La saga du jury du prix des lecteurs de Levallois, premiers débats

14 Jan

Quelques semaines avant Noël, les 12 jurés du Prix des lecteurs de Levallois 2019 se sont réunis pour leur première véritable séance de jury. Si la première réunion avait permis au groupe de faire connaissance, cette soirée du mois de décembre a été l’occasion de passer deux premiers romans au crible des critiques, des éloges et des doutes ! Revivez en direct ces quelques heures…

À la recherche de l’Histoire

La muse Clio Legs (détail), fresque de Charles F. Comfort Bibliothèque et Archives Canada

Dès les premiers échanges,  une question va agiter la tablée : où est l’Histoire ? Prenant leur rôle très à cœur et ayant bien enregistré les consignes (à savoir que les romans sélectionnés fassent preuve d’une veine historique indéniable), les jurés semblent avoir concentré leur lecture et leur analyse sur cet aspect.

– Attention, on parle de roman « historique », objecte cette jurée à une autre qui avoue avoir été littéralement conquise par le romanesque d’une histoire qui l’a fait rêver.

– Mais justement rétorque la première, c’en est un vrai  ! Au-delà des destins individuels, on découvre l’histoire d’un pays mais aussi l’évolution des mentalités, la mutation d’une société avec l’exode rural, l’urbanisation, l’émigration…

Tous ceux qui ont bien vu la patte de l’Histoire dans ce roman acquiescent. Certains y voient même une combinaison assez réussie d’Histoire et d’évolution sociale. Petit bémol pour cet autre pour qui l’aspect historique arrive malgré tout très tard dans le roman. « Et c’est même un peu léger ». Avis aussitôt suivi par un troisième qui renchérit : « si peu explicite que ça en devient frustrant de pas savoir… »

– C’est une saga familiale avec une petite dimension historique.

La jurée qui vient de parler ne s’est même pas posée la question : pour elle, ce livre ne raconte pas d’évènements ni de faits donc il n’est pas historique. Petit brouhaha autour de la table…

– Mais non, ça part d’un phénomène historique, c’est de l’histoire actuelle, et finalement on apprend comment on vivait à cette époque !

Photo extraite du film « 12 hommes en colère » de Sidney Lumet

Ainsi pour certains, la description de l’évolution d’une société est un critère tout à fait suffisant pour donner le qualificatif d’historique à un roman. On assiste alors à un petit débat pour déterminer si oui ou non, l’évolution sociale fait partie de l’Histoire, chaque point de vue ayant ses détracteurs et contradicteurs.  Diplomate et rassembleur, un des jurés résume alors la « nature » du roman soumis à la question  :

– Un livre sociétal qui met en scène des personnages dans une période historique précise.

Alors historique ou pas ? Autour de cette table, on n’arrive pas à trancher… Selon cette autre jurée, il y a juste un contexte mais ce n’est définitivement pas historique. En riant, elle avoue alors qu’elle vient juste de terminer Les rois maudits, qui, en terme de période, de repères et d’évènements répertoriés dans les programmes d’histoire, répond davantage à sa définition du genre.

Notre juré diplomate reprend alors la parole :

– La question à se poser est de savoir si un roman est historique à partir du moment où l’Histoire est au centre de ce roman.

Silence perplexe autour de la table car à cet instant, tout le monde est d’accord pour dire que la famille est au cœur de ce roman.

– Mais le livre raconte comment les évènements de cette époque l’ont affectée, modifiée, transformée et fait passer d’un univers à un autre.

Alors pour ce juré c’est clair, ce roman possède sa part indéniable d’Histoire, et ce, même si l’auteur a fait le choix d’un focus sur une famille évoluant dans une période historique. Autour de la table, tous ne sont pas convaincus.

Ils le seront encore moins quant au deuxième roman analysé car dans celui-là, « l’histoire est vraiment en filigrane »; Mais là aussi, les avis sont aussi contrastés que sur le premier livre.

-On est d’accord ou on a un blocage, résume à nouveau notre sage juré.

-Est-ce qu’à chaque fois ce débat revient ? demande un autre.

D’après notre expérience, la réponse est oui et c’est bon signe, cela veut dire que chaque année, nos jurés se posent les bonnes questions et butent sur les mêmes difficultés : qu’est-ce qu’un roman historique ? Le livre que j’ai en mains en est-il bien un ?

Mais le risque de toute discussion au sujet d’un livre est aussi de se perdre dans son sujet et de finir par débattre du fond et non de la forme. Si l’on entend bien ce soir quelques discussions quant au bien fondé du choix de tel personnage, au manque de solidarité dans la famille, au difficile rapport colons/colonisés, ou encore quant au fait que « dans la vraie vie cela ne peut pas être comme ça », les jurés n’oublient pas ce qui constitue l’essence d’un livre (et donc ce qui doit aussi être pris en compte pour leur remettre un prix)  : sa construction, sa « voix » personnelle, son style…

Style, construction, points de vue

On se penche alors sur la forme, évoquant la construction chorale, l’histoire à plusieurs voix , le « même moment vu par différents personnages », l’imbrication de chapitres plus petits qui coupent le récit principal, les contes et poèmes orientaux enchevêtrés dans le récit, l’alternance de points de vue, le choix de raconter selon la vision d’une petite fille, ce qui permet de poser les « vraies questions ».

Puis on parle écriture et les passions se déchainent : « un style foisonnant, flamboyant, un livre qui se déguste, très coloré qui se goute, se respire… »

C’est la force du texte : aucune faiblesse, pas de chute de style, la langue est belle…

Bien sûr face à ces louanges, d’autres sont plus critiques : le foisonnement devient fouillis… Ces avis opposés deviennent encore plus marqués quand la richesse de l’écriture qui a séduit les uns semble excessive aux autres : « ça part dans tous les sens, c’est confus, on décroche ».

– Trop c’est trop, dit cette jurée.

À ceux qui parlent de « catalogue de personnages », de « style vulgaire » ou « d’écriture qui se perd dans les clichés et les répétitions », une autre jurée oppose que le style est justement parfaitement adapté au contenu : « l’écriture est faite pour accompagner et montrer ce qu’elle [l’auteur] a vécu ! » Et notre jurée de souligner l’humour et l’ironie de l’auteur quand l’auteur décrit l’atmosphère familiale, la nostalgie de l’exil ou le poids de la tradition…

Comme vous pouvez le constater, les avis sont multiples, parfois diamétralement opposés, mais rassurez-vous, toujours courtois ! Cette divergence de points de vue et d’appréciations se retrouve dans le bref petit vote à main levée qui a lieu à la fin de la séance et qui, bien évidemment, ne préjuge en rien de l’avenir mais a le mérite de pouvoir commencer à hiérarchiser les lectures dans l’esprit de chacun en vue du vote final du mois de mars.

Quand la séance se termine, chacun repart, sourire aux lèvres, avec deux nouveaux livres à lire pour la rentrée. Espérons qu’à la prochaine réunion, nous pourrons à nouveau entendre comme cela a été dit ce soir par une des jurées (fidèle à la tradition de cette saga depuis 2014, le mot de la fin revient toujours à l’un des jurés)  :

Ces lectures se dégustent 🙂

Ce qui est certain, c’est qu’elles seront l’objet de beaucoup d’attention, d’implication et de débats passionnés

Précédemment dans Liseur : La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois 2019, top départ.

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Vœux, souhaits et bonnes résolutions 2019

7 Jan

Chaque mois de janvier sonne l’heure des vœux, des bonnes résolutions et des objectifs : pas de surprise au box office des souhaits 2019, bonheur et épanouissement y sont cette année encore en bonne position ! Mais comme chaque année, la question de la mise en œuvre de ces vœux puis de leur réalisation concrète se pose… C’est là que les livres et la lecture peuvent aider. Aussi après enquête livresque rondement menée, Liseur a noté quelques pistes pour parvenir à la félicité en 2019 !

Si l’on veut atteindre le bonheur, il semble préférable tout d’abord de se poser les bonnes questions :

Saviez-vous que l’on est en moyenne plus heureux à 60 ans qu’à 20 ou 30 ans ? Ou que le bonheur des jeunes mariés et des gagnants au Loto revient à son niveau de départ au bout de deux ans ? Saviez-vous que les gens qui ont fait des études supérieures sont moins satisfaits de leur existence ? Ou que l’argent rend plus heureux quand il est consacré aux expériences vécues plutôt qu’aux biens matériels ? Ce livre bouscule bien des idées reçues…

On peut ensuite s’appuyer sur l’expérience des anciens et relire ses classiques, car dès l’antiquité, la recherche d’un état bienheureux et équilibré était au programme, ce que nous explique l’historien Lucien Jerphagnon dans :

Les sages de l’Antiquité racontent dans leurs textes de nombreuses anecdotes, évoquent des situations réelles ou imaginaires, développent des argumentations raffinées sur le bien vivre et le bien mourir […]
Des guérisons miraculeuses au mythe de Narcisse, des fantasmes de Caligula aux rêves de Néron, des imbéciles selon Platon à la sottise selon saint Augustin, ces lectures érudites nous invitent à redécouvrir avec une nouvelle fraîcheur des sages antiques qui ne dédaignaient pas manier l’humour. (Extrait de la présentation de l’éditeur)

De l’avis général, voir la vie en rose et la prendre du bon côté aident à rendre l’existence agréable. Mais pour ceux qui ont tendance à ne voir que le verre à moitié-vide, l’exercice peut s’avérer difficile.  Grâce au livre d’Aurélie Pennel, ils apprendront comment convier l’optimisme dans leur quotidien.

Qu’est-ce que l’optimisme ? Comment changer notre regard sur les situations que nous vivons ? Comment cultiver cette attitude ? À l’aide d’exercices et d’exemples qui s’appliquent au quotidien, ce guide documenté, illustré et outillé nous met sur la voie d’une vie plus épanouie, étape par étape.

 

Collection j'arrête (livres numériques à lire en ligne sur le site de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Si être optimiste commence souvent par une formulation positive, certains, selon leur caractère, préfèreront pourtant un vocabulaire impératif à consonance négative et se pencheront ainsi sur les livres de la collection J’arrête de (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre), où ils trouveront tous les moyens d’exaucer leurs souhaits divers et variés : arrêter de râler, de procrastiner, de ramollir, de fumer, de subir son passé, de mettre fin à une habitude !

Mais atteindre l’épanouissement passe parfois par des chemins inattendus. Ainsi selon la journaliste américaine Kathryn Schulz, avoir tort pourrait améliorer nos qualités et nous rendre meilleurs.

« Si je me trompe, c’est bien parce que je suis persuadé d’avoir raison » : Kathryn Schulz part de ce paradoxe pour traquer avec humour l’erreur dans toutes les circonstances de la vie illusions, croyances, théories, passions… Elle démontre que la propension à se tromper est une condition de la pensée, indispensable à l’avancée des connaissances. Contre toute attente, l’erreur est même indissociable de nos qualités les plus précieuses : l’empathie, l’optimisme, l’imagination, la confiance, le courage.

Pour l’écrivain-journaliste britannique Tom Hodgkinson, ce serait du côté de la paresse qu’il faudrait se tourner :  véritable discipline quotidienne selon lui, elle pourrait être une des voies d’accès à la félicité.

Tom Hodgkinson nous propose un traité du plaisir, en se nourrissant de réflexions à la fois historiques, métaphysiques et littéraires. 24 chapitres, un pour chaque heure de la journée, où s’élabore une véritable contre-hygiène de vie, aux antipodes des habitudes de labeur et de consommation de nos sociétés occidentales.  Que le plaisir soit à la source du bonheur.

Pour ceux qui ne sont pas adeptes de l’oisiveté, le manque de temps et/ou de disponibilité peut s’avérer un obstacle à la réalisation des objectifs de début d’année. Les livres de la collection 2H chrono (à lire en ligne sur le site de La Médiathèque) leur apprendront en 120 minutes comment mieux s’organiser, déconnecter, gagner en énergie, booster sa créativité, faire bonne impression ou encore mieux dormir… en bousculant les idées reçues, la routine et en mettant en place de nouveaux réflexes afin d’améliorer la qualité de leur vie !

Pour d’autres, le sentiment de bonheur passe par celui de la maitrise des choses et du contrôle de sa vie, notamment de son environnement : avec ce livre pratique, ceux-là pourront faire face à tous les incidents potentiels du quotidien et rester sereins en toute circonstance.

Tel un bon ami qui se lance à votre rescousse lorsque vous criez au secours, ce livre comble illico toutes vos petites lacunes grâce à 150 trucs pratico-pratiques illustrés vraiment utiles ! Avec ce petit ouvrage futé, vous ne serez plus jamais pris au dépourvu et saurez réagir comme un pro dans toutes les petites circonstances épineuses du quotidien, genre: • éteindre un feu • recoudre un vêtement déchiré • réparer un tuyau qui fuit • déboucher une bouteille de champagne • remplacer un pneu crevé […]

Attention, s’il y a bien un domaine sur lequel on ne peut exercer aucun contrôle, c’est celui de l’art  – qu’il soit plastique, littéraire ou cinématographique -, et du pouvoir qu’il a sur nous : ainsi le philosophe Markus Gabriel nous engage à en abuser sans réserve, car si les œuvres d’art ne nous rendent pas fondamentalement heureux, elles nous rendent humains.

Markus Gabriel le jeune prodige de la philosophie allemande le démontre avec virtuosité : ce n’est pas vous qui décidez si ce que vous voyez est une œuvre d’art, ni même l’artiste ou les collectionneurs, encore moins les critiques d’art ou de cinéma. C’est l’œuvre elle-même en prenant possession de vous. Car c’est vous qui vous vous exposez à elle et non l’inverse. Le Penseur de Rodin vous fait penser, Alien fait de vous l’hôte du film étrange que vous regardez et les images d’Inception s’implantent en vous, comme l’indique le titre du film…

Mais le plus sûr moyen de ne pas être dépendant de la technique ou de la technologie est de s’adonner au minimalisme, comme le prône Fumio Sasaki :

Fumio Sasaki était un homme ordinaire, stressé et constamment en train de se comparer aux autres, jusqu’au jour où il décide de changer sa vie en disant adieu à tout ce qui ne lui est plus absolument indispensable. Les effets sont remarquables : une véritable liberté, une plus grande capacité de concentration au quotidien, et un profond sentiment de gratitude envers la vie et ses proches. Dans ce livre pratique, qui fourmille de conseils précis faciles à mettre en œuvre dans notre vie quotidienne, Fumio Sasaki partage son expérience personnelle du processus de minimisation pour nous apprendre à transformer notre intérieur, mais aussi et surtout notre vie tout entière…

Enfin, notre dernière piste pour s’approcher du bonheur en 2019 est de s’autoriser un brin de fantaisie, pour laquelle vous pouvez vous inspirer de ces deux livres, celui de l’écrivain Thierry Maugenest vous emmenant à la manière de Queneau en fantaisie littéraire avec Bâchez la queue du wagon-taxi avec les pyjamas du fakir (nouvelle fenêtre) ou celui de Lulu Mayo qui explique Comment dessiner des licornes et d’autres animaux mignons (nouvelle fenêtre).

Vous voici à présent parvenus au terme de cette petite liste non exhaustive et totalement partiale, dans laquelle nous espérons que vous aurez trouvé votre bonheur. Et quelle que soit la technique employée pour l’atteindre en 2019, il ne nous reste qu’à vous adresser tous nos vœux de succès  !

Très bonne année 🙂

En passant

Meilleurs vœux !

1 Jan

L'équipe du blog Liseur vous souhaite une reès belle année remplie de lectures

Des romans de Noël pour tous les goûts

19 Déc

Qu’on le veuille ou pas, en ce mois de décembre 2018, Noël est dans tous les esprits… Si on l’associe généralement à fête, joie, partage, bon repas et famille, chacun sait que tous ces ingrédients se mélangent parfois autour du sapin à d’autres sentiments… pour le meilleur ou pour le pire ! Toujours attentifs aux comportements humains, à leurs enthousiasmes comme à leurs contradictions, les romanciers se sont depuis longtemps emparés de cette thématique symbolique en rouge et vert. Chacun à leur façon, ils ont tissé des intrigues qui illustrent les multiples facettes de cette journée spéciale du calendrier. Alors que vous soyez amateurs de Noël ou pas, entre nostalgie, crime, magie ou rire, voici un petite liste de lectures à dévorer avant, pendant ou après le 25 décembre !

Au menu, commençons par des nouvelles avec ces 13 textes d’auteurs contemporains

Ils [Ces auteurs] nous conduisent à travers leur univers littéraire respectif et nous amènent à percevoir le monde d’aujourd’hui, celui de l’enfance, de la famille, de la crise, de la solitude, mais aussi la vie tout court, avec ses blessures, ses regrets, ses trahisons. De l’intime au phénomène de société, Noël se révèle alors comme une période qui touche tout le monde, profondément ou légèrement, mais toujours passionnément. (extrait du site Babélio- nouvelle fenêtre)

On peut ensuite continuer avec  : 

Un classique

– Qu’est-ce que Noël, si ce n’est une époque pour payer l’échéance de vos billets, souvent sans avoir d’argent ? un jour où vous vous trouvez plus vieux d’une année et pas plus riche d’une heure ? un jour où, la balance de vos livres établie, vous reconnaissez, après douze mois écoulés, que chacun des articles qui s’y trouvent mentionnés vous a laissé sans le moindre profit ? Si je pouvais en faire à ma tête, continua Scrooge d’un ton indigné, tout imbécile qui court les rues avec un gai Noël sur les lèvres serait mis à bouillir dans la marmite avec son propre pouding et enterré avec une branche de houx au travers du cœur. C’est comme ça.
(extrait du 1er chapitre , Le spectre de Noël)

Des arômes doux et optimistes

Croyez-moi, il est possible de mener sa vie en disant tout. Une existence sans déni ? Sans angle mort ! s’écria la jeune femme. Vous n’avez donc aucun secret ? Si, des montagnes ! rétorqua-t-elle. Alors ? Mes secrets me construisent, mes angles morts me détruisent. Puis elle ajouta avec jubilation : à Noël, j’offrirai le plus beau des cadeaux : ma vérité ! A ceux que j’aime, ma famille. C’est comme cela qu’il faut vivre ! Nous serons vieux plus tard. Joyeux Noël !

 

Une pincée de nostalgie

Corrèze, tout tourne autour du curé, de l’église et de l’école libre. Mais voici que la veille de cette rentrée des classes, arrive une jeune institutrice bien décidée à réanimer l’école laïque en état de quasi-abandon. Et tout de suite, entre le petit hussard en jupon de la République et le curé, c’est la guerre…

 

Londres, hiver 1858. Amory, un garçon de huit ans, porte des seaux d’eau à travers les rues glacées. Pour survivre, l’orphelin doit assurer l’entretien des abreuvoirs dans un quartier élégant de la capitale. Le soir, Amory se réfugie dans les combles d’un Club très select. Là, il a chaud, il se sent en sécurité, il peut sommeiller en écoutant les conversations des lords et des baronnets… Un jour pourtant, des éclats de voix le réveillent. Intrigué, l’enfant observe la scène: un brave homme, brandissant un grimoire auquel il semble attacher le plus grand prix, subit les invectives des notables déchaînés…

Un zeste de féérie 

Barry Laverty, M.D., attend avec impatience son premier Noël dans le chaleureux village de Ballybucklebo, du moins jusqu’à ce qu’il apprenne que son amoureuse, Patricia, pourrait ne pas revenir à la maison pour les vacances.Toutefois, jeune médecin  dans la campagne irlandaise, il n’aura pas le temps de s’ennuyer et devra soigner rhumes et maux d’hiver en compagnie de son partenaire plus âgé, le docteur Fingal Flahertie O’Reilly.  Entre leur pratique médicale frénétique, les fêtes du Rugby Club et le spectacle de Noël des enfants, les deux médecins trouvent aussi le temps de jouer les pères Noël…

Un parfum entêtant de famille…

Épicées, mielleuses ou amères, voici quatre atmosphères familiales très contrastées qui vous emmèneront du Manhattan chic à Lyon, en passant par l’Irlande et le Sénégal :

Comme dans tous les romans que Nancy Mitford a écrit par la suite, Christmas Pudding donne un aperçu de la vie de jeunes gens bien-nés, entre 20 et 30 ans, qui gravitent ici autour de « Christmas Pudding – quel titre délicieux !

Un ton bien personnel, un éclat  vif et un éclairage original d’une femme pleine d’esprit, voilà un résultat qui vous met l’eau à la bouche.

Porté par l’écriture exquise de Jennifer Johnston, un roman aussi poignant que délicat sur les liens familiaux, l’amour et le temps qui passe. Une histoire bouleversante, parsemée de subtiles références shakespeariennes, par une des plus brillantes romancières irlandaises. Lorsque, après un terrible accident de voiture, Henry, la cinquantaine, se réveille sur son lit d’hôpital, il ne peut se rappeler ce qui l’a conduit là. Très mal en point, il a du mal à situer ceux qui défilent à son chevet : est-il encore marié à cette femme très autoritaire ? N’était-il pas fâché avec sa fille ? Son fils lui cacherait-il quelque chose ?

En décembre 2017, Karine Silla était présente à La Médiathèque pour nous parler de son livre dans le cadre des Rencontres de Liseur.

Sophie, 20 ans, partie faire du bénévolat à Dakar, doit rentrer fêter Noël en famille. La table est mise, le diner du réveillon est prêt, les guirlandes scintillent. Tout le monde l’attend. Mais Sophie ne rentre pas. Accident ? Prise d’otage ? Fugue ? Sa mère Virginie, son beau-père Gabriel, sa demi-sœur Chloé, son grand-père René, et même Antoine, son père, et Fanny, son épouse : tous partent à sa recherche au Sénégal…

Ils attendaient Marie-Louise, ce fut une lettre qui arriva ; cette fois encore, Marie-Louise ne pouvait quitter Lyon pour fêter Noël avec les siens : son métier la retenait impérieusement à la ville…

 

 

Un peu de croquant et d’humour pour ceux qui ont du mal à faire passer Noël

Un petit livre pour en rire et décomplexer tous ceux qui sont réfractaires à cette fête traditionnelle…

Composé de douze textes pour la plupart inédits, Pourquoi je déteste Noël est un livre salutaire à lire (et à offrir) avant Noël (pour s’y préparer), pendant Noël (pour le supporter) ou après Noël (pour s’en remettre).« Le dosage parfait entre loufoque et ironie sociale. L’humour de Benchley est plus moderne que jamais. C’est une immense référence pour moi. » (David Foenkinos)

 

 

Survivre à Noël (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque) de Stéphane Floccari

Ce livre décrypte les états d’âme et les tourments qui refont chroniquement surface aux dernières heures grises de l’année. Il n’a pas pour but de défendre Noël, ni d’en instruire le procès à charge, pas plus que d’en moquer le folklore ou d’en proclamer l’obsolescence. Il ne milite ni pour sa sanctuarisation culturelle, ni pour son bannissement de nos coutumes.

 

Peut-être parce qu’ils n’aiment pas Noël eux non plus,  les auteurs de thriller apprécient la date du 25 décembre pour y placer les crimes les plus affreux de l’année…

Des saveurs fortes et noires pour le dessert

Alors que la petite ville de River Falls s’apprête à célébrer Noël, un drame vient raviver le souvenir des horreurs du passé : un adolescent est retrouvé mort dans une cabane au fond des bois, d’où un autre a réussi à s’échapper… Afin d’identifier l’auteur de ce crime, le shérif Mike Logan devra plus que jamais se méfier des apparences. Aidé de sa compagne, la profileuse Jessica Hurley, saura-t-il se défaire des idées préconçues sur les « monstres » qui nous entourent ?

  • Cyanure de Camilla Läckberg (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre )Cyanure (nouvelle fenêtre) de Camilla Läckberg

    Quelques jours avant Noël, sa petite amie, Lisette Liljecrona, invite Martin Molin (collègue de Patrick Hedström) à venir passer le week-end avec sa famille sur la petite île de Välo en Suède. L’idée ne l’enthousiasme guère et c’est à contrecoeur qu’il accepte de l’accompagner. Ses appréhensions se voient confirmées lorsqu’il fait la connaissance des Liljecrona. Avec plus ou moins d’élégance, tous s’acharnent à obtenir les faveurs du patriarche dont la fortune s’élève à plusieurs milliards de couronnes. Cette course à l’héritage tourne court lorsque, le soir même, Ruben, déçu et furieux contre les membres de sa famille, affirme les avoir déshérités.

 

La nuit de Noël, le froid, un manoir perdu au cœur de la vieille Angleterre. Un étrange musée peuplé de chefs-d’œuvre rassemblés par un aristocrate excentrique, mort dix ans plus tôt. Une mort suspecte qui appelle la vengeance et en annonce d’autres, celles de ses hôtes invités à connaître enfin son testament.

Parmi eux, l’ex-inspecteur chef Higgins, ami du Lord défunt. Son cadeau de Noël ? Trois crimes, et la mort qui rôde.

Un mystère…

Cette date excite aussi particulièrement les papilles des détectives. Depuis le célèbre Noël d’Hercule Poirot écrit par Agatha Christie en 1938, les romanciers s’en donnent à cœur joie pour mettre leurs enquêteurs en difficulté le jour de la dinde et de la bûche. Certains s’en sont même fait les spécialistes comme Anne Perry qui place ses enquêtes au XIXe :

L’héroïne est Lady Vespasia Cumming-Gould, personnage excentrique et mémorable, qui est invitée à passer le week-end de Noël à Applecross avec des amis. Mais Gwendoline Kimmuir se suicide, et Isobel Alvie est désignée comme coupable. Lady Vespasia accompagne Isobel dans son voyage vers l’Ecosse pour aller prévenir la mère de Gwendoline…

Pour Mariah Ellison, la grand-mère acariâtre et austère de Charlotte Pitt, ces fêtes de Noël s’annoncent comme un véritable cauchemar ! Être exilée contre son gré chez son ancienne belle-fille, au bord de la Manche, avait déjà mis ses nerfs à rude épreuve, la voilà maintenant obligée de supporter l’arrivée d’une invitée de dernière minute, Maude Barrington…

Pour Emily Radley, la belle-soeur du célèbre policier Thomas Pitt, les fêtes de Noël s’annoncent désastreuses. Elle doit quitter sur-le-champ Londres, ses enfants et les mondanités pour passer ce Noël 1895 en Irlande, auprès d’une tante agonisante qui l’a demandée auprès d’elle. Brusquement plongée au coeur du magnifique et sauvage Connemara, dans un petit village perdu au bord de l’océan, Emily ne s’imaginait pas une seconde être confrontée à une affaire de meurtre commis sept ans auparavant.

Dans le dédale miséreux de l’East End londonien, Noël 1883 prépare ses miracles. Comment Gracie Phipps, treize ans, pourrait-elle refuser d’aider une fillette bouleversée à retrouver son âne ? D’un mystère à l’autre, les deux enfants doivent faire la vérité sur la mort d’Oncle Alf, un chiffonnier du quartier, et sortir vivantes de ce cauchemar de Noël……

 Et pour finir, une touche de rouge

Si à quelques jours de la date fatidique, vous ne savez pas quoi mettre sur votre liste au père Noël, vous pouvez toujours vous inspirer de cette demande un peu particulière…

ut ce que je veux pour Noël, c'est un vampire (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)Tout ce que je veux pour Noël, c’est un vampire (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque- nouvelle fenêtre) de Kerrelyn Sparks.

Ce Noël n’est pas très joyeux, pour Toni. Sa meilleure amie a été enfermée dans un hôpital psychiatrique depuis qu’elle a dit à des policiers qu’elle avait été attaquée par des vampires, et le seul moyen pour Toni de la faire sortir de là est de leur prouver que ces suceurs de sang existent vraiment. Elle a donc accepté un emploi de garde du corps pour les morts vivants, ne s’attendant toutefois pas à ce qu’elle allait y découvrir…

 

Quel que soit votre choix, votre humeur ou votre envie, nous vous souhaitons de bonnes lectures et  de très belle fêtes  !

Le coin de La Médiathèque de décembre 2018 vous emmène en voyage

13 Déc

Les mois d’hiver commencent et les grandes vacances vous semblent bien loin ? Pas de panique ! Pour répondre à toutes vos envies d’évasion, de grand air et de découverte le nez au vent, le coin de La Médiathèque de décembre vous propose de partir à la découverte du monde en lecture et en musique. Bon voyage !

Mon imagier autour du monde de Christelle Lardenois, Annelore Parrot, Cécile Hudrisier, Pascale Hédelin (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) Mon imagier autour du monde (nouvelle fenêtre) de Christelle Lardenois, Annelore Parrot, Cécile Hudrisier, Pascale Hédelin. Éditions De la Martinière Jeunesse

Il n’est jamais trop tôt pour voyager ! Évadez-vous avec vos petits et partez à la rencontre de Thomas, Chiyoko, Igor, Fang ou encore Latefa et Paola qui vous présentent leurs pays.

Une double-page aux illustrations très colorées et naïves, un court texte explicatif, vous feront parcourir les continents et découvrir les particularités culturelles et les objets de la vie quotidienne de ces enfants. En refermant ce livre, vos chérubins sauront reconnaître une feuille de Ginkgo, voudront troquer votre voiture contre un tuk-tuk, manger des tortillas, jouer du balafon et peut-être un jour pratiquer le baseball…

Et pourquoi ne pas poursuivre ce tour du monde, une fois le livre refermé, en  leur proposant de vous  raconter où l’on peut rencontrer un panda roux, quels chapeaux l’on porte en Amérique du sud, comment on appelle les habitants du Grand Nord….

Un album documentaire enrichissant et passionnant qui donnera sûrement envie d’aller plus loin !

Le rêve de Ryosûke de Durian Sukegawa (catalogue de La Médiathèque- nouvelle fenêtre) Le rêve de Ryosûke (nouvelle fenêtre) de Durian Sukegawa. Éditions Albin Michel

Ryosûke quitte Tokyo et s’engage comme saisonnier avec deux autres compagnons : Tachikawa, un garçon turbulent et Kaoru, la  » percée « ,  pour effectuer des travaux de canalisation sur l’île  imaginaire d’Aburi au Japon.  Une fois, le travail achevé, Ryosûke décide de rester pour concrétiser le rêve de son père décédé alors qu’il était enfant. Mais ce choix est-il le bon ? Les habitants de cette minuscule île sont-ils prêts à l’accueillir et à bouleverser leurs habitudes ?

Après les Délices de Tokyo, véritable succès également adapté au cinéma, Durian Sukegawa nous offre ici un conte moderne et initiatique, dans lequel il mêle avec humour et finesse une réflexion sur le passage dans le monde adulte, l’accomplissement personnel et le rapport homme-animal.

La lecture de ce deuxième roman de Durian Sukegawa, ce retour aux sources, débutant comme un roman d’aventure, s’est révélé être un doux et sucré plaisir de lecture. Alors embarquez pour cette île sauvage aux habitants mystérieux, évasion garantie !

 So Calypso ! Calypso Rose (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)So Calypso ! (nouvelle fenêtre) Calypso Rose. Éditions Because Music

Envolons-nous pour les Caraïbes en compagnie de Calypso Rose. Son dernier album So Calypso est une invitation au voyage et aussi l’occasion de faire une balade dans le temps.

Calypso Rose est originaire de l’île de Tobago qui appartient à la République de Trinité-et-Tobago dans les Antilles Anglaises. C’est là qu’est né le style musical appelé Calypso. La chanteuse est la seule artiste féminine à avoir remporté le titre de reine du calypso au carnaval de Trinité-et-Tobago. Un évènement important dans ce pays.

Ici Calypso Rose rend hommage à ses racines africaines avec des sonorités ska (Israël by bus), reggae et blues, et en chantant en duo avec Angélique Kidjo, une chanteuse béninoise. Elle revisite également certains standards comme I say a little prayer interprété par Dionne Warwick et dont on connait mieux la version d’Aretha Franklin, Rum & coca cola des Andrew Sisters et Rivers of Babylon du groupe jamaïcain The Mélodians.

Back to Africa calypso rose (site de La Médiathèque - musique en ligne - nouvelle fenêtre) Un album atypique qui vous emmènera dans un voyage musical où vous pourrez redécouvrir les reprises de ses plus grandes influences musicales.

Prolongez le périple avec le documentaire Back to Africa (à écouter en ligne – nouvelle fenêtre) qui est disponible sur le site de la Philharmonie de Paris en vous connectant sur le site de La Médiathèque.

 

L’anthropologie n’est pas un sport dangereux de Nigel Barley (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre) L’anthropologie n’est pas un sport dangereux (nouvelle fenêtre) de Nigel Barley. Payot

Quoi de tel pour voyager loin que de ménager ses lectures…  et de suivre les pérégrinations d’un anthropologue européen dans une contrée éloignée aux coutumes insolites ! Instructif et exaltant, le récit du voyage s’avère facétieux quand le scientifique parti sur le terrain en question manie à merveille l’autodérision, la curiosité et un brin d’ironie mordante.

Loin de produire un ouvrage académique, Nigel Barley, anthropologue de formation, écrivain et conservateur au British Museum, fait avant tout le récit d’une rencontre : celle d’individus vivant sur un autre continent, parlant une langue différente, ayant des codes particuliers et des rites ancestraux.  Cette immersion d’un Occidental dans le quotidien d’une peuplade déconnectée du monde moderne, les Torajas, provoque un certain nombre de surprises, anecdotes, hésitations, malentendus et fou-rires réciproques que l’auteur ne se prive pas de partager.

Dès les premières pages, le ton est donné : imaginez un universitaire londonien en costume de tweed debout devant le contenu de son sac à dos étalé sur son lit, son contrat d’assurance à la main, et s’interrogeant soudain sur ce qui peut bien pousser les anthropologues à vouloir partir sur le terrain. Ajoutez à ça des déboires de transport avec une escale à Moscou – qui nous vaut une comparaison quasi scientifique des coutumes aéroportuaires d’un bout à l’autre de la planète -, puis une arrivée rocambolesque dans les montagnes du Sulawasi, région où le temps et les distances semblent changer d’échelle autant que la précision cartographique semble y être incongrue. Terminez par un chapitre sur la venue à Londres des Torajas, dont le regard candide sur la civilisation européenne rappelle celui des Perses de Montesquieu… Et vous obtiendrez une aventure humaine passionnante, qui allie la curiosité et la démarche scientifique à un humour salvateur, et un livre vivifiant qui vous emmènera en voyage au fin fond de l’Indonésie !

Merci à Marie-Charlotte W., Florence B., Valérie N. et Isabelle D. pour la rédaction de cet article.

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