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Les rencontres de Liseur (6) : Voyage sur Mars ?

29 Mar

Dans le cadre des Rencontres de Liseur (nouvelle fenêtre),  rendez-vous le samedi 7 avril 2018 à 15 h à La Médiathèque de Levallois avec …  Aymeric Spiga, disciple de François Forget, personnalité éminente des planètes et en particulier de Mars. Vous rêviez d’en savoir plus sur cette planète, de connaître les avancées  sur les recherches scientifiques et les projets ? Vous souhaitez que l’on réponde aux questions qui vous interpellent ? C’est le moment où jamais !

Mais qui est Aymeric Spiga ?

©A. Spiga

Un doctorant, titulaire d’un PHD, Maître de conférences à la Faculté des Sciences de la Sorbonne, où il enseigne la planétologie et les sciences de l’atmosphère, chercheur au CNRS ! Un planétologue, membre junior pour 5 ans de L’IUF et de l’équipe scientifique de pointe de la sonde Mars express et aussi de la sonde New Horizon.

Voici quelques unes des qualités qui font de lui, « l’homme de la situation » pour en savoir plus sur la Planète Mars. Ses recherches ont porté en particulier sur la modélisation climatique des planètes, pour arriver à la conclusion suivante : «n’importe quel climat peut-être représenté comme un seul système cohérent et global dont tous les composants interagissent ensemble », autrement dit  son équipe de recherche et lui ont mis à jour un nouveau type de modèle climatique universel valable quelles que soient les atmosphères, la taille de la planète ou la nature de son étoile. À partir de ce postulat, il est possible de s’interroger sur la viabilité  ou habitabilité d’une planète et de Mars en particulier.

Mars, vous avez dit Mars ?

Avant de se précipiter, merci à l’équipe de C’est pas sorcier pour un petit rappel en vidéo sur le fonctionnement de notre système solaire.

 

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Les Rencontres de Liseur (5) : Comment bien s’alimenter en respectant la planète et notre santé ?

1 Fév

Samedi 10 février 2018 à 15h, dans le cadre des Rencontres de Liseur (nouvelle fenêtre), La Médiathèque de Levallois accueille Pierre Feillet pour une conférence intitulée Comment bien s’alimenter en respectant la planète et notre santé ? 

Comment bien se nourrir en respectant la planète et notre santé ? : 10 questions à Pierre Feillet (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Pierre Feillet est ingénieur agronome, directeur de recherche émérite à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), membre de l’Académie des technologies (nouvelle fenêtre)  et de l’Académie d’agriculture de France (nouvelle fenêtre). Ses travaux portent sur la thématique « Alimentation, technologie et société » et il s’est tout particulièrement intéressé à la principale ressource alimentaire de l’humanité, qui assure à lui seul 15% de ses besoins énergétiques : le blé. Il fait paraître, depuis 2003, des essais à destination du grand public visant à répondre aux questionnements autour des modes de production dans le secteur agroalimentaire et aux craintes qu’elles suscitent en termes de préservation environnementale et de sécurité sanitaire.

La sécurité alimentaire dans le monde

Peut-on encore manger sans avoir peurSur son site La faim expliquée.org (nouvelle fenêtre), l’économiste agricole Materne Maetz définit la sécurité alimentaire (nouvelle fenêtre) comme un concept qui recouvre quatre dimensions principales :

  • La disponibilité en quantités suffisantes de nourriture de nature et de qualité appropriée et cela dans toutes les portions du territoire national ;
  • L’accès de toute personne aux ressources permettant d’acquérir les aliments nécessaires à un régime alimentaire nourrissant ;
  • La stabilité de l’accès à la nourriture, c’est-à-dire que l’accès à la nourriture de la population ne peut pas être mis en cause par un quelconque choc naturel ou économique ;
  • L’utilisation appropriée de la nourriture (bonne cuisson et préparation d’aliments variés) favorisant un apport adéquat en nutriments et énergie dans un contexte où la consommation de cette nourriture est sans danger pour la santé (hygiène, eau potable, infrastructures sanitaires ou médicales).

L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’agence spécialisée des Nations Unies dont l’objectif est d’atteindre la sécurité alimentaire pour tous et de lutter contre la faim dans le monde, a émis en 2017, deux rapports : celui de février, L’avenir de l’alimentation et de l’agriculture : tendances et défis (nouvelle fenêtre), fournit des éclaircissements sur la nature des défis auxquels font face aujourd’hui et tout on long du 21ème siècle, l’agriculture et les systèmes alimentaires, et donne un aperçu des enjeux et de la marche à suivre. Il en émerge qu’une transformation majeure des systèmes agricoles, des économies rurales et de la gestion des ressources naturelles est nécessaire, comme le montre l’infographie dédiée (nouvelle fenêtre).

Le second rapport, daté du mois de septembre, porte sur L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde en 2017 (nouvelle fenêtre), et met en lumière que la faim dans le monde gagne du terrain : en effet, selon les estimations, le nombre de personnes sous-alimentées est passé de 777 millions en 2015 à 815 millions en 2016, parmi lesquelles une grande majorité – 489 millions – vivent dans des pays touchés par un conflit. Les conflits violents ont en effet augmenté de façon dramatique depuis 2010 et n’ont jamais été aussi nombreux, un signe qui fait craindre que les tendances actuelles ne se confirment au cours des années à venir. Parallèlement, l’obésité a plus que doublé au niveau mondial entre 1980 et 2014 : en Amérique du Nord, en Europe et en Océanie, 28% des adultes sont considérés comme obèses. Toutefois, la sécurité alimentaire n’est pas le seul facteur déterminant des résultats nutritionnels, en particulier dans le cas des enfants ; les ressources allouées aux programmes nationaux en faveur de la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant, l’accès à de l’eau propre, à des services d’assainissement de base et à des services de santé de qualité sont quelques-uns des autres facteurs qui entrent en jeu en ce domaine.

Agroalimentaire et sécurité sanitaire en France

Nos aliments sont-ils dangereux de peirre Feillet (livre numérique sur le site de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Face aux nombreuses crises qui ont touché la filière agroalimentaire, l’Union européenne s’est dotée en 2006 d’une règlementation dite « paquet hygiène » pour assurer la sécurité sanitaire de l’alimentation humaine et animale : il s’agit de protéger le consommateur tout en tenant compte des enjeux économiques (libre circulation des produits au sein de l’UE)  ; de la même façon, une règlementation européenne fixe un cadre pour la production des végétaux (interdiction de la culture des OGM, de certains produits phytosanitaires…) et pour la protection des animaux durant leur élevage et leur abattage. Sur le site du Ministère de l’Agriculture et de l’alimentation figure le panorama 2016 des industries agroalimentaires (nouvelle fenêtre), qui constituent le premier secteur industriel français aussi bien en termes de chiffre d’affaires que d’emplois. C’est pourquoi sont également identifiés dans ce panorama les défis environnementaux majeurs de cette filière :

  • maîtriser la consommation énergétique, en particulier les énergies fossiles
  • lutter contre le changement climatique via la réduction des émissions de gaz à effet de serre
  • réduire et optimiser la consommation d’eau dans les processus de fabrication
  • limiter les transferts de polluants
  • contribuer à la valorisation des déchets et accroître la performance environnementale des emballages.

Selon l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA) (nouvelle fenêtre), ce secteur joue un rôle clé dans l’aménagement et la vitalité du territoire puisqu’il transforme 70% de la production agricole française. Sur le volet économique, les autorités politiques vont d’ailleurs prendre des mesures faisant suite aux États généraux de l’alimentation (EGA) (nouvelle fenêtre), conclus le 21 décembre 2017, qui ont notamment permis de dégager un consensus général sur la nécessité d’une meilleure répartition, entre tous les acteurs, de la valeur créée par les filières agricoles et agroalimentaires. [Lire à ce sujet l’article de Claudine Yédikardachian paru dans le magazine Option Qualité le 1er janvier 2018 intitulé États généraux de l’alimentation : cap vers une agriculture équitable et une alimentation sûre et saine (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre) ]

Qu’en disent actuellement les économistes dans la presse ? (articles disponibles sur La Médiathèque en ligne)

Dans son article Point de vue : une sécurité alimentaire bien précaire (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre)  paru le 2 décembre 2017 dans Ouest France, Daniel Gadbin, professeur émérite à l’Université de Rennes 1, parle de « cacophonie européenne » dans le domaine de la sécurité sanitaire et environnementale de notre alimentation, en citant l’exemple du renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour cinq ans, et dresse le constat d’un consommateur qui ne sait plus où donner de la fourchette… Aussi l’auteur plaide-t-il pour l’organisation d’États généraux européens sur cette question.

À l’inverse, l’économiste et ancien directeur de l’École supérieure d’agriculture d’Angers Bruno Parmentier, dans un article du 13 janvier 2018 paru sur le site d’information en ligne Atlantico, intitulé Sécurité alimentaire : pourquoi le scandale Lactalis ne doit pas nous faire oublier que les dangers pour les consommateurs français n’ont jamais été aussi faibles (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre), revient notamment sur l’affaire du lait infantile contaminé par la salmonelle et précise que la fréquence des « crises sanitaires » est bien le signe de l’efficacité du système de contrôle et de la mobilisation croissante de l’opinion publique sur ces questions. Il pointe au passage les deux grandes tendances à l’œuvre en termes de consommations de produits alimentaires depuis quelques années : d’une part, la forte croissance du « bio », de l’ordre de 20 % par an (en surfaces cultivées) et de 15 % (en chiffre d’affaires) et d’autre part, le retour vers « le petit et le local », tant au niveau de la production que de la distribution, avec la notion de « responsabilité sociale » du consommateur qui se tourne de plus en plus volontiers vers les circuits courts.

Pierre Feillet nous apportera son point de vue de spécialiste sur cette épineuse question afin que nous sachions, en toute conscience, quoi mettre dans nos assiettes…

Le 15 février 2018 paraîtra chez EDP sciences son dernier ouvrage, Tout savoir sur notre alimentation : démêler le vrai du faux !

Tout savoir sur l'alimentation

BONUS : une sélection de livres à La Médiathèque

  • Sélection des rencontres de Liseur février 2018 (site de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 10 février à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean Jaurès-Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

Rappel : pour lire en ligne sur le site de La Médiathèque, n’oubliez pas de vous connecter (identifiant = votre numéro de carte + code JJMM de votre date de naissance)

Les Rencontres de Liseur (4) : rencontre avec Karine Silla

12 Déc

Samedi 16 décembre 2017, La Médiathèque vous propose dans le cadre des Rencontres de Liseur 2017-2018 un rendez-vous avec Karine Silla autour de son dernier roman L’absente de Noël publié aux éditions de l’Observatoire. La rencontre sera animée par Christine Ferniot, journaliste littéraire (Lire, Télérama) et se terminera  par une séance de dédicace, en partenariat avec la librairie Decitre de Levallois.

Qui est Karine Silla ?

© Vincent Perez

Dramaturge, réalisatrice et scénariste franco-sénégalaise, Karine Silla est l’auteur de deux romans remarqués, Monsieur est mort et Autour du soleil.

Sous des intrigues bien construites, ces deux titres évoquaient déjà les questions de la famille, de la filiation, de la construction de soi, de l’ailleurs où l’on se cherche sans oublier le poids des silences et des non-dits. L’absente de Noël renoue avec ces thématiques et leur puissance souterraine s’affirme derrière une intrigue bien menée et servie par un style vif et souvent drôle.

Le pitch de l’absente de Noël, sur le site des Éditions de l’Observatoire (nouvelle fenêtre)

Sophie, 20 ans, partie faire du bénévolat à Dakar, doit rentrer fêter Noël en famille. La table est mise, le dîner du réveillon est prêt, les guirlandes scintillent. Tout le monde l’attend. Mais Sophie ne rentre pas. Accident ? prise d’otage ? fugue ?
Sa mère Virginie, son beau-père Gabriel, sa demi-sœur Chloé, son grand-père René, et même Antoine, son père, et Fanny, son épouse : tous partent à sa recherche au Sénégal.
Virginie a l’impression que tout ce qu’elle a tenté de construire part à la dérive. Sa fille a disparu. Antoine et Gabriel s’affrontent violemment. Fanny lui voue une haine féroce.
Sans repères dans ce pays inconnu, tous sont forcés de dépasser leurs préjugés et de se confronter aux souffrances enfouies.

Les avis des pros

L’avis de Ghalia de sur le site du Télégramme (nouvelle fenêtre)  :

Ce troisième roman de Karine Silla dresse le portrait de personnages submergés par la force de leurs sentiments. L’auteur nous livre de son pays natal une peinture haute en couleurs. Le choc de deux cultures que tout semble opposer, et pourtant…
l'absente de noel Karine Silla (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Au delà de l’étude très subtile des liens familiaux,  « le Sénégal, pays où est née et a grandi Karine Silla, est peut-être le personnage principal de ce roman », analyse Pascal Schouwey sur son blog littéraire Voix de plume dans son article du 23 août 2017 (nouvelle fenêtre)
C’est aussi l’avis de l’équipe de Lettres it be dans sa critique intitulée L’Absente de Noël » de Karine Silla : en route pour l’ailleurs (nouvelle fenêtre) qui écrit qu’une fois le livre refermé, « on retient une immersion dans l’Afrique d’aujourd’hui, une plongée sur ces terres baignées par le soleil et la poussière ».  Et qui insiste aussi sur le côté très visuel de l’écriture, utilisant la jolie expression  de « plume cinématographique » et soulignant la construction rigoureuse, le découpage en scènes et plans ainsi que la précision des détails.
Marie Daoudal dans son article intitulé L’absente de Noel, Karine Silla, l’absence magnifiée, sur le magazine en ligne  Maze (nouvelle fenêtre) ajoute à ces qualités le fait que l’auteur excelle dans la description du manque :
Tout au long du roman, c’est de son absence [Sophie, la grande énigme du roman] qu’il est question. À travers les autres et leurs pensées, on ne voit que Sophie, et l’influence qu’elle a sur leurs vies. Personne n’a jamais aussi bien décrit le manque que Karine Silla.

Les avis du public

De nombreux commentaires glanés parmi les avis postés par des lecteurs sur différents sites marchands parlent de belle découverte littéraire, de lecture palpitante, de roman généreux et soulignent aussi l’humour omniprésent dans le roman.
C’est touchant, cueillant, mais aussi drôle par moments.
On lit aussi que dans cette « saga familiale très bien écrite »,
la souffrance, la haine, l’adolescence, le manque se cotoient grâce aux personnages déterminés et parfois touchants
Il est aussi question du « charme de cette aventure africaine ».
Une agréable étude sur la complexité des sentiments, la diversité de la nature humaine.

L’avis du bibliothécaire

Utilisant la forme de la fiction comme prétexte, Karine Silla s’interroge sur la notion de  « famille »  dans la société française actuelle. Chacun rêve d’une version traditionnelle idéalisée. Mais n’est-elle pas un leurre ?

Autre préoccupation dans ce roman : la place des enfants dans les différentes sociétés. Dans la France actuelle, ils sont au cœur de toutes les préoccupations parentales, avec une tendance à l’abus de pouvoir. La situation est  bien différente en Afrique, où les plus jeunes montrent le plus grand respect pour leurs aînés.

Il faut souligner l’écriture fluide et agréable de ce roman. Et ce qui le rend amusant est non seulement l’humour dont il fait preuve mais aussi la possibilité d’entrevoir les caractères (très probablement assez réalistes) de personnalités « people».

Pratique

Rendez-vous le samedi 16 décembre 2017 à 16 heures à la médiathèque Gustave Eiffel (nouvelle fenêtre)  111 rue Jean-Jaurès à Levallois.

Entrée libre.  Renseignements au 01 47 15 76 43.

Rencontre animée par la journaliste littéraire Christine Ferniot (nouvelle fenêtre)

Suivie d’une séance de dédicace en partenariat avec la librairie Decitre de Levallois (nouvelle fenêtre)

Les Rencontres de Liseur (3) : Quelles migrations au XXIe siècle ?

25 Nov

Samedi 2 décembre 2017 à 15h, dans le cadre des Rencontres de Liseur (nouvelle fenêtre), La Médiathèque de Levallois accueille Catherine Wihtol de Wenden pour une conférence intitulée Quelles migrations au XXIe siècle ?

Le phénomène migratoire, même s’il est aussi ancien que l’humanité, s’est aujourd’hui intensifié et diversifié. Les migrations sont devenues, tant par leurs motifs et leurs origines que par leurs trajectoires, une composante structurelle d’un monde globalisé et constituent l’un des défis majeurs de ce siècle. 

Réparttion de la population mondiale par continents

Répartition de la population mondiale par continent (source : Wikimedia Commons)

Petit lexique migratoire

Les phénomènes migratoires recouvrent des réalités multiples et complexes et donnent lieu à une terminologie parfois difficile à appréhender, d’où l’intérêt d’une petite clarification lexicale.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) (nouvelle fenêtre), organisme des Nations unies, définit la migration comme « le déplacement d’une personne ou d’un groupe de personnes, soit entre pays, soit dans un pays entre deux lieux situés sur son territoire. La notion de migration englobe tous les types de mouvements de population impliquant un changement du lieu de résidence habituelle, quelles que soient leur cause, leur composition, leur durée, incluant ainsi notamment les mouvements des travailleurs, des réfugiés, des personnes déplacées ou déracinées. » Elle mentionne par ailleurs qu' »au niveau international, il n’existe pas de définition universellement acceptée du terme « migrant ». Il s’applique habituellement lorsque la décision d’émigrer est prise librement par l’individu concerné, pour des raisons « de convenance personnelle » et sans intervention d’un facteur contraignant externe. »

Afin de bien différencier le migrant du réfugié, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR ou HCR dans l’espace francophone) (nouvelle fenêtre) reprécise la distinction juridique existante entre ces deux catégories :

« Les migrants choisissent de quitter leur pays non pas en raison d’une menace directe de persécution ou de mort, mais surtout afin d’améliorer leur vie en trouvant du travail, et dans certains cas, pour des motifs d’éducation, de regroupement familial ou pour d’autres raisons. Contrairement aux réfugiés qui ne peuvent retourner à la maison en toute sécurité, les migrants […], s’ils choisissent de rentrer chez eux continueront de recevoir la protection de leur gouvernement. »

Le terme réfugié est « défini par la législation internationale et les réfugiés sont protégés par cette dernière. La Convention de 1951 relative aux réfugiés et son protocole de 1967 […]  définit ce qu’est un réfugié et rappelle les droits fondamentaux que les États devraient leur garantir.  » L’apatride est quant à lui désigné par l’OIM comme étant un « individu sans nationalité, soit qu’il n’en ait jamais eu, soit qu’en ayant eu une, il l’ait perdue sans en acquérir une autre. L’état d’apatridie prive l’individu des droits – et supprime les devoirs – attachés à la nationalité à savoir, notamment, le droit à la protection diplomatique et le droit de revenir dans son pays d’origine. En droit international général, la Convention relative au statut des apatrides (1954) organise la condition juridique des apatrides et leur accorde un certain nombre de droits, notamment en matière économique et sociale. »

Une mobilité internationale en hausse

Migrations une nouvelle donneCatherine de Wenden, dans son ouvrage Migrations : une nouvelle donne (nouvelle fenêtre), paru aux Editions de la Maison des Sciences de l’Homme en 2016, précise que « l’on compte aujourd’hui 244 millions de migrants internationaux, selon le département de la Population des Nations Unies (nouvelle fenêtre), un chiffre qui sépare en deux parties égales (120 millions) les migrations se dirigeant vers le nord (sud-nord et nord-nord) et celles s’acheminant vers le sud (sud-sud et nord-sud) de la planète. » (p.15) et évoque également le fait que « le nombre des migrants internationaux a triplé en quarante ans. » (p.16).

La consultation de la carte interactive des flux de migration dans le monde en 2015 (nouvelle fenêtre) sur le site de l’OIM donne à voir précisément et pour chaque pays, les chiffres de l’émigration et de l’immigration ainsi que les trajectoires migratoires.

A ce sujet, C. de Wenden propose, dans son article intitulé « Un essai de typologie des nouvelles mobilités » (nouvelle fenêtre) paru dans la revue « Hommes et migrations » N°1233 de septembre-octobre 2001, une typologie possible des migrations suivant les logiques migratoires  :

  • économiques : migrations entrepreneuriales, techniques, liées à l’environnement – souvent pour échapper à des catastrophes naturelles ou écologiques –, provoquées par des déséquilibres démographiques ou économiques),
  • démographiques (migration familiale, de jeunes, de retraités),
  • politiques (mouvements de réfugiés, migrations coloniales ou héritées de “couples migratoires”, rapatriements).

Comme elle le signifie également dans une vidéo issue du site Hometold et intitulée « Pourquoi migre-t-on ? », les profils des migrants se sont fortement diversifiés : étudiants, travailleurs qualifiés, retraités, réfugiés, déplacés environnementaux… Si les migrations obéissent le plus souvent à une logique purement économique, d’autres facteurs doivent donc aujourd’hui être pris en compte pour mesurer toute la complexité du phénomène :

D’après l’aperçu statistique (nouvelle fenêtre) que donne le HCR pour l’année 2016, l’on constate que 40% des déplacements mondiaux correspondent à des migrations contraintes qui se répartissent de la façon suivante :

  • 65,6 millions de déracinés, avec 24 personnes déracinées chaque minute
  • 22,5 millions de réfugiés, dont plus de la moitié a moins de 18 ans
  • 10 millions d’apatrides

Atlas des migrationsDans son Atlas des migration : un équilibre mondial à inventer (nouvelle fenêtre), paru aux éditions Autrement en 2016, C. de Wenden revient d’ailleurs, en cartes et en infographies, sur les facteurs réels des migrations et interroge les possibles réponses politiques à la crise migratoire que connaît actuellement l’Europe.

L’article élaboré dans le cadre de l’Ecole d’été « Migrations et mondialisations : au-delà des crises migratoires » daté de 2017 et en ligne sur le site de Mediapart (nouvelle fenêtre) donne un éclairage intéressant sur ces nouvelles mobilités et sur la question d’une gouvernance mondiale en ce domaine.

BONUS : une sélection de livres à La Médiathèque

Les rencontres de Liseur : sélection thématique du site de La Médiathèque sur les migrations au 21e siècle (nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 2 décembre à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès- Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

Les rencontres de Liseur (2) : qu’est-ce que la Pop Culture ?

30 Sep

Le samedi 7 octobre 2017 à 15h, dans le cadre des Rencontres de Liseur, La Médiathèque de Levallois accueille Richard Mèmeteau pour une conférence intitulée : Qu’est-ce que la pop culture ?

Pop culture de Richard Mémeteau (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Professeur de philosophie et co-fondateur du blog Freakosophy.com, il est l’auteur de Pop culture, réflexions sur l’industrie du rêve et l’invention des identités (nouvelle fenêtre) paru chez Zones en 2014.

Dans son ouvrage, il porte un regard de philosophe et analyse le phénomène  «pop culture» tout en redonnant à cette dernière ses lettres de noblesse. Il offre une réflexion générale sur les cultures de masse à partir des réappropriations identitaires dont elles font l’objet ; il les réoriente, les reformule, les transforme pour produire des questionnements nouveaux sur ce thème actuel de l’enjeu politique des réappropriations par des communautés. Écoutez ce que l’auteur en dit sur France culture (nouvelle fenêtre).

Pour aller plus loin et saisir une dimension critique des écrits de Richard Mémeteau, l’on peut se référer au  site de Slate (nouvelle fenêtre) ou de Zones subversives (nouvelle fenêtre).

Wikipédia définit ainsi la pop culture :

La culture populaire (ou pop-culture) représente une forme de culture dont la principale caractéristique est d’être produite et appréciée par le plus grand nombre, à l’opposé d’une culture élitiste ou avant-gardiste qui ne toucherait qu’une partie aisée et/ou instruite de la population.

Dans les faits, on parle donc d’une forme de culture qui regroupe les œuvres et productions accessibles et connues par le plus grand nombre, que ce soit des séries télés, des films, des jeux vidéo, de la musique — ou même de la nourriture — et aussi, très largement, la culture Internet. La pop-culture a donc pour caractéristique d’être reconnaissable par tous et de puiser dans ce qui est mondialement connu, que cela soit à la mode ou fasse partie d’un héritage culturel commun.

Plutôt que de faire un état des lieux,  je vous propose de suivre de grands écrivains de cette forme singulière d’expression.

Les premiers furent ceux de la Beat Generation, Jack Kerouac, nomade dans l’âme,  parti en virée à travers les États-Unis, à son retour il écrivit Sur la route. William Burroughs, adepte des expérimentations, tomba dans l’errance et la drogue. Après une cure de désintoxication, il écrivit Le festin nu et Allen Ginsberg, figure de proue du mouvement hippie, devint le manifeste de la Beat Generation. Ils influencèrent directement les chanteurs comme Elvis Presley, Jim Morrison, Bob Dylan, Tom Waits, mais aussi le jeu et l’attitude de Marlon Brando ou James Dean.

On peut considérer qu’ils inspirèrent aussi Tom Wolfe, Truman Capote, Norman Mailer, avec un mode de reportage en immersion. Jay McInerney, Bret Easton Ellis,ou bien Philippe Djian, en sont les héritiers spirituels ; Djian, par son style lyrique et cash, avoue lui-même ce qu’il doit à Jack Kerouac, à Philip Roth, Ernest Hemingway, William Faulkner et Raymond Carver.

Elmore Leonard, qui débuta avec le western littéraire, se mit au polar et fut un orfèvre du dialogue, du portrait tendre et de l’entourloupe romanesque. Il a été adapté au cinéma par Abel Ferrara, Quentin Tarantino, Steven Soderbergh.

Des pulps américains jusqu’à Stephen King, la littérature reste un repère pop. Les pulps dans l’entre-deux guerres ont rénové le genre romanesque, et dans les années 1925-1930 l’objet pop est le livre de poche, ce qui a facilité l’éclosion des genres : science-fiction, polar, aventure, romance.

Dans les années 90, Michel Houellebecq se fit un nom en France en publiant Extension du domaine de la lutte qui décrit la solitude de l’homme moderne. Aujourd’hui, il est l’un des écrivains les plus connus et les plus sulfureux, son ironie est héritée de Louis-Ferdinand Céline mâtinée de rockers (il a notamment travaillé avec Iggy Pop).

Pour la décennie quatre-vingt-dix, on peut citer Chuck Palahniuk et son Fight club, histoires provocantes et loufoques. Tandis que Virginie Despentes a, en vingt ans, imposé sa verve, avec ses personnages empreints de violence, sa génération émergente, de la zone et du féminisme, dans Vernon Subutex par exemple.

Les Britanniques tels Nick Hornby, John King, David Peace et Irvine Welsh, quant à eux, apportent une dimension sociale à leurs écrits sur le sport, notamment sur le foot. Ce tableau est loin d’être exhaustif, mais il est le reflet de cette extraordinaire boule à facettes qu’est la pop culture.

Retrouvez tous ces grands noms dans votre Médiathèque, ainsi qu’une bibliographie sur cette thématique.

Bibliographie

Personne jusqu’ici en France ne s’était vraiment risqué à consacrer un ouvrage à une définition de ce qu’est, exactement, cette culture dite « pop ». Retard en partie réparé par Richard Mèmeteau qui – de Warhol à la série Lost en passant par Susan Sontag et Lady GaGa – dit ici l’essentiel : si « le pop » est un processus ambivalent mixant marchandise et art, il n’en a pas moins une dimension « proprement politique », dans le sens où il invite à « partager et apprendre à partager des croyances communes »〈…〉 Son essai n’en reste pas moins un coup d’éclat pionnier et très informé, qui annonce une plus grande finesse dans la compréhension de notre ère contaminée par l’Entertainment.

Extrait de la présentation du livre par Philippe Nassif sur le site de Philosophie magazine (nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec Les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE  : rendez-vous le samedi 7 octobre à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès- Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

BONUS :  l’article sur la 1ère des Rencontres de Liseur 2017-2018  :  Ubérisation du travail, précarisation, nouvelle consommation ou innovation salutaire ?

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