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Un petit tour à Berlin ?

1 Juil

En ce début du mois de juillet, les frontières s’ouvrent petit à petit, laissant espérer pour ces vacances d’été 2020 des voyages vers des horizons proches. Berlin, à environ 1000 km de Paris, est une capitale assez proche pour partir en voiture, suffisamment exotique pour changer d’air. Elle permet d’associer plaisir du farniente au bord de l’eau ou dans les bois, du vélo, de la vie underground, du shopping et  de la culture. Chargée d’histoire et de jeunesse, cette ville est le cadre privilégié de romans policiers, historiques ou contemporains qui nous la font découvrir, au passé comme au présent.

Pour vous mettre dans l’ambiance, prendre tout d’abord le temps de passer un peu de temps en compagnie de quatre écrivains – Christoph Hein, Wladimir Kaminer, Bernhard Schlink et Emine Sevgi Özdamar -qui vont échanger leurs points de vue sur l’identité de l’Allemagne dans  :  L’Europe des écrivains – Allemagne (nouvelle fenêtre). L’œuvre de chacun d’entre eux s’est ancrée dans les multiples dimensions historiques d’un pays transfiguré en quarante-cinq ans par la fin du nazisme, la séparation traumatique en deux camps et les soubresauts d’une réunification soudaine.

Puis profiter d’une terrasse ensoleillée pour se plonger dans la lecture de romans.

Souvent les polars laissent la part belle à l’histoire d’avant-guerre et ses ramifications dans la vie actuelle. Bienvenue dans la ville du péché avec Babylon Berlin de Volker Kutscher. La Médiathèque vous propose une adaptation en BD de ce bestseller par Arne Jysh (nouvelle fenêtre)

1920, alors que l’Allemagne connait de graves difficultés économiques et politiques, la naissance de la République de Weimar se fait au rythme de la corruption, du trafic et du scandale.  L’inspecteur Gereon Roth se heurte à une enquête criminelle liée aux cercles de la nuit. En fréquentant la vie nocturne berlinoise, Roth va vite se rendre compte qu’ici, on ne peut faire confiance à personne. Pas même la police. Un univers que le grand public a pu découvrir dans la série TV éponyme diffusée sur Netflix. Une virée dans la trépidante et nocturne Berlin des « années dorées », sur fonds de turbulence politique.

Toujours dans la veine historique et policière, La Mort muette de Volker Kutscher (nouvelle fenêtre) vous conduit dans le milieu du cinéma qui, en 1930 est en train d’opérer sa mutation du muet vers le parlant .

Pendant un tournage dans les studios de la UFA à Babelsberg, une actrice meurt. Accident ? Assassinat ? Le commissaire Rath, chargé de l’enquête tient une piste et s’y accroche : un individu inquiétant et instable, ardent défenseur du cinéma muet veut rendre les vedettes du parlant « immortelles » en les tuant.

Dans Seul dans Berlin (nouvelle fenêtre), Hans Fallada raconte le quotidien d’un immeuble modeste de la rue Jablonski, à Berlin. Persécuteurs et persécutés y cohabitent. Primo Levi disait dans Conversations avec Ferdinando Camon, que ce roman était « l’un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie ». Aucun roman n’a jamais décrit d’aussi près les conditions réelles de survie des citoyens allemands, juifs ou non, sous le IIIe Reich, avec un tel réalisme et une telle sincérité (extrait de la présentation de l’éditeur Gallimard – nouvelle fenêtre)

À défaut de lire ce roman, il est toujours possible de regarder son adaptation pour le cinéma réalisée par Vincent Perez (disponible en VOD sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre)

Dans Germania d’Harrald Gilbers (nouvelle fenêtre), les descriptions de la ville et des conditions de vie en cette fin de guerre sont saisissantes.

Été 1944. De jeunes femmes sont retrouvées mortes, nues et mutilées, devant des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Contre toute attente, le SS-Hauptsturmführer Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, l’ancien enquêteur star. Pourtant Oppenheimer est juif et donc officiellement interdit d’exercer…

Enfin l’après-guerre et la reconstruction difficile sont de mise dans Les cendres de Berlin de Luke Mc Callin (nouvelle fenêtre).

En 1947, l’ex-capitaine Gregor Reinhardt a retrouvé un poste d’inspecteur à la police criminelle de la ville. Dévastée par les combats, éventrée par les bombardements, Berlin est aussi divisée entre des puissances victorieuses qui veulent chacune préserver ou accroitre leur influence.

Dans L’affaire Collini de Ferdinand von Schirach (nouvelle fenêtre) un jeune avocat Caspar Leinen est commis d’office pour assurer la défense d’un assassin présumé, un certain Fabrizio Collini. Quand il commence ses recherches pour défendre son client, il ne se doute pas qu’elles le mèneront au cœur d’un chapitre particulièrement sombre de l’histoire allemande, dont l’affaire Collini constitue simplement l’épilogue…

Pour en venir l’époque « contemporaine », voici Trois jours à Berlin de Christine Mazière (nouvelle fenêtre), disponible également en roman à télécharger sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre,

Trente ans après la chute du mur, elle nous rappelle, ces trois journées pendant lesquelles l’histoire a basculé, les si belles espérances qu’elles ont soulevées.

Toujours dans les années 80, Oscar Coop-Phane signe le roman de sa génération avec Demain Berlin (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre).

Tobias, Armand, Franz, ont atterri à Berlin un peu par hasard en quête d’un nouveau départ. La ville va leur offrir une nouvelle normalité, presque une nouvelle famille. Un jour on quittera Berlin. Mais pas tout de suite, pas ce soir, demain…

Quand à l’auteur contemporain allemande Julie Zeh, dans Brandebourg (nouvelle fenêtre), également disponible en roman à télécharger (nouvelle fenêtre)  elle renouvelle et dynamite le roman de terroir en faisant découvrir l’idyllique Brandebourg, située à une heure de Berlin, dans une des contrées les plus pauvres de l’ex-Allemagne de l’Est.

En 2010, un projet de construction de parc éolien vient perturber une petite commune où des Berlinois romantiques qui ont effectué un “retour à la terre” côtoient des paysans du cru et leurs familles. Dans une impressionnante partie d’échecs pleine de suspense, les désirs des uns sont confrontés aux haines des autres. Cette grande fresque contemporaine nous offre du rire et de l’effroi  !

On termine cette balade au coeur de Berlin par un retour dans le temps avec Berlin finale de Heinz Rein (nouvelle fenêtre)

un témoignage historique absolument unique ou l’un des premiers best-sellers post-Seconde Guerre mondiale. Une œuvre passionnante, haletante, audacieuse, qui a su, alors que l’Europe se relevait à peine de la guerre, décrire dans toute sa complexité le rapport des Berlinois au nazisme. Jusqu’alors inédit en France, un roman-reportage brillant qui nous raconte, à travers les destins d’une poignée de résistants, les derniers jours de Berlin avant sa chute. Un texte majeur, un Vintage événement.

Enfin pour voyager avec des enfants, la lecture de Émile et les détective de Erick Kästner (nouvelle fenêtre) s’impose.  Cherchez avec eux les indices sur Berlin qui parsèment ce roman.

À compléter par Félix de Berlin par Anke Feuchter (nouvelle fenêtre), également disponible en livre numérique – nouvelle fenêtre)  de même que dans sa version originale en allemand ( à lire ou à écouter en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre)

Felix, un petit allemand de huit ans, nous invite dans sa ville et nous présente son petit monde de façon ludique et originale : sa maison, son quartier sa famille, ses copains, son école, la porte de Brandebourg et le parc du Tiergarten, les Currywurst, l’ours de Berlin… À la fin de l’album, apprenez quelques phrases et mots en allemand grâce au lexique bilingue de Felix !

Il ne vous reste plus qu’à consulter quelques guides touristiques et décider quel moyen de transport vous allez privilégier  avant de conclure en musique avec quelques mélodies de cabaret berlinois (nouvelle fenêtre)

Et maintenant, Gute reise 🙂

Bonus  : notre précédent article Des romans pour découvrir les villes : Berlin (2) où vous trouverez des références ne commun mais aussi d’autres titres et pour toutes vos envies de voyage Outre-Manche, Des romans pour découvrir les villes : Londres (1)

Le tourisme de proximité, l’art de s’évader près de chez soi

21 Juin

D’après le CRT (comité régional de tourisme de Paris Ile de France) les Franciliens disent méconnaitre les lieux touristiques de leur région. Entre-temps, le tourisme de proximité est devenu tendance. Et peut révéler que l’Île de France est un immense terrain de jeux où tout ou presque est à découvrir. Que ce soit Auvers-sur-Oise ou Saint-Germain-en-Laye, mais aussi les villes impériales, les parcs naturels. La diversité de ses paysages, voilà la richesse de cette première région de France : laissez-vous guider !

Pour vous aider à choisir votre destination, différents guides vous attendent dans votre Médiathèque, comme par exemple, le guide du Routard Weeks-ends autour de Paris 2020-2021 (nouvelle fenêtre), le guide vert Michelin Île-de France : 89 balades autour de Paris de Chantilly à Fontainebleau, de Chartres à Provins (nouvelle fenêtre), le guide Hachette évasion Escapades autour de Paris (nouvelle fenêtre) ou encore le guide du Petit futé Escapades autour de Paris (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque nouvelle fenêtre). Vous trouverez dans ces guides une multitude d’idées originales, comme s’initier au chien de traîneau en forêt de Fontainebleau, monter dans le RER C pour un City break à Versailles dans les Yvelines ou encore randonner en famille avec votre pass Navigo. Vous pourrez aussi vous rendre à Enghien-Les-Bains où vous aurez l’impression d’être au bord de la mer alors que c’est pourtant dans le Val d’Oise : un lac cerclé d’une belle promenade mêlant l’art déco et Haussmannien. L’Oise est un superbe département à découvrir avec la forêt de Chantilly, la vallée de la Nonette, Le château de Borne blanche à Orry-La-Ville, la maison du parc…

En Seine et Marne, au château de Vaux le Vicomte, outre les visites guidées qui viennent de reprendre, vous pouvez louer des costumes. Vous pouvez aussi visiter le parc naturel régional du Vexin français, la cité médiévale de Provins, la Seine-Saint-Denis comme vous ne l’avez jamais vue via un documentaire par Wael Sghaier à regarder sur Youtube avant de participer à des randonnées urbaines et champêtres (avec masques de protection offerts) grâce à Made in Montreuil. Et tout cela à pas plus de 50 kms de Paris ! 

Le guide Yvelines petit futé (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre) vous permettra de visiter ce département plein de richesses, situé à seulement une demi-heure de Paris. Un parcours  historique, tout d’abord, avec bien sûr le château de Versailles, mais aussi les autres villes royales telles Rambouillet, Saint-Germain-en-Laye, Mantes-la-Jolie, qui comportent également de nombreux parcs et jardins. C’est aussi une terre riche artistiquement : de Louveciennes à Croissy-sur-Seine, en passant par Bougival et Le Pecq, toute la vallée parcourue par la Seine peut se targuer d’être devenue le « pays des impressionnistes ». C’est la région la plus arborée d’Île-de-France grâce au Parc de la Haute Vallée de Chevreuse ou aux immenses bois de Rambouillet où d’innombrables itinéraires balisés vous attendent.

Les activités ne manquent pas non plus, entre le parc zoologique de Thoiry à l’hippodrome de Maisons-Laffitte. La vallée de Chevreuse vous permet de réconcilier campagne et idées d’escapades, l’un des plus beaux coins de campagne de l’Hexagone. À découvrir à pied, à cheval ou à vélo, le parc forestier de Rambouillet comporte 180 hectares de bois, où biches, cerfs et sangliers vivent en liberté. Alors partez visiter les joyaux de l’Ouest Parisien, de la bergerie nationale de Rambouillet au château de Monte-Christo à Port Marly en passant par le zoo de Thoiry !

Les Éditions Alexandrines (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque) ont fait le choix de proposer des visites de la région parisienne par le biais des écrivains qui y ont vécu. Ainsi  La Seine et Marne des écrivains  (nouvelle fenêtre) nous relate la vie intime de nombreux écrivains, de Balzac à Beckett, d’André Dhôtel à Michel Houellebecq … dont la Seine-et-Marne a été plus ou moins longtemps la terre d’élection. On pénètre dans leur demeure, et, au-delà de ces hôtes littéraires, c’est à une découverte de toute cette région que nous sommes conviés. La diversité des auteurs, la qualité des biographies, le piquant et l’humour de ces histoires de vie font de cet ouvrage un livre savoureux, agréablement illustré de photos de famille. Il faut le lire  en se promenant ici ou là, à l’ombre des chênes de la forêt de Fontainebleau ou au cœur de la vallée du Petit-Morin, lieux si chers aux écrivains.

Les Yvelines des écrivains  (nouvelle fenêtre) Nous emmène pour une balade en Yvelines où l’on suit la vie intime de vingt-deux écrivains, de Colette à Aragon, en passant par Dumas, Zola, Racine ou Cocteau… des auteurs dont les Yvelines ont été la terre natale ou la résidence privilégiée. Il existe plusieurs manières de parcourir le monde : en voyageant au long cours, ou à petit pas, ou encore étendu sur un divan… mais pour découvrir les Yvelines il n’est pas de meilleur compagnon que ce guide de ses écrivains !

Le Val de Marne des écrivains (nouvelle fenêtre) nous invite à la découverte du Val-de-Marne sur les pas de ses écrivains dans leur lieu de naissance ou d’appartenance.  On ne pourra plus, après avoir découvert ces récits de vie, se balader dans les rues de Saint- Maur, Joinville, Créteil, Fontenay ou Vincennes sans reconnaître avec émotion l’empreinte des grands personnages qui y ont vécu. Une géographie littéraire de la France, «pour mettre un peu de poésie à ses semelles».

Le Val d’Oise des écrivains (nouvelle fenêtre) nous emmène dans les pas de Nathalie Sarraute. Que ce soit au café de Vétheuil ou dans son bureau, elle écrivait seulement le matin et réservait l’après-midi pour de longues promenades à pied. Ses destinations favorites étaient la ferme du Chesnay et le moulin de Fourges, de l’autre côté de l’Epte. En l’accompagnant, on traverse des champs typiques du Vexin. Mais la célèbre auteur aimait aussi descendre de son plateau pour contempler les rives sinueuses de la Seine, perchée sur la route des Crêtes, entre Vétheuil et La Roche-Guyon. Dans ce guide comme dans ceux de la collection, des biographes suivent les écrivains sur les chemins du Val d’Oise,  pénètrant dans leur intimité, ouvrant pour nous leurs albums de famille et nous racontant leur vie quotidienne.

L’Essonne des écrivains (nouvelle fenêtre) Ce guide de tourisme littéraire nous fait découvrir ce département au Sud de Paris, ses sites, ses paysages, son histoire, la grande et la petite surtout, celle des gens, à travers la vie de ses grands auteurs telle que nous la content ces spécialistes.

Le Petit futé Les plus belles balades à Vélo en Île-de-France  (nouvelle fenêtre) permet de découvrir en ligne le meilleur moyen de se déplacer en Ile de France  : la bicyclette ! Ce territoire présente en effet une variété incroyable de circuits, de monuments et autres curiosités qui ne peuvent parfois se découvrir qu’à pied ou à vélo. C’est pourquoi ce guide a préparé 52 circuits ou balades pour profiter au maximum des richesses de l’Île-de-France. Vous emprunterez au maximum des petites routes, tout en favorisant les pistes cyclables. En suivant tous ces conseils, vous pourrez partir à la découverte des meilleures adresses gastronomiques  vous visiterez les sites touristiques à ne pas manquer et profiterez des plus beaux paysages de la région !

Le topoguide La Seine à pied en Ile de France (nouvelle fenêtre)de la Fédération française de la randonnée pédestre décrit le GRP 2 qui traverse l’Île-de-France en suivant la Seine sur plus de 260 km. Son parcours s’éloigne parfois des rives du fleuve pour faire découvrir l’arrière-pays. Deux variantes ont été ajoutées au GRP 2 pour que les amoureux de la Seine puissent la suivre toujours au plus près. Vous découvrirez ainsi les falaises et les côteaux qui dominent le fleuve, et bien d’autres paysages qui ont inspiré les peintres, comme Alfred Sisley ou Claude Monet.

Le guide vert Michelin  Île de France : Escapades à Chartres (nouvelle fenêtre) nous rappelle qu’en Île-de-France, on n’est jamais loin d’un château royal, d’une forêt sauvage ou d’une île de loisirs. Sans parler des balades culturelles et insolites dans la petite couronne, à portée de métro. Les auteurs sur le terrain ont sélectionné : 10 incontournables de la destination en images, 20 coups de cœur, 4 itinéraires de 4 à 8 jours ; 25 balades à travers la Petite Couronne, 21 circuits en Ile-de-France, et tous les sites classés par étoiles mais aussi plus de 500 adresses pour tous les budgets ainsi que les célèbres cartes et plans Michelin.

Le guide du patrimoine, Île de France dirigé par Jean-Marie Pérouse de Montclos (nouvelle fenêtre)  est un livre qui recense de façon quasi-exhaustive les édifices, les décors intérieurs et même le mobilier, réunis en un seul volume, offrant ainsi un véritable ouvrage de référence qui s’utilise comme un dictionnaire ou comme un guide de terrain. Un atlas de cartes en couleurs, des cartes thématiques, de nombreux plans de villes et de monuments, qui permettent de découvrir aisément toutes les richesses de la région. Ce guide a été réalisé par une équipe de 60 spécialistes de l’archéologie et de l’histoire de l’architecture.

Les Églises médiévales d’Ile de France : de l’art roman à l’art gothique XIe et XIIe siècle (nouvelle fenêtre) édité par les excellentes éditions Parigramme. Yves Gallet, spécialiste de l’architecture gothique rayonnante, nous invite à découvrir les églises de Provins, Étampes, Saint-Denis, Poissy etc…sans oublier de nous indiquer comment nous y rendre !

 

Disponible à la consultation aux Archives municipales, Jardins et paysages des Hauts-de-Seine de la Renaissance à l’art moderne (nouvelle fenêtre) édité par les archives départementales propose un survol de l’histoire des espaces verts du 92.

Des romans coréens contemporains à lire en ligne à La Médiathèque

20 Mai

Nous voici tous limités dans nos déplacements pour encore quelque temps mais ce n’est pas une raison pour ne pas voyager et sortir de nos murs et frontières grâce à nos lectures ! Alors aujourd’hui, c’est en Corée que Liseur vous emmène. Installez-vous, bouclez vos ceintures et hop, vous voilà transportés au Pays du matin calme par la magie des mots, des intrigues et des styles. Bon voyage !

Au cœur de l’enfance de l’auteure brille le sourire de Bongsun. Maltraitée et affamée, Bongsun s’est réfugiée chez eux il y a des années. Pour autant, elle n’occupe pas une place égale à celle des autres enfants de la famille, elle reste une subalterne, une petite bonne. Mais pour Jjang-a, c’est sa très chère grande sœur, qui dort dans sa chambre, la porte sur son dos partout où elle va…

L’avis de Denis sur le blog Interlignes (nouvelle fenêtre) :

Encore un détour par la Corée pour découvrir ce joli roman plein d’amour et de tendresse qui rappelle qu’on oublie souvent les plus humbles qui ont été pourtant des êtres nécessaires dans notre construction personnelle et dans la personnalité sociale que nous sommes devenus.

Kyena est une jeune femme indépendante, qui désire simplement trouver un équilibre et être heureuse. Mais impossible pour elle de se couler dans le moule trop étroit de l’ordre social coréen, où être femme et d’origine modeste est un double handicap. Aussi a-t-elle décidé d’émigrer en Australie. Mais tout ne se déroule pas exactement comme elle l’avait prévu ?

L’avis de Clothilde sur Korea Coffee break (nouvelle fenêtre)  :

J’ai réellement pris plaisir à lire le roman de Chang Kang-myoung. Le style de narration me donne l’impression de converser avec une amie. C’est comme si j’étais en face de Kyena, l’héroïne du roman, représentative de la génération « Hell », en train de me raconter son histoire….

Gros-Yeux a quatorze ans lorsqu’il arrive avec sa mère dans l’immense décharge à ciel ouvert de Séoul. Là vivent pas moins de deux mille foyers, dans des cahutes accrochées au flanc de la montagne d’ordures, en une société fortement hiérarchisée dont le moindre aspect – travail, vêtements, nourriture, logement- , provient des rebuts du monde extérieur…

L’avis d’Elsa sur 9ème art (nouvelle fenêtre) :

La langue est belle, l’histoire est belle. C’est une histoire dure, et une violente critique de la société coréenne, mais il émane aussi de ce roman à part une lumière, une douceur, une gentillesse, qui font beaucoup de bien. Comme une déclaration d’amour à l’humanité mise à nue, un récit qui s’infiltre profondément en nous, nous sert les tripes et nous rappelle de ne jamais oublier de vivre, intensément.

Le couteau, c’est le sabre ; celui du général Yamada Otôzo qui commande au Mandchoukouo l’armée d’occupation japonaise en 1944, face à l’armée russe. La langue, c’est le goût de la cuisine porté à son paroxysme comme une œuvre d’art par Chen, cuisinier chinois génial dont le champ de bataille est un simple billot de bois sur lequel il est né…

L’avis de Dominique sur Encres vagabondes (nouvelle fenêtre) :

Ce texte choral dense et foisonnant dont les fils se dénouent lentement s’articule autour des récits faits à la première personne par chaque élément du trio. Outre les informations sur l’avancée de l’armée russe à la frontière qui jalonnent le roman, celui-ci est rythmé par les rocambolesques péripéties des personnages qui font progresser l’intrigue. Mais quittant le réalisme brut, l’écrivain atténue la violence de ses inventions narratives par une lente dérive vers l’invraisemblable donnant par moment des airs de conte à son roman.

Yujeong a le cœur en miettes lorsque sa tante Monica, qui est religieuse, l’emmène à la Maison d’arrêt de Séoul visiter un condamné à mort. Rien ne semble pouvoir rapprocher une jeune désespérée de bonne famille d’un triple meurtrier, et pourtant…

L’avis de Camille sur Place des libraires (nouvelle fenêtre) 

Best-seller depuis sa parution coréenne en 2005, ce très beau roman est une histoire de pardon et de rédemption, ainsi qu’un plaidoyer contre la peine de mort, toujours légale en Corée. Au fur et à mesure que les chapitres se déroulent, alternant entre l’existence de Yujeong et le récit de vie de Yunsu, la frontière entre bon et mauvais se fait plus ténue et l’auteure invite son lecteur avec une certaine douceur et beaucoup d’émotion à une réflexion sur la vie, la mort, l’amour et la justice.

Au soir de sa vie, un homme riche et comblé se demande s’il n’est pas passé à côté de l’essentiel. Park Minwoo, directeur d’une grande agence d’architecture, a la satisfaction d’avoir réussi sa vie et contribué efficacement à la modernisation et à l’urbanisation de son pays…

L’avis de ACPP sur Korea Press Production (nouvelle fenêtre) pour annoncer que « Hwang Sok-yong, l’un des écrivains les plus célèbres de Corée du Sud, a reçu le Prix Émile Guimet pour la littérature asiatique en 2018 pour ce roman » :

Ainsi, par le biais de deux histoires, c’est tout un pan de la société coréenne qui est décortiqué, marquant le fait que la population a dû s’adapter très vite à un mode de vie en pleine mutation, symbolisé par la modification profonde du paysage urbain. Forcément, un changement rapide entraîne toujours des laissers pour compte, et les cicatrices de l’âme ont du mal à se refermer.

Enfant abandonné des hommes, né dans les toilettes d’une gare, Jeï découvre très tôt qu’il est doué de la même capacité que ces appareils créés par l’homme qu’on appelle des capteurs, sauf que lui possède le don de capter, de sentir la souffrance des autres, objets, animaux ou humains. A quinze ans, vagabond dans les rues de Séoul, il s’invente un mode de vie proche de l’ascèse, se nourrissant de riz cru, lisant des livres trouvés parmi les ordures, et devient le leader d’une bande de motards.

L’avis de Zofia sur Revoirunprintemps (nouvelle fenêtre) :

J’entends ta voix est un roman très intense, que je ne regrette pas d’avoir choisi, il m’a permis de découvrir une autre littérature, une autre culture, une autre réalité. J’ai peut-être parfois eu un peu de mal à entrer dans ce monde si différent du mien et à suivre les pérégrinations de Jeï, mais l’écriture de KIM Young-ha m’a totalement emballé !

Dix ans plus tard, frère Jean se remémore l’année qui a bouleversé sa vie. A cette époque-là, il avait vingt-huit ans et vivait dans une abbaye bénédictine en Corée du Sud, décidé à consacrer son existence à Dieu. Mais tout va être remis en question?: il va connaître les vertiges et les tourments de l’amour humain, la mort atroce de deux frères, la révélation d’un tragique secret de famille…

L’avis de Yeong-Hee Lim, directrice de la collection Corée aux éditions Philippe Picquier dans l’émission D’ici et d’ailleurs sur France Inter le 20 mai 2016 (nouvelle fenêtre)  :

De Séoul, enfer où l’on s’amuse à Paris, paradis où l’on s’ennuie…

Voici une comédie brillante qui est aussi une histoire d’amour résolument non conformiste. Quand un fan du Real Madrid plutôt conventionnel tombe éperdument amoureux d’une fan du FC Barcelone opposée à toute relation exclusive et monogame… il va devoir réviser toutes ses idées sur les relations de couple, inventer des solutions, comprendre l’autre, accepter de changer…

L’avis de Denis sur le blog Mes impressions de lecture (nouvelle fenêtre)

Rien n’est simple en amour, les sentiments ne se guident pas, alors pourquoi les contraindre ? Les trois héros essaient de répondre à cette question bien complexe, chacun avec ses arguments, avec pour seule passion commune le football, principalement le Barça et le Réal et la rivalité qui les oppose.

Yunyeong est prête à tout pour conquérir une vie meilleure : elle doit porter à bout de bras un bébé, un compagnon bon à rien, une sour poursuivie par ses créanciers, un frère accro aux jeux d’argent ainsi qu’une mère étouffante…

L’avis de Manou sur le blog Dans la bulle de Manou (nouvelle fenêtre)  :

C’est une lecture dure mais édifiante qui nous fait voir la société coréenne sous un jour sombre mais réaliste, en nous décrivant la classe sociale la plus pauvre et défavorisée et les conditions de vie des femmes dans ce pays. En accédant à la modernité et à la technologie, c’est toute une société qui a perdu ses repères.

Un jeune couple d’intellectuels est brutalement interné dans un camp de détenus politiques dans une vallée reculée de Corée du Nord. Année après année, les persécutions viennent à bout de leur dignité jusqu’à les précipiter dans un enfer moral où la volonté désespérée de survivre justifie tous les moyens.U

L’avis de Clothilde sur Korean Coffee break (nouvelle fenêtre )

J’ai été vraiment marquée par ce roman. Bien sûr, quand on entend parler de la Corée du Nord et du communisme, on s’attend forcément à l’existence de ces fameux camps de prisonniers ainsi qu’aux conditions effroyables dont ils sont victimes. Pourtant, « le camp de l’humiliation » nous prend aux tripes. Nous sommes spectateurs impuissants du parcours dramatique des personnages. Nous nous sentons directement concernés par leur sort, car nous sommes liés à eux par l’expression de leurs émotions.

Un homme, poussé au désespoir par des malheurs successifs, se jette dans un lac avec son fils Gon. Le père meurt, mais l’enfant survit, grâce aux branchies que son corps développe dans un instinct de survie extraordinaire…

La critique de Claire Devarrieux dans la rubrique livres de Next/ Libération (nouvelle fenêtre) :

L’humour de l’auteur s’exerce sous cape et uniquement dans l’évocation des rapports de classe. Gu Byeong-mo, née en 1976 à Séoul, écrit à la fois pour les adultes et la jeunesse (Picquier a publié un roman pour adolescents il y a deux ans, les Petits pains de la pleine lune). Elle aime de toute évidence mêler les univers, mettre des notes de cruauté économique dans le conte, et, à l’inverse, prouver à ses grands lecteurs qu’on peut encore leur raconter des histoires, fussent-elles piquetées de blogs, mails et autres SMS.

Le narrateur, un esthète du crime, explore avec talent et cynisme l’art de détruire autrui. Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est révéler leur pulsion de mort à ses victimes,  » jusqu’au stade où la personne devient digne d’être mon client « . Et force est au lecteur d’admettre que ses  » clients  » trouveront écoute et consolation auprès de cet étrange bourreau égocentrique qui s’immisce dans leur vie, dans leur esprit, leur prodigue conseils bienveillants et compréhension. (résumé de l’éditeur)

L’avis de Thomas Gillan dans Keulmadang, littérature coréenne (pdf- nouvelle fenêtre)

« La mort à demi‐mots » reste récit puissant et violent, riche d’interprétation, soutenu par une écriture sémillante. Le livre a rencontré un accueil enthousiaste chez les critiques et le jeune public, et a obtenu le prix meilleur jeune écrivain de l’année (2009) décerné par l’éditeur Munhakdongne.

À la mort de son père, Yeongjun, cinéaste audacieux mais homme taciturne et sans attaches, revient dans sa ville natale qu’il a quittée il y a vingt-cinq ans. Il y rencontre son frère et apprend que sur son lit de mort, leur père les a chargés d’une étrange mission : vendre la maison de leur enfance…

L’avis de Philippe sur le blog Le vent sombre (nouvelle fenêtre) :

Secrets est une balade sur trois générations, plutôt une errance, car il n’y a pas de chronologie, de linéarité de la narration. Tout ceci est cependant très travaillé, très orchestré par Eun Hee-kyung, qui trace dans les portraits de ce père et de ses deux fils, une histoire coréenne. Pas celle de la guerre et du conflit idéologique qui fractionna le pays et les familles, mais celle de la sortie de la pauvreté, de l’accès rapide à un mode de vie citadin riche et désincarné dans lequel se dissolvent les sentiments, les alliances, le temps…

Et maintenant, c’est à vous : bonnes lectures !

Des romans pour découvrir les villes : Berlin (2)

15 Jan

Après Londres, entrons dans Berlin au travers de la production romanesque. Afin de l’appréhender comme un univers, un labyrinthe, comme un espace construit ou déconstruit, avec le soutien d’une narration, de lieux et de personnages donnant corps à cette réalité complexe. Ville au vent underground et avant-gardiste, Berlin cumule en 2020 tous les avantages d’une capitale culturelle foisonnante sans en subir les inconvénients. Cette douceur de vivre attire les artistes du monde entier (dont certains écrivains français) et ne rebute pas ceux que l’histoire allemande pourrait encore tenir éloignés, comme en témoigne cet article du nouvel observateur (nouvelle fenêtre) . 

Voyons comment des auteurs d’hier et d’aujourd’hui se sont emparés de cette ville pour ( en fonction des époques ) pour en faire le théâtre du quotidien de leurs personnages.

Berlin, Germany skyline with Berlin TV Tower.

Les récits d’avant-guerre

Alfred Dödlin  dans Alexander Platz (nouvelle fenêtre) (ouvrage disponible en langue originale).  À travers la vie de Franz Biberkopf qui sort de prison, l’auteur nous offre un roman où les voix se croisent, s’interpellent. Chacun crie, gémit, rit, boit, aime ou déteste. Berlin (Est) est en fond de tableau avec sa métamorphose, ses travaux, le métro, le tram, les laissés pour compte de la ville de lumière. C’est un roman dur, poignant, difficile, qui n’est pas sans rappeler Voyage au bout de la nuit de Céline. Quand le livre est publié en 1929 , la République de Weimar est encore en place, le nazisme monte, le communisme essaye de trouver sa place : il sera du reste brûlé lors des autodafés de 1933. C’est un fleuron du XXe siècle avec une écriture orale, caractérisée par de nombreux dialogues.

Une version cinématographique adaptée par R.W. Fassbinder(nouvelle fenêtre) est empruntable dans votre Médiathèque (elle se décline sous forme de série en 10 épisodes).

Eric LarsonDans le jardin de la bête (nouvelle fenêtre) : ce thriller politique et d’espionnage très actuel met à jour un jeu mortel réalisé durant l’accession au pouvoir d’Hitler entre 1933 et 1937, qui atteindra son apogée lors de la nuit des longs couteaux. Se basant sur cette réalité et très documenté, on peut considérer que ce récit est exceptionnel.

Berlin dans la guerre 39-45

Dans l’abondante production qui a eu pour sujet , voici quelques textes phares :

Une Femme à Berlin (nouvelle fenêtre) est un journal écrit par une anonyme consignant  la vie quotidienne dans un Berlin dévasté, et la survie dans la peur, le froid et la faim au moment où la ville est assiégée par les Russes. C’est un témoignage poignant.

Hans Fallada, Seul dans Berlin  (nouvelle fenêtre)  : qualifié d’un des plus beaux livres sur » la résistance allemande antinazie » par Primo Lévi. Aucun roman n’a jamais décrit d’aussi près les conditions réelles de survie des citoyens allemands, juifs ou non, sous le IIIe Reich, avec un tel réalisme et une telle sincérité.

Anne Wiazemsky, Mon enfant de Berlin (nouvelle fenêtre)  : cet ouvrage paru en 2013 retrace la vie de Claire, engagée à la Croix Rouge. Elle nous fait l’état des lieux de Berlin au sortir de la guerre. Elle fournit beaucoup d’informations sur les difficultés de ravitaillement, les tensions entre les différentes populations : vainqueurs et vaincus de la guerre, les épidémies, les famines… Cadencé de lettres qu’elle écrit à sa mère, l’ouvrage est lentement rythmé et agréable à lire. Pris dans ce texte entre roman familial et récit autobiographique, le lecteur assiste à l’éclosion d’une jeune fille en femme, à l’engagement éthique, à un coup de foudre amoureux, à une solidarité sans faille. L’auteur restitue avec réalisme l’atmosphère de cette période terrible et l’espoir qui aidait à la traverser.

L’après-guerre à Berlin

Plutôt lié dans l’imaginaire collectif à l’espionnage et aux opérations clandestines, cette période a donné lieu à une kyrielle d’écrits sur le sujet. Parmi ceux-ci, citons 3 auteurs incontournables qui répondent à ces codes :

Philip Kerr, La trilogie Berlinoise ( L’été de cristal, La pale figure, un requiem Allemand) (nouvelle fenêtre)

Il s’agit des aventures de Bernie Gunther, un privé qui se débat dans l’Allemagne nazie. C’est un enquêteur brillant et cynique. Les trois intrigues sont des enquêtes plutôt classiques mais très prenantes et bien construites. La reconstitution historique très crédible participe évidemment au charme du livre tant cette époque inquiétante et fascinante à la fois. Nazisme, propagande, endoctrinement, antisémitisme, racisme, discriminations, cruauté, bêtise, ultra-violence, manipulations constituent son quotidien. mais l’enquêteur s’efforce malgré tout de faire correctement son métier de détective privé, et surtout de garder son esprit critique et sa liberté, le tout servi par une écriture fluide et dynamique.

John Le Carré, L’espion qui venait du froid (nouvelle fenêtre) : l‘auteur est un spécialiste des romans d’espionnage. La « guerre froide », le mur de Berlin, le bloc Est-Ouest, tout cela fait partie d’un monde, où il se meut comme un poisson dans l’eau. Il n’y est pas question directement de la « grande Histoire » mais de celle de quelques individus mêlés aux événements. Ainsi un ex-agent secret nous plonge au cœur d’un récit palpitant, au plus proche des espions et des complots au sein de la RDA et du parti communiste.

Joseph Kanon, Berlin 49 (nouvelle fenêtre)  : la ville écrasée et ruinée se reconstruit peu à peu, mais reste divisée en plusieurs zones, dont une américaine et une soviétique. C’est le début de la Guerre froide. Les Soviétiques ont imposé un blocus isolant Berlin du reste du monde. Aussitôt, un immense pont aérien a été mis en place par les Américains pour ravitailler l’ancienne capitale du Reich, devenue un terrain de jeu pour les officines d’espionnage.

La chute du mur (le 9 novembre 1989) et la réunification (le 3 octobre 1990)

Ces deux évènements historiques ont donné lieu à un genre littéraire nouveau : le roman du « tournant » qui rend compte des bouleversements provoqués par la fin de la RDA.

Edgar Hilsenrath, Terminus Berlin (nouvelle fenêtre) : une plume acérée pour ce roman des plus poignants sur le retour désenchanté du narrateur en Allemagne près de 30 ans après la guerre qui l’en a chassé. Avec dérision, l’auteur raconte le destin de son alter ego littéraire : Lesche, traumatisé par le ghetto, qui peine à trouver sa place dans Berlin marqué par le consumérisme et la chute du mur.

Christine de Maziere; Trois jours à Berlin (nouvelle fenêtre) (bientôt disponible à La Médiathèque)  : un roman actuel qui retrace les événements sans précédent qui se sont déroulés, trente ans après la chute du mur, en incarnant au plus juste les acteurs de ces trois journées pendant lesquelles l’Histoire a basculé, et les si belles espérances qu’elles ont soulevées.

Gunter Grass, Toute une histoire (nouvelle fenêtre : à  travers le dialogue de deux protagonistes à Berlin entre 1989 et 1991, ce livre nous fait voyager dans l’histoire Allemande.  Il propose une piste de réflexion qui nous conduit de la chute du mur et à ses conséquences.

Le Berlin d’aujourd’hui

Pour clore ce tour littéraire de Berlin, voici des parutions plus actuelles qui traitent de problèmes de société rencontrés, posent ainsi la question de l’identité de l’Allemagne actuelle, interrogent son passé douloureux et font le bilan spirituel et émotionnel d’une réunification qui continue à hanter tout un peuple avec le regard de deux auteurs actuels qui ne sont pas natifs d’Allemagne :

Sasa Ilic, La fenêtre Berlinoise (nouvelle fenêtre) : ce roman est fait de rencontres (puisqu’un représentant d’une ONG Serbe recherche un soldat, dont il ne sait rien) où Berlin tient un rôle central. L’auteur déploie les différentes facettes de cette ville multiple en  laissant entrevoir tout ce qu’elle porte de passé, placé sous le signe de la séparation des êtres. C’est un témoignage attachant construit avec du rythme.

Je souhaite conclure avec un ouvrage de Cécile Wajsbrot, Berliner ensemble (titre en référence au grand auteur de théâtre Bertolt Brecht) qui rassemble 22 textes courts sur Berlin entre 2007 et 2014, portraits sensibles et passionnants d’une ville en mutation, textes qui parcourent la période du chute du mur à l’époque actuelle de gentrification de la ville.

Bonne lecture !

Des romans pour découvrir les villes : Londres (1)

19 Déc

Londres est une ville incertaine, passablement labyrinthique. Vous ne savez jamais vraiment où vous êtes… C’est peut-être pourquoi la capitale britannique fascine les écrivains : sous son capuchon de brume poisseuse, elle est suffisamment fantomatique pour les pousser à traquer ses multiples mystères, pour les inviter à la rêverie et à la déambulation onirique. On peut, grâce à eux, s’y promener et parfois s’y perdre, il est vrai que l’image d’une ville tient non seulement à son histoire mais aussi aux transpositions littéraires qu’en font les auteurs. En voici une petite sélection éclectique et subjective.

Virginia Woolf et  Mrs Dalloway (nouvelle fenêtre) : paru en 1925 Mrs Dalloway manqua de s’appeler Les heures. Y est décrite une journée de printemps dans la vie de Clarissa Dalloway. Une élégante femme de la bonne société qui se promène dans un Londres rythmé par la tour et l’horloge de Big Ben. Clarissa va acheter des fleurs pour la soirée qu’elle organise en laissant voguer son esprit. Avec une grande acuité, l’auteur détaille les motifs psychologiques et fait preuve d’une grande sensibilité qui nous touche encore aujourd’hui. Ce roman aborde avec justesse le thème de l’angoisse, le vertige du suicide. Un classique de la littérature anglaise.

Charles Dickens et Les aventures d’Oliver Twist (nouvelle fenêtre). Publié en 32 feuilletons entre février 1837 et avril 1939 dans la revue Bentley’s Micellany, c’est un sommet du roman anglais. Il s’agit de l’histoire d’un orphelin maltraité qui s’enfuit de Londres et qui est recueilli par une bande  de petits voleurs travaillant pour le compte du vieux Fagin, voici un jeune héros inoubliable. S’inspirant de son expérience personnelle, Charles Dickens est reconnu pour être un grand maître de la satire sociale. Ses romans sont d’un grand réalisme quelquefois à caractère humoristique, ses personnages glorieux sont gravés dans la mémoire collective de l’humanité et ce fut un homme qui se battit toute sa vie durant pour l’égalité, la justice et la paix.

On retrouve cette ambiance très britannique dans les romans d’Agatha Christie. J’ai envie de dire qu’il faut tous les lire mais puisque le challenge de cet article est que l’action se déroule à Londres, citons par exemple, Un, deux, trois Poirot résout trois énigmes  (nouvelle fenêtre) ou Les pendules (nouvelle fenêtre) etc…

Oscar Wilde et Le Portrait de Dorian Gray (nouvelle fenêtre)  : un incontournable ! Dorian Gray est un dandy émerveillé par sa jeunesse et sa beauté, qui mène une vie dissolue. Il fait alors le vœu de rester éternellement jeune. Seul son portrait sera marqué par le passage du temps, les vices, les crimes, jusqu’au drame final. Conte fantastique, ce roman est aussi captivant par l’écriture de l’auteur qui sait créer un univers intrigant. C’est un roman sur le bien et le mal mais c’est aussi une satire sociale, acide, cruelle, caricaturale, de la bonne société victorienne, hypocrite et orgueilleuse.

Helene Hanff et 84 Charing cross road (nouvelle fenêtre) une authentique et délicieuse correspondance, entretenue pendant vingt ans (1949/1969) entre Hélene Hanff, scénariste new yorkaise passionnée de livres et principalement Franck Doel à la librairie Mark and Co à Londres et qui est chargé d’assouvir l’insatiable soif de lecture de sa cliente américaine. Son dévouement, sa délicatesse et sa réserve toute britannique, touchent la New Yorkaise qui se rapproche ainsi virtuellement de Londres. D’autres membres du personnel de la librairie, intrigués, participent bientôt à ces échanges. Une véritable amitié par correspondance s’établit. Une lecture pour un petit clin d’œil à nos libraires dont le métier s’essouffle mais pas la passion… (lire à ce sujet notre article Libraires et librairies dans les romans)

Anne Perry et Un traître à Kensingtonplace (nouvelle fenêtre)  : une enquête policière dans le quartier londonien de Kensington en 1899 et une immersion dans la société victorienne, ce roman met en scène l’inspecteur Thomas Pitt. L’auteur dépeint les conventions et les barrières sociales, les premières réflexions féministes sur le droit de vote des femmes, la rigueur purement de façade des mœurs, sur fond de politique internationale où une seconde guerre des Boers se profile.

Sarah Waters et Du bout des doigts (nouvelle fenêtre) Londres, 1862. À la veille de ses dix huit ans, Sue Trinder, orpheline , se voit proposer par un certain gentleman d’escroquer une riche héritière, elle aussi orpheline, élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d’un genre particulier. Entre mystères et complots, Sue va devenir une légende dans le cercle de la bibliophilie érotique. On a dit de ce roman qu’il tenait du Dickens mais aussi de Sapho ou des Libertins. Voilà qui pique notre curiosité n’est-ce pas ?

 Maggie O’Farrel : Cette main qui a pris la mienne (nouvelle fenêtre)  un roman bouleversant qui nous raconte le pouvoir destructeur des non-dits , les relations maternelles, la force des liens du sang. Lexie a accompli son rêve, devenir journaliste à Londres. Mère célibataire, elle s’épanouit dans son travail, jusqu’au jour où le destin se rappelle à elle. Quarante ans plus tard, on rencontre une jeune femme, Elina qui vient de mettre au monde son premier enfant et a bien failli en mourir. Depuis cette naissance , son mari se comporte étrangement, comme si son inconscient  se réveillait d’un profond sommeil. Il finit par mettre à jour un terrible secret qui unit Lexie et Elina…

Graham Swift : La lumière du jour (nouvelle fenêtre). George Webb est un détective privé, ancien policier, blasé. Un jeudi sur deux, il quitte son bureau pour voir une femme. Une filature qui va déboucher sur une révélation. Polar psychologique bien mené, ce roman nous entraîne autour de la petite église de Wimbledon.

Même si le dernier livre de Graham Swift ne se déroule pas entièrement à Londres, je vous invite à le découvrir, il s’agit De l’Angleterre et des Anglais (nouvelle fenêtre). Ce sont des nouvelles au plus près de la vérité humaine, indispensables pour saisir l’âme d’un pays et de ses habitants. Des vies arrachées à une rue de Blackheath au fossé de Somerset-  ses portraits sont scrutés sous les loupes grossissantes et ironiques de leur auteur. La prose sobre et délicate de l’auteur anglais offre une vision vivante du chagrin, de la solitude, de l’isolement, de l’amitié, des liens à l’enfance ou de la perte.

Jonathan Coe : Testament à l’anglaise (nouvelle fenêtre). Satire des années Thatcher, passionnante comme un polar et teintée d’un humour très british, ce roman met en scène une vielle dame qui a quelque peu perdu l’esprit. Épaisseur des personnages et rebondissements… tout est prêt pour passer un bon moment

Rachel CuskArlington Park (nouvelle fenêtre). L’action se situe dans la banlieue résidentielle de Londres à Arlington Park, et l’auteur y dynamite les clichés sur la famille, le couple, la maternité, avec une lucidité dévastatrice. C’est un champ de bataille que Rachel Cusk nous montre, un monde cruel. La plume de l’auteur est aiguisée, à souhait elle transcende l’histoire et les personnages avec beaucoup d’agilité dans la description de leurs états d’âme, une pointe d’humour et la capacité à décrire l’immense solitude des héroïnes. Un parfait équilibre entre description et narration, ainsi qu’un sens rare du dialogue.

Ian Mc Ewan  : Samedi (nouvelle fenêtre). C’est dans un contexte imprévisible qu’un grain de sable va enrayer le quotidien bien huilé de Henry Perowne. 24 heures dans la vie d’un homme, racontées en 350 pages, c’est dire que tout est décortiqué, analysé, et à ce titre la description clinique de la recette de la matelote, de l’intervention chirurgicale subie par Rosalind, celle de l’exérèse d’une tumeur de l’hypophyse, au cours de laquelle Henry est tombé amoureux de sa future femme, de la partie de squash passée sous un microscope électronique, sont des morceaux d’anthologie littéraire.

William Boyd : Orages ordinaires (livre cd- nouvelle fenêtre). À Londres, Adam Kindred, jeune climatologue fraîchement revenu des États Unis, voit sa vie basculer alors que tout semblait « sous contrôle » Encore un très bon roman sur la forme et sur le fond, le tissu social anglais est abordé dans toute sa complexité, au travers de personnages bien travaillés. Intelligent et prenant, c’est un livre captivant et plein d’ironie. Existe aussi en version anglaise : Ordinary Thunderstorms (nouvelle fenêtre)

Zadie Smith : Sourires de loups (nouvelle fenêtre).  Dans la banlieue nord,  l’auteur dépeint le Londres métissé et multiculturel d’aujourd’hui, entre amertume et loufoquerie. Son zoom, elle le pose sur le quartier des immigrés où elle a grandi : Willesden, kaléidoscope bariolé où se mêlent saris et tresses afro, funkies et zoulous, reggae et sitars indiens, Big Mac et chiches-kebabs sous les regards croisés de Shiva et d’Allah. Résultat : une fresque explosive, une rhapsodie de voix discordantes où se télescopent l’Orient et l’Afrique, tandis que s’amorce une intrigue mettant en scène deux familles au gré des amours et des exils. l’auteur se fait géographe flamboyant avec ses personnages souvent déboussolés.

Si vous souhaitez vous perdre davantage dans les rues de Londres, lisez le dossier Spécial Londres dans Lire de Mai 2019 (nouvelle fenêtre)

Prochainement : Des livres pour découvrir des villes : Berlin (2)

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