  Jean-Baptiste de Panafieu aux Éditions La ville brûle

Même si, de par notre origine, nous faisons partie du règne animal, on a souvent pensé que l’homme, en raison de son développement au cours du temps, était au sommet de la pyramide de l’évolution, lui donnant ainsi le droit d’agir comme il le souhaite avec les autres espèces…

Jean-Baptiste de Panafieu mêle des éléments de sociologie, philosophie et anthropologie pour tenter de nous éclairer sur la place de l’humanité dans la biodiversité dont nous dépendons mais que nous détruisons : avons-nous des droits sur les autres espèces ? L’humanité peut-elle se passer d’elles ? Les animaux ont-ils une moralité ? Comment devient-on humain ?

Découpé dans un ordre chronologique et thématique, ce documentaire ouvre des pistes de réflexion, suggère des idées inédites et réconcilie les concepts de nature et culture, qui ont été si longtemps opposés.

Jean-Baptiste de Panafieu aborde dans ce livre documentaire accessible à tous, les origines de l’humanité, mais également le créationnisme et le racisme.

La grande histoire de ce que nous devons aux animaux de Brian Fagan (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)   La grande histoire de ce que nous devons aux animaux (nouvelle fenêtre) de Brian Fagan. Éditions Vuibert

L’ouvrage de Brian Fagan traite des relations complexes et changeantes entre animaux et humains, et particulièrement de la manière dont elles ont évolué au fil du temps, depuis la préhistoire avec les chasseurs-cueilleurs jusqu’à nos jours où nous vivons de plus en plus éloignés de la nature.

Brian Fagan, archéologue britannique, démontre que les sociétés humaines ne se seraient pas développées sans le concours des animaux domestiques qui ont joué un rôle déterminant dans l’histoire des civilisations. Symboles de richesse mais aussi chassés, élevés, exploités pour le travail, la guerre, le transport, pour se nourrir et se divertir, les animaux domestiques, vaches, bœufs, chiens, ânes, chevaux, chameaux, porcs, chèvres et moutons ont de tout temps accompagné l’homme pour le meilleur comme pour le pire…

Ainsi devant la souffrance et la maltraitance animale (élevages industriels, destructions massives pour les besoins en fourrure…) qui se sont accrues depuis la révolution industrielle, aujourd’hui des voix s’élèvent pour reconnaître aux animaux leur entière qualité d’êtres vivants.

Une lecture nécessaire alors que nous nous interrogeons sur la place à donner aux animaux dans nos sociétés de consommation.

Qui sont nos ancêtres grand singe, homme, ce qu'on ne sait pas encore de Anna Alter et Brigitte Senut (catalogue de La Médiathèque- nouvelle fenêtre)  Qui sont nos ancêtres ? : grand singe, homme, ce qu’on ne sait pas encore (nouvelle fenêtre) de Anna Alter et Brigitte Senut. Éditions Le Pommier

Pendant très longtemps, l’idée que l’homme descend du singe a été véhiculée et a traversé les décennies. Aujourd’hui, des scientifiques pensent que ce n’est pas si simple et que beaucoup de paramètres entrent en ligne de compte pour expliquer l’origine de l’homme car en réalité nous sommes seulement cousins et avons un lointain « ancêtre commun ». Le singe d’aujourd’hui n’est pas notre ancêtre, ce qui explique que nous ayons des petits airs de famille mais de grandes différences aussi.

Au travers de sept chapitres très illustrés, Anna Alter,  journaliste scientifique, et Brigitte Senut, paléontologue, mettent leurs connaissances et leur savoir à la portée des enfants et abordent  les grandes questions au sujet de nos origines : les racines communes de l’homme et des grands singes, l’origine géographique de notre espèce, les raisons l’ayant poussée à vivre au sol et à passer au mode bipède, le développement du cerveau humain, les différences entre homme et femme ou encore les outils.

Un livre de vulgarisation scientifique passionnant, illustré avec humour qui donnera lieu à de grands débats !

Farallon Islands d'Abby Geni (roman à télécharger sur le site de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)   Farallon Islands d’Abby Geni, un roman à emprunter (nouvelle fenêtre) ou à télécharger sur le site de La Médiathèque (nouvelle fenêtre)  Éditions Actes Sud

Une île dans l’océan Atlantique au large de San Francisco, cinq scientifiques, une photographe, quatre saisons, des mammifères marins et des oiseaux… L’intrigue de ce roman se déroule dans ce cadre, sur une île à la nature préservée. On y suit l’arrivée de Miranda la photographe. Elle découvre ses colocataires, chacun spécialiste d’un domaine animalier : les requins, les phoques ou encore les oiseaux. Et chacun avec sa personnalité : ermite, jovial, antipathique ou encore difficile à cerner. La vie de l’île est rythmée par les saisons, chacune donnant la prépondérance à un scientifique et à son domaine d’étude. Miranda se fait l’observatrice de cette nature complexe et de ces relations particulières entre scientifiques et animaux.  En tant que lecteur on apprend comment chassent les requins, la dangerosité d’un goéland, mais surtout à découvrir les hommes et leur cohabitation, comme une espèce animale à part entière.

Un roman original à l’écriture envoûtante qu’on apprécie jusqu’à la dernière page.

Bonnes lectures !

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