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L’homme est-il un animal comme les autres ?

14 Fév

Samedi 16 février 2019, Jean-Baptiste de Panafieu, professeur agrégé de sciences naturelles et auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique, sera présent à La Médiathèque de Levallois dans le cadre de la manifestation départementale annuelle La science se livre. Lors d’une conférence autour de son ouvrage L’homme est-il un animal comme les autres ? (nouvelle fenêtre)  il apportera des réponses et questionnera ce sujet passionnant qui s’adresse à tous : le rapport entre humanité et animalité.

Qui est Jean-Baptiste de Panafieu ?

Auteur, scénariste et conseiller scientifique, Jean-Baptiste de Panafieu (nouvelle fenêtre) a publié de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique, documentaires ou romans, sur la nature et les sciences adressés à la jeunesse et aux adultes.

Parmi la soixantaine d’ouvrages à son actif, on retiendra:  Sur les traces de Charles Darwin (Prix La science se livre 2006), Histoires de squelettes et Au temps des premiers hommes, édités chez Gallimard Jeunesse, Le bestiaire marin (Plume de Carotte), Humanimal (Gulf Stream), Les Cro-Magnon (Casterman), La grande aventure de l’évolution : Une histoire d’aujourd’hui (nouvelle fenêtre) chez Milan, Les insectes nourriront-ils la planète ?  (nouvelle fenêtre) édité au Rouergue, Évolution  (Xavier Barral) ou encore Darwin à la plage (nouvelle fenêtre). 

Invité à La Médiathèque pour la 23ème édition de La science se livre (nouvelle fenêtre), Jean-Baptiste de Panafieu donnera une conférence autour de son livre L’homme est-il un animal comme les autres ? (nouvelle fenêtre) paru en 2016 aux éditions La ville brule.

L'homme est-il un animal comme les autres Jean-Baptiste de Panafieu (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Destiné à tous les publics, cet ouvrage revient sur les fondamentaux de la théorie de l’évolution en insistant sur les liens de parenté entre les différentes espèces et nous explique le rapport entre l’être humain et les autres espèces animales :

Quelle est la frontière entre l’animal et l’humain? Quelles sont les traces de notre évolution et allons-nous encore évoluer ? Comment adapter nos modes de vie dans le respect du monde qui nous entoure? Qu’est-ce qui nous différencie réellement des autres animaux ? Qu’en est-il du droit des animaux?

Et bien d’autres interrogations mêlant biologie, anthropologie et philosophie auxquelles l’auteur répondra.

Pratique : rendez-vous à La Médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès) le samedi 16 février à 16 heures.

Qu’est-ce la science se livre ?

Un rendez-vous annuel …. dans toutes les bibliothèques, médiathèques, lieux culturels, centres de recherches et associations de culture scientifique du département.

Le thème pour cette 23ème édition  : les relations Humain – Animal (nouvelle fenêtre). Si Charles Darwin a contribué à changer notre vision de la nature et de la place de l’homme dans la nature en affirmant qu’il fait partie d’une très longue évolution et qu’il partage avec le reste des animaux des traits anatomiques, génétiques, comportementaux, la science aujourd’hui découvre peu à peu que les animaux pensent, apprennent, transmettent et qu’ils sont des êtres sensibles, déclenchant une véritable révolution philosophique et éthique…

Depuis le 2 février et jusqu’au 24 février, La science se livre se décline dans de nombreuses villes des Hauts-de-Seine avec plus de 150 événements autour de ces sujets passionnants : expositions, expériences, ateliers, parcours, jeux, conférences, débats, tables rondes. Retrouvez tout le programme sur le site de La Science se livre (nouvelle fenêtre) 

Merci à Patricia D. pour la rédaction de cet article

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Les Rencontres de Liseur (2) : Faut-il avoir peur des robots ?

20 Nov

Du rêve des scientifiques au quotidien d’aujourd’hui, quel futur imaginer pour les humains et les machines ? Habitants de Levallois ou d’ailleurs, adhérents de La Médiathèque ou non, dans le cadre des Rencontres de Liseur 2018-2019 (nouvelle fenêtre) , vous êtes tous invités le samedi 1er décembre à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel pour écouter et dialoguer avec Rodolphe Gelin, spécialiste du domaine.

R. Gelin

©SoftBank Robotics

Pourquoi faire appel à Rodolphe Gelin ?

Parce que ce scientifique est, d’un point de vue technique, l’homme de la situation. Ingénieur des Ponts et Chaussées, titulaire d’un DEA en Intelligence Artificielle, il est chercheur en robotique chez SoftBank Robotics (nouvelle fenêtre) (ex-Aldebaran, LA société française spécialiste des robots humanoïdes) et membre de l’équipe de direction en charge de l’Innovation…

Ce connaisseur ne doute pas de la présence, incontournable et indispensable, auprès des humains de robots, plus précisément de robots humanoïdes/androïdes. Mais, n’est-ce pas une évidence pour un membre clef d’une entreprise florissante qui a créé les robots androïdes NAO, Pepper et Romeo ?

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Auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels Robot, ami ou ennemi ? (Le Pommier, 2015) et Le robot est-il l’avenir de l’homme ? (La Documentation Française, 2016) [nouvelle fenêtre], régulièrement interviewé pour des magazines comme Robot-magazine.fr (nouvelle fenêtre) et des émissions de radio dont France Culture (nouvelle fenêtre), Rodolphe Gelin viendra-t-il accompagné de quelques spécimens pour mieux vous convaincre ?

Entre l’automate, aux gestes répétés inlassablement, et le robot «superordinateur logé dans un corps mobile, capable de fonder ses actions de manière raisonnée sur ce qu’il perçoit du monde extérieur» selon le journaliste spécialisé Daniel Ichbiah in Robots : genèse d’un peuple artificiel  (Minerva, 2005) [voir l’article « Supercalculateur » sur Futura Tech (nouvelle fenêtre)], il y a un gouffre. Et chaque jour les possibilités des superordinateurs croissent. Du simple algorithme au deep learning , comment suivre le mouvement de cette accélération ? Merci à David Louapre et son blog « science étonnante» (nouvelle fenêtre) et pour son explication limpide en vidéo qui permet de se mettre à la page :

Néanmoins, où donner de la tête ? Il y a de quoi se perdre  !

De l’utopie des imaginations fertiles à la réalité du quotidien

Loin du Golem, des premiers automates [voir à ce sujet la vidéo sur Kugel et ses automates, extraite de l’émission Visites privées du 21/10/2016 (nouvelle fenêtre)] et des utopies en littérature – voir notre sélection sur les robots dans la littérature (nouvelle fenêtre)– ou sur les robots au cinéma (nouvelle fenêtre), il semble qu’en réalité le seul véritable robot domestique, en 2013, ait été un aspirateur de la marque Roomba dixit Raja Chatila , directeur de recherches CNRS à l’ISIR (Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique). Voici sa position, qu’il explicite dans l’article issu de la Paris innovation revue, intitulé « Les robots du quotidien » (nouvelle fenêtre) :

D’un point de vue culturel, que dit le succès de Roomba ? Que les humains, après mûre réflexion, acceptent volontiers d’être délestés d’une besogne qui fait mal au dos. Que sur le plan de la vie de famille, ils n’ont pas grand-chose à craindre d’un robot-aspirateur. Que l’engin semble revenir au plus près de l’étymologie slave du mot : en tchèque, « robota » signifie corvée. Mais de l’aspirateur au compagnon humanoïde capable de vous apprendre une langue, il y a un monde. Et plus le robot domestique s’éloigne de sa fonction première d’esclave, plus son acceptation est difficile… Pourtant, en tant que « domestique assistant » les fonctions espérées par les roboticiens actuels laissent rêveurs : aux robots domestiques capables d’aspirer ou de tondre, il faut ajouter les robots compassionnels (robots compagnons), les robots d’assistance aux personnes en perte d’autonomie, les robots éducatifs, les robots ludiques ou les robots domestiques de surveillance.

Depuis lors, les robots ménagers se sont multipliés : robots culinaires, tondeuses, etc., comme le détaille l’article du Figaro du 04/01/2016, intitulé Des robots domestiques bientôt dans les maisons  (nouvelle fenêtre)

Inutile de se voiler la face, ces machines améliorent notre quotidien. Elles pallient nos faiblesses, font gagner du temps et de l’argent, que ce soit dans la sphère privée, publique, dans l’industrie et de nombreux autres domaines. Mais la vraie question est : jusqu’à quel point ? Démonstration filmée de la « robot-mania » par Nétyscom, business solution au Pays du Soleil Levant car, si les Français sont les champions de l’innovation en matière de robotisation, ce sont les japonais les plus robotisés :

Et demain ?

Faut-il s’inquiéter des progrès exponentiels de la programmation ? Pourquoi les scientifiques donnent-ils une apparence humaine, voire des têtes d’enfants aux robots humanoïdes ? Cette invasion de machines est-elle vraiment une menace ? Jusqu’où iront-nous dans leur degré d’autonomie et leur liberté de décision ? Quels seront leurs droits et devoirs ? Cette interrogation est d’ailleurs au cœurs de la série télévisée de Lars Lundström « Real Humans » dans laquelle les hubots (pour human robots), une nouvelle génération de robots, tendent à répondre à tous les besoins de la société (assistance aux personnes âgées, aide aux devoirs, tâches domestiques) mais l’étrange présence de ces employés modèles, serviables et corvéables à merci  engendre des émotions contrastées parmi les humains… à regarder en VOD sur La Médiathèque en ligne (nouvelle fenêtre) pour en savoir plus !

Robots J'ai peur

©Pausecafein.fr

Alors, quels changements pour nos sociétés ? Le travail humain existera- t-il encore ? Quel sens aura-t-il ? Si les machines remplacent l’homme dans de nombreux métiers, quelles seront les conséquences sociales ?

L’émission du magazine Envoyé spécial du 11 janvier 2018 (nouvelle fenêtre) prévoit la suppression croissante d’emplois « mécanisables » et l’article de Benoît George du 07/09/17 sur LesEchos.fr s’interroge : « Le robot est-il l’avenir de l’homme ? » (nouvelle fenêtre), alors qu’une étude de l’université d’Oxford (nouvelle fenêtre) montre que, d’ici à vingt ans, les machines remplaceront l’homme dans presque la moitié des métiers.

Humain miroir robot

L’intelligence artificielle nous rendra-t-elle définitivement « obsolètes » ? La création artistique restera–t-elle l’apanage des humains ? Les robots deviendront ils artistes indépendants à leur tour ? C’est ce que laisse penser cette vidéo en lien avec l’exposition « Artistes et Robots » qui a eu lieu cette année au Grand Palais (nouvelle fenêtre).

Quid des « robots compagnons » et des relations entre humains dont le philosophe Marcel Gauchet dit déjà : « Nous sommes entrés dans un monde où les gens sont destinés à se supporter très mal les uns les autres. » (in La démocratie contre elle-même, Gallimard, 2002).

Résumons : Quels sont les enjeux éthiques, économiques et sociaux ? Faut-il confier nos vies aux robots ? Quelles libertés restera-t-il aux les humains ? L’émission Xenus diffusée sur Arte le 12 juillet 2018 (nouvelle fenêtre) nous donne quelques pistes… Au fond, les vraies questions ne sont-elles pas : Comment anticiper au mieux cette nouvelle ère de l’humanité ?  Quels sont les limites, les risques et les promesses ? Un avenir sans humains est-il plausible ? Le reportage de France 2 du 16/03/2018 (nouvelle fenêtre) donne un aperçu des dernières évolutions et soulève la question des limites à définir. Rodolphe Gelin nous aidera à réfléchir à toutes ces questions et à nous en poser d’autres… Bienvenue dans le meilleur des mondes !

Image robots rouge

© captaineconomics.fr

BONUS : une sélection de livres à La Médiathèque

Sélection de documents sur le thème faut-il avoir peur des robots (site de La Médiathèque nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE : rendez-vous le samedi 1er décembre 2018 à 16h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean Jaurès-Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

Bibliovox, la sélection photo de l’été 2018

28 Juin

Les beaux jours sont là, et vous avez envie de flâner dans Paris, à la campagne, à la montagne ou à la mer avec votre appareil photo pour réaliser des souvenirs. Pas de panique, La Médiathèque vous accompagne dans vos choix d’ouvrages pour être un as du portrait, pour maîtriser le noir et blanc ou la couleur. Profitez du week-end pour lire ces livres numériques accessibles 24h/24 sur le site de La Médiathèque et mettez en pratique !

Pas moins de 3585 documents, de la photo érotique en passant par de la macro-créative, technique du panorama ou du plan serré, suivez le guide !

Et comme le dit Vincent Lavoie, historien de la photographie :

Pour être efficace, une photographie doit être simple.

N’hésitez pas à nous envoyer le résultat de vos travaux !

Expo à voir d’urgence : « Les Hollandais à Paris » au Petit Palais

8 Mai

Profitez des jours fériés (et ou des ponts pour les chanceux 🙂 pour aller au Petit Palais  ! Il reste quelques jours pour y voir  l’exposition, Les Hollandais à Paris, dont le titre ne laisse pas assez présager la découverte fabuleuse que l’on y fait. On s’attend à voir des peintures intimistes ou des vanités à la facture virtuose, on se dit qu’on a déjà admiré le plus grandiose avec Vermeer l’année dernière, mais dès la porte franchie, on a le bonheur de parcourir près de deux siècles de peinture et de découvrir un formidable chassé-croisé d’influences, d’interactions et d’échanges artistiques mis en valeur dans une scénographie impeccable.

Il faut d’abord parler du lieu, le superbe Petit Palais, édifié par Charles Girault, qui forme avec le Grand Palais et le Pont Alexandre III, un ensemble conçu spécialement pour l’Exposition Universelle de 1900. Le simple fait d’entrer dans le bâtiment est déjà un plaisir puisque l’on accède à l’exposition temporaire en empruntant la longue galerie sud aux plafonds majestueux. Ensuite, dès l’entrée dans l’exposition, le ton est donné : élégant, lumineux, didactique et sans ostentation.

Une scénographie parfaite

Les salles se succèdent offrant au spectateur un parcours chronologique, mais aussi thématique, qui va de la fin du XVIIIe aux années 1940. Les tableaux, ni trop nombreux ni trop rares sont mis en valeur par la couleur des murs, dans des tons profonds qui changent dans chaque salle, offrant une atmosphère agrémentée parfois d’un décor architectural discret comme une verrière ou une rotonde.  Cette mise en scène sobre a l’élégance de servir d’écrin aux œuvres exposées et non de les écraser.

Rappelant que l’art est l’œuvre d’hommes et de femmes (bien qu’il n’y ait pas de représentante féminine dans les peintres choisis) soit d’individus aux parcours, caractères et sensibilités particuliers, chaque salle ouvre sur le portrait de l’artiste exposé dans celle-ci. Cette mise en perspective d’un visage, d’un homme et de son œuvre donne à l’exposition un caractère très humaniste, que l’on retrouve dans le choix des œuvres et dans la scénographie générale.

Une promenade en histoire de l’art

Comme son titre l’indique, le parti pris de l’exposition est de faire découvrir le travail de ces peintres hollandais venus à Paris pour y travailler, enrichir leur technique ou renouveler leur inspiration mais aussi de souligner le formidable jeu d’influences et d’interactions esthétiques entre les artistes.

Neuf peintres hollandais sont ainsi exposés : Gérard van Spaendonck pour la fin du XVIIIe et Ary Scheffer pour la génération romantique ; Jacob Maris, Johan Jongkind et Frederik Kaemmerer pour le milieu du XIXe siècle et enfin, George Breitner, Vincent van Gogh, Kees van Dongen et Piet Mondrian pour la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Leurs œuvres sont présentées aux côtés de celles d’artistes français contemporains comme Géricault, David, Corot, Millet, Boudin, Monet, Cézanne, Signac, Braque, Picasso… Extrait de la présentation sur le site du Petit Palais (nouvelle fenêtre)

L’exposition nous fait vivre un moment de l’histoire de l’art d’une richesse incroyable puisque la période voit naitre différents mouvements picturaux majeurs. On commence la visite avec des peintres de cour qui franchissent les épreuves de la Révolution sans trop de dommages aux côtés d’un David ou d’un Géricault, puis on admire ces peintures de fleurs qui sont autant des chefs d’œuvre de virtuosité que des démonstrations de symboles et de culture esthétique.

© Adagp, Paris 2018

Ensuite, à travers l’œuvre des ces artistes hollandais imprégnés de ce qui se fait dans le creuset d’art parisien et qui y apportent leur touche ou leur inspiration, on assiste à la naissance du paysage comme sujet pictural, d’abord réalisé en atelier puis en plein air. Petit à petit, de salle en salle, on suit les premiers frémissements de l’ impressionnisme, on côtoie l’école de Pont-Aven ou de Barbizon, on flirte avec le fauvisme et les nabis, on fait un détour vers l’art de l’affiche pour finir avec Piet Mondrian qui portera les expérimentations du cubisme jusqu’à une apogée quadrillée et colorée dont il fera sa signature.

Mon conseil : ne pas manquer un étonnant tableau de rochers de Fontainebleau qui devient quasi abstrait par son découpage et son cadrage.

Dans chaque salle, il est très intéressant de s’arrêter sur les tableaux mis en relation par les commissaires d’exposition, œuvres de peintres français, sources d’inspiration ou d’apprentissage pour les Hollandais, mais la juxtaposition s’avère souvent troublante d’hommages, d’échanges et d’enrichissements mutuels. Outre ce face à face balisé, chacun peut aussi faire son propre cheminement selon ses connaissances ou préférences, ainsi certains tableaux peuvent évoquer des Vuillard, des Bonnard ou des Klimt.

Dans ce foisonnement artistique et poreux où chacun s’enrichit de l’autre, il est amusant de constater comment le travail des artistes se transforme, emprunte, reproduit et sublime, puis diffuse de nouvelles manières de peindre d’un côté ou l’autre des frontières. Ainsi Van Gogh qui arrive avec les teintes brunes (celles de ses célèbres Mangeurs de pomme de terre (nouvelle fenêtre) conservés au musée Van Gogh d’Amsterdam) dans ses premiers paysages des toits de Paris  va petit à petit éclaircir ses ciels et sa palette pour finir du côté d’Arles avec les couleurs qu’on lui connait.

Une période fondatrice pour le marché de l’art

En sous-texte de l’histoire de la peinture, l’exposition montre aussi combien ces deux siècles sont un moment clé pour le commerce de l’art qui se développera dans les siècles à venir, puisque l’on y voit le système de reconnaissance et de validation des artistes évoluer, du Salon officiel en passant par celui des Refusés jusqu’à la naissance du marché de l’art tel que nous le connaissons. Au fil des salles, de petites toiles qui ne sont pas forcément les plus exceptionnelles en facture montrent cette transformation  : de l’art officiel et reconnu par le Salon, qui permettait d’obtenir des commandes, on passe aux premiers ateliers privés pour dames de bonne famille puis à ceux de certains artistes comme Jongking qui y exposait de jeunes peintres non validés par le Salon, jusque là seul maitre tout puissant de l’art officiel.

Mon conseil : ne pas manquer le petit tableau qui montre le fameux Salon officiel, un enchevêtrement presque kafkaien de tableaux couvrant du sol au plafond  la galerie du Louvre.

On voit ainsi se mettre en place un autre circuit de légitimation, qui rompt avec la rigueur et les tendances conservatrices du Salon et promeut de nouveaux acteurs, les marchands d’art dont le rôle deviendra majeur au XXe siècle, et dont Adolphe Goupil est un des premiers représentants.  Dans la salle consacrée à l’artiste Frederik Kaemmerer et aux autre artistes de la maison Goupil, on mesure la complexité de ce délicat équilibre entre art et commerce, avec une production artistique qui s’adapte  – voire crée -, le goût du jour, plait et se vend.

Après l’explosion de couleurs  de Van Dongen, l’exposition se termine avec une salle consacrée à Mondrian qui ayant découvert le cubisme (expérimenté puis délaissé par Picasso et Braque) choisira de le pousser à sa limite, en allant presque au delà de la décomposition cubiste pour finalement  l’épurer puis le colorer.

Mon conseil : le magnifique paysage de Cézanne, père du cubisme selon certains et le paysage des toits de Paris vus par une fenêtre de Mondrian à comparer avec la photo de cette même vue, qui donne un autre éclairage à ce que l’on connait généralement de Mondrian.

C’est à vous !

Il reste quelques jours (jusqu’au 12 mai ) pour aller visiter cette exposition au Petit Palais : ne la manquez pas ! Pour préparer ou prolonger votre visite :

La billetterie sur le site du Petit Palais (nouvelle fenêtre)

Le catalogue de l’exposition Les Hollandais à Paris (bientôt disponible à La Médiathèque)

L’émission La dispute du 21/02/2018 (nouvelle fenêtre) consacrée à l’exposition.

Pour les amateurs d’art et d’illustrations : la gravure

26 Avr

La gravure est l’art de creuser différents supports pour faire ressortir un motif qui est alors encré et passé dans une presse, ce qui donne une image imprimée. Ce résultat s’appelle une estampe (voir La gravure de Maria Cristina Paoluzzi (nouvelle fenêtre) pour plus de précisions sur l’histoire de la gravure).

Plusieurs techniques de gravures permettent de réaliser des illustrations :

– La gravure sur bois (ou xylogravure) est l’une des plus anciennes. Elle aurait été pratiquée dès le VIIe siècle en Asie. En Occident, la plus ancienne pièce de bois gravée daterait de 1370 et a été retrouvée en 1899 : c’est le bois Protat (voir le blog de la BNF pour plus de précisions (nouvelle fenêtre) )

– La linogravure (ou gravure sur linoléum) est une technique dérivée de la gravure sur bois, où le bois est remplacé par le linoléum. Ce matériau apparait en Angleterre en 1863. Il est d’abord utilisé pour recouvrir les sols puis sert de support à la gravure à partir de 1900.

– La carte à gratter est issue du « dessin par grattage » connu depuis l’Antiquité. À l’origine du graffiti, cette technique consiste à superposer plusieurs couches de plâtre que l’artiste gratte pour faire apparaître la couche inférieure. Aujourd’hui, la carte à gratter est réalisée à base de carton enduit d’une pâte qu’on peut recouvrir d’encre de Chine noire pour des illustrations en noir et blanc par exemple. Dans ces illustrations, le noir est la couleur principale, elle constitue le fond de l’image.

Ces différentes techniques sont classées par ordre de difficulté, le linoléum étant plus souple et donc plus facile à creuser que le bois ; et la carte à gratter ne nécessitant qu’une plume bien taillée ou tout outil permettant de faire apparaître la couche inférieure du support. Pour ceux qui souhaitent tenter l’expérience, par exemple lors d’un dimanche après-midi pluvieux, une gomme ou une pomme de terre peuvent faire office de support.

Les artistes utilisant ces techniques sont peu nombreux dans le domaine des livres illustrés. C’est un travail long et peu précis qui ne laisse pas beaucoup de place aux détails. Mais ceux qui se sont lancés dans cette aventure nous permettent aujourd’hui d’admirer avec un œil nouveau des ouvrages aux illustrations remarquables.

Les livres illustrés en linogravure :

L’illustratrice Joëlle Jolivet utilise régulièrement cette technique :

Dans le livre, Fani Marceau & Joëlle Jolivet (nouvelle fenêtre)

365 pingouins, Jean-Luc Fromental & Joëlle Jolivet (nouvelle fenêtre) : une façon ludique et amusante d’apprendre à compter.

 

Également, Solenne et Thomas, deux graphistes illustrateurs freelance du Studio Tomso (nouvelle fenêtre)  utilisent la linogravure comme technique d’illustration dans un ouvrage jeunesse appelé L’oiseau d’or (nouvelle fenêtre), sur l’ouverture au monde. Chaque planche au format panoramique met à l’honneur une gravure en couleur et un animal.  L’oiseau d’or présent sur toutes les pages est recouvert d’une fine feuille dorée reconnaissable à la vue et au toucher.oiseau-or

 

Les livres illustrés à la carte à gratter (principalement des bandes-dessinées) :

L’auteur suisse de Bandes-dessinées Thomas Ott est l’un des rares auteurs contemporains à travailler avec la carte à gratter  :

Cinema panopticum, Thomas Ott (nouvelle fenêtre).  Aucun dialogue, une attraction, cinq histoires et une atmosphère oppressante. Voici les principaux ingrédients de travail de Thomas Ott pour l’écriture de cette bande-dessinée.

73304-23-4153-6-96-8, Thomas Ott (nouvelle fenêtre). A quoi peut bien correspondre cette suite de numéros me direz-vous. Pour le savoir, il faudra lire cette bande-dessinée. Et par « lire » j’entends « observer attentivement les images » car comme vous l’aurez compris, la marque principale de Thomas Ott est l’absence de dialogue.

Dark Country, Thomas Ott (nouvelle fenêtre) . L’acteur et réalisateur Thomas Jane réalisa en 2008 un film appelé Dark Country. Connaissant et appréciant le travail de Thomas Ott, il demande à ce dernier d’en écrire la bande-dessinée, librement adaptée. Thomas Ott interprète donc cette histoire à sa façon, sans avoir vu le film au préalable.

Autres exemples :dracula hippolyte

  • La bande dessinée adaptée du roman de Bram Stoker : Dracula, de Hippolyte (nouvelle fenêtre) .
  • En 1974 Jacques Tardi publie une bande-dessinée intitulée Le démon des glaces, dont les illustrations sont toutes réalisées à la carte à gratter.Tardi

Les documentaires illustrés en gravures :

Pour aller plus loin :

 

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