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La saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2019, interrogations

8 Fév

Un soir venteux de janvier, les douze jurés du Prix des lecteurs de Levallois 2019 ont bravé le froid et la nuit pour se retrouver à La Médiathèque afin d’ y discuter des qualités et défauts de deux nouveaux romans historiques. Comme lors des premiers débats, la question de la recherche du parfait accord entre petite et grande Histoire était au cœur de la discussion, mais ce soir, style, trame romanesque et qualités littéraires ont particulièrement retenu l’attention de notre jury.

À peine sont-ils installés que livres, notes manuscrites, cahiers et forêts de post-its apparaissent !

L’Histoire, prétexte ou contexte ?

Quand la discussion commence, on s’amuse tout de suite du fait que les deux romans de la soirée se situent tous deux dans une période historique relativement récente, période que certains autour de la table ont vécue. D’autres en ont une connaissance livresque ou cinématographique mais tous, d’une façon ou d’une autre, s’en sont fait une idée…

Ainsi, si le premier livre réveille des souvenirs, il est aussi l’objet de grandes déceptions :

On ne perçoit ni l’idéologie, ni la motivation des gens, il manque les débats et les espoirs qui animaient les gens de cette époque.

Pour cette autre, c’est même complètement à côté. Plus modérés, certains trouvent que cela peut faire écho à l’actualité, mais ce parallèle n’en fait pas pour autant un roman historique. Loin de là… car on reproche alors à l’auteur de ne montrer la période historique qu’à travers un seul évènement.

C’est juste un fait divers. Une déambulation de personnages. D’ailleurs la partie historique s’arrête à la moitié du roman.

Pour une autre, c’est une histoire amoureuse où la période historique « n’est qu’un prétexte », ce qui fait « qu ‘on ne rentre pas dans le livre, c’est fouillis ». Car de la complexité de l’époque, il ne reste que le côté libération des mœurs, ce qui génère presque de la frustration : « on monte dans le train en marche… »

Ainsi les transports amoureux ne remportent pas l’adhésion du jury, ce qui nous amène à risquer un petit conseil aux auteurs de romans historiques s’ils lisent ces lignes : le désordre, même amoureux, nuit à la lecture 🙂 Aux dires de certains jurés, il en devient même rébarbatif :

C’était un pensum, je me suis beaucoup ennuyée.

Sentiment partagé par cette autre jurée qui, elle, a été très surprise : elle s’attendait à apprendre des choses, « à du très concret » mais « tout se focalise sur une histoire de baignoire ». Cet objet qui, pour beaucoup autour de la table, prend bien trop de place – et dans le roman et dans l’appartement du héros-, occupe soudain tout l’espace des conversations.

Si cette baignoire improbable a le mérite de délier les langues et de faire s’interroger et rire, dans le livre, elle ne réussit ni à donner du sens ni à convaincre, malgré une dimension fantasmée ou symbolique que ne manquent pas de relever les jurés. Et ce qui pourrait être une fantaisie un peu surréaliste et s’avérer très créatif en matière littéraire, ne convainc pas du tout. Au contraire, elle contribue à cette impression de « surrégime, du fond et de la forme » et de « recherche d’originalité à tout prix ». Ce qu’un juré résume en :

L’auteur en fait trop.

Une courageuse se fait alors l’avocat de la défense en évoquant les personnages, dont l’un sur lequel elle a « tout misé » et qui, selon elle, apporte de véritables  « moments de grâce » au roman. Hélas, cette jurée est la seule à avoir été transportée… Aussi à la question,

-Bon alors, est-ce que quelqu’un a aimé ?

un silence quasi-unanime suit.

Les critères d’un « bon » roman historique

Après une pause cacahuètes et jus d’orange, les discussions reprennent. Et ce soir, plus on décortique les livres, plus un périmètre de définition du roman historique se dessine, s’appuyant sur les qualités des livres lus mais aussi sur ce qui leur fait défaut.

Ainsi, outre la place essentielle de l’Histoire, on se préoccupe de la construction, de la trame, de l’équilibre des parties et de la mise en perspective : « décodage historico-politique » ou « hommage sans recul » ? Il sera aussi question du « sous-texte », cet art délicat de montrer sans dire tout en restant clair… D’après ce que l’on entend autour de la table, le premier livre contient trop de non-dits, ou de présupposés alors que le deuxième est « trop explicite et se lit trop facilement ». Ce qui se traduit par deux critiques aux allures de paradoxe :  « le fait de comprendre qu’un truc s’est passé mais je te le dis pas » et « on ne peut pas lire entre les lignes ».

Dès que le débat s’égare sur le fond (« est-ce qu’on devient zinzin dans un tel contexte, quel est l’implication des pays voisins dans le conflit… ») alors qu’on analyse la forme, un des jurés recentre le débat :

– On parle d’un livre tout de même !

Rappelés à l’ordre, les sourcils se froncent.

En terme littéraires c’est très pauvre.

Et les critiques de fuser : « trame romanesque légère, style simple voire simplet, tiède, bas de gamme…  » On compare même l’écriture à celle des SAS, (la fameuse série de romans d’espionnage écrite par Gérard de Villiers vendue à des millions d’exemplaires et très critiquée pour son uniformité d’intrigue et de style).

Face à l’accusation de « personnages caricaturaux et creux », on objecte :

-C’est peut-être voulu ? demande ce juré pour qui il s’agit davantage de personnages archétypaux que caricaturaux.

Mais il n’obtient pas gain de cause, se voyant contrer d’une « je doute fort que ce livre soit construit sur cette base » (hypothèse à vérifier auprès de l’auteur lors du salon ?)

On assiste alors à un petit débat sur le style auquel on reproche de « se lire trop bien ».  Au-delà de savoir « comment des éditeurs acceptent de publier ça », se pose alors la question de la facilité de lecture et de l’exigence du lecteur. Et si certains ont du mal à dire que « c’est mal écrit », ils n’ont pas pu pour autant « dépasser ce cap » et apprécier le fond, même si, grâce au point de vue alterné choisi par l’auteur, le roman a permis à certains de comprendre la nature d’un conflit très complexe.

Au fil de la soirée, il sera souvent question de la « vérité » : est-ce romancé, fantasmé, témoigné ? Pour s’en assurer, certains ont testé « l’appel à un ami », lequel a validé les infos. Enfant du pays et de cette époque, il avait « même l’air de trouver que c’était juste ».

Plusieurs jurés se sont renseignés sur Internet où ils ont pu trouver des explications. Et comprendre que si le livre n’était pas clair, c’est parce que tous les personnages de ce roman préexistaient dans un autre  livre de l’auteur.

Donc il y a une histoire avant l’histoire !

Avouez que pour un roman historique, c’est presque un comble !

La séance se termine sur un dilemme : doit-on voter pour le livre qui répond le plus à tous les critères même si il ne nous plait pas tant que ça ? Ce serait oublier une dimension importante, celle du plaisir de lecture.

Nos jurés repartent avec deux nouveaux livres :  « plus de pages, plus difficiles à lire » estiment certains en les feuilletant déjà. Car ils sont à la recherche du roman parfait, celui qui alliera au plaisir toutes les composantes d’un roman historique.

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La saga du jury du prix des lecteurs de Levallois, premiers débats

14 Jan

Quelques semaines avant Noël, les 12 jurés du Prix des lecteurs de Levallois 2019 se sont réunis pour leur première véritable séance de jury. Si la première réunion avait permis au groupe de faire connaissance, cette soirée du mois de décembre a été l’occasion de passer deux premiers romans au crible des critiques, des éloges et des doutes ! Revivez en direct ces quelques heures…

À la recherche de l’Histoire

La muse Clio Legs (détail), fresque de Charles F. Comfort Bibliothèque et Archives Canada

Dès les premiers échanges,  une question va agiter la tablée : où est l’Histoire ? Prenant leur rôle très à cœur et ayant bien enregistré les consignes (à savoir que les romans sélectionnés fassent preuve d’une veine historique indéniable), les jurés semblent avoir concentré leur lecture et leur analyse sur cet aspect.

– Attention, on parle de roman « historique », objecte cette jurée à une autre qui avoue avoir été littéralement conquise par le romanesque d’une histoire qui l’a fait rêver.

– Mais justement rétorque la première, c’en est un vrai  ! Au-delà des destins individuels, on découvre l’histoire d’un pays mais aussi l’évolution des mentalités, la mutation d’une société avec l’exode rural, l’urbanisation, l’émigration…

Tous ceux qui ont bien vu la patte de l’Histoire dans ce roman acquiescent. Certains y voient même une combinaison assez réussie d’Histoire et d’évolution sociale. Petit bémol pour cet autre pour qui l’aspect historique arrive malgré tout très tard dans le roman. « Et c’est même un peu léger ». Avis aussitôt suivi par un troisième qui renchérit : « si peu explicite que ça en devient frustrant de pas savoir… »

– C’est une saga familiale avec une petite dimension historique.

La jurée qui vient de parler ne s’est même pas posée la question : pour elle, ce livre ne raconte pas d’évènements ni de faits donc il n’est pas historique. Petit brouhaha autour de la table…

– Mais non, ça part d’un phénomène historique, c’est de l’histoire actuelle, et finalement on apprend comment on vivait à cette époque !

Photo extraite du film « 12 hommes en colère » de Sidney Lumet

Ainsi pour certains, la description de l’évolution d’une société est un critère tout à fait suffisant pour donner le qualificatif d’historique à un roman. On assiste alors à un petit débat pour déterminer si oui ou non, l’évolution sociale fait partie de l’Histoire, chaque point de vue ayant ses détracteurs et contradicteurs.  Diplomate et rassembleur, un des jurés résume alors la « nature » du roman soumis à la question  :

– Un livre sociétal qui met en scène des personnages dans une période historique précise.

Alors historique ou pas ? Autour de cette table, on n’arrive pas à trancher… Selon cette autre jurée, il y a juste un contexte mais ce n’est définitivement pas historique. En riant, elle avoue alors qu’elle vient juste de terminer Les rois maudits, qui, en terme de période, de repères et d’évènements répertoriés dans les programmes d’histoire, répond davantage à sa définition du genre.

Notre juré diplomate reprend alors la parole :

– La question à se poser est de savoir si un roman est historique à partir du moment où l’Histoire est au centre de ce roman.

Silence perplexe autour de la table car à cet instant, tout le monde est d’accord pour dire que la famille est au cœur de ce roman.

– Mais le livre raconte comment les évènements de cette époque l’ont affectée, modifiée, transformée et fait passer d’un univers à un autre.

Alors pour ce juré c’est clair, ce roman possède sa part indéniable d’Histoire, et ce, même si l’auteur a fait le choix d’un focus sur une famille évoluant dans une période historique. Autour de la table, tous ne sont pas convaincus.

Ils le seront encore moins quant au deuxième roman analysé car dans celui-là, « l’histoire est vraiment en filigrane »; Mais là aussi, les avis sont aussi contrastés que sur le premier livre.

-On est d’accord ou on a un blocage, résume à nouveau notre sage juré.

-Est-ce qu’à chaque fois ce débat revient ? demande un autre.

D’après notre expérience, la réponse est oui et c’est bon signe, cela veut dire que chaque année, nos jurés se posent les bonnes questions et butent sur les mêmes difficultés : qu’est-ce qu’un roman historique ? Le livre que j’ai en mains en est-il bien un ?

Mais le risque de toute discussion au sujet d’un livre est aussi de se perdre dans son sujet et de finir par débattre du fond et non de la forme. Si l’on entend bien ce soir quelques discussions quant au bien fondé du choix de tel personnage, au manque de solidarité dans la famille, au difficile rapport colons/colonisés, ou encore quant au fait que « dans la vraie vie cela ne peut pas être comme ça », les jurés n’oublient pas ce qui constitue l’essence d’un livre (et donc ce qui doit aussi être pris en compte pour leur remettre un prix)  : sa construction, sa « voix » personnelle, son style…

Style, construction, points de vue

On se penche alors sur la forme, évoquant la construction chorale, l’histoire à plusieurs voix , le « même moment vu par différents personnages », l’imbrication de chapitres plus petits qui coupent le récit principal, les contes et poèmes orientaux enchevêtrés dans le récit, l’alternance de points de vue, le choix de raconter selon la vision d’une petite fille, ce qui permet de poser les « vraies questions ».

Puis on parle écriture et les passions se déchainent : « un style foisonnant, flamboyant, un livre qui se déguste, très coloré qui se goute, se respire… »

C’est la force du texte : aucune faiblesse, pas de chute de style, la langue est belle…

Bien sûr face à ces louanges, d’autres sont plus critiques : le foisonnement devient fouillis… Ces avis opposés deviennent encore plus marqués quand la richesse de l’écriture qui a séduit les uns semble excessive aux autres : « ça part dans tous les sens, c’est confus, on décroche ».

– Trop c’est trop, dit cette jurée.

À ceux qui parlent de « catalogue de personnages », de « style vulgaire » ou « d’écriture qui se perd dans les clichés et les répétitions », une autre jurée oppose que le style est justement parfaitement adapté au contenu : « l’écriture est faite pour accompagner et montrer ce qu’elle [l’auteur] a vécu ! » Et notre jurée de souligner l’humour et l’ironie de l’auteur quand l’auteur décrit l’atmosphère familiale, la nostalgie de l’exil ou le poids de la tradition…

Comme vous pouvez le constater, les avis sont multiples, parfois diamétralement opposés, mais rassurez-vous, toujours courtois ! Cette divergence de points de vue et d’appréciations se retrouve dans le bref petit vote à main levée qui a lieu à la fin de la séance et qui, bien évidemment, ne préjuge en rien de l’avenir mais a le mérite de pouvoir commencer à hiérarchiser les lectures dans l’esprit de chacun en vue du vote final du mois de mars.

Quand la séance se termine, chacun repart, sourire aux lèvres, avec deux nouveaux livres à lire pour la rentrée. Espérons qu’à la prochaine réunion, nous pourrons à nouveau entendre comme cela a été dit ce soir par une des jurées (fidèle à la tradition de cette saga depuis 2014, le mot de la fin revient toujours à l’un des jurés)  :

Ces lectures se dégustent 🙂

Ce qui est certain, c’est qu’elles seront l’objet de beaucoup d’attention, d’implication et de débats passionnés

Précédemment dans Liseur : La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois 2019, top départ.

La saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2019, top départ

4 Déc

Mardi 13 novembre dernier, ce n’est pas une course qui a eu lieu à La Médiathèque mais le lancement officiel d’un véritable travail d’équipe dont le but est de déterminer quel roman historique sera l’heureux lauréat du Prix des lecteurs de Levallois 2019. Au fil des mois jusqu’au Salon du Roman Historique de Levallois, cette équipe va devoir lire, échanger, débattre, convaincre, défendre puis voter… Sélectionnés parmi de nombreux candidats, ils sont douze, vous ne les connaissez pas encore mais vous allez suivre leurs aventures, depuis cette première rencontre historique un soir de novembre jusqu’à la fin de leur mission de jurés le 31 mars prochain, jour de la 8ème édition du Salon du Roman Historique.

La réunion commence par un petit rappel de l’importance de la mission confiée  : soutenir la création littéraire, encourager un jeune auteur (précisons à nouveau qu’il ne s’agit pas juste de l’âge dudit auteur mais d’un début de carrière) et lui donner la possibilité de poursuivre son œuvre grâce à une dotation substantielle. Le fait que ce prix émane de lecteurs est généralement très apprécié par les auteurs, jeunes ou pas, qui sont très sensibles à cette reconnaissance venant directement de leur lectorat car finalement (et pour paraphraser un célèbre slogan), c’est lui qui l’a lu !  Et c’est surtout pour lui, le lectorat, (et non les critiques) que les livres sont écrits.

Qui sont les jurés 2019 ?

  • 92 % de femmes : et oui, cette année, la parité n’est pas de mise dans ce jury qui ne compte qu’un seul juré masculin  ! Rappelons que ce qui compte en lecture, ce n’est pas le genre du lecteur, mais sa curiosité, son appétit de découverte et son envie de partager avec les autres jurés ce qui l’a enthousiasmé ou agacé… Et d’expérience, sur ces points, femmes et hommes sont absolument à égalité 🙂

Mais cela pose question à nos jurés : « est-ce que le jury est toujours aussi féminin ? » s’interroge une des jurés. La réponse est non, l’histoire de ce jury le prouve (voir les précédentes saisons de la Saga du jury des Lecteurs de Levallois)

  • Des Levalloisiens, dont la plupart fréquentent déjà La Médiathèque
  • Des actifs, des retraités, des jeunes retraités et d’autres qui débutent leur carrière professionnelle.
  • 92 % de primo jurés : tout comme on le dit pour les primo-romanciers des rentrées littéraires, 11 de nos intrépides sont débutants dans cette tâche et n’ont jamais participé au jury de Levallois. Si certains ont déjà fréquenté le Salon du Roman Historique de Levallois, d’autres n’y ont encore jamais été. 2019 sera donc une première puisqu’ils pourront y aller, auréolés de ce statut prestigieux que donne le fait d’être membre du jury.
  • De grands lecteurs : dans le tour de table du début, ils sont ainsi plusieurs à se présenter par leur prénom aussitôt suivi de leur relation à la lecture, j’aime beaucoup lire – je lis beaucoup- j’ai toujours aimé lire, indiquant ainsi combien celle-ci fait partie de leur identité.
  • Des amateurs de romans historiques ? Pas obligatoirement même si un certain nombre d’entre eux aime l’Histoire et/ou lit déjà des romans historiques. Mais une jurée qui confie ne lire que des classiques, se réjouit déjà de se plonger dans des romans contemporains. Plusieurs autres sont amateurs de littérature jeunesse et se montrent très intéressés quand on parle du Prix des jeunes lecteurs de Levallois dont ce sera cette année la 2ème édition.

Le principe est le même que le prix adulte mais les jurés sont beaucoup plus nombreux, environ 300 :-), puisqu’il s’agit d’une dizaine de classes de Levallois (allant du CM1 à la 6ème) qui auront cette année à lire 6 romans avant d’élire le meilleur d’entre eux.

  • Étonnamment, 40% d’entre deux ont déjà été jurés sur d’autres prix ou ont participé à des groupes de lecture : Prix Libraires en Seine, opération Silence on lit ou clubs de lecture entre amis. Une expérience qui visiblement les a enthousiasmés puisqu’ils ont candidaté aussi sec pour le jury du Prix des lecteurs de Levallois !
  • Une majorité de curieux (en matière de lecture, on ne dira jamais assez que ce n’est pas un vilain défaut) : au cours de cette première réunion, beaucoup de questions sont posées, notamment quant à la sélection des romans en lice. Sachez, vous aussi, qu’elle est effectuée par des journalistes du magazine Le Point parmi des romans historiques parus lors des rentrées littéraires de septembre 2018 et/ou janvier 2019.
  • Des consciencieux : à la fin de la soirée, un sac de La Médiathèque contenant les deux premiers livres de la sélection (l’ensemble des livres sont offerts par les éditeurs) est remis à chacun des jurés. Charge à eux de les lire pour la prochaine fois et de remplir si nécessaire la grille d’analyse qui leur est remise : non coercitive, celle-ci est destinée à guider chacun pour enrichir son appréciation du livre afin de dépasser le simple j’aime /je n’aime pas.  Et pour répondre à cette jurée inquiète, une fois remplies, les grilles ne sont pas ramassées en fin de la réunion, ni notées 🙂

Mais ce soir, quand chaque critère de cette grille est présenté et expliqué par une des bibliothécaires, le silence est total et tous les jurés attentifs, certains feuilletant déjà le livre à la recherche d’indices, d’autres prenant des notes et tous continuant à en parler entre eux une fois la séance levée… Détail pratique pour ceux qui s’interrogent sur la nécessité de ces grilles d’analyse : elles servent aussi de mémos au moment du vote (qui aura lieu juste avant le salon en mars prochain) afin de se souvenir avec précision des particularités de tel ou tel livre lu au début de la saison ! Et d’après nos sources, de célèbres jurés tels Bernard Pivot et ses consorts du Goncourt et autres prix nationaux procèdent de la même façon malgré leurs mémoires d’éléphants.

  • Et enfin 100% de ravis d’être là ! Au moment de se séparer, les visages sont radieux. La date de la prochaine réunion est fixée, on se serre la main, on se souhaite de bonnes lectures et une jurée, livres encore à la main, est déjà impatiente de recevoir la prochaine fournée de romans. Mais très enthousiaste et sourire aux lèvres, elle conclut en couvant du regard les deux premiers romans historiques de la sélection :

En tous les cas, c’est déjà très bien ça ! Les critiques en disent beaucoup de bien !

Mais désormais, ça va être au tour de nos 12 valeureux jurés d’en dire quelque chose  !

Jury de prix littéraire, et si c’était vous cette année ?

15 Sep

Cette année, la rentrée littéraire, ce sont 567 romans dont seuls quelques uns seront primés par de prestigieux prix littéraires. Mais qui dit prix dit jury, donc juré… soit des lecteurs motivés, curieux, aimant découvrir, débattre et voter. Pour le Goncourt ou le Médicis, les jurys sont déjà constitués… Mais pour faire partie de celui du Prix des lecteurs de Levallois 2019, il est encore temps  ! Douze jurés sont impatiemment recherchés et attendus pour participer à cette aventure qui durera d’octobre 2018 à mars 2019. Cela peut être vous  ! Vous avez jusqu’au 13 octobre pour déposer votre candidature.

Le prix des lecteurs de Levallois

Décerné chaque année depuis 2011 lors du Salon du roman historique de Levallois, il récompense un roman écrit par un jeune auteur, non pas exclusivement par l’âge mais par la production. Ce Prix, organisé par La Médiathèque avec le concours du magazine Le Point est en effet doté d’une enveloppe substantielle (offerte par SoOuest) visant à encourager et soutenir la création d’un auteur encore peu reconnu, voire débutant.

Paru lors des rentrées littéraires de septembre 2018 ou de janvier 2019, le roman primé doit être écrit en français (pas de traduction) et comporter une trame historique indéniable. Tout l’art du romancier consiste donc à équilibrer petite et grande histoire pour que le lecteur ait bien l’impression de lire un roman tout en tournant une page de livre d’histoire. Il n’y a aucune restriction quant à la période historique choisie par l’auteur pour y placer son intrigue qui peut ainsi se situer de l’âge de fer jusqu’à l’orée du XXIème siècle.

Pour déterminer le livre lauréat, les critères à prendre en compte sont la présence (ou non) d’un contexte historique significatif, la densité des personnages, la qualité de l’intrigue ou l’ingéniosité de la construction, le style, la création d’un univers personnel à l’auteur… Parmi tous ces éléments, le plaisir de lecture est évidemment un critère majeur.

Les romans lauréats

2019 : celui que vous aurez contribué à couronner 🙂

2018 : Là où passe l’aiguille (nouvelle fenêtre) de Véronique Mougin (Flammarion)

2017 : La chute d’Icare (nouvelle fenêtre) de Jean-François Roseau (éditions de Fallois)

2016 : L’autre Joseph (nouvelle fenêtre) de Kéthévane Davrichewy (Sabine Wespieser)

2015 : Septembre (nouvelle fenêtre) de Jean Mattern (Gallimard)

2014 :  La petite communiste qui ne souriait jamais (nouvelle fenêtre) de Lola Lafon (Actes Sud)

2012 :  La vie rêvée d’Ernesto G. (nouvelle fenêtre) de Jean-Michel Guenassia (Albin Michel)

2011 : Du domaine des murmures (nouvelle fenêtre) de Carole Martinez (Gallimard)

Les compétences nécessaires pour être un bon juré

Avoir envie de lire plus de 1500 pages en l’espace de 6 mois, être prêt à se plonger dans des romans que l’on aurait pas sélectionnés par soi-même, aimer partager à propos de ses lectures et écouter les avis d’autres lecteurs, apprécier de débattre ou convaincre mais aussi de changer d’avis, être fairplay en cas de désaccord, savoir faire un choix parmi ses coups de cœur (même si les expériences des précédents jurys nous ont prouvé que le choix final est toujours un dilemme), voter en son âme et conscience le jour J, savoir se taire (entre le jour du vote dont le résultat est tenu secret jusqu’au moment de la remise du prix, soit plusieurs jours de silence), accepter d’être déçu (si son titre favori n’est pas le titre élu), s’enthousiasmer quoiqu’il arrive, aimer discuter de lecture, histoire, littérature (mais pas que… ) et rencontrer des auteurs.

Pour ceux qui s’interrogent, il n’est pas nécessaire d’être déjà un lecteur confirmé de romans historiques : pour de nombreux jurés, la participation au jury a souvent été l’occasion de découvrir ce genre. Si vous ignorez ce qui se cache sous cette étiquette évoquant des histoires d’empereurs, de reines ou de mousquetaires, notre article Le roman historique est-il un genre ? vous montrera que depuis des temps immémoriaux, les spécialistes eux-mêmes ont du mal à s’accorder sur une définition…

Ce qui nous pousse à conclure cette liste de compétences par la plus importante : la curiosité qui, en littérature, ne s’avère jamais un vilain défaut !

Les avantages liés à la fonction de juré

Outre l’intégration d’un groupe motivé et sympathique, le plaisir d’assister à 5 réunions passionnées et le privilège de passer ces soirées dans une Médiathèque entièrement privatisée pour l’occasion, chaque membre du jury recevra en cadeau les 8 à 10 livres de la sélection (fournis gracieusement par les éditeurs).

Cette année encore, nous tenons à préciser que contrairement à certains prix littéraires prestigieux qui se dévoilent autour d’un repas gastronomique et étoilé, le résultat final sera déterminé autour d’une table de La Médiathèque agrémentée pour l’occasion d’un apéritif festif !

Le dimanche 31 mars, jour du salon 2019, chaque juré aura aussi la possibilité d’apporter ses livres pour les faire dédicacer par les auteurs. Au vu de notre expérience sur les salons précédents, son statut de juré lui procurera alors un regard bienveillant et une écoute attentive de la part des auteurs, toujours très sensibles à ce prix émanant de lecteurs (surtout s’il est le lauréat de l’année :-).

Le calendrier du juré 2019

Samedi 13 octobre 2018 à 18h : date limite de remise des candidatures pour le jury 2019 en remplissant le formulaire en ligne sur le site de la Ville (nouvelle fenêtre).

Mardi 6 novembre  à 19h : 1ère réunion avec remise des premiers titres de la sélection.

4 mardis à 19h avant fin mars 2019 (dates non encore arrêtées) : réunions de partage/débat après lecture avec une dernière séance consacrée au vote.

Dimanche 31 mars 2019  : remise du prix au lauréat lors de la 8éme édition du salon.

Si vous hésitez encore…

… et voulez en savoir plus sur le déroulement des réunions, l’ambiance, les débats, le vote et le moment de la remise des prix, retrouvez les coulisses des jurys précédents dans La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois.

La saga du Prix des lecteurs de Levallois 2018 : ultime rencontre

21 Mar

De mémoire de jury, dimanche 11 mars 2018 restera un jour inoubliable : réunis dans la salle des mariages de l’Hôtel de ville, douze jurés attentifs et passionnés ont suivi la remise du Prix des lecteurs de Levallois, aboutissement et fruit de la mission collective à laquelle ils ont participé tout l’hiver. Lors de cette cérémonie de récompense, le nom de la lauréate a été dévoilé par Didier Decoin, président de la 7ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois : Véronique Mougin pour son roman, Où passe l’aiguille, publié aux éditions Grasset.

Mais revenons sur les minutes qui ont précédé ce moment historique…  La salle comble bruisse d’impatience quand la journaliste Karine Papillaud ouvre la séance. Sophie Perrusson, directrice adjointe de l’Action culturelle de la Ville, rappelle alors l’objectif du Prix : soutenir la création et encourager l’œuvre d’un jeune auteur. Puis elle explique le rôle de La Médiathèque dans la conduite de ce 7ème Prix des Lecteurs de Levallois et dans l’accompagnement du jury tout au long de l’année. Les jurés opinent quand la difficulté de leur mission est soulignée :

Cette année encore, c’était un véritable challenge, neuf romans en lice, tous de très grande qualité.

La parole est aux nominés

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