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Les Rencontres de Liseur (4) : rencontre avec Karine Silla

12 Déc

Samedi 16 décembre 2017, La Médiathèque vous propose dans le cadre des Rencontres de Liseur 2017-2018 un rendez-vous avec Karine Silla autour de son dernier roman L’absente de Noël publié aux éditions de l’Observatoire. La rencontre sera animée par Christine Ferniot, journaliste littéraire (Lire, Télérama) et se terminera  par une séance de dédicace, en partenariat avec la librairie Decitre de Levallois.

Qui est Karine Silla ?

© Vincent Perez

Dramaturge, réalisatrice et scénariste franco-sénégalaise, Karine Silla est l’auteur de deux romans remarqués, Monsieur est mort et Autour du soleil.

Sous des intrigues bien construites, ces deux titres évoquaient déjà les questions de la famille, de la filiation, de la construction de soi, de l’ailleurs où l’on se cherche sans oublier le poids des silences et des non-dits. L’absente de Noël renoue avec ces thématiques et leur puissance souterraine s’affirme derrière une intrigue bien menée et servie par un style vif et souvent drôle.

Le pitch de l’absente de Noël, sur le site des Éditions de l’Observatoire (nouvelle fenêtre)

Sophie, 20 ans, partie faire du bénévolat à Dakar, doit rentrer fêter Noël en famille. La table est mise, le dîner du réveillon est prêt, les guirlandes scintillent. Tout le monde l’attend. Mais Sophie ne rentre pas. Accident ? prise d’otage ? fugue ?
Sa mère Virginie, son beau-père Gabriel, sa demi-sœur Chloé, son grand-père René, et même Antoine, son père, et Fanny, son épouse : tous partent à sa recherche au Sénégal.
Virginie a l’impression que tout ce qu’elle a tenté de construire part à la dérive. Sa fille a disparu. Antoine et Gabriel s’affrontent violemment. Fanny lui voue une haine féroce.
Sans repères dans ce pays inconnu, tous sont forcés de dépasser leurs préjugés et de se confronter aux souffrances enfouies.

Les avis des pros

L’avis de Ghalia de sur le site du Télégramme (nouvelle fenêtre)  :

Ce troisième roman de Karine Silla dresse le portrait de personnages submergés par la force de leurs sentiments. L’auteur nous livre de son pays natal une peinture haute en couleurs. Le choc de deux cultures que tout semble opposer, et pourtant…
l'absente de noel Karine Silla (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Au delà de l’étude très subtile des liens familiaux,  « le Sénégal, pays où est née et a grandi Karine Silla, est peut-être le personnage principal de ce roman », analyse Pascal Schouwey sur son blog littéraire Voix de plume dans son article du 23 août 2017 (nouvelle fenêtre)
C’est aussi l’avis de l’équipe de Lettres it be dans sa critique intitulée L’Absente de Noël » de Karine Silla : en route pour l’ailleurs (nouvelle fenêtre) qui écrit qu’une fois le livre refermé, « on retient une immersion dans l’Afrique d’aujourd’hui, une plongée sur ces terres baignées par le soleil et la poussière ».  Et qui insiste aussi sur le côté très visuel de l’écriture, utilisant la jolie expression  de « plume cinématographique » et soulignant la construction rigoureuse, le découpage en scènes et plans ainsi que la précision des détails.
Marie Daoudal dans son article intitulé L’absente de Noel, Karine Silla, l’absence magnifiée, sur le magazine en ligne  Maze (nouvelle fenêtre) ajoute à ces qualités le fait que l’auteur excelle dans la description du manque :
Tout au long du roman, c’est de son absence [Sophie, la grande énigme du roman] qu’il est question. À travers les autres et leurs pensées, on ne voit que Sophie, et l’influence qu’elle a sur leurs vies. Personne n’a jamais aussi bien décrit le manque que Karine Silla.

Les avis du public

De nombreux commentaires glanés parmi les avis postés par des lecteurs sur différents sites marchands parlent de belle découverte littéraire, de lecture palpitante, de roman généreux et soulignent aussi l’humour omniprésent dans le roman.
C’est touchant, cueillant, mais aussi drôle par moments.
On lit aussi que dans cette « saga familiale très bien écrite »,
la souffrance, la haine, l’adolescence, le manque se cotoient grâce aux personnages déterminés et parfois touchants
Il est aussi question du « charme de cette aventure africaine ».
Une agréable étude sur la complexité des sentiments, la diversité de la nature humaine.

L’avis du bibliothécaire

Utilisant la forme de la fiction comme prétexte, Karine Silla s’interroge sur la notion de  « famille »  dans la société française actuelle. Chacun rêve d’une version traditionnelle idéalisée. Mais n’est-elle pas un leurre ?

Autre préoccupation dans ce roman : la place des enfants dans les différentes sociétés. Dans la France actuelle, ils sont au cœur de toutes les préoccupations parentales, avec une tendance à l’abus de pouvoir. La situation est  bien différente en Afrique, où les plus jeunes montrent le plus grand respect pour leurs aînés.

Il faut souligner l’écriture fluide et agréable de ce roman. Et ce qui le rend amusant est non seulement l’humour dont il fait preuve mais aussi la possibilité d’entrevoir les caractères (très probablement assez réalistes) de personnalités « people».

Pratique

Rendez-vous le samedi 16 décembre 2017 à 16 heures à la médiathèque Gustave Eiffel (nouvelle fenêtre)  111 rue Jean-Jaurès à Levallois.

Entrée libre.  Renseignements au 01 47 15 76 43.

Rencontre animée par la journaliste littéraire Christine Ferniot (nouvelle fenêtre)

Suivie d’une séance de dédicace en partenariat avec la librairie Decitre de Levallois (nouvelle fenêtre)

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Les Rencontres de Liseur (3) : Quelles migrations au XXIe siècle ?

25 Nov

Samedi 2 décembre 2017 à 15h, dans le cadre des Rencontres de Liseur (nouvelle fenêtre), La Médiathèque de Levallois accueille Catherine Wihtol de Wenden pour une conférence intitulée Quelles migrations au XXIe siècle ?

Le phénomène migratoire, même s’il est aussi ancien que l’humanité, s’est aujourd’hui intensifié et diversifié. Les migrations sont devenues, tant par leurs motifs et leurs origines que par leurs trajectoires, une composante structurelle d’un monde globalisé et constituent l’un des défis majeurs de ce siècle. 

Réparttion de la population mondiale par continents

Répartition de la population mondiale par continent (source : Wikimedia Commons)

Petit lexique migratoire

Les phénomènes migratoires recouvrent des réalités multiples et complexes et donnent lieu à une terminologie parfois difficile à appréhender, d’où l’intérêt d’une petite clarification lexicale.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) (nouvelle fenêtre), organisme des Nations unies, définit la migration comme « le déplacement d’une personne ou d’un groupe de personnes, soit entre pays, soit dans un pays entre deux lieux situés sur son territoire. La notion de migration englobe tous les types de mouvements de population impliquant un changement du lieu de résidence habituelle, quelles que soient leur cause, leur composition, leur durée, incluant ainsi notamment les mouvements des travailleurs, des réfugiés, des personnes déplacées ou déracinées. » Elle mentionne par ailleurs qu' »au niveau international, il n’existe pas de définition universellement acceptée du terme « migrant ». Il s’applique habituellement lorsque la décision d’émigrer est prise librement par l’individu concerné, pour des raisons « de convenance personnelle » et sans intervention d’un facteur contraignant externe. »

Afin de bien différencier le migrant du réfugié, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR ou HCR dans l’espace francophone) (nouvelle fenêtre) reprécise la distinction juridique existante entre ces deux catégories :

« Les migrants choisissent de quitter leur pays non pas en raison d’une menace directe de persécution ou de mort, mais surtout afin d’améliorer leur vie en trouvant du travail, et dans certains cas, pour des motifs d’éducation, de regroupement familial ou pour d’autres raisons. Contrairement aux réfugiés qui ne peuvent retourner à la maison en toute sécurité, les migrants […], s’ils choisissent de rentrer chez eux continueront de recevoir la protection de leur gouvernement. »

Le terme réfugié est « défini par la législation internationale et les réfugiés sont protégés par cette dernière. La Convention de 1951 relative aux réfugiés et son protocole de 1967 […]  définit ce qu’est un réfugié et rappelle les droits fondamentaux que les États devraient leur garantir.  » L’apatride est quant à lui désigné par l’OIM comme étant un « individu sans nationalité, soit qu’il n’en ait jamais eu, soit qu’en ayant eu une, il l’ait perdue sans en acquérir une autre. L’état d’apatridie prive l’individu des droits – et supprime les devoirs – attachés à la nationalité à savoir, notamment, le droit à la protection diplomatique et le droit de revenir dans son pays d’origine. En droit international général, la Convention relative au statut des apatrides (1954) organise la condition juridique des apatrides et leur accorde un certain nombre de droits, notamment en matière économique et sociale. »

Une mobilité internationale en hausse

Migrations une nouvelle donneCatherine de Wenden, dans son ouvrage Migrations : une nouvelle donne (nouvelle fenêtre), paru aux Editions de la Maison des Sciences de l’Homme en 2016, précise que « l’on compte aujourd’hui 244 millions de migrants internationaux, selon le département de la Population des Nations Unies (nouvelle fenêtre), un chiffre qui sépare en deux parties égales (120 millions) les migrations se dirigeant vers le nord (sud-nord et nord-nord) et celles s’acheminant vers le sud (sud-sud et nord-sud) de la planète. » (p.15) et évoque également le fait que « le nombre des migrants internationaux a triplé en quarante ans. » (p.16).

La consultation de la carte interactive des flux de migration dans le monde en 2015 (nouvelle fenêtre) sur le site de l’OIM donne à voir précisément et pour chaque pays, les chiffres de l’émigration et de l’immigration ainsi que les trajectoires migratoires.

A ce sujet, C. de Wenden propose, dans son article intitulé « Un essai de typologie des nouvelles mobilités » (nouvelle fenêtre) paru dans la revue « Hommes et migrations » N°1233 de septembre-octobre 2001, une typologie possible des migrations suivant les logiques migratoires  :

  • économiques : migrations entrepreneuriales, techniques, liées à l’environnement – souvent pour échapper à des catastrophes naturelles ou écologiques –, provoquées par des déséquilibres démographiques ou économiques),
  • démographiques (migration familiale, de jeunes, de retraités),
  • politiques (mouvements de réfugiés, migrations coloniales ou héritées de “couples migratoires”, rapatriements).

Comme elle le signifie également dans une vidéo issue du site Hometold et intitulée « Pourquoi migre-t-on ? », les profils des migrants se sont fortement diversifiés : étudiants, travailleurs qualifiés, retraités, réfugiés, déplacés environnementaux… Si les migrations obéissent le plus souvent à une logique purement économique, d’autres facteurs doivent donc aujourd’hui être pris en compte pour mesurer toute la complexité du phénomène :

D’après l’aperçu statistique (nouvelle fenêtre) que donne le HCR pour l’année 2016, l’on constate que 40% des déplacements mondiaux correspondent à des migrations contraintes qui se répartissent de la façon suivante :

  • 65,6 millions de déracinés, avec 24 personnes déracinées chaque minute
  • 22,5 millions de réfugiés, dont plus de la moitié a moins de 18 ans
  • 10 millions d’apatrides

Atlas des migrationsDans son Atlas des migration : un équilibre mondial à inventer (nouvelle fenêtre), paru aux éditions Autrement en 2016, C. de Wenden revient d’ailleurs, en cartes et en infographies, sur les facteurs réels des migrations et interroge les possibles réponses politiques à la crise migratoire que connaît actuellement l’Europe.

L’article élaboré dans le cadre de l’Ecole d’été « Migrations et mondialisations : au-delà des crises migratoires » daté de 2017 et en ligne sur le site de Mediapart (nouvelle fenêtre) donne un éclairage intéressant sur ces nouvelles mobilités et sur la question d’une gouvernance mondiale en ce domaine.

BONUS : une sélection de livres à La Médiathèque

Les rencontres de Liseur : sélection thématique du site de La Médiathèque sur les migrations au 21e siècle (nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 2 décembre à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès- Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

Les rencontres de Liseur (2) : qu’est-ce que la Pop Culture ?

30 Sep

Le samedi 7 octobre 2017 à 15h, dans le cadre des Rencontres de Liseur, La Médiathèque de Levallois accueille Richard Mèmeteau pour une conférence intitulée : Qu’est-ce que la pop culture ?

Pop culture de Richard Mémeteau (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Professeur de philosophie et co-fondateur du blog Freakosophy.com, il est l’auteur de Pop culture, réflexions sur l’industrie du rêve et l’invention des identités (nouvelle fenêtre) paru chez Zones en 2014.

Dans son ouvrage, il porte un regard de philosophe et analyse le phénomène  «pop culture» tout en redonnant à cette dernière ses lettres de noblesse. Il offre une réflexion générale sur les cultures de masse à partir des réappropriations identitaires dont elles font l’objet ; il les réoriente, les reformule, les transforme pour produire des questionnements nouveaux sur ce thème actuel de l’enjeu politique des réappropriations par des communautés. Écoutez ce que l’auteur en dit sur France culture (nouvelle fenêtre).

Pour aller plus loin et saisir une dimension critique des écrits de Richard Mémeteau, l’on peut se référer au  site de Slate (nouvelle fenêtre) ou de Zones subversives (nouvelle fenêtre).

Wikipédia définit ainsi la pop culture :

La culture populaire (ou pop-culture) représente une forme de culture dont la principale caractéristique est d’être produite et appréciée par le plus grand nombre, à l’opposé d’une culture élitiste ou avant-gardiste qui ne toucherait qu’une partie aisée et/ou instruite de la population.

Dans les faits, on parle donc d’une forme de culture qui regroupe les œuvres et productions accessibles et connues par le plus grand nombre, que ce soit des séries télés, des films, des jeux vidéo, de la musique — ou même de la nourriture — et aussi, très largement, la culture Internet. La pop-culture a donc pour caractéristique d’être reconnaissable par tous et de puiser dans ce qui est mondialement connu, que cela soit à la mode ou fasse partie d’un héritage culturel commun.

Plutôt que de faire un état des lieux,  je vous propose de suivre de grands écrivains de cette forme singulière d’expression.

Les premiers furent ceux de la Beat Generation, Jack Kerouac, nomade dans l’âme,  parti en virée à travers les États-Unis, à son retour il écrivit Sur la route. William Burroughs, adepte des expérimentations, tomba dans l’errance et la drogue. Après une cure de désintoxication, il écrivit Le festin nu et Allen Ginsberg, figure de proue du mouvement hippie, devint le manifeste de la Beat Generation. Ils influencèrent directement les chanteurs comme Elvis Presley, Jim Morrison, Bob Dylan, Tom Waits, mais aussi le jeu et l’attitude de Marlon Brando ou James Dean.

On peut considérer qu’ils inspirèrent aussi Tom Wolfe, Truman Capote, Norman Mailer, avec un mode de reportage en immersion. Jay McInerney, Bret Easton Ellis,ou bien Philippe Djian, en sont les héritiers spirituels ; Djian, par son style lyrique et cash, avoue lui-même ce qu’il doit à Jack Kerouac, à Philip Roth, Ernest Hemingway, William Faulkner et Raymond Carver.

Elmore Leonard, qui débuta avec le western littéraire, se mit au polar et fut un orfèvre du dialogue, du portrait tendre et de l’entourloupe romanesque. Il a été adapté au cinéma par Abel Ferrara, Quentin Tarantino, Steven Soderbergh.

Des pulps américains jusqu’à Stephen King, la littérature reste un repère pop. Les pulps dans l’entre-deux guerres ont rénové le genre romanesque, et dans les années 1925-1930 l’objet pop est le livre de poche, ce qui a facilité l’éclosion des genres : science-fiction, polar, aventure, romance.

Dans les années 90, Michel Houellebecq se fit un nom en France en publiant Extension du domaine de la lutte qui décrit la solitude de l’homme moderne. Aujourd’hui, il est l’un des écrivains les plus connus et les plus sulfureux, son ironie est héritée de Louis-Ferdinand Céline mâtinée de rockers (il a notamment travaillé avec Iggy Pop).

Pour la décennie quatre-vingt-dix, on peut citer Chuck Palahniuk et son Fight club, histoires provocantes et loufoques. Tandis que Virginie Despentes a, en vingt ans, imposé sa verve, avec ses personnages empreints de violence, sa génération émergente, de la zone et du féminisme, dans Vernon Subutex par exemple.

Les Britanniques tels Nick Hornby, John King, David Peace et Irvine Welsh, quant à eux, apportent une dimension sociale à leurs écrits sur le sport, notamment sur le foot. Ce tableau est loin d’être exhaustif, mais il est le reflet de cette extraordinaire boule à facettes qu’est la pop culture.

Retrouvez tous ces grands noms dans votre Médiathèque, ainsi qu’une bibliographie sur cette thématique.

Bibliographie

Personne jusqu’ici en France ne s’était vraiment risqué à consacrer un ouvrage à une définition de ce qu’est, exactement, cette culture dite « pop ». Retard en partie réparé par Richard Mèmeteau qui – de Warhol à la série Lost en passant par Susan Sontag et Lady GaGa – dit ici l’essentiel : si « le pop » est un processus ambivalent mixant marchandise et art, il n’en a pas moins une dimension « proprement politique », dans le sens où il invite à « partager et apprendre à partager des croyances communes »〈…〉 Son essai n’en reste pas moins un coup d’éclat pionnier et très informé, qui annonce une plus grande finesse dans la compréhension de notre ère contaminée par l’Entertainment.

Extrait de la présentation du livre par Philippe Nassif sur le site de Philosophie magazine (nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec Les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE  : rendez-vous le samedi 7 octobre à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès- Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

BONUS :  l’article sur la 1ère des Rencontres de Liseur 2017-2018  :  Ubérisation du travail, précarisation, nouvelle consommation ou innovation salutaire ?

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Les Rencontres de Liseur (1) : Ubérisation du travail, précarisation, nouvelle consommation ou innovation salutaire ?

16 Sep

Pour ouvrir le cycle 2017-2018 des Rencontres de Liseur, La Médiathèque accueillera, le samedi 23 septembre à 15h, Pierre de Lubersac (responsable de Ressources Humaines, enseignant en RH à l’ESCP Europe (nouvelle fenêtre) et à l’Université Paris-Dauphine), et Grégoire Leclercq (directeur de la Relation Client du groupe EBP informatique (nouvelle fenêtre), co-fondateur de l’Observatoire de l’Ubérisation (nouvelle fenêtre) et président de la Fédération des auto-entrepreneurs) auteur de Ubérisation un ennemi qui vous veut du bien ? (nouvelle fenêtre) (Dunod 2016).

1/ Une définition

Née d’un néologisme, l’ubérisation, déclinaison du nom de la société californienne de VTC (voiture de transport avec chauffeur) Uber, est sur toutes les lèvres, dans tous les articles de presse depuis quelques temps. Mais de quoi s’agit-il concrètement ? De quels changements sociétaux, économiques est-il question ? Comment les médias présentent-ils ce nouveau modèle ?

Pour défricher ce vaste sujet, arrêtons-nous tout d’abord sur la définition de l’ubérisation que propose Grégoire Leclercq :

UBERISATION (nf) : transformation et déstabilisation d’un secteur avec un nouveau modèle économique tirant parti des technologies et des indépendants.

Les « Ubérisateurs » suscitent de multiples réactions dans l’opinion depuis des mois. Celles des premiers concernés d’abord : les taxis avec Uber, les libraires avec Amazon, les livreurs avec Deliveroo et les hôtels avec AirBnB. Chaque jour, de nouveaux acteurs émergent dans les domaines de l’éducation, de la coiffure, du droit, des transports, de la santé, du BTP, des services… Demain, l’État lui-même pourrait peut-être se voir ubérisé !

2/ Une vidéo

L’ubérisation expliquée en 3 minutes (nouvelle fenêtre) sur le site de l’Observatoire de l’Ubérisation.

3/ Une cartographie

Consulter une cartographie des secteurs ubérisés ou en voie d’ubérisation sur le site de l’Observatoire de l’Ubérisation (nouvelle fenêtre) :

4/ Des articles : le pour et le contre de l’ubérisation dans la presse

L’ubérisation : ni tout bon ni tout mauvais (nouvelle fenêtre) : l’Observatoire donne son point de vue dans le magazine des CCI Champagne Ardennes (publié le 06/04/2017).

L’ubérisation dans le bâtiment : menace ou opportunité ? (nouvelle fenêtre) ? interview de Grégoire Leclercq pour Batiactu par Carine Lauga (publié le 13/06/2017).

Les pompes funèbres en voie d’ubérisation – L’arrivée sur le marché de start-up avec des concepts toujours plus innovants est en train de dépoussiérer ce secteur vieux comme l’homme (nouvelle fenêtre). Article Le Point, source AFP (publié le 28/10/2015).

L’ubérisation de l’économie va détruire des millions d’emplois (nouvelle fenêtre). Article Le Figaro par  Guillaume Errard (publié le 10/11/2015).

Les effets positifs de « l’ubérisation » sur l’emploi (nouvelle fenêtre). Article dans les Carnets du Business (publié le 14/12/2016).

Articles dans Europresse (nouvelle fenêtre) sur cet sujet : 

5/ Une conférence

Grégoire Leclercq tentera de répondre aux multiples questions soulevées par l’ubérisation, en proposant des pistes d’amélioration, afin qu’elle ne soit plus subie, mais réfléchie, décidée, et inclusive, pour tous.

Voir le Power point de la conférence (nouvelle fenêtre).

La conférence sera suivie d’une séance de dédicace, en partenariat avec la librairie Les Beaux titres de Levallois.

6/ Des livres à consulter

 Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE  : rendez-vous le samedi 23 septembre à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès- Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

La philosophie du numérique par Milad Doueihi

4 Mar

Samedi 11 mars 2017, Milad Doueihi donnera à La Médiathèque de Levallois une conférence intitulée  Peut-on concevoir un humanisme numérique ? Logique aboutissement de la programmation des Rencontres de Liseur 2017 (nouvelle fenêtre) qui, cette année, interroge le rapport entre l’homme et son environnement numérique, nous avons invité, pour cette dernière rencontre de cette saison, le philosophe Milad Doueihi.

Milad Doueihi © Institut National d’Histoire de l’Art (INHA)

Historien des religions et titulaire de la chaire d’Humanisme numérique de l’université Paris-Sorbonne, il s’est intéressé depuis plusieurs années à l’évolution de la société avec le numérique.

Dans La grande conversion numérique, voir l’article de Pierre Mounier du 7 avril 2008 sur le site Homo numericus – (nouvelle fenêtre), il se définit comme « un numéricien par accident, un simple utilisateur d’ordinateur qui a suivi les changements de l’environnement numérique au cours des vingt dernières années ». Dans son ouvrage, il perçoit l’émergence du numérique dans la société comme une conversion, au même titre qu’une religion.

quest-ce-que-le-numerique-milad-doueihi (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Quelques années plus tard, dans son livre Qu’est-ce que le numérique ? (nouvelle fenêtre) édité aux PUF en 2013, Milad Doueihi revient sur les raisons qui l’ont conduit à choisir le numérique comme objet d’étude :

 […] le numérique nous invite à nous interroger sur ces questions touchant à la fois aux individus et au collectif, mais également sur d’autres aspects globaux car il est devenu indissociable de presque toutes les activités humaines, du moins dans les sociétés occidentales.

Milad Doueihi questionne l’humain en regard de l’automatisation des objets informatiques mais aussi au regard de la façon dont nous faisons société aujourd’hui en invoquant les aspects liés à la sociabilité numérique. De son point de vue, dans la mesure où il provoque un retour vers l’humain, le numérique remet en cause les théories post et transhumanistes (voir à ce sujet la définition de ces théories données par le département Recherche/Éthique Biomédicale du Collège des Bernardins dans  l’article Humanisme, transhumanisme et posthumanisme sur leur site).

Il s’attache à démontrer qu’il constitue un véritable changement civilisationnel qui bouleverse le sens même de l’humain, et qu’il donne donc lieu à un nouvel humanisme.

pour-un-humanisme-numerique-milad-doueihi (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)C’est tout l’objet de son ouvrage paru en 2011 aux éditions du Seuil, Pour un humanisme numérique (nouvelle fenêtre) dans lequel il définit cet humanisme comme « le résultat d’une convergence entre notre héritage culturel complexe et une technique devenue un lieu de sociabilité sans précédent ». Cette convergence avérée fait que le numérique constitue d’ores et déjà une culture en tant que telle, une civilisation, parce qu’il ne se contente pas d’être une facette de l’humain mais parce qu’il le façonne.

Infos pratiques : rencontre avec Milad Doueihi le samedi 11 mars 2017 (nouvelle fenêtre)  à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel.

Envie de creuser la question de notre humanité à l’ère numérique ?

Ces ouvrages, disponibles à La Médiathèque, vous y aideront :

avec Internet et les médias numériques une troisième révolution s’opère, dont les effets sont déjà observables dans le fonctionnement de l’intelligence et des sens, ainsi que dans la relation au savoir et les rapports sociaux.

 

On assiste désormais à une modification, perceptible à tous moments, dans tous les contextes, de ce qui constituait le cadre social de la condition humaine. Une condition numérique est née. Elle peut être décrite dans chacun des champs définissant un individu : identité, activité, connaissance, participation, relations, etc.

 

Tous les sujets sont traités : le terrorisme, les services d’espionnage, les innovations scientifiques, le lobbying des grandes firmes, l’avenir de la démocratie, le stockage des données informatiques et leur dispersion sur le web. Les réseaux sociaux en tout genre sont également passés au crible. Leur démonstration est étayée de nombreux exemples qui semblent évidents à la lecture et pourtant nous n’en avons pas forcément conscience.

Et si l’omniprésence du numérique signait non seulement une nouvelle ère, un changement culturel majeur mais aussi une rupture profonde, une transformation radicale de l’humanité ? Et si le numérique constituait, après l’invention de l’écriture et celle de l’imprimerie, la troisième grande révolution ? A ces questions, Michel Wieviorka en ajoute une autre : l’ère du numérique ne pourrait-elle pas susciter en France aussi le renouveau des sciences humaines et sociales (SHS) ?

BONUS !

Retrouvez sur ce blog les précédents articles consacrés aux Rencontres de Liseur 2017 : Où va le travail à l’heure du numérique, une conférence de Pierre Lénel à La Médiathèque, un article de Nathalie F., La ville intelligente : enjeux et perspectives par Sarah Emmerich un article de Florence B., Société numérique, société du savoir partagé ?, un article de Soizic N. et Les usages numériques innovants décryptés par une psychologue par Sylvie Z.

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