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Histoires de famille (1ère partie)

25 Avr

Le thème de la famille est très souvent évoqué dans la littérature, au travers des représentations qui en sont données, ainsi que des relations entre les personnages et leurs différents membres. Du plus classique au plus actuel, vous trouverez dans votre Médiathèque un panel large de romans sur ce sujet.

Les thèmes déclinés peuvent être : les relations parents-enfants, l’adoption, l’abandon, la famille nombreuse, l’absence, la mort d’un parent, d’un enfant, la famille recomposée, la famille choisie, les grands-parents, les générations, la généalogie, les conflits, la maltraitance, les secrets de famille, les héritages, les ruptures, l’aspect culturel des relations familiales, les attentes des parents par rapport aux enfants, les parents super héros ou dévalorisés, le chef de famille, la fratrie etc…

Il peut aussi être question d’éducation, d’affection, de transmission mais aussi de conjugalité, de filiation, de parenté et de choses plus compliquées encore, plus enfouies, plus feutrées, indicibles : la rivalité, la haine, l’oubli, la souffrance, l’inceste, le refoulé. Finalement, tout a toujours été dit sur les familles depuis Sophocle et jusqu’a Freud ( nouvelle fenêtre). 

La famille se décline aussi dans toutes les langues avec une richesse infinie  à la lumière de la mythologie, de la sociologie, de la psychologie, de la génétique et de l’imaginaire individuel de chaque écrivain.

Voici maintenant quelques incontournables :

Les Thibault (nouvelle fenêtre) de Roger Martin du Gard  : une œuvre qui se décline en 8 tomes et décrit le destin de deux familles bourgeoises dans la France de la Belle époque et qui va petit à petit sombrer dans le 1er conflit mondial. Ce roman est héritier d’un réalisme littéraire qui cherche à donner à voir au lecteur une réalité objective mais vivante dans un monde marqué par les clivages des classes sociales et des confessions religieuses.

Souvenirs d’enfance, la gloire de mon père (nouvelle fenêtre) de Marcel Pagnol. Dans ces Souvenirs d’enfance déclinés en 4 tomes, l’auteur redonne vie aux êtres chers qui l’ont entouré durant ses jeunes années. C’est le livre d’une initiation, le rêve d’une vie marquée par l’amour familial, la droiture d’un père poussée à son paroxysme, des décors somptueux , des moments d’une rare félicité, un premier amour, des joies partagées, une amitié rare… Et puis l’écriture somptueuse de simplicité de Marcel Pagnol.

Une vie (nouvelle fenêtre) de Guy de Maupassant . En cette fin de XIXème siècle, l’auteur prolixe livre son analyse de la noblesse de terre, dans sa Normandie si chère. Et la vie dont il s’agit, celle de Jeanne le Perthuis des Vauds, fille de bonne famille, de sa sortie du couvent du Sacré-Cœur aux vieux jours, enfin apaisée. C’est aussi une vie d’un mariage raté. Le style est tout en douceur, on glisse sur les mots comme dans une barque tranquille.
Ou par exemple Pierre et Jean (nouvelle fenêtre) : cette œuvre traite de l’hérédité, de la petite bourgeoisie et des problèmes de famille liés à l’argent. Ainsi va l’histoire de deux frères au traitement différencié au sein d’une même famille…

La guerre et la paix (nouvelle fenêtre) de Léon Tolstoi. Toute l’histoire se concentre autour de deux grandes familles, les Rostov et les Bolkonski, deux familles d’aristocrates qui vont être impliquées de près ou de loin dans les orages de la guerre. Autour d’elles gravitent une kyrielle de personnages secondaires qui illustrent une quantité de profils humains. Voici un livre plein de contradictions, entre fierté patriotique et individualisme, entre sens de l’État et sens de la famille, entre libre-arbitre et déterminisme, et tant d’autres contradictions apparentes que nous passons chaque jour de notre vie à tenter de résoudre. C’est un livre où chacun peut se retrouver…

Les Rougon-Macquart (nouvelle fenêtre). Émile Zola constitue une fresque de 20 romans inspirés de la Comédie Humaine de Balzac, ayant pour but d’étudier l’influence des conditions sociales sur l’Homme et les tares héréditaires d’une famille. Cela commence par la famille des Rougon, commerçants de la petite bourgeoisie. Plutôt alcooliques, les Macquart sont plus proches de la terre. Ces deux branches vont fusionner et donner naissance à différents protagonistes que l’auteur placera dans différentes situations. Cela donnera de nombreux chefs-d’œuvre, parmi eux Germinal (nouvelle fenêtre) extrêmement documenté ou La bête humaine (nouvelle fenêtre) qui fait figure de thriller avant la date.

Sans famille (nouvelle fenêtre)  d’Hector Malot ou le destin de Rémi, l’enfant trouvé, recueilli par la mère Barberin, vendu au plus grand chanteur d’Italie et qui aura une vie pleine de péripéties. Moraliste discret, Hector Malot apporte un soin tout particulier à camper ses personnages. Son imagination prend appui sur le réel même si parfois l’invention serait plus facile.  Appartenant pleinement à la littérature de ce XIXe siècle qui a découvert un nouveau domaine d’investigation, les «sciences sociales», Hector Malot restitue son époque avec sobriété.

La littérature de la première moitié du XXe tente de cerner les enjeux contemporains et cherche quel peut être le sens de l’existenceElle est philosophique et humaniste parce qu’elle fait de l’homme le centre de ses préoccupations. Cependant, elle ne se contente pas d’expliquer et l’écrivain est souvent amené à prendre position. On parle de « littérature engagée ». La forme littéraire la plus utilisée est le roman. Ceux qui traitent de la famille n’y échappent pas et offrent un sujet romanesque intéressant, une manière de raconter dans un espace à priori clos et sécurisant.

Un barrage contre le Pacifique (nouvelle fenêtre) de Marguerite Duras. Une mère et ses enfants vivent aux limites de la société coloniale et aux abords immédiats des villages où tentent de survivre les Indochinois dans un dénuement absolu et à la merci de toutes les maladies, de la cruauté des tigres et de la force aveugle et meurtrière des marées de l’océan. L’auteur y fait preuve d’une technique romanesque aboutie avec du rythme et du souffle.

La promesse de l’aube (nouvelle fenêtre) de Romain Gary. Le narrateur raconte son enfance en Russie, en Pologne puis à Nice, le luxe et la pauvreté qu’il a connus tour à tour, son dur apprentissage d’aviateur. Il est perpétuellement question de l’amour inconditionnel que Roman voue à sa mère. C’est exprimé avec tendresse, sensibilité clairvoyance et humour. Un roman très émouvant.

Enfance (nouvelle fenêtre) de Nathalie Sarraute : une enfance passée en Russie, en Suisse, en France dans une famille recomposée… Un dialogue permanent entre l’auteur et l’enfant qu’elle était, son double ne cessant de la rabrouer. Une fillette ballottée entre un père et une mère qui ne s’entendent pas. C’est une œuvre d’une grande sensibilité, un livre-phare transformé en véritable quête de l’indicible.

 

Prochainement dans Liseur : dans Histoires de famille (2ème partie) pour y découvrir des romans contemporains sur la famille.

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Le coin de La Médiathèque de mars 2019 se passionne pour l’Histoire

4 Avr

Si vous êtes fan d’Histoire, vous avez peut-être passé votre dimanche 31 mars au Salon du Roman Historique de Levallois  : parmi les 135 auteurs présents, peut-être y avez-vous rencontré ceux qui ont écrit ces livres ? Si ce n’est pas le cas mais aussi pour tous ceux qui n’ont pu être présents pour l’édition 2019 du salon, effectuons un petit retour dans le passé avec ce coin de La Médiathèque du mois de mars spécial romans historiques !

Ce cœur qui haïssait la guerre (nouvelle fenêtre)ce ceour qui haissait la guerre de Michel heurtault (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre) de Michel Heurtault.  Éditions Albin-Michel

Dans cette fresque puissante qui dépeint l’Allemagne depuis l’avènement du IIIème Reich jusqu’à sa chute, Michel Heurtault explore la complexité des engagements qui ont divisé la société allemande : ces années où « la lucidité d’un homme se mesure, plus qu’à son courage, au nombre d’incertitudes qu’il est capable d’affronter ».

Ainsi, nous suivons l’histoire d’Anton, jeune ingénieur allemand admis dans un centre de recherche sur les fusées dont le  rêve est d’explorer l’espace. Mais l’histoire va  en décider autrement : les ingénieurs aéronautiques, qui pensaient créer des machines pour les progrès de l’Humanité, se retrouvent à créer des engins de mort  destinés à dominer l’Europe définitivement. Indifférent  à la politique et au nazisme au départ, le jeune homme qui rêve plus d’étoiles que de pouvoir, va peu à peu être envahi par les affres du doute et se battre avec sa conscience pour finalement s’engager dans la lutte contre le Führer.

La résistance intérieure allemande a été longtemps ignorée et c’est avec une grande rigueur historique  et beaucoup de subtilité que ce texte dense et d’une rare intelligence nous en fait le récit. Un roman magnifique !

Le cœur des Amazones de G. Bindi et C. Rossi (catalogue de La médiathèque -nouvelle fenêtre)   Le cœur des Amazones (nouvelle fenêtre)  de G. Bindi et C. Rossi. Éditions Casterman

Le cœur des Amazones est une bande-dessinée scénarisée par Géraldine Bindi et illustrée par Christian Rossi considéré comme le maître du dessin réaliste.

Géraldine Bindi, universitaire spécialiste du domaine et nouvelle dans l’univers de la BD, s’est servie de ses recherches pour poser le cadre de cette histoire qui se déroule au temps de la guerre de Troie. Des femmes guerrières nommées « les Amazones » vivent secrètement  dans la forêt sous la protection d’Artémis, déesse de la chasse, et attirent annuellement des hommes pour se reproduire. Dans cette société matriarcale, seules les nouveaux-nés filles sont épargnées. Les mâles reproducteurs sont cantonnés aux tâches domestiques. L’équilibre de ce microcosme est cependant fragile…La jeune reine Penthésilée ne trouve pas de roi. Mais peut-être sa rencontre avec Achille, héros légendaire de l’Illiade, va-t-elle changer le cours de l’histoire ?

À l’heure de MeToo et des autres combats portés par les femmes, cette aventure mythologique, bien que porteuse de certains anachronismes, offre à la fois une nouvelle variante de ce thème et une résonance bien actuelle.

Les splendides dessins de Christian Rossi réalisés dans des nuances de marron, à base de brou de noix et de sépia, accompagnent parfaitement ce récit et ajoutent au caractère singulier, magique, sensuel et charnel de cet album.

Laissez-vous emporter dans cette guerre des sexes sur fond de mythologie !

Brasil de Jean-Paul Delfinot (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)   Brasil (nouvelle fenêtre) de Jean-Paul Delfino. Éditions Le Passage

 Brasil est le septième volume de la Suite brésilienne de Jean-Paul Delfino, grande  fresque historique de neuf romans commencée en 2005 avec Corcovado et qui couvre une période de près de trois siècles.  Une saga sur l’histoire du Brésil qui met en scène des personnages historiques et fictifs aux destins croisés, qui se  confrontent aux soubresauts de l’histoire, aux luttes fratricides, à la traite négrière,  aux  injustices et aux révoltes menées dans un tourbillon de passions et d’espoir. Exilé à Rio depuis la conquête du Portugal par Napoléon en 1810,  Dom Joao VI, roi du Portugal et du Brésil, se voit dans l’obligation de rejoindre Lisbonne laissant son fils gouverner à sa place pour diriger la colonie… La jeune Madalena, descendante d’esclave, va tout quitter pour cet homme pervers et tyrannique qui n’aura de cesse de l’humilier et de la réduire à l’état de servitude. Une situation qui éveillera en elle un désir de vengeance puis d’assassinat alors que sa propre fille Marina et son mari Zumbi tentent,  de leur côté, d’échapper aux soldats de l’empereur en sillonnant le pays …

Au fil des chapitres qui alternent entre la vie de la cour et celle des esclaves, le lecteur est littéralement entraîné dans des intrigues et des rebondissements qui nourrissent tout au long du roman cette passionnante  fresque  historique brésilienne.

Pablo, drôle de chevalier (nouvelle fenêtre) et Pablo drôle de pirate (nouvelle fenêtre) de Sylvain Diez et Alain Chiche. Éditions Belin jeunesse

Depuis 2002 Sylvain Diez, artiste peintre, illustrateur mais aussi sculpteur, a publié une quarantaine d’ouvrages à destination des enfants, seul ou en collaboration avec d’autres auteurs (Alain Chiche, Jean Leroy).

Fidèle à la devise des éditions Kaléidoscope « Lire rire grandir », il invente pour son public un univers où les animaux se substituent aux humains dont ils reflètent les manies, les angoisses, les espoirs et les joies. Un monde tendre et drôle où les affreux ne font pas peur. Rien d’effrayant même lorsqu’il s’agit de loup, lion ou autres prédateurs. Ses dessins sont nets et sans bavures, dans un style graphique tout en rondeur. Certains lui reprocheraient un manque de finesse, de nuance ou de subtilité. Qu’importe ! Tout est parfaitement efficace et le message clair.

Ses albums sont de vrais moments de plaisir. Les thèmes abordés ?  Partage, humour, contes revisités, écologie, savoir-vivre, mais aussi… L’Histoire.

Grâce aux aventures de Pablo, un petit chaton, l’auteur fait découvrir l’univers des pirates avec une déclinaison pleine d’humour de vocabulaire gallinacé  ou encore le Moyen-Âge par le biais des illustrations : château-fort aux tours crénelées, lit à baldaquin, guimpe, hennin et autres coiffes médiévales, armures, épées, fléaux, moines en bure, écussons et bien sûr – car il s’agit de fiction – un dragon !

Un auteur à suivre et une multitude d’ouvrages à découvrir absolument !

Merci à Sylvie Z., Florence B., Patricia D.et Nathalie F. pour la rédaction de cet article.

Des romans de Noël pour tous les goûts

19 Déc

Qu’on le veuille ou pas, en ce mois de décembre 2018, Noël est dans tous les esprits… Si on l’associe généralement à fête, joie, partage, bon repas et famille, chacun sait que tous ces ingrédients se mélangent parfois autour du sapin à d’autres sentiments… pour le meilleur ou pour le pire ! Toujours attentifs aux comportements humains, à leurs enthousiasmes comme à leurs contradictions, les romanciers se sont depuis longtemps emparés de cette thématique symbolique en rouge et vert. Chacun à leur façon, ils ont tissé des intrigues qui illustrent les multiples facettes de cette journée spéciale du calendrier. Alors que vous soyez amateurs de Noël ou pas, entre nostalgie, crime, magie ou rire, voici un petite liste de lectures à dévorer avant, pendant ou après le 25 décembre !

Au menu, commençons par des nouvelles avec ces 13 textes d’auteurs contemporains

Ils [Ces auteurs] nous conduisent à travers leur univers littéraire respectif et nous amènent à percevoir le monde d’aujourd’hui, celui de l’enfance, de la famille, de la crise, de la solitude, mais aussi la vie tout court, avec ses blessures, ses regrets, ses trahisons. De l’intime au phénomène de société, Noël se révèle alors comme une période qui touche tout le monde, profondément ou légèrement, mais toujours passionnément. (extrait du site Babélio- nouvelle fenêtre)

On peut ensuite continuer avec  : 

Un classique

– Qu’est-ce que Noël, si ce n’est une époque pour payer l’échéance de vos billets, souvent sans avoir d’argent ? un jour où vous vous trouvez plus vieux d’une année et pas plus riche d’une heure ? un jour où, la balance de vos livres établie, vous reconnaissez, après douze mois écoulés, que chacun des articles qui s’y trouvent mentionnés vous a laissé sans le moindre profit ? Si je pouvais en faire à ma tête, continua Scrooge d’un ton indigné, tout imbécile qui court les rues avec un gai Noël sur les lèvres serait mis à bouillir dans la marmite avec son propre pouding et enterré avec une branche de houx au travers du cœur. C’est comme ça.
(extrait du 1er chapitre , Le spectre de Noël)

Des arômes doux et optimistes

Croyez-moi, il est possible de mener sa vie en disant tout. Une existence sans déni ? Sans angle mort ! s’écria la jeune femme. Vous n’avez donc aucun secret ? Si, des montagnes ! rétorqua-t-elle. Alors ? Mes secrets me construisent, mes angles morts me détruisent. Puis elle ajouta avec jubilation : à Noël, j’offrirai le plus beau des cadeaux : ma vérité ! A ceux que j’aime, ma famille. C’est comme cela qu’il faut vivre ! Nous serons vieux plus tard. Joyeux Noël !

 

Une pincée de nostalgie

Corrèze, tout tourne autour du curé, de l’église et de l’école libre. Mais voici que la veille de cette rentrée des classes, arrive une jeune institutrice bien décidée à réanimer l’école laïque en état de quasi-abandon. Et tout de suite, entre le petit hussard en jupon de la République et le curé, c’est la guerre…

 

Londres, hiver 1858. Amory, un garçon de huit ans, porte des seaux d’eau à travers les rues glacées. Pour survivre, l’orphelin doit assurer l’entretien des abreuvoirs dans un quartier élégant de la capitale. Le soir, Amory se réfugie dans les combles d’un Club très select. Là, il a chaud, il se sent en sécurité, il peut sommeiller en écoutant les conversations des lords et des baronnets… Un jour pourtant, des éclats de voix le réveillent. Intrigué, l’enfant observe la scène: un brave homme, brandissant un grimoire auquel il semble attacher le plus grand prix, subit les invectives des notables déchaînés…

Un zeste de féérie 

Barry Laverty, M.D., attend avec impatience son premier Noël dans le chaleureux village de Ballybucklebo, du moins jusqu’à ce qu’il apprenne que son amoureuse, Patricia, pourrait ne pas revenir à la maison pour les vacances.Toutefois, jeune médecin  dans la campagne irlandaise, il n’aura pas le temps de s’ennuyer et devra soigner rhumes et maux d’hiver en compagnie de son partenaire plus âgé, le docteur Fingal Flahertie O’Reilly.  Entre leur pratique médicale frénétique, les fêtes du Rugby Club et le spectacle de Noël des enfants, les deux médecins trouvent aussi le temps de jouer les pères Noël…

Un parfum entêtant de famille…

Épicées, mielleuses ou amères, voici quatre atmosphères familiales très contrastées qui vous emmèneront du Manhattan chic à Lyon, en passant par l’Irlande et le Sénégal :

Comme dans tous les romans que Nancy Mitford a écrit par la suite, Christmas Pudding donne un aperçu de la vie de jeunes gens bien-nés, entre 20 et 30 ans, qui gravitent ici autour de « Christmas Pudding – quel titre délicieux !

Un ton bien personnel, un éclat  vif et un éclairage original d’une femme pleine d’esprit, voilà un résultat qui vous met l’eau à la bouche.

Porté par l’écriture exquise de Jennifer Johnston, un roman aussi poignant que délicat sur les liens familiaux, l’amour et le temps qui passe. Une histoire bouleversante, parsemée de subtiles références shakespeariennes, par une des plus brillantes romancières irlandaises. Lorsque, après un terrible accident de voiture, Henry, la cinquantaine, se réveille sur son lit d’hôpital, il ne peut se rappeler ce qui l’a conduit là. Très mal en point, il a du mal à situer ceux qui défilent à son chevet : est-il encore marié à cette femme très autoritaire ? N’était-il pas fâché avec sa fille ? Son fils lui cacherait-il quelque chose ?

En décembre 2017, Karine Silla était présente à La Médiathèque pour nous parler de son livre dans le cadre des Rencontres de Liseur.

Sophie, 20 ans, partie faire du bénévolat à Dakar, doit rentrer fêter Noël en famille. La table est mise, le diner du réveillon est prêt, les guirlandes scintillent. Tout le monde l’attend. Mais Sophie ne rentre pas. Accident ? Prise d’otage ? Fugue ? Sa mère Virginie, son beau-père Gabriel, sa demi-sœur Chloé, son grand-père René, et même Antoine, son père, et Fanny, son épouse : tous partent à sa recherche au Sénégal…

Ils attendaient Marie-Louise, ce fut une lettre qui arriva ; cette fois encore, Marie-Louise ne pouvait quitter Lyon pour fêter Noël avec les siens : son métier la retenait impérieusement à la ville…

 

 

Un peu de croquant et d’humour pour ceux qui ont du mal à faire passer Noël

Un petit livre pour en rire et décomplexer tous ceux qui sont réfractaires à cette fête traditionnelle…

Composé de douze textes pour la plupart inédits, Pourquoi je déteste Noël est un livre salutaire à lire (et à offrir) avant Noël (pour s’y préparer), pendant Noël (pour le supporter) ou après Noël (pour s’en remettre).« Le dosage parfait entre loufoque et ironie sociale. L’humour de Benchley est plus moderne que jamais. C’est une immense référence pour moi. » (David Foenkinos)

 

 

Survivre à Noël (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque) de Stéphane Floccari

Ce livre décrypte les états d’âme et les tourments qui refont chroniquement surface aux dernières heures grises de l’année. Il n’a pas pour but de défendre Noël, ni d’en instruire le procès à charge, pas plus que d’en moquer le folklore ou d’en proclamer l’obsolescence. Il ne milite ni pour sa sanctuarisation culturelle, ni pour son bannissement de nos coutumes.

 

Peut-être parce qu’ils n’aiment pas Noël eux non plus,  les auteurs de thriller apprécient la date du 25 décembre pour y placer les crimes les plus affreux de l’année…

Des saveurs fortes et noires pour le dessert

Alors que la petite ville de River Falls s’apprête à célébrer Noël, un drame vient raviver le souvenir des horreurs du passé : un adolescent est retrouvé mort dans une cabane au fond des bois, d’où un autre a réussi à s’échapper… Afin d’identifier l’auteur de ce crime, le shérif Mike Logan devra plus que jamais se méfier des apparences. Aidé de sa compagne, la profileuse Jessica Hurley, saura-t-il se défaire des idées préconçues sur les « monstres » qui nous entourent ?

  • Cyanure de Camilla Läckberg (catalogue de La Médiathèque -nouvelle fenêtre )Cyanure (nouvelle fenêtre) de Camilla Läckberg

    Quelques jours avant Noël, sa petite amie, Lisette Liljecrona, invite Martin Molin (collègue de Patrick Hedström) à venir passer le week-end avec sa famille sur la petite île de Välo en Suède. L’idée ne l’enthousiasme guère et c’est à contrecoeur qu’il accepte de l’accompagner. Ses appréhensions se voient confirmées lorsqu’il fait la connaissance des Liljecrona. Avec plus ou moins d’élégance, tous s’acharnent à obtenir les faveurs du patriarche dont la fortune s’élève à plusieurs milliards de couronnes. Cette course à l’héritage tourne court lorsque, le soir même, Ruben, déçu et furieux contre les membres de sa famille, affirme les avoir déshérités.

 

La nuit de Noël, le froid, un manoir perdu au cœur de la vieille Angleterre. Un étrange musée peuplé de chefs-d’œuvre rassemblés par un aristocrate excentrique, mort dix ans plus tôt. Une mort suspecte qui appelle la vengeance et en annonce d’autres, celles de ses hôtes invités à connaître enfin son testament.

Parmi eux, l’ex-inspecteur chef Higgins, ami du Lord défunt. Son cadeau de Noël ? Trois crimes, et la mort qui rôde.

Un mystère…

Cette date excite aussi particulièrement les papilles des détectives. Depuis le célèbre Noël d’Hercule Poirot écrit par Agatha Christie en 1938, les romanciers s’en donnent à cœur joie pour mettre leurs enquêteurs en difficulté le jour de la dinde et de la bûche. Certains s’en sont même fait les spécialistes comme Anne Perry qui place ses enquêtes au XIXe :

L’héroïne est Lady Vespasia Cumming-Gould, personnage excentrique et mémorable, qui est invitée à passer le week-end de Noël à Applecross avec des amis. Mais Gwendoline Kimmuir se suicide, et Isobel Alvie est désignée comme coupable. Lady Vespasia accompagne Isobel dans son voyage vers l’Ecosse pour aller prévenir la mère de Gwendoline…

Pour Mariah Ellison, la grand-mère acariâtre et austère de Charlotte Pitt, ces fêtes de Noël s’annoncent comme un véritable cauchemar ! Être exilée contre son gré chez son ancienne belle-fille, au bord de la Manche, avait déjà mis ses nerfs à rude épreuve, la voilà maintenant obligée de supporter l’arrivée d’une invitée de dernière minute, Maude Barrington…

Pour Emily Radley, la belle-soeur du célèbre policier Thomas Pitt, les fêtes de Noël s’annoncent désastreuses. Elle doit quitter sur-le-champ Londres, ses enfants et les mondanités pour passer ce Noël 1895 en Irlande, auprès d’une tante agonisante qui l’a demandée auprès d’elle. Brusquement plongée au coeur du magnifique et sauvage Connemara, dans un petit village perdu au bord de l’océan, Emily ne s’imaginait pas une seconde être confrontée à une affaire de meurtre commis sept ans auparavant.

Dans le dédale miséreux de l’East End londonien, Noël 1883 prépare ses miracles. Comment Gracie Phipps, treize ans, pourrait-elle refuser d’aider une fillette bouleversée à retrouver son âne ? D’un mystère à l’autre, les deux enfants doivent faire la vérité sur la mort d’Oncle Alf, un chiffonnier du quartier, et sortir vivantes de ce cauchemar de Noël……

 Et pour finir, une touche de rouge

Si à quelques jours de la date fatidique, vous ne savez pas quoi mettre sur votre liste au père Noël, vous pouvez toujours vous inspirer de cette demande un peu particulière…

ut ce que je veux pour Noël, c'est un vampire (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque -nouvelle fenêtre)Tout ce que je veux pour Noël, c’est un vampire (livre numérique à lire en ligne sur le site de La Médiathèque- nouvelle fenêtre) de Kerrelyn Sparks.

Ce Noël n’est pas très joyeux, pour Toni. Sa meilleure amie a été enfermée dans un hôpital psychiatrique depuis qu’elle a dit à des policiers qu’elle avait été attaquée par des vampires, et le seul moyen pour Toni de la faire sortir de là est de leur prouver que ces suceurs de sang existent vraiment. Elle a donc accepté un emploi de garde du corps pour les morts vivants, ne s’attendant toutefois pas à ce qu’elle allait y découvrir…

 

Quel que soit votre choix, votre humeur ou votre envie, nous vous souhaitons de bonnes lectures et  de très belle fêtes  !

Ces livres que vous avez aimé… ces livres que vous aimerez …

2 Juin

Nathan Hill, Britt Bennett, Alice Zeniter, Frank Thilliez, Sorj Chalandon, Colson Whithead, Lapena Shari, Eric Reinhardt, Miguel Bonnefoy, Abby Jenny… vous avez été nombreux à encenser les romans de ces auteurs, à l’aube de l’été, je vous propose de découvrir des romanciers que vous pourriez aimer avant (ou pendant) les vacances.

Je vais commencer par saluer l’œuvre de Karl Ove Knausgaard intitulée Mon combat (nouvelle fenêtre) (non sans provocation). Son autobiographie, quatrième tome paru en 2017  Aux confins du monde (nouvelle fenêtre)  est puissamment addictive. Cette entreprise se déclinera en 6 volumes. Bien qu’adulé dans le monde entier et mystérieusement sous-estimé en France l’écrivain norvégien a  décidé de raconter entièrement sa vie. Le décès de son père, son histoire d’amour, son enfance ou la fin de son adolescence qui est le sujet d’ aux confins du monde. Dans un style brut, direct avec une capacité à atteindre l’universel, à saisir l’essentiel tout en offrant un vrai regard sur la société nordique, et l’identité masculine.

  • Si vous avez aimé de Nathan Hill Les fantômes du vieux pays (nouvelle fenêtre) Tantôt satire d’une jeunesse ultra connectée des années 2010, tantôt fissuration d’un idéal, le livre fait de chaque chapitre un univers à lui seul. L’auteur nous transporte en Irak, dans un fourgon rempli de GI s, avant de nous faire vivre à l’intérieur d’un jeu vidéo. Ce livre est une fine méditation sur l’identité, la perte, le besoin et la difficulté de vivre ensemble dans un monde dissolu.
  • Vous aimerez peut-être de Jonathan Franzen Phénomènes naturels (nouvelle fenêtre). Dans ce roman polymorphe on retrouve le talent atypique de cet auteur américain. La comédie familiale satirique qui se joue dans ce livre se transforme  ensuite  en se muant en un thriller écologique.
  • Si vous avez aimé ce premier roman étranger de Brit Bennett  Le cœur battant de nos mères (nouvelle fenêtre ) Cette jeune prodige livre un roman aussi grave que sensible sur l’entrée dans l’âge adulte. Adolescente Afro-américaine de Californie, Nadia perd brutalement sa mère. Deuil quelque peu atténué par l’arrivée de Luke, le fils du pasteur. Brit Bennett sait associer poésie et puissance narrative. Elle traque les doutes  et les joies de toute une communauté d’une plume mature et incroyablement lumineuse.
  • Vous aimerez peut-être le très joli roman dIsabelle Carré  Les rêveurs (nouvelle fenêtre) Dans ce livre qui commence comme un roman, et qui s’achève plutôt comme un récit autobiographique, la comédienne raconte son enfance et son adolescence dans les années 70 dans une famille un peu décalée.
  • Si vous avez aimé d’Alice Zeniter L’Art de perdre (nouvelle fenêtre) Plus d’un demi-siècle après la signature des accords d’Evian, la guerre d’Algérie resurgit grâce à cette fresque romanesque puissante et audacieuse, habilement documentée,  qu’ Alice Zeniter  relate à plusieurs voix. Celles d’Ali, Hamid, Naîma et tous les autres embarqués dans un voyage qui ne finit jamais émigrés perpétuels, ces générations successives seront prisonnières d’un passé tenace. Elle détaille les conditions de vie de cette famille Kabyle comme les autres qui porte les stigmates de cette guerre, des morts, de l’exil, du travail aliénant. Il a été couronné de nombreux prix, amplement mérités,  notamment le Goncourt des lycéens 2018. Avec une sensibilité rigoureuse et vaillante, Alice Zeniter, 31 ans, met des mots sur cette interminable aphasie, celle d’une .famille, la nôtre aussi.
  • Vous aimerez peut-être de Blas de Roblès Dans l’épaisseur de la chair (nouvelle fenêtre) , c’est à travers l’histoire personnelle d’un homme, tout un pan de l’histoire de l’Algérie, depuis l’arrivée des grands-parents, venus d’Espagne, jusqu’au retour en France, au début des années 60. Et ça commence par une apostrophe terrible, lancée par le père à son fils – Tu n’as jamais été un vrai pied-noir ! – doublée d’une question en écho : Qu’est-ce qu’un vrai pied-noir ? Le récit est enlevé, brillant, philosophique, drôle Et avant tout, le magnifique hommage d’un fils à son père.
  • Pour changer de genre vous avez été nombreux à plébisciter Frank Thilliez et son Sharko (nouvelle fenêtre). Avec son talent incontournable et une trame des plus captivantes, l’auteur nous plonge dans les abysses du sang et de l’horreur. Impossible d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue.
  • Vous aimerez peut-êtreNuit (nouvelle fenêtre) de Bernard Minier,  le retour tant attendu de Servaz dans un face à face angoissant avec Hirtmann, nuit de tempête en mer du Nord secoué par des vents violents l’hélicoptère dépose Kirste Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L’inspectrice Norvègienne mène l’enquête sur le meurtre d’une technicienne de la base off-shore. Un homme manque à l’appel, en fouillant sa cabine Kirsten trouve une série de photos. Quelques jours plus tard elle est dans le bureau de Martin Servaz, l’absent est Julien Hirtmann un tueur retors et insaisissable que Martin traque depuis des années. C’est le début d’un voyage terrifiant au bout de la nuit le plus redoutable des ennemis.
  • Si vous avez aimé de Sorj Chalandon Le jour d’avant (nouvelle fenêtre) ce livre est un vibrant hommage aux mineurs qui ont perdu la vie à Liévin-Lens en 1974. Cette histoire que l’auteur retrace avec détails et émotion rend compte de leurs conditions de travail, de l’esprit de famille qui les animait, comme de leur fierté d’exercer un métier qu’ils se transmettaient de génération en génération. Le manque de reconnaissance de la nation les blessait d’autant plus. C’est une belle histoire classique qui suffirait à nourrir le livre, mais Sorj Chalandon ménage à son lecteur un ultime et imprévisible rebondissement digne de ses qualités de grand auteur. Une finesse d’écriture, une intrigue violente et haletante, la sensibilité de ses mots et Sorj Chalandon nous embarque et nous bouleverse.
  • Vous aimerez peut-être :  Les loyautés (nouvelle fenêtre) de Delphine de Vigan. Finie l’autofiction pour Delphine de Vigan. Avec ce texte  elle fait place à un roman social abordant un certain nombre de thématiques actuelles. Les destins croisés de quatre personnages : Théo, enfant de parents divorcés ; Mathis, son ami, qu’il entraîne sur des terrains dangereux ; Hélène, professeure de collège à l’enfance violentée, qui s’inquiète pour Théo ; Cécile, la mère de Mathis, qui voit son équilibre familial vaciller. Une exploration des loyautés qui les unissent ou les enchaînent les uns aux autres.
  • Si vous avez aimé  Underground railroad (nouvelle fenêtre) de Colson Whithead : Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Et va vivre une incroyable odyssée. Colson Whithead avec une originalité et une maitrise époustouflante explore les mécanismes du racisme. À la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une œoeuvre politique d’ aujourd’hui plus que jamais nécessaire.
  • Vous aimerez peut-être de Véronique Olmi  et Bakhita ( nouvelle fenêtre ) L’histoire de Bakhita née au Darfour est un cauchemar, enfant elle est enlevée et vendue à des négriers musulmans et entre dans un univers de violence et d’humiliation. Dans ce roman pénétrant Véronique Olmi a su trouver les mots pour dire la souffrance, l’horreur, l’abjection des hommes, autant que la beauté, la bienveillance et l’amour de son héroîne.
  • Si vous avez aimé de Lapena Shari Le couple  d’à côté (nouvelle fenêtre). Lorsque  leur bébé  disparait Le chagrin, l’angoisse,  l’espoir,  la déception,  les interrogations  transforment  la vie d’Anne et de Marco, deux jeunes parents  en  enfer,  d’autant  plus  que  les  médias  ont  envahi  le quartier  ne  leur laissant  aucun répit. Et nous voici entraînés dans la spirale diabolique de ce thriller psychologique qui réussit habilement à jouer avec nos nerfs.
  • Vous aimerez peut-être de Paula Hawkins Au fond de l’eau (nouvelle fenêtre) la star mondiale du thriller « psychologique domestique » est donc retour avec ce « Au fond de l’eau ». Trois femmes, parmi onze personnages, habitent le roman de Paula Hawkins dans une atmosphère sombre et gothique. Inéluctablement, on s’enfonce au fond de l’eau. Oui, pourra-t-on vraiment remonter à la surface ?…Le canevas est habile, il aborde avec sensibilité les violences faites aux femmes.
  • Si vous avez aimé dEric Reinhardt La chambre des époux (nouvelle fenêtre) Dans ce roman se déploie plusieurs histoires gigognes qui se croisent et se mêlent dans une construction paradoxalement remarquable d’évidence et de clarté. Ici l’imaginaire intime de l’auteur se lâche plus que jamais. Sophistiqué, romantique et impudique, élégant, tranchant, il suit inlassablement pourtant son fil conducteur, cette quête de la beauté universelle censée sauver le monde à travers l’amour et l’art.
  • Vous aimerez peut-être de Grégoire Delacourt  La femme qui ne vieillissait pas (nouvelle fenêtre) est un conte réaliste sur le rêve de beaucoup de d’hommes et de femmes : arrêter le temps qui passe quand il est encore temps.
  • Si vous avez aimé de Miguel Bonnefoy Sucre noir (nouvelle fenêtre )  Vous allez plonger dans l’ambiance des pirateries, avec l’odeur sucrée et enivrante du rhum dans le climat humide des mangroves. Vous découvrez les personnages forts et attachants avec leurs secrets. Dans une prose somptueuse, on y voit  Chacun chercher son trésor comme des pirates. Envoutant et sensuel ce court roman est addictif.
  • Vous aimerez peut-être de Virginie Caille-Bastide Le sans-Dieu (nouvelle fenêtre) Premier roman d’aventure prometteur qui débute en 1709 en Bretagne, et que l’on retrouve ensuite dans la mer des Caraïbes tout y est la vengeance, les secrets, l’île au trésor, les batailles, les trahisons, les amitiés. l’auteur utilise le style de langage propre au 18e siècle. Cela peut surprendre mais on s’y fait très vite.
  • Si vous avez aimé d’Abby Jenni Farallon Island (nouvelle fenêtre). Cette petite merveille de mécanique romanesque vous emporte a un rythme haletant dans un enchaînement de situations de survie sur une féroce et magnifique île qui semble regorger de secrets. L’univers suggéré est étouffant, angoissant, et s’adresse autant aux amateurs de policiers qu’aux passionnés de romans naturalistes. Dans cet envoûtant à huis clos, tendu à l’extrême, la psychologie d’une équipe de  scientifiques est décortiquée et analysée avec une grande subtilité. Un roman où la nature, nous hante longtemps après la lecture.
  • Vous aimerez peut-être de Jenni Fagan Les buveurs de lumières (nouvelle fenêtre) Troublant roman d’apprentissage tout en clair-obscur, sur fond de crise climatique et de fin du monde, étrange et lent ce roman a un charme qui se déploie, laissant place à un sentiment d’amour et d’espoir étrange et beau.
  • Ou d’Emily Fridlund Une histoire des loups (nouvelle fenêtre ) Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. . La jeune fille entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Troublant et poétique, Best-seller dès sa parution aux États-Unis, ce premier roman  a été acclamé par la critique.

Si vous possédez une liseuse ou une tablette, n’oubliez pas que certaines de nos pépites sont disponibles en version numérique !

Panorama de la littérature italienne contemporaine

4 Avr

Après Les origines de la littérature italienne contemporaine,  je voudrais, dans cet aperçu sur l’expression  narrative italienne contemporaine, souligner la nature hybride et multiforme d’une grande partie des romans actuels. Si  la plupart des écrivains qui se sont imposés dans le paysage littéraire l’on  fait autour des années 80, il est important néanmoins de noter que les générations précédentes ont eu une rôle très influent,  certains sont très estimés à l’étranger.

Reprenons la génération de années 30

Elle comprend de grande figures intellectuelles tel Umberto Eco mort en 2016, et laissant derrière lui une œuvre foisonnante, on peut citer le Nom de la rose (nouvelle fenêtre)  mélange du suspense narratif et des plaisirs érudits ; assez différent  Le Pendule de Foucault (nouvelle fenêtre) donne un visage nouveau à la vieille histoire des Templiers. Plus tard,  à 78 ans, dans le Cimetière de Prague (nouvelle fenêtre), Eco démontre encore la verdeur de son imagination romanesque en entraînant le lecteur sur les traces d’un faussaire à la recherche d’une vérité cachée dans un repli de l’Histoire, au XIXe siècle.

De même Antonio Tabucchi disparu en 2012, dont j’ai déjà parlé  dans le précédent article Origine de la littérature contemporaine italienne, écrit des livres dont les personnages se cherchent, mais qui finalement optent pour le courage, induit par l’injustice et toutes les formes de dictature. Citons Tristano meurt (nouvelle fenêtre)

Les  romanciers nés dans les années 50/60, font partie d’une génération particulièrement fertile. Son grand représentant, Erri De Luca;  adopte une  narration assez traditionnelle il est écrivain, poète et traducteur, et a obtenu en 2002 le prix Femina étranger, pour son livre Montedidio (nouvelle fenêtre) Les personnages qu’il campe sont des gens simples, emplis de sagesse populaire. La période qu’il a choisie ici pour son narrateur est celle de la fin de l’adolescence, celle du rite initiatique symbolisé par le « boumeran ». Les personnages phares de cette histoire, l’adolescent et le bossu, sont tout deux en quête d’un graal, d’un changement.
Parmi les « jeunes narrateurs » nés dans les années 50, il serait impardonnable de ne pas mentionner Alessandro Baricco, dont les romans ont été traduits partout en Europe, ainsi qu’en Asie et en Amérique. Il a remporté un vif succès avec Soie (nouvelle fenêtre), c’ est une longue nouvelle qui se situe au XIXe siècle dont le personnage principal est un marchand français de ver à soie.

Parmi les auteurs dont la renommée ne date pas d’hier, Andréa Camilleri  connait un énorme succès  en Italie comme ailleurs, grâce à ses romans policiers mettant en scène le sarcastique commissaire Montalbano. L’ atmosphère de ses romans et  ses personnages fascinent des milliers de lecteurs. Par exemple, Chien de faience (nouvelle fenêtreoù un patron de la mafia met en scène son arrestation afin de sauver la face devant un monde cruel qu’il répudie.
Dans la veine du polar, citons Carlo Lucharelli avec La huitième vibration (nouvelle fenêtre), Marcello Fois avec  la lumière parfaite (nouvelle fenêtre) et Giancarlo Di Cataldo avec Les traitres (nouvelle fenêtre) et Massimo Carlotto avec le souffle court (nouvelle fenêtre). Ces quatre romanciers mettent souvent au centre de leurs intrigues les mensonges et les secrets de l’histoire officielle, l’histoire récente de l’Italie étant au centre de leur œuvre.

Dans Saltatempo (nouvelle fenêtre) Stefano Benni mêle une chronique de la vie d’un rebelle avec une fantaisie toute poétique : ce roman plein de tendresse a enchanté un grand nombre de lecteurs à travers l’Europe, il entre dans la veine des auteurs de romans plutôt légers et comiques.

Citons d’autres auteurs modernes incontournables :  Sandro Veronesi  pour Terres rares  (nouvelle fenêtre) qui est une réflexion émouvante fouillant dans les moindres recoins de l’âme. Niccolo Amanniti avec Comme Dieu veut (nouvelle fenêtre) est un auteur très apprécié et très populaire en Italie. Il excelle dans les récits purs et efficaces, avec des rencontres impossibles, il creuse la vie dans ce qu’elle a de plus absurde, de plus mystérieux.

À côté d’écrivains plus mûrs, on a l’affirmation d’une nouvelle génération de narrateurs qui a gagné beaucoup de succès, par exemple  Margaret Mazzantini  avec Écoute-moi (nouvelle fenêtre), ou Roberto Saviano  avec Gomorra : dans l’empire de la Camora (nouvelle fenêtre) qui  n’est pas un roman mais un document sur l ‘histoire de la Mafia, il tirera aussi de cette enquête  une  célèbre série télévisuelle réalisée par Stefano Sollima entre autre, portant le même titre.

L’art de la joie (nouvelle fenêtre) de Giordana Sapienza est un roman d’apprentissage : il foisonne d’une multitude de vies et traverse le XXe siècle et ses tragédies en étant un hymne à la joie.

Paolo Giordano, dans  la solitude des nombres premiers (nouvelle fenêtre), dépeint deux personnages marqués par des évènements terribles qui compromettent leurs vies d’adultes.

L’auteur sarde Milena Agus avec Mal de pierres (nouvelle fenêtre), récit sans doute autobiographique, d’une sensibilité à fleur de page, devient ainsi un très bel éloge de l’imagination qui a raison de la réalité.

La jeune Silvia Avallone avec D’acier (nouvelle fenêtre) ou Marina Belezza (nouvelle fenêtre) se révèle une fois encore incroyablement douée pour décrire les failles de notre société, les doutes de sa jeunesse et le mouvement qui la pousse à se réapproprier sa terre et ses origines.

Et pour clore ce panorama, n’oublions pas la célèbre Elena Ferrante et sa saga déployée en 4 tomes  L’Amie prodigieuse (nouvelle fenêtre); Le Nouveau Nom (nouvelle fenêtre,) celle qui fuit et celle qui reste (nouvelle fenêtre,) L’enfant perdue (nouvelle fenêtre), œuvres que tout le monde s’arrache et qui retrace dans le Naples des années 50 la vie de deux amies dans un quartier défavorisé de la ville, deux héroïnes inoubliables que l’on suivra  dans un monde riche et bouillonnant façon grand roman du XIXe siècle. L’ampleur historique et sociologique de cette saga évoque à certain moments les œuvres d’ Elsa Morante.

Avant la saga qui l’a fait connaitre, Elena Ferrante a publié d’autres romans qui sont autant de variations sur l’identité féminine, la maternité et la folie. Il s’agit de Poupée volée (nouvelle fenêtre), Les jours de mon abandon (nouvelle fenêtre).

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