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La saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2020, en route pour l’aventure !

5 Nov

Mardi 14 octobre dernier, à l’heure où La Médiathèque ferme ses portes, a eu lieu la première réunion du nouveau jury du Prix des Lecteurs de Levallois. Cette rencontre fondatrice marque le lancement de l’aventure collective qui va mener douze jurés de la lecture individuelle des romans sélectionnés à une prise de décision commune : déterminer qui sera l’auteur lauréat du Prix 2020, et dévoiler son nom le dimanche 1er mars lors de la 9ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois.

D’ici cette date, vous allez suivre ici pas à pas leur cheminement, leurs enthousiasmes et leurs coups de cœur, mais aussi leurs interrogations, leurs doutes et parfois leurs différends. Car oui, s’ils ont en commun leur envie de découverte et leur volonté de participer à ce jury, ces douze lecteurs aux natures, goûts et personnalités différentes vont devoir se mettre d’accord… Ainsi, comme les années précédentes, le challenge de cette nouvelle équipe de jurés va être de mener à bien cette mission collective, excitante, parfois difficile mais toujours passionnante : décider qui parmi les huit à dix livres de la sélection de romans historiques parus entre mars 2019 et janvier 2020 sera le meilleur des candidats au Prix.

Comme l’explique en préambule Sophie Perrusson, directrice du Pole Savoirs et patrimoine, tous les romans lauréats des années précédentes (présentés ce soir sur la table) prouvent que les jurés-lecteurs levalloisiens ont depuis 2011 choisi de jeunes* auteurs talentueux , dont la production est suivie de près à chaque rentrée littéraire (voir notre article : Rentrée littéraire 2019, nos chouchous).

* Petite précision : « jeune » s’entend ici en terme de production et non d’année de naissance.

Quand on ajoute à ce beau palmarès littéraire les chiffres de fréquentation du dernier Salon (près de 6000 visiteurs en une après-midi),  la tablée hoche la tête, convaincue s’il en était encore besoin de l’importance de la tâche qui lui est confiée à partir de cet instant.

Et comme il va s’agir de travailler tous ensemble à ce noble objectif, la première étape est de savoir avec qui on va faire équipe ! Suit alors un sympathique tour de table que nous allons essayer de résumer ici afin que vous fassiez vous aussi connaissance de ces douze héros dont l’épopée va nous tenir en haleine durant quelques mois.

Les jurés 2020

Avec 7 femmes et 5 hommes, on atteint presque la parité 🙂 Aussi cette année, les seules questions de genre qui vont se poser vont être celles propres à la littérature, avec cette interrogation cruciale qui va amener à un moment ou à un autre nos jurés à se creuser la tête, qu’elles soient masculines ou féminines : qu’est-ce qu’un roman historique ? Est-ce un genre littéraire qui obéit à des codes bien précis ? Si oui, quelles en sont les particularités, les frontières ? Les impératifs et les nécessités par rapport à l’Histoire ?

En matière de lecture, ils sont éclectiques  : entre Alexandro Barrico, des biographies, la saga Harry Potter, Au lit Petit lapin, Alexis Michalik, les prix des années précédentes ou La panthère des neiges de Sylvain Tesson, la palette est large ! Ils sont aussi parfois systématiques puisque ce juré a lu tous les livres d’un auteur qu’il a découvert et apprécié. Mais quel que soit leur mode de lecture, une chose est certaine : tous aiment lire. Et quand plusieurs jurés parlent de leur souhait de transmettre leur amour de la lecture à leurs enfants, les bibliothécaires ne peuvent qu’acquiescer !

Mais lire, ça veut dire avoir du temps pour le faire… Une disponibilité que certains trouvent sans problème, quand d’autres profitent d’un moment de pause dans leur vie professionnelle ou que d’autres sont contraints de faire des choix, ce qui passe parfois par le sacrifice de quelques heures de sommeil.

J’ai décidé de consacrer du temps à la lecture.

Comme cette jurée qui l’affirme haut et fort, nos jurés sont très déterminés ! Mais comme tout être humain (qui plus est, amateur de lecture…), ils restent des êtres humains en proie à la tentation et aux dilemmes. Quand ce n’est pas la lutte entre sommeil et lecture pour les jeunes parents, c’est leur environnement qui les torture… Ainsi, l’un d’entre eux a la chance et le problème d’habiter en face d’une librairie, ce qui est « à la fois agréable et dangereux  » confesse-t-il, ce que confirme cet autre qui trouve « problématique » d’être un « énorme adepte de librairie ». Qu’ils se rassurent 🙂 S’ils vivent déjà dangereusement, on peut d’ores et déjà leur prédire que fréquenter régulièrement La Médiathèque ne va pas résoudre leur problème, les sollicitations de lecture y étant affreusement nombreuses, parole de bibliothécaire…

D’autant plus que plus on les écoute, plus on découvre qu’ils sont tous curieux, avides de découverte et voient leur participation à ce jury comme « une aventure merveilleuse, « un moment de magie pour tout le monde », ou encore l’occasion « de se poser, de réfléchir et de rencontrer de nouvelles personnes autour de ces lectures ».

Outres ces échanges entre jurés, rencontrer des auteurs lors du Salon fait aussi partie des perspectives excitantes de leur mission, ce qui ne sera pas une première pour la plupart des jurés qui y sont déjà allés régulièrement et confirment que les écrivains sont très accessibles. Mais le 1er mars 2020, nos jurés ne seront pas uniquement des lecteurs acheteurs en quête de dédicaces mais les acteurs à part entière d’un temps fort et particulièrement émouvant du Salon, la remise du Prix des Lecteurs de Levallois !

En attendant, ils repartent ce soir avec leur premier roman ainsi que de la grille d’analyse qui va leur permettre de réfléchir, classer, hiérarchiser et utiliser le même vocabulaire pour échanger autour des livres.

Enfin, tradition de cette saga oblige, le mot de la fin revient à un membre de ce jury à propos de l’aventure qui commence ce soir :

C’est une super expérience, très sympa, le Salon est très bien organisé et c’est chouette d’y participer à tous les niveaux !

Jury de prix littéraire : et si c’était vous ?

19 Sep

Goncourt, Renaudot, Médicis, Interallié, Wepler ou Flore,  vous suivez à chaque rentrée  les sélections des prix littéraires et vous vous demandez comment se déroulent les rencontres de ces prestigieux jurys. Et si cette année vous pouviez, vous aussi, vivre la formidable aventure d’un juré de prix littéraire, de l’excitation de la première livraison des livres de la sélection jusqu’à la séance de vote final ? Mais comment faire, me direz-vous ? Il suffit de postuler pour le prochain jury du prochain Salon du Roman Historique de Levallois  ! Il aura lieu le dimanche 1er mars 2020 et l’un des 12 héros de la saga du Prix des Lecteurs de Levallois 2020 sera peut-être vous…

Le Prix des lecteurs de Levallois

Né en 2011, ce prix a pour but de soutenir l’œuvre et la création d’un auteur en début de carrière. Doté d’une récompense financière (offerte par l’un des partenaires du salon, So Ouest), il a déjà récompensé des auteurs talentueux, dont nous suivons depuis la carrière avec attention.

Ainsi ont été successivement primés :

  • 2020  ? Ce sera à vous de le décider !

Qui sont les jurés ?

Ce pourrait être vous. En effet pour devenir juré, c’est simple. Il suffit juste de…

  • aimer lire (condition sine qua non) car 8 à 10 romans vous seront remis au fil des séances
  • accepter de jouer le jeu des lectures « imposées » puisque la sélection de livres est faite en amont
  • être prêt à lire des romans « historiques », c’est à dire se situant dans une période allant du Big bang à l’histoire récente, et où la grande Histoire est un élément fondamental de l’intrigue, que ce soit dans les faits, le contexte, les personnages (réels ou imaginaires) ou l’univers.
  • être curieux, avide de découverte, mais aussi prêt à se faire bousculer (littérairement parlant bien sûr) par des lectures qui peuvent sortir de votre zone de confort
  • être endurant :  si l’on se réfère aux années précédentes, la moyenne des pages lues par un juré est d’environ 2 000 en quelques mois
  • avoir envie de discuter de ses lectures, d’échanger, de partager et de dialoguer
  • être à l’écoute, déterminé, tenace, convaincant mais aussi souple (car parfois, on évolue dans son jugement au fil des discussions)
  • être fairplay et courtois quoiqu’il arrive, même si les avis sont opposés et les débats houleux !

Mais qu’est ce qui se passe si…

Je ne lis pas de roman historique. Peu importe que vous soyez déjà fans de romans historiques ou que vous n’en avez jamais lu de votre vie, le principe est d’avoir envie de découvrir un genre, un style ou un univers littéraire.

Il y a longtemps que je n’ai pas lu et j’aimerais me remettre à la lecture. D’après les jurés des années précédentes, participer à ce jury est un excellent stimulant pour tous les lecteurs (réguliers ou occasionnels) et chaudement recommandé par la faculté de médecine et les bibliothécaires 🙂

Je ne suis pas inscrit à La Médiathèque. Il suffit de 5 minutes pour s’inscrire, sur place ou en ligne (nouvelle fenêtre), on s’en occupera !

Je ne suis pas Levalloisien. Aie ! Le Prix est celui des lecteurs de Levallois… Mais il n’y a que vous qui puissiez décider de déménager si vous tenez absolument à faire partie du jury…

Je préfère lire en numérique. Les livres sont offerts par les éditeurs en version papier mais certains titres existent aussi en livres téléchargeables sur le site de La Médiathèque.

Je ne me sens pas capable d’analyser un roman. Pas de panique, vous aurez à votre disposition des outils d’analyse qui pourront vous guider mais le principe de base est de se faire confiance, et en particulier avoir ou affiner sa propre échelle de valeur en terme de plaisir de lecture.

Je ne sais pas quand sont les réunions. Le mardi à 19h, la première ayant lieu le mardi 15 octobre à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès) ensuite c’est au rythme d’environ une par mois (les dates de toutes les réunions du jury seront communiquées lors de la première rencontre).

Je ne pourrais pas être présent à chaque fois. Participer à toutes les rencontres du jury fait partie du « contrat » de juré, mais personne n’est à l’abri d’un empêchement ou d’une urgence. En revanche, assister à la dernière séance, celle du vote est impératif : c’est là où vous défendrez le livre que vous souhaitez voir couronner. De plus, c’est, de mémoire de jurés et d’organisateurs, un moment particulièrement intense et riche en émotions inoubliables !

Comment postuler ?

Vous voilà maintenant convaincus, alors rendez-vous sur le formulaire en ligne (nouvelle fenêtre) !

Vous pouvez aussi postuler par mail à bibeiffel@villelevallois.fr en précisant Jury SRH dans le sujet du mail ou encore passer nous voir pour retirer un formulaire papier. Outre votre identité et vos coordonnées, il faut expliciter ce qui vous motive à participer à ce jury (vous pouvez citer cet article s’il vous a donné le petit élan qui manquait 🙂 et faire une mini-chronique d’un livre qui vous a marqué (que ce soit positivement ou négativement).

Attention, vous devez envoyer votre candidature avant le dimanche 28 septembre 2019.

Et maintenant c’est à vous !

La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois 2019, mission accomplie

10 Avr

Depuis plusieurs mois vous avez suivi leurs aventures, mais aussi leurs passions et leurs hésitations afin de déterminer qui des 8 auteurs sélectionnés pour le Prix des lecteurs de Levallois serait le lauréat de l’année. Dimanche 31 mars 2019, le nom de celui-ci a été dévoilé devant une salle comble : Paul Greveillac pour son roman Maitres et esclaves, publié chez Gallimard ! Mais avant de revenir sur ce moment historique où le cœur de huit auteurs a été mis sous pression, retournons quelques heures auparavant à la dernière réunion de nos jurés, celle qui a permis d’élire le gagnant de l’année.

Aucun d’eux n’aurait voulu manquer cette soirée intense et essentielle. Aussi à 19 heures précises, tous nos jurés sont là. À peine installés, ils étalent consciencieusement livres, notes manuscrites et documents sur la table.

Dernier tour de table

Ils échangent des regards, plaisantent, rient mais chacun garde le silence sur son vote à venir. Car tous ont en tête « leur » lauréat : reste à savoir si cela va correspondre à la tendance générale. Quand sont ensuite rappelées les règles du scrutin, les bras se croisent, les mines se font très attentives et un silence presque solennel s’installe.

Juste avant de passer devant l’urne, tous les romans sont repassés en revue. Mais ce soir, comme il s’agit de voter pour un livre (et non contre), on va affuter ses arguments en énonçant uniquement qualités et points forts de chaque titre. Un seul mot d’ordre : du positif !

Aussitôt, de façon synthétique, bon enfant et presque ludique, chacun lance une phrase, un mot ou une impression liée à cette lecture. Si pour certains livres, l’éloge coule de source, pour d’autres, on peine un peu plus… Mais l’ambiance est légère, presque festive et en tous les cas, bienveillante. Voici en vrac certains qualificatifs entendus parfois plusieurs fois :

original, rythmé, fin, poétique, réaliste, ultra contemporain, facile à lire, fantastique, passionné, féministe, documenté, moderne, vibrant, solaire, explosif, coloré, parfumé, explicite et historique bien sûr !

Mais il est temps de voter. Rires et chuchotements résonnent au moment de la distribution des bulletins puis le silence se fait quand chacun glisse le petit papier portant son titre-coup de cœur dans l’urne.

Un scrutin très surveillé

Sur un grand tableau blanc, les bâtons s’alignent au fur et à mesure du dépouillement, exécuté et vérifié par trois personnes. Après un moment où tout semble possible, deux titres se détachent du peloton  : ceux qui iront au deuxième tour.

C’est là que le débat change de ton. Car à présent, il ne s’agit plus uniquement de citer les qualités d’un titre mais de convaincre de sa place de meilleur candidat au Prix ! Après quelques débats sur le fond et la forme, s’affrontent les partisans du savoir, de l’œuvre littéraire, de la densité et de la réflexion et ceux qui pensent plaisir de lecture avant connaissance et style. On s’interroge : « doit-on laisser parler notre feeling avant ? » « Qu’attend-on d’un livre et d’un roman historique en particulier ? » Suit une question plus existentielle :

Mais qui est-on  ? Un jury littéraire ou un jury de lecteurs ?

En réponse à cette question, tous revendiquent unanimement leur identité de lecteur. Mais comme les deux camps ne semblent toujours pas trouver d’accord sur le futur lauréat, certains tentent des manœuvres alternatives en invoquant le nécessaire coup de pouce à donner à l’auteur ou le plaisir du public qui va lire le livre lauréat.

Qu’est-ce qui va faire qu’avec ce prix on va aider quelqu’un à choisir un livre ?

Après cette question sur laquelle tout le monde s’échauffe et parle en même temps, un jurée qu’on a peu entendue ce soir prend la parole et résume le problème à sa substantifique moelle : « deux livres incomparables, deux univers… »

Voilà qui n’arrange pas les affaires de nos jurés  🙂 parce que maintenant il s’agit vraiment de faire un choix. Mais si l’on peut trembler pour eux en lisant ces lignes, nos jurés, eux, n’hésitent pas. Quand les voix s’inscrivent en face des deux candidats, le scrutin est serré. Les visages sont sérieux. Après un moment de suspense où le challenger remonte, Maitres et esclaves l’emporte…

Les sourires reviennent, les hochements de tête entendus, les ça-me-parait-logique ou les j’en-étais-sûr. Ainsi, même si certains auraient préféré que soit élu le challenger (ou un autre), personne ne semble surpris de la victoire du livre de Paul Gréveillac car tout le monde s’accorde sur sa grande qualité littéraire.

La soirée se termine autour d’un verre où d’un petit groupe à l’autre, on entend parler de lectures, de livres et d’histoires de jurés !

La cérémonie de remise du Prix

Mais la tâche de nos 12 valeureux n’est pas terminée car 36 heures plus tard, les voici au Salon du Roman Historique de Levallois, prêt à voir couronner en direct l’auteur qu’ils ont élu. Si nos douze complices connaissent le nom du lauréat, celui-ci, ni aucun des autres auteurs sélectionnés, n’en a été informé. Ainsi, au risque de voir l’heureux élu s’évanouir sur scène, le secret et la surprise sont gardés jusqu’à la dernière seconde…

Mais chacun sait qu’écrire est une prise de risques et la littérature, un art dangereux 🙂

Toujours est-il qu’à 16h45, le stress monte sérieusement pour les auteurs sélectionnés. Lors des deux rencontres précédentes animées par Karine Papillaud, journaliste au Point, chacun d’entre eux a pu parler sereinement son livre, de ses motivations et de ses projets en cours. Mais à présent, sagement assis sur deux bancs au pied de la scène, tous semblent légèrement nerveux.

La cérémonie de remise du prix est alors ouverte par Stéphane Decreps, adjoint au Maire délégué à la culture, qui évoque le renouveau du roman historique, « particulièrement symbolique en notre époque de transmission », ainsi que la place de plus en plus importante de cette littérature, qui a beaucoup évolué depuis les romans d’Alexandre Dumas. Le président du salon 2019, Dany Laferrière, prend bien soin de préserver le suspense. En bon écrivain, il joue des mots et maitrisant l’art de faire monter la tension, nécessaire dans un roman mais presque cruelle pour nos auteurs, il annonce en riant :

Un piège au début, des fausses pistes puis de la lenteur jusqu’au présent, l’anxiété de huit auteurs qui n’ont qu’une chose en tête : savoir qui a gagné !

Montent alors sur scène Sophie Perrusson, directeur du Pôle Savoirs et Patrimoine accompagnée de la porte-parole des jurés, « désignée volontaire » rit-elle. Avec humour et sincérité, cette dernière raconte alors l’aventure de ce jury, « un honneur » pour elle et la rencontre de grands lecteurs passionnés, « qui ont su exprimer au mieux ce qu’ils ont aimé ou moins ». De cette expérience, elle retiendra les débats animés, la « confrontation de perceptions et de principes » et l’importance de « ce prix considéré avec beaucoup de sérieux par tous les jurés ».

Mais choisir c’est renoncer et ce n’est pas toujours facile …

L’annonce du lauréat

Reprenant le micro après cette conclusion, Dany Laferrière fait encore languir les auteurs impatients, qui commencent à trépigner sur leur bancs. Au moment de révéler le nom du lauréat, il s’amuse, prend son temps et accroit le suspense en prétendant ne pas connaître le nom du lauréat. Après une fausse piste, et certainement un coup au cœur pour chacun des huit romanciers sous tension, il balaie l’assemblée du regard :

Alors si quelqu’un s’appelle Paul Gréveillac dans la salle, c’est lui !

Un peu chancelant, l’auteur se lève et s’avance, applaudi avec fair-play par les autres sélectionnés. Sur scène, il semble assez ému :

C’est bizarre et émouvant de trouver son public. Je suis content si j’ai pu traduire l’âme chinoise dans notre langue.

Il sourit, rit, remercie et conclut son discours improvisé par ces mots :

Que la vie continue et que l’on lise beaucoup ! Je vous souhaite de belles lectures !

Stéphane Decreps, Paul Gréveillac et Dany Laferrière

Dany Laferrière le félicite, mais félicite aussi le public venu aussi nombreux au salon et « qui ne s’est pas laissé impressionner par le soleil » de cette belle journée du mois de mars. Le lauréat reçoit ensuite des mains de Stéphane Decreps un énorme chèque, symbole de la dotation offerte par So Ouest, partenaire du salon.

Félicitations au lauréat et à tous les auteurs qui ont su séduire notre jury.

Car s’il y a un heureux lauréat, aucun des sept autres auteurs n’est oublié en ce moment de gloire. Sous les applaudissements, Dany Laferrière présente alors un par un les livres de la sélection. Ce qui permet d’assister à un moment plein d’humour et de connivence où le jeune auteur Paul Gréveillac souffle le titre de chaque livre à l’immortel Dany Laferrière, qui n’a pas ses lunettes.

La cérémonie se termine sur ce beau moment de complicité et de partage, où chacun des auteurs se voit applaudi par la salle et par ses pairs. En cette belle fin d’après-midi, bien sûr il n’y a qu’un lauréat du Prix 2019 mais resteront huit magnifiques romans gagnants, ceux qui ont tout au long de l’année stimulé, remis en question, séduit et fait dialoguer nos douze jurés.

Maitres et esclaves de Paul Gréveillac (catalogue de La Médiathèque - nouvelle fenêtre)

À présent se termine cette Saga du Jury de Prix des Lecteurs de Levallois 2019 : félicitations à Paul Gréveillac, lauréat du Prix 2019 pour Maitres et esclaves (nouvelle fenêtre) mais aussi à Julien Blanc-Gras (Comme à la guerre – nouvelle fenêtre), Yves Bichet (Les enfants du tumulte –nouvelle fenêtre), Esther-Sarah Bulle (Là où les chiens aboient par la queue –nouvelle fenêtre) ), Stéphane Malandrin (Le mangeur de livres – nouvelle fenêtre), Diane Mazloum (L’âge d’or –nouvelle fenêtre), Jacques Pimpaneau (Le roman d’un saltimbanque – nouvelle fenêtre) et Abnousse Shalmani (Les exilés meurent aussi d’amour – nouvelle fenêtre) .

Et enfin, un immense merci à nos douze jurés pour leur investissement, leur énergie, leur passion, leur diplomatie, leur patience, leur curiosité, leur enthousiasme au cours des débats.  Et un grand bravo pour leur participation active à cette Saga 2019 pour les dialogues, les costumes et les décors !

Pour revoir tous les moments de cette belle journée du Salon 2019, 130 photos   :

La saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2019, passions et contrastes

28 Mar

Un soir pluvieux du mois de mars, douze vaillants jurés ont traversé la ville, bravant averses, vent et giboulées : sous leurs bras (et leurs parapluies ), deux nouveaux livres de la sélection. À l’image du temps orageux, les débats de la soirée ont été contrastés, tranchés, parfois extrêmes ou tempétueux, et comme toujours, passionnés.

De la passion

De passion, de souffle, d’émotion, d’intensité, il en vivement question dès le premier titre …  qui dès la couverture « attire l’œil ». La passion elle-même est au cœur de ce livre puisqu’il s’agit « du récit d’un passionné qui consacre son existence à entreprendre et poursuivre ce qu’il aime ». On entend ça et là qu’il y est question de quête de liberté, de famille, de prise de risque et des choses de la vie quotidienne…

Aurait-on trouvé la perle rare ? Pas si vite … car cette couverture alléchante « ne prépare en rien à la lecture ».

La première critique concerne la structure du roman : pourquoi ces premières pages avec un personnage qui introduit le récit avant de disparaître ? À quoi cela sert-il ? Si d’après cette lectrice, ce procédé inutile introduit une distance et essouffle le livre, d’autres parlent de « parenthèse de calme qui ouvre et ferme la narration », construite autour du cœur du texte, le récit d’une vie tumultueuse.  Cette technique pourrait même être une véritable mise en abime car au milieu du récit, le narrateur lui-même explique l’intérêt de ce procédé de narration, nous précise une jurée.

Une fois donnée cette potentielle justification du personnage prétexte, plusieurs jurés acquiescent, reconnaissant alors qu’ils étaient peut-être passés à côté de ce sous-texte et de l’intérêt de cette construction.

À cet instant, une caractéristique de ce jury 2019 se dessine nettement : ici, on aime comprendre, analyser, décortiquer la motivation de l’auteur, savoir ce que le livre veut dire et pourquoi il a été écrit. On cherche une dimension utilitariste : « c’est un livre pour faire passer un ensemble de connaissance », pour « faire découvrir un pays ». Ou encore « un parcours initiatique ». Quelle que soit sa fonction, divertir ou enseigner, très vite, on tombe tous d’accord : « ce roman est une œuvre très érudite ».

Il est parfait, il n’y a rien à dire.

Des émotions

Photo extraite du film « 12 homme en colère » de Sidney Lumet. Prod DB © United Artists / DR

Parfait, mais… Car vous vous en doutez, il y a un « mais ». Cette fois l’opposition est à chercher du côté de l’émotion. Car si tous les jurés sont à peu près d’accord pour dire que la qualité littéraire est là, que le livre se lit facilement, l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous. « C’est plat, plan plan, un peu scolaire même ». Les raisons de cette platitude sont à chercher du côté du style, du rythme peu accidenté et du ton toujours égal. Malgré les nombreuses remises en cause et nouveaux départs du héros, le livre manque de souffle de relief, d’épaisseur (au propre comme au figuré) et de vie. Et finalement, on reproche au héros de ne pas en être un, « on le cherche », dit même une jurée. Aux dires de certains, il resterait même un peu trop zen face aux évènements  : « rien ne l’empêche de dormir »… entend-on, calme olympien qui semble avoir déteint sur certains jurés que cette lecture n’a pas chamboulés.

Après ce petit détour par le caractère du héros, le débat s’égare alors du côté du fond : le théâtre, l’opéra, les choix d’existence des uns et des autres, l’amour, la vie comme elle va… Pour revenir au point de départ  : un livre positif qui se lit agréablement mais qui laisse froid.

Il est plat et manque de chair.

Gestes véhéments à l’appui, certains s’insurgent :

– Mais il y a des scènes hyper intenses ! dit cette lectrice qui confie être passée outre la platitude que d’autres ont vue dans le style, même si elle admet ensuite que c’est « l’histoire d’un aventurier tranquille en charentaises ».

Quant au ressenti une fois le livre fermé, il est très disparate : on va de l’indifférence à l’admiration ! « Une belle mare d’eau mais sans reflet ». On entend aussi les termes d’œuvre mineure, anodine, est-ce bien un roman d’ailleurs, s’interroge-t-on. Sur le fait qu’il soit historique, aucune unanimité. Pour certains, il n’y a aucune référence historique précise et cela aurait pu se passer n’importe où et n’importe quand alors que pour d’autres, le contexte justement est très précis : une bourgeoisie cultivée à une certaine époque, au moment où nait une certaine forme de théâtre et d’opéra. Pour d’autres encore, seule la fin du livre permet d’ancrer dans le temps ce que d’autres trouvent trop imprécis.

J’ai trouvé ça très moderne, pas de violence pas de haine, un récit très apaisé.

Malgré ces éloges, pour la majorité des jurés, le plaisir de lecture n’est pas là : il existe mais « sur le mode mineur ». Quant à savoir si ce roman pourrait être le lauréat du prix 2019, on s’accorde pour dire qu’il répond à certains des critères mais… « peut-être aurait-il dû être le double en nombres de pages ».

Des confrontations

Sur ces bons conseils à l’auteur, on passe au roman suivant qui déchaîne immédiatement des réactions intenses, voire épidermiques chez nos jurés : « ce n’est pas un roman et encore moins un roman historique ». C’est peut-être une chronique, un état d’âme, ou le récit d’une admiration mais ça n’en fait pas un roman. « Il y a un vague contexte mais ce n’est pas creusé ». « C’est de l’actualité ». Cette dernière remarque touche ici un des points épineux de la définition du roman historique : où s’arrête l’Histoire ? Où commence le roman historique ? Un contexte suffit-il à faire un roman historique ? L’Histoire très récente peut-elle être le cadre d’un tel roman ? Est-ce qu’à partir du moment où c’est « timé », on peut dire que c’est un roman historique ? Vaste sujet de discussion qui débouche sur cette question essentielle  :

Où met-on le curseur pour remettre le prix ?

Pourtant ce soir, le débat porte davantage sur la forme du texte que sur sa datation dans l’Histoire quoique le fait que ce soit de l’Histoire contemporaine, donc une période que tous autour de cette table ont vécu de près ou de loin, modifie les données, et en annihilant le recul, supprime cette mise en perspective que l’on attend d’un roman historique. Du coup, on plonge tête la première dans le contenu : comment réagir à une situation de crise, comment réussit-on à fonder une famille…

Photo extraite du film 1é hommes en colère de Sidney Lumet. Prod DB © United Artists / DR

Car ce roman, construit sur la juxtaposition d’un passé très récent et de souvenirs et témoignages anciens, divise la tablée par son sujet : certains s’irritent de voir comparés deux moments de l’Histoire incomparables en termes de drame humain ou d’importance, d’autres ont justement apprécié le parallèle avec une autre époque :

– C’est une confrontation, pas une comparaison.

– C’est une interrogation sur la transmission. La question est « qu’est ce qu’on fait des traces du passé ? »

– C’est une appréciation subjective de préoccupations actuelles.

Du côté du style, si certains y ont vu une « écriture de l’intime », d’autres l’ont trouvée « très basique », pas du tout académique. Mais très actuelle : « c’est comme ça qu’on écrit aujourd’hui ! » D’ailleurs, certains ont apprécié le style « très léger », qui se lit facilement, avec beaucoup d’humour : « je me suis identifiée », dit cette lectrice avec un sourire. Ou encore, « je me suis laissé porter ». « Ça m’a touchée », ajoute cette autre quand un juré a été intéressé par la mise en perpective de deux écritures d’époque différente. Dans la fougue des débats, on entend même des propos moins nuancés : « un style tiède », « une écriture de courrier du cœur »,  » de la revue hebdomadaire, pas de la littérature ». On va même jusqu’à affirmer que « ce n’est pas compliqué à écrire » et que « demain on peut tous écrire un livre comme ça » !

Vous l’aurez compris, la soirée a été mouvementée. Et après tant de passions et d’emportements dans un sens ou dans l’autre, on finit sur une question qui, à l’aube du vote et de la remise du Prix le dimanche 31 mars 2019, va devenir primordiale : comment choisir ?

Dans cette sélection, on a eu tellement de versions du roman historique  !

L’avenir proche dira comment les jurés ont résolu cette question 🙂

Précédemment dans Liseur : La saga du jury du Prix des Lecteurs de Premiers débats, Interrogations, Questionnements

La saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2019, questionnements

11 Mar

Mi février, les douze jurés du jury du Prix des Lecteurs de Levallois se sont retrouvés à La Médiathèque pour une nouvelle réunion de jury : au menu de la soirée, deux nouveaux romans historiques… Cette fois encore, littérature, petite et grande Histoire sont sur la table et de nouveaux questionnements s’invitent dans les débats.

Ce soir, à la grande surprise des jurés, la réunion prend une nouvelle forme  : tous sont invités à parler de leurs impressions de lecture en suivant les différentes rubriques de la grille d’analyse (souvenez-vous :  celle qui leur a été remise lors de la première réunion, une sorte d’aide-mémoire, vademecum du parfait petit juré)

– Oh interrogation orale, sourient certains que cet exercice encadré ramène d’un saut quantique à leurs années lycée.

D’autres se justifieraient presque :

– C’est le seul sur lequel j’ai jeté l’éponge pour faire une fiche !

– Je n’ai pas eu le courage…

Aucune importance car, fiche de lecture ou pas, les échanges et les discussions démarrent sur les chapeaux de roue : un par un, tous les points de contrôle vont être abordés, de la place de l’Histoire à la densité des personnages ou l’intrigue, en passant par le style… Mais au fil des rubriques qui défilent, la majorité des jurés avouent être restés sur leur faim… ce qui compte-tenu du livre dont il est question s’avère presque un clin d’œil  🙂

Les ingrédients du roman historique

– Pourtant, c’est un roman qui a de nombreux ingrédients* pour faire un bon roman historique, entend-on.

* Notez le vocabulaire qui, ce soir, a décidément une petite connotation culinaire et gourmande qui ressurgira plusieurs fois au cours de la soirée.

D’après certains, le début du roman est bon. Happés par les premiers chapitres, ils l’ont dévoré, mais hélas, le livre leur est tombé des mains. Et à leur mine déconfite, on comprend que la chute a été rude…

Car « il aurait pu me plaire », regrette cette jurée qui précise qu’en dehors du fait que cela se passe à telle époque, elle n’a trouvé aucun éclairage historique particulier. Et même si d’autres ont tout de même aperçu une petite toile de fond historique, elle semble à tous trop légère. « Ça reste très superficiel », reproche que l’on entend aussi à propos de la densité des personnages : « rabelaisiens mais pas assez truculents… » « On a une grosse documentation sur l’art culinaire de l’époque mais rien sur ce qui constitue le sujet du livre ». Mais à propos, quel est-il ce fameux sujet ?

Avec application, on liste alors les thématiques : la religion, l’obscurantisme, les superstitions, la misère , la soif de connaissance, l’enfance… Bigre, ce n’est pas rien ! Mais malgré cette richesse, la mayonnaise ne prend pas.

Je n’ai pas saisi le message si il y en avait un. Ça ne va nulle part.

Ce constat dépité amène la tablée à se poser des questions sur l’objectif et le sens du livre : est-ce une métaphore, un symbole, un hommage, une pâle imitation ? Et l’on en arrive à une interrogation primordiale : pourquoi l’écrire ?

Mais aussi, malgré un bon début, des thèmes porteurs et un vocabulaire original, qu’est-ce qui ne marche pas dans ce livre ? Pour filer la métaphore gastronomique, la réponse serait peut-être à chercher du côté du soufflé…

L’auteur démarre plein de choses et pouf ça tombe !

« Une super idée qui ne va pas jusqu’au bout, une intrigue qui se dégonfle comme le personnage… » Vous l’aurez compris, malgré une profusion de sujets, le roman « ne part jamais ». Certains jurés avaient même de gros espoirs avec ce livre : « j’attendais des infos », « j’aurais voulu la peinture d’une époque », ou encore « un lien avec le début », « un truc rationnel », « une autre fin ». Mais quelles qu’elles soient, toutes ces attentes ont été déçues…

On entend alors des conseils, voire des pistes d’amélioration pour l’auteur comme « couper la dernière partie redondante » ou « exploiter le cœur du roman ».

Un ovni littéraire

Soulignée par plusieurs jurés, il y a néanmoins une chose qui pourrait sauver ce livre : le style. Si certains l’ont trouvé excessif voire « répugnant », d’autres sont perplexes, incapables de savoir si cela leur a plu ou pas. On parle de vitesse, de rythme qui happe, de répétitions entrainantes, mais aussi de vocabulaire précis et d’une écriture très documentée. À cette jurée qui a « l’impression qu’il [l’auteur] écrit en courant », une autre répond que « c’est un livre fatigant » [pour le lecteur].

Une oreille attentive fait remarquer alors que recherches documentaires, restitution d’un vocabulaire spécifique au moyen-âge et finalement, création d’une atmosphère (fut-elle nauséeuse ou haletante…) pourraient être des signes encourageants pour ce qui nous occupe ce soir  : la recherche d’un véritable roman historique.

– Non, répond cette jurée.

Mais si ce livre ne possède pas tous les critères attendus pour un roman historique, il apparait tout de même comme une création singulière, un véritable « ovni littéraire ».

Je n’ai jamais lu quelque chose comme ça !

Ceci est un bel hommage, surtout lorsque l’on sait que ce livre est un premier roman. Après un petit débat où tout le monde parle en même temps, on en conclut que le livre a un énorme potentiel, mais que « le mélange est raté ». Si l’auteur lit ces lignes, qu’il ne désespère pas car :

– On est très critique, s’excuse presque une jurée. Parce qu’on lit ce livre dans le contexte du jury mais en dehors, j’aurais pu le choisir !

Un lauréat potentiel ?

Après cette généreuse conclusion, on se consacre au roman suivant : « une affaire de destins, des personnages contrastés dont on suit l’évolution, des portraits magnifiques, un récit qui se déroule de A à Z, et une immersion totale en Histoire ».

Tiens, tiens, aurions-nous ici un possible lauréat ?

Oui pour cette jurée qui voit ici réunis tous les éléments du roman historique : la vie quotidienne de l’époque, des évènements politiques, un personnage principal sincère et attachant, une évolution individuelle adossée à la transformation collective d’un pays, un cadre réaliste et un travail de recherche sous-jacent, une écriture à la fois classique et poétique, avec de très belles descriptions qualifiées de picturales…

Des cinq déjà lus, c’est le premier qui raconte l’histoire d’un pays au travers d’une vie.

Quant au style, la langue est « au service du texte avec un style que l’on ne lit plus tellement ». Début d’apothéose ? Pas encore… En cet instant de grâce, les dés ne sont pas jetés : ce roman ne fait pas l’unanimité ! Car si l’on admet à peu près qu’il constitue un roman historique au sens strict du terme, on regrette que la partie romanesque patine un peu…  Plus gênant encore, le plaisir de lecture n’y est pas : ça semble « laborieux, une écriture terne, un peu aride, lente ».

– Peut-être est-ce un parti-pris d’auteur, une lenteur au service du propos avec un temps pour poser les personnages et installer le décor ? s’interroge cette jurée. Ça pourrait être une sorte de métaphore !

Ainsi, l’écriture qui a séduit certains en a ennuyé d’autres :  « j’ai peiné sur le style mais j’ai aimé ».

Mais… Une conjonction de subordination, charnière entre deux affirmations, qui sera peut-être la caractéristique de cette sélection 2019, entre enthousiasme et critique, mais toujours à la recherche du roman parfait ! Retenons de cette séance une phrase prononcée d’un ton admiratif :

J’ai  l’impression que l’auteur avait vécu cette époque.

Quel plus beau compliment pour un roman historique !

Précédemment dans Liseur : La saga du jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2019, top départ ; Premiers débats et Interrogations.

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