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Ces livres que vous avez aimé… ces livres que vous aimerez …

2 Juin

Nathan Hill, Britt Bennett, Alice Zeniter, Frank Thilliez, Sorj Chalandon, Colson Whithead, Lapena Shari, Eric Reinhardt, Miguel Bonnefoy, Abby Jenny… vous avez été nombreux à encenser les romans de ces auteurs, à l’aube de l’été, je vous propose de découvrir des romanciers que vous pourriez aimer avant (ou pendant) les vacances.

Je vais commencer par saluer l’œuvre de Karl Ove Knausgaard intitulée Mon combat (nouvelle fenêtre) (non sans provocation). Son autobiographie, quatrième tome paru en 2017  Aux confins du monde (nouvelle fenêtre)  est puissamment addictive. Cette entreprise se déclinera en 6 volumes. Bien qu’adulé dans le monde entier et mystérieusement sous-estimé en France l’écrivain norvégien a  décidé de raconter entièrement sa vie. Le décès de son père, son histoire d’amour, son enfance ou la fin de son adolescence qui est le sujet d’ aux confins du monde. Dans un style brut, direct avec une capacité à atteindre l’universel, à saisir l’essentiel tout en offrant un vrai regard sur la société nordique, et l’identité masculine.

  • Si vous avez aimé de Nathan Hill Les fantômes du vieux pays (nouvelle fenêtre) Tantôt satire d’une jeunesse ultra connectée des années 2010, tantôt fissuration d’un idéal, le livre fait de chaque chapitre un univers à lui seul. L’auteur nous transporte en Irak, dans un fourgon rempli de GI s, avant de nous faire vivre à l’intérieur d’un jeu vidéo. Ce livre est une fine méditation sur l’identité, la perte, le besoin et la difficulté de vivre ensemble dans un monde dissolu.
  • Vous aimerez peut-être de Jonathan Franzen Phénomènes naturels (nouvelle fenêtre). Dans ce roman polymorphe on retrouve le talent atypique de cet auteur américain. La comédie familiale satirique qui se joue dans ce livre se transforme  ensuite  en se muant en un thriller écologique.
  • Si vous avez aimé ce premier roman étranger de Brit Bennett  Le cœur battant de nos mères (nouvelle fenêtre ) Cette jeune prodige livre un roman aussi grave que sensible sur l’entrée dans l’âge adulte. Adolescente Afro-américaine de Californie, Nadia perd brutalement sa mère. Deuil quelque peu atténué par l’arrivée de Luke, le fils du pasteur. Brit Bennett sait associer poésie et puissance narrative. Elle traque les doutes  et les joies de toute une communauté d’une plume mature et incroyablement lumineuse.
  • Vous aimerez peut-être le très joli roman dIsabelle Carré  Les rêveurs (nouvelle fenêtre) Dans ce livre qui commence comme un roman, et qui s’achève plutôt comme un récit autobiographique, la comédienne raconte son enfance et son adolescence dans les années 70 dans une famille un peu décalée.
  • Si vous avez aimé d’Alice Zeniter L’Art de perdre (nouvelle fenêtre) Plus d’un demi-siècle après la signature des accords d’Evian, la guerre d’Algérie resurgit grâce à cette fresque romanesque puissante et audacieuse, habilement documentée,  qu’ Alice Zeniter  relate à plusieurs voix. Celles d’Ali, Hamid, Naîma et tous les autres embarqués dans un voyage qui ne finit jamais émigrés perpétuels, ces générations successives seront prisonnières d’un passé tenace. Elle détaille les conditions de vie de cette famille Kabyle comme les autres qui porte les stigmates de cette guerre, des morts, de l’exil, du travail aliénant. Il a été couronné de nombreux prix, amplement mérités,  notamment le Goncourt des lycéens 2018. Avec une sensibilité rigoureuse et vaillante, Alice Zeniter, 31 ans, met des mots sur cette interminable aphasie, celle d’une .famille, la nôtre aussi.
  • Vous aimerez peut-être de Blas de Roblès Dans l’épaisseur de la chair (nouvelle fenêtre) , c’est à travers l’histoire personnelle d’un homme, tout un pan de l’histoire de l’Algérie, depuis l’arrivée des grands-parents, venus d’Espagne, jusqu’au retour en France, au début des années 60. Et ça commence par une apostrophe terrible, lancée par le père à son fils – Tu n’as jamais été un vrai pied-noir ! – doublée d’une question en écho : Qu’est-ce qu’un vrai pied-noir ? Le récit est enlevé, brillant, philosophique, drôle Et avant tout, le magnifique hommage d’un fils à son père.
  • Pour changer de genre vous avez été nombreux à plébisciter Frank Thilliez et son Sharko (nouvelle fenêtre). Avec son talent incontournable et une trame des plus captivantes, l’auteur nous plonge dans les abysses du sang et de l’horreur. Impossible d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue.
  • Vous aimerez peut-êtreNuit (nouvelle fenêtre) de Bernard Minier,  le retour tant attendu de Servaz dans un face à face angoissant avec Hirtmann, nuit de tempête en mer du Nord secoué par des vents violents l’hélicoptère dépose Kirste Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L’inspectrice Norvègienne mène l’enquête sur le meurtre d’une technicienne de la base off-shore. Un homme manque à l’appel, en fouillant sa cabine Kirsten trouve une série de photos. Quelques jours plus tard elle est dans le bureau de Martin Servaz, l’absent est Julien Hirtmann un tueur retors et insaisissable que Martin traque depuis des années. C’est le début d’un voyage terrifiant au bout de la nuit le plus redoutable des ennemis.
  • Si vous avez aimé de Sorj Chalandon Le jour d’avant (nouvelle fenêtre) ce livre est un vibrant hommage aux mineurs qui ont perdu la vie à Liévin-Lens en 1974. Cette histoire que l’auteur retrace avec détails et émotion rend compte de leurs conditions de travail, de l’esprit de famille qui les animait, comme de leur fierté d’exercer un métier qu’ils se transmettaient de génération en génération. Le manque de reconnaissance de la nation les blessait d’autant plus. C’est une belle histoire classique qui suffirait à nourrir le livre, mais Sorj Chalandon ménage à son lecteur un ultime et imprévisible rebondissement digne de ses qualités de grand auteur. Une finesse d’écriture, une intrigue violente et haletante, la sensibilité de ses mots et Sorj Chalandon nous embarque et nous bouleverse.
  • Vous aimerez peut-être :  Les loyautés (nouvelle fenêtre) de Delphine de Vigan. Finie l’autofiction pour Delphine de Vigan. Avec ce texte  elle fait place à un roman social abordant un certain nombre de thématiques actuelles. Les destins croisés de quatre personnages : Théo, enfant de parents divorcés ; Mathis, son ami, qu’il entraîne sur des terrains dangereux ; Hélène, professeure de collège à l’enfance violentée, qui s’inquiète pour Théo ; Cécile, la mère de Mathis, qui voit son équilibre familial vaciller. Une exploration des loyautés qui les unissent ou les enchaînent les uns aux autres.
  • Si vous avez aimé  Underground railroad (nouvelle fenêtre) de Colson Whithead : Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Et va vivre une incroyable odyssée. Colson Whithead avec une originalité et une maitrise époustouflante explore les mécanismes du racisme. À la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une œoeuvre politique d’ aujourd’hui plus que jamais nécessaire.
  • Vous aimerez peut-être de Véronique Olmi  et Bakhita ( nouvelle fenêtre ) L’histoire de Bakhita née au Darfour est un cauchemar, enfant elle est enlevée et vendue à des négriers musulmans et entre dans un univers de violence et d’humiliation. Dans ce roman pénétrant Véronique Olmi a su trouver les mots pour dire la souffrance, l’horreur, l’abjection des hommes, autant que la beauté, la bienveillance et l’amour de son héroîne.
  • Si vous avez aimé de Lapena Shari Le couple  d’à côté (nouvelle fenêtre). Lorsque  leur bébé  disparait Le chagrin, l’angoisse,  l’espoir,  la déception,  les interrogations  transforment  la vie d’Anne et de Marco, deux jeunes parents  en  enfer,  d’autant  plus  que  les  médias  ont  envahi  le quartier  ne  leur laissant  aucun répit. Et nous voici entraînés dans la spirale diabolique de ce thriller psychologique qui réussit habilement à jouer avec nos nerfs.
  • Vous aimerez peut-être de Paula Hawkins Au fond de l’eau (nouvelle fenêtre) la star mondiale du thriller « psychologique domestique » est donc retour avec ce « Au fond de l’eau ». Trois femmes, parmi onze personnages, habitent le roman de Paula Hawkins dans une atmosphère sombre et gothique. Inéluctablement, on s’enfonce au fond de l’eau. Oui, pourra-t-on vraiment remonter à la surface ?…Le canevas est habile, il aborde avec sensibilité les violences faites aux femmes.
  • Si vous avez aimé dEric Reinhardt La chambre des époux (nouvelle fenêtre) Dans ce roman se déploie plusieurs histoires gigognes qui se croisent et se mêlent dans une construction paradoxalement remarquable d’évidence et de clarté. Ici l’imaginaire intime de l’auteur se lâche plus que jamais. Sophistiqué, romantique et impudique, élégant, tranchant, il suit inlassablement pourtant son fil conducteur, cette quête de la beauté universelle censée sauver le monde à travers l’amour et l’art.
  • Vous aimerez peut-être de Grégoire Delacourt  La femme qui ne vieillissait pas (nouvelle fenêtre) est un conte réaliste sur le rêve de beaucoup de d’hommes et de femmes : arrêter le temps qui passe quand il est encore temps.
  • Si vous avez aimé de Miguel Bonnefoy Sucre noir (nouvelle fenêtre )  Vous allez plonger dans l’ambiance des pirateries, avec l’odeur sucrée et enivrante du rhum dans le climat humide des mangroves. Vous découvrez les personnages forts et attachants avec leurs secrets. Dans une prose somptueuse, on y voit  Chacun chercher son trésor comme des pirates. Envoutant et sensuel ce court roman est addictif.
  • Vous aimerez peut-être de Virginie Caille-Bastide Le sans-Dieu (nouvelle fenêtre) Premier roman d’aventure prometteur qui débute en 1709 en Bretagne, et que l’on retrouve ensuite dans la mer des Caraïbes tout y est la vengeance, les secrets, l’île au trésor, les batailles, les trahisons, les amitiés. l’auteur utilise le style de langage propre au 18e siècle. Cela peut surprendre mais on s’y fait très vite.
  • Si vous avez aimé d’Abby Jenni Farallon Island (nouvelle fenêtre). Cette petite merveille de mécanique romanesque vous emporte a un rythme haletant dans un enchaînement de situations de survie sur une féroce et magnifique île qui semble regorger de secrets. L’univers suggéré est étouffant, angoissant, et s’adresse autant aux amateurs de policiers qu’aux passionnés de romans naturalistes. Dans cet envoûtant à huis clos, tendu à l’extrême, la psychologie d’une équipe de  scientifiques est décortiquée et analysée avec une grande subtilité. Un roman où la nature, nous hante longtemps après la lecture.
  • Vous aimerez peut-être de Jenni Fagan Les buveurs de lumières (nouvelle fenêtre) Troublant roman d’apprentissage tout en clair-obscur, sur fond de crise climatique et de fin du monde, étrange et lent ce roman a un charme qui se déploie, laissant place à un sentiment d’amour et d’espoir étrange et beau.
  • Ou d’Emily Fridlund Une histoire des loups (nouvelle fenêtre ) Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. . La jeune fille entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Troublant et poétique, Best-seller dès sa parution aux États-Unis, ce premier roman  a été acclamé par la critique.

Si vous possédez une liseuse ou une tablette, n’oubliez pas que certaines de nos pépites sont disponibles en version numérique !

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Panorama de la littérature italienne contemporaine

4 Avr

Après Les origines de la littérature italienne contemporaine,  je voudrais, dans cet aperçu sur l’expression  narrative italienne contemporaine, souligner la nature hybride et multiforme d’une grande partie des romans actuels. Si  la plupart des écrivains qui se sont imposés dans le paysage littéraire l’on  fait autour des années 80, il est important néanmoins de noter que les générations précédentes ont eu une rôle très influent,  certains sont très estimés à l’étranger.

Reprenons la génération de années 30

Elle comprend de grande figures intellectuelles tel Umberto Eco mort en 2016, et laissant derrière lui une œuvre foisonnante, on peut citer le Nom de la rose (nouvelle fenêtre)  mélange du suspense narratif et des plaisirs érudits ; assez différent  Le Pendule de Foucault (nouvelle fenêtre) donne un visage nouveau à la vieille histoire des Templiers. Plus tard,  à 78 ans, dans le Cimetière de Prague (nouvelle fenêtre), Eco démontre encore la verdeur de son imagination romanesque en entraînant le lecteur sur les traces d’un faussaire à la recherche d’une vérité cachée dans un repli de l’Histoire, au XIXe siècle.

De même Antonio Tabucchi disparu en 2012, dont j’ai déjà parlé  dans le précédent article Origine de la littérature contemporaine italienne, écrit des livres dont les personnages se cherchent, mais qui finalement optent pour le courage, induit par l’injustice et toutes les formes de dictature. Citons Tristano meurt (nouvelle fenêtre)

Les  romanciers nés dans les années 50/60, font partie d’une génération particulièrement fertile. Son grand représentant, Erri De Luca;  adopte une  narration assez traditionnelle il est écrivain, poète et traducteur, et a obtenu en 2002 le prix Femina étranger, pour son livre Montedidio (nouvelle fenêtre) Les personnages qu’il campe sont des gens simples, emplis de sagesse populaire. La période qu’il a choisie ici pour son narrateur est celle de la fin de l’adolescence, celle du rite initiatique symbolisé par le « boumeran ». Les personnages phares de cette histoire, l’adolescent et le bossu, sont tout deux en quête d’un graal, d’un changement.
Parmi les « jeunes narrateurs » nés dans les années 50, il serait impardonnable de ne pas mentionner Alessandro Baricco, dont les romans ont été traduits partout en Europe, ainsi qu’en Asie et en Amérique. Il a remporté un vif succès avec Soie (nouvelle fenêtre), c’ est une longue nouvelle qui se situe au XIXe siècle dont le personnage principal est un marchand français de ver à soie.

Parmi les auteurs dont la renommée ne date pas d’hier, Andréa Camilleri  connait un énorme succès  en Italie comme ailleurs, grâce à ses romans policiers mettant en scène le sarcastique commissaire Montalbano. L’ atmosphère de ses romans et  ses personnages fascinent des milliers de lecteurs. Par exemple, Chien de faience (nouvelle fenêtreoù un patron de la mafia met en scène son arrestation afin de sauver la face devant un monde cruel qu’il répudie.
Dans la veine du polar, citons Carlo Lucharelli avec La huitième vibration (nouvelle fenêtre), Marcello Fois avec  la lumière parfaite (nouvelle fenêtre) et Giancarlo Di Cataldo avec Les traitres (nouvelle fenêtre) et Massimo Carlotto avec le souffle court (nouvelle fenêtre). Ces quatre romanciers mettent souvent au centre de leurs intrigues les mensonges et les secrets de l’histoire officielle, l’histoire récente de l’Italie étant au centre de leur œuvre.

Dans Saltatempo (nouvelle fenêtre) Stefano Benni mêle une chronique de la vie d’un rebelle avec une fantaisie toute poétique : ce roman plein de tendresse a enchanté un grand nombre de lecteurs à travers l’Europe, il entre dans la veine des auteurs de romans plutôt légers et comiques.

Citons d’autres auteurs modernes incontournables :  Sandro Veronesi  pour Terres rares  (nouvelle fenêtre) qui est une réflexion émouvante fouillant dans les moindres recoins de l’âme. Niccolo Amanniti avec Comme Dieu veut (nouvelle fenêtre) est un auteur très apprécié et très populaire en Italie. Il excelle dans les récits purs et efficaces, avec des rencontres impossibles, il creuse la vie dans ce qu’elle a de plus absurde, de plus mystérieux.

À côté d’écrivains plus mûrs, on a l’affirmation d’une nouvelle génération de narrateurs qui a gagné beaucoup de succès, par exemple  Margaret Mazzantini  avec Écoute-moi (nouvelle fenêtre), ou Roberto Saviano  avec Gomorra : dans l’empire de la Camora (nouvelle fenêtre) qui  n’est pas un roman mais un document sur l ‘histoire de la Mafia, il tirera aussi de cette enquête  une  célèbre série télévisuelle réalisée par Stefano Sollima entre autre, portant le même titre.

L’art de la joie (nouvelle fenêtre) de Giordana Sapienza est un roman d’apprentissage : il foisonne d’une multitude de vies et traverse le XXe siècle et ses tragédies en étant un hymne à la joie.

Paolo Giordano, dans  la solitude des nombres premiers (nouvelle fenêtre), dépeint deux personnages marqués par des évènements terribles qui compromettent leurs vies d’adultes.

L’auteur sarde Milena Agus avec Mal de pierres (nouvelle fenêtre), récit sans doute autobiographique, d’une sensibilité à fleur de page, devient ainsi un très bel éloge de l’imagination qui a raison de la réalité.

La jeune Silvia Avallone avec D’acier (nouvelle fenêtre) ou Marina Belezza (nouvelle fenêtre) se révèle une fois encore incroyablement douée pour décrire les failles de notre société, les doutes de sa jeunesse et le mouvement qui la pousse à se réapproprier sa terre et ses origines.

Et pour clore ce panorama, n’oublions pas la célèbre Elena Ferrante et sa saga déployée en 4 tomes  L’Amie prodigieuse (nouvelle fenêtre); Le Nouveau Nom (nouvelle fenêtre,) celle qui fuit et celle qui reste (nouvelle fenêtre,) L’enfant perdue (nouvelle fenêtre), œuvres que tout le monde s’arrache et qui retrace dans le Naples des années 50 la vie de deux amies dans un quartier défavorisé de la ville, deux héroïnes inoubliables que l’on suivra  dans un monde riche et bouillonnant façon grand roman du XIXe siècle. L’ampleur historique et sociologique de cette saga évoque à certain moments les œuvres d’ Elsa Morante.

Avant la saga qui l’a fait connaitre, Elena Ferrante a publié d’autres romans qui sont autant de variations sur l’identité féminine, la maternité et la folie. Il s’agit de Poupée volée (nouvelle fenêtre), Les jours de mon abandon (nouvelle fenêtre).

Origines de la littérature italienne contemporaine

26 Mar

La littérature italienne contemporaine est l’héritière des différents écrivains de l’unité du pays et des courants dessinés à travers l’histoire ainsi que d’une culture plusieurs fois millénaire.

Son influence tient aussi à de grands classiques tels Dante avec La divine comédie (nouvelle fenêtre ) les poèmes de Pétrarque,  Boccace et son Decameron, ou encore  Fiammetta  (nouvelle fenêtre), mais également l’œuvre philosophique de Machiavel avec Le Prince (nouvelle fenêtre) ainsi que le théâtre de Goldoni (nouvelle fenêtre)

L’unification Italienne vue par Tomaso Di Lampedusa

Le guépard  (nouvelle fenêtre) de Lampedusa marque un tournant dans la littérature italienne. En effet c’est une œuvre essentielle qui célèbre la renaissance, et où l’auteur est un  observateur avisé de la haute société italienne, de ses rituels sociaux  et de la façon dont ses membres essaient de suivre l’évolution sociale et politique.

Manzoni, un écrivain  romantique déterminant.

En ce qui concerne les écrivains romantiques du 19e siècle, citons Alessandro Manzoni, et son roman fondateur Les fiancés.

Le courant anticonformiste « scapigliatura »

Comme tête de file, Emilio Praga (à la façon d’un Baudelaire italien ), forcement en opposition au conservatisme culturel de l’époque, écrivain, poète, peintre et librettiste.

Le naturalisme appelé « vérisme » en Italie

Initié par Giovanni Verga. Dans  les Malavoglia  (nouvelle fenêtre), il propose  de décrire les mutations sociales provoquées par le désir de progrès économique, mais en réalité il s’attache à narrer la décadence d’une famille de pêcheurs d’Aci Trezza, près de Catane.

La génération des années trente

Rosetta Loy n’a pas son pareil pour camper une histoire de guerre à l’atmosphère feutrée, malgré la proximité de l’horreur, dans un  chocolat chez Hanselmann (nouvelle fenêtre)  par exemple.

La période fasciste

Elle a fortement imprégné la littérature transalpine, que Natalia Ginzburg a relaté dans Tous nos hier,  avec  un prisme subjectif  ou féministe dans La mère. Vous pouvez la retrouver dans un roman plus actuel C’est ainsi que cela s’est passé (nouvelle fenêtre)

Tandis que Malaparte lui dénonce la violence de la guerre et la  terreur répandue , et témoigne de résistance dans sa  fameuse trilogie Technique du coup d’état, Kaputt et La peau.

De même Mario Rigoni Stern avec Les saisons de Giacomo (nouvelle fenêtre)  offre une succession de tableaux brefs mais intenses, d’images fugitives mais puissantes, et célèbre les éternelles valeurs d’une terre de fraternité.

Le courant néoréaliste

Citons Italo Calvino  avec Le Sentier des nids d’araignée, un roman qu’il écrit au lendemain  de la Seconde guerre mondiale et qui se déroule principalement au sein de la Résistance italienne antifasciste.

Après la chute du fascisme, et le referendum de 1946, l’Italie devient une république, ce qui apporte de nombreux changement : politique, culturel et social redonnant sa place à la littérature, le néoréalisme est né et se développe surtout dans le cinéma , il trouve des influences dans le roman, et est initié par Elio Vittorini, qui participe à la traduction de nombreux auteurs étrangers, qui étaient interdits par le régime. Citons aussi  Carlo Emilio Gadda, qui est un auteur confirmé de cette mouvance avec Les merveilles d’Italie (nouvelle fenêtre)  et qui  nous invite  à découvrir une Italie qu’aucun voyageur n’a décrite avant lui. Ce n’est plus seulement l’Italie de l’histoire, des arts et du bel canto, mais aussi l’Italie du travail et de la technologie.

Le surréalisme

Dino Buzzatti, quant à lui, déploie un thème récurrent dans son œuvre : la lutte contre le temps sans que l’homme sans aperçoive, que l’on retrouve dans  le recueil de nouvelles surréalistes,  Le K (nouvelle fenêtre)                                                     

Pour illustrer le roman sociétal

Alberto Moravia  questionne beaucoup dans son œuvre la société et le couple avec par exemple, L’ennui (Nouvelle fenêtre) ou Le mépris, (nouvelle fenêtre) adapté au cinéma par Jean-Luc Godard. C’est vraisemblablement de son métier de journaliste que lui vient l’habitude de chercher des thèmes de la vie quotidienne. Ainsi que son épouse Elsa Morante  avec La storia (nouvelle fenêtre), un livre accueilli comme une des œuvres majeures du XX° siècle.

Alors que Pier Paolo Pasolini connu pour son engagement social et politique nous offre une œuvre artistique et intellectuelle éclectique qui a marqué la critique. On peut ainsi citer Théorème (nouvelle fenêtre) qui est une parabole d’un genre unique et inclassable.  Il y observe  la société italienne de l’après-guerre et se montre très critique vis à vis de la société consumériste qui en découlera.

Il trouvera quelques héritiers comme Antonio Tabucchi., qui lui aussi fait a une œuvre militante, avec Pereira prétend (nouvelle fenêtre) 

Après toutes ces années de bouillonnement intellectuel, la « Berlusconnisation » de la société entraine un désinterêt grandissant pour la lecture, marqué par la prédominance de plus en plus accrue de la télévision et celle de  la civilisation américaine qui initient les jeunes à des expériences qui  se fondent essentiellement sur la musique et la vidéo offrant une autre perception moins littéraire du monde.

Si le sujet vous intéresse, je vous propose une deuxième partie plus actuelle, qui s’intitulera : Panorama de la littérature italienne contemporaine sur Liseur.

La guerre en BD (3), les autres guerres

7 Mar

Il est difficile de trouver des bandes dessinées jeunesse sur d’autres guerres que la Première et la Seconde Guerre mondiale. Cette catégorie n’offre donc qu’une bibliographie pour adultes, à mon grand regret. Les récits les plus marquants viennent de ceux qui se sont déplacés pour rendre compte des évènements le plus fidèlement possible (comme Zerocalcare et Joe Sacco). Ou de ceux qui ont vécu les évènements et racontent leur histoire comme Marcelino Truong, exposé du 5 au 25 mars à La Médiathèque (nouvelle fenêtre)  et présent le 11 mars au Salon du Roman Historique de Levallois 2018 (nouvelle fenêtre).

Adulte :

Jamais je n’aurais 20 ans, Jaime Martin (nouvelle fenêtre) : cette bande dessinée raconte la vie d’une jeune fille pendant la guerre civile espagnole (1936—1939). Résistante, Isabel suit son futur mari, chef d’une cellule locale, dans sa fuite contre la répression.

Palestine, dans la bande de gaza (nouvelle fenêtre) & Palestine : une nation occupée (nouvelle fenêtre), Joe Sacco : Dans ces deux volumes, Joe Sacco nous décrit ses expériences à Jérusalem, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza durant l’hiver 1991-1992.

Gaza 1956, Joe Sacco (nouvelle fenêtre) : l’auteur a été sur le terrain (bande de Gaza) pour récolter les souvenirs  de deux incidents de 1956 : les meurtres de Khan Younis et les tueries de Rafah. Cinquante ans plus tard, il essaye d’éclaircir ces évènements minorés par la presse et l’ONU.

Un maillot pour l’Algérie, Bertrand Galic, Kris et Javi Rey (nouvelle fenêtre) : les valeurs de l’indépendance vues à travers le sport.  Des footballeurs se préparant à jouer la coupe du monde sous le maillot de la France quittent tout pour jouer sous le maillot de l’Algérie, un pays qui n’existe pas encore.

Kobane Calling, Zerocalcare (nouvelle fenêtre) : Kobané, c’est la ville dans laquelle Zerocalcare est envoyé en tant que reporter. Au nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie, l’armée Kurde est en lutte contre l’État islamique. Zerocalcare tente de décrire son quotidien à la frontière turque, toujours avec un langage propre à lui et humoristique.

Une si jolie petite guerre, Marcelino Truong (nouvelle fenêtre) : roman graphique en deux tomes sur la guerre du Vietnam. Marcelino Truong porte un regard d’enfant sur cette guerre. Il nous fait part de ses incompréhensions, de sa vision de la guerre alors que lui et sa famille viennent de s’installer à Saigon. Face à son histoire, on retrouve l’histoire politique de la guerre du Vietnam : l’endiguement du communisme par les États-Unis, sous couvert de protection des populations.

Matteo, Jean-Pierre Gibrat (nouvelle fenêtre) : « Récit romanesque de haute tenue, composé de quatre époques, Mattéo raconte la destinée singulière d’un homme qui, de 1914 à 1939, de la guerre de 14 à la Seconde Guerre mondiale, en passant par la révolution russe, le Front Populaire et la guerre d’Espagne, traversera époques tumultueuses et passions exacerbées. Finalement, comme malgré lui, Mattéo sera de toutes les guerres, celles qui auront embrasé les premières décennies du XXe siècle en mettant à mal son pacifisme militant, comme celles qui meurtriront son cœur d’amoureux éconduit » Bedethèque.

Comme  pour la Première Guerre mondiale (La guerre en BD 1), et La Seconde Guerre mondiale (La guerre en BD 2), cette sélection n’est pas exhaustive et ne mentionne que les documents présents à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

À vous de nous proposer dans les suggestions des BD singulières qui offrent un regard nouveau sur la guerre !

Pour tous les amateurs d’Histoire et de bande dessinée, n’oubliez pas de passer au Salon du Roman Historique de Levallois le dimanche 11 mars 2018 où un vingtaine d’auteurs-illustrateurs de BD (liste des invités -nouvelle fenêtre) seront présents et dédicaceront leurs livres.

Parmi eux, Marcelino Truong, exposé à La Médiathèque du lundi 5 mars au dimanche 25 mars 2018 (nouvelle fenêtre) participera à une rencontre intitulée Raconter l’Histoire, une histoire à part (nouvelle fenêtre) à La Médiathèque le vendredi 9 et  sera présent le dimanche 11 mars au Salon (Hôtel de ville de Levallois) où il dédicacera ses livres et animera un atelier pour les enfants.

BONUS : les articles La voix des auteurs, Marcelino Truong et Marcelino Truong raconte une si jolie petite guerre publiés à l’occasion de la sortie de la BD en 2014 sur le blog Liseur !

La guerre en BD (2), la Seconde Guerre mondiale

3 Mar

La plupart des bandes dessinées jeunesse sur la Seconde Guerre mondiale mettent en scène des enfants. C’est un moyen plus efficace de toucher nos jeunes lecteurs, car ils peuvent s’identifier directement aux personnages et peut-être se demander : « À leur place, qu’aurais-je fait ? ». Les bandes dessinées adultes sont quant à elles des témoignages ou des fictions qui mettent en lumière des aspects de la guerre parfois oubliés.

Jeunesse :

Les enfants de la résistance, Vincent Dugomier (nouvelle fenêtre) : bande dessinée en trois tomes sur trois enfants grandissant au début de la Seconde guerre mondiale. Souhaitant aider leurs parents et les habitants de leur village, ils créent anonymement et innocemment un réseau de résistance et d’espoir qui s’étend à tout le village et au-delà.

Irena, Séverine Tréfouël (nouvelle fenêtre) : figure oubliée dans les livres d’histoire, Irena Sendlerowa est une résistante et militante polonaise qui apporta de l’aide dans le camp de Varsovie pendant la Seconde guerre mondiale. Elle aida notamment 2500 enfants à s’échapper. Cette bande dessinée est une adaptation de son histoire. Trois tomes ont été publiés, la série est actuellement en cours.

Rescapés de la Shoah, Zane Whittingham / Ryan Jones (nouvelle fenêtre) : six enfants, six témoignages, si histoires. Ils ont survécu à la Shoah et racontent ce qu’il s’est passé, comment ils l’ont vécu. Les dessins sont simples et représentatifs. En fin d’ouvrage, on trouve une photo actuelle des six enfants, un glossaire et une chronologie.

Journal d’Anne Frank, Antoine Ozanam et Nadji (nouvelle fenêtre) : adaptation jeunesse du journal incontournable de la seconde guerre mondiale.

L’envolée sauvage, Laurent Galandon (nouvelle fenêtre) : 1941, dans un orphelinat loin du front et de la guerre. Simon est juif et passionné par les oiseaux. L’antisémitisme n’épargne personne et Simon est bientôt obligé de fuir, confronté à la bêtise humaine.  Un série en quatre tomes.

Adulte :

Dent d’ours, Yann (nouvelle fenêtre) : trois amis d’enfance, Werner, Hanna et Max, deux allemands et un juif, vivent en Allemagne dans les années 30. Aux lois de Nuremberg de 1935 succèdent la Nuit de Cristal de 1938 puis l’entrée en guerre en 1939. Ces trois amis passionnés par l’aviation voient leur amitié mise à l’épreuve quand Werner et Hanna doivent entrer dans les jeunesses hitlériennes pour continuer l’aviation alors que Max et sa famille sont progressivement rejetés de la société.

Gen d’Hiroshima, Keiji Nakazawa (nouvelle fenêtre)  : une série de manga en dix tomes, qui racontent la vie d’un petit garçon en 1945 pendant la guerre. Il tente de survivre aux privations avec sa famille, jusqu’à ce que la bombe explose… Cette série est en partie autobiographique et raconte la vie de l’auteur, Keiji Nakazawa, rescapé du bombardement d’Hiroshima.

Hitler, Shigeru Mizuki (nouvelle fenêtre) : c’est l’histoire de l’artiste non reconnu, de celui qui a été par deux fois refusé aux Beaux-Arts. Celui qui s’est senti investi d’une mission divine de faire de l’Allemagne un « empire de mille ans ». Celui qui est à l’origine du second conflit mondial et de millions de morts.

Au revoir là-haut, Christian de Metter (nouvelle fenêtre) : bande-dessinée adaptée du célèbre roman de Pierre Lemaître.

La dernière cigarette, Nikolavitch / Botta (nouvelle fenêtre)  : 1943, un Russe et un Allemand se retrouvent isolés dans une cabane le temps d’une nuit…le temps d’une trêve humaine.

Il était une fois en France, Fabien Nury (nouvelle fenêtre) : Joseph Joanovici est un juif roumain sous l’occupation. Criminel ou héro, cela dépend des points de vue. Il était ferrailleur et fournissait du métal pour les autorités allemandes. Cette bande-dessinée en six tomes raconte son histoire, de son ascension à sa chute.

Maus, Art Spiegelman (nouvelle fenêtre) : première BD à être récompensée par le prix Pulitzer en 1992, Maus aborde la question juive pendant la Seconde guerre mondiale. Les Nazis sont représentés par des chats, les Juifs par des souris. Art Spiegelman raconte l’histoire de Vladek Spiegelman son père à partir des années 30 ; mais aussi sa propre histoire à New York dans les années 70. La dimension humaine est ce qui fait de cette bande-dessinée un chef d’œuvre.

Collaboration horizontale, Navie et Carole Maurel (nouvelle fenêtre) : ce qu’on retient de la guerre ce sont les combats, les milliers de morts et toutes les destructions. Mais même pendant la guerre naît l’amour. C’est le cas dans cet immeuble où vivent plusieurs femmes, toutes solidaires sous l’Occupation. L’une d’entre elles tombe amoureuse d’un Allemand. Entre aide et trahison, la limite est parfois fine.

Le journal d’Anne Frank, Ari Folman et David Polonsky (nouvelle fenêtre) : le classique revisité en roman graphique. Le scénario est de Ari Folman et les illustrations sont de David Polonsky.

Ma guerre – De la Rochelle à Dachau, Tiburce Oger (nouvelle fenêtre) : adaptation du témoignage de Guy-Pierre Gautier, le grand-père de l’auteur. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale puis survivant aux camps, son témoignage nous permet de comprendre et surtout de ne pas oublier.

 

Palestine, dans la bande de gaza (nouvelle fenêtre) & Palestine : une nation occupée (nouvelle fenêtre), Joe Sacco : Dans ces deux volumes, Joe Sacco nous décrit ses expériences à Jérusalem, en Cisjordanie et

Matteo, Jean-Pierre Gibrat (nouvelle fenêtre) : « Récit romanesque de haute tenue, composé de quatre époques, Mattéo raconte la destinée singulière d’un homme qui, de 1914 à 1939, de la guerre de 14 à la Seconde Guerre mondiale, en passant par la révolution russe, le Front Populaire et la guerre d’Espagne, traversera époques tumultueuses et passions exacerbées. Finalement, comme malgré lui, Mattéo sera de toutes les guerres, celles qui auront embrasé les premières décennies du XXe siècle en mettant à mal son pacifisme militant, comme celles qui meurtriront son cœur d’amoureux éconduit » Bedethèque.

Après La guerre en BD (1), la Première guerre mondiale retrouvez très prochainement sur Liseur la suite de ces propositions de lecture avec  La guerre en BD (3) les autres guerres.

RAPPEL : n’oubliez pas de venir jetez un coup d’œil à l‘exposition D’une guerre à l’autre de Marcelino Truong  présentée à la médiathèque Gustave-Eiffel du lundi 5 mars jusqu’au dimanche 25 mars, dans le cadre du Salon du Roman Historique de Levallois 2018 (nouvelle fenêtre). 

Participant à une rencontre intitulée Raconter l’Histoire, une histoire à part à La Médiathèque le vendredi 9 mars, Marcelino Truong sera présent le dimanche 11 mars au Salon (Hôtel de ville de Levallois) où il dédicacera ses livres et animera un atelier pour les enfants.

 

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