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Déracinés

10 Oct

D’après la définition du dictionnaire : « Qui a quitté son milieu d’origine, son environnement, son pays. »

À toutes les époques, dans tous les pays, le phénomène de « déracinement » peut être mentionné. Au XVIIe siècle lors du commerce triangulaire, pendant le temps des colonisations, aujourd’hui lors des diasporas et des migrations. Volontaire ou forcé, le déracinement a un impact sur les identités personnelles, participe à la mixité des populations  et peut laisser des séquelles qui sont alors transmises de générations en générations. Les livres décrits dans cet article ont tous en commun de raconter des parcours personnels ou collectifs de déracinement et leurs conséquences.

La traite négrière

Racines, Alex Haley (1976) (nouvelle fenêtre)

racinesGrand classique parmi les romans traitant de l’esclavage, Racines est une épopée familiale sur plusieurs générations. L’histoire débute avec l’enlèvement du jeune Kounta Kinté en Gambie et son déracinement vers l’Amérique en 1767. On plonge dans le récit de cet homme et de ses descendants pendant deux siècles. À travers l’esclavage puis la ségrégation, l’auteur parle de ses origines. C’est une histoire d’héritage, de transmissions culturelles et de coutumes, mêlés à une grande part de l’histoire américaine.

Ce que vous ne saviez peut être pas : Prix Pulitzer en 1977, ce roman a plusieurs fois été remis en question, notamment pour la véracité de son histoire : Alex Haley prétend raconter l’histoire de sa famille, d’autres pensent que ce récit est inventé de toutes pièces. De même, l’auteur aurait reconnu avoir plagié quelques passages du livre de Harold Courlander, The African de 1967.

No home, Yaa Gyasi (2017) (nouvelle fenêtre)

no homeSe rapprochant du roman Racines de Alex Haley, No home retrace également la vie et la descendance de deux enfants, deux sœurs nées dans deux tribus rivales du Ghana. La différence est que le récit de Yaa Gyasi se sépare en deux destinées distinctes : l’une des fillettes est enfermée pour être vendue comme esclave, elle est donc emmenée aux États-Unis et la seconde fillette reste au Ghana et épouse un marchand d’esclaves anglais.

Des deux côtés de l’Atlantique on peut suivre et découvrir l’évolution d’une famille qui d’un côté côtoie et participe au commerce d’esclave et de l’autre tente de s’en échapper pour retrouver la liberté. C’est également deux cultures qui évoluent différemment, des habitudes qui se créées en fonction du lieu où l’on habite et pas forcément du lieu d’où l’on vient.

L’anecdote : Le titre original en anglais est Homegoing, qui signifie « rentrer à la maison », soit l’opposé du titre choisi par l’éditeur français : No Home, qui signifie « pas de maison ».

Washington black, Esi Edugyan (2019) (nouvelle fenêtre)

washington blackNotre troisième et plus récent roman sur la traite négrière et le déracinement outre-Atlantique : Washington Black. Washington Black c’est le nom de cet enfant noir qui travaille dans une plantation de canne à sucre de la Barbade en 1818. Il n’a pas été enlevé ou transporté en bateau, il est né dans la plantation. Pourtant on sent tout au long du roman qu’il cherche désespérément l’endroit d’où il vient, l’endroit où il se sentirait chez lui. On voyage donc avec lui vers le Grand-Nord, l’Angleterre ou encore le Maroc. Plus qu’un lieu, c’est une identité qu’il recherche, une famille à laquelle s’attacher et la sensation d’être aimé par quelqu’un.

L’info en + : C’est le troisième roman de l’auteur, Esi Edugyan, et son deuxième prix Giller. Le premier lui ayant été attribué pour 3 minutes 33 secondes.

Pocahontas et Minik

Pocahontas

73d38865fa271a6de966546d5bac86af--american-women-american-indiansL’histoire de Pocahontas est peut-être la plus connue, grâce notamment aux chers studios Disney qui en ont réalisé une adaptation en 1995. Mais c’est aussi une histoire vraie qui commence en 1607, date à laquelle les colons anglais fondent la nouvelle colonie de Jamestown dans le Nouveau Monde. S’appropriant les terres des tribus présentent sur le continent, les colons anglais ne tardent pas à entrer en confrontation avec les Amérindiens pour des questions de territoire. Baptisée puis mariée à un Anglais, Pocahontas est attirée par la culture de ces « hommes blancs » et par le christianisme, ce qui l’éloigne de sa tribu. Pourtant lors de son voyage à Londres, toutes les adaptations s’accordent à nous faire ressentir ce malaise, ce désarroi qu’elle pourrait ressentir face à ce monde civilisé, trop codifié et étouffant.

Plusieurs hypothèses entourent la légende de Pocahontas :

– Sa relation avec John Smith : pratiquement toutes les adaptations la mentionnent. Certaines comme une histoire d’amour, d’autres comme une histoire d’amitié. Les sources s’accordent à dire que Pocahontas aurait sauvé la vie de John Smith au moins une fois.

– Son nom de naissance serait « Matoaka » et sa tribu l’aurait surnommée « Pocahontas » qui signifie « petite dévergondée » à cause de son espièglerie étant enfant.

– Enlevée en 1613, elle aurait demeurée plus d’un an dans une colonie anglaise où elle aurait été baptisée et se serait mariée avec John Rolfe. Elle aurait alors pris le nom de Rebecca Rolfe.

– En 1616 elle aurait voyagé vers l’Angleterre accompagnée de onze autres powahtans pour montrer à la cour de Londres que les Amérindiens n’étaient pas une menace pour les Anglais. C’est à son retour qu’elle serait tombée malade (à cause de la pollution de Londres), tuberculose ou pneumonie, et cela lui aurait été fatal. Elle est alors âgée de 22 ans.

Les adaptations à lire ou à voir :

– La bande-dessinée de Loïc Locatelli et Kournwsky, Pocahontas – La princesse du nouveau monde (nouvelle fenêtre), une histoire séparée en trois actes : « Matoaka » « Pocahontas » et « Rebecca ». La dernière partie représentant bien la dualité des sentiments de Pocahontas entre un Londres fait de parures et de faux-semblants et une Amérique sauvage et libre.

– Le film réalisé par Terrence Malik, Le Nouveau Monde (2005) (nouvelle fenêtre). L’histoire est beaucoup plus centrée sur la relation entre Pocahontas et John Smith.

– Le livre de Nicole Bacharan, Good morning America : ceux qui ont inventé l’Amérique (nouvelle fenêtre). Elle dédie son premier chapitre à Pocahontas et tente de rester le plus fidèle possible à l’Histoire.

Minik

Groenland Manhattan , Chloé Cruchaudet (2008) – BD (nouvelle fenêtre)

groenland manhattanEn 1897, l’explorateur américain Robert Peary fait des excursions au Groenland dans le but d’atteindre le Pôle. Lors d’une expédition, il décide d’emmener avec lui à New York une famille d’esquimaux. Chloé Cruchaudet met en images le récit de Minik, cet enfant esquimau emmené en Amérique comme trophée, qui grandit auprès d’une famille américaine après la mort de son père. Le squelette de ce dernier est exposé au Museum d’Histoire naturelle et Minik tente de le récupérer pour pouvoir l’enterrer dignement et rentrer chez lui. Tiré d’une histoire vraie, ce récit traite du déracinement des populations dans un but lucratif. Finalement Minik ne se sent pas américain et pourtant quand il rentre chez lui il s’y sent également comme un étranger.minik

Pour en savoir plus : Ken Harper mène une enquête en 1980 sur le parcours de Minik, devenu tour à tour curiosité scientifique, bête de foire et, passé cet engouement, homme dépersonnalisé, pas tout à fait américain, ni esquimau. Retrouvez son livre Minik, l’esquimau déraciné à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Les colonisations 

Terra Australis, Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloux (2013) – BD (nouvelle fenêtre)

terra australisUn pavé de presque deux kilos pour conter l’histoire des bagnards d’Angleterre déportés en Australie qui s’appelait en 1784 « La Terre du Sud ». Comme pour toutes les histoires de colonisation, la rencontre avec les peuples originaires de cette Terra incognita ne se fait pas toujours en douceur. Ceux qui décident de ces voyages pensent en termes de territoire, de conquête et de rivalités, alors que les mille cinq cent prisonniers envoyés de force coloniser cette terre doivent s’adapter au climat, inventer un nouveau mode de vie et finalement, essayer de se sentir chez eux en gardant dans le cœur l’espoir de retrouver un jour leur patrie d’origine.

Florida, Jean Dytar (2018) – BD (nouvelle fenêtre)

floridaC’est au XVIe siècle que le projet de coloniser la Floride germe au sein de la communauté française des Huguenots.  Moins de deux cents hommes partent vers ce nouveau monde pour fuir les persécutions religieuses, dont notre personnage principal : Jacques Le Moyne, cartographe. Sur place, il faut faire face à la nature parfois hostile, au manque de ravitaillement, à la présence d’autres peuples et aux rivalités avec les autres pays européens colonisateurs. Une volonté de s’enraciner autre part, un espoir d’y être plus heureux peut-être, et finalement un retour à la réalité plus brutal.

D’autres idées de lecture

Pour nous faire part de vos lectures et nous conseiller d’autres romans, vous pouvez laisser vos avis sur le site de La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Quels romans mettre dans vos valises pour l’été 2019 ?

8 Juil

Comme chaque année, le temps des grandes vacances revient et par la même occasion celui de choisir les lectures qui jalonneront vos farnientes estivaux, vos voyages ou randonnées ! Après Quels romans mettre dans vos valises en 2017 et en 2018, les bibliothécaires de La Médiathèque vous proposent pour vous guider une nouvelle fois une sélection de romans à glisser dans votre sac à main, à dos ou de plage.

 

La présentation de J’entends des regards que vous croyez muets aux éditions Verticales par Arnaud Cathrine.

 

L’avis d’Alex sur livresforfun sur overblog.com : «Le moins que l’on puisse dire est que Rue du Dragon couché est un polar totalement dépaysant à plus d’un titre». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

Les avis du Masque et la Plume sur France Inter : « Un livre sur le désœuvrement de la jeunesse dans l’Est de la France, écrit à coup de cliffhangers… et surtout extrêmement vivant et drôle !  » A écouter sur France Inter.

 

 

L’avis d’Isabelle sur le site de La Médiathèque de Levallois : « la magie de ce roman doit beaucoup à sa forme qui oscille entre recueil de nouvelles et roman choral […]». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Lucie sur le blog Abracadabra books : « »Le roman sensuel et envoûtant de l’été… Si je devais faire une comparaison, je dirais que Cape May est un savoureux mélange de Gatsby le Magnifique et des Liaisons Dangereuses. » Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de FranBlan (77 ans) sur le site Critiques libres : « Une formidable comédie humaine à l’anglaise, ponctuée du légendaire flegme britannique ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis du blog Les livres de George : « j’ai adoré ce roman à la fois pour sa valeur romanesque voire feuilletonnesque, mais aussi pour cette réflexion à la fois sur la condition féminine et sur la lecture. Un grand roman donc, qui me donne très envie de découvrir d’autres romans de cette auteure.» Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Brice Matthieussent dans l’émission John Fante, une soif de revanche (1909-1983) diffusée le 23/02/2019 sur France culture : « Un écrivain dont «  l’œuvre littéraire a été un décalque aussi fidèle de l’existence de l’auteur ». A écouter sur France Culture.

L’avis de Clémence Barbier dans Zonelivres.fr :« Qanaaq c’est une immersion dans l’immensité blanche du Groenland. Terre blanchâtre où le noir a sa place tant par l’ambiance que par les ressources exploitées. […]Vous rêvez de dépaysement ? Vous allez être servis ! ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis d’Alexandre Fillon dans l’Express.fr : « L’un des plus hauts sommets du roman anglais contemporain ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

L’avis d’Audrey du blog Cellardoor : « Je l’ai préféré au 1er des Rougon Macquart ». Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

 

L’avis de Télérama : « Ce roman donne raison à la magnifique chanson écrite par Bob Dylan et chantée par Joan Baez Diamonds and rust : la mémoire est faite de diamants et de rouille ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

 

L’avis de Christophe Alix sur Next.liberation.fr : « Une sorte de road-movie métaphysique au féminin dans l’immensité inquiétante de l’Alaska, qui revisite à sa manière grinçante le mythe de la «frontière» ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis de Philippe Leuckx sur La Cause littéraire.fr : « […]Aux qualités d’écriture, minutieuse, féconde, imaginative tout en étant très réaliste, s’ajoutent les vertus d’un regard ouvert à l’autre, quel qu’il soit : penser reste un combat, et penser juste, large, vrai, une mission. Un grand livre ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis de Bernard Henninger sur NooSFere.fr : « Les éditions de l’Atalante signent le retour au romanesque de Catherine Dufour avec un récit fantastique, au sens premier du terme, une plongée pleine d’appréhension dans un Paris vibrant de légendes, délaissant une modernité sinistrée pour un passé aux mystères aussi fascinants que vénéneux […] ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis de Victor Garcia sur L‘express.fr : « Avec Central Park, Guillaume Musso nous entraîne dans un thriller psychologique qui commence dans le mythique parc de New York. Alice et Gabriel ne se connaissent pas. Ils se réveillent pourtant sur un banc, menottés ». Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de Serge Bressan sur La Grande Parade.com : « […] Avec la complicité de l’écrivain et historien Emmanuel Haymann, l’auteur déambule avec une appétence communicative dans des périodes où l’on croise Clovis, Charlemagne, où les Anglais parlaient français (ou presque !), où le français devient la langue de Molière, puis celle des médias… pour en arriver à ce français devenu la langue de l’immédiat[…]. Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de la librairie La Procure en vidéo :

 

L’avis d’Anniemots sur son blog : « Pour résumer : à consommer sans modération, trilogie idéale à emporter dans ses bagages pendant les vacances ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Caroline Broué sur France Culture à écouter : « Un roman où les arbres sont le centre du récit… ce n’est pas commun ! ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Léon-Marc Levy sur La Cause Littéraire.fr : « Monsieur Toussaint Louverture continue à nous surprendre avec des œuvres oubliées et plus stupéfiantes les unes que les autres. Avec ce roman – est-ce un roman, un récit fictionnel ? – nous sommes dans le monde âpre et mâle de la boxe dans les années 1950. » Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de Christilla Pellé-Douël sur Psychologies.com : « Pour son premier roman, la britannique Rosie Walsh fait très fort : impossible de lâcher le livre avant de connaître la fin. Une super-romancière du psycho-thriller est née… Idéal pour occuper un long voyage ! » Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis des critiques du Masque et de la Plume sur France Inter : « Quatre ans après « Réparer les vivants », Maylis de Kerangal nous plonge une nouvelle fois dans un corps de métier et nous révèle toute sa technicité : « Un monde à portée de main » emmène le lecteur dans la vie d’une spécialiste du trompe-l’œil. Qu’ont pensé les critiques du Masque et la Plume de ce roman ?  » Lire la suite (nouvelle fenêtre).

L’avis d’Aifelle1 sur le blog Le goût des livres : « C’est la lecture parfaite pour les vacances, vous avez encore le temps de la glisser dans votre valise. Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis des Inrocks.com : « Féministe avant l’heure, charmant et so British même s’il se passe en Italie, Avril enchanté est non seulement la lecture idéale pour finir ce mois d’avril avec bonheur, mais aussi pour traverser tous les mois d’été à venir ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis de NooSFere.fr : « Christina Dalcher nous offre avec Vox un roman dystopique glaçant, dans la veine de La Servante écarlate. Ici, pas de corps féminin asservi – mais des voix bâillonnées ». Lire la suite (nouvelle fenêtre).

 

L’avis d’Eve sur Carnetsdeweekends.fr : « L’auteur s’attarde sur la psychologie des personnages[…].Ce roman nous conduit ainsi à réfléchir à l’évolution de la condition des femmes depuis le début du XXème siècle et au poids de secrets de famille. Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de Yan sur Encoredunoir.com  : « On se laisse vite entraîner dans ce roman qui oscille souvent entre la dure chronique sociale, le récit intime émouvant et par la grâce de l’écriture et de la description des lieux, le conte horrifique. » Lire la suite (nouvelle fenêtre)

L’avis de Magali sur Fictionista.ch : « À lire si : Vous n’avez pas peur de vous décentrer et de remettre en question votre façon de penser. » Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de Yann sur Unwalkers.com : « un roman aussi vivant qu’émouvant, où les tragédies intimes servent de moteur aux protagonistes. A l’efficacité du récit viennent s’ajouter l’humour omniprésent et les splendides paysages du Montana, le tout contribuant à faire de Céline une très agréable lecture de ce début d’année. »Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

L’avis de Bookivore sur Critiques libres  : « Ce roman, excellemment bien écrit, se lit rapidement, il est court (trop), et il s’impose vraiment comme un vrai classique du genre. » Lire la suite (nouvelle fenêtre)

 

 

 

L’avis de Jérémie sur Destination futur.fr : « Que vous aimiez Stephen King ou non, je vous recommande « Écriture, mémoires d’un métier» car ce livre est truffé de conseils sensés pour améliorer sa qualité d’écriture et mieux vivre ce métier. Peut-être ne serez-vous pas sensible à la première partie autobiographique comme je l’ai été, mais les autres parties sont vraiment riches d’enseignements et l’auteur s’appuie sur des exemples personnels concrets. » Lire la suite (nouvelle fenêtre)

Un grand merci à tous les chroniqueurs des blogs, sites, magazines dans lesquels j’ai pioché ces avis ainsi qu’aux bibliothécaires pour leur travail de sélection judicieux.

Bonne lecture de nos romans préférés de l’été 2019 !

Les bibliothécaires et bibliothèques, stars des romans

26 Juin

Après Libraires et librairies dans les romans, voici les bibliothécaires dans la littérature ! Du latin bibliothecarius, le bibliothécaire est par définition la personne chargée des livres dans une bibliothèque. Mais bibliothécaires et bibliothèques se retrouvent aussi à l’intérieur des livres… Personnages sévères, mystérieux, sauveurs ou passeurs, voici quelques figures littéraires de ces mythiques gardiens de livres au cœur de ces lieux dont ils ont la charge.

Les « Hommes-livres » dans Fahrenheit 451 (nouvelle fenêtre) de Ray Bradbury (1920-2012) publié en 1953

Montag est un pompier du futur d’un genre particulier : il brûle les livres. Jusqu’au jour où il se met à en lire, refuse le bonheur obligatoire et rêve d’un monde perdu où la littérature et l’imaginaire ne seraient pas bannis. Devenant du coup un dangereux criminel…
Résumé extrait de Babelio (nouvelle fenêtre)

Il n’y a pas besoin de brûler des livres pour détruire une culture. Juste de faire en sorte que les gens arrêtent de les lire. Ray Bradbury

Dans ce roman, pas de bibliothèques puisque elles sont brûlées. Les bibliothécaires sont des hommes- livres, et apprennent par cœur un ou plusieurs livres pour pouvoir les réciter lors de rencontres nocturnes dans la forêt.

Pour aller plus loin

Dans L’Homme sans qualité de Robert Musil (nouvelle fenêtre), roman fleuve inachevé de deux tomes, le bibliothécaire répond au Général Stumm concernant son métier :

Le secret de tout bon bibliothécaire est de ne jamais lire, de toute la littérature qui lui est confiée, que les titres et la table des matières. Celui qui met le nez dans le contenu est perdu pour la bibliothèque. Jamais il ne pourra avoir une vue d’ensemble ! 

Le mystère Henri Pick (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) Le bibliothécaire « sauveur de manuscrits » dans Le mystère Henri Pick (nouvelle fenêtre) de David Foenkinos (2016)

En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’oeuvre, écrit par un certain Henri Pick. 

Contrairement à la citation du bibliothécaire dans l’Homme sans qualité, ce bibliothécaire lit les manuscrits. David Foenkinos s’est inspiré de l’écrivain et poète américain Richard Brautigan (1935-1984), qui disait de lui-même qu’il était « un poète inconnu » pour créer son personnage de bibliothécaire.
Sous forme d’enquête policière, il va au passage écorcher l’univers de l’édition qu’il connait d’ailleurs lui-même parfaitement. Un brin convenu et caricatural mais à découvrir.

  • L’avis de culture-tops.fr :  Limpide, drôle, sensible, avec un brin de suspense

Pour aller plus loin

L'ombre du vent de Zafon (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) La bibliothèque secrète dans un cimetière dans L’Ombre du vent (nouvelle fenêtre) de Carlos Ruiz Zafon (2001)

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, « ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon, Daniel Sempere, le narrateur, dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. 
Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville » : L’Ombre du Vent.

Un mélange de Fahrenheit 451 dont les protagonistes sont des « sauveurs de livres », et du (Le) nom de la Rose pour la « bibliothèque secrète ».

  • L’avis de jmph sur le blog du journal Le Monde : Zafón est un formidable raconteur d’histoire… c’est un livre qu’on ne lâche pas, qu’il ne faut pas lâcher sous aucun prétexte pour ne pas en perdre le fil et pour en goûter tout le sel et l’humanité…Et c’est aussi, et surtout, un véritable hymne d’amour pour les livres… plus forts que la vie.
  • L’avis de Didier Sénécal dans le journal l’Express : Si vous avez le malheur de lire les trois premières pages de son roman, vous n’avez plus aucune chance de lui échapper… Une fois égaré dans les labyrinthes du quartier gothique de Barcelone, l’amateur de belles histoires n’a plus aucune envie d’en sortir. 
  • L’avis du journal Le Parisien :  Un récit digne d’Alexandre Dumas !

La bibliothécaire de Gudule (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)

La bibliothécaire (nouvelle fenêtre) de Gudule (de son vraie nom Anne Liger-Belair 1945-2015) publié en 1995

C’est l’histoire d’un garçon prénommé Guillaume. Un jour, Guillaume s’endort sur sa table de cours et son professeur de français, Mr Pennac lui demande alors de raconter son rêve, seulement Guillaume raconte une histoire qu’il vit tous les soirs. Cette histoire, c’est celle d’une vieille femme écrivant très tard le soir puis éteignant sa lumière rose, puis une jeune fille sort de la résidence. Un soir Guillaume décide de la suivre jusque la bibliothèque, quelque temps après, ils se retrouvent tous deux sur un banc et la jeune fille lui explique qu’elle recherche un grimoire pour devenir écrivaine. C’est alors que Guillaume va chercher en vain le grimoire pour la jeune fille disparue. Va-t-il réussir à la sauver ?

Ce roman de littérature jeunesse, un « incontournable » nous plonge dans un récit fantastique où le personnage principal, va écrire la suite de l’histoire commencé par la vieille dame, ancienne bibliothécaire afin de faire réapparaître la jeune Idda. Mais comme il est mauvais en français, cela s’annonce cocasse ! Guillaume y croisera Alice au pays des merveilles, Poil de Carotte, et bien d’autres personnages de romans.

La bibliothèque est elle aussi un peu désuète 🙂

L’endroit est extraordinaire : des rayonnages couvrent les murs et s’alignent les uns derrière les autres, formant d’étroites allées. Combien y a-t-il de livres, ici ? Dix mille, cent mille, un million ? Une odeur de vieux papier, à la fois acre et doucereuse, émane du fantastique amas d’ouvrages, dont certains ont plus d’un siècle. Couvertures de cuir, de tissu, de carton, aux tranches dorées ; parchemins roulés ; éditions rares et volumes populaires pleins de naïves illustrations ; tout le savoir du monde semble rassemblé ici. La somme des connaissances humaines emplit cette salle, noyau lumineux au cœur de la bâtisse obscure. Et ce noyau, par le plus grand des hasards, Guillaume vient d’y avoir accès.

Ce livre est dédié aux bibliothécaires et aux documentalistes pour leur remarquable travail auprès des jeunes, dans l’approche du livre-plaisir.

Avec ces exemples, nous pouvons donc dire que la littérature en général a traité le sujet des bibliothèques et des bibliothécaires, et ce, plus ou moins bien. Alors oui, les bibliothèques sont bien vues comme un lieu de savoir, mais souvent calmes et un peu poussiéreuses. Quant aux bibliothécaires, elles sont souvent représentées comme étant majoritairement des femmes d’un certain âge, sévères et qui passent leur temps à lire !!! Mais ces « clichés » appartiennent à la fiction, n’est-ce pas ?

Rappelons que la bibliothèque est aussi un lieu ouvert à tous, où l’on peut lire, jouer, travailler, rêver, utiliser les ressources numériques, consulter Internet, emprunter des livres, des cds, des jeux vidéos, des magazines mais aussi échanger et participer à des animations organisées par les bibliothécaires elles-mêmes 🙂

Et pour finir ce petit tour d’horizon, La Médiathèque de Levallois et ses bibliothécaires en images !

Nous espérons vous voir très nombreux (ses) à La Médiathèque de Levallois !

Histoires de famille (1ère partie)

25 Avr

Le thème de la famille est très souvent évoqué dans la littérature, au travers des représentations qui en sont données, ainsi que des relations entre les personnages et leurs différents membres. Du plus classique au plus actuel, vous trouverez dans votre Médiathèque un panel large de romans sur ce sujet.

Les thèmes déclinés peuvent être : les relations parents-enfants, l’adoption, l’abandon, la famille nombreuse, l’absence, la mort d’un parent, d’un enfant, la famille recomposée, la famille choisie, les grands-parents, les générations, la généalogie, les conflits, la maltraitance, les secrets de famille, les héritages, les ruptures, l’aspect culturel des relations familiales, les attentes des parents par rapport aux enfants, les parents super héros ou dévalorisés, le chef de famille, la fratrie etc…

Il peut aussi être question d’éducation, d’affection, de transmission mais aussi de conjugalité, de filiation, de parenté et de choses plus compliquées encore, plus enfouies, plus feutrées, indicibles : la rivalité, la haine, l’oubli, la souffrance, l’inceste, le refoulé. Finalement, tout a toujours été dit sur les familles depuis Sophocle et jusqu’a Freud ( nouvelle fenêtre). 

La famille se décline aussi dans toutes les langues avec une richesse infinie  à la lumière de la mythologie, de la sociologie, de la psychologie, de la génétique et de l’imaginaire individuel de chaque écrivain.

Voici maintenant quelques incontournables :

Les Thibault (nouvelle fenêtre) de Roger Martin du Gard  : une œuvre qui se décline en 8 tomes et décrit le destin de deux familles bourgeoises dans la France de la Belle époque et qui va petit à petit sombrer dans le 1er conflit mondial. Ce roman est héritier d’un réalisme littéraire qui cherche à donner à voir au lecteur une réalité objective mais vivante dans un monde marqué par les clivages des classes sociales et des confessions religieuses.

Souvenirs d’enfance, la gloire de mon père (nouvelle fenêtre) de Marcel Pagnol. Dans ces Souvenirs d’enfance déclinés en 4 tomes, l’auteur redonne vie aux êtres chers qui l’ont entouré durant ses jeunes années. C’est le livre d’une initiation, le rêve d’une vie marquée par l’amour familial, la droiture d’un père poussée à son paroxysme, des décors somptueux , des moments d’une rare félicité, un premier amour, des joies partagées, une amitié rare… Et puis l’écriture somptueuse de simplicité de Marcel Pagnol.

Une vie (nouvelle fenêtre) de Guy de Maupassant . En cette fin de XIXème siècle, l’auteur prolixe livre son analyse de la noblesse de terre, dans sa Normandie si chère. Et la vie dont il s’agit, celle de Jeanne le Perthuis des Vauds, fille de bonne famille, de sa sortie du couvent du Sacré-Cœur aux vieux jours, enfin apaisée. C’est aussi une vie d’un mariage raté. Le style est tout en douceur, on glisse sur les mots comme dans une barque tranquille.
Ou par exemple Pierre et Jean (nouvelle fenêtre) : cette œuvre traite de l’hérédité, de la petite bourgeoisie et des problèmes de famille liés à l’argent. Ainsi va l’histoire de deux frères au traitement différencié au sein d’une même famille…

La guerre et la paix (nouvelle fenêtre) de Léon Tolstoi. Toute l’histoire se concentre autour de deux grandes familles, les Rostov et les Bolkonski, deux familles d’aristocrates qui vont être impliquées de près ou de loin dans les orages de la guerre. Autour d’elles gravitent une kyrielle de personnages secondaires qui illustrent une quantité de profils humains. Voici un livre plein de contradictions, entre fierté patriotique et individualisme, entre sens de l’État et sens de la famille, entre libre-arbitre et déterminisme, et tant d’autres contradictions apparentes que nous passons chaque jour de notre vie à tenter de résoudre. C’est un livre où chacun peut se retrouver…

Les Rougon-Macquart (nouvelle fenêtre). Émile Zola constitue une fresque de 20 romans inspirés de la Comédie Humaine de Balzac, ayant pour but d’étudier l’influence des conditions sociales sur l’Homme et les tares héréditaires d’une famille. Cela commence par la famille des Rougon, commerçants de la petite bourgeoisie. Plutôt alcooliques, les Macquart sont plus proches de la terre. Ces deux branches vont fusionner et donner naissance à différents protagonistes que l’auteur placera dans différentes situations. Cela donnera de nombreux chefs-d’œuvre, parmi eux Germinal (nouvelle fenêtre) extrêmement documenté ou La bête humaine (nouvelle fenêtre) qui fait figure de thriller avant la date.

Sans famille (nouvelle fenêtre)  d’Hector Malot ou le destin de Rémi, l’enfant trouvé, recueilli par la mère Barberin, vendu au plus grand chanteur d’Italie et qui aura une vie pleine de péripéties. Moraliste discret, Hector Malot apporte un soin tout particulier à camper ses personnages. Son imagination prend appui sur le réel même si parfois l’invention serait plus facile.  Appartenant pleinement à la littérature de ce XIXe siècle qui a découvert un nouveau domaine d’investigation, les «sciences sociales», Hector Malot restitue son époque avec sobriété.

La littérature de la première moitié du XXe tente de cerner les enjeux contemporains et cherche quel peut être le sens de l’existenceElle est philosophique et humaniste parce qu’elle fait de l’homme le centre de ses préoccupations. Cependant, elle ne se contente pas d’expliquer et l’écrivain est souvent amené à prendre position. On parle de « littérature engagée ». La forme littéraire la plus utilisée est le roman. Ceux qui traitent de la famille n’y échappent pas et offrent un sujet romanesque intéressant, une manière de raconter dans un espace à priori clos et sécurisant.

Un barrage contre le Pacifique (nouvelle fenêtre) de Marguerite Duras. Une mère et ses enfants vivent aux limites de la société coloniale et aux abords immédiats des villages où tentent de survivre les Indochinois dans un dénuement absolu et à la merci de toutes les maladies, de la cruauté des tigres et de la force aveugle et meurtrière des marées de l’océan. L’auteur y fait preuve d’une technique romanesque aboutie avec du rythme et du souffle.

La promesse de l’aube (nouvelle fenêtre) de Romain Gary. Le narrateur raconte son enfance en Russie, en Pologne puis à Nice, le luxe et la pauvreté qu’il a connus tour à tour, son dur apprentissage d’aviateur. Il est perpétuellement question de l’amour inconditionnel que Roman voue à sa mère. C’est exprimé avec tendresse, sensibilité clairvoyance et humour. Un roman très émouvant.

Enfance (nouvelle fenêtre) de Nathalie Sarraute : une enfance passée en Russie, en Suisse, en France dans une famille recomposée… Un dialogue permanent entre l’auteur et l’enfant qu’elle était, son double ne cessant de la rabrouer. Une fillette ballottée entre un père et une mère qui ne s’entendent pas. C’est une œuvre d’une grande sensibilité, un livre-phare transformé en véritable quête de l’indicible.

 

Prochainement dans Liseur : dans Histoires de famille (2ème partie) pour y découvrir des romans contemporains sur la famille.

Le coin de La Médiathèque de mars 2019 se passionne pour l’Histoire

4 Avr

Si vous êtes fan d’Histoire, vous avez peut-être passé votre dimanche 31 mars au Salon du Roman Historique de Levallois  : parmi les 135 auteurs présents, peut-être y avez-vous rencontré ceux qui ont écrit ces livres ? Si ce n’est pas le cas mais aussi pour tous ceux qui n’ont pu être présents pour l’édition 2019 du salon, effectuons un petit retour dans le passé avec ce coin de La Médiathèque du mois de mars spécial romans historiques !

Ce cœur qui haïssait la guerre (nouvelle fenêtre)ce ceour qui haissait la guerre de Michel heurtault (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) de Michel Heurtault.  Éditions Albin-Michel

Dans cette fresque puissante qui dépeint l’Allemagne depuis l’avènement du IIIème Reich jusqu’à sa chute, Michel Heurtault explore la complexité des engagements qui ont divisé la société allemande : ces années où « la lucidité d’un homme se mesure, plus qu’à son courage, au nombre d’incertitudes qu’il est capable d’affronter ».

Ainsi, nous suivons l’histoire d’Anton, jeune ingénieur allemand admis dans un centre de recherche sur les fusées dont le  rêve est d’explorer l’espace. Mais l’histoire va  en décider autrement : les ingénieurs aéronautiques, qui pensaient créer des machines pour les progrès de l’Humanité, se retrouvent à créer des engins de mort  destinés à dominer l’Europe définitivement. Indifférent  à la politique et au nazisme au départ, le jeune homme qui rêve plus d’étoiles que de pouvoir, va peu à peu être envahi par les affres du doute et se battre avec sa conscience pour finalement s’engager dans la lutte contre le Führer.

La résistance intérieure allemande a été longtemps ignorée et c’est avec une grande rigueur historique  et beaucoup de subtilité que ce texte dense et d’une rare intelligence nous en fait le récit. Un roman magnifique !

Le cœur des Amazones de G. Bindi et C. Rossi (catalogue de La médiathèque -nouvelle fenêtre)   Le cœur des Amazones (nouvelle fenêtre)  de G. Bindi et C. Rossi. Éditions Casterman

Le cœur des Amazones est une bande-dessinée scénarisée par Géraldine Bindi et illustrée par Christian Rossi considéré comme le maître du dessin réaliste.

Géraldine Bindi, universitaire spécialiste du domaine et nouvelle dans l’univers de la BD, s’est servie de ses recherches pour poser le cadre de cette histoire qui se déroule au temps de la guerre de Troie. Des femmes guerrières nommées « les Amazones » vivent secrètement  dans la forêt sous la protection d’Artémis, déesse de la chasse, et attirent annuellement des hommes pour se reproduire. Dans cette société matriarcale, seules les nouveaux-nés filles sont épargnées. Les mâles reproducteurs sont cantonnés aux tâches domestiques. L’équilibre de ce microcosme est cependant fragile…La jeune reine Penthésilée ne trouve pas de roi. Mais peut-être sa rencontre avec Achille, héros légendaire de l’Illiade, va-t-elle changer le cours de l’histoire ?

À l’heure de MeToo et des autres combats portés par les femmes, cette aventure mythologique, bien que porteuse de certains anachronismes, offre à la fois une nouvelle variante de ce thème et une résonance bien actuelle.

Les splendides dessins de Christian Rossi réalisés dans des nuances de marron, à base de brou de noix et de sépia, accompagnent parfaitement ce récit et ajoutent au caractère singulier, magique, sensuel et charnel de cet album.

Laissez-vous emporter dans cette guerre des sexes sur fond de mythologie !

Brasil de Jean-Paul Delfinot (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)   Brasil (nouvelle fenêtre) de Jean-Paul Delfino. Éditions Le Passage

 Brasil est le septième volume de la Suite brésilienne de Jean-Paul Delfino, grande  fresque historique de neuf romans commencée en 2005 avec Corcovado et qui couvre une période de près de trois siècles.  Une saga sur l’histoire du Brésil qui met en scène des personnages historiques et fictifs aux destins croisés, qui se  confrontent aux soubresauts de l’histoire, aux luttes fratricides, à la traite négrière,  aux  injustices et aux révoltes menées dans un tourbillon de passions et d’espoir. Exilé à Rio depuis la conquête du Portugal par Napoléon en 1810,  Dom Joao VI, roi du Portugal et du Brésil, se voit dans l’obligation de rejoindre Lisbonne laissant son fils gouverner à sa place pour diriger la colonie… La jeune Madalena, descendante d’esclave, va tout quitter pour cet homme pervers et tyrannique qui n’aura de cesse de l’humilier et de la réduire à l’état de servitude. Une situation qui éveillera en elle un désir de vengeance puis d’assassinat alors que sa propre fille Marina et son mari Zumbi tentent,  de leur côté, d’échapper aux soldats de l’empereur en sillonnant le pays …

Au fil des chapitres qui alternent entre la vie de la cour et celle des esclaves, le lecteur est littéralement entraîné dans des intrigues et des rebondissements qui nourrissent tout au long du roman cette passionnante  fresque  historique brésilienne.

Pablo, drôle de chevalier (nouvelle fenêtre) et Pablo drôle de pirate (nouvelle fenêtre) de Sylvain Diez et Alain Chiche. Éditions Belin jeunesse

Depuis 2002 Sylvain Diez, artiste peintre, illustrateur mais aussi sculpteur, a publié une quarantaine d’ouvrages à destination des enfants, seul ou en collaboration avec d’autres auteurs (Alain Chiche, Jean Leroy).

Fidèle à la devise des éditions Kaléidoscope « Lire rire grandir », il invente pour son public un univers où les animaux se substituent aux humains dont ils reflètent les manies, les angoisses, les espoirs et les joies. Un monde tendre et drôle où les affreux ne font pas peur. Rien d’effrayant même lorsqu’il s’agit de loup, lion ou autres prédateurs. Ses dessins sont nets et sans bavures, dans un style graphique tout en rondeur. Certains lui reprocheraient un manque de finesse, de nuance ou de subtilité. Qu’importe ! Tout est parfaitement efficace et le message clair.

Ses albums sont de vrais moments de plaisir. Les thèmes abordés ?  Partage, humour, contes revisités, écologie, savoir-vivre, mais aussi… L’Histoire.

Grâce aux aventures de Pablo, un petit chaton, l’auteur fait découvrir l’univers des pirates avec une déclinaison pleine d’humour de vocabulaire gallinacé  ou encore le Moyen-Âge par le biais des illustrations : château-fort aux tours crénelées, lit à baldaquin, guimpe, hennin et autres coiffes médiévales, armures, épées, fléaux, moines en bure, écussons et bien sûr – car il s’agit de fiction – un dragon !

Un auteur à suivre et une multitude d’ouvrages à découvrir absolument !

Merci à Sylvie Z., Florence B., Patricia D.et Nathalie F. pour la rédaction de cet article.

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