Archive | Pour se documenter sur … RSS feed for this section

Où va le travail à l’heure du numérique, une conférence de Pierre Lénel à La Médiathèque

18 Fév pierre-lenel

Samedi 25 février 2017, Pierre Lénel donnera une conférence intitulée Où va le travail à l’heure du numérique ? Un sujet qui nous concerne tous pour la 4ème conférence du cycle L’humain face au défi du numérique des Rencontres de Liseur à La Médiathèque de Levallois.

Pierre Lénel est chercheur, enseignant et sociologue. Il vient partager avec vous, lecteur de Levallois,  le fruit de ses investigations et réflexions sur son sujet de prédilection : le travail  « objet de recherche historique et central au Laboratoire Interdisciplinaire de Sociologie Économique, unité mixte de recherche CNRS et CNAM » (nouvelle fenêtre) mais aussi ses tenants et aboutissants.  Vaste sujet qui occupe et /ou préoccupe à tout instant, chacun d’entre nous.

Un nouveau challenge pour les entreprises

Les entreprises évoluent et doivent réussir des challenges pour survivre à la start-up, grandir hors des incubateurs,  trouver des nouveaux business modèles, affronter une concurrence sans frontières, gérer leur e-réputation,

entreprises-gerez-votre-ereputation (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) ou encore investir dans des équipements et des outils de travail, former régulièrement leur  personnel au digital …

Indéniablement,  au XXIème siècle, le contexte général change rapidement, comme nous le dit Michel Wieviorka dans L’impératif numérique ou la nouvelle ère des sciences humaines et sociales (nouvelle fenêtre).

La question des actifs est au cœur des interrogations de Pierre Lénel. En effet, « En quoi l’entreprise, parallèlement à la création de valeur ajoutée et à la maximisation du profit, peut-elle être vue comme le théâtre de la réalisation sociale de l’individu, élément clé dans la construction de son identité ? » s’interrogent eux aussi les sociologues, Olivier Cousin, Dominique Meda et Maëlezig Bigi, auteurs de Travailler au XXIe siècle : des salariés en quête de reconnaissance (nouvelle fenêtre)  en explorant la réalité du travail aujoud’hui.

Une nouvelle organisation du travail

Le numérique va-t-il faire du travail un enfer ou un paradis ? Le blog les 15 marches fait de ce sujet le cœur de ses réflexions comme l’explique  Stéphane Schultz (CEO, 15marches) aux rencontres de Wayden Transition dans une conférence intitulée : transformation numérique, les clés du succès (vidéo de 52′)

Il ne fait aucun doute que des mutations profondes s’opèrent à tous les niveaux. Un  nouvel écosystème, aux frontières brouillées, assez incontrôlables, si ce n’est par des algorithmes se met en place. L’article Ces algorithmes qui nous gouvernent publié dans Le Point du N°2298  du 22 sept 2016 enquête sur ces programmes qui brassent nos données… à lire sur le site de La Médiathèque- onglet presse en ligne (nouvelle fenêtre).

Des institutions comme  L’Éducation Nationale, le ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social  s’interrogent demandant des « rapports » comme le rapport Mettling en septembre 2015 , Transformation numérique et vie au travail,   « qui souligne les effets de la transformation numérique sur l’organisation générale du travail, notamment en entreprise, dans un contexte de surcharge informationnelle » selon l’article  L’impact du numérique sur le monde du travail du 4/12/2015 sur le site eduscol.education.fr (nouvelle fenêtre).

Former et se former pour transformer

Tout commence par une remise en question des fondamentaux proposés au cours de la scolarité. Les travailleurs devront être capables d’utiliser les outils mis à leur disposition. Mais cela suppose de se former : Bruno Devauchelle dans Comment le numérique transforme les lieux de savoirs : le numérique au service du bien commun et de l’accès au savoir pour tous (nouvelle fenêtre)  propose  « un panorama complet et sans concession sur les mutations en cours » mais des pistes concrètes pour que le numérique soit au service de tous.  Denis Cristol dans Former, se former et apprendre à l’ère numérique : le social Learning (nouvelle fenêtre) donne « des clés pour décider de nouvelles stratégies, enrichir et recombiner des pratiques pédagogiques à l’ère du numérique ».

Mais le travailleur d’aujourd’hui et de demain devra surtout être capable de se former tout au  long de leur carrière au sein de l’entreprise ou à titre privé. Toujours à la pointe, Google a annoncé dès 2015 la mise en place d’un programme de formation gratuit, pour apprendre à maîtriser les outils numériques avec 89 cours en ligne «Vous aussi, développez votre entreprise ou votre carrière en maîtrisant les outils numériques » promet le géant du numérique sur son site dédié Pour les pros with Google.com (nouvelle fenêtre).

Transformations des profils et des métiers

Selon une majorité des chefs d’entreprise (59 %), ces évolutions économiques, sociétales et technologiques vont entraîner une transformation des activités des salariés et de leurs modes de production (source KPMG). Les profils seront nouveaux, les compétences multiples et la formation permanente. Leur flexibilité ? Immense. Tant sur les lieux de travail (chez eux, ici ou là,  en fonction des besoins), leurs horaires, leurs missions ponctuelles et variées …  Le management se voit lui aussi transformé, nous explique Charles Henri Dumon dans Recruter les meilleurs à l’ère digitale (nouvelle fenêtre) où il décode pour nous les nouvelles méthodes de recrutement via le numérique, qui bouleverse le process tant du coté du recruteur que du recruté.

Bref, une transformation profonde des activités et des conditions dans lesquelles elles seront réalisées.

Pierre Lénel évoquera-t-il la démocratie participative au sein de l’entreprise ? Car nombreuses sont aujourd’hui les sociétés qui éditent des « guides de bonne pratique »  pour l’amélioration de la qualité de travail ou font appel aux savoirs et expériences de leurs employés pour rester performants (enquête d’Air France-KLM Trust Together auprès de son personnel). D’autres s’interrogent sur la motivation de leur personnel, en particulier de cette mystérieuse génération Y, comme le raconte Ben Widdicombe dans son article  Dur, dur de travailler avec la génération Y ! publié le 26/05/2016 dans le N° 1334 de Courrier international, un article à retrouver en intégralité en se connectant sur le site de La Médiathèque dans Presse en ligne (nouvelle fenêtre). Problématique sur laquelle reviennent aussi Marie Desplats et Florence Pinaud dans Manager la génération Y : travailler avec les 20-30 ans (nouvelle fenêtre).

Il est probable que Pierre Lénel évoquera les  « nouvelles » maladies professionnelles, liées à toutes ces transformations. Electro – Hyper sensibilité, syndrome carpien, problèmes de vue, amnésie etc … voire dépendances puisque de très (et beaucoup moins) sérieux programmes de digital detox se mettent en place militant pour une « déconnexion volontaire », comme on peut le lire dans le dossier Internet : avons-nous tous besoin d’une digital détox ? sur Passeport santé.net (nouvelle fenêtre)

Un juste équilibre humain/numérique

Certains prétendent que  d’ici 20 ans, 42 % des métiers en France ont un risque élevé d’être automatisé. La présence humaine serait alors superflue. À terme, le travail restera-t-il indispensable pour « exister » socialement ? Ainsi s’interroge Ryan Avent dans un article en anglais intitulé A world without work is coming – it could be utopia or it could be hell publié le 16/9/2016 sur The Gardian (nouvelle fenêtre)

Quoiqu’il en soit, il nous faudra réinventer notre présent et composer avec la technologie et faire confiance aux humains.

Homo connecticus : comment maintenir une haute qualité relationnelle à l’ère du numérique de Christophe Medici (nouvelle fenêtre) ou Homo numericus au travail de Alain Bloch et Pierre Beretti (nouvelle fenêtre) donnent des pistes de réflexion pour garder l’humain au cœur du travail.

 

Infos pratiques  : rencontre avec Pierre Lénel le samedi 25 février 2017 à 16h la médiathèque Gustave-Eiffel (nouvelle fenêtre)

Pour en savoir plus :  lire le dossier Numérique et transformations du monde du travail : vers de nouveaux équilibres  sur digital-society-forum.orange.com (nouvelle fenêtre).

La bio (Cv et publications) de Pierre Lénel sur le site du CNAM (nouvelle fenêtre)

Le coin de La Médiathèque de janvier prend soin de la santé

21 Jan ssl-630x200

Pour la 21ème édition de la manifestation départementale La Science se livre, le professeur Dominique Belpomme sera présent à La Médiathèque  le 28 janvier 2017 pour une conférence autour de son ouvrage : Comment naissent les maladies… et que faire pour rester en bonne santé. Le coin de La Médiathèque de janvier en profite pour se pencher sur le sujet de la santé et de la forme.

  • comment-naissent-les-maladies-et-que-faire-pour-rester-en-bonne-sante (Catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Comment naissent les maladies et que faire pour rester en bonne santé par Dominique Belpomme. Éditions Les Liens qui Libèrent, 2016.

Professeur de cancérologie de renommée internationale, fondateur et président de l’ARTAC (Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse), le professeur Dominique Belpomme est reconnu pour être un des premiers cancérologues français à avoir fait le lien entre la santé et l’environnement.

À partir de travaux de recherche réalisés au cours de ces dix dernières années, le professeur Belpomme affirme que non seulement notre environnement pollué a un lien direct avec le développement de l’ensemble de ces affections mais est à l’origine de nouvelles pathologies. En parallèle, il dénonce vivement la désinformation médicale organisée et entretenue par l’influence que peuvent avoir les firmes et les lobbies pharmaceutiques et insiste sur le fait que la recherche n’a pas aujourd’hui les solutions pour pallier aux causes environnementales de ces maladies. Malgré ce constat alarmant qui laisse présager un véritable problème de santé publique dans les années à venir, il nous livre tout de même les clés en termes de prévention afin de mieux nous préserver de ces pathologies.

  • le-beau-livre-de-la-medecine-clifford-a-pickover (Catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Le Beau Livre de la médecine par Clifford A. Pickover. Éditions Dunod, 2013.

Organisé de façon chronologique, cet ouvrage est un guide passionnant à visée pédagogique qui entraîne son lecteur à travers les grandes étapes de l’histoire de la médecine. Pas moins de 250 événements clés de la connaissance médicale y sont dévoilés depuis l’âge de pierre jusqu’à nos jours !

Chaque page du livre retrace ainsi une découverte faite par l’humanité, des tous premiers sorciers médecins aux robots chirurgiens et est illustrée d’une représentation en couleur, lithographie, gravure ou photographie, qui apportent  des éclaircissements sur les phénomènes décrits.

Cette présentation du livre permet au lecteur de le lire de manière décousue, en naviguant au gré de ses envies ou de ses intérêts, passant d’un sujet à un autre avec aisance. Certes, tous les sujets n’ont pu être abordés mais ce livre a le mérite de mentionner les plus belles réalisations de la médecine et de s’adresser à tout type de public du plus passionné au plus profane.

  • le-corps-humain-a-la-loupe-le-vrai-le-faux-et-lincroyable (Catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Le corps humain à la loupe : le vrai, le faux et l’incroyable ! par Maggie Li. Éditions Fleurus, 2016

Une découverte du corps humain pas comme les autres !

Les enfants posent constamment des questions, notamment sur le corps humain, qu’ils trouvent fascinant. À des questions aussi déroutantes que : à quelle vitesse on éternue ?, à quoi ça sert la peau ?, quel est le muscle le plus actif ?, le livre de Maggie Li est le documentaire idéal pour leur apporter des réponses. Équipé d’une loupe incluse dans le livre, le lecteur est prêt pour mener l’enquête à l’intérieur du corps humain : les muscles, le cœur, le cerveau, les sens, la digestion sont passés au crible.

Grâce à un texte simple et des illustrations truffées de détails, l’enfant a tous les éléments pour s’approprier les premières notions d’anatomie de manière ludique : les mythes et bizarreries de notre corps sont passés au scanner…

Le check-up sera complet!

  • lencyclopedie-du-corps-humain-albert-barille (Catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) L’encyclopédie du corps humain par Albert Barillé, Jean Barbaud et Claude Lambert. Éditions Hachette Jeunesse, 2012.

Vous connaissez probablement Il était une fois… la Vie, la plus grande série ludo-éducative d’animation franco-japonaise créée par Albert Barillé en 1986 et maintes fois récompensée. Pour rappel, des globules rouges naviguaient dans notre corps sur un surf ! Vous pouvez retrouver tous les personnages au cours d’un voyage instructif dans le corps humain dans le livre adapté de la série : L’encyclopédie du corps humain. Les thèmes sont abordés avec des schémas clairs, des textes concis qui peuvent parfois paraître un peu compliqués. Comptons sur Maestro, le petit personnage barbu, sur Pierrot ou encore sur les humanoïdes, habillés d’une salopette et d’une casquette bleue pour expliquer l’architecture et la composition des différents types cellulaires, des tissus biologiques et des organes ainsi que leurs fonctions respectives.  Ainsi apparaît une belle aventure, celle de la vie !

À noter sur vos agendas  : rendez vous à la médiathèque Gustave-Eiffel le samedi 28 janvier 2017 pour La Science se livre.

L’exposition Mexique 1900-1950 au Grand-Palais

13 Jan mexique-affiche-expo-grand-palais

Depuis octobre 2016,  l’art du Mexique de la première moitié du XXe siècle est à l’honneur au Grand-Palais à Paris dans une grande exposition intitulée Mexique 1900-1950 : Diego Rivera, Frida Kahlo, José Clemente Orozco et les avant-gardes. Amateurs de couleur, d’Histoire et de révolution artistique, courez-y. Vous avez jusqu’au 23 janvier 2017.

Avec un juste équilibre dans la richesse des œuvres présentées, l’exposition retrace le parcours de la bouillonnante créativité artistique du pays tout au long du XXe siècle. Elle couvre les deux niveaux du Grand-Palais dans des salles aux thématiques chronologiques, qui replacent la production artistique dans le contexte politique et historique de l’époque  : au moment où l’histoire coloniale tourmentée du Mexique s’achève avec une révolution sanglante qui met fin au  gouvernement de Porfirio Diaz et au terme de laquelle le pays va retrouver son dynamisme.

Une scénographie très réussie

Tout au long de l’expo, plusieurs formes et supports sont exposés : peinture, sculpture, croquis, fresques, les proportions allant de la miniature au monumental. Le choix des œuvres est excellent, montrant avec précision et efficacité la nouveauté, le foisonnement et la variété de la production de ces 5 décennies.

Dès l’entrée, la mise en scène impose son caractère, mettant avec succès les œuvres en parallèle ou en opposition. Brique, jaune ou bleu,  des murs aux couleurs vives encadrent les toiles comme des écrins contrastés et éclatants. Dans l’escalier qui mène à l’étage, le commissaire d’exposition, Agustin Artéaga, a habilement utilisé l’architecture propre au bâtiment 1900 tout en jouant sur les particularités de la peinture présentée en rez-de chaussée :  il a ainsi fait recouvrir les immenses fenêtres verticales de voiles semi-transparents qui montrent Diego Rivera au travail sur ses fresques.

Le seul petit bémol que l’on pourrait faire à cette superbe scénographie est l’insertion dans le parcours chronologique de quelques rares œuvres contemporaines censées faire écho au passé, mais, à part la monumentale sculpture Groupe de femmes de Francisco Zuniga (1974), cette juxtapostion semble un peu artificielle.

Que viva Mexico !

La présence du cinéma dans l’expo est primordiale puisque le Mexique a occupé une place particulière dans l’industrie cinématographique : il a été parmi les premiers pays à utiliser le cinéma et dès 1895, les frères Lumière furent invités à Mexico par le gouvernement de Porfirio Diaz pour y projeter leurs films.

Au rez de chaussée de l’expo, le film Que Viva Mexico d’Eisenstein (nouvelle fenêtre) tourné à Mexico entre 1930-1932 avec un historique compliqué de tournage, de producteurs puis de diffusion,  est présenté en boucle . Il s’insère tout naturellement entre les œuvres plastiques avec ses gros plans, ses cadrages particuliers et son travail méthodique sur la composition de chaque scène. Autant de recherches qui sont en correspondance avec le travail des peintres exposés en regard de ce monument de l’histoire du cinéma.

À l’étage, ce sont trois écrans dans une salle en rotonde qui happent le visiteur à peine arrivé de l’escalier  : des extraits de films de  l’âge d’or du cinéma mexicain y montrent des actrices typiques années 30, des paysans en chemise blanche et sombreros et des paysages de déserts et de cactus.

La place de l’Histoire

Intimement liée à la production artistique, l’histoire du pays, mais aussi de son rapport avec l’Europe ou les États-Unis voisins,  est le fil rouge de l’exposition.  Le choix d’œuvres exposées montrent l’évolution et les recherches artistiques, mais aussi l’échange permanent des avancées et des idées artistiques entre les différents continents. Comme des siècles plus tôt dans l’histoire de l’art, les mouvements artistiques se déplacent d’un pays  à l’autre et, en ce début du XXe, se déclinent au Mexique,  parfois avec un petit temps de décalage ou une adaptation locale. Les artistes eux-mêmes vont parfaire leur art au contact des créateurs européens, le pays envoyant ses jeunes talents à la source des nouvelles tendances. Début  XXe, Paris, avec le symbolisme, le cubisme puis le  surréalisme apparait comme un des centres  les plus effervescents de l’art en mutation : il est donc normal d’y retrouver Diego Rivera et plusieurs de ses compatriotes.

Mais quand une révolution populaire éclate en  1910 après des années de « règne » de Porfirio Diaz, – une forme de gouvernement proche de notre ancien régime-, le monde de l’art ne reste pas indifférent. L’histoire mexicaine va se construire sur cette période sanglante, avec ses héros  mythiques tels Sancho Pança et Zapata, ses tentations communistes, ses œillades en direction du régime soviétique et sa volonté de reconstruction de l’identité nationale. Autant de sujets que l’on retrouve dans l’art de cette période, chargé de transmettre et d’éduquer les populations. Invités à participer à l’élan patriotique initié par la Révolution, la plupart des artistes reviennent au pays : de grandes fresques éducatives sont alors produites à la gloire de la culture mexicaine. Ce sera principalement l’œuvre des muralistes, trois merveilleux fresquistes aussi actifs que divers dans leur production : Diego Rivera qui travaille a fresco (comme à la Renaissance) et utilise aplats et volumes simplifiés, José Clemente Orozco plus sombre et pessimiste, et David Alfaro Siqueiros, presque visionnaire, qui travaille sur la matière avec des empâtements caractéristiques.

La place des femmes

Evidemment on pense à Frieda Kahlo, épouse de Rivera aussi célèbre que son mari et dont le miniaturisme des toiles intimistes contraste avec les immenses scènes agraires et allégoriques de son colossal époux. Son nom a jusqu’alors un peu éclipsé les nombreuses femmes qui ont participé à cette explosion artistique du début XXe : mécènes, muses ou peintres, photographes et plasticiennes, elles participent  au renouveau artistique avec des œuvres fortes et novatrices, qui jouent un rôle majeur dans le rayonnement de cette avant-garde. Retenons en particulier les noms et les œuvres surprenantes de Nahui Olin, Lola Alvarez Bravo, Rosa Rolanda…

Ainsi en cette première moitié du XXe, une génération d’hommes et de femmes, connus ou moins célèbres, contribuent à faire du Mexique le creuset d’un renouveau artistique par des thématiques nouvelles et une liberté d’action et de création revendiquées. En quittant l’expo, on gardera longtemps en mémoire, les audaces, les couleurs, la puissance narrative et la diversité de cet art qui réussit à lier modernité, histoire et identité culturelle. Une exposition à ne pas manquer.

Pour aller plus loin :

 

Lecture : « L’Homme nu » de Marc Dugain et Christophe Labbé

17 Oct homme nu marc dugain christophe labbé

Le numérique nous cerne aujourd’hui de toutes parts, avec ses aspects positifs et négatifs. Mais que se cache-t-il derrière ces technologies ? Vers quoi notre société, voire même notre civilisation, tend-elle ? Ce sujet me questionne énormément, c’est pourquoi la lecture de l’Homme nu : la dictature invisible du numérique co-écrit par Marc Dugain et Chistophe Labbé s’est imposée à moi. Pourtant mes interrogations n’ont pas cessé. Et vous ? Qu’en penserez-vous ?

Un leitmotiv dans l’œuvre de Marc Dugain

Avec sa trilogie L’emprise comprenant 3 volumes indépendants : l’Emprise, le Quinquennat et Ultime partie, (1) Fin du politique et servitude volontaire selon le journal La Croix, Marc Dugain nous offrait une plongée romanesque sans concession au cœur des arcanes du pouvoir et livrait une réflexion sur les grands de ce monde.

Avec L’homme nu écrit en collaboration avec Christophe Labbé, il poursuit ce travail de réflexion sur la surveillance et l’espionnage, (2)Marc Dugain : obsession secrets d’Etat selon Le Monde des Livres , comme un leitmotiv traversant son œuvre, mais cette fois sous forme de documentaire.

Présentation de L'Homme nu aux éditions Plon

Qui sont les auteurs ?

Christophe LABBE est journaliste d’investigation au Point. Spécialisé dans les questions de défense, de police et de renseignement, il est notamment co-auteur de Place Beauvau, L’Espion du président et Justice, la bombe à retardement.

Marc DUGAIN est romancier (La Chambre des officiers, la Trilogie de l’emprise, La Malédiction d’Edgar entre autres). Il est également chroniqueur aux Echos week-end, réalisateur et scénariste. Il a réalisé plusieurs grandes enquêtes notamment sur le naufrage du sous-marin Koursk et sur le crash du MH370.

Un titre accrocheur

À première vue, cela peut sembler être de la science-fiction ou une catastrophe annoncée telle que le réchauffement climatique ou la disparition de l’espèce humaine, mais il n’en est rien ! Comme le soulignent à plusieurs reprises Marc Dugain et Christophe Labbé, l’œuvre d’anticipation de Georges Orwell 1984 est en voie d’accomplissement :

« […] L’homme des données massives, intégralement connecté, vivra complètement nu sous le regard de ceux qui collecteront sans fin des informations sur lui».

L’homme perdra sa liberté en douceur au profit d’une longévité augmentée, d’une protection et d’une surveillance permanente…

Dans cet essai, c’est l’idéologie totalitaire du data qui est démontée. Un tableau sombre et amer qui fait peur… Mais peut-être est-ce un acte nécessaire pour réveiller les consciences ? À vous de juger !

Un discours bien rôdé

Le parti pris de cet essai est justifié dès l’introduction :

« Les big data (3) déploient suffisamment d’énergie à promouvoir les bénéfices de la révolution numérique pour qu’il soit inutile ici de les rappeler. »

Il ne sera donc aucunement fait mention des avantages de ce monde numérique dans ce livre.

Il est difficile de le résumer ici en quelques lignes tant l’ouvrage est dense. Tous les sujets sont traités : le terrorisme, les services d’espionnage, les innovations scientifiques, le lobbying des grandes firmes, l’avenir de la démocratie, (4)L’Homme nu, de Marc Dugain et Christophe Labbé : analyse d’un nouvel impérialisme sur le blog de Médiapart, le stockage des données informatiques et leur dispersion sur le web. Les réseaux sociaux en tout genre sont également passés au crible. Leur démonstration est étayée de nombreux exemples qui semblent évidents à la lecture et pourtant nous n’en avons pas forcément conscience.

Quelques exemples :

L’utilisation et l’avenir de nos données informatiques, ainsi qu’un asservissement quasi invisible de l’Homme par une élite, sont au cœur de cet ouvrage bien mené du début à la fin. Certes on pourrait reprocher aux auteurs d’être répétitifs ou caricaturaux mais n’est-ce pas nécessaire pour que le lecteur se rende compte de cette logique commune terrifiante ?

Un essai grand public qui permet de réfléchir à notre environnement numérique et au devenir de notre civilisation. Un parallèle plutôt juste est effectué avec les philosophes grecs tels Platon. L’image est parlante et affreusement d’actualité :

« Dans cette fameuse allégorie de la caverne (10), les surveillants sont aussi des illusionnistes qui maintiennent chacun de leurs prisonniers dans un état de passivité et de dépendance vis-à-vis d’une réalité projetée. Ce flot permanent d’images hypnotise les détenus au point de leur ôter toute envie de s’échapper, de s’évader pour devenir libres. La prophétie de Platon est en train de se réaliser ».

Une référence à La République de Platon.

Notre avenir s’avère plutôt sombre alors comme en concluent ces 2 auteurs pourquoi ne pas envisager que :

L’acte de résistance sera de remettre l’humain au centre du jeu.

Lecteur France Inter émission dugain

  • Pour en savoir plus sur les Big Data, La Médiathèque vous propose :

Livre Stratégie Big Data dans le catalogue de La Médiathèque   Livre Big Data, penser l'Homme et le monde autrement dans le catalogue de La Médiathèque   Livre Big Data, la révolution des données est en marche dans le catalogue de La Médiathèque   Livre A quoi rêvent les algorithmes Nos vies à l'heure des big data dans le catalogue de La Médiathèque

 

 

 

 

  • Pour retrouver les références des articles ou sites utilisés dans ce billet :

(1) Fin du politique et servitude volontaire par Marc Dugain dans La Croix du 15/04/2016, par Jean-Claude Raspiengeas.

(2) Marc Dugain : obsession secrets d’Etat dans Le Monde des Livres du 22/04/2015, par Macha Séry.

(3) Définition des Big Data sur l’Encyclopédie libre Wikipédia.

(4) L’Homme nu, de Marc Dugain et Christophe Labbé : analyse d’un nouvel impérialisme sur le blog de Médiapart le 20/05/2016, par Frederic L’Helgouach.

(5) Twitter n’est pas en train d’augmenter la limite de caractères, mais de se fermer au reste du web sur Slate.fr le 06/01/2016, par Peggy Sastre.

(6) La neutralité du net sur Toute l’Europe.eu le 02/11/2015.

(7) Education numérique : les tablettes à l’école dès le plus jeune âge sur IDBOOX le 08/03/2016 par Elizabeth Sutton.

(8) Les enfants de Steve Jobs privés d’iPad sur Le Point le 20/09/2014.

(9) Aux États-Unis, une pédagogie « slow-tech » pour former les leaders de demain sur EducPros.fr le 11/12/2013 par Alice Gillet.

(10) Analyse de l’allégorie de la Caverne (Platon) sur la-Philosophie.com.

  • Pour en débattre et pour expérimenter de façon ludique :

Suivez le programme des Rencontres de Liseur 2016 consacrées à l’humain face aux défis du numérique.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

« Demain, un nouveau monde en marche », un livre pour imaginer l’impossible ?

8 Oct demain-dion-cyril-film

Crise écologique, économique, sociale et avenir dramatique, et si il y avait des solutions ? Complémentaire du film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, qui sera projeté dans le cadre de Cin’Eiffel + à La Médiathèque le dimanche 16 octobre 2016 (en présence du réalisateur),  le livre Demain, un nouveau monde en marche revient sur ces solutions et alternatives qui partout dans le monde existent.

demain-un-nouveau-monde-en-marche-dion-laurentQue vous ayez déjà vu le film, que vous prévoyiez de le voir à La Médiathèque (voir l’article du blog Cin’Eiffel Demain, le film, à La Médiathèque ) ou encore que vous soyez simplement curieux en quête d’un nouveau projet de société, ce livre est fait pour vous. Le nom de la collection Domaine du possible, créée par Cyril Dion, est à l’image du contenu de  cet ouvrage édité chez Actes Sud. En effet, c’est bien de cela dont il s’agit : tout ce qu’il est possible de faire, seul ou en communautés, de la plus petite à la plus large échelle pour essayer de changer le monde.

Écrit d’après le film et organisé en 6 grands chapitres, l’ouvrage en reprend les grandes thématiques. Expliquant les étapes du voyage extraordinaire qu’a été le tournage, il rappelle aussi la genèse et le facteur déclenchant de ce projet : une étude, Approaching a state shift in Earth’s biosphere (texte en anglais sur Researchgate.net), publiée en 2012 par 22 scientifiques annonçant que l‘humanité serait en grand danger de disparition d’ici à 2100 … Un constat scientifique qui fait froid dans le dos… et qui a fait réagir le réalisateur Cyril Dion, cofondateur avec Pierre Rabhi du mouvement Colibris, ainsi que Mélanie Laurent, l’actrice réalisatrice.

L’idée directrice du projet n’est pas de se désespérer ou de critiquer ce qui n’est pas fait ou mal fait, mais plutôt de voir quelles solutions existent de par le monde et s’en inspirer.

Car comme le dit le gouverneur de l’état de Washington Jay Inslee, cité par Anthony Barnosky (l’un des scientifiques qui a signé l’étude de 2012) :

 Nous sommes la première génération qui ressent l’effet du changement climatique mais certainement la dernière à pouvoir faire quelque chose.

Un livre pour sensibiliser et impliquer les adultes

Nous pouvons agir et des solutions existent. Tel est le propos du film, du livre, des auteurs mais aussi de tous les pionniers à l’origine de ces initiatives qui, mises bout à bout, peuvent construire le monde de demain.

Il ne nous reste pas beaucoup de temps. Nous avons peut-être vingt ans pour réorienter les choses dans la bonne direction. C’est un moment critique pour l’humanité.

D’après les auteurs et les personnes interviewées, le salut passe par des actions collectives : « si chacun de nous fait un petit peu, cette accumulation peut devenir une immense part du changement », explique le scientifique rencontré par Cyril Dion et Mélanie Laurent à Stanford.

Mais comment ? Alimentation, énergie, économie et politique, toutes les initiatives qui peuvent contribuer à changer de direction sont bonnes à prendre !

À tous ceux qui pensent que c’est impossible, Lester Brown, expert incontesté de la situation écologique mondiale et auteur notamment de Le plan B, pour un pacte écologique mondial en 2007, rappelle qu’à d’autres moments de notre histoire, les Cassandre ont aussi prédit que nous n’y arriverions jamais… Chiffres considérables, objectifs inatteignables, la solution est à l’époque venue alors d’un changement radical de priorités.

Alors pourquoi ne pas se lancer ? Ne serait-ce qu’en prenant véritablement conscience de la réalité et en observant les expériences lancées ici ou là dans tous les domaines ? Sachez que comme le film, le propos du livre est  volontairement subjectif : des initiatives existent, en voici les aspects positifs, loin du « oui, mais …  » qui ne permet pas d’avancer. La volonté des auteurs est d’être inspirants.

Si vous avez vu le film, vous pouvez vous demander pourquoi en avoir fait aussi un livre. Nous ne sommes pas dans les objectifs mercantiles du traditionnel « produit dérivé » pourtant, la déclinaison de la thématique du film sur d’autres supports emprunte au marketing la volonté d’accroître la notoriété et la popularité des idées avancées par les auteurs.

Peut-être faut-il aussi se rappeler que ce qui est écrit noir sur blanc marque les esprits… Quoique le pouvoir de l’image et donc la force du film soient incontestables. Sachant que tout ce qui est susceptible de nous aider à changer le monde est bon à prendre, que cela passe par l’image, l’écrit ou encore la musique.  Enfin, un des avantages du livre est ce qui vient de sa nature même : la possibilité de relire, revenir, approfondir, piocher au hasard, partir à la découverte et surtout imaginer. Pour peut-être essayer, chacun à notre mesure, de contribuer à créer une autre histoire et imaginer l’impossible…

Et parce qu’ils sont particulièrement concernés par l’avenir de notre monde, les plus jeunes ont une version adaptée de Demain.

Un livre pour les enfants à partir de 7 ans : Demain, Les aventures de Léo, Lou et Pablo à la recherche d’un monde meilleur !

demain-dion-laurent-actes-sud-junior (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Raconté sous la forme d’un récit à la manière de certains romans pour préado, il reprend les grandes thématiques du projet en les déclinant en version junior.

Ainsi, à la faveur d’un pic de pollution qui l’empêche de vivre sa journée habituelle de petite Parisienne, une petite fille de 10 ans, Lou, prend conscience de l’état du monde et s’interroge. Elle s’interroge aussi sur l’attitude des adultes, en particulier de ses parents qui ne semblent pas bouleversés par la catastrophe annoncée… Avec son petit frère, elle les oblige à ouvrir les yeux. La famille part donc pour un voyage qui ira des pays nordiques à San Francisco en passant par Bristol, à la rencontre de ces gens qui croient que l’on peut faire autrement et réorienter les priorités.

Écrit avec une innocence peut-être surfaite, la candeur de ce regard d’enfant a  le mérite de poser les bonnes questions et de décrire l’engagement de nombreux adultes, sans insister sur la politique de l’autruche de certains. Exactement comme ces enfants qui remarquent le détail absurde et posent la question qui fâche…

Ce point de vue enfantin rappelle aussi avec insistance que ce seront les jeunes générations qui subiront le monde que leurs ainés leur laisseront et qu’ils sont sans doute les plus concernés par l’urgence du changement. On pourra être agacé par le ton « djeuns », la surabondance d’optimisme, ou les propos bourrés de bon sentiment et un peu moralisateurs, mais ne peut-on espérer que comme dans les contes, les héros sortent vainqueurs de cette épreuve ? Et si l’on accepte sans hésitation que dans les livres et les histoires pour enfants, tout y finisse bien, ne peut-on imaginer que l’histoire de notre monde tende lui aussi vers une issue positive ?

Alors oui, ce livre est optimiste, confiant, sans doute un peu utopiste, mais didactique, simple et amusant, et son intérêt est de nous obliger à nous poser la question : pourquoi ne fait-on pas autrement ? La version pour enfants est nécessaire car elle implique tout le monde, des plus petits aux plus âgés, montrant que l’on peut parler, réfléchir, agir et que les solutions passent par des actions concrètes.

En se mettant tous ensemble, on pourra faire des choses incroyables et réparer la planète. Parce que le monde de demain c’est le nôtre ! Non mais sans blague !

%d blogueurs aiment cette page :