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Jury de prix littéraire, et si c’était vous cette année ?

15 Sep

Cette année, la rentrée littéraire, ce sont 567 romans dont seuls quelques uns seront primés par de prestigieux prix littéraires. Mais qui dit prix dit jury, donc juré… soit des lecteurs motivés, curieux, aimant découvrir, débattre et voter. Pour le Goncourt ou le Médicis, les jurys sont déjà constitués… Mais pour faire partie de celui du Prix des lecteurs de Levallois 2019, il est encore temps  ! Douze jurés sont impatiemment recherchés et attendus pour participer à cette aventure qui durera d’octobre 2018 à mars 2019. Cela peut être vous  ! Vous avez jusqu’au 13 octobre pour déposer votre candidature.

Le prix des lecteurs de Levallois

Décerné chaque année depuis 2011 lors du Salon du roman historique de Levallois, il récompense un roman écrit par un jeune auteur, non pas exclusivement par l’âge mais par la production. Ce Prix, organisé par La Médiathèque avec le concours du magazine Le Point est en effet doté d’une enveloppe substantielle (offerte par SoOuest) visant à encourager et soutenir la création d’un auteur encore peu reconnu, voire débutant.

Paru lors des rentrées littéraires de septembre 2018 ou de janvier 2019, le roman primé doit être écrit en français (pas de traduction) et comporter une trame historique indéniable. Tout l’art du romancier consiste donc à équilibrer petite et grande histoire pour que le lecteur ait bien l’impression de lire un roman tout en tournant une page de livre d’histoire. Il n’y a aucune restriction quant à la période historique choisie par l’auteur pour y placer son intrigue qui peut ainsi se situer de l’âge de fer jusqu’à l’orée du XXIème siècle.

Pour déterminer le livre lauréat, les critères à prendre en compte sont la présence (ou non) d’un contexte historique significatif, la densité des personnages, la qualité de l’intrigue ou l’ingéniosité de la construction, le style, la création d’un univers personnel à l’auteur… Parmi tous ces éléments, le plaisir de lecture est évidemment un critère majeur.

Les romans lauréats

2019 : celui que vous aurez contribué à couronner 🙂

2018 : Là où passe l’aiguille (nouvelle fenêtre) de Véronique Mougin (Flammarion)

2017 : La chute d’Icare (nouvelle fenêtre) de Jean-François Roseau (éditions de Fallois)

2016 : L’autre Joseph (nouvelle fenêtre) de Kéthévane Davrichewy (Sabine Wespieser)

2015 : Septembre (nouvelle fenêtre) de Jean Mattern (Gallimard)

2014 :  La petite communiste qui ne souriait jamais (nouvelle fenêtre) de Lola Lafon (Actes Sud)

2012 :  La vie rêvée d’Ernesto G. (nouvelle fenêtre) de Jean-Michel Guenassia (Albin Michel)

2011 : Du domaine des murmures (nouvelle fenêtre) de Carole Martinez (Gallimard)

Les compétences nécessaires pour être un bon juré

Avoir envie de lire plus de 1500 pages en l’espace de 6 mois, être prêt à se plonger dans des romans que l’on aurait pas sélectionnés par soi-même, aimer partager à propos de ses lectures et écouter les avis d’autres lecteurs, apprécier de débattre ou convaincre mais aussi de changer d’avis, être fairplay en cas de désaccord, savoir faire un choix parmi ses coups de cœur (même si les expériences des précédents jurys nous ont prouvé que le choix final est toujours un dilemme), voter en son âme et conscience le jour J, savoir se taire (entre le jour du vote dont le résultat est tenu secret jusqu’au moment de la remise du prix, soit plusieurs jours de silence), accepter d’être déçu (si son titre favori n’est pas le titre élu), s’enthousiasmer quoiqu’il arrive, aimer discuter de lecture, histoire, littérature (mais pas que… ) et rencontrer des auteurs.

Pour ceux qui s’interrogent, il n’est pas nécessaire d’être déjà un lecteur confirmé de romans historiques : pour de nombreux jurés, la participation au jury a souvent été l’occasion de découvrir ce genre. Si vous ignorez ce qui se cache sous cette étiquette évoquant des histoires d’empereurs, de reines ou de mousquetaires, notre article Le roman historique est-il un genre ? vous montrera que depuis des temps immémoriaux, les spécialistes eux-mêmes ont du mal à s’accorder sur une définition…

Ce qui nous pousse à conclure cette liste de compétences par la plus importante : la curiosité qui, en littérature, ne s’avère jamais un vilain défaut !

Les avantages liés à la fonction de juré

Outre l’intégration d’un groupe motivé et sympathique, le plaisir d’assister à 5 réunions passionnées et le privilège de passer ces soirées dans une Médiathèque entièrement privatisée pour l’occasion, chaque membre du jury recevra en cadeau les 8 à 10 livres de la sélection (fournis gracieusement par les éditeurs).

Cette année encore, nous tenons à préciser que contrairement à certains prix littéraires prestigieux qui se dévoilent autour d’un repas gastronomique et étoilé, le résultat final sera déterminé autour d’une table de La Médiathèque agrémentée pour l’occasion d’un apéritif festif !

Le dimanche 31 mars, jour du salon 2019, chaque juré aura aussi la possibilité d’apporter ses livres pour les faire dédicacer par les auteurs. Au vu de notre expérience sur les salons précédents, son statut de juré lui procurera alors un regard bienveillant et une écoute attentive de la part des auteurs, toujours très sensibles à ce prix émanant de lecteurs (surtout s’il est le lauréat de l’année :-).

Le calendrier du juré 2019

Samedi 13 octobre 2018 à 18h : date limite de remise des candidatures pour le jury 2019 en remplissant le formulaire en ligne sur le site de la Ville (nouvelle fenêtre).

Mardi 6 novembre  à 19h : 1ère réunion avec remise des premiers titres de la sélection.

4 mardis à 19h avant fin mars 2019 (dates non encore arrêtées) : réunions de partage/débat après lecture avec une dernière séance consacrée au vote.

Dimanche 31 mars 2019  : remise du prix au lauréat lors de la 8éme édition du salon.

Si vous hésitez encore…

… et voulez en savoir plus sur le déroulement des réunions, l’ambiance, les débats, le vote et le moment de la remise des prix, retrouvez les coulisses des jurys précédents dans La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois.

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La saga du Prix des lecteurs de Levallois 2018 : ultime rencontre

21 Mar

De mémoire de jury, dimanche 11 mars 2018 restera un jour inoubliable : réunis dans la salle des mariages de l’Hôtel de ville, douze jurés attentifs et passionnés ont suivi la remise du Prix des lecteurs de Levallois, aboutissement et fruit de la mission collective à laquelle ils ont participé tout l’hiver. Lors de cette cérémonie de récompense, le nom de la lauréate a été dévoilé par Didier Decoin, président de la 7ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois : Véronique Mougin pour son roman, Où passe l’aiguille, publié aux éditions Grasset.

Mais revenons sur les minutes qui ont précédé ce moment historique…  La salle comble bruisse d’impatience quand la journaliste Karine Papillaud ouvre la séance. Sophie Perrusson, directrice adjointe de l’Action culturelle de la Ville, rappelle alors l’objectif du Prix : soutenir la création et encourager l’œuvre d’un jeune auteur. Puis elle explique le rôle de La Médiathèque dans la conduite de ce 7ème Prix des Lecteurs de Levallois et dans l’accompagnement du jury tout au long de l’année. Les jurés opinent quand la difficulté de leur mission est soulignée :

Cette année encore, c’était un véritable challenge, neuf romans en lice, tous de très grande qualité.

La parole est aux nominés

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La saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2018 : le grand soir

10 Mar

Ces deux dernières semaines, notre jury a été bien occupé : deux réunions, trois derniers livres à lire (si ce n’était déjà fait), un classement de favoris à préparer, des hésitations, des relectures…  deux tours de vote et un lauréat !

Fin février, une avant-dernière séance était consacrée aux trois derniers livres de la sélection. Comme toujours, beaucoup de passion, d’implication et d’émotion. Les débats ont été vifs et les questions qui s’étaient posées sur les précédents romans sont revenues : sujet, composition, intrigue, personnages, style…

Trois derniers livres en débat

Nos jurés retrouvent cette difficulté récurrente apparue lors des précédents débats : comment dissocier le sujet de la façon dont l’auteur le traite ? Mais les critères se sont affinés au fil des séances et l’Histoire fait son grand retour dans les discussions après avoir parfois été noyée dans la petite.

On est vraiment dedans, on vit les évènements. Il y a une très grande implication dans l’Histoire !

« Mais qu’a voulu dire l’auteur ? » est une question qui revient elle-aussi.  On parle alors de second degré, de projet et de parti pris de l’écrivain. On évoque les anti-héros et la façon dont un roman peut rendre compte de petites choses infiniment prosaïques mais qui sont, elles aussi, significatives d’une époque, comme le font d’autres récits par le biais de grands évènements plus glorieux. Par des personnages inattendus et peu attirants, s’offre ainsi un autre regard sur l’époque.

« C’est l’originalité du livre que de montrer l’homme dans sa bassesse », dit une jurée. Lire la suite

La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois 2018, le fond et la forme

27 Fév

La date approche !  À moins d’un mois du Salon du Roman Historique de Levallois, nos vaillants jurés se sont réunis une nouvelle fois à la mi-février : au menu de la soirée, trois livres, soit près de 800 pages… Passionnée et riche comme les précédentes, cette troisième réunion a permis de parler fond, forme, sujet, époque, contexte et de redessiner ainsi les contours et les critères d’évaluation d’un roman historique … Bref de commencer à penser au vote final.

Satisfait ou pas, telle est la question

Le premier livre abordé évoque la question des attentes du lecteur et le difficile écart entre celles-ci et leur satisfaction. Écart qui, quand il est trop grand, produit de l’insatisfaction, voire de la déception chez nos jurés.

Je m’attendais à être immergée dans la vie d’un personnage et ce n’est pas du tout ça. Je n’ai rien trouvé de ce que j’attendais. Je pensais que la place de l’Histoire serait plus importante…

Petite frustration qui pour certains a été compensée par d’autres découvertes : « j’ai trouvé mon compte dans la description des rapports humains » ou une « lecture facile qui permet de rencontrer tous les grands auteurs de la littérature ».

Ainsi des attentes de chacun, on dérive vers la « finalité » du livre : satisfaire, contenter, rassasier une soif particulière – de connaissance ou d’émotions -, provoquer une réaction, remettre en question, apporter des réponses, donner un nouvel éclairage ou tout simplement faire passer un bon moment au lecteur.

-Et si c’était tout ça à la fois ?

Mais dans ce cas, « quelle doit être la part du plaisir de lecture », se demande t-on implicitement autour de la table.  Car au-delà des « j’ai aimé-pas aimé, j’ai adoré ou j’ai été transportée » (notez à nouveau le vocabulaire), l’effet provoqué par la lecture peut-il être l’élément principal d’appréciation ? Lire la suite

La saga du Prix des Lecteurs de Levallois 2018 : contrastes et stratégies

8 Fév

Entre sapin, paillettes, cadeaux, bûches et bonnes résolutions, ils ont trouvé le temps de lire et d’être prêts pour la deuxième réunion du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2018 qui s’est tenue à La Médiathèque tout début janvier : dans une ambiance détendue, deux livres ont été passés au crible des débats par notre douzaine de vaillants jurés. Au menu de cette soirée, contrastes, stratégies et plaisir…

À peine nommé, le premier livre candidat fait baisser les têtes de toute la tablée. Chacun feuillette ses notes, les regards se cherchent, des sourires amusés apparaissent.

– Qui se lance ? demande-t-on devant le petit silence vaguement gêné qui s’installe.

–  Pas sur celui-là, moi, merci, se défausse poliment l’une en passant son tour.

Des expériences contrastées

Une des jurées finit par lever la main. Elle annonce tout de suite la couleur « je vais être très désagréable, mais après ça ira… », ce qui déclenche des murmures amusés autour d’elle. Car pour cette jurée, ce qui s’est passé avec ce livre ne lui est arrivé que rarement dans sa vie de lectrice.

Je crois que c’est le 3ème pire livre de ma vie. J’ai détesté. Illisible, aucun fil conducteur, espace temps incompréhensible, côté intrigue, y’a rien, on ne sait pas qui c’est, trop de détails, trop de personnages… On est perdu !

Avis tranché, mais vite rejoint par plusieurs autres jurés qui opinent de concert…

– C’est rassurant de savoir qu’on n’est pas tout seul (NDLR : à savoir qu’on a séché sur ce bouquin).

À nouveau, une grande  partie du jury acquiesce, démontrant ainsi le pouvoir insoupçonné de la littérature en matière de cohésion de groupe, tandis qu’une autre jurée renchérit, faisant presque un mea culpa.

– Ça a été pour moi une torture de comprendre …

Non seulement le roman, à priori resté assez confus, mais aussi le fait de l’avoir détesté… Car cette jurée n’imaginait pas un jour pouvoir être si critique envers un livre, et le … détester ! Ainsi à son grand désespoir, avec cet ouvrage, elle s’est retrouvée face à un dilemme auquel elle pensait échapper : d’un côté, son refus de penser que l’on puisse détester un livre, fruit respectable du travail d’un auteur, et de l’autre, un roman illisible, même avec tout son respect pour les auteurs, la Littérature et le travail littéraire en général  ! Comme vous l’aurez compris, cette découverte fut un vrai déchirement.

– Est-ce que vous n’avez pas été pris par les lieux, les personnages ? tente l’un.

– Comme j’aurais aimé, compatit cette autre jurée.

Mais face à ces avis quasi-unanimes, des voix s’élèvent : et là où l’une a tout de même repéré des choses positives, « on apprend des choses sur Paris »,  l’autre a adoré le style.

J’ai aimé la façon de mettre en mouvement. C’est vu de l’intérieur. je l’ai lu comme un documentaire et je ne me suis pas ennuyée à la lecture.

Des stratégies de lecture

Photographie extraite du film « Douze hommes en colère » de Sydney Lumet

Mais pour tous ceux qui ont eu du mal, il a fallu ruser… Conscients de l’importance de leur tache et refusant de baisser les bras devant l’obstacle, certains ont mis au point des techniques.

L’une explique qu’elle lit tous les livres de la sélection deux fois : une pour l’intrigue, une pour l’analyse. Mais pour ce livre, impossible !

Une autre a cherché à contourner la difficulté en tentant d’autres méthodes d’approches : soit en changeant de rythme, de temps, de lieu et même de porte d’entrée dans le roman !

J’ai arrêté, j’ai laissé reposé, je l’ai repris, j’ai réessayé, à un autre moment, autrement, j’ai recommencé au début, puis au milieu puis juste les 100 dernières pages.

Mais hélas, cette lectrice inventive n’a pu terminer le roman.

Une méthode empirique, et non validée par la Faculté de médecine, consiste à  ingérer des M&M’s en même temps que l’on lit. Testée par un seul membre du jury, elle permet visiblement d’aller au bout du livre. Mais outre l’abus de sucre et les caries potentielles, l’effet sur le plaisir de lecture s’avère nul, évoquant même le pensum de certaines lectures scolaires.

Il y a aussi la méthode dite conceptuelle, à savoir comprendre le projet de l’auteur. Sous entendu : essayer de trouver du sens à ce qui semble ne pas en avoir…  On parle alors d’expérimentation et de recherche littéraire, on évoque une appartenance à cet Ouvroir de Littérature Potentielle dont le seul nom ouvre des abîmes labyrinthiques de réflexions…

Là encore, les résultats de cette méthode sont mitigés. Car même si pour certains jurés, le projet de l’auteur éclaire l’œuvre, il n’en rend pas la lecture plus facile.

De l’approche par le projet, on peut aussi aborder le livre par la notion de défi :  au minimum le sien en tant que lecteur d’un livre aride mais aussi celui de l’auteur  : « il y a un  vrai parti pris dans ce livre », nous dit un juré. Et si cette construction déroutante, cette intrigue morcelée, ces personnages trop nombreux et le sentiment d’égarement du lecteur parmi eux étaient voulus ?

 Est ce qu’on peut imaginer un roman écrit par une foule, avec 60 ou 80 narrateurs différents ?

Vaste sujet qui, tout en ouvrant des horizons,  laisse perplexe… mais ne convainc pas.

Il y a enfin la méthode du contournement. Pour appréhender ce livre, d’autres jurés ont cherché du secours du côté des critiques de presse. En apprenant que le livre a eu de bons avis, certains ont tout de même des regrets :

– Oh mais je suis passée à côté alors ! Il faut le relire !

Yeux effarés autour de la table.

– Ah non ça je ne pourrais pas.

Soupirs… Et finalement parfois, projet ou pas projet littéraire, après tant d’efforts pour le lire et tant de frustrations à ne pas y parvenir, on en veut à l’auteur :

Je l’ai terminé mais je ne me suis jamais sentie intégrée, il fallait suivre, je n’ai pas senti qu’il faisait des efforts.

Alors on entend même ça et là des conseils :

– L’auteur a loupé quelques chose avec les mails, il y avait là une vraie matière, certes pas historique, mais au moins intéressant. [Sic]

– Oui, ça aurait pu créer une intrigue, une histoire.

– Un roman quoi ! résume un autre.

Du plaisir

Le deuxième livre de la soirée déchaine aussitôt louanges et mines réjouies.  Après l’incompréhension, légèreté et enthousiasme sont dans l’air.

Super thématique pour un roman, très drôle, très bien écrit, fluide, une très belle lecture, que des bonnes choses… Je trouvais génial le principe de se focaliser sur un lieu.

Si ce livre recueille plus d’éloges que son prédécesseur, ce parti pris ne fait pas tout à fait l’unanimité car d’autres lecteurs ont trouvé étouffant de rester dans un même lieu. « C’est un huis-clos ». D’autres y ont vu un vaudeville, ou au minimum une pièce de théâtre, avec une unité de temps-lieu-action, regrettant pourtant que le monde extérieur n’y apparaisse pas assez. Ainsi montrer l’Histoire et les évènements d’une époque par le petit bout de la lorgnette ne les a pas tous convaincus.

– Moi je ne l’ai ni aimé ni pas aimé, résume une jurée. Toutes les périodes historiques sont très effleurées. Je n’ai rien appris d’essentiel.

Sur le critère « historique », les avis se succèdent : un juré a aimé les petits allers-retours avec l’Histoire, l’autre l’a lu avec plaisir mais ça ne l’a pas « transcendé ».

Notez le vocabulaire : après l’aspect sacré de la littérature, on attend d’elle l’extase… Ainsi, amis auteurs, si vous lisez ces lignes,  voyez la noble tache qui vous incombe quand vous écrivez : car transcender c’est « élever au-dessus d’une région de la connaissance ou de la pensée après l’avoir traversée, et pénétrer dans une région supérieure » selon la définition du CNRTL.

Il est évident que sur ce titre, les avis sont unanimes quant à la fluidité et la facilité de lecture. On parle même de « coupe de champagne après toutes les duretés que l’on a lues » (tant en sujet qu’en forme) et on rend hommage à « l’effort de l’auteur pour que être accessible ».

– Un roman situé dans ma zone de confort, pas un grand roman, mais une lecture facile.

– Mais facile à lire ne veut pas dire facile à écrire, s’insurge une jurée. Il y a une construction très subtile. Et contrairement à ce que l’on croit, c’est extrêmement documenté.

– Et si on a commencé par l’autre [roman], ça repose.

On ne dira jamais assez  les effets bénéfiques de la lecture  🙂

Mise en abyme

Avant que s’achève la séance, on parle de ces ponts que l’on peut créer entre les livres de la sélection  : des personnages historiques qui, sans être des moteurs de la grande Histoire, apparaissent étonnamment dans plusieurs des livres, des thèmes communs bien sûr, mais aussi des auteurs, de l’édition et des prix littéraires qui y ont aussi une place, produisant soudain un effet de mise en abyme tout à fait littéraire.

La soirée finit avec un premier vote, qui pour le moment, conforte ce qui s’est entendu au fil des débats. Mais rien n’est acquis… Car comme l’a dit un des jurés, et pour rester fidèle à notre tradition *, la vraie question à se poser est :

Est-ce que ce livre mérite un prix littéraire ?

* La tradition de La saga du Prix des Lecteurs de Levallois veut que chaque épisode se termine par une phrase de juré (parfois extraite de son contexte :-))

Pour retrouver les précédents épisodes de la saga 2018, lire , La saga du Prix des Lecteurs de Levallois 2018, c’est parti et La saga du Prix des Lecteurs de Levallois 2018, premiers échanges

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