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La saga du Prix des Lecteurs de Levallois 2018 : contrastes et stratégies

8 Fév

Entre sapin, paillettes, cadeaux, bûches et bonnes résolutions, ils ont trouvé le temps de lire et d’être prêts pour la deuxième réunion du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2018 qui s’est tenue à La Médiathèque tout début janvier : dans une ambiance détendue, deux livres ont été passés au crible des débats par notre douzaine de vaillants jurés. Au menu de cette soirée, contrastes, stratégies et plaisir…

À peine nommé, le premier livre candidat fait baisser les têtes de toute la tablée. Chacun feuillette ses notes, les regards se cherchent, des sourires amusés apparaissent.

– Qui se lance ? demande-t-on devant le petit silence vaguement gêné qui s’installe.

–  Pas sur celui-là, moi, merci, se défausse poliment l’une en passant son tour.

Des expériences contrastées

Une des jurées finit par lever la main. Elle annonce tout de suite la couleur « je vais être très désagréable, mais après ça ira… », ce qui déclenche des murmures amusés autour d’elle. Car pour cette jurée, ce qui s’est passé avec ce livre ne lui est arrivé que rarement dans sa vie de lectrice.

Je crois que c’est le 3ème pire livre de ma vie. J’ai détesté. Illisible, aucun fil conducteur, espace temps incompréhensible, côté intrigue, y’a rien, on ne sait pas qui c’est, trop de détails, trop de personnages… On est perdu !

Avis tranché, mais vite rejoint par plusieurs autres jurés qui opinent de concert…

– C’est rassurant de savoir qu’on n’est pas tout seul (NDLR : à savoir qu’on a séché sur ce bouquin).

À nouveau, une grande  partie du jury acquiesce, démontrant ainsi le pouvoir insoupçonné de la littérature en matière de cohésion de groupe, tandis qu’une autre jurée renchérit, faisant presque un mea culpa.

– Ça a été pour moi une torture de comprendre …

Non seulement le roman, à priori resté assez confus, mais aussi le fait de l’avoir détesté… Car cette jurée n’imaginait pas un jour pouvoir être si critique envers un livre, et le … détester ! Ainsi à son grand désespoir, avec cet ouvrage, elle s’est retrouvée face à un dilemme auquel elle pensait échapper : d’un côté, son refus de penser que l’on puisse détester un livre, fruit respectable du travail d’un auteur, et de l’autre, un roman illisible, même avec tout son respect pour les auteurs, la Littérature et le travail littéraire en général  ! Comme vous l’aurez compris, cette découverte fut un vrai déchirement.

– Est-ce que vous n’avez pas été pris par les lieux, les personnages ? tente l’un.

– Comme j’aurais aimé, compatit cette autre jurée.

Mais face à ces avis quasi-unanimes, des voix s’élèvent : et là où l’une a tout de même repéré des choses positives, « on apprend des choses sur Paris »,  l’autre a adoré le style.

J’ai aimé la façon de mettre en mouvement. C’est vu de l’intérieur. je l’ai lu comme un documentaire et je ne me suis pas ennuyée à la lecture.

Des stratégies de lecture

Photographie extraite du film « Douze hommes en colère » de Sydney Lumet

Mais pour tous ceux qui ont eu du mal, il a fallu ruser… Conscients de l’importance de leur tache et refusant de baisser les bras devant l’obstacle, certains ont mis au point des techniques.

L’une explique qu’elle lit tous les livres de la sélection deux fois : une pour l’intrigue, une pour l’analyse. Mais pour ce livre, impossible !

Une autre a cherché à contourner la difficulté en tentant d’autres méthodes d’approches : soit en changeant de rythme, de temps, de lieu et même de porte d’entrée dans le roman !

J’ai arrêté, j’ai laissé reposé, je l’ai repris, j’ai réessayé, à un autre moment, autrement, j’ai recommencé au début, puis au milieu puis juste les 100 dernières pages.

Mais hélas, cette lectrice inventive n’a pu terminer le roman.

Une méthode empirique, et non validée par la Faculté de médecine, consiste à  ingérer des M&M’s en même temps que l’on lit. Testée par un seul membre du jury, elle permet visiblement d’aller au bout du livre. Mais outre l’abus de sucre et les caries potentielles, l’effet sur le plaisir de lecture s’avère nul, évoquant même le pensum de certaines lectures scolaires.

Il y a aussi la méthode dite conceptuelle, à savoir comprendre le projet de l’auteur. Sous entendu : essayer de trouver du sens à ce qui semble ne pas en avoir…  On parle alors d’expérimentation et de recherche littéraire, on évoque une appartenance à cet Ouvroir de Littérature Potentielle dont le seul nom ouvre des abîmes labyrinthiques de réflexions…

Là encore, les résultats de cette méthode sont mitigés. Car même si pour certains jurés, le projet de l’auteur éclaire l’œuvre, il n’en rend pas la lecture plus facile.

De l’approche par le projet, on peut aussi aborder le livre par la notion de défi :  au minimum le sien en tant que lecteur d’un livre aride mais aussi celui de l’auteur  : « il y a un  vrai parti pris dans ce livre », nous dit un juré. Et si cette construction déroutante, cette intrigue morcelée, ces personnages trop nombreux et le sentiment d’égarement du lecteur parmi eux étaient voulus ?

 Est ce qu’on peut imaginer un roman écrit par une foule, avec 60 ou 80 narrateurs différents ?

Vaste sujet qui, tout en ouvrant des horizons,  laisse perplexe… mais ne convainc pas.

Il y a enfin la méthode du contournement. Pour appréhender ce livre, d’autres jurés ont cherché du secours du côté des critiques de presse. En apprenant que le livre a eu de bons avis, certains ont tout de même des regrets :

– Oh mais je suis passée à côté alors ! Il faut le relire !

Yeux effarés autour de la table.

– Ah non ça je ne pourrais pas.

Soupirs… Et finalement parfois, projet ou pas projet littéraire, après tant d’efforts pour le lire et tant de frustrations à ne pas y parvenir, on en veut à l’auteur :

Je l’ai terminé mais je ne me suis jamais sentie intégrée, il fallait suivre, je n’ai pas senti qu’il faisait des efforts.

Alors on entend même ça et là des conseils :

– L’auteur a loupé quelques chose avec les mails, il y avait là une vraie matière, certes pas historique, mais au moins intéressant. [Sic]

– Oui, ça aurait pu créer une intrigue, une histoire.

– Un roman quoi ! résume un autre.

Du plaisir

Le deuxième livre de la soirée déchaine aussitôt louanges et mines réjouies.  Après l’incompréhension, légèreté et enthousiasme sont dans l’air.

Super thématique pour un roman, très drôle, très bien écrit, fluide, une très belle lecture, que des bonnes choses… Je trouvais génial le principe de se focaliser sur un lieu.

Si ce livre recueille plus d’éloges que son prédécesseur, ce parti pris ne fait pas tout à fait l’unanimité car d’autres lecteurs ont trouvé étouffant de rester dans un même lieu. « C’est un huis-clos ». D’autres y ont vu un vaudeville, ou au minimum une pièce de théâtre, avec une unité de temps-lieu-action, regrettant pourtant que le monde extérieur n’y apparaisse pas assez. Ainsi montrer l’Histoire et les évènements d’une époque par le petit bout de la lorgnette ne les a pas tous convaincus.

– Moi je ne l’ai ni aimé ni pas aimé, résume une jurée. Toutes les périodes historiques sont très effleurées. Je n’ai rien appris d’essentiel.

Sur le critère « historique », les avis se succèdent : un juré a aimé les petits allers-retours avec l’Histoire, l’autre l’a lu avec plaisir mais ça ne l’a pas « transcendé ».

Notez le vocabulaire : après l’aspect sacré de la littérature, on attend d’elle l’extase… Ainsi, amis auteurs, si vous lisez ces lignes,  voyez la noble tache qui vous incombe quand vous écrivez : car transcender c’est « élever au-dessus d’une région de la connaissance ou de la pensée après l’avoir traversée, et pénétrer dans une région supérieure » selon la définition du CNRTL.

Il est évident que sur ce titre, les avis sont unanimes quant à la fluidité et la facilité de lecture. On parle même de « coupe de champagne après toutes les duretés que l’on a lues » (tant en sujet qu’en forme) et on rend hommage à « l’effort de l’auteur pour que être accessible ».

– Un roman situé dans ma zone de confort, pas un grand roman, mais une lecture facile.

– Mais facile à lire ne veut pas dire facile à écrire, s’insurge une jurée. Il y a une construction très subtile. Et contrairement à ce que l’on croit, c’est extrêmement documenté.

– Et si on a commencé par l’autre [roman], ça repose.

On ne dira jamais assez  les effets bénéfiques de la lecture  🙂

Mise en abyme

Avant que s’achève la séance, on parle de ces ponts que l’on peut créer entre les livres de la sélection  : des personnages historiques qui, sans être des moteurs de la grande Histoire, apparaissent étonnamment dans plusieurs des livres, des thèmes communs bien sûr, mais aussi des auteurs, de l’édition et des prix littéraires qui y ont aussi une place, produisant soudain un effet de mise en abyme tout à fait littéraire.

La soirée finit avec un premier vote, qui pour le moment, conforte ce qui s’est entendu au fil des débats. Mais rien n’est acquis… Car comme l’a dit un des jurés, et pour rester fidèle à notre tradition *, la vraie question à se poser est :

Est-ce que ce livre mérite un prix littéraire ?

* La tradition de La saga du Prix des Lecteurs de Levallois veut que chaque épisode se termine par une phrase de juré (parfois extraite de son contexte :-))

Pour retrouver les précédents épisodes de la saga 2018, lire , La saga du Prix des Lecteurs de Levallois 2018, c’est parti et La saga du Prix des Lecteurs de Levallois 2018, premiers échanges

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La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois 2018, premiers échanges

18 Déc

Un soir glacé de novembre, douze silhouettes, livres sous le bras, se hâtaient dans la nuit pour rejoindre La Médiathèque. Pas question de manquer la première « vraie » réunion du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2018  ! Au programme de la soirée, deux romans, des discussions, de la passion, des réactions et un pan d’Histoire chargé.

Au début, la tablée est paisible. Presque trop. Certains feuillettent leurs notes, d’autres leurs livres, certains échangent avec leurs voisins de table. Après une rapide présentation du 1er roman de ce soir, la parole est donnée aux jurés. Tout d’abord c’est le silence… On entendrait presque les pages tourner 🙂

Puis une voix se fait entendre :

-Moi je ne l’ai pas fini…

Jolie façon de botter en touche, ennui mortel à la lecture ou justification pour n’avoir pas eu le temps  ? Peu importe, car les débats sont lancés. Si certains connaissent bien l’histoire de la période couverte par ce roman, d’autres n’avaient que peu de connaissances sur cette époque. « Je suis partie d’une page blanche », dit cette jurée pour expliquer qu’elle avait tout à y découvrir et a vu ses attentes satisfaites : elle a adoré. Un autre juré fait le rapprochement avec un roman de la sélection de l’an dernier, Les pêcheurs d’étoiles, où l’on retrouve en effet des similitudes d’époque, les Années folles, de lieu, Paris, et de héros, un poète.

Prises de position

-J’ai beaucoup aimé mais j’ai vraiment dû persister. C’est trop dense, je lisais, je relisais… Trop de noms, trop de détails, mais c’est aussi la qualité du livre.

-L’histoire est belle, c’était haletant, s’enthousiasme une autre. Et puis, je suis fascinée par les histoires d’amour. J’ai trouvé ce livre génial !

Photo extraite du film « Douze hommes en colère » de Sidney Lumet

Tous ne sont pas d’accord, loin de là.

-Je suis à l’opposé, s’exclame une autre jurée d’une voix tonique. J’ai détesté ! C’est rasoir au possible, des longueurs, des détails qui n’apportent rien, je me suis forcée à le lire et ça m’a confortée dans mon opinion : je n’aime pas le bonhomme, je ne l’aimais pas déjà avant. Je me suis vraiment forcée à le lire [le livre]. C’est vraiment le genre de roman que je déteste.

En entendant ces critiques assumées et légitimes (on est là aussi pour ne pas apprécier, c’est d’ailleurs ce qui permet de se confronter à des opinions contraires et de créer un débat où chaque opinion peut s’exprimer), une jurée intervient avec fougue, s’étonnant du fait que l’on puisse ici envisager de « descendre » un roman ou son auteur, comme il était écrit, sous forme de boutade, dans le précédent article de Liseur sur le jury avec ces mots « défendre ou descendre ». Car tous les auteurs sont admirables et leur travail respectable, explique en substance cette jurée. Sur ce point, tout le monde est d’accord, sinon, nous ne serions sans doute pas là un soir d’hiver glacial à parler roman. « Tous les avis ont le droit de cité autour de cette table : critiques, enthousiastes ou sans opinion 🙂 », rappelle une bibliothécaire.

Cette première mini-controverse démontre précisément ce qui fait et restera la richesse des échanges de ces réunions de jury :  la passion, l’engagement et la profonde implication de nos jurés. Mais cela rappelle aussi autre chose : rien n’est moins subjectif et polémique que la lecture et l’appréciation (ou non) d’un roman !

Essence du roman historique

D’autres avis, moins tranchés, se font ensuite entendre : « je suis entre les deux », ou encore « manque de rythme », « quatre parties dont deux où on reste dans rien », « 200 pages de trop » (sur un roman de 600), « un livre très léger qui demande d’aller se renseigner derrière si on veut apprendre quelque chose » , » j’ai passé mon temps à googliser pour savoir qui était qui… »,  « un roman qui ressemble un peu trop à une biographie », « une belle histoire d’amour mais très peu romancée ».

Voilà que nous entrons de plain pied dans l’essence même du genre « roman historique » avec des questions comme :  la frontière roman/biographie/document historique,  le délicat dosage entre fiction et documentation de ce type de roman, ou encore le fait d’apprendre directement ou, au contraire, d’ouvrir des portes qui pousseront à aller se documenter ailleurs, le tout étant à corréler avec les attentes personnelles du lecteur.

Bref un vrai casse tête que le cas du roman historique  🙂

Surtout quand il devient paradoxe :  « au début, j’ai plongé tout de suite, puis c’était un peu long. Et à la fin je l’ai refermé … et je me suis dit que c’était vachement bien ! »

Mystère des effets post-lecture … que certains tentent d’expliquer par la parfaite adéquation d’une écriture très fluide au contenu   » léger, papillonnant presque mondain au début, puis rythmé et presque rapide quand cela devient grave », ou encore par la construction du roman, avec un changement de narrateur pour une dernière partie qui n’a pas fait l’unanimité. Si pour certains, le procédé littéraire était efficace et adapté  « c’était très pudique, comme une vraie déclaration d’amour », pour d’autres, ça a « complètement cassé le truc », le changement ayant été vécu comme trop brusque et surtout, trop peu crédible.

Des romans qui secouent

Ainsi il est clair que ce premier roman passé à la moulinette des débats du jury dérange, ou au minimum, provoque des réactions. Ce qui sera aussi le cas du suivant, dont le sujet hérisse : une période difficile, un sujet ardu, des personnages auxquels on a du mal à s’attacher vu leurs opinions mais un livre qui prend à la gorge.

-C’est pas cool, c’est un choix ciblé ou pas ? s’interroge une jurée en montrant les deux livres dont nous parlons ce soir.

La discussion s’anime en parlant du titre, d’après certains en parfaite adéquation avec le contenu qui « empêche de dormir », un sujet qui fait faire des cauchemars, mais aussi de la construction que certains qualifient d’étonnante avec deux, voire trois, histoires de vie en parallèle, ou encore des énigmes non résolues une fois le livre refermé.

Les mines deviennent graves quand on parle du fond, de cette période sombre de l’Histoire sur laquelle, hélas, on apprend toujours qu’il y a eu plus terrible encore que ce que l’on savait : « je trouvais le pire encore plus pire ».

Je l’ai lu avec beaucoup d’attention, au delà de l’horreur que le sujet inspire.

Traitant d’un sujet ardu, la qualité de ce roman n’est jamais remise en question : « c’est vraiment un roman historique par la construction ». Et le fait qu’à la fin du livre, l’auteur précise ce qui est vrai de ce qui est pure invention dans son texte semble un vrai plus pour certains. Le style est lui aussi remarqué :

Tous les mots choisis ont une vrai portée.

Bel éloge de l’écriture.  Mais le fond du roman en rend la lecture très perturbante.

« C’est captivant, fluide, avec des rebondissements mais pesant … » ou encore « C’est fort, c’est fort, mais limite digeste »

Pour plusieurs, il a été difficile de dépasser ce fond. Ainsi, pour cette jurée, le roman a suscité une telle émotion négative, que cela l’empêchera de mettre une note positive à la case « plaisir de lecture ». « Cela a occulté la partie Mémoire », dit-elle.

Et quand un autre souligne la structure, le style et en particulier la finesse de ces descriptions qui font appel aux 5 sens du lecteur, elle objecte presque surprise :

-Mais moi quand je l’ai lu, je l’ai vu en noir et blanc !

Le vocabulaire employé par nos jurés montre la violence de leurs réactions en lisant : « impression d’étouffer », « j’ai été aspirée »,  « je l’ai lu en apnée ». « Y’a pas d’accalmie, on ne respire pas, c’était très difficile ». « J’ai eu besoin de reprendre un peu d’oxygène avant de replonger ».

Après ce moment de quasi catharsis, la tension des débats retombe : on rit, on s’interpelle, l’une demande des explications à l’autre , on discute de l’histoire, la grande et la petite, de ce qui va arriver à tel personnage.. Les mains s’agitent, les corps se détendent, on sourit en recevant les deux nouveaux livres à lire pour la prochaine réunion.

Au moment de se quitter, des petits groupes se forment et les discussions se poursuivent en apartés, espérant ici ou là que la suite de la sélection sera moins « difficile ». Mais une chose est sûre, ceux discutés ce soir n’ont laissé personne indifférent parce que dans ceux-là, comme l’a dit une jurée peu avant :

Ça vient nous chercher à l’intérieur.

*Précédemment sur Liseur : la saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2018: c’est parti !

La saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2018, c’est parti !

18 Nov

Vous ne les connaissez pas encore mais vous allez entendre parler d’eux : ils sont 12, femmes et hommes, passionnés, courageux, motivés, littéraires et incorruptibles… Ce sont les jurés du Prix des lecteurs de Levallois 2018.  Choisis parmi de nombreux candidats, ils se sont réunis pour la première fois un soir d’octobre à La Médiathèque. Comme chaque année, Liseur était à l’écoute, pour vous raconter aventures, surprises et secrets des coulisses de ce désormais fameux prix littéraire. Voici donc présentés pour vous en exclusivité les héros de la saga 2018 du Prix des lecteurs de Levallois.

Assis autour d’une grande table, les jurés 2018 semblent très sages. Des « anciens » (les « redoublants », ceux qui rempilent) se saluent, visiblement heureux de se retrouver pour une nouvelle session.  Quand la réunion commence, tous écoutent avec attention le rappel des objectifs de ce prix : remis lors du Salon du Roman Historique de Levallois (qui se tiendra cette année le dimanche 11 mars 2018), il récompense un roman historique écrit par un jeune auteur (jeune par rapport à sa production et pas uniquement en fonction de son âge) grâce à une dotation substantielle conçue comme un encouragement à l’écriture.

jury 12 hommes en colèreQui sont les jurés 2018 ?

Au premier coup d’œil, il est clair que la parité ne sera pas respectée dans ce jury, faute de candidats masculins. Néanmoins plusieurs valeureux Messieurs siègent ce soir autour de la table, dont certains ont déjà participé aux aventures de jurys précédents. Pour ceux qui s’interrogent à ce sujet, l’équilibre est ici respecté puisque quelques jurées 2018 ont elles aussi participé à de précédentes sessions. Quand vient le tour de table de présentation, on commence par ceux qui reviennent, « les redoublants ».

« Mais je suis plus que redoublant », affirme alors l’un de ces Messieurs au moment d’entamer les présentations.

Je lis beaucoup. 90 livres depuis l’année dernière…

Murmures admiratifs autour de la table… Car oui, il y a de quoi faire rêver tout amateur de lecture  !

Je lis un peu trop. J’avale, confesse-t-il presque penaud. D’ailleurs j’ai déjà lu certains romans de la rentrée littéraire, qui peut-être font partie de la sélection.

Et notre juré espère bien que cette fois-ci il va choisir LE très bon cheval, car l’année passée, il « avait de très bons chevaux mais qui n’ont pas franchi la ligne d’arrivée ». Espérons donc que ces tentatives auront été un galop d’essai.

« Moi je lis autant que je peux mais pas autant que je voudrais », regrette une jurée qui elle aussi a eu jusqu’alors du mal à trouver des choses qui l’intéressent parmi les nombreux romans historiques qui paraissent chaque année mais qui compte bien trouver de quoi satisfaire ses envies d’Histoire et de fiction.

Que lisent-ils ?

Évidemment jusqu’au 11 mars, des romans historiques ! Mais que lisaient-ils avant ? En général, de tout : des romans historiques, des polars, des romances, des biographies, « un spectre très large, excepté la poésie », précise l’une.

Tout type de littérature : la blanche, la noire, l’historique. mais je n’aime pas trop le polar historique.

Nous touchons ici un sujet au cœur des débats, passés ou à venir : les genres, leur définition, leur périmètre, leurs caractéristiques… Et d’expérience de bibliothécaire, je peux vous dire que la querelle sur les limites des genres est toujours d’actualité. Mais n’anticipons pas…

Car pour le moment, si certains jurés sont tombés depuis longtemps dans la marmite des romans historiques, une des jurées explique avoir découvert le genre en venant en tant que visiteur au salon. Une autre, plutôt hostile à ce type de roman, a revu son opinion grâce à sa participation précédente au jury :

j’en ai lu pour la première fois à cette occasion, avant je pensais que c’était très ennuyeux, mais c’est tout l’inverse  : pas vieux, pas rébarbatif !

C’est sans doute aussi ce que souhaite cette autre jurée, qui  en raison d’obligations professionnelles et familiales, ne lit que la nuit et cherche donc à éviter les livres qui pourraient être « soporifiques ». Pour elle, la participation au jury est l’occasion de « déceler de petites pépites dans les romans historiques ». Et certainement de passer quelques nuits blanches ?

Que recherchent-ils ?

Une façon d’échanger, de confronter nos idées et… de changer d’avis !

En tête de liste des objectifs annoncés autour de la table, on trouve l’échange, la possibilité de discuter de livres et l’envie de partager avec d’autres amateurs de lecture. À ce sujet, plusieurs jurés diront (à mots plus ou moins couverts) leur frustration à ne pouvoir parler de lecture dans leur cercle de famille ou d’amis et l’espoir de trouver ici, dans ces réunions de jury, un temps d’échange précieux. Une jurée raconte qu’elle avait tenté de mettre en place un petit groupe de lecture, mais « ça n’a jamais marché, on n’avait pas d’échange concerté, on avait un problème de timing ».

Rassurons nos jurés tout de suite :  question échange, ils n’ont aucun souci à se faire, la discussion est même la substantifique moelle de ces réunions et côté timing, ils n’auront pas le choix ! Ils vont devoir être en phase les uns avec les autres, car pour la prochaine réunion, ils auront dû lire les mêmes titres pour pouvoir alors les défendre ou les descendre. La possibilité de confrontation, voire d’opposition, est ce qui les attire, comme l’exprime cette jurée :

C’est parfois assez surprenant. C’est amusant de se dire « je l’ai avalé » et d’avoir en face de soi quelqu’un qui l’a laissé tomber à la dixième page.

Ainsi, autour de la table, il apparait qu’aucun de nos jurés ne rêve de consensus, quoique le mythe du livre qui l’emporterait à l’unanimité lors du vote soit évoqué. Non au contraire, nos jurés sont là pour débattre : » ce qui est intéressant, c’est qu’on a pas tous les mêmes goûts ni les mêmes opinions ».

J’aime que mes lectures m’apportent et m’apprennent quelque chose.

Ainsi, outre l’envie d’en découdre :-), celles d’apprendre et de découvrir une époque par le biais de la fiction font aussi partie des motivations à participer. Auxquelles s’ajoute « s’échapper » comme l’explique en souriant une jurée. « mon métier dans la finance étant loin de la réalité de l’Histoire, la lecture me permet de m’échapper. »

book-112117_640Happy end

Avant de partir, les jurés reçoivent  un petit sac avec leur « matériel » de juré : les deux premiers romans de la sélection, le code électoral (modalités du scrutin de ce prix littéraire) ainsi que la rituelle grille de lecture qui va leur permettre point par point d’affiner leur avis et de « se poser des questions au delà de j’aime-j’aime pas ».

Quand la réunion se termine, tout le monde repart, sac sous le bras, visages animés, échangeant déjà avec ses nouveaux complices de jury sous l’œil attendri de Liseur : car des affinités futures se devinent, des échanges, des rapprochements et des centres d’intérêt communs…  Et d’expérience, nous savons que les jurys finissent bien !

Cet article se termine donc en happy end, sur ce mot d’une jurée* pour qui l’aventure du jury de l’année dernière a été bienheureuse, puisqu’elle confie avec un large sourire aux 11 autres :

Je m’y suis fait une amie.

*Comme le veut la tradition de la saga des jurés du Prix des lecteurs de Levallois, le mot de la fin de chaque épisode revient à un des membres du jury ( souvent à son insu 🙂 mais ils ont évidemment un droit de réponse !

14 points essentiels pour devenir juré du Prix des Lecteurs de Levallois 2018

12 Sep

La 7ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois aura lieu le 11 mars 2018. Comme chaque année, le Prix des Lecteurs de Levallois sera remis à un jeune auteur afin de le récompenser et de l’encourager à poursuivre son œuvre. Comme son nom l’indique, le jury de ce prix est constitué de lecteurs de Levallois. Pour faire partie de l’aventure de ce prestigieux jury, il suffit de soumettre sa candidature avant le 8 octobre 2017 … et d’être sélectionné. Pour vous aider à vous décider et/ou à candidater, voici un récapitulatif des qualités et compétences nécessaires pour devenir juré de ce désormais célèbre prix littéraire.

  • Le juré aime lire, même s’il confesse parfois s’être éloigné de la lecture et que sa participation au jury est  l’occasion de s’y remettre.
  • Il a lu au moins un livre 🙂 et peut en faire une brève critique pour motiver sa candidature.
  • Il s’engage à lire une petite dizaine de romans en quelques mois soit environ 1500 pages (papier et/ou numérique).
  • Conséquence du point précédent : il risque de passer quelques nuits blanches sur son ouvrage soit parce que la réunion du jury a lieu le lendemain soit tout simplement parce qu’il veut connaitre la fin du bouquin (nous militons ouvertement pour la 2ème raison).
  • Il a de l’intérêt pour ce qu’on appelle « roman historique », mais ce n’est pas un critère déterminant. Différents cas sont alors possibles, tous étant admis :

Accès au formulaire de candidature en ligne sur le site de la Ville de Levallois (nouvelle fenêtre) – Il ne lit QUE des romans historiques et l’Histoire est son dada (critère là aussi non déterminant)

– Il n’a JAMAIS lu de roman historique mais il est curieux de découvrir le genre.

– Il a lu Les trois mousquetaires il y a LONGTEMPS et pour lui, roman historique rime avec cape, épée et chemise à jabot (dans ce cas, la participation au jury peut s’avérer une petite mise à jour sur ce genre littéraire apprécié au XXIe siècle)

  • Il a envie d’échanger autour de ses lectures et de confronter son point de vue avec d’autres lecteurs.
  • Il est motivé, enthousiaste mais non exempt de sens critique.
  • Il résiste aux pressions en tous genres et sait garder le secret des urnes, car une fois le vainqueur 2018 déterminé par le vote final des jurés, son nom ne sera révélé au public que plusieurs jours après (lors de la cérémonie de remise du prix).
  • De fait, il est évidemment  incorruptible 🙂
  • Il est tenace, mais sait écouter les avis différents, pouvant aller jusqu’à revoir son opinion sur un livre si les arguments qu’on lui oppose sont convaincants. Néanmoins l’expérience des années précédentes montre qu’un peu d’entêtement et de jusqu’au boutisme ne nuisent pas.
  • Il est fair-play et éventuellement bon perdant (si son favori n’est pas le lauréat). Et nous tenons ici à le préciser : il peut y avoir des déçus… l’unanimité du jury n’ayant jamais été obtenue. Mais l’édition 2018 sera peut-être différente ?
  • Il est libre quatre mardis soirs d’ici le mois de mars 2018 pour les réunions du jury : la première ayant lieu le mardi 17 octobre à 19h, à l’issue de laquelle il se verra remettre les premiers titres (1ère partie de la sélection) ainsi qu’un certain nombre de conseils. La dernière réunion sera consacrée au vote final où il engagera sa voix et son énergie pour défendre les couleurs de son auteur préféré.
  • Il est disponible le dimanche 11 mars pour l’édition 2018 du Salon du Roman Historique.
  • Il est conscient que ses paroles sont susceptibles d’être citées (de façon anonyme) dans la Saga du Prix des lecteurs de Levallois, dont la saison 4 commencera à l’issue de la première réunion, les précédentes saisons de la Saga du Prix des Lecteurs de Levallois  (2015, 2016 et 2017) ayant été publiées sur Liseur.

Convaincus ? Prêts à postuler ? Vous avez jusqu’au 8 octobre !

Le formulaire à remplir en ligne (nouvelle fenêtre) se trouve sur le site de la Ville de Levallois et est à renvoyer avant le 8 octobre 18h.

Comme chaque année, les moins familiers de la rédaction en ligne peuvent la faire sur papier.

Rappel : les jurés des années précédentes peuvent postuler,  des « redoublants » ayant été admis les années précédents  (à l’heure où nous écrivons cet article, le cas des triplants voire davantage n’a pas encore été étudié).

Accès au formulaire de candidature en ligne sur le site de la Ville de Levallois (nouvelle fenêtre) Info supplémentaire : pour ceux qui souhaitent postuler sur d’autres prix nationaux ou internationaux, ces critères peuvent être nécessaires mais ne seront peut-être pas suffisants, certains prix tels le Goncourt et ses semblables demandant d’avoir quelques publications à son actif. Se renseigner auprès de chaque organisateur de prix sera donc plus prudent.

Petite précision : si une petite collation est servie le jour de la délibération finale du jury du Prix des lecteurs de Levallois, elle ne provient pas de chez Drouant.

Jury du Prix des lecteurs de Levallois 2017, mission accomplie !

14 Mar

Dimanche 26 février 2017, notre intrépide jury s’est réuni pour la dernière fois, au pied de la scène sur laquelle a été remis le Prix des Lecteurs de Levallois 2017.  « Un élu, huit gagnants », a rappelé en introduction la journaliste Karine Papillaud devant une salle comble, avant de présenter chacun des 9 romanciers sélectionnés pour le prix 2017.  Puis, au terme d’un suspense sans pitié :-), le nom du lauréat a été dévoilé par Yasmina Khadra, président de la 6ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois : Jean-François Roseau pour son roman, La chute d’Icare, publié aux éditions de Fallois.

Mais revenons sur les minutes qui ont précédé l’annonce du lauréat 2017. Au premier rang face à la scène, sont assis 12 jurés, le visage grave, le regard attentif, conscients de l’importance de la mission qu’ils ont menée pendant des mois et dont le point d’orgue est le « couronnement » du livre élu (et de son auteur) aujourd’hui.

Sur le podium, Sophie Perrusson, directrice adjointe de l’Action culturelle de la Ville,  rappelle le rôle de La Médiathèque dans l’organisation du Prix des Lecteurs de Levallois et dans l’accompagnement de ce jury  tout au long du processus, des premières discussions post-lecture au vote final. Puis les neuf auteurs sont appelés sur scène et s’installent en arc de cercle face au public. Sourires, bras croisés ou mains dans les poches, tous semblent sereins, mais on a du mal à imaginer que ne se cache pas là-dessous un peu d’émotion ou d’impatience avant l’annonce du résultat… Quant à nos 12 jurés, ils continuent à veiller d’un œil tendre et admiratif sur ces 9 auteurs, qu’ils ont lus, aimés, critiqués, encensés et défendus. Et parmi lesquels ils ont, au terme d’un scrutin riche en surprises,  élu un vainqueur…

photos-remise-des-prix-selectionnes-prix-des-lecteurs-de-levallois-2017 (Flickr Ville de Levallois-nouvelle fenêtre)

Toutes les photos du Salon du Roman Historique de Levallois sont à retrouver sur Flickr (Service photo de la Ville de Levallois)

– Vous n’êtes pas dans l’ordre de mes petites fiches, plaisante la journaliste.

Neuf romanciers, neuf romans

Frédéric Gros commence avec Possédées, qu’il décrit comme « un roman sur une  intensité historique », soit l’histoire d’une machinerie judicaire très compliquée autour d’une possession à l’époque de la contre-réforme. Françoise Cloarec explique que dans L’indolente qui raconte l’histoire d’un couple, Pierre et Marthe Bonnard, elle a « entrecoupé ce livre de scènes où [elle] invente,  un moyen de dire ce qui se passait entre eux et de ne pas dénaturer leur histoire ». Niels Labuzan explique que Cartographie de l’oubli est « un roman sur l’Histoire et sur comment on la raconte » mais c’est aussi un premier roman qui mêle le thème métaphysique de l’oubli au récit de la colonisation du Sud-Ouest africain par l’Allemagne. Vient ensuite Michel Bernard avec Les deux remords de Claude Monet, « un livre parti d’une intuition », explique-t-il, selon laquelle Monet aurait eu deux remords, ce qui donnait le cadre dramatique du roman. Jean-Paul Delfino, quant à lui, est parti d’un fait historique pour écrire Les pêcheurs d’étoiles, racontant une nuit de soûlographie salutaire où ses héros Satie et Cendrars arpentent le Paris des années 20. Yannick Grannec présente ensuite Le bal mécanique, son deuxième roman qui, dit-elle avec un sourire,  » pour faire prétentieux, est une course à la modernité sur un siècle », mais qui est avant tout une histoire de famille et de quête des origines.

Elle passe ensuite le micro à son voisin qui n’est autre que le lauréat, Jean-François Roseau.

Précisons ici qu’à ce stade du déroulé de la cérémonie de remise du prix, seuls quelques happy fews connaissent le résultat du scrutin, dont évidemment nos 12 jurés qui ont gardé le secret des délibérations depuis  leur dernière rencontre. Sur leurs visages impassibles, aucun indice ou tressaillement particulier : le silence total sur le résultat fait partie des clauses de leur mission et nos jurés ont montré depuis la première seconde qu’ils ont à coeur de tenir leurs engagements…

Jean-François Roseau prend  la parole : La Chute d’Icare est son deuxième roman. Mais si le livre est né d’un souvenir personnel puisque c’est son grand-père qui, le premier, lui a parlé de ce fameux Albert Préziosi, le jeune auteur nous dit :

La chance d’un écrivain quand il s’attaque à un roman historique, c’est qu’il y a énormément de brèches dans les personnages.

Éric Faye poursuit avec  Éclipses japonaises, une histoire de Japonais, plaisante-t-il mais surtout « une histoire de disparitions, une affaire qui a eu lieu entre les années 70 et maintenant… », laissant en bon romancier planer le mystère sur des énigmes non résolues et des disparitions encore possibles… Négar Djavadi terminera ce tour de scène en expliquant la genèse de Désorientale : un livre né de « l’envie de raconter une histoire, de raconter une saga familiale dans cet Iran assez méconnu qui est celui des années 70, 60 et auparavant… »

Et le gagnant est …

Tandis que les auteurs regagnent leurs places, la représentante du jury 2017, accompagnée et couvée du regard par ses confrères et consoeurs jurés, monte alors sur scène et parle de leur aventure commune, avec ses découvertes, ses péripéties et ses retournements. Bref la vie d’un jury…  Il y a eu des cris et des larmes ? Presque… admet-elle, ce que vous n’aviez certainement pas manqué de constater en lisant la saga de leurs aventures sur Liseur.

On ne s’y attend pas mais chacun a envie de porter son coup de coeur, de le défendre jusqu’au bout. Et tout ca dans une très bonne entente.

Sur scène, notre jurée est entourée de Stéphane Decreps, adjoint au maire à la culture de la Ville de Levallois et de l’écrivain Yasmina Khadra. Le premier insiste sur la place privilégiée faite au livres et aux auteurs à Levallois parce que « c’est sur le travail que font tous les auteurs que se façonnent l’esprit et la réflexion, bases de la démocratie ».  Le président de cette 6eme édition du salon ironise sur la fonction et le caractère parfois inamovible de la fonction présidentielle mais il redevient sérieux quand il évoque  « cette grande communauté de lecteurs et d’écrivains, la plus belle des familles ».

À la question, un prix de lecteurs, c’est important, l’écrivain répond :

On aime un livre parce qu’il nous touche un peu plus qu’un autre et je trouve que le lecteur est toujours sincère, il va vers ce qui est beau et juste. Et c’est ce qui l’honore.

Puis l’écrivain s’avance vers les livres, sa main plane un moment au-dessus des neuf ouvrages sélectionnés, tenant le public en haleine.

– Où est-ce qu’il est d’abord ce livre ? Il n’est pas là, plaisante-t-il, jouant sur la tension de ce moment de pré-révélation…

Quelques cœurs sont en suspens avant qu’il finisse par saisir le lauréat (l’ouvrage pas l’homme !:-) en le tendant à bout de bras :

– Le voici, et je m’excuse pour les autres,

Jean-François Roseau avec son roman La Chute d'Icare Prix des lecteurs de Levallois 2017Jean-François Roseau remonte alors sur scène, accompagné d’applaudissements. Il serre la main des officiels, il sourit, il remercie avant de se voir récompensé d’un chèque de 2000 euros, dotation offerte par le partenaire du salon, la société So Ouest.

Il semble ému, « merci infiniment », il évoque la sincérité des lecteurs, avant de parler de son prochain roman, celui auquel il travaille déjà.La chute d'Icare de Jean-François Roseau (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Après de nouveaux applaudissements, la salle se vide. Jean-François Roseau va aller signer des dédicaces sur des livres désormais auréolés d’un bandeau jaune Prix des lecteurs de Levallois 2017.

La fin d’une aventure collective

Les jurés se séparent, la plupart vont aller à la rencontre des auteurs qu’ils ont lu et de tous ceux qu’ils veulent découvrir, nul doute qu’ils sauront parler de leur plaisir de lecteurs à chacun des auteurs de la sélection et sous le sceau du secret, peut-être leur confieront-ils :

Vous étiez mon préféré…

Nous voici donc parvenus au terme de cette fascinante aventure dont les héros, 12 jurés et 9 romans ont, le temps d’une saison, mis le roman historique à l’honneur. Merci à ce jury 2017, qui, comme ceux des précédentes années, nous a émerveillé par sa qualité d’écoute, de dialogue, d’analyse, mais aussi par sa générosité, sa complicité, sa sincérité et sa totale implication en littérature. Toutes nos félicitations et notre admiration vont évidemment à Jean-François Roseau ainsi qu’aux huits autres romanciers sélectionnés : grâce à eux tous, nous avons vécu des moments historiques et mémorables avec le jury 2017.

Comme le veut la tradition de cette saga du Prix des lecteurs de Levallois, le mot de la fin revient aux jurés. Voici ce qu’ils avaient dit, il y a quelques mois,  du roman primé :

Une très belle surprise

Nul doute que cette expression s’applique à chacun des neufs romans de la sélection 2017  !

Liseur remercie tout particulièrement les 12 jurés 2017 pour leur participation active à la réalisation et à la production de la saison 3* de la saga du Jury du Prix des Lecteurs de Levallois  : inspiration, mise en scène, dialogues, décors et costumes 🙂

* Saisons précédentes  en 2015 et 2016.

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