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Panorama de la littérature italienne contemporaine

4 Avr

Après Les origines de la littérature italienne contemporaine,  je voudrais, dans cet aperçu sur l’expression  narrative italienne contemporaine, souligner la nature hybride et multiforme d’une grande partie des romans actuels. Si  la plupart des écrivains qui se sont imposés dans le paysage littéraire l’on  fait autour des années 80, il est important néanmoins de noter que les générations précédentes ont eu une rôle très influent,  certains sont très estimés à l’étranger.

Reprenons la génération de années 30

Elle comprend de grande figures intellectuelles tel Umberto Eco mort en 2016, et laissant derrière lui une œuvre foisonnante, on peut citer le Nom de la rose (nouvelle fenêtre)  mélange du suspense narratif et des plaisirs érudits ; assez différent  Le Pendule de Foucault (nouvelle fenêtre) donne un visage nouveau à la vieille histoire des Templiers. Plus tard,  à 78 ans, dans le Cimetière de Prague (nouvelle fenêtre), Eco démontre encore la verdeur de son imagination romanesque en entraînant le lecteur sur les traces d’un faussaire à la recherche d’une vérité cachée dans un repli de l’Histoire, au XIXe siècle.

De même Antonio Tabucchi disparu en 2012, dont j’ai déjà parlé  dans le précédent article Origine de la littérature contemporaine italienne, écrit des livres dont les personnages se cherchent, mais qui finalement optent pour le courage, induit par l’injustice et toutes les formes de dictature. Citons Tristano meurt (nouvelle fenêtre)

Les  romanciers nés dans les années 50/60, font partie d’une génération particulièrement fertile. Son grand représentant, Erri De Luca;  adopte une  narration assez traditionnelle il est écrivain, poète et traducteur, et a obtenu en 2002 le prix Femina étranger, pour son livre Montedidio (nouvelle fenêtre) Les personnages qu’il campe sont des gens simples, emplis de sagesse populaire. La période qu’il a choisie ici pour son narrateur est celle de la fin de l’adolescence, celle du rite initiatique symbolisé par le « boumeran ». Les personnages phares de cette histoire, l’adolescent et le bossu, sont tout deux en quête d’un graal, d’un changement.
Parmi les « jeunes narrateurs » nés dans les années 50, il serait impardonnable de ne pas mentionner Alessandro Baricco, dont les romans ont été traduits partout en Europe, ainsi qu’en Asie et en Amérique. Il a remporté un vif succès avec Soie (nouvelle fenêtre), c’ est une longue nouvelle qui se situe au XIXe siècle dont le personnage principal est un marchand français de ver à soie.

Parmi les auteurs dont la renommée ne date pas d’hier, Andréa Camilleri  connait un énorme succès  en Italie comme ailleurs, grâce à ses romans policiers mettant en scène le sarcastique commissaire Montalbano. L’ atmosphère de ses romans et  ses personnages fascinent des milliers de lecteurs. Par exemple, Chien de faience (nouvelle fenêtreoù un patron de la mafia met en scène son arrestation afin de sauver la face devant un monde cruel qu’il répudie.
Dans la veine du polar, citons Carlo Lucharelli avec La huitième vibration (nouvelle fenêtre), Marcello Fois avec  la lumière parfaite (nouvelle fenêtre) et Giancarlo Di Cataldo avec Les traitres (nouvelle fenêtre) et Massimo Carlotto avec le souffle court (nouvelle fenêtre). Ces quatre romanciers mettent souvent au centre de leurs intrigues les mensonges et les secrets de l’histoire officielle, l’histoire récente de l’Italie étant au centre de leur œuvre.

Dans Saltatempo (nouvelle fenêtre) Stefano Benni mêle une chronique de la vie d’un rebelle avec une fantaisie toute poétique : ce roman plein de tendresse a enchanté un grand nombre de lecteurs à travers l’Europe, il entre dans la veine des auteurs de romans plutôt légers et comiques.

Citons d’autres auteurs modernes incontournables :  Sandro Veronesi  pour Terres rares  (nouvelle fenêtre) qui est une réflexion émouvante fouillant dans les moindres recoins de l’âme. Niccolo Amanniti avec Comme Dieu veut (nouvelle fenêtre) est un auteur très apprécié et très populaire en Italie. Il excelle dans les récits purs et efficaces, avec des rencontres impossibles, il creuse la vie dans ce qu’elle a de plus absurde, de plus mystérieux.

À côté d’écrivains plus mûrs, on a l’affirmation d’une nouvelle génération de narrateurs qui a gagné beaucoup de succès, par exemple  Margaret Mazzantini  avec Écoute-moi (nouvelle fenêtre), ou Roberto Saviano  avec Gomorra : dans l’empire de la Camora (nouvelle fenêtre) qui  n’est pas un roman mais un document sur l ‘histoire de la Mafia, il tirera aussi de cette enquête  une  célèbre série télévisuelle réalisée par Stefano Sollima entre autre, portant le même titre.

L’art de la joie (nouvelle fenêtre) de Giordana Sapienza est un roman d’apprentissage : il foisonne d’une multitude de vies et traverse le XXe siècle et ses tragédies en étant un hymne à la joie.

Paolo Giordano, dans  la solitude des nombres premiers (nouvelle fenêtre), dépeint deux personnages marqués par des évènements terribles qui compromettent leurs vies d’adultes.

L’auteur sarde Milena Agus avec Mal de pierres (nouvelle fenêtre), récit sans doute autobiographique, d’une sensibilité à fleur de page, devient ainsi un très bel éloge de l’imagination qui a raison de la réalité.

La jeune Silvia Avallone avec D’acier (nouvelle fenêtre) ou Marina Belezza (nouvelle fenêtre) se révèle une fois encore incroyablement douée pour décrire les failles de notre société, les doutes de sa jeunesse et le mouvement qui la pousse à se réapproprier sa terre et ses origines.

Et pour clore ce panorama, n’oublions pas la célèbre Elena Ferrante et sa saga déployée en 4 tomes  L’Amie prodigieuse (nouvelle fenêtre); Le Nouveau Nom (nouvelle fenêtre,) celle qui fuit et celle qui reste (nouvelle fenêtre,) L’enfant perdue (nouvelle fenêtre), œuvres que tout le monde s’arrache et qui retrace dans le Naples des années 50 la vie de deux amies dans un quartier défavorisé de la ville, deux héroïnes inoubliables que l’on suivra  dans un monde riche et bouillonnant façon grand roman du XIXe siècle. L’ampleur historique et sociologique de cette saga évoque à certain moments les œuvres d’ Elsa Morante.

Avant la saga qui l’a fait connaitre, Elena Ferrante a publié d’autres romans qui sont autant de variations sur l’identité féminine, la maternité et la folie. Il s’agit de Poupée volée (nouvelle fenêtre), Les jours de mon abandon (nouvelle fenêtre).

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Origines de la littérature italienne contemporaine

26 Mar

La littérature italienne contemporaine est l’héritière des différents écrivains de l’unité du pays et des courants dessinés à travers l’histoire ainsi que d’une culture plusieurs fois millénaire.

Son influence tient aussi à de grands classiques tels Dante avec La divine comédie (nouvelle fenêtre ) les poèmes de Pétrarque,  Boccace et son Decameron, ou encore  Fiammetta  (nouvelle fenêtre), mais également l’œuvre philosophique de Machiavel avec Le Prince (nouvelle fenêtre) ainsi que le théâtre de Goldoni (nouvelle fenêtre)

L’unification Italienne vue par Tomaso Di Lampedusa

Le guépard  (nouvelle fenêtre) de Lampedusa marque un tournant dans la littérature italienne. En effet c’est une œuvre essentielle qui célèbre la renaissance, et où l’auteur est un  observateur avisé de la haute société italienne, de ses rituels sociaux  et de la façon dont ses membres essaient de suivre l’évolution sociale et politique.

Manzoni, un écrivain  romantique déterminant.

En ce qui concerne les écrivains romantiques du 19e siècle, citons Alessandro Manzoni, et son roman fondateur Les fiancés.

Le courant anticonformiste « scapigliatura »

Comme tête de file, Emilio Praga (à la façon d’un Baudelaire italien ), forcement en opposition au conservatisme culturel de l’époque, écrivain, poète, peintre et librettiste.

Le naturalisme appelé « vérisme » en Italie

Initié par Giovanni Verga. Dans  les Malavoglia  (nouvelle fenêtre), il propose  de décrire les mutations sociales provoquées par le désir de progrès économique, mais en réalité il s’attache à narrer la décadence d’une famille de pêcheurs d’Aci Trezza, près de Catane.

La génération des années trente

Rosetta Loy n’a pas son pareil pour camper une histoire de guerre à l’atmosphère feutrée, malgré la proximité de l’horreur, dans un  chocolat chez Hanselmann (nouvelle fenêtre)  par exemple.

La période fasciste

Elle a fortement imprégné la littérature transalpine, que Natalia Ginzburg a relaté dans Tous nos hier,  avec  un prisme subjectif  ou féministe dans La mère. Vous pouvez la retrouver dans un roman plus actuel C’est ainsi que cela s’est passé (nouvelle fenêtre)

Tandis que Malaparte lui dénonce la violence de la guerre et la  terreur répandue , et témoigne de résistance dans sa  fameuse trilogie Technique du coup d’état, Kaputt et La peau.

De même Mario Rigoni Stern avec Les saisons de Giacomo (nouvelle fenêtre)  offre une succession de tableaux brefs mais intenses, d’images fugitives mais puissantes, et célèbre les éternelles valeurs d’une terre de fraternité.

Le courant néoréaliste

Citons Italo Calvino  avec Le Sentier des nids d’araignée, un roman qu’il écrit au lendemain  de la Seconde guerre mondiale et qui se déroule principalement au sein de la Résistance italienne antifasciste.

Après la chute du fascisme, et le referendum de 1946, l’Italie devient une république, ce qui apporte de nombreux changement : politique, culturel et social redonnant sa place à la littérature, le néoréalisme est né et se développe surtout dans le cinéma , il trouve des influences dans le roman, et est initié par Elio Vittorini, qui participe à la traduction de nombreux auteurs étrangers, qui étaient interdits par le régime. Citons aussi  Carlo Emilio Gadda, qui est un auteur confirmé de cette mouvance avec Les merveilles d’Italie (nouvelle fenêtre)  et qui  nous invite  à découvrir une Italie qu’aucun voyageur n’a décrite avant lui. Ce n’est plus seulement l’Italie de l’histoire, des arts et du bel canto, mais aussi l’Italie du travail et de la technologie.

Le surréalisme

Dino Buzzatti, quant à lui, déploie un thème récurrent dans son œuvre : la lutte contre le temps sans que l’homme sans aperçoive, que l’on retrouve dans  le recueil de nouvelles surréalistes,  Le K (nouvelle fenêtre)                                                     

Pour illustrer le roman sociétal

Alberto Moravia  questionne beaucoup dans son œuvre la société et le couple avec par exemple, L’ennui (Nouvelle fenêtre) ou Le mépris, (nouvelle fenêtre) adapté au cinéma par Jean-Luc Godard. C’est vraisemblablement de son métier de journaliste que lui vient l’habitude de chercher des thèmes de la vie quotidienne. Ainsi que son épouse Elsa Morante  avec La storia (nouvelle fenêtre), un livre accueilli comme une des œuvres majeures du XX° siècle.

Alors que Pier Paolo Pasolini connu pour son engagement social et politique nous offre une œuvre artistique et intellectuelle éclectique qui a marqué la critique. On peut ainsi citer Théorème (nouvelle fenêtre) qui est une parabole d’un genre unique et inclassable.  Il y observe  la société italienne de l’après-guerre et se montre très critique vis à vis de la société consumériste qui en découlera.

Il trouvera quelques héritiers comme Antonio Tabucchi., qui lui aussi fait a une œuvre militante, avec Pereira prétend (nouvelle fenêtre) 

Après toutes ces années de bouillonnement intellectuel, la « Berlusconnisation » de la société entraine un désinterêt grandissant pour la lecture, marqué par la prédominance de plus en plus accrue de la télévision et celle de  la civilisation américaine qui initient les jeunes à des expériences qui  se fondent essentiellement sur la musique et la vidéo offrant une autre perception moins littéraire du monde.

Si le sujet vous intéresse, je vous propose une deuxième partie plus actuelle, qui s’intitulera : Panorama de la littérature italienne contemporaine sur Liseur.

La guerre en BD (3), les autres guerres

7 Mar

Il est difficile de trouver des bandes dessinées jeunesse sur d’autres guerres que la Première et la Seconde Guerre mondiale. Cette catégorie n’offre donc qu’une bibliographie pour adultes, à mon grand regret. Les récits les plus marquants viennent de ceux qui se sont déplacés pour rendre compte des évènements le plus fidèlement possible (comme Zerocalcare et Joe Sacco). Ou de ceux qui ont vécu les évènements et racontent leur histoire comme Marcelino Truong, exposé du 5 au 25 mars à La Médiathèque (nouvelle fenêtre)  et présent le 11 mars au Salon du Roman Historique de Levallois 2018 (nouvelle fenêtre).

Adulte :

Jamais je n’aurais 20 ans, Jaime Martin (nouvelle fenêtre) : cette bande dessinée raconte la vie d’une jeune fille pendant la guerre civile espagnole (1936—1939). Résistante, Isabel suit son futur mari, chef d’une cellule locale, dans sa fuite contre la répression.

Palestine, dans la bande de gaza (nouvelle fenêtre) & Palestine : une nation occupée (nouvelle fenêtre), Joe Sacco : Dans ces deux volumes, Joe Sacco nous décrit ses expériences à Jérusalem, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza durant l’hiver 1991-1992.

Gaza 1956, Joe Sacco (nouvelle fenêtre) : l’auteur a été sur le terrain (bande de Gaza) pour récolter les souvenirs  de deux incidents de 1956 : les meurtres de Khan Younis et les tueries de Rafah. Cinquante ans plus tard, il essaye d’éclaircir ces évènements minorés par la presse et l’ONU.

Un maillot pour l’Algérie, Bertrand Galic, Kris et Javi Rey (nouvelle fenêtre) : les valeurs de l’indépendance vues à travers le sport.  Des footballeurs se préparant à jouer la coupe du monde sous le maillot de la France quittent tout pour jouer sous le maillot de l’Algérie, un pays qui n’existe pas encore.

Kobane Calling, Zerocalcare (nouvelle fenêtre) : Kobané, c’est la ville dans laquelle Zerocalcare est envoyé en tant que reporter. Au nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie, l’armée Kurde est en lutte contre l’État islamique. Zerocalcare tente de décrire son quotidien à la frontière turque, toujours avec un langage propre à lui et humoristique.

Une si jolie petite guerre, Marcelino Truong (nouvelle fenêtre) : roman graphique en deux tomes sur la guerre du Vietnam. Marcelino Truong porte un regard d’enfant sur cette guerre. Il nous fait part de ses incompréhensions, de sa vision de la guerre alors que lui et sa famille viennent de s’installer à Saigon. Face à son histoire, on retrouve l’histoire politique de la guerre du Vietnam : l’endiguement du communisme par les États-Unis, sous couvert de protection des populations.

Matteo, Jean-Pierre Gibrat (nouvelle fenêtre) : « Récit romanesque de haute tenue, composé de quatre époques, Mattéo raconte la destinée singulière d’un homme qui, de 1914 à 1939, de la guerre de 14 à la Seconde Guerre mondiale, en passant par la révolution russe, le Front Populaire et la guerre d’Espagne, traversera époques tumultueuses et passions exacerbées. Finalement, comme malgré lui, Mattéo sera de toutes les guerres, celles qui auront embrasé les premières décennies du XXe siècle en mettant à mal son pacifisme militant, comme celles qui meurtriront son cœur d’amoureux éconduit » Bedethèque.

Comme  pour la Première Guerre mondiale (La guerre en BD 1), et La Seconde Guerre mondiale (La guerre en BD 2), cette sélection n’est pas exhaustive et ne mentionne que les documents présents à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

À vous de nous proposer dans les suggestions des BD singulières qui offrent un regard nouveau sur la guerre !

Pour tous les amateurs d’Histoire et de bande dessinée, n’oubliez pas de passer au Salon du Roman Historique de Levallois le dimanche 11 mars 2018 où un vingtaine d’auteurs-illustrateurs de BD (liste des invités -nouvelle fenêtre) seront présents et dédicaceront leurs livres.

Parmi eux, Marcelino Truong, exposé à La Médiathèque du lundi 5 mars au dimanche 25 mars 2018 (nouvelle fenêtre) participera à une rencontre intitulée Raconter l’Histoire, une histoire à part (nouvelle fenêtre) à La Médiathèque le vendredi 9 et  sera présent le dimanche 11 mars au Salon (Hôtel de ville de Levallois) où il dédicacera ses livres et animera un atelier pour les enfants.

BONUS : les articles La voix des auteurs, Marcelino Truong et Marcelino Truong raconte une si jolie petite guerre publiés à l’occasion de la sortie de la BD en 2014 sur le blog Liseur !

La guerre en BD (2), la Seconde Guerre mondiale

3 Mar

La plupart des bandes dessinées jeunesse sur la Seconde Guerre mondiale mettent en scène des enfants. C’est un moyen plus efficace de toucher nos jeunes lecteurs, car ils peuvent s’identifier directement aux personnages et peut-être se demander : « À leur place, qu’aurais-je fait ? ». Les bandes dessinées adultes sont quant à elles des témoignages ou des fictions qui mettent en lumière des aspects de la guerre parfois oubliés.

Jeunesse :

Les enfants de la résistance, Vincent Dugomier (nouvelle fenêtre) : bande dessinée en trois tomes sur trois enfants grandissant au début de la Seconde guerre mondiale. Souhaitant aider leurs parents et les habitants de leur village, ils créent anonymement et innocemment un réseau de résistance et d’espoir qui s’étend à tout le village et au-delà.

Irena, Séverine Tréfouël (nouvelle fenêtre) : figure oubliée dans les livres d’histoire, Irena Sendlerowa est une résistante et militante polonaise qui apporta de l’aide dans le camp de Varsovie pendant la Seconde guerre mondiale. Elle aida notamment 2500 enfants à s’échapper. Cette bande dessinée est une adaptation de son histoire. Trois tomes ont été publiés, la série est actuellement en cours.

Rescapés de la Shoah, Zane Whittingham / Ryan Jones (nouvelle fenêtre) : six enfants, six témoignages, si histoires. Ils ont survécu à la Shoah et racontent ce qu’il s’est passé, comment ils l’ont vécu. Les dessins sont simples et représentatifs. En fin d’ouvrage, on trouve une photo actuelle des six enfants, un glossaire et une chronologie.

Journal d’Anne Frank, Antoine Ozanam et Nadji (nouvelle fenêtre) : adaptation jeunesse du journal incontournable de la seconde guerre mondiale.

L’envolée sauvage, Laurent Galandon (nouvelle fenêtre) : 1941, dans un orphelinat loin du front et de la guerre. Simon est juif et passionné par les oiseaux. L’antisémitisme n’épargne personne et Simon est bientôt obligé de fuir, confronté à la bêtise humaine.  Un série en quatre tomes.

Adulte :

Dent d’ours, Yann (nouvelle fenêtre) : trois amis d’enfance, Werner, Hanna et Max, deux allemands et un juif, vivent en Allemagne dans les années 30. Aux lois de Nuremberg de 1935 succèdent la Nuit de Cristal de 1938 puis l’entrée en guerre en 1939. Ces trois amis passionnés par l’aviation voient leur amitié mise à l’épreuve quand Werner et Hanna doivent entrer dans les jeunesses hitlériennes pour continuer l’aviation alors que Max et sa famille sont progressivement rejetés de la société.

Gen d’Hiroshima, Keiji Nakazawa (nouvelle fenêtre)  : une série de manga en dix tomes, qui racontent la vie d’un petit garçon en 1945 pendant la guerre. Il tente de survivre aux privations avec sa famille, jusqu’à ce que la bombe explose… Cette série est en partie autobiographique et raconte la vie de l’auteur, Keiji Nakazawa, rescapé du bombardement d’Hiroshima.

Hitler, Shigeru Mizuki (nouvelle fenêtre) : c’est l’histoire de l’artiste non reconnu, de celui qui a été par deux fois refusé aux Beaux-Arts. Celui qui s’est senti investi d’une mission divine de faire de l’Allemagne un « empire de mille ans ». Celui qui est à l’origine du second conflit mondial et de millions de morts.

Au revoir là-haut, Christian de Metter (nouvelle fenêtre) : bande-dessinée adaptée du célèbre roman de Pierre Lemaître.

La dernière cigarette, Nikolavitch / Botta (nouvelle fenêtre)  : 1943, un Russe et un Allemand se retrouvent isolés dans une cabane le temps d’une nuit…le temps d’une trêve humaine.

Il était une fois en France, Fabien Nury (nouvelle fenêtre) : Joseph Joanovici est un juif roumain sous l’occupation. Criminel ou héro, cela dépend des points de vue. Il était ferrailleur et fournissait du métal pour les autorités allemandes. Cette bande-dessinée en six tomes raconte son histoire, de son ascension à sa chute.

Maus, Art Spiegelman (nouvelle fenêtre) : première BD à être récompensée par le prix Pulitzer en 1992, Maus aborde la question juive pendant la Seconde guerre mondiale. Les Nazis sont représentés par des chats, les Juifs par des souris. Art Spiegelman raconte l’histoire de Vladek Spiegelman son père à partir des années 30 ; mais aussi sa propre histoire à New York dans les années 70. La dimension humaine est ce qui fait de cette bande-dessinée un chef d’œuvre.

Collaboration horizontale, Navie et Carole Maurel (nouvelle fenêtre) : ce qu’on retient de la guerre ce sont les combats, les milliers de morts et toutes les destructions. Mais même pendant la guerre naît l’amour. C’est le cas dans cet immeuble où vivent plusieurs femmes, toutes solidaires sous l’Occupation. L’une d’entre elles tombe amoureuse d’un Allemand. Entre aide et trahison, la limite est parfois fine.

Le journal d’Anne Frank, Ari Folman et David Polonsky (nouvelle fenêtre) : le classique revisité en roman graphique. Le scénario est de Ari Folman et les illustrations sont de David Polonsky.

Ma guerre – De la Rochelle à Dachau, Tiburce Oger (nouvelle fenêtre) : adaptation du témoignage de Guy-Pierre Gautier, le grand-père de l’auteur. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale puis survivant aux camps, son témoignage nous permet de comprendre et surtout de ne pas oublier.

 

Palestine, dans la bande de gaza (nouvelle fenêtre) & Palestine : une nation occupée (nouvelle fenêtre), Joe Sacco : Dans ces deux volumes, Joe Sacco nous décrit ses expériences à Jérusalem, en Cisjordanie et

Matteo, Jean-Pierre Gibrat (nouvelle fenêtre) : « Récit romanesque de haute tenue, composé de quatre époques, Mattéo raconte la destinée singulière d’un homme qui, de 1914 à 1939, de la guerre de 14 à la Seconde Guerre mondiale, en passant par la révolution russe, le Front Populaire et la guerre d’Espagne, traversera époques tumultueuses et passions exacerbées. Finalement, comme malgré lui, Mattéo sera de toutes les guerres, celles qui auront embrasé les premières décennies du XXe siècle en mettant à mal son pacifisme militant, comme celles qui meurtriront son cœur d’amoureux éconduit » Bedethèque.

Après La guerre en BD (1), la Première guerre mondiale retrouvez très prochainement sur Liseur la suite de ces propositions de lecture avec  La guerre en BD (3) les autres guerres.

RAPPEL : n’oubliez pas de venir jetez un coup d’œil à l‘exposition D’une guerre à l’autre de Marcelino Truong  présentée à la médiathèque Gustave-Eiffel du lundi 5 mars jusqu’au dimanche 25 mars, dans le cadre du Salon du Roman Historique de Levallois 2018 (nouvelle fenêtre). 

Participant à une rencontre intitulée Raconter l’Histoire, une histoire à part à La Médiathèque le vendredi 9 mars, Marcelino Truong sera présent le dimanche 11 mars au Salon (Hôtel de ville de Levallois) où il dédicacera ses livres et animera un atelier pour les enfants.

 

La guerre en BD (1), la Première Guerre mondiale

23 Fév

Les deux guerres mondiales du XXe siècle sont des sujets très prisés de la littérature et du cinéma. La vie dans les tranchées, dans les camps, la Résistance ou encore la montée des régimes fascistes sont autant de thèmes sur lesquels on peut trouver une multitude d’ouvrages. Des livres de références, comme Si c’est un homme de Primo Levi (nouvelle fenêtre), des films prenants comme Le Pianiste de Roman Polanski (nouvelle fenêtre) ou La vie est Belle de Roberto Benigni (nouvelle fenêtre). Outre ces deux guerres, le XXe siècle a été marqué par d’autres conflits : les guerres d’indépendances, les guerres civiles ou encore les guerres du Proche et Moyen-Orient.

Les bandes-dessinées  sur le sujet sont nombreuses et parfois peu connues. C’est pourtant un moyen plaisant et ludique, pour enfants et adultes, de connaître les ressorts de ces guerres et d’en apprendre toujours un peu plus sur la vie de la population, notamment par des illustrations très documentées.

Ainsi, dans le cadre du Salon du Roman Historique de Levallois 2018 (nouvelle fenêtre),  La Médiathèque* propose un aperçu des deux Grandes Guerres mondiales à travers les œuvres de Marcelino Truong (du lundi 5 mars jusqu’au dimanche 25 mars 2018). Intitulée D’une guerre à l’autre (nouvelle fenêtre), l’exposition composée d’illustrations originales réalisées au cours des 30 dernières années pour diverses maisons d’édition françaises, montre des scènes du front ainsi que des scènes de vie quotidienne des gens de l’arrière.
Le dessin fin et précis de Marcelino Truong nous plonge dans la guerre vécue aussi bien par les civils que par les militaires, celle des combattants réguliers comme celle des résistants, des martyrs et de leurs bourreaux.

La Première Guerre mondiale

Moins prolifique dans le secteur jeunesse que la Seconde Guerre mondiale, la Première Guerre mondiale est surtout représentée en bande dessinée chez les adultes par les œuvres de Jacques Tardi. On retrouve également des adaptations illustrées de lettres de Poilus.

Jeunesse :

La guerre des Lulus, Régis Hautière (nouvelle fenêtre) : quatre orphelins appelés « Les Lulus » se retrouvent à l’arrière des lignes allemandes en 1914. Condamnés à se débrouiller seuls, à trouver de la nourriture, un logement et surtout à échapper aux Allemands, leurs aventures sont pleines d’humour et de rebondissements. Cinq tomes ont été publiés, la série est actuellement en cours.

Les Godillots, Olier & Marko (nouvelle fenêtre) : une histoire de tranchées vue avec humour. Quatre tomes ont été publiés, la série est actuellement en cours.

Adulte :

Putain de guerre, Jacques Tardi & Jean-Pierre Verney (nouvelle fenêtre) : Jacques Tardi joue dans cette BD sur les nuances de couleurs pour montrer l’enlisement de la guerre. Bien qu’étant une œuvre de fiction, il s’est appuyé sur des documents historiques avec l’aide de l’historien Jean-Pierre Verney.

Varlot soldat, Daeninckx/Tardi (nouvelle fenêtre) : une BD assez courte sur la vie des soldats pendant la Première guerre mondiale.

Le dernier assaut, Tardi (nouvelle fenêtre) : dans cette BD accompagnée d’un CD, c’est la guerre des tranchées qui est racontée. On suit les aventures de Mathurin Broutille, un brancardier des lignes de front, qui enchaîne les rencontres peu plaisantes.

Le der des ders, Daeninckx /Tardi (nouvelle fenêtre) : l’histoire ne se passe pas pendant la guerre. C’est l’après-guerre, les soldats qui se reconvertissent, doivent trouver un métier. Et bien sûr les images de la guerre qui reviennent sans cesse et qui hantent le quotidien.

Notre mère la guerre, Kris (nouvelle fenêtre) : 1915, en Champagne. La guerre fait des milliers de morts depuis 6 mois. Trois corps de femmes sont retrouvés. Elles ont été assassinées. Une enquête sur fond de Première guerre mondiale, appelée « La der des ders » et qui sera pourtant « La mère de toutes les guerres ». Série en quatre tomes.

Le chant du Cygne, Babouche/Dorison/Herzet (nouvelle fenêtre) : les survivants de la section du lieutenant Katzinski en ont marre de la guerre. Ils désertent et décident d’aller jusqu’à Paris, où ils doivent déposer une pétition pour leurs frères de bataille à l’Assemblée Nationale. Un périple en deux tomes.

Gavrilo Princip, l’homme qui changea le siècle, Henrik Rehr (nouvelle fenêtre) : Gavrilo Princip est l’homme qui a assassiné François-Ferdinand de Habsbourg, acte qui a déclenché le premier conflit mondial.  Pour quelles raisons a-t-il commis l’irréparable ?

14-18, Corbeyran / Le Roux (nouvelle fenêtre) : quatre amis venant d’un petit village sont mobilisés dans le même régiment d’infanterie. Eux qui ne connaissent pas la guerre, ils y découvriront la réalité du front, les combats, les privations  et la peur. Huit tomes ont été publiés, la série est actuellement en cours.

Paroles de Poilus, Jean-Pierre Guéno & Thierry Démarez (nouvelle fenêtre) : adaptation du livre de Jean-Pierre Guéno et Yves Laplume, cette bande-dessinée regroupe vingt lettres de Poilus. Ces lettres sont accompagnées de leur version illustrée et l’illustrateur est différent pour chaque lettre.  Cela donne un ensemble hétéroclite mais intéressant qui permet de retrouver plusieurs représentations de la guerre.

La Grande guerre, Joe Sacco (nouvelle fenêtre) : le premier jour de la bataille de la Somme. Une frise à feuilleter ou à déplier entièrement pour avoir à la fois l’arrière avec le ravitaillement, les tranchées et la ligne de front.

Cette sélection n’est pas exhaustive et ne mentionne que les documents présents à La Médiathèque (nouvelle fenêtre)Retrouvez très prochainement sur Liseur la suite de ces propositions de lecture avec La guerre en BD (2), la Seconde Guerre mondiale et La guerre en BD (3) les autres guerres.

*L’exposition des illustrations de Marcelino Truong sera présentée à la médiathèque Gustave-Eiffel, 111 rue Jean-Jaurès

* BONUS : Marcelino Truong sera présent à La Médiathèque le vendredi 9 mars pour participer à une rencontre intitulée Raconter l’Histoire, une histoire à part ainsi que le dimanche 11 mars au Salon du Roman Historique de Levallois (Hôtel de ville de Levallois) où il dédicacera ses livres et animera un atelier pour les enfants.

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