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Les Rencontre de Liseur (1) : La question démocratique aujourd’hui : où en est-on ?

12 Nov

Dans le cadre des Rencontres de Liseur 2019-2020, La Médiathèque accueille Loïc Blondiaux le samedi 30 novembre 2019 à 16h pour une conférence intitulée La question démocratique aujourd’hui : où en est-on ?

Notre invité, Loïc Blondiaux, est chercheur et professeur de science politique à l’Université Paris I-Sorbonne, spécialiste reconnu des théories de la démocratie. Il participe aux travaux de différentes associations ou organismes publics (Fondation Nicolas Hulot, Institut de la Concertation, Décider ensemble, Terra Nova…) ; il est également membre du comité de lecture de la revue Politix (revue des sciences sociales du politique) ainsi que de la Commission parisienne du débat public (nouvelle fenêtre). Il a collaboré à l’ouvrage collectif Inventer la démocratie du XXIe siècle : l’Assemblée citoyenne du futur (Les Liens qui libèrent, 2017- nouvelle fenêtre) et il est l’auteur de La démocratie des émotions : dispositifs participatifs et gouvernabilité des affects (Les Presses de Sciences Po, 2018 – nouvelle fenêtre).

 

Ce qu’est la démocratie

Selon la célèbre formule d’Abraham Lincoln (16e président des États-Unis de 1860 à 1865) prononcée lors du discours de Gettysburg, la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Cette définition engendre plusieurs conséquences que sont le respect des libertés individuelles et collectives, ou encore une égalité de droit. Il repose sur un système représentatif puisque le peuple est représenté par des personnes élues ; le consentement populaire se trouve donc à la base de ce système (par le suffrage universel). A l’inverse de la démocratie athénienne, celle que nous connaissons aujourd’hui repose sur l’élection, et non pas sur le tirage au sort.

On distingue quatre types d’exercice de la démocratie :

  • la démocratie directe : le peuple exerce directement le pouvoir politique ; il prend lui-même les décisions.
  • la démocratie représentative : le peuple exerce sa souveraineté par le biais de représentants élus ; la démocratie est alors indirectement exercée.
  • la démocratie semi-directe, qui combine à la fois des éléments de la démocratie directe et de la démocratie représentative : les citoyens élisent leurs représentants qu’ils chargent d’établir les lois, mais ils peuvent aussi être amenés, lors de référendums, à approuver ou refuser des lois.
  • la démocratie participative : ce système permet d’accroître la participation des citoyens à la vie politique via la constitution d’organes situés au plus proche des citoyens, ou encore l’augmentation de la fréquence des votes.

De façon générale, un gouvernement est dit démocratique par opposition aux systèmes monarchiques, où le pouvoir est détenu par une seule personne et aux systèmes oligarchiques, où le pouvoir est détenu par un groupe restreint d’individus.

Pour Loïc Blondiaux, la démocratie repose sur trois piliers fondamentaux explicités dans ce court extrait d’une intervention pour Synerj Org (novembre 2016)  : des institutions assurant la souveraineté populaire ; un vivre ensemble basé sur une égalité de condition et le principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs :

La démocratie représentative en question

La démocratie représentative, appelée aussi « démocratie délégative », est l’une des formes de la démocratie dans laquelle les citoyens expriment leur volonté par l’intermédiaire de représentants élus à qui ils délèguent leurs pouvoirs. Ces élus, qui représentent la volonté générale, votent la loi et contrôlent éventuellement le gouvernement.

Une des conditions pour que le régime soit démocratique repose sur le fait que ‒grâce à des élections ayant lieu à des échéances régulières‒ le mandat des représentants soit limité dans le temps (pas de charges à vie ou héritées). Aucun gouvernement n’est jamais installé définitivement, l’opposition est considérée comme une force légitime et toutes les tendances sont admises à s’exprimer. En outre, l’espoir d’accéder au gouvernement est ouvert à tous. La démocratie représentative s’oppose à la démocratie directe, beaucoup moins répandue, dans laquelle le peuple prend lui-même les décisions.

La plupart des démocraties actuelles ont adopté le système de la représentation dès leur instauration. Elle a toutefois des limites, parmi lesquelles :

– l’insuffisance de la représentativité : la composition socioprofessionnelle des élus est souvent très éloignée de celle du corps électoral (revenus, instruction, classes sociales, origine culturelle, sexe…). Les intérêts des élus ne coïncident pas nécessairement avec ceux des électeurs…

– la quasi-impossibilité d’être élu si l’on n’est pas candidat au nom d’un parti. L’élu agit alors en conformité avec la ligne politique de son parti et non en fonction de ses convictions propres.

– une tendance à la concentration des forces politiques et souvent au bipartisme

– une concentration des pouvoirs qui peut favoriser la corruption

les conflits d’intérêts (définition sur le site Droit-finances comment ça marche – nouvelle fenêtre)

La démocratie représentative, un système en crise ?

Cette question se pose aujourd’hui en France avec une grande acuité. La vidéo réalisée à ce sujet pour France TV Education (nouvelle fenêtre) en avril 2019 remet en perspective l’histoire et l’état actuel de notre système politique, dont les acteurs peuvent légitimement se demander s’il n’est pas à bout de souffle.

Par ailleurs, l’article du Figaro du 30 mai 2019 intitulé « La démocratie déconsolidée » (consultable sur Europresse à partir de La Médiathèque en ligne une fois connecté.e. à votre compte) rend compte des résultats d’une enquête planétaire réalisée par le think-tank français Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) en association avec l’International Republican Institute (IRI) sur l’état de l’opinion dans 42 États démocratiques : 49% des sondés considèrent que la démocratie fonctionne mal mais 67% s’accordent à dire que c’est le meilleur système possible et 82% jugent le modèle de la démocratie représentative comme le meilleur de tous ; 70% des personnes interrogées considèrent que le vote est utile. L’enquête souligne « une crise de l’attachement à la démocratie dans la transmission générationnelle », ce que l’étude décrit comme une « déconsolidation démocratique ».

Impuissance politique, manque de confiance des citoyens vis-à-vis de la classe dirigeante…, la démocratie semble effectivement ne pas se porter au mieux. Comment expliquer cette apathie ? Et surtout, peut-on y remédier ? Est-il nécessaire d’inventer de nouveaux modes de participation citoyenne pour réveiller une démocratie souffrante ? Des outils comme le référendum d’initiative citoyenne (définition sur Toupie.org- nouvelle fenêtre) sont-ils amenés à compter dans notre avenir démocratique ? Nous serions tentés de le croire, au vu de l’actuelle Convention citoyenne pour le climat (nouvelle fenêtre), dispositif dont L. Blondiaux est membre du comité de gouvernance : 150 citoyens tirés au sort, invités à travailler sur six thèmes – se déplacer, consommer, se nourrir, se loger, produire, travailler – et à proposer au gouvernement des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique. Une fois ces mesures formulées fin janvier 2020, le gouvernement tranchera : soit elles seront proposées au vote des députés sous forme de loi, soit aux Français sous forme de référendum. Une première expérience française de démocratie participative à l’échelon national…

Démocratie ouverte

© Wikipedia

BONUS : pour aller plus loin, une sélection de livres à La Médiathèque !

Sélection de documents -site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 30 novembre 2019 à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean Jaurès-Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

Les Rencontres de Liseur (5) : Désobéir : des policiers et des gendarmes sous l’Occupation (1940-1944)

9 Mai

Dans le cadre des Rencontres de Liseur 2018-2019 (nouvelle fenêtre), La Médiathèque de Levallois vous convie à la conférence donnée par l’historienne Limore Yagil autour de son dernier ouvrage le samedi 18 mai 2019 à 16h.

Enseignante à l’université de Haifa et de Tel-Aviv en Israël, Limore Yagil est actuellement professeure et directrice de recherches d’histoire contemporaine à l’Université de la Sorbonne. Spécialiste de l’histoire culturelle et politique de la France sous l’Occupation, elle a publié une dizaine d’ouvrages portant principalement sur cette période et sur les modalités du sauvetage des Juifs, parmi lesquels Au nom de l’art 1933-1945 : exils, solidarités et engagements (nouvelle fenêtre) (Fayard, 2015) et Désobéir : des policiers et des gendarmes sous l’Occupation (nouvelle fenêtre) (Nouveau monde, 2018).

Le contexte : police et gendarmerie françaises pendant l’Occupation

À la suite de l’armistice du 22 juin 1940 et plus encore après l’entrevue de Montoire entre Pétain et Hitler (24 octobre 1940), le régime de Vichy met en place une collaboration d’État avec l’occupant nazi. Dans le but incertain d’obtenir des compensations de la part des vainqueurs, c’est tout l’appareil administratif français qui se met au service des allemands, anticipant même parfois leurs souhaits.

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Affiche de propagande pour le recrutement de la Police nationale dans le cadre de la Révolution nationale du régime de Vichy, fin 1941 – début 1942 © Wikipedia

La police (qui dépend du Ministère de l’Intérieur) et la gendarmerie (organe militaire) ne dérogent pas à la règle et des milliers de fonctionnaires ou militaires alors en poste sont tenus d’exécuter les ordres. Lutte contre la Résistance, répression, maintien de l’ordre, rafles de juifs ou travail de police plus habituel s’inscrivent alors dans cette perspective, qui peuvent à l’occasion mêler des français et des allemands lors de certaines opérations. Les 16 et 17 juillet 1942, 9000 policiers et gendarmes participeront ainsi à la tristement célèbre rafle du Vél d’Hiv aux côtés des autorités allemandes. [Lire à ce sujet sur Géo.fr l’article synthétique de intitulé « Occupation : la police française, précieuse alliée du IIIe Reich » (nouvelle fenêtre)]

L’essai de Limore Yagil

Désobéir : des policiers et des gendarmes sous l'Occupation (1940-1944) / Limore Yagil (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)

Par cette  fresque sans concession ni-faux semblant, basée sur de nombreux documents d’archives, L. Yagil vient enrichir l’historiographie de la Seconde Guerre Mondiale en examinant de façon très précise un aspect peu étudié, celui de la désobéissance aux ordres du gouvernement de Vichy de membres de deux corps d’État emblématiques. Ce faisant, elle révèle une autre histoire, celle de gendarmes et de policiers qui ont risqué leur vie pour secourir Juifs, résistants et autres fugitifs parmi lesquels certains furent reconnus comme « Justes parmi les nations » et dont elle n’omet pas de dresser la liste en fin d’ouvrage.

Dans une interview donnée à La Tribune juive du 29 mars 2019 (nouvelle fenêtre), L. Yagil s’explique sur les raisons de ce choix et l’objectif de son étude :

« Notre ouvrage concernant les policiers et les gendarmes propose au lecteur de changer de perspective. Au lieu de se concentrer sur la phase « négative » de cette période, de chercher les coupables, il s’agit de démontrer pour la première fois, les nombreux policiers et gendarmes, qui ne sont pas entré en Résistance, mais ont désobéi pour sauver des vies humaines, des Juifs, des aviateurs alliés, des résistants, des réfractaires aux STO [Service du Travail Obligatoire] etc. Il ne s’agit pas d’exonérer Vichy mais d’introduire plus de nuance, de variété, de complexité dans l’analyse d’un passé tragique. »

BONUS : une sélection de documents à La Médiathèque

Sélection de documents sur le site de La Médiathèque - nouvelle fenêtre

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi  18 mai 2019 à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean Jaurès-Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

Les Rencontres de Liseur (4) : La saga Maeght

15 Mar

Dans le cadre des conférences des Rencontres de Liseur 2018-2019,  vous êtes tous invités le samedi 23 mars 2019 à 16h à La Médiathèque pour rencontrer, écouter et dialoguer avec Yoyo Maeght, petite fille du célèbre collectionneur et galeriste Aimé Maeght : une rencontre exceptionnelle autour de son livre La saga Maeght et une plongée dans le microcosme du monde de l’art en France ainsi que dans l’intimité d’une famille élargie aux artistes.

© Yoyo Maeght

Descendante d’Aimé, le fondateur, Yoyo Maeght est tout à la fois, éditrice, galeriste, commissaire d’expositions, magistrate et enseignante ; elle est l’auteure de plusieurs ouvrages parmi lesquels Maeght : l’aventure de l’art vivant (nouvelle fenêtre), La Fondation Marguerite et Aimé Maeght : l’art et la vie (Gallimard, 2010) et La Saga Maeght (nouvelle fenêtre) (Robert Laffont, 2014).

La Saga Maeght de Yoyo Maeght (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)

 

Samedi, lors de cette rencontre, Yoyo Maeght vous présentera son grand-père, Aimé Maeght. Orphelin de guerre déplacé, jeune graveur lithographe, il devient l’ami des plus grands artistes du XXe siècle, à commencer par Pierre Bonnard, Henri Matisse et Georges Braque avant de devenir l’un des plus importants marchands d’art.

Les rencontres, sa passion pour l’art, son discernement, feront de lui une référence au rôle déterminant.

Je cherche la garantie de l’authenticité de l’œuvre dans l’homme.

Aimé Maeght (« Radioscopie » par Jacques Chancel, 25 juin 1969, France Inter/ ARCHIVE INA)

© Yoyo Maeght

 

Visionnaire, il créera avec son épouse, non seulement un écrin mais encore une fondation à Saint-Paul-de-Vence (nouvelle fenêtre) qu’il laisse à la postérité.

Pour en savoir plus sur la Fondation Marguerite et Aimé Maeght, consultez notre Zoom sur…  (nouvelle fenêtre) qui y est consacré sur le site de La Médiathèque.

Yoyo Maeght vous fera entrer dans l’intimité des artistes, en décrivant l’épopée Maeght, de 1930 à aujourd’hui, avec les rencontres, les artistes, les audaces, les drames, les projets et les réalisations, photos d’archives à l’appui.

Patchwork Yoyo Maeght

© Yoyo Maeght

Prenez de la hauteur, venez penser le monde d’aujourd’hui avec Les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 23 mars 2019  à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès- Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

BONUS : Retrouvez notre sélection de documents autour de « La saga Maeght : les artistes exposés à la Fondation » sur le site de votre Médiathèque (nouvelle fenêtre)

Les Rencontres de Liseur (3) : la littérature peut-elle améliorer nos vies ?

1 Fév

Dans le cadre des Rencontres de Liseur 2018-2019 (nouvelle fenêtre), La Médiathèque de Levallois reçoit le samedi 9 février 2019 à 16h Alexandre Gefen, auteur de « Réparer le monde : la littérature française face au XXIe siècle » (nouvelle fenêtre), publié aux éditions José Corti dans la collection « Les Essais ». Directeur de recherche au CNRS, spécialiste des théories littéraires contemporaines et critique littéraire avisé, Alexandre Gefen estime que « réparer le monde » est la lourde tâche que s’assignent de nombreux écrivains français actuels.

Cet universitaire pense avoir trouvé la caractéristique commune à la production littéraire en France depuis les années 1980 et l’approfondit dans son dernier ouvrage à travers la notion de « littérature réparatrice ». Rompant avec le formalisme et l’idéal propres au XIXe siècle d’une écriture autonome et esthétisante, la fiction actuelle chercherait, selon lui, à s’ouvrir davantage au réel avec pour objectif de le rendre plus acceptable. Adoucir les imperfections du monde, telle serait donc, à son sens, la démarche de nombreux romanciers contemporains, au risque – assumé – d’effacer les frontières entre la littérature et le journalisme, la thérapie, le développement personnel ou l’ingénierie sociale (nouvelle fenêtre).

Pour y parvenir, le chercheur a conçu une redoutable machine exploratoire de la littérature contemporaine afin d’en dégager de véritables lignes de force, entre les tentations directement thérapeutiques et les épanouissements du développement personnel, entre le documentaire retrouvant l’épaisseur par la fiction ou, à l’inverse, la fiction venant jouer un rôle documentaire, entre la politique du care (sollicitude) et le souci du collectif, entre la peine à apaiser et le mal à tenir à distance. Il enrichit sa théorie en citant de nombreux écrivains : Roland Barthes, Pierre Bergougnioux, Arno Bertina, Maurice Blanchot, François Bon, Eric Chevillard, Chloé Delaume, Serge Doubrovsky, Philippe Forest, Michel Foucault, Hervé Guibert, Camille Laurens, Laurent Mauvignier, Patrick Modiano, Georges Perec, Marcel Proust, Pascal Quignard et Paul Ricœur. 

Réparer le monde

Pour conclure, rappelons seulement qu’Alexandre Gefen assure que la littérature est loin d’être un simple divertissement et qu’il est de notre devoir d’en considérer les effets sociaux, thérapeutiques et émotionnels. Rendre la parole à des populations maltraitées ou massacrées, accompagner les morts, ne pas les laisser disparaître sans nom, voilà, entre autres, ce que cherche avant tout le romancier aujourd’hui : sachant que « la littérature est l’arme ultime de la liberté humaine » (voir l’article du Nouveau Magazine Littéraire du 19 janvier 2018) (nouvelle fenêtre), l’heure est désormais aux écrivains de terrain.

« La lecture, au rebours de la conversation, consiste, pour chacun de nous à recevoir communication d’une autre pensée, mais tout en restant seul. »

Marcel Proust (extrait de sa préface intitulée Sur la lecture in Sésame et les Lys, traduction de l’ouvrage de John Ruskin Sesame and Lilies, Mercure de France, 1906)

Prenez de la hauteur, venez penser le monde d’aujourd’hui avec Les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE  : rendez-vous le samedi 9 février à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès- Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

BONUS (1) : Retrouvez les ouvrages des auteurs cités par A. Gefen sur le site de votre Médiathèque (nouvelle fenêtre)

 

BONUS (2) : lisez aussi notre précédent article en lien avec ce sujet, « La Bibliothérapie : des livres sur ordonnance » (nouvelle fenêtre) !

Les Rencontres de Liseur (2) : Faut-il avoir peur des robots ?

20 Nov

Du rêve des scientifiques au quotidien d’aujourd’hui, quel futur imaginer pour les humains et les machines ? Habitants de Levallois ou d’ailleurs, adhérents de La Médiathèque ou non, dans le cadre des Rencontres de Liseur 2018-2019 (nouvelle fenêtre) , vous êtes tous invités le samedi 1er décembre à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel pour écouter et dialoguer avec Rodolphe Gelin, spécialiste du domaine.

R. Gelin

©SoftBank Robotics

Pourquoi faire appel à Rodolphe Gelin ?

Parce que ce scientifique est, d’un point de vue technique, l’homme de la situation. Ingénieur des Ponts et Chaussées, titulaire d’un DEA en Intelligence Artificielle, il est chercheur en robotique chez SoftBank Robotics (nouvelle fenêtre) (ex-Aldebaran, LA société française spécialiste des robots humanoïdes) et membre de l’équipe de direction en charge de l’Innovation…

Ce connaisseur ne doute pas de la présence, incontournable et indispensable, auprès des humains de robots, plus précisément de robots humanoïdes/androïdes. Mais, n’est-ce pas une évidence pour un membre clef d’une entreprise florissante qui a créé les robots androïdes NAO, Pepper et Romeo ?

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Auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels Robot, ami ou ennemi ? (Le Pommier, 2015) et Le robot est-il l’avenir de l’homme ? (La Documentation Française, 2016) [nouvelle fenêtre], régulièrement interviewé pour des magazines comme Robot-magazine.fr (nouvelle fenêtre) et des émissions de radio dont France Culture (nouvelle fenêtre), Rodolphe Gelin viendra-t-il accompagné de quelques spécimens pour mieux vous convaincre ?

Entre l’automate, aux gestes répétés inlassablement, et le robot «superordinateur logé dans un corps mobile, capable de fonder ses actions de manière raisonnée sur ce qu’il perçoit du monde extérieur» selon le journaliste spécialisé Daniel Ichbiah in Robots : genèse d’un peuple artificiel  (Minerva, 2005) [voir l’article « Supercalculateur » sur Futura Tech (nouvelle fenêtre)], il y a un gouffre. Et chaque jour les possibilités des superordinateurs croissent. Du simple algorithme au deep learning , comment suivre le mouvement de cette accélération ? Merci à David Louapre et son blog « science étonnante» (nouvelle fenêtre) et pour son explication limpide en vidéo qui permet de se mettre à la page :

Néanmoins, où donner de la tête ? Il y a de quoi se perdre  !

De l’utopie des imaginations fertiles à la réalité du quotidien

Loin du Golem, des premiers automates [voir à ce sujet la vidéo sur Kugel et ses automates, extraite de l’émission Visites privées du 21/10/2016 (nouvelle fenêtre)] et des utopies en littérature – voir notre sélection sur les robots dans la littérature (nouvelle fenêtre)– ou sur les robots au cinéma (nouvelle fenêtre), il semble qu’en réalité le seul véritable robot domestique, en 2013, ait été un aspirateur de la marque Roomba dixit Raja Chatila , directeur de recherches CNRS à l’ISIR (Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique). Voici sa position, qu’il explicite dans l’article issu de la Paris innovation revue, intitulé « Les robots du quotidien » (nouvelle fenêtre) :

D’un point de vue culturel, que dit le succès de Roomba ? Que les humains, après mûre réflexion, acceptent volontiers d’être délestés d’une besogne qui fait mal au dos. Que sur le plan de la vie de famille, ils n’ont pas grand-chose à craindre d’un robot-aspirateur. Que l’engin semble revenir au plus près de l’étymologie slave du mot : en tchèque, « robota » signifie corvée. Mais de l’aspirateur au compagnon humanoïde capable de vous apprendre une langue, il y a un monde. Et plus le robot domestique s’éloigne de sa fonction première d’esclave, plus son acceptation est difficile… Pourtant, en tant que « domestique assistant » les fonctions espérées par les roboticiens actuels laissent rêveurs : aux robots domestiques capables d’aspirer ou de tondre, il faut ajouter les robots compassionnels (robots compagnons), les robots d’assistance aux personnes en perte d’autonomie, les robots éducatifs, les robots ludiques ou les robots domestiques de surveillance.

Depuis lors, les robots ménagers se sont multipliés : robots culinaires, tondeuses, etc., comme le détaille l’article du Figaro du 04/01/2016, intitulé Des robots domestiques bientôt dans les maisons  (nouvelle fenêtre)

Inutile de se voiler la face, ces machines améliorent notre quotidien. Elles pallient nos faiblesses, font gagner du temps et de l’argent, que ce soit dans la sphère privée, publique, dans l’industrie et de nombreux autres domaines. Mais la vraie question est : jusqu’à quel point ? Démonstration filmée de la « robot-mania » par Nétyscom, business solution au Pays du Soleil Levant car, si les Français sont les champions de l’innovation en matière de robotisation, ce sont les japonais les plus robotisés :

Et demain ?

Faut-il s’inquiéter des progrès exponentiels de la programmation ? Pourquoi les scientifiques donnent-ils une apparence humaine, voire des têtes d’enfants aux robots humanoïdes ? Cette invasion de machines est-elle vraiment une menace ? Jusqu’où iront-nous dans leur degré d’autonomie et leur liberté de décision ? Quels seront leurs droits et devoirs ? Cette interrogation est d’ailleurs au cœurs de la série télévisée de Lars Lundström « Real Humans » dans laquelle les hubots (pour human robots), une nouvelle génération de robots, tendent à répondre à tous les besoins de la société (assistance aux personnes âgées, aide aux devoirs, tâches domestiques) mais l’étrange présence de ces employés modèles, serviables et corvéables à merci  engendre des émotions contrastées parmi les humains… à regarder en VOD sur La Médiathèque en ligne (nouvelle fenêtre) pour en savoir plus !

Robots J'ai peur

©Pausecafein.fr

Alors, quels changements pour nos sociétés ? Le travail humain existera- t-il encore ? Quel sens aura-t-il ? Si les machines remplacent l’homme dans de nombreux métiers, quelles seront les conséquences sociales ?

L’émission du magazine Envoyé spécial du 11 janvier 2018 (nouvelle fenêtre) prévoit la suppression croissante d’emplois « mécanisables » et l’article de Benoît George du 07/09/17 sur LesEchos.fr s’interroge : « Le robot est-il l’avenir de l’homme ? » (nouvelle fenêtre), alors qu’une étude de l’université d’Oxford (nouvelle fenêtre) montre que, d’ici à vingt ans, les machines remplaceront l’homme dans presque la moitié des métiers.

Humain miroir robot

L’intelligence artificielle nous rendra-t-elle définitivement « obsolètes » ? La création artistique restera–t-elle l’apanage des humains ? Les robots deviendront ils artistes indépendants à leur tour ? C’est ce que laisse penser cette vidéo en lien avec l’exposition « Artistes et Robots » qui a eu lieu cette année au Grand Palais (nouvelle fenêtre).

Quid des « robots compagnons » et des relations entre humains dont le philosophe Marcel Gauchet dit déjà : « Nous sommes entrés dans un monde où les gens sont destinés à se supporter très mal les uns les autres. » (in La démocratie contre elle-même, Gallimard, 2002).

Résumons : Quels sont les enjeux éthiques, économiques et sociaux ? Faut-il confier nos vies aux robots ? Quelles libertés restera-t-il aux les humains ? L’émission Xenus diffusée sur Arte le 12 juillet 2018 (nouvelle fenêtre) nous donne quelques pistes… Au fond, les vraies questions ne sont-elles pas : Comment anticiper au mieux cette nouvelle ère de l’humanité ?  Quels sont les limites, les risques et les promesses ? Un avenir sans humains est-il plausible ? Le reportage de France 2 du 16/03/2018 (nouvelle fenêtre) donne un aperçu des dernières évolutions et soulève la question des limites à définir. Rodolphe Gelin nous aidera à réfléchir à toutes ces questions et à nous en poser d’autres… Bienvenue dans le meilleur des mondes !

Image robots rouge

© captaineconomics.fr

BONUS : une sélection de livres à La Médiathèque

Sélection de documents sur le thème faut-il avoir peur des robots (site de La Médiathèque nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 1er décembre 2018 à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean Jaurès-Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

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