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Les Rencontres de Liseur (2) : Faut-il avoir peur des robots ?

20 Nov

Du rêve des scientifiques au quotidien d’aujourd’hui, quel futur imaginer pour les humains et les machines ? Habitants de Levallois ou d’ailleurs, adhérents de La Médiathèque ou non, dans le cadre des Rencontres de Liseur 2018-2019 (nouvelle fenêtre) , vous êtes tous invités le samedi 1er décembre à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel pour écouter et dialoguer avec Rodolphe Gelin, spécialiste du domaine.

R. Gelin

©SoftBank Robotics

Pourquoi faire appel à Rodolphe Gelin ?

Parce que ce scientifique est, d’un point de vue technique, l’homme de la situation. Ingénieur des Ponts et Chaussées, titulaire d’un DEA en Intelligence Artificielle, il est chercheur en robotique chez SoftBank Robotics (nouvelle fenêtre) (ex-Aldebaran, LA société française spécialiste des robots humanoïdes) et membre de l’équipe de direction en charge de l’Innovation…

Ce connaisseur ne doute pas de la présence, incontournable et indispensable, auprès des humains de robots, plus précisément de robots humanoïdes/androïdes. Mais, n’est-ce pas une évidence pour un membre clef d’une entreprise florissante qui a créé les robots androïdes NAO, Pepper et Romeo ?

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Auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels Robot, ami ou ennemi ? (Le Pommier, 2015) et Le robot est-il l’avenir de l’homme ? (La Documentation Française, 2016) [nouvelle fenêtre], régulièrement interviewé pour des magazines comme Robot-magazine.fr (nouvelle fenêtre) et des émissions de radio dont France Culture (nouvelle fenêtre), Rodolphe Gelin viendra-t-il accompagné de quelques spécimens pour mieux vous convaincre ?

Entre l’automate, aux gestes répétés inlassablement, et le robot «superordinateur logé dans un corps mobile, capable de fonder ses actions de manière raisonnée sur ce qu’il perçoit du monde extérieur» selon le journaliste spécialisé Daniel Ichbiah in Robots : genèse d’un peuple artificiel  (Minerva, 2005) [voir l’article « Supercalculateur » sur Futura Tech (nouvelle fenêtre)], il y a un gouffre. Et chaque jour les possibilités des superordinateurs croissent. Du simple algorithme au deep learning , comment suivre le mouvement de cette accélération ? Merci à David Louapre et son blog « science étonnante» (nouvelle fenêtre) et pour son explication limpide en vidéo qui permet de se mettre à la page :

Néanmoins, où donner de la tête ? Il y a de quoi se perdre  !

De l’utopie des imaginations fertiles à la réalité du quotidien

Loin du Golem, des premiers automates [voir à ce sujet la vidéo sur Kugel et ses automates, extraite de l’émission Visites privées du 21/10/2016 (nouvelle fenêtre)] et des utopies en littérature – voir notre sélection sur les robots dans la littérature (nouvelle fenêtre)– ou sur les robots au cinéma (nouvelle fenêtre), il semble qu’en réalité le seul véritable robot domestique, en 2013, ait été un aspirateur de la marque Roomba dixit Raja Chatila , directeur de recherches CNRS à l’ISIR (Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique). Voici sa position, qu’il explicite dans l’article issu de la Paris innovation revue, intitulé « Les robots du quotidien » (nouvelle fenêtre) :

D’un point de vue culturel, que dit le succès de Roomba ? Que les humains, après mûre réflexion, acceptent volontiers d’être délestés d’une besogne qui fait mal au dos. Que sur le plan de la vie de famille, ils n’ont pas grand-chose à craindre d’un robot-aspirateur. Que l’engin semble revenir au plus près de l’étymologie slave du mot : en tchèque, « robota » signifie corvée. Mais de l’aspirateur au compagnon humanoïde capable de vous apprendre une langue, il y a un monde. Et plus le robot domestique s’éloigne de sa fonction première d’esclave, plus son acceptation est difficile… Pourtant, en tant que « domestique assistant » les fonctions espérées par les roboticiens actuels laissent rêveurs : aux robots domestiques capables d’aspirer ou de tondre, il faut ajouter les robots compassionnels (robots compagnons), les robots d’assistance aux personnes en perte d’autonomie, les robots éducatifs, les robots ludiques ou les robots domestiques de surveillance.

Depuis lors, les robots ménagers se sont multipliés : robots culinaires, tondeuses, etc., comme le détaille l’article du Figaro du 04/01/2016, intitulé Des robots domestiques bientôt dans les maisons  (nouvelle fenêtre)

Inutile de se voiler la face, ces machines améliorent notre quotidien. Elles pallient nos faiblesses, font gagner du temps et de l’argent, que ce soit dans la sphère privée, publique, dans l’industrie et de nombreux autres domaines. Mais la vraie question est : jusqu’à quel point ? Démonstration filmée de la « robot-mania » par Nétyscom, business solution au Pays du Soleil Levant car, si les Français sont les champions de l’innovation en matière de robotisation, ce sont les japonais les plus robotisés :

Et demain ?

Faut-il s’inquiéter des progrès exponentiels de la programmation ? Pourquoi les scientifiques donnent-ils une apparence humaine, voire des têtes d’enfants aux robots humanoïdes ? Cette invasion de machines est-elle vraiment une menace ? Jusqu’où iront-nous dans leur degré d’autonomie et leur liberté de décision ? Quels seront leurs droits et devoirs ? Cette interrogation est d’ailleurs au cœurs de la série télévisée de Lars Lundström « Real Humans » dans laquelle les hubots (pour human robots), une nouvelle génération de robots, tendent à répondre à tous les besoins de la société (assistance aux personnes âgées, aide aux devoirs, tâches domestiques) mais l’étrange présence de ces employés modèles, serviables et corvéables à merci  engendre des émotions contrastées parmi les humains… à regarder en VOD sur La Médiathèque en ligne (nouvelle fenêtre) pour en savoir plus !

Robots J'ai peur

©Pausecafein.fr

Alors, quels changements pour nos sociétés ? Le travail humain existera- t-il encore ? Quel sens aura-t-il ? Si les machines remplacent l’homme dans de nombreux métiers, quelles seront les conséquences sociales ?

L’émission du magazine Envoyé spécial du 11 janvier 2018 (nouvelle fenêtre) prévoit la suppression croissante d’emplois « mécanisables » et l’article de Benoît George du 07/09/17 sur LesEchos.fr s’interroge : « Le robot est-il l’avenir de l’homme ? » (nouvelle fenêtre), alors qu’une étude de l’université d’Oxford (nouvelle fenêtre) montre que, d’ici à vingt ans, les machines remplaceront l’homme dans presque la moitié des métiers.

Humain miroir robot

L’intelligence artificielle nous rendra-t-elle définitivement « obsolètes » ? La création artistique restera–t-elle l’apanage des humains ? Les robots deviendront ils artistes indépendants à leur tour ? C’est ce que laisse penser cette vidéo en lien avec l’exposition « Artistes et Robots » qui a eu lieu cette année au Grand Palais (nouvelle fenêtre).

Quid des « robots compagnons » et des relations entre humains dont le philosophe Marcel Gauchet dit déjà : « Nous sommes entrés dans un monde où les gens sont destinés à se supporter très mal les uns les autres. » (in La démocratie contre elle-même, Gallimard, 2002).

Résumons : Quels sont les enjeux éthiques, économiques et sociaux ? Faut-il confier nos vies aux robots ? Quelles libertés restera-t-il aux les humains ? L’émission Xenus diffusée sur Arte le 12 juillet 2018 (nouvelle fenêtre) nous donne quelques pistes… Au fond, les vraies questions ne sont-elles pas : Comment anticiper au mieux cette nouvelle ère de l’humanité ?  Quels sont les limites, les risques et les promesses ? Un avenir sans humains est-il plausible ? Le reportage de France 2 du 16/03/2018 (nouvelle fenêtre) donne un aperçu des dernières évolutions et soulève la question des limites à définir. Rodolphe Gelin nous aidera à réfléchir à toutes ces questions et à nous en poser d’autres… Bienvenue dans le meilleur des mondes !

Image robots rouge

© captaineconomics.fr

BONUS : une sélection de livres à La Médiathèque

Sélection de documents sur le thème faut-il avoir peur des robots (site de La Médiathèque nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 1er décembre 2018 à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean Jaurès-Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

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Les Rencontres de Liseur (1) : Fake news : Internet, ennemi de la démocratie ?

22 Sep

Dans le cadre des Rencontres de Liseur 2018-2019, La Médiathèque de Levallois accueille François-Bernard Huyghe le samedi 6 octobre 2018 à 16h pour une conférence intitulée Fake news : Internet, ennemi de la démocratie ?

Expression marquante de l’année 2016, jamais peut-être aurons-nous autant entendu parler de « fake news » qu’en 2018, et il y a fort à parier que cela n’est pas prêt de s’arrêter… C’est pourquoi il nous a paru opportun de faire décrypter ce phénomène aux multiples échos par l’analyste des médias François-Bernard Huyghe.

Docteur d’État en sciences politiques, directeur de recherche à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) et responsable de l’Observatoire Géostratégique de l’Information (nouvelle fenêtre) , il enseigne au CELSA Paris IV Sorbonne. Spécialiste de l’influence stratégique, il a écrit plusieurs ouvrages sur la question parmi lesquels Désinformation, les armes du faux (nouvelle fenêtre) publié chez Armand Colin en 2016 et, plus récemment, Fake news : la grande peur (nouvelle fenêtre) publié chez VA press en 2018.

De quoi la « fake news » est-elle le nom ?

Cette expression, popularisée lors de la dernière campagne présidentielle américaine, a immédiatement rencontré un tel engouement que l’on a finalement renoncé à la traduire en français.

Dans l’un des articles issu de son blog et intitulé « Fake news : une expression piégée » (nouvelle fenêtre), F.-B. Huyghe souligne d’ailleurs que le terme est confus et que, d’un point de vue étymologique, fake avait initialement plutôt le sens de « truqué », d’ « imité » plutôt que de « non-vrai ». Il revient sur les trois éléments que sous-tend une fake news :

  • Le mensonge, donc le fait que quelqu’un, au début de la chaîne, fabrique sciemment un faux événement, une fausse déclaration, en inventant complètement, en truquant une photo, en allégeant de témoignages inventés…

  • Une intention stratégique de produire un effet sur l’opinion.

  • Une dissimulation, résultant généralement du fait que l’information est présentée comme émanant d’un média authentique, d’une source sûre, propagée par d’honnêtes citoyens qui ne cherchent que la vérité, mise en page comme un document authentique ou un article de la presse classique, etc.

La diffusion de « fausses informations » peut s’expliquer par des motifs idéologiques (pour les personnes sensibles aux théories complotistes), politiques (pour déstabiliser un adversaire lors d’une campagne électorale) ou financiers (le trafic généré par ces nouvelles accrocheuses permet de générer des revenus grâce à la publicité présente sur ces sites). À la marge, ce terme désigne également des sites d’informations satiriques tels que le Gorafi (nouvelle fenêtre) en France ou Nordpresse (nouvelle fenêtre) en Belgique.

Selon la journaliste Anne Levade, la fake news

renvoie à une réalité qui a toujours existé mais qui a été considérablement renouvelée par le développement d’Internet et des réseaux sociaux. Dit autrement, il ne s’agit plus seulement de rumeurs ou de fausses nouvelles que le temps suffit à démentir ou faire cesser, mais de véritables entreprises de falsification d’informations, diffusées d’un clic à l’échelle planétaire, se parant des allures de la rigueur journalistique et dont on ne peut identifier l’origine.

« Les « fake news » contre la démocratie ? », l’Express, 11/01/18 (nouvelle fenêtre)

Divina Frau-Meigs, professeure à l’Institut du monde anglophone de la Sorbonne nouvelle (Paris 3) et membre du groupe d’expert de haut niveau de la Commission européenne sur les fake news (nouvelle fenêtre), lors d’une interview à Eurosorbonne (nouvelle fenêtre), envisage quant à elle les fake news comme un phénomène nouveau et lui préfère le terme de « malinformation », le distinguant des trois registres existants, qu’elle définit comme suit :

  • Le registre de l’idéal de vérité que les journalistes cherchent à atteindre et dont les fake news constituent l’exact opposé ;
  • le registre de la propagande de la part d’un pays étranger. Il s’agit de ce que l’OTAN appelle « des menaces hybrides » dont on ne peut pas clairement identifier la provenance et que l’on ne peut mettre sur le compte d’un État en particulier.
  • le registre de la responsabilité des donneurs d’ordre, qui pose aujourd’hui le problème des plateformes hébergeant des médias sociaux. Ceux-ci ne se réclament pas des médias alors qu’ils contribuent grandement à la diffusion et à la monétisation des fake news.

Désinformation 2.0 et démocratie

Sur la base de données Statista, l’article de Tristan Gaudiaut daté du 5 juillet 2018, « L’exposition au fake news dans le monde » (nouvelle fenêtre) reprend les conclusions du Reuters Institute Digital News Report (nouvelle fenêtre) dont la finalité est d’évaluer le degré de confiance et de désinformation dans la « consommation » de l’information à travers le monde : la France, comparée à d’autres pays, semble relativement épargnée avec seulement 16 % de répondants qui rapportent une exposition à de fausses informations.

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Toujours concernant la France, l’article de Cyrielle Maurice publié le 6 avril 2018 sur le Blog du modérateur (nouvelle fenêtre) – média édité par le groupe RegionsJob s’adressant aux travailleurs du web et aux professionnels connectés – rend compte du sondage réalisé par le cabinet BVA auprès des Français pour connaître leur perception des fake news et les moyens envisagés pour les réguler. Le sondage révèle qu’Internet constitue la source principale d’information pour les moins de 35 ans, qu’environ 30% des Français partagent une information dont la source n’est pas vérifiée et que 82 % d’entre eux désignent les réseaux sociaux comme principal vecteur de fausse information. Une bonne partie des Français considèrent que l’auto-régulation des acteurs du marché n’est pas une solution pour lutter contre les fake news : 53% s’orientent vers une contrainte des plateformes à développer des bonnes pratiques et 39% vers une démarche de prévention du public. Enfin, 76% des sondés sont favorables à la mise en place d’une autorité indépendante pour lutter contre les fausses informations.

Selon le communiqué de presse de la Commission européenne du 12 mars 2018 (nouvelle fenêtre) , le rapport du groupe d’experts de haut niveau sur les fausses informations et la désinformation en ligne préconise un code de principes que les plateformes en ligne et les réseaux sociaux devraient s’engager à respecter. Parmi les dix principes essentiels mis en exergue dans le rapport, les plateformes en ligne devraient, par exemple, garantir la transparence en expliquant comment les algorithmes sélectionnent les informations présentées. Elles sont également encouragées, en coopération avec les organismes d’information européens, à prendre des mesures efficaces pour accroître la visibilité des informations fiables et crédibles et faciliter l’accès des utilisateurs à ces informations.

La revue Courrier international, a consacré dans son N°1451 (23 au 29 août 2018)* un dossier aux fake news (« Fake News : l’ère de la désinformation »), dans lequel figure la traduction de l’article d’Aviv Ovadya, intitulé « Les remèdes contre l’infocalypse », précédemment paru dans The Washington Post du 22 février 2018. L’auteur y dénonce un effondrement catastrophique du marché des échanges des idées, détaille la situation actuelle des pays qui ont mis en place des mesures contre la désinformation et rappelle le rôle essentiel d’une« éducation » aux médias comme garant de la conservation d’un esprit ouvert et critique, et plus largement de la démocratie. [*Revue disponible à la médiathèque Gustave-Eiffel (nouvelle fenêtre), également consultable sur La Médiathèque en ligne (nouvelle fenêtre), à partir de la base Europress (rubrique « En ligne » , « Presse »), une fois connectés à votre compte.]

Le projet de loi française sur le sujet, a été il y a peu rejeté par le Sénat. À ce sujet, l’article de l’Express du 27/07/2018, « Le Sénat rejette les propositions de loi sur les « fake news » » (nouvelle fenêtre), mentionne que « selon le rapporteur de la commission des Lois, Christophe-André Frassa (LR), il n’y a « pas lieu de délibérer » sur le texte « en raison des doutes sur l’efficacité des dispositions proposées mais également en raison des risques d’une atteinte disproportionnée à la liberté de communication ». »

Fake newsF.-B. Huyghe semble du même avis lorsqu’il détaille, dans son dernier ouvrage Fake news : la grande peur (nouvelle fenêtre), les enjeux de ce phénomène qui voit s’affronter les défenseurs du « vrai » et les adversaires du système, clivage dû au fait que chacun choisit la version de la réalité qui conforte ses propres opinions et préjugés idéologiques. Différents pays ont légiféré afin de « réguler » ces fake news en exigeant des opérateurs techniques un contrôle systématique des informations qu’elles publient. L’auteur s’interroge sur le bien-fondé d’une telle démarche, propre selon lui à servir d’alibi aux régimes autoritaires… Est-ce à l’État de déterminer ce qu’est la vérité ? Par ailleurs les fake news, en partie grâce au à la vérification de l’information – ou fact-checking, ont une durée de vie très brève. La question centrale reste donc bien pour lui celle de la responsabilité du citoyen face à l’information.

Il n’en reste pas moins vrai que distinguer le vrai du faux et identifier les fake news est un exercice parfois complexe. Aussi certains grands quotidiens d’information français ont-ils créé des sites de vérification de l’information, qui rencontrent d’ailleurs un certain succès : Le Monde avec Les Décodeurs (nouvelle fenêtre) et le moteur de recherche Décodex (nouvelle fenêtre) qui permet de connaître les sites d’information fiables, Libération avec Désintox (nouvelle fenêtre) ou encore Le Figaro avec Le Scan (nouvelle fenêtre), qui se décline par domaine (politique, économie, sport…)

Chloé Morin, directrice de projets internationaux chez Ipsos, dans un article du 6/09/2018 paru dans L’Obs intitulé « Pourquoi le fact-checking ne suffira pas à gagner la guerre contre la désinformation » (nouvelle fenêtre), donnent les raisons pour lesquelles les fake news sont susceptibles d’affaiblir notre démocratie : la « crise des élites » qui touche la plupart des démocraties aujourd’hui, en d’autres termes la défiance des citoyens envers le pouvoir politique ; les nouvelles technologies qui favorisent leur propagation ; la crise du modèle économique des médias ; le contexte géopolitique dans lequel le contrôle de l’information est au cœur des luttes d’influence ; enfin, la crise de l’idéologie du progrès dans les démocraties occidentales. Elle souligne le paradoxe actuel que constitue notre vulnérabilité « face aux manipulations de quelques charlatans » alors même que nous vivons dans une société suréduquée. Si le fact-checking s’avère nécessaire, il reste insuffisant car il s’agit, de son point de vue, d’une problématique aux causes profondes que les citoyens n’ont pas encore réellement identifiées.

La question d’une « menace » démocratique que ferait peser le phénomène des fake news sur la démocratie a d’ailleurs fait l’objet en mars 2018 d’un débat co-organisé par la revue Esprit et l’Institut d’Études Avancées (IEA) de Paris intitulé « Défiance, désinformation : la démocratie en péril ? » (nouvelle fenêtre),  en présence de Sylvie Kauffmann, journaliste, directrice éditoriale au journal Le Monde ;  Pierre Haski, cofondateur de « Rue 89 », président de Reporters sans frontières ; Romain Badouard, de l’Université de Cergy-Pontoise et Anne-Lorraine Bujon, rédactrice en chef de la revue Esprit.

BONUS : une sélection de livres à La Médiathèque

Sélection de livres (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 6 octobre 2018 à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean Jaurès-Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

Les Rencontres de Liseur (7) : L’agriculture urbaine participative

28 Mai

Dans le cadre des Rencontres de Liseur, nous vous donnons rendez-vous le samedi 02 juin 2018 à 15h à La Médiathèque de Levallois avec Jean-Michel Herbillon, co-fondateur des Incroyables Comestibles en France. Séduit par l’expérience en Angleterre de Incredible Edible, il décide d’initier un mouvement similaire en 2012, avec son collègue François Rouillay, dans un village en Alsace.

Face au dérèglement écologique, à la protection de l’environnement, à la crise profonde que connaissent nos sociétés, des hommes et des femmes partout dans le monde s’organisent autour d’initiatives innovantes et trouvent des solutions, des alternatives pour améliorer et transformer notre vie quotidienne.

C’est un mouvement participatif citoyen libre mondial né en Angleterre en 2008, il y a tout juste 10 ans, sous le nom de Incredible Edible (nouvelle fenêtre). Il est non marchand et sans but lucratif, il s’inscrit dans une démarche de gratuité. Il est mondial et autonome. Ce mouvement promeut une agriculture urbaine participative en invitant les citoyens à planter en ville dans les espaces publics et à partager les récoltes. Il n’y a pas qu’à la campagne qu’on peut prendre plaisir à faire pousser ses fruits et ses légumes : les citadins sont de plus en plus nombreux à se lancer dans l’aventure des Incroyables Comestibles !

Pam Warhust est à l’origine de ce projet. En assistant à une conférence sur l’état de la planète, elle a une idée : pourquoi ne pas proposer des légumes cultivés en ville ? N’importe où dans les bacs ou dans les parcs… Au bout d’un an, dans la petite ville anglaise de Todmorden où le projet a vu le jour, on comptait plus de 300 personnes engagées pour transformer le ville de 15 000 habitants en un jardin potager géant et gratuit. Ainsi dans cette ville, on cultive des choux, du maïs, des haricots, des brocolis, des fraises…, on plante des arbres fruitiers, des plantes aromatiques…librement et les habitants peuvent récolter tout cela gratuitement.

Lancé en 2012 en France dans un village alsacien par Jean-Michel Herbillon et François Rouillay, le mouvement s’est rapidement propagé dans toutes les régions avec comme slogan « Nourriture à partager »et comme devise « Plantez, arrosez, partager et servez-vous ! ». Présent dans 500 communes en France, Incroyables Comestibles prend naissance dans 25 pays. Chaque jour, une à trois initiatives débutent dans le monde.

  • La démarche des Incroyables Comestibles :

→ Redynamiser l’économie en consommant des produits locaux

→ Utiliser les circuits courts et cultiver des produits sans pesticides en utilisant des pratiques respectueuses de l’environnement

→ Se nourrir sainement, se réapproprier sa nourriture

→ Faire de la ville un immense jardin partagé : promouvoir l’agriculture urbaine « Open source », une agriculture urbaine participative (nouvelle fenêtre)

→ (Ré)Apprendre à cultiver les fruits et légumes pour rendre possible l’autosuffisance alimentaire (nouvelle fenêtre), l’autonomie alimentaire.

→ Prôner un nouvel art de vivre : ces actions solidaires permettent de retisser du lien social et intergénérationnel avec l’idée de partage

→ Éduquer les enfants au développement durable conformément aux consignes du ministère de l’éducation nationale de 2004 : Il s’agira de sensibiliser les enfants à une alimentation saine, la protection de l’environnement dans leurs gestes quotidiens, de les responsabiliser dans leurs manières d’agir et de consommer, et de leur faire prendre conscience de leur rôle de citoyen en participant aux Incroyables Comestibles. Le mouvement les Incroyables Comestibles est un outil d’éducation populaire à l’écologie, qui reconnecte le citoyen à son environnement et ses ressources locales.

Charte

Charte des Incroyables Comestibles

 

 

Méthode en 5 étapes

Méthode en 5 étapes pour réussir la démarche citoyenne de Incroyables Comestibles

Retrouvez ces documents (livres papier et livres numériques) à La Médiathèque :

Sélection de livres (papier et numériques) (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)

Ainsi que cette sélection de VOD (à regarder en ligne ou en streaming) via le site de La Médiathèque  :

Sélection de VOD sur le thème de l'agriculture urbaine (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Et pour en savoir plus sur le métier d’agriculteur urbain, consultez l’article du blog B.R.E.F. Un métier d’avenir…Agriculteur urbain.

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec Les Rencontres de Liseur !

Pratique : rendez-vous le samedi 02 juin 2018 à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès-Levallois-01 47 15 76 43). Entrée libre.

Les rencontres de Liseur (6) : Voyage sur Mars ?

29 Mar

Dans le cadre des Rencontres de Liseur (nouvelle fenêtre),  rendez-vous le samedi 7 avril 2018 à 15 h à La Médiathèque de Levallois avec …  Aymeric Spiga, disciple de François Forget, personnalité éminente des planètes et en particulier de Mars. Vous rêviez d’en savoir plus sur cette planète, de connaître les avancées  sur les recherches scientifiques et les projets ? Vous souhaitez que l’on réponde aux questions qui vous interpellent ? C’est le moment où jamais !

Mais qui est Aymeric Spiga ?

©A. Spiga

Un doctorant, titulaire d’un PHD, Maître de conférences à la Faculté des Sciences de la Sorbonne, où il enseigne la planétologie et les sciences de l’atmosphère, chercheur au CNRS ! Un planétologue, membre junior pour 5 ans de L’IUF et de l’équipe scientifique de pointe de la sonde Mars express et aussi de la sonde New Horizon.

Voici quelques unes des qualités qui font de lui, « l’homme de la situation » pour en savoir plus sur la Planète Mars. Ses recherches ont porté en particulier sur la modélisation climatique des planètes, pour arriver à la conclusion suivante : «n’importe quel climat peut-être représenté comme un seul système cohérent et global dont tous les composants interagissent ensemble », autrement dit  son équipe de recherche et lui ont mis à jour un nouveau type de modèle climatique universel valable quelles que soient les atmosphères, la taille de la planète ou la nature de son étoile. À partir de ce postulat, il est possible de s’interroger sur la viabilité  ou habitabilité d’une planète et de Mars en particulier.

Mars, vous avez dit Mars ?

Avant de se précipiter, merci à l’équipe de C’est pas sorcier pour un petit rappel en vidéo sur le fonctionnement de notre système solaire.

 

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Les Rencontres de Liseur (5) : Comment bien s’alimenter en respectant la planète et notre santé ?

1 Fév

Samedi 10 février 2018 à 15h, dans le cadre des Rencontres de Liseur (nouvelle fenêtre), La Médiathèque de Levallois accueille Pierre Feillet pour une conférence intitulée Comment bien s’alimenter en respectant la planète et notre santé ? 

Comment bien se nourrir en respectant la planète et notre santé ? : 10 questions à Pierre Feillet (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Pierre Feillet est ingénieur agronome, directeur de recherche émérite à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), membre de l’Académie des technologies (nouvelle fenêtre)  et de l’Académie d’agriculture de France (nouvelle fenêtre). Ses travaux portent sur la thématique « Alimentation, technologie et société » et il s’est tout particulièrement intéressé à la principale ressource alimentaire de l’humanité, qui assure à lui seul 15% de ses besoins énergétiques : le blé. Il fait paraître, depuis 2003, des essais à destination du grand public visant à répondre aux questionnements autour des modes de production dans le secteur agroalimentaire et aux craintes qu’elles suscitent en termes de préservation environnementale et de sécurité sanitaire.

La sécurité alimentaire dans le monde

Peut-on encore manger sans avoir peurSur son site La faim expliquée.org (nouvelle fenêtre), l’économiste agricole Materne Maetz définit la sécurité alimentaire (nouvelle fenêtre) comme un concept qui recouvre quatre dimensions principales :

  • La disponibilité en quantités suffisantes de nourriture de nature et de qualité appropriée et cela dans toutes les portions du territoire national ;
  • L’accès de toute personne aux ressources permettant d’acquérir les aliments nécessaires à un régime alimentaire nourrissant ;
  • La stabilité de l’accès à la nourriture, c’est-à-dire que l’accès à la nourriture de la population ne peut pas être mis en cause par un quelconque choc naturel ou économique ;
  • L’utilisation appropriée de la nourriture (bonne cuisson et préparation d’aliments variés) favorisant un apport adéquat en nutriments et énergie dans un contexte où la consommation de cette nourriture est sans danger pour la santé (hygiène, eau potable, infrastructures sanitaires ou médicales).

L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’agence spécialisée des Nations Unies dont l’objectif est d’atteindre la sécurité alimentaire pour tous et de lutter contre la faim dans le monde, a émis en 2017, deux rapports : celui de février, L’avenir de l’alimentation et de l’agriculture : tendances et défis (nouvelle fenêtre), fournit des éclaircissements sur la nature des défis auxquels font face aujourd’hui et tout on long du 21ème siècle, l’agriculture et les systèmes alimentaires, et donne un aperçu des enjeux et de la marche à suivre. Il en émerge qu’une transformation majeure des systèmes agricoles, des économies rurales et de la gestion des ressources naturelles est nécessaire, comme le montre l’infographie dédiée (nouvelle fenêtre).

Le second rapport, daté du mois de septembre, porte sur L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde en 2017 (nouvelle fenêtre), et met en lumière que la faim dans le monde gagne du terrain : en effet, selon les estimations, le nombre de personnes sous-alimentées est passé de 777 millions en 2015 à 815 millions en 2016, parmi lesquelles une grande majorité – 489 millions – vivent dans des pays touchés par un conflit. Les conflits violents ont en effet augmenté de façon dramatique depuis 2010 et n’ont jamais été aussi nombreux, un signe qui fait craindre que les tendances actuelles ne se confirment au cours des années à venir. Parallèlement, l’obésité a plus que doublé au niveau mondial entre 1980 et 2014 : en Amérique du Nord, en Europe et en Océanie, 28% des adultes sont considérés comme obèses. Toutefois, la sécurité alimentaire n’est pas le seul facteur déterminant des résultats nutritionnels, en particulier dans le cas des enfants ; les ressources allouées aux programmes nationaux en faveur de la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant, l’accès à de l’eau propre, à des services d’assainissement de base et à des services de santé de qualité sont quelques-uns des autres facteurs qui entrent en jeu en ce domaine.

Agroalimentaire et sécurité sanitaire en France

Nos aliments sont-ils dangereux de peirre Feillet (livre numérique sur le site de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Face aux nombreuses crises qui ont touché la filière agroalimentaire, l’Union européenne s’est dotée en 2006 d’une règlementation dite « paquet hygiène » pour assurer la sécurité sanitaire de l’alimentation humaine et animale : il s’agit de protéger le consommateur tout en tenant compte des enjeux économiques (libre circulation des produits au sein de l’UE)  ; de la même façon, une règlementation européenne fixe un cadre pour la production des végétaux (interdiction de la culture des OGM, de certains produits phytosanitaires…) et pour la protection des animaux durant leur élevage et leur abattage. Sur le site du Ministère de l’Agriculture et de l’alimentation figure le panorama 2016 des industries agroalimentaires (nouvelle fenêtre), qui constituent le premier secteur industriel français aussi bien en termes de chiffre d’affaires que d’emplois. C’est pourquoi sont également identifiés dans ce panorama les défis environnementaux majeurs de cette filière :

  • maîtriser la consommation énergétique, en particulier les énergies fossiles
  • lutter contre le changement climatique via la réduction des émissions de gaz à effet de serre
  • réduire et optimiser la consommation d’eau dans les processus de fabrication
  • limiter les transferts de polluants
  • contribuer à la valorisation des déchets et accroître la performance environnementale des emballages.

Selon l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA) (nouvelle fenêtre), ce secteur joue un rôle clé dans l’aménagement et la vitalité du territoire puisqu’il transforme 70% de la production agricole française. Sur le volet économique, les autorités politiques vont d’ailleurs prendre des mesures faisant suite aux États généraux de l’alimentation (EGA) (nouvelle fenêtre), conclus le 21 décembre 2017, qui ont notamment permis de dégager un consensus général sur la nécessité d’une meilleure répartition, entre tous les acteurs, de la valeur créée par les filières agricoles et agroalimentaires. [Lire à ce sujet l’article de Claudine Yédikardachian paru dans le magazine Option Qualité le 1er janvier 2018 intitulé États généraux de l’alimentation : cap vers une agriculture équitable et une alimentation sûre et saine (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre) ]

Qu’en disent actuellement les économistes dans la presse ? (articles disponibles sur La Médiathèque en ligne)

Dans son article Point de vue : une sécurité alimentaire bien précaire (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre)  paru le 2 décembre 2017 dans Ouest France, Daniel Gadbin, professeur émérite à l’Université de Rennes 1, parle de « cacophonie européenne » dans le domaine de la sécurité sanitaire et environnementale de notre alimentation, en citant l’exemple du renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour cinq ans, et dresse le constat d’un consommateur qui ne sait plus où donner de la fourchette… Aussi l’auteur plaide-t-il pour l’organisation d’États généraux européens sur cette question.

À l’inverse, l’économiste et ancien directeur de l’École supérieure d’agriculture d’Angers Bruno Parmentier, dans un article du 13 janvier 2018 paru sur le site d’information en ligne Atlantico, intitulé Sécurité alimentaire : pourquoi le scandale Lactalis ne doit pas nous faire oublier que les dangers pour les consommateurs français n’ont jamais été aussi faibles (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre), revient notamment sur l’affaire du lait infantile contaminé par la salmonelle et précise que la fréquence des « crises sanitaires » est bien le signe de l’efficacité du système de contrôle et de la mobilisation croissante de l’opinion publique sur ces questions. Il pointe au passage les deux grandes tendances à l’œuvre en termes de consommations de produits alimentaires depuis quelques années : d’une part, la forte croissance du « bio », de l’ordre de 20 % par an (en surfaces cultivées) et de 15 % (en chiffre d’affaires) et d’autre part, le retour vers « le petit et le local », tant au niveau de la production que de la distribution, avec la notion de « responsabilité sociale » du consommateur qui se tourne de plus en plus volontiers vers les circuits courts.

Pierre Feillet nous apportera son point de vue de spécialiste sur cette épineuse question afin que nous sachions, en toute conscience, quoi mettre dans nos assiettes…

Le 15 février 2018 paraîtra chez EDP sciences son dernier ouvrage, Tout savoir sur notre alimentation : démêler le vrai du faux !

Tout savoir sur l'alimentation

BONUS : une sélection de livres à La Médiathèque

  • Sélection des rencontres de Liseur février 2018 (site de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 10 février à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean Jaurès-Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

Rappel : pour lire en ligne sur le site de La Médiathèque, n’oubliez pas de vous connecter (identifiant = votre numéro de carte + code JJMM de votre date de naissance)

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