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A la rencontre de Colette Fellous : l’exil d’hier et aujourd’hui

9 Mar

Le 28 février 2020, les lycéens de seconde du lycée Léonard de Vinci ont rencontré l’auteur Colette Fellous. Son œuvre traite principalement de l’exil, de la nostalgie associée : elle y interroge non seulement sa propre histoire, mais aussi l’histoire de la colonisation en Tunisie ou les événements de mai 68. Elle y entremêle histoires personnelles et histoires collectives mises en scène, mais elle parle aussi de ce que ses racines juives originaires d’Italie, et plus loin d’Espagne et du Portugal, ont apporté de confusion dans l’identité de sa famille, quand elles se sont ajoutées à la culture française.

Les œuvres de Colette Fellous à La Médiathèque

Aujourd’hui (nouvelle fenêtre) revient sur son enfance et son adolescence en Tunisie, du temps ou communauté juive et arabe vivaient ensemble, du moins jusqu’au 5 juin 1967, jour d’émeute, qui marque une rupture importante dans sa vie. Elle a 17 ans et s’apprête à passer son bac. Elle se souvient et convoque le passé, le mélangeant à sa vie, la vie actuelle et à « là-bas », dans sa famille, avec ses parents, son frère aîné, la chaleur, les bruits, les couleurs… Puis, après Paris pour les études, l’arrivée des parents, décalés dans ce nouveau pays est une nouvelle étape.

Pour Dalida (nouvelle fenêtre)  : plus qu’une simple biographie, ce livre rend hommage à la mère de l’auteur à travers la passion que cette dernière avait pour la chanteuse Dalida, qui a bercé l’enfance et a accompagné la narratrice tout au long de sa vie.

Camille Claudel (nouvelle fenêtre) : ce livre est découpé en petits chapitres où l’auteur donne l’impression d’avoir voyagé dans le temps et d’avoir pu rencontrer la célèbre sculptrice à la vie tourmentée. Elle ne lui parle pas. Elle l’observe, tantôt en la fixant dans les yeux, tantôt de loin, à travers une fenêtre, sur un banc de jardin, cachée derrière un arbre penché, perdue dans la foule.

Pièces détachées (nouvelle fenêtre)  : l’annonce de la mort brutale d’Alain, un ami proche, fait resurgir en écho celle du père de l’écrivaine. Elle explore alors des temps et des lieux en superposant passé et présent, Tunisie natale et Normandie, visages et musique, pour dire son attachement au monde et aux êtres qui lui sont chers.

Un amour de frère (nouvelle fenêtre) : Colette Fellous assiste en Tunisie au réveil de la population qui aspire goulûment, jour après jour, l’oxygène de la liberté. Est-ce cela ou est-ce d’avoir échappé de peu à un accident sur la voie de chemin de fer où s’était accrochée sa sandale alors que le train arrivait, tout un flot de souvenirs remonte à la surface… Elle se souvient de son enfance, de l’attention des siens tournée vers Georgy, le frère diabétique, de son adolescence forgée dans l’attente de plus en plus vive de rejoindre la métropole et ce frère chéri.

Kyoto Song (nouvelle fenêtre) : Dans ce livre, Lisa 10 ans, sert de médium à Colette Fellous pour parcourir la cité japonaise et fait remonter ses souvenirs. Ce livre est à mi chemin entre une sorte de carte semi-imaginaire qu’elle ponctue de photographies et d’un recueil d’images traversées par les lieux de sa vie et la Tunisie de son enfance.

L’exil et la nostalgie du déracinement à travers d’autres romans

Comme Colette Fellous, de nombreux écrivains ont abordé la question de l’exil, du départ, de la découverte plus ou moins facile du pays d’adoption : tous ont chacun à leur manière décrit la mélancolie du pays perdu. Voici quelques titres classés par grands.

L’exil 

L’exil à cause de la guerre 

L’exil intérieur, la recherche du sens de la vie 

L’exil vers les États-Unis

Les migrants 

L’expatriation 

Et en bandes dessinées

Pour approfondir les sujets relatifs à ces différentes œuvres, vous pouvez retrouver cette vidéo de TV5 Monde : Littérature: La mémoire, la nostalgie, l’identité.. .l’exil en question :

Et compléter avec les actes de cette série de colloques sur l’exil qui ont eu lieu entre 2001 et 2008 à l’Université de Montréal, de Laval, ainsi qu’à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (nouvelle fenêtre)

Photo d’en tête de l’article  : Colette Fellous par NancyKayErickson — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=22728814

Ronan Badel, un auteur caméléon aux multiples facettes exposé à La Médiathèque

25 Fév

À l’occasion de la 9ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois (nouvelle fenêtre), Petit Sapiens, héros de bandes dessinées plébiscitées par les jeunes amateurs d’Histoire, s’expose à La Médiathèque du 24 février au 15 mars 2020. Pleines d’humour et très actuelles, les planches de Ronan Badel initient les plus jeunes à La Préhistoire et passionneront tout amateur d’Histoire et de dessin. L’auteur dédicacera ses livres lors du Salon le 1er mars et sera aussi présent le samedi 29 février pour le traditionnel Goûter conté avec un auteur à l’Hôtel Ibis de Levallois.

L’auteur

Ronan Badel est né en janvier 1972 en Bretagne où il grandit.

article « Petit Sapiens » : la première BD d'un Alréen (Le Télégramme - nouvelle fenêtre)

©Le Télégramme 2006

Diplômé des Arts Déco de Strasbourg, il est repéré par les éditions du Seuil avant même la fin de ses études en 1998 à l’âge de 26 ans.

Après avoir enseigné dans une école d’art parisienne pendant plusieurs années, il choisit de rentrer en Bretagne pour se consacrer à l’écriture et à l’illustration.

Dès ses débuts, Ronan a pris l’habitude de se servir de différentes techniques d’illustration pour s’adapter au mieux aux ouvrages à mettre en valeur, qu’ils soient destinés à un public adulte ou jeunesse car, comme il le dit en 2014 :

Quand je reçois un projet ou quand j’écris un texte, je ne sais jamais quelle piste graphique je vais utiliser. C’est précisément ce qui m’intéresse. Je veux continuer à chercher et à explorer différentes écritures, différents outils.

C’est probablement ce qui plaît tant aux très nombreux éditeurs* qui font appel à lui.

Fort heureusement, cet illustrateur est prolixe. En 2017, il précise : « Je réalise un dessin par jour, ce qui fait que je réussis à illustrer un album tout entier en un mois. En une année, je parviens à en faire une dizaine ! […] Parfois, j’illustre 5 ou 6 livres en même temps. »

*En observant la liste tous les éditeurs avec lesquels Ronan Badel a travaillé (Actes Sud Junior, Albin Michel, Autrement, Bayard, Didier, Élan vert, Flammarion, Gallimard, Hachette, Larousse, Le Pommier, Lito, Mango, Milan, Nathan, P’tit Glénat, Sarbacane, Seuil, Thierry Magnier, etc) la question est : chez quel éditeur jeunesse n’a-t-il pas été publié ?

Son œuvre

Parmi ses très nombreux ouvrages illustrés (plus de 150 !), nos favoris sont :

La bonne humeur de Loup gris (nouvelle fenêtre)  texte de Gilles Bizouerne (Éditions Didier) ainsi que les trois autres aventures de ce malheureux loup gris !

Émile est invisible (nouvelle fenêtre)  /texte de Vincent Cuvelier et toute la série des aventures d’Émile, un petit garçon au fort tempérament (nouvelle fenêtre) ! (Éditions Gallimard / Giboulées)

Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache (nouvelle fenêtre) / texte de Hélène Rice. (Éditions Thierry Magnier)

Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache Hélène Rice Ronan Badel (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)

Voici toutes les instructions pour apprendre à dessiner correctement une vache étape par étape : les quatre pattes, la queue, la tête allongée, les dents… Oups ! Pas de panique : cet album donne aussi toutes les instructions au cas où votre vache ressemblerait dangereusement à un crocodile !

Mais notre création favorite reste son ouvrage : 3600 secondes édité chez Autrement jeunesse.

Une nuit, deux extraterrestres invitent un petit garçon à bord de leur soucoupe volante. C’est parti pour un tour du monde en 3600 secondes !

En 2006, il se lance dans l’aventure de Petit sapiens (nouvelle fenêtre) dont vous pouvez admirer les originaux à La Médiathèque dans le cadre de la Randonnée littéraire qui ouvre le Salon du Roman Historique de Levallois (nouvelle fenêtre).

Petit Sapiens raconte les aventures d’un jeune homo sapiens, à l’époque de la Préhistoire. Au cours des différents tomes de cette série de BD, il présente sa famille et son quotidien sous forme d’un carnet de note, son journal intime, avec  quelques anachronismes.  Un petit Sapiens que son papa appelle « mon fils », que sa maman appelle « chéri » et que sa sœur n’appelle pas parce qu’elle est en pleine crise d’adolescence… Une combinaison très réussie entre texte narratif et scènes illustrées pour des  péripéties pleines d’humour et toujours d’actualité.

Rencontre avec Ronan Badel

Dans le cadre de la Randonnée littéraire, venez rencontrer Ronan Badel samedi 29 février ainsi que dimanche 1er mars  :

  • Goûter conté avec l’auteur, offert par l’hôtel Ibis Levallois samedi 29 février à 15h30 à l’Hôtel Ibis de Levallois (24 rue Trébois)
  • Dédicaces de ses albums et plus grands succès le dimanche 1er mars de 14 à 19h à l’Hôtel de Ville de Levallois

 

 

Les livres cultes de Paul Gréveillac

21 Fév

Livres de chevets, objets tutélaires, miroirs et/ou formateurs, ceux que l’on écorne, relit ou souhaite relire, ceux que l’on emmènerait sur cette fameuse île déserte où l’on aurait plein de temps pour lire… tout lecteur a en tête un ou plusieurs romans qui l’ont accompagné, enthousiasmé, ému, transformé. Et comme les écrivains sont des lecteurs comme les autres, ils ont eux aussi leurs livres préférés !  Ainsi, après les livres cultes de Yasmina Khadra puis de Jean-François Roseau, voici ceux de Paul Gréveillac, l’auteur lauréat du Prix des lecteurs de Levallois 2019 pour son roman Maîtres et esclaves : quinze titres qui ont marqué sa vie, son œuvre et peut-être fait naître son désir d’écrire.

À notre invitation à partager ses lectures dans le cadre de notre rubrique Les livres d’un écrivain, Paul Gréveillac a tout de suite accepté de se plier à l’exercice et nous l’en remercions.

Si vous ne connaissez pas encore Paul Gréveillac

Il n’a même pas 40 ans et déjà trois romans publiés dans la prestigieuse collection blanche de Gallimard :

Primé à Levallois au printemps 2019, son roman Maîtres et esclaves (nouvelle fenêtre) était passé à deux doigts du Goncourt automnal avant de recevoir le prix Jean-Giono en décembre (voir l’article du 5/12/2018 par Mohammed Assaouï sur Lefigaro.fr -nouvelle fenêtre). Au-delà de thématiques passionnantes où expérience communiste et processus artistique s’entrecroisent avec brio, c’est par un style d’apparence très « classique » que Paul Gréveillac étonne et accroche son lecteur.

Mais ne vous y trompez pas, vous ne lirez pas ici un Flaubert réchauffé, ni même un Michon ou un Bergounioux, mais un travail du style qu’on qualifie avec facilité de « classique », en réalité profondément modernes, bien qu’on y retrouve une structure et des procédés communs aux œuvres dites classique. Les premières phrases sont caractéristiques de ce style « Greveillac » : « Le brouillard faisait au monde une page blanche. Laiteuse. Opaque. ». Un travail poussé du rythme, de la métaphore, de la symétrie brouillard/opaque excentrée par des jeux de matière autour de la couleur blanche/laiteuse. (extrait de l‘article « Paul Gréveillac : La plume et le pinceau » par Marc-Antoine Faure sur Zone critique publié le 2/2/2019- nouvelle fenêtre)

Ces livres qui l’ont marqué et qui l’accompagnent toujours

Tous les livres de chevet de Paul Gréveillac sont disponibles dans toute bonne médiathèque, librairie ou bibliothèque personnelle. La plupart sont à La Médiathèque de Levallois, excepté trois que nous avons trouvé dans des bibliothèques voisines (pour les Parisiens)

N’hésitez pas à vous inspirer des lectures de Paul Gréveillac pour enrichir ou compléter les vôtres et bonne lecture !

Une rencontre avec Paul Gréveillac à ne pas manquer

Paul Gréveillac sera à La Médiathèque le jeudi 12 mars 2020 pour Carte blanche à un auteur, le rendez-vous spécial de Cin’Eiffel (nouvelle fenêtre) où un romancier présente et commente son film préféré : il a choisi pour nous Taxi Blues de Pavel Lounguine.

D’ici là, bonnes lectures !

Les bibliothécaires et bibliothèques, stars des romans

26 Juin

Après Libraires et librairies dans les romans, voici les bibliothécaires dans la littérature ! Du latin bibliothecarius, le bibliothécaire est par définition la personne chargée des livres dans une bibliothèque. Mais bibliothécaires et bibliothèques se retrouvent aussi à l’intérieur des livres… Personnages sévères, mystérieux, sauveurs ou passeurs, voici quelques figures littéraires de ces mythiques gardiens de livres au cœur de ces lieux dont ils ont la charge.

Les « Hommes-livres » dans Fahrenheit 451 (nouvelle fenêtre) de Ray Bradbury (1920-2012) publié en 1953

Montag est un pompier du futur d’un genre particulier : il brûle les livres. Jusqu’au jour où il se met à en lire, refuse le bonheur obligatoire et rêve d’un monde perdu où la littérature et l’imaginaire ne seraient pas bannis. Devenant du coup un dangereux criminel…
Résumé extrait de Babelio (nouvelle fenêtre)

Il n’y a pas besoin de brûler des livres pour détruire une culture. Juste de faire en sorte que les gens arrêtent de les lire. Ray Bradbury

Dans ce roman, pas de bibliothèques puisque elles sont brûlées. Les bibliothécaires sont des hommes- livres, et apprennent par cœur un ou plusieurs livres pour pouvoir les réciter lors de rencontres nocturnes dans la forêt.

Pour aller plus loin

Dans L’Homme sans qualité de Robert Musil (nouvelle fenêtre), roman fleuve inachevé de deux tomes, le bibliothécaire répond au Général Stumm concernant son métier :

Le secret de tout bon bibliothécaire est de ne jamais lire, de toute la littérature qui lui est confiée, que les titres et la table des matières. Celui qui met le nez dans le contenu est perdu pour la bibliothèque. Jamais il ne pourra avoir une vue d’ensemble ! 

Le mystère Henri Pick (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Le bibliothécaire « sauveur de manuscrits » dans Le mystère Henri Pick (nouvelle fenêtre) de David Foenkinos (2016)

En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’oeuvre, écrit par un certain Henri Pick. 

Contrairement à la citation du bibliothécaire dans l’Homme sans qualité, ce bibliothécaire lit les manuscrits. David Foenkinos s’est inspiré de l’écrivain et poète américain Richard Brautigan (1935-1984), qui disait de lui-même qu’il était « un poète inconnu » pour créer son personnage de bibliothécaire.
Sous forme d’enquête policière, il va au passage écorcher l’univers de l’édition qu’il connait d’ailleurs lui-même parfaitement. Un brin convenu et caricatural mais à découvrir.

  • L’avis de culture-tops.fr :  Limpide, drôle, sensible, avec un brin de suspense

Pour aller plus loin

L'ombre du vent de Zafon (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) La bibliothèque secrète dans un cimetière dans L’Ombre du vent (nouvelle fenêtre) de Carlos Ruiz Zafon (2001)

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, « ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon, Daniel Sempere, le narrateur, dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. 
Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville » : L’Ombre du Vent.

Un mélange de Fahrenheit 451 dont les protagonistes sont des « sauveurs de livres », et du (Le) nom de la Rose pour la « bibliothèque secrète ».

  • L’avis de jmph sur le blog du journal Le Monde : Zafón est un formidable raconteur d’histoire… c’est un livre qu’on ne lâche pas, qu’il ne faut pas lâcher sous aucun prétexte pour ne pas en perdre le fil et pour en goûter tout le sel et l’humanité…Et c’est aussi, et surtout, un véritable hymne d’amour pour les livres… plus forts que la vie.
  • L’avis de Didier Sénécal dans le journal l’Express : Si vous avez le malheur de lire les trois premières pages de son roman, vous n’avez plus aucune chance de lui échapper… Une fois égaré dans les labyrinthes du quartier gothique de Barcelone, l’amateur de belles histoires n’a plus aucune envie d’en sortir. 
  • L’avis du journal Le Parisien :  Un récit digne d’Alexandre Dumas !

La bibliothécaire de Gudule (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)

La bibliothécaire (nouvelle fenêtre) de Gudule (de son vraie nom Anne Liger-Belair 1945-2015) publié en 1995

C’est l’histoire d’un garçon prénommé Guillaume. Un jour, Guillaume s’endort sur sa table de cours et son professeur de français, Mr Pennac lui demande alors de raconter son rêve, seulement Guillaume raconte une histoire qu’il vit tous les soirs. Cette histoire, c’est celle d’une vieille femme écrivant très tard le soir puis éteignant sa lumière rose, puis une jeune fille sort de la résidence. Un soir Guillaume décide de la suivre jusque la bibliothèque, quelque temps après, ils se retrouvent tous deux sur un banc et la jeune fille lui explique qu’elle recherche un grimoire pour devenir écrivaine. C’est alors que Guillaume va chercher en vain le grimoire pour la jeune fille disparue. Va-t-il réussir à la sauver ?

Ce roman de littérature jeunesse, un « incontournable » nous plonge dans un récit fantastique où le personnage principal, va écrire la suite de l’histoire commencé par la vieille dame, ancienne bibliothécaire afin de faire réapparaître la jeune Idda. Mais comme il est mauvais en français, cela s’annonce cocasse ! Guillaume y croisera Alice au pays des merveilles, Poil de Carotte, et bien d’autres personnages de romans.

La bibliothèque est elle aussi un peu désuète 🙂

L’endroit est extraordinaire : des rayonnages couvrent les murs et s’alignent les uns derrière les autres, formant d’étroites allées. Combien y a-t-il de livres, ici ? Dix mille, cent mille, un million ? Une odeur de vieux papier, à la fois acre et doucereuse, émane du fantastique amas d’ouvrages, dont certains ont plus d’un siècle. Couvertures de cuir, de tissu, de carton, aux tranches dorées ; parchemins roulés ; éditions rares et volumes populaires pleins de naïves illustrations ; tout le savoir du monde semble rassemblé ici. La somme des connaissances humaines emplit cette salle, noyau lumineux au cœur de la bâtisse obscure. Et ce noyau, par le plus grand des hasards, Guillaume vient d’y avoir accès.

Ce livre est dédié aux bibliothécaires et aux documentalistes pour leur remarquable travail auprès des jeunes, dans l’approche du livre-plaisir.

Avec ces exemples, nous pouvons donc dire que la littérature en général a traité le sujet des bibliothèques et des bibliothécaires, et ce, plus ou moins bien. Alors oui, les bibliothèques sont bien vues comme un lieu de savoir, mais souvent calmes et un peu poussiéreuses. Quant aux bibliothécaires, elles sont souvent représentées comme étant majoritairement des femmes d’un certain âge, sévères et qui passent leur temps à lire !!! Mais ces « clichés » appartiennent à la fiction, n’est-ce pas ?

Rappelons que la bibliothèque est aussi un lieu ouvert à tous, où l’on peut lire, jouer, travailler, rêver, utiliser les ressources numériques, consulter Internet, emprunter des livres, des cds, des jeux vidéos, des magazines mais aussi échanger et participer à des animations organisées par les bibliothécaires elles-mêmes 🙂

Et pour finir ce petit tour d’horizon, La Médiathèque de Levallois et ses bibliothécaires en images !

Nous espérons vous voir très nombreux (ses) à La Médiathèque de Levallois !

Un auteur à l’affiche : Annie Ernaux

1 Juin

Le 21 mai dernier à Londres, l’écrivain Annie Ernaux a manqué de peu la consécration finale du Man Booker Prize International 2019 (nouvelle fenêtre) pour son  titre-phare Les années (nouvelle fenêtre) évidemment traduit en anglais. Sélectionnée dans la shortlist du prestigieux prix littéraire, elle est considérée comme le chef de file du roman social.

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Le prix a été remis à Jokha Alharthi pour son livre Celestial bodies (voir l’article du Temps – nouvelle fenêtre) mais c’est l’occasion de revenir sur la vie et l’œuvre d’Annie Ernaux. Son nom d’origine est Duchesne, elle est née en 1940, à Lillebone en Normandie. Issue de parents épiciers, elle sera poussée par sa mère à faire des études, (très jeune elle prend conscience des écarts de milieux, ce qui vraisemblablement alimentera  l’origine de son inspiration littéraire).

Elle étudie ensuite à l’université de Rouen, première étape vers l’autonomie. Elle obtient le CAPES, et devient agrégée en lettres modernes. Lorsque paraît La place (nouvelle fenêtre) elle obtient le prix Renaudot, ce qui la fait connaître. Mêlant l’expérience personnelle à la grande Histoire, ses ouvrages abordent l’ascension sociale de ses parents  La Honte (nouvelle fenêtre), son mariage La Femme gelée (nouvelle fenêtre), sa sexualité et ses relations amoureuses Passion simple (nouvelle fenêtre), Se perdre (nouvelle fenêtre), son environnement La Vie extérieure (nouvelle fenêtre), son avortement L’Événement (nouvelle fenêtre), la mort de sa mère dans Une femme, construisant ainsi une œuvre importante, d’influence sociologique. Sa référence en la matière sera Pierre Bourdieu, qu’elle admire.

Elle délaissera très vite la fiction pour tenter de montrer le monde tel qu’il est en s’appuyant sur sa propre histoire. Peu à peu, elle invente une écriture singulière qui utilise un matériel autobiographique comme terrain de questionnement. Elle épure de plus en plus son style et le singularise. Elle publie souvent des journaux qui complètent certains de ses textes avec un autre angle de vue. Elle interroge sans cesse son écriture soit avec un allié, soit seule dans son ouvrage, L’atelier noir (disponible en version numérique- nouvelle fenêtre ) où elle analyse avec une grande précision sa recherche pour parvenir à un ouvrage essentiel : Les années (nouvelle fenêtre).  

les années Annie Ernaux (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) En ce moment, Annie Ernaux est à l’honneur dans la pièce L’autre fille, tirée d’un de ses livres (paru en 2011), à l’affiche au Studio Hebertot (nouvelle fenêtre) où j’ai eu la chance de me rendre pour cette adaptation sobre et brillante, mise en scène par Nadia Remita. Dans un décor épuré, la comédienne Laurence Mongeaud livre avec brio un texte socio-biographique, très fort, interprété magistralement et au ton juste sur un secret familial absolu. Jamais un mot de la bouche de ses parents sur cette sœur inconnue, morte deux ans avant sa naissance… Annie Ernaux s’interroge. Creuser l’absence pour faire jaillir la présence, écrire à une morte pour s’adresser aux vivants… un texte tendre et abrupt pour un spectacle intense et bouleversant. qui se caractérise par des phrases courtes, où chaque mot est pesé, choisi.

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