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La saga du jury des Lecteurs de Levallois 2020, mission accomplie

17 Mar

Dimanche 1er mars, dans la salle des mariages de l’Hôtel de Ville, François Garde a reçu le Prix des lecteurs de Levallois 2020 pour son roman Roi par effraction (Gallimard). À la fois consécration d’un roman et apogée d’une aventure, ce temps majeur du Salon du Roman Historique de Levallois a marqué la fin de mission de 12 valeureux jurés après plusieurs mois de lectures, de débats fiévreux et d’interrogations subtiles sur ce qui fait l’essence et la substantifique moelle d’un roman historique  !

Mais revenons quelques heures avant la remise du Prix… Pour cette dernière réunion, nos jurés sont très en avance. Le moment est d’importance… Dans le calme, ils s’installent autour des tables où trône l’urne entourée des livres en lice pour le Prix.

Certains compulsent leurs notes, d’autres échangent à voix basse mais rien ne filtre de leurs intentions de vote.

Ultimes débats et vote

Quand la séance commence, après un rappel des règles du scrutin 2020, les jurés sont invités à revenir en quelques phrases sur chacun des livres de la sélection. Si bien sûr, on entend ce qui avait été plus longuement développé au cours des réunions précédentes, des critères nouveaux font leur apparition :

La question de l’ordre de lecture. D’après certains, les romans lus en début de sélection auraient ainsi bénéficié d’un effet de surprise, voire d’un esprit critique moins aiguisé, qui aurait placé ces livres dans les favoris alors que les critères de lecture se sont affinés au fil des réunions. Ainsi un titre lu au début garde tout son potentiel d’intérêt mais, à la lueur des lectures suivantes, a perdu des points en matière de plaisir romanesque et historique. Si bien que plusieurs jurés ont dû revoir à la baisse ou à la hausse leurs premières évaluations, mais c’est là le jeu de tout classement qui s’échelonne dans le temps, n’est-ce pas ?

La question de l’utilité. C’est un critère que nous n’avions pas encore vu s’affirmer dans les débats : présentant quelques similitudes avec le célèbre sophisme de Socrate et du chat de Ionesco*, ce critère établit comme postulat que « donner un prix » revient à « mettre un livre en lumière », donc à « défendre une cause », d’où la notion d’utilité. Ainsi un roman qui permettrait à tous de se confronter à un sujet d’actualité via l’histoire passée d’un personnage inconnu pourrait être « utile ». Ce qui, en réalité, rajoute de la complexité aux débats, puisqu’outre celle du terme « historique », il faut désormais s’accorder sur la définition de l’utilité !

*Pour mémoire : « Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat ».

La question de l’émotion à la lecture. Ce n’est pas un critère nouveau mais au fil des prises de parole, il revient en force, et notamment dès qu’il s’agit du plaisir de lire qui, rappelons-le, est le critère qui peut obtenir le plus de points sur la grille d’analyse qui a été remise en début d’aventure à nos jurés. Ainsi pour être lauréat, un livre doit « emporter », « enthousiasmer », « avoir du corps », « susciter l’empathie »,  « enivrer », « enflammer »…

Enfin à quelques minutes du vote, on s’accorde sur la multiplicité du, ou plutôt des, romans historiques :

Il n’y a pas qu’une façon d’être historique !

Vous l’aurez compris : à ce moment-là tout est en place pour un scrutin passionné !

En effet, après plusieurs tours, beaucoup de discussions, de convictions et de stratégies, un roman est élu.  Et durant quelques heures, jusqu’à cet après-midi historique du dimanche 1er mars 2020, son titre et le nom de son auteur resteront un secret absolu, conservés par 12 vaillants et loyaux jurés.

Le jour J

Le jour du Salon, ils sont tous là, sourire aux lèvres et leurs livres sous le bras pour aller les faire dédicacer. Au cours de deux rencontres animées par la journaliste Karine Papillaud, chacun des auteurs de la sélection du Prix des lecteurs de Levallois 2020 est invité à parler de son roman : de sa genèse au point final, en passant par les inspirations, les recherches, les motivations ou leurs autres écrits, chaque livre est ainsi décrypté par son propre auteur. Assis au premier rang, nos jurés sont tout ouïes, cherchant des confirmations ou des réponses aux questions qu’ils avaient pu se poser.

Puis le grand moment arrive  :  les sept auteurs un peu tremblants sont tous sur scène, accompagnés à présent de Stéphane Decreps, adjoint au Maire à la culture, de Sophie Perrusson, directrice du Pôle Savoirs et Patrimoine, et de la porte-parole du jury 2020. C’est à cette dernière que revient l’honneur de révéler le nom du lauréat. Encouragée par les regards solidaires des autres jurés, elle décrit alors avec talent, finesse et éloquence l’expérience de ce jury, une aventure humaine, littéraire et historique incroyable, rappelant que les 12 jurés étaient aussi 12 lecteurs « comme les autres », qu’ils sont arrivés avec leurs idées, leurs envies, leurs goûts et qu’ils ont appris au fil des mois à se connaitre par ce biais très intime qu’est la lecture. Émaillant avec humour son discours de discrètes références à chacun des titres sélectionnés, elle termine en remerciant les autres jurés de l’avoir envoyée sur scène ainsi que Sophie Perrusson et l’équipe de La Médiathèque pour l’accompagnement du jury tout au long des séances. Ses derniers mots vont aux sept auteurs dont :

Les mots qui nous ont emportés resteront gravés comme le restera la chair de cette belle aventure.

roi par effraction de françois Garde (catalogue de La Médiathèque- nouvelle fenêtre) Après une salve applaudissements, elle nomme le lauréat : François Garde pour son roman Roi par effraction. Les applaudissements redoublent. Tandis que les autres romanciers regagnent la salle, l’heureux élu reste sur le podium.

– Vous êtes heureux ? lui demande la journaliste.

– Comment ne pas l’être ?

L’écrivain explique alors que pour lui, il existe deux sortes de prix, ceux décernés par la profession et ceux par les « vrais gens ». Aussi ce Prix des Lecteurs de Levallois le touche particulièrement. Du discours de la représentante du jury, il retiendra l’émotion, le partage et le plaisir de lire, et il est heureux de constater que « la lecture recrée du lien social ».

Par passion, vous avez lu ces livres et vous avez échangé. C’est pour ces belles soirées partagées ou solitaires que nous [les auteurs] écrivons.

Quand Stéphane Decreps lui remet la récompense au nom du partenaire du Salon So Ouest, le romancier remercie puis plaisante à propos de la taille géante du chèque.

Et c’est ainsi que l’aventure du Jury du prix des lecteurs de Levallois 2020 que vous avez suivi depuis leur première rencontre se termine  ! C’est avec un peu de nostalgie que nous les quittons mais en les remerciant sincèrement pour leur implication, leur investissement, leur curiosité, leur envie d’apprendre, leur capacité à se remettre en question, leur humour, leur enthousiasme, leur esprit critique et leur constante bienveillance.

Nos félicitations vont à l’auteur lauréat, François Garde et notre admiration sincère aux sept auteurs sélectionnés, Georges-Marc Benamou, Michel Bernard, Claire Berest, Jean-Paul Delfino, Brigitte Kernel et François-Guillaume Lorrain.

Terminons cet article par une photo souvenir : celle de nos jurés (qui ont accepté que cette photo soit diffusée ici). Nous les en remercions vivement ainsi que pour leur participation active à La saga du Jury du Prix des lecteurs de Levallois 2020 que ce soit pour l’inspiration, les dialogues, les décors et les costumes !

 

La saga du jury du Salon du Roman Historique 2020, dernières passes

28 Fév

Au tout début du mois de février, le jury du Salon du Roman Historique de Levallois 2020 s’est réuni pour débattre des deux derniers romans de la sélection : deux livres aux ambiances et époques bien différentes ont ainsi été l’objet de discussions, analyses, interrogations, critiques mais aussi éloges ! Mais cette rencontre a aussi été l’occasion de commencer à affûter ses arguments pour la séance finale et décisive, celle du vote qui aura lieu juste avant le Salon…

Ils sont tous à l’heure, bien installés avec leurs livres et leurs notes devant eux. Construites au fil des séances, des affinités se sont créées, mais on peut surtout remarquer l’atmosphère générale de détente et de complicité qui règne autour de la table et se traduit par des rires et des plaisanteries. Mais dès que le débat commence avec le premier livre, le sérieux, la conscience de l’importance de la mission et le professionnalisme de nos jurés reprennent leurs droits.

Pouvoir d’attraction

– J’ai découvert un auteur, une écriture et un message avec ce livre.

D’entrée de jeu, le ton est donné : « une vraie révélation » pour cette jurée qui bien qu’elle ait d’abord eu un peu de mal à y entrer, le temps de se familiariser avec la manière d’écrire, est tout à fait entrée dans l’histoire.

« J’en suis sortie plus riche qu’avant ». « J’ai eu de mal à en sortir » ou encore « j’avais envie d’y retourner ».

L’emploi récurrent de ces verbes de mouvement semble montrer combien l’univers du livre est prégnant, constituant presque un lieu clos, une parenthèse d’Histoire dans laquelle on pénètre, s’installe, ressort et quitte le présent avant d’y revenir, attiré et séduit. Ce qu’un des jurés exprime en parlant du « pouvoir d’attraction de ce roman » avant d’ajouter :

C’est un des livres où il y a le plus d’émotions à la lecture.

Plusieurs jurés confirment en effet que malgré un sujet rébarbatif et un plaisir de lecture sur lequel ils n’auraient pas parié, le résultat est là  : un livre passionnant tant du point de vue de l’histoire racontée que du style.

C’est un livre que je mets en haut du podium !

Parlons d’abord du récit : deux temporalités qui se succèdent, avec une première partie qui est presque une enquête et une deuxième plus dense, plus difficile. C’est un livre qui demande de la concentration, « on ne peut pas le lire dans le métro » (notez la référence au moyen de transport qui reviendra plus tard comme un critère déterminant). Sa densité est ce qui fait sa difficulté mais cela semble vite oublié grâce à la composition et l’écriture. Du côté de la construction, « c’est très fort » entend-on, car le personnage historique central « n’est pas là », « on ne le voit exister qu’en filigrane dans tout le récit ». La dimension artistique qui s’entremêle à l’historique apporte un plus à la composition en deux temps. « Tous les autres personnages sont très bien décrits, très fouillés », notamment un peintre qui a séduit beaucoup de jurés, une coquette maîtresse à la vie trop courte, un moine acharné et tenace…

Du côté de l’écriture, tout le monde, ou presque, s’accorde sur son style impeccable, son classicisme, son côté « positivement suranné » qui donne parfois « l’impression de lire un grimoire », sa fluidité, sa poésie, sa finesse, mais aussi sa densité, ce qui pour certains constitue malgré tout un frein à la lecture.

Chute et fin

Ainsi ne croyez pas que ce livre ait été apprécié par tout le monde. En effet, une jurée avoue avoir été complètement imperméable et n’avoir même pris aucun plaisir à la lecture : trop de personnages, une époque mal-aimée, un style rebutant… Un autre n’a été ni « capté » ni « transcendé »,  le livre lui étant « un peu tombé des mains ». Et pour cet autre encore, la lecture de ce livre a même été une déception ! Et tout lecteur sait que les déceptions littéraires sont douces-amères… Ainsi ce juré s’en veut d’avoir été « trop bête de croire qu’il y avait une intrigue ». De plus, pour lui, « ce livre n’a pas de chute ». Et sans chute, cela ne peut en aucun cas être un roman. « C’est un documentaire très bien écrit ». Sic.

Et ce même juré de s’interroger : « pourquoi écrire un roman s’il n’est pas bâti ? » Sous-entendu : s’il n’a pas de dénouement ni de véritable final ?

– Mais pas du tout, tout ce qu’on peut regretter est qu’à la fin, les méchants ne soient pas punis !

D’autres jurés ne sont pas non plus d’accord parce que, d’une part, « le roman est bien construit », et d’autre part, que la fin de l’histoire racontée nous est à ce jour bien connue, puisqu’elle « figure dans tous les manuels d’histoire ».

Mais une jurée rebondit sur cette impression d’inachèvement et de frustration : si elle a apprécié la chronique judiciaire et la volonté de faire revivre « la mémoire oubliée », elle aussi a été gênée par la fin, d’autant plus que les dernières lignes sont consacrées à des personnages secondaires. Si bien que quand on le referme, on se dit que « c’est finalement un roman très fourni, très concentré mais où il manque quelque chose ».

– On est à la fois dans le procès et jamais complètement dedans, ajoute-t-elle, revenant ainsi sur cette notion d’intérieur et d’univers clos propre  à ce roman.

À portée d’enfant

Le second livre de la soirée ne soulève pas l’enthousiasme général. Pour la plupart, on y apprend rien ou trop peu: « je connais bien cette période et j’en attendais beaucoup ». Quant à ceux qui connaissaient mal les détails de cette partie de l’Histoire de France, ils sont restés sur leur faim, même si d’autres trouvent que c’est malgré tout « une introduction un peu différente » à ce moment troublé de l’Histoire. Mais beaucoup disent ne pas avoir été « embarqués », ni avoir ressenti « l’émotion du petit garçon dans ce contexte si particulier ».

D’autres sont même plus sévères, parlant d’une succession d’anecdotes et d’un manque général de profondeur. Selon la plupart des jurés, cette impression de superficialité est due à une construction morcelée, un découpage en chapitres très courts, « trop courts », ainsi qu’à une « chronologie décousue », une « composition catastrophique », un « déroulé sans logique » et un « contexte pas clair »…

– C’est tronçonné.

D’autant plus que les chapitres titrés de façon narrative, qui rappellent un peu les contes à l’ancienne, « racontent tout ». Si un juré fait alors remarquer que c’est justement comme ça que l’on écrivait à l’époque, cela ne suffit pas à compenser l’effet négatif de cette architecture littéraire.

– On dirait Friends (Ndlr : la célèbre série des années 90), ça a un petit côté moderne qui dessert le roman.

Et à en croire certains, cela lui nuit même carrément puisque ces chapitres « flashs » empêchent toute profondeur du propos. « C’est une succession de « scénettes » à lire dans le métro » (critère qui semble d’importance ce soir, aussi amis auteurs, si vous lisez ces lignes, pensez bien au contexte de lecture de votre livre lorsque vous l’écrivez  !)

On a envie que ça aille plus loin mais il n’y a rien derrière.

Malgré tout, d’autres y voient un aspect pratique. « Ça avance bien ». « On le lit avec plaisir même si ce n’est pas la grande apothéose ». On peut même « le lire au hasard en piochant dans les chapitres ». Point positif : « cela donne envie de le relire » mais cette jurée conclut :

– C’est à portée d’enfant.

– Et si justement c’était ça le propos du roman ? s’interroge alors un juré. On est à niveau d’enfant : on a un regard d’enfant sur l’époque.

Ainsi, quelques rares jurés ont été sensibles à l’atmosphère, à l’évolution du personnage et à la façon dont l’auteur a su faire ressentir la solitude de l’enfant. À ceux qui objectent que cela manque d’analyse et que l’on ne sent pas suffisamment le chaos et le tumulte de la période, les partisans de ce roman répondent que ce n’était peut-être pas l’intention de l’écrivain.
Et la discussion se termine avec cette interrogation :

Mais qu’est ce que l’auteur a voulu écrire ?

Une question à lui poser dimanche 1er mars lors du 9ème Salon du Roman Historique de Levallois !

Précédemment dans Liseur : La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois 2020, En route pour l’aventure, Rendez-vous avec la passion, Discussions intenses

Ronan Badel, un auteur caméléon aux multiples facettes exposé à La Médiathèque

25 Fév

À l’occasion de la 9ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois (nouvelle fenêtre), Petit Sapiens, héros de bandes dessinées plébiscitées par les jeunes amateurs d’Histoire, s’expose à La Médiathèque du 24 février au 15 mars 2020. Pleines d’humour et très actuelles, les planches de Ronan Badel initient les plus jeunes à La Préhistoire et passionneront tout amateur d’Histoire et de dessin. L’auteur dédicacera ses livres lors du Salon le 1er mars et sera aussi présent le samedi 29 février pour le traditionnel Goûter conté avec un auteur à l’Hôtel Ibis de Levallois.

L’auteur

Ronan Badel est né en janvier 1972 en Bretagne où il grandit.

article « Petit Sapiens » : la première BD d'un Alréen (Le Télégramme - nouvelle fenêtre)

©Le Télégramme 2006

Diplômé des Arts Déco de Strasbourg, il est repéré par les éditions du Seuil avant même la fin de ses études en 1998 à l’âge de 26 ans.

Après avoir enseigné dans une école d’art parisienne pendant plusieurs années, il choisit de rentrer en Bretagne pour se consacrer à l’écriture et à l’illustration.

Dès ses débuts, Ronan a pris l’habitude de se servir de différentes techniques d’illustration pour s’adapter au mieux aux ouvrages à mettre en valeur, qu’ils soient destinés à un public adulte ou jeunesse car, comme il le dit en 2014 :

Quand je reçois un projet ou quand j’écris un texte, je ne sais jamais quelle piste graphique je vais utiliser. C’est précisément ce qui m’intéresse. Je veux continuer à chercher et à explorer différentes écritures, différents outils.

C’est probablement ce qui plaît tant aux très nombreux éditeurs* qui font appel à lui.

Fort heureusement, cet illustrateur est prolixe. En 2017, il précise : « Je réalise un dessin par jour, ce qui fait que je réussis à illustrer un album tout entier en un mois. En une année, je parviens à en faire une dizaine ! […] Parfois, j’illustre 5 ou 6 livres en même temps. »

*En observant la liste tous les éditeurs avec lesquels Ronan Badel a travaillé (Actes Sud Junior, Albin Michel, Autrement, Bayard, Didier, Élan vert, Flammarion, Gallimard, Hachette, Larousse, Le Pommier, Lito, Mango, Milan, Nathan, P’tit Glénat, Sarbacane, Seuil, Thierry Magnier, etc) la question est : chez quel éditeur jeunesse n’a-t-il pas été publié ?

Son œuvre

Parmi ses très nombreux ouvrages illustrés (plus de 150 !), nos favoris sont :

La bonne humeur de Loup gris (nouvelle fenêtre)  texte de Gilles Bizouerne (Éditions Didier) ainsi que les trois autres aventures de ce malheureux loup gris !

Émile est invisible (nouvelle fenêtre)  /texte de Vincent Cuvelier et toute la série des aventures d’Émile, un petit garçon au fort tempérament (nouvelle fenêtre) ! (Éditions Gallimard / Giboulées)

Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache (nouvelle fenêtre) / texte de Hélène Rice. (Éditions Thierry Magnier)

Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache Hélène Rice Ronan Badel (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)

Voici toutes les instructions pour apprendre à dessiner correctement une vache étape par étape : les quatre pattes, la queue, la tête allongée, les dents… Oups ! Pas de panique : cet album donne aussi toutes les instructions au cas où votre vache ressemblerait dangereusement à un crocodile !

Mais notre création favorite reste son ouvrage : 3600 secondes édité chez Autrement jeunesse.

Une nuit, deux extraterrestres invitent un petit garçon à bord de leur soucoupe volante. C’est parti pour un tour du monde en 3600 secondes !

En 2006, il se lance dans l’aventure de Petit sapiens (nouvelle fenêtre) dont vous pouvez admirer les originaux à La Médiathèque dans le cadre de la Randonnée littéraire qui ouvre le Salon du Roman Historique de Levallois (nouvelle fenêtre).

Petit Sapiens raconte les aventures d’un jeune homo sapiens, à l’époque de la Préhistoire. Au cours des différents tomes de cette série de BD, il présente sa famille et son quotidien sous forme d’un carnet de note, son journal intime, avec  quelques anachronismes.  Un petit Sapiens que son papa appelle « mon fils », que sa maman appelle « chéri » et que sa sœur n’appelle pas parce qu’elle est en pleine crise d’adolescence… Une combinaison très réussie entre texte narratif et scènes illustrées pour des  péripéties pleines d’humour et toujours d’actualité.

Rencontre avec Ronan Badel

Dans le cadre de la Randonnée littéraire, venez rencontrer Ronan Badel samedi 29 février ainsi que dimanche 1er mars  :

  • Goûter conté avec l’auteur, offert par l’hôtel Ibis Levallois samedi 29 février à 15h30 à l’Hôtel Ibis de Levallois (24 rue Trébois)
  • Dédicaces de ses albums et plus grands succès le dimanche 1er mars de 14 à 19h à l’Hôtel de Ville de Levallois

 

 

Le coin de La Médiathèque de février rend hommage à l’Histoire

18 Fév

Pour la 9ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois (nouvelle fenêtre) qui aura lieu le dimanche 1er mars 2020, Le coin de La Médiathèque plonge dans l’Histoire avec un roman policier, un roman graphique, un album et un roman jeunesse. Les auteurs présentés seront parmi les 140 présents au Salon où ils dédicaceront leurs livres.

Petits meurtres au Caire de Olivier de Barde-Cabuçon (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Petits meurtres au Caire de Olivier de Barde-Cabuçon / Éditions Actes sud (disponible en livre numérique à télécharger – nouvelle fenêtre)

Pour avoir sauvé la vie de Louis XV, roi de France, lors de l’attentat de Damiens (1757), le chevalier de Volnay obtient la charge de « Commissaire aux morts étranges » dans la police parisienne et devient le précurseur de la police scientifique. Toujours accompagné de son père « le moine hérétique », c’est au Caire (Égypte) que nous allons le retrouver pour cette 8ème enquête (qui peut être lue sans avoir lu les romans précédents), la plus exotique et probablement la plus inattendue et la plus inclassable. Chargés d’enquêter sur un double meurtre par les autorités locales, ces deux enquêteurs nous entraînent dans une Égypte ottomane musulmane, plongée dans les contes des Mille et Une Nuits, et encore pleine des dieux et des mythes de l’Égypte ancienne. Nos héros, acquis à l’esprit des Lumières alors capital en Occident, vont se laisser surprendre par des sensations inconnues et les mystères de l’Orient.

Lire Petits meurtres au Caire, c’est embarquer sur une felouque avec Shéhérazade

Furio !  de Gilles Baum et Chiara Armellini (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Furio !  de Gilles Baum et Chiara Armellini (nouvelle fenêtre)  / Éditions des Éléphants

Deux rois, par fierté ou ennui, se narguent du haut de leurs donjons. Abusant de leurs pouvoirs, ils arment leur peuple et la surenchère commence…

Gilles Baum raconte presque sobrement ce déchainement de violence. Le choix d’une typographie violette interpelle. Volonté de faire référence à l’imagination ? Une histoire terriblement banale, quels que soient l’époque ou le lieu, même si dans la vraie vie, chacun jure : « plus jamais ça « . Il s’agit ici d’une guerre à l’ancienne avec machines infernales, projectiles, cavaliers, archers et fantassins. Au final, ni vainqueurs ni vaincus. Pour soutenir le propos, les illustrations de Chiara Armellini sont éclatantes. Des couleurs franches qui claquent et des formes qui rappellent étrangement les jeux des petits garçons d’antan : châteaux de briques, jeux de balles et ballons, de cours de récréation, cacophonie. Une histoire qui se termine là où elle avait commencé dans la provocation et le jeu.

Une histoire pour jouer, imaginer le pire et surtout, maintenir la paix.

Le Rapport W, infiltré à Auschwitz  de Gaétan Nocq (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Le Rapport W, infiltré à Auschwitz  de Gaétan Nocq (nouvelle fenêtre) / Éditions Daniel Maghen

Gaétan Nocq a réalisé un gros travail de documentation afin de reproduire au mieux les scènes et l’environnement du camp d’Auschwitz. Inspiré d’archives et du Rapport Pilecki , ce roman graphique suit l’officier Witold Pilecki, sous son faux nom Tomasz Serafinski, infiltré dans le camp d’Auschwitz à partir de 1940 afin de monter un réseau de résistance polonais. Les années passent et les conditions de vie dans le camp se détériorent, de plus en plus de prisonniers arrivent, des bâtiments sont construits pour agrandir le camp : la solution finale a été enclenchée. W. Pilecki a de plus en plus de difficultés à maintenir son réseau de résistance, son matricule est le 4859 et les nouveaux arrivants sont tatoués au-delà de 105 000. Les SS recherchent activement les résistants et leurs soupçons vont naturellement vers les petits numéros, les prisonniers qui sont dans le camp depuis plusieurs années. Les dessins et les couleurs de Gaétan Nocq sont très épurés, les fonds sont principalement blancs et les personnages et décors déclinent une couleur par scène. On admire les gros plans sur des détails de la vie quotidienne et les vues aériennes du camp et de la campagne.

Une bande-dessinée remarquable par ses illustrations et qui frappe par son histoire, une lecture à ne pas manquer !

À l'aube du D-Day de Nathalie Le Cleï (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) À l’aube du D-Day de Nathalie Le Cleï (nouvelle fenêtre )/ Éditions Oskar

En mai 1944, la France est en guerre avec l’Allemagne depuis quatre ans et  les alliés préparent le débarquement en Normandie pour la libérer. Les deux héros de cette histoire sont cousins mais ne se connaissent pas : Hans est allemand et aide à l’édification du « mur de l’Atlantique » (système de fortification destiné à empêcher l’invasion des Alliés depuis la Grande-Bretagne), Robert, lui est américain et se trouve en Angleterre pour participer au débarquement libérateur. Hans et Robert ont 16 ans et sont déjà soldats.

L’histoire commence le dimanche 28 mai 1944 et se termine dix jours plus tard, le 6 juin, premier jour de la bataille de Normandie, connue sous le nom de code Overlord. Ainsi au fil des pages vont se succéder en alternance le récit de chacun des deux jeunes soldats relatant cet évènement historique de leur point de vue.

À la fin, l’auteur propose au lecteur un épilogue de quelques pages : et si le jour J avait été différent ?… L’Histoire n’est jamais écrite d’avance.

Merci à Marianne V., Nathalie F., Fanélie B. et Marie-Charlotte W. pour leur participation à la rédaction de cet article 

En attendant le Salon du Roman Historique de Levallois : une sélection de romans historiques !

6 Fév

Pour vous faire voyager dans le temps, et avant de rencontrer les romanciers présents pour l’édition 2020 du Salon du Roman Historique de Levallois (nouvelle fenêtre), voici pour tous les amateurs de romans historiques une  sélection faite pour vous. Dans chacun des romans présentés ici, vous retrouverez le même personnage aux multiples visages : l’Histoire. Du Moyen Âge au siècle dernier, elle sait s’y prendre pour obtenir le premier rôle, qu’elle interprète toujours avec brio !

Le temps des cathédrales

Le Moyen Âge semble être une source inépuisable d’inspiration. Après avoir engendré des classiques, à l’image de la légende du roi Arthur, (nouvelle fenêtre) il continue d’inspirer nos auteurs les plus contemporains. Avec Les piliers de la Terre (nouvelle fenêtre), le romancier Ken Follett s’est taillé à coups d’épées un nouveau succès, qui prend place dans l’Angleterre du XIIe siècle.

Par ailleurs, en historiens confirmés ou simplement passionnés, les auteurs de livres aux décors médiévaux s’intéressent beaucoup à la question religieuse : ainsi Frédéric Gros en narrant le cas du curé Grandier soupçonné d’abuser de ses fidèles dans les Possédées (nouvelle fenêtre) et Aline Kiner en s’interrogeant sur le rôle qu’une chrétienté féroce réserve aux femmes dans La nuit des béguines (nouvelle fenêtre).

Mais le Moyen Âge n’est pas qu’une époque entièrement sombre, traversée par les luttes pour le pouvoir et le maintien de la chrétienté. Citons encore deux bons livres, un plutôt sensuel, qui nous transmet un peu de la magie médiévale : Le Bureau des jardins et des étangs de Didier Decoin qui est chargé des mille odeurs décrites avec finesse qui accompagnent le pèlerinage d’un pêcheur de carpes dans l’empire du Japon, tandis que Jean-Christophe Rufin nous charme avec un texte précis et vertigineux sur Jacques Cœur et son génie mercantile : Le grand Coeur (nouvelle fenêtre)

 

La Renaissance 

Le roman historique réussit à Ken Follett, et il aurait tort de se limiter au temps des cathédrales !  Une colonne de feu (nouvelle fenêtre) déploie ainsi le talent du romancier sur fond de guerres de religion, dans une intrigue située quatre siècles après Les Piliers de la terre. Ce sont ces mêmes guerres et l’obscurantisme qu’elles charrient que critique Zénon, héros humaniste de Marguerite Yourcenar  dans L’œuvre au Noir (nouvelle fenêtre). Cet humaniste incarne un esprit libre et éclairé dans une époque de basculement, pivot entre le Moyen Âge et les Temps Modernes, qui verront aussi le monde s’étendre au-delà de l’Atlantique, jusqu’au Mexique raconté par Alexis Jenni dans La conquête des îles de la terre ferme (nouvelle fenêtre)

Du côté du vieux continent, le protestantisme fera son chemin. Dans sa version puritaine, il Inspirera pour son premier roman Jessie Burton, par le biais d’une maison de poupée amsterdamoise décrite dans Miniaturiste  (nouvelle fenêtre) qui restitue avec précision le « Siècle d’or néerlandais », les riches marchands qui l’ont bâti et qui ne sont pas à l’abri de lourds secrets…

Le siècle des Lumières

En 1715, la monarchie ne s’essouffle pas encore mais l’homme sous la couronne voit apparaître la mort. Ève de Castro imagine ainsi dans Nous, Louis Roi (nouvelle fenêtre) le regard que porterait le Roi Soleil sur son règne en cet instant crucial. Les rois succèdent aux rois, c’est donc un jeune Louis XV endeuillé que l’on retrouvera dans L’échange des  princesses (nouvelle fenêtre)  Son régent Philippe d’Orléans complote pour conserver l’exercice du pouvoir par le biais d’un accord avec l’Espagne : un fait historique véridique et un prétexte parfait, utilisé par Chantal Thomas pour nous dévoiler les coulisses de la vie à la cour… Le commissaire aux affaires extraordinaires de Louis XVI, Nicolas Le Floch célèbre personnage de l’écrivain Jean-François Parot, se retrouve dans Le Prince de Cochinchine (nouvelle fenêtre) victime d’un attentat dont il réchappe bien heureusement. À la veille de la Révolution française, les tensions sont palpables dans le Paris de Le Floch. L’enquêteur doit faire preuve d’une grande détermination pour démêler les fils tendus des deux enquêtes dans lequelles il est embarqué : un meurtre lié à Olympe de Gouges et un complot d’État.
Le siècle des Lumières porte en lui le germe de la Révolution et de l’exécution de la famille royale, à laquelle échappera seule la fille, Marie-Thérèse, surnommée par sa mère : Mousseline la sérieuse (nouvelle fenêtre) une histoire contée par Sylvie Yvert.

C’est un Paris encore pré-révolutionnaire et insouciant qu’examine le roman Deux hommes de bien (nouvelle fenêtre) Arturo Perez Reverte à travers les yeux de voyageurs espagnols : une ville peuplée d’esprits éclairés et encensée par l’art de la conversation. Le contraste est saisissant avec le Paris de d’Isabelle Duquesnoy dans l’Embaumeur ou l’odieuse confession de Victor (nouvelle fenêtre) : la Révolution y a éclaté et le héros de cette histoire, embaumeur apprenti, se démène pour mener comme il peut une vie mal engagée.

Le XIXe siècle aux quatre coins du monde

Le XIXe siècle sera aux femmes ou ne sera pas, du moins dans les romans qui le racontent. On peut ainsi se prendre d’admiration pour la jeune femme qui incarne la noblesse russe et l’aristocratie qui donne son titre à Anna Karénine, (nouvelle fenêtre) de Léon Tolstoï, mais qui se consacre à la lutte révolutionnaire après avoir fait la rencontre d’un anarchiste en Italie. On peut applaudir les trois héroïnes de La part des flammes (nouvelle fenêtre) de Gaelle Nohant qui gardent la tête haute dans l’incendie qui ravage une vente de charité et se libèrent du regard que porte sur elles une société corsetée. Rebelles, les sœurs américaines de La vengeance des mères (nouvelle fenêtre) de Jim Fergus le sont également, qui prennent le parti du peuple indien après sa tentative d’extermination par les États-Unis.
Et les hommes ?  Camille Pascal relate avec L’été des quatre rois (nouvelle fenêtre) les journées de juillet 1830 qui resteront dans l’Histoire comme « Les trois glorieuses ». On s’y laisse porter par le rythme ! On voit monter en puissance la colère du peuple, soulevée par les ordonnances, l’atteinte à la liberté de la presse, la réduction du rôle du Parlement.

Les temps agités

Le siècle dernier a été traversé par les drames que l’on sait et la production romanesque qui nous intéresse ici se partage assez naturellement entre les récits de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.
Pour aborder la première, citons Le chagrin des vivants (nouvelle fenêtre) d’Anna Hope. Ce roman décrit les traumatismes causés par la Grande Guerre dans l’Angleterre de 1920, alors que le pays s’apprête à accueillir le Soldat inconnu, rapatrié depuis la France. Mais les blessures des Anglais ne seront pas encore pansées que s’annonceront les souffrances de la Seconde Guerre mondiale.
Les manœuvres d’Hitler pour annexer l’Autriche dans L’ordre du jour, (nouvelle fenêtre) d‘Eric Vuillard, l’horreur des camps à travers l’histoire de deux sœurs jumelles soumises aux expériences du professeur Mengele dans Mischling (nouvelle fenêtre) d’Affinity K. ou encore la bataille de Stalingrad vue par un officier allemand dans Éclairs lointains : percée à Stalingrad de Heinrich Gerlach. Toutes ces heures sombres font l’objet de récits très documentés qui pourront nous aider à regarder avec intelligence notre passé récent.

Pour compléter cette liste, et si vous êtes à court d’idées pour vos lectures, vous pouvez reprendre les titres sélectionnés et élus pour les Prix des Lecteurs de Levallois (nouvelle fenêtre) décernés lors des précédents Salons du Roman Historique de Levallois. Pour la sélection 2020, suivez notre Saga du Prix des Lecteurs de Levallois 2020 qui raconte les coulisses du Prix 2020, des premiers débats à l’annonce du lauréat !

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