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Un été nature avec le coin de La Médiathèque de juin 2017

27 Juin

Depuis le 21 juin, c’est l’été ! Ce mois-ci, le coin de La Médiathèque  propose de quoi accompagner toutes les envies et soifs de nature : déambulations champêtres, écoute du chants des oiseaux, monde fascinant des petites bêtes et observation des ciels d’été, voici de quoi satisfaire tous les curieux  !

Les oiseaux de Laurent Spanneut (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Les oiseaux de Laurent Spanneut (nouvelle fenêtre). Éditions Milan jeunesse.

Et si vous profitiez des vacances pour prendre le temps d’observer les oiseaux avec vos enfants et aller même jusqu’à identifier cet oiseau celui qui chante si bien, caché dans les branchages? Quels sont ces oiseaux qui se chamaillent, piaillent ou bien encore discutent ? À part les roucoulements des pigeons et des tourterelles… Et pourtant il y en a tellement !

Laurent Spanneut, zoologue, nous simplifie la tâche en divisant le livre en cinq chapitres, selon les lieux où l’on se trouve : oiseaux des villes et des jardins, oiseaux des champs et des baies, oiseaux des bois et des forêts, oiseaux des rivières et des étangs, oiseaux de bord de mer. Chacun des oiseaux est présenté en photo dans son milieu naturel. Un texte court mais très explicatif donne toutes les informations permettant de les identifier et de mieux les connaitre. Le CD qui l’accompagne se concentre sur le chant, les notes, le rythme : écoutez-le plusieurs fois et vous serez incollable !

Grâce à cet ouvrage, les chants d’oiseaux ne vous sembleront plus une jungle de sons où tout est mélangé  mais une promenade auditive qui éveillera la curiosité des enfants et de leurs parents.

Guide des curieux de la nature… en 150 scènes de Vincent Albouy (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Guide des curieux de la nature… en 150 scènes de Vincent Albouy (nouvelle fenêtre). Éditions Delachaux et Niestlé.

Vos balades à coup sûr prendront une nouvelle saveur à la lecture de ce Guide des curieux de nature… en 150 scènes.  Au cours de vos déambulations champêtres, maritimes ou boisées, prenez le temps de vous arrêter puis d’observer : la nature est pleine de jolies surprises pour peu qu’on veuille se laisser émerveiller. Ce guide offre une approche originale en ayant un nouvel éclairage : 150 scènes à observer dans la nature, classées par saison, permettent  d’en saisir les traces et les rythmes et d’en comprendre le langage parfois mystérieux.

Au fil des pages, le voile se lève sur ces existences et ces particularités qu’on ne soupçonne pas : la coquille scellée de l’escargot, l’herbe en Z, une ortie animale, l’arme chimique des fourmis… Vincent Albouy, entomologiste et naturaliste, décrypte pour nous ces mondes complexes et ingénieux en racontant une histoire différente sur chaque page que Claire Felloni, illustratrice spécialisée dans le dessin naturaliste, détaille avec ses douces planches qui marient à la fois le trait, le lavis et l’encre.

Petit ou grand, réveillez le curieux qui sommeille en vous et faites, à l’aide de ce guide, des expériences amusantes pour en découvrir encore plus !

Petit guide du ciel de Bernard Pellequer (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre). Petit guide du ciel de Bernard Pellequer (nouvelle fenêtre). Éditions du Seuil.

Observer le ciel, c’est naturel ! Comme la plupart des activités de plein air, observer le ciel met en contact avec la nature et procure le plaisir de l’exploration et de l’évasion.

Pas besoin de matériel sophistiqué ni de connaissances scientifiques pour démarrer une balade céleste ! À l’œil nu ou avec de simples jumelles, on peut s’émerveiller simplement devant le foisonnement d’étoiles, distinguer les nuances de couleurs bleutées, orangées, voire rougeâtres et l’on peut même s’entraîner à reconnaître les constellations comme La Grande Ourse, Orion, Cassiopée! Il suffit simplement d’avoir un petit guide du ciel comme celui de Bernard Pellequer, préfacé par Hubert Reeves. Facile et complet avec une multitude de conseils pratiques et 32 cartes du ciel, ce petit livre est le parfait guide pour apprendre à reconnaitre les étoiles et partir à la découverte du ciel nocturne.

De quoi bien occuper vos soirées de cet été !

Insectoscope : l’encyclopédie des insectes pour les 6-12 ans (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Insectoscope : l’encyclopédie des insectes pour les 6-12 ans (nouvelle fenêtre). DVD de TF1 vidéo.

Insectoscope est un film documentaire réalisé par Jean-Philippe Macchioni, scientifique de formation et cinéaste animalier reconnu.

À vocation pédagogique, Insectoscope est une encyclopédie sur la vie des insectes pour tout public, composée de 52 épisodes de 6 minutes chacun. Son classement par ordre alphabétique, ou par milieu de vie, ou par comportements  permet de se repérer facilement. Le tournage de ce documentaire a duré 9 mois, avec plus de 2000 heures d’images, des centaines d’heures d’observations patientes, des dizaines d’heures de bricolage et de trouvailles pour s’adapter au terrain et aux insectes. Un vrai travail de fourmi ! Traqués et filmés sur leur territoire, les insectes se révèlent  être de véritables acteurs : musiciens, comédiens, imitateurs, prédateurs, bâtisseurs… Un documentaire à voir et à revoir pour découvrir le monde fascinant des petites bêtes.

Nuit des musées 2017 : faites une halte chez les artistes et les écrivains !

20 Mai

Ce soir, samedi 20 mai, a lieu la Nuit des Musées 2017 qui, dans toute l’Europe, permet de passer la nuit (ou une partie) parmi des œuvres inattendues. Cette année, parmi les centaines de possibilités, nous vous proposons un petit parcours dans des maisons d’artistes et d’écrivains, dans et autour de Paris.

Commencez par le centre de Paris avec une visite à la Maison de Victor Hugo (nouvelle fenêtre) avec  Hernani by night, un spectacle déambulatoire nocturne d’après la pièce de Victor Hugo sous les arcades de la place des Vosges.

Depuis 2007, la compagnie Tout le monde dehors ! met les textes classiques dans la rue. Après Racine, Corneille et Shakespeare : Victor Hugo avec Hernani. Avec cette création, la compagnie souhaite donner une nouvelle dimension à son investissement de l’espace public en proposant un spectacle déambulatoire nocturne…

Séances d’une heure à 19h00 à 22h00.

Avant de partir, pour vous mettre en appétit, relisez quelques stophes de La légende des siècles (nouvelle fenêtre).

Passez la Seine et poursuivez par la visite de la Maison d’Auguste Comte (nouvelle fenêtre),  célèbre philosophe français,  fondateur du positivisme : découvrez l’appartement  où a vécu le  philosophe de 1841 jusqu’à sa mort en 1857 (de 18h00 à 22h00, visite libre).

Mettez dans votre poche La Philosophie des sciences (nouvelle fenêtre) pour en relire quelques passages bien sentis.

Hâtez-vous ensuite vers la Maison d’Eugène Delacroix (nouvelle fenêtre) pour la remise du très littéraire Prix de la Nouvelle Delacroix (organisé par le Musée et le Prix littéraire des grandes Ecoles)  : rendez-vous à 19h30 dans l’atelier du peintre. Profitez-en pour vous promener dans les salons avant de savoir quelle sera la nouvelle primée, la consigne étant de s’inspirer des tableaux d’Eugène Delacroix pour rédiger sa copie.

Pour vous accompagner (mais peut-être pas à emporter dans votre pérégrination à cause de son poids..), regardez la magnifique monographie Delacroix édité par Citadelles et Mazenod (nouvelle fenêtre)

Ensuite, marchez, si le temps le permet, le long de la Seine avant de remonter au niveau de La Tour Eiffel vers le Trocadéro, où vous vous dirigerez vers la Maison de Balzac (nouvelle fenêtre). Des lectures y sont proposées  : à 19h, Une passion dans le désert de Balzac – Le soldat napoléonien  et à 20h, Une passion dans le désert de Balzac – Entre féminisation de l’animal et animalisation de la femme par Françoise Gillard, comédienne et sociétaire de La Comédie-Française.

Dans vos poches, vous n’aurez que l’embarras du choix parmi les romans de la Comédie humaine mais je vous conseille Le père Goriot (nouvelle fenêtre) pour son célèbre « À nous deux Paris » de l’ambitieux Rastignac et La maison Nucingen (nouvelle fenêtre) où les arcanes et les arrangements du monde de la finance du XIXe font encore frémir le lecteur du XXIe.

Si vous vous sentez d’humeur follement balzacienne, lisez en ligne sur le site de La maison de Balzac la publication en mode texte de la première édition de La Comédie humaine, dite édition Furne, 1842-1855 (nouvelle fenêtre) 

Ensuite, quittez la ville et partez à la campagne au Musée Rodin de Meudon (nouvelle fenêtre) où vous pourrez à votre façon célébrer les 100 ans de la mort d’Auguste Rodin en redécouvrant l’œuvre du sculpteur dans l’intimité de sa demeure. Au coucher du soleil, flânez dans le jardin et faites un détour par de la tombe de Rodin, surmontée du fameux Penseur qui en fait un lieu de prédilection pour la réflexion.

Si vous êtes tenté par cette halte méditative, munissez-vous éventuellement d’un guide : Le livre de la méditation et de la vie de Krishnamurti (nouvelle fenêtre) et en ligne transformer sa vie par la méditation (nouvelle fenêtre).


CD92/Jean-Luc Dolmaire

Si le cœur vous en dit, poussez votre promenade jusqu’au Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups  et la Maison de Chateaubriand (nouvelle fenêtre), où la tour Velléda sera exceptionnellement ouverte aux visiteurs de 20h00 à 23h30.

Ce bâtiment abrite au rez-de-chaussée la bibliothèque et au premier étage le bureau de Chateaubriand. Le bâtiment doit son nom au personnage des Martyrs. C’est ici que l’écrivain, entouré de ses arbres, de ses livres et de ses souvenirs de voyages, se retirait jusqu’à douze heures par jour…

Et une fois de retour dans votre lit, si vous peinez à trouver le sommeil, plongez-vous dans Les mémoires d’Outre-tombe (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre).

Bonne nuit 🙂

Le coin de La Médiathèque de mai est au jardin !

13 Mai

En ce mois de mai 2017, le coin de La Médiathèque vous propose de passer au jardin : romans et albums vous enchanteront par leurs couleurs et leur poésie. Et si vous vous sentez l’âme jardinière, apprenez la technique du mini jardin !

Avec beaucoup de retenue, ce roman islandais nous entraîne dans la quête identitaire d’Arnljotur, jeune garçon devenu père au hasard d’un soir. Celui-ci part redonner vie à une célèbre roseraie d’un monastère retiré, en souvenir de sa mère qui cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. Aidé de frère Thomas, vieux moine amateur de films d’art et d’essai, il découvre avec candeur la vie, le passage à l’âge adulte, la paternité. Le jardin du monastère oublié va reprendre vie peu à peu sous les doigts du jeune homme, comme si ce dernier redonnait sens à son propre jardin personnel. Un livre à la douce ambiance fleurie, qui traite simultanément du deuil, des relations humaines et familiales, et dont le charme opère incessamment. Mêlant à la fois pudeur et poésie, ce roman d’apprentissage nous offre une image très touchante de l’épanouissement personnel. Une jolie balade initiatique au pays des roses, dans un style à part, sans artifice et tout en délicatesse.

Cet album très original raconte aux plus jeunes comme aux grands la création des dernières œuvres de Matisse et comment le peintre a toujours été sensible à la nature. L’histoire nous apprend comment il inventa une nouvelle technique : les gouaches ou papiers découpés. Matisse nommait cette méthode « dessiner avec les ciseaux  » et ce procédé avait même rendu Picasso jaloux. La poésie du texte de Samantha Friedman, qui a participé à l’exposition consacrée à Matisse au MoMA, et les très belles illustrations de Cristina Amodeo en font un ouvrage passionnant.

À l’intérieur de ce livre très instructif sur le travail du peintre, nous découvrons en double page les originaux de l’artiste. Il créait d’ailleurs des compositions  de très grands formats pour avoir l’impression de se promener dans un véritable jardin.

Grâce aux couleurs, Matisse met en valeur la flore marine, les fleurs observées lors de son voyage à Tahiti, les abeilles ou encore les oiseaux. Entrez-vous aussi dans ces paysages végétaux.

Laissez-vous tenter par la découverte de Un grand jardin, album hors format, vert, très vert et inspiré. Tout commence au joli mois de mai avec le jardinier sans qui rien ne serait. N’imaginez pas trouver un documentaire technique dans cet ouvrage, fruit de la collaboration de deux passionnés : Gilles Clément, référence actuelle incontestée pour la nature et les jardins côté texte et Vincent Gravé, fan de Où est Charlie pour les illustrations. Vous ne trouverez pas de recettes, de gestes techniques à faire ou de méthodes à appliquer. Plutôt un cadeau pour toutes les générations présentes et à venir, aussi poétique que philosophique. Spécialistes en horticulture et jardins ou en littérature jeunesse ne se sont pas trompés en attribuant de multiples prix à ce livre déroutant (prix Émile Galle, Saint-Fiacre, Chapître Nature , Books and Seeds à Bologne).

Entre les deux créateurs, les rôles sont, chapitre après chapitre, bien répartis. Page de gauche, le plaisir (quand ce n’est pas la découverte !) des mots et des idées. Lui faisant face, page de droite, des illustrations oniriques à fouiller. De quoi ravir aussi bien les adultes que les enfants. De quoi méditer, rêver, seul ou accompagné.

Le jardinage, ce n’est pas qu’une affaire de plein air et de grands espaces ! Et si la nature s’invitait chez vous, en ville, sur votre balcon ou bien sur votre terrasse ? Et si vous osiez vous lancer dans la culture de ce que vous voulez manger ?

Avec Jardiner dans un 1 m2, l’entreprise semble facile grâce à une multitude de trucs et astuces présentés pour tirer le meilleur parti d’une petite surface : prendre de la hauteur en cultivant des plantes à la verticale, être créatifs en recyclant des objets pour en faire des contenants originaux, adopter le potager en carré surélevé qui assure des récoltes abondantes et savoureuses du printemps jusqu’à l’hiver. Des conseils sur le choix des fruits et des légumes à cultiver en fonction de la situation géographique ou de vos attentes, des propositions de projets pour optimiser le rendement de l’espace (tipi de concombres, bac à haricots, courgettes en sac, myrtillier en pot…) donnent fortement envie de se lancer dans l’expérience.

Adonnez-vous aux joies du jardinage et donnez à vos petits espaces un air de campagne !

Bonnes lectures 🙂

Un Américain à Paris : rétrospective Cy Twombly à Beaubourg

19 Avr

Il était temps ! Un des plus grands artistes américains, Cy Twombly est exposé depuis janvier au Centre Pompidou à Paris : cet artiste immense reste relativement peu connu en France, et le musée parisien nous offre cette année une magnifique rétrospective de plus de 60 ans de travail. Cy Twombly est pourtant l’un des artistes américains majeurs de la 2ème moitié du XXe. Vous avez  jusqu’au 24 avril 2017 pour le (re)découvrir.

Quels que soient les avatars de la peinture, quels que soient le support et le cadre, c’est toujours la même question : qu’est-ce qui se passe là ? […] Roland Barthes *.

Mort en 2011, Cy Twombly a traversé le siècle précédent avec une singularité et une originalité constantes, navigant entre et avec les courants artistiques majeurs : expressionnisme abstrait, Action painting, minimalisme, conceptualisme, Pop art et abstraction pure… Il est aussi l’un des plus européens des Américains (il a vécu en Europe la plus grande partie de sa vie), ce qui lui a valu quelques critiques outre-Atlantique. Son œuvre étonne (et rebute parfois) par son apparent hermétisme, par la scripturalité de ses œuvres et par ses formats monumentaux.  Mais on retiendra de ce grand artiste sa recherche permanente sur le sens profond de son œuvre : sa volonté d’écrire/décrire et de faire voir les choses.

Vidéo teaser de l'exposition Cy Twombly du 30 novembre 2016 au 24 avril 2017 (nouvelle fenêtre)

© Centre Pompidou 2016 / Cy Twombly Foundation

Peintre lettré et pétri de culture classique, il se choisit pour prénom Cy, un surnom très populaire aux États-Unis, rendant ainsi hommage à son père et au célèbre joueur de baseball du début XXe, Cy Young. Très jeune, il se passionne pour le dessin et la peinture, mais aussi pour la mythologie, la littérature, notamment gréco-romaine (son père est lui-même féru de grec et de latin) et la poésie (Mallarmé, Rilke, Keats). Son éducation artistique se fera dans le Sud des États-Unis dont il est originaire, puis à Boston, avant qu’il n’intègre la célèbre Art Students League of New York.

Grâce à sa formation, l’artiste maitrise parfaitement les techniques du dessin et de la peinture, mais aussitôt après les avoir acquis, il cherchera à s’en détacher et à désapprendre pour en quelque sorte se construire un nouveau langage artistique. À ce sujet, une anecdote raconte, que parmi ses multiples recherches pour y parvenir, il s’entrainait à peindre dans le noir, ou de la main gauche ou les yeux bandés…

Au début de sa carrière, ses peintures, déjà de grand format, sont dans un premier temps très sombres,  avant de prendre une couleur blanchâtre. D’aspect crème un peu pâteux et émaillée de signes, dessins, ratures et gribouillis, la toile semble alors recouverte d’un apprêt nacré sous lequel on devine une autre couche de vie picturale, comme un sous-texte mystérieux. À la surface, de ci de là des mots apparaissent, la plupart indéchiffrables, accompagnés de mini-dessins ou figures symboliques, posés sur la toile comme des notes en coin de page ou des listes de signes codés.

Twombly est à la recherche d’un nouveau vocabulaire pictural, quelque chose d’inédit mais aussi d’une nouvelle graphie. Taches, griffures, coulures, jetés, lettres, nom propres, vide, narration, titre et cycle en seront l’alphabet toute sa vie.

À propos de la personne : vidéo « Cy Twombly, parcours d’exposition » par Jonas Storsve. WildBox Productions (Réalisateur). © Centre Pompidou 2016.

Un artiste en recherche d’un nouveau langage

Aujourd’hui encore, les œuvres de la première salle de l’exposition pourront surprendre le visiteur. Pourtant, nous avons vu Basquiat et ses successeurs plus ou moins novateurs, et le graffiti a pris ses lettres de noblesse avant d’entrer victorieusement au musée. Mais si en 2017, on entend encore des commentaires moqueurs, on imagine sans mal combien les œuvres de Twombly ont pu déplaire en 1950… Ainsi, à l’aube d’un pop art d’apparence plus accessible que les peintures/écritures de Twombly, les critiques des années 50 ont été virulentes.

Malgré l’incompréhension du public et les refus des galeries, le jeune Twombly n’abandonne pas son objectif, creusant et fouillant sa manière de faire jusqu’à trouver son identité artistique propre. Mais peut-être la mauvaise réception de ses premiers travaux explique-t-elle les divers « fuck »  que l’on peut lire sur les toiles de cette époque 🙂

Quand on pense à la culture classique de Twombly, on ne peut s’empêcher de rapprocher les peintures de cette époque des graffitis et petits dessins plus ou moins grivois sur les forums romains et les murs de Pompéi.

D’autant plus qu’à cette époque, Twombly commence à voyager, ce qu’il fera toute sa vie. Grâce à une bourse, il découvre le vieux continent et fait son tour d’Europe dans la plus pure tradition des artistes de la Renaissance. Ses premiers voyages se feront en compagnie de Robert Rauschenberg, dont les photos rendent compte de certains travaux disparus de Twombly.

Curieux et talentueux, Twombly pratique lui aussi à la photographie, et ses photos s’organisent en composition, jeux d’espace et de lumière extrêmement construits.

Une exposition chronologique par séries

Première rétrospective de Cy Twombly en France (seuls des dessins avaient été montrés en 2004 : 50 années de dessins Cy Twombly sur le site du Centre Pompidou-nouvelle fenêtre), l’exposition de 2017 rassemble plus de 140 œuvres et s’articule de façon chronologique autour de ses grandes séries ou cycles de peintures, une façon de peindre que l’artiste a utilisée toute sa vie. Une salle a même été aménagée spécialement pour la série Fifty Days at Iliam (Philadelphia Muséum of Art, site en anglais – nouvelle fenêtre), déplacée de façon exceptionnelle à Paris. Entre les peintures, la scénographie conçue par les commissaires de l’expo intercale judicieusement photographies, travaux de recherche et sculptures. Ces dernières ont été regroupées sur un podium en longueur d’où le visiteur peut les embrasser d’un seul regard avec en toile de fond les toits de Paris.

Il est intéressant de voir que Twombly peint, avec la manière qui lui est propre, en cycles et séquences, se rapprochant ainsi de la réflexion de ses contemporains du Pop art qui, au même moment, creusent les notions de série et de reproduction issus de la société de consommation en plein essor, quand lui va chercher sa source dans  l’intemporalité et l’universalité des mythes antiques.

N’en déduisons pas pour autant qu’il vivait en marge de son temps, politique ou artistique. Il suffit de regarder sa série Nine Discourses on Commodus 1963 (appartenant au Musée Gugghenheim de Bilbao – nouvelle fenêtre) pour faire le parallèle avec la dramatique actualité des États-Unis fin 1963. Devant une des dernières toiles de cette série, on ne peut pas ne pas penser au tailleur rose éclaboussé de Jackie Kennedy et devant ces coulures et rouges empâtés, on pense à Francis Bacon et ses séries de papes ou son bœuf écorché…

Mais, en plein pop art et mimimalisme, cette série de Twombly a heurté dès sa 1ère présentation (1964) à New-York chez le galeriste Leo Castelli. Sa peinture, vue comme celle d’un dandy trop européen, a alors été très critiquée par le milieu artistique :

Double-page de l’article « Roman classic surprise  » de Valentine Lawford (Vogue US -1966) : Cy Twombly et sa femme dans leur palazzo romain.

On le dit trop chic, trop sophistiqué, en un mot, trop éloigné de l’idée que l’Amérique se fait d’un artiste américain.

écrit Jonas Storve, le commissaire de l’ exposition de Paris dans sa présentation (nouvelle fenêtre).

Aujourd’hui, on voit sur les photos un homme élégant, un peu nonchalant mais dont le regard vif traduit le bouillonnement intellectuel perpétuel. On sait en effet qu’il passait beaucoup de temps à réfléchir et concevoir ses œuvres, étant en ceci très conceptuel (bien qu’il n’ait jamais aimé être assimilé à tel ou tel mouvement). Il aurait lui-même confié que parfois l’exécution de ses oeuvres lui demandaient moins de temps que leur  maturation .

Précisons que Twombly, depuis la fin des années 50, s’était installé en Italie dans un authentique palais romain après avoir épousé l’ héritière d’une grande famille italienne, ce qui lui permettait de se consacrer pleinement à son art, mais aussi de donner libre cours à ses passions, notamment la collection d’antiques, la Méditerranée et les voyages.

Les dernières salles montrent les ultimes toiles de Twombly, de plus en plus gigantesques et colorées, avec un détour par des toiles presque japonisantes évoquant les recherches de Monet. La série Coronation of Sesostris (2000) frappe par sa lumière avec notamment cette barque de Pharaon traversant le Nil qui rappelle les couleurs de Turner.

Presque décoratives, les toutes dernières œuvres semblent finalement les plus accessibles, comme si Twombly avait trouvé son langage, unique, simple, détaché, paisible et universel, concluant ainsi avec majesté le travail d’une vie.

Pour compléter/anticiper la visite de l’exposition

Inauguré en mars 2010, le plafond de la salle des bronzes commandé par Le Louvre à l’artiste américain Cy Twombly. Maître d’œuvre : Wela productions.

  • Il faut absolument aller voir le plafond de la salle des bronzes grecs au Louvre, avec ce bleu très italien dont le très discret Twombly dira :

C’est vrai, j’ai peu utilisé le bleu, hormis ma dernière série exposée à Athènes. Pour moi, ce n’est pas le bleu de la Grèce, ni du ciel, ni de la mer. C’est le bleu de la peinture, le bleu de Giotto que j’ai recherché, un bleu simple et plein, entre cobalt et le lapis-lazuli…

propos confié à  Valérie Duponchelle le jour de l’inauguration et extrait de l’article L’été grec de Cy Twombly sur Le Figaro.Fr du 24/03/2010 (nouvelle fenêtre).

Et maintenant… c’est à vous

Si ce n’est déjà fait, bloquez une date dans votre agenda : il vous reste quelques jours pour voir cette expo unique. Tous les détails pratique sont sur la billetterie du site du centre Pompidou (nouvelle fenêtre).

*extrait de La sagesse de l’art de Roland Barthes, écrit pour le catalogue du Withney Museum (NY) en 1979.

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Envie de se faire une expo photo ?

5 Avr

Vous aimez la photo ? Cela tombe bien, nous aussi. Voici une liste non exhaustive des expositions de 2017 consacrées au huitième art à Paris :

L’exposition Eli Lotar (1905-1969) du 14 février 2017 au 28 mai 2017 au Jeu de Paume (nouvelle fenêtre)

Éli Lotar, Eliazar Lotar Teodorescu de son nom d’état-civil, est un photographe français d’origine roumaine, né le 30 janvier 1905 dans le 18e arrondissement de Paris, ville où il est mort le 10 mai 1969. En 1926, il rencontre la photographe allemande Germaine Krull (nouvelle fenêtre) dont il deviendra l’assistant puis le compagnon pendant trois ans et qui lui apprendra la technique photographique. Avec elle, il publiera dans des revues prestigieuses telle que Vue, Jazz, Arts et Métiers Graphiques. L’œuvre d’Eli Lotar se rapproche des dadaïstes, des surréalistes. De ce point de vue, il applique le procédé de la « Nouvelle Vision », courant photographique qui au sujet cadré, centré, lui préfère la plongée, la contre-plongée, le jeux des angles etc. Il sera d’ailleurs chef-opérateur de Luis Bunuel, mais s’inscrit également dans la tradition du reportage documentaire, notamment avec la réalisation d’une série de photos aux Abattoirs d’Aubervilliers. Eli Lotar est également connu pour une série de portraits, notamment celui du sculpteur Giacometti.

Le catalogue de l’exposition, Eli Lotar de Damarice Amao, Clément Chéroux, Pia Viewing, une coédition Jeu de paume/Libella/Centre Pompidou sera bientôt disponible à La Médiathèque.

L’exposition Autophoto, du 20 avril 2017 au 24 septembre 2017, à la Fondation Cartier pour l’Art contemporain (nouvelle fenêtre).

Cette exposition rassemble plus de 400 photographies consacrée à la relation entre la photographie et l’automobile. Comment la voiture a transformé le paysage urbain ? Comment la voiture a influencé les photographes ? Avec notamment Jacques-Henri Lartigues, Ed Ruscha, Lee Friedlander, Jacqueline Hassink et bien d’autres.

Le catalogue de l’exposition, Autophoto de Simon Baker, Clément Chéroux, Marc Desportes, une coédition Fondation Cartier pour l’Art contemporain/Xavier Barral sera bientôt disponible à La Médiathèque.

L’exposition Walker Evans (1903-1975) au Centre Pompidou (nouvelle fenêtre) du 26 avril 2017 au 14 août 2017

Un itinéraire singulier que celui de Walker Evans, photographe américain qui se destinait à être écrivain, et qui prit des cours de littérature française à La Sorbonne en 1926.
Walker Evans s’est surtout fait connaître pour ses photos de la Grande Dépression (nouvelle fenêtre) prises dans le cadre de la mission de la Farm Security Administration (nouvelle fenêtre), entre 1935 et 1937. Il s’agit de l’un des programmes du New Deal mis en place par Roosevelt, sous forme de subventions pour aider les paysans. Les photographes sont donc là pour rendre compte de la réalité de leurs vies. Comme le signale Anne Bertrand dans la revue Vacarme du 14 octobre 2007, consacré à l’histoire de la photographie américaine (nouvelle fenêtre) :

Chacun pourra trouver chez Evans ce qu’il cherche. Lui seul a réuni, dans l’histoire de la photographie américaine, un corpus d’une telle ampleur et d’une telle diversité.

Pour en savoir plus sur Walker Evans, Liseur vous invite  à consulter un extrait de Une intervention récalcitrante. Les pages de Walker Evans de David Campany, dans la revue Etudes Photographiques, du 27 mai 2011 (nouvelle fenêtre).

Quelques photos ci-dessous de ce grand photographe.

Le catalogue de l’exposition, Walker Evans de Clément Chéroux édité par la BPI du Centre Pompidou sera bientôt disponible à La Médiathèque.

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