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Des romans coréens contemporains à lire en ligne à La Médiathèque

20 Mai

Nous voici tous limités dans nos déplacements pour encore quelque temps mais ce n’est pas une raison pour ne pas voyager et sortir de nos murs et frontières grâce à nos lectures ! Alors aujourd’hui, c’est en Corée que Liseur vous emmène. Installez-vous, bouclez vos ceintures et hop, vous voilà transportés au Pays du matin calme par la magie des mots, des intrigues et des styles. Bon voyage !

Au cœur de l’enfance de l’auteure brille le sourire de Bongsun. Maltraitée et affamée, Bongsun s’est réfugiée chez eux il y a des années. Pour autant, elle n’occupe pas une place égale à celle des autres enfants de la famille, elle reste une subalterne, une petite bonne. Mais pour Jjang-a, c’est sa très chère grande sœur, qui dort dans sa chambre, la porte sur son dos partout où elle va…

L’avis de Denis sur le blog Interlignes (nouvelle fenêtre) :

Encore un détour par la Corée pour découvrir ce joli roman plein d’amour et de tendresse qui rappelle qu’on oublie souvent les plus humbles qui ont été pourtant des êtres nécessaires dans notre construction personnelle et dans la personnalité sociale que nous sommes devenus.

Kyena est une jeune femme indépendante, qui désire simplement trouver un équilibre et être heureuse. Mais impossible pour elle de se couler dans le moule trop étroit de l’ordre social coréen, où être femme et d’origine modeste est un double handicap. Aussi a-t-elle décidé d’émigrer en Australie. Mais tout ne se déroule pas exactement comme elle l’avait prévu ?

L’avis de Clothilde sur Korea Coffee break (nouvelle fenêtre)  :

J’ai réellement pris plaisir à lire le roman de Chang Kang-myoung. Le style de narration me donne l’impression de converser avec une amie. C’est comme si j’étais en face de Kyena, l’héroïne du roman, représentative de la génération « Hell », en train de me raconter son histoire….

Gros-Yeux a quatorze ans lorsqu’il arrive avec sa mère dans l’immense décharge à ciel ouvert de Séoul. Là vivent pas moins de deux mille foyers, dans des cahutes accrochées au flanc de la montagne d’ordures, en une société fortement hiérarchisée dont le moindre aspect – travail, vêtements, nourriture, logement- , provient des rebuts du monde extérieur…

L’avis d’Elsa sur 9ème art (nouvelle fenêtre) :

La langue est belle, l’histoire est belle. C’est une histoire dure, et une violente critique de la société coréenne, mais il émane aussi de ce roman à part une lumière, une douceur, une gentillesse, qui font beaucoup de bien. Comme une déclaration d’amour à l’humanité mise à nue, un récit qui s’infiltre profondément en nous, nous sert les tripes et nous rappelle de ne jamais oublier de vivre, intensément.

Le couteau, c’est le sabre ; celui du général Yamada Otôzo qui commande au Mandchoukouo l’armée d’occupation japonaise en 1944, face à l’armée russe. La langue, c’est le goût de la cuisine porté à son paroxysme comme une œuvre d’art par Chen, cuisinier chinois génial dont le champ de bataille est un simple billot de bois sur lequel il est né…

L’avis de Dominique sur Encres vagabondes (nouvelle fenêtre) :

Ce texte choral dense et foisonnant dont les fils se dénouent lentement s’articule autour des récits faits à la première personne par chaque élément du trio. Outre les informations sur l’avancée de l’armée russe à la frontière qui jalonnent le roman, celui-ci est rythmé par les rocambolesques péripéties des personnages qui font progresser l’intrigue. Mais quittant le réalisme brut, l’écrivain atténue la violence de ses inventions narratives par une lente dérive vers l’invraisemblable donnant par moment des airs de conte à son roman.

Yujeong a le cœur en miettes lorsque sa tante Monica, qui est religieuse, l’emmène à la Maison d’arrêt de Séoul visiter un condamné à mort. Rien ne semble pouvoir rapprocher une jeune désespérée de bonne famille d’un triple meurtrier, et pourtant…

L’avis de Camille sur Place des libraires (nouvelle fenêtre) 

Best-seller depuis sa parution coréenne en 2005, ce très beau roman est une histoire de pardon et de rédemption, ainsi qu’un plaidoyer contre la peine de mort, toujours légale en Corée. Au fur et à mesure que les chapitres se déroulent, alternant entre l’existence de Yujeong et le récit de vie de Yunsu, la frontière entre bon et mauvais se fait plus ténue et l’auteure invite son lecteur avec une certaine douceur et beaucoup d’émotion à une réflexion sur la vie, la mort, l’amour et la justice.

Au soir de sa vie, un homme riche et comblé se demande s’il n’est pas passé à côté de l’essentiel. Park Minwoo, directeur d’une grande agence d’architecture, a la satisfaction d’avoir réussi sa vie et contribué efficacement à la modernisation et à l’urbanisation de son pays…

L’avis de ACPP sur Korea Press Production (nouvelle fenêtre) pour annoncer que « Hwang Sok-yong, l’un des écrivains les plus célèbres de Corée du Sud, a reçu le Prix Émile Guimet pour la littérature asiatique en 2018 pour ce roman » :

Ainsi, par le biais de deux histoires, c’est tout un pan de la société coréenne qui est décortiqué, marquant le fait que la population a dû s’adapter très vite à un mode de vie en pleine mutation, symbolisé par la modification profonde du paysage urbain. Forcément, un changement rapide entraîne toujours des laissers pour compte, et les cicatrices de l’âme ont du mal à se refermer.

Enfant abandonné des hommes, né dans les toilettes d’une gare, Jeï découvre très tôt qu’il est doué de la même capacité que ces appareils créés par l’homme qu’on appelle des capteurs, sauf que lui possède le don de capter, de sentir la souffrance des autres, objets, animaux ou humains. A quinze ans, vagabond dans les rues de Séoul, il s’invente un mode de vie proche de l’ascèse, se nourrissant de riz cru, lisant des livres trouvés parmi les ordures, et devient le leader d’une bande de motards.

L’avis de Zofia sur Revoirunprintemps (nouvelle fenêtre) :

J’entends ta voix est un roman très intense, que je ne regrette pas d’avoir choisi, il m’a permis de découvrir une autre littérature, une autre culture, une autre réalité. J’ai peut-être parfois eu un peu de mal à entrer dans ce monde si différent du mien et à suivre les pérégrinations de Jeï, mais l’écriture de KIM Young-ha m’a totalement emballé !

Dix ans plus tard, frère Jean se remémore l’année qui a bouleversé sa vie. A cette époque-là, il avait vingt-huit ans et vivait dans une abbaye bénédictine en Corée du Sud, décidé à consacrer son existence à Dieu. Mais tout va être remis en question?: il va connaître les vertiges et les tourments de l’amour humain, la mort atroce de deux frères, la révélation d’un tragique secret de famille…

L’avis de Yeong-Hee Lim, directrice de la collection Corée aux éditions Philippe Picquier dans l’émission D’ici et d’ailleurs sur France Inter le 20 mai 2016 (nouvelle fenêtre)  :

De Séoul, enfer où l’on s’amuse à Paris, paradis où l’on s’ennuie…

Voici une comédie brillante qui est aussi une histoire d’amour résolument non conformiste. Quand un fan du Real Madrid plutôt conventionnel tombe éperdument amoureux d’une fan du FC Barcelone opposée à toute relation exclusive et monogame… il va devoir réviser toutes ses idées sur les relations de couple, inventer des solutions, comprendre l’autre, accepter de changer…

L’avis de Denis sur le blog Mes impressions de lecture (nouvelle fenêtre)

Rien n’est simple en amour, les sentiments ne se guident pas, alors pourquoi les contraindre ? Les trois héros essaient de répondre à cette question bien complexe, chacun avec ses arguments, avec pour seule passion commune le football, principalement le Barça et le Réal et la rivalité qui les oppose.

Yunyeong est prête à tout pour conquérir une vie meilleure : elle doit porter à bout de bras un bébé, un compagnon bon à rien, une sour poursuivie par ses créanciers, un frère accro aux jeux d’argent ainsi qu’une mère étouffante…

L’avis de Manou sur le blog Dans la bulle de Manou (nouvelle fenêtre)  :

C’est une lecture dure mais édifiante qui nous fait voir la société coréenne sous un jour sombre mais réaliste, en nous décrivant la classe sociale la plus pauvre et défavorisée et les conditions de vie des femmes dans ce pays. En accédant à la modernité et à la technologie, c’est toute une société qui a perdu ses repères.

Un jeune couple d’intellectuels est brutalement interné dans un camp de détenus politiques dans une vallée reculée de Corée du Nord. Année après année, les persécutions viennent à bout de leur dignité jusqu’à les précipiter dans un enfer moral où la volonté désespérée de survivre justifie tous les moyens.U

L’avis de Clothilde sur Korean Coffee break (nouvelle fenêtre )

J’ai été vraiment marquée par ce roman. Bien sûr, quand on entend parler de la Corée du Nord et du communisme, on s’attend forcément à l’existence de ces fameux camps de prisonniers ainsi qu’aux conditions effroyables dont ils sont victimes. Pourtant, « le camp de l’humiliation » nous prend aux tripes. Nous sommes spectateurs impuissants du parcours dramatique des personnages. Nous nous sentons directement concernés par leur sort, car nous sommes liés à eux par l’expression de leurs émotions.

Un homme, poussé au désespoir par des malheurs successifs, se jette dans un lac avec son fils Gon. Le père meurt, mais l’enfant survit, grâce aux branchies que son corps développe dans un instinct de survie extraordinaire…

La critique de Claire Devarrieux dans la rubrique livres de Next/ Libération (nouvelle fenêtre) :

L’humour de l’auteur s’exerce sous cape et uniquement dans l’évocation des rapports de classe. Gu Byeong-mo, née en 1976 à Séoul, écrit à la fois pour les adultes et la jeunesse (Picquier a publié un roman pour adolescents il y a deux ans, les Petits pains de la pleine lune). Elle aime de toute évidence mêler les univers, mettre des notes de cruauté économique dans le conte, et, à l’inverse, prouver à ses grands lecteurs qu’on peut encore leur raconter des histoires, fussent-elles piquetées de blogs, mails et autres SMS.

Le narrateur, un esthète du crime, explore avec talent et cynisme l’art de détruire autrui. Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est révéler leur pulsion de mort à ses victimes,  » jusqu’au stade où la personne devient digne d’être mon client « . Et force est au lecteur d’admettre que ses  » clients  » trouveront écoute et consolation auprès de cet étrange bourreau égocentrique qui s’immisce dans leur vie, dans leur esprit, leur prodigue conseils bienveillants et compréhension. (résumé de l’éditeur)

L’avis de Thomas Gillan dans Keulmadang, littérature coréenne (pdf- nouvelle fenêtre)

« La mort à demi‐mots » reste récit puissant et violent, riche d’interprétation, soutenu par une écriture sémillante. Le livre a rencontré un accueil enthousiaste chez les critiques et le jeune public, et a obtenu le prix meilleur jeune écrivain de l’année (2009) décerné par l’éditeur Munhakdongne.

À la mort de son père, Yeongjun, cinéaste audacieux mais homme taciturne et sans attaches, revient dans sa ville natale qu’il a quittée il y a vingt-cinq ans. Il y rencontre son frère et apprend que sur son lit de mort, leur père les a chargés d’une étrange mission : vendre la maison de leur enfance…

L’avis de Philippe sur le blog Le vent sombre (nouvelle fenêtre) :

Secrets est une balade sur trois générations, plutôt une errance, car il n’y a pas de chronologie, de linéarité de la narration. Tout ceci est cependant très travaillé, très orchestré par Eun Hee-kyung, qui trace dans les portraits de ce père et de ses deux fils, une histoire coréenne. Pas celle de la guerre et du conflit idéologique qui fractionna le pays et les familles, mais celle de la sortie de la pauvreté, de l’accès rapide à un mode de vie citadin riche et désincarné dans lequel se dissolvent les sentiments, les alliances, le temps…

Et maintenant, c’est à vous : bonnes lectures !

Toqués de polars à télécharger (1)

17 Mai

Pendant que la manifestation Quai du polar 2020 fait le bilan de son édition virtuelle, je vous recommande un certain nombre de romans policiers, disponibles en téléchargement à La Médiathèque (nouvelle fenêtre). Que vous aimiez le thriller, le roman noir, le policier historique ou encore le scientifique, vous allez certainement trouver de quoi avoir quelques sueurs froides ou nuits blanches… 

Le thriller est un genre à forte tension narrative, avec suspense et violence (ce type de roman policier est d’ailleurs souvent adapté au cinéma à cause des nombreux rebondissements et coups de théâtre,) qui a par ailleurs fait la popularité des romans nordiques. Ils sont en première place pour donner des sueurs froides au lecteur. Leur récit est complexe, très structuré et met la victime en son centre. Certains auteurs de thriller ne comptent pas les morts dans leurs histoires. Leur but : créer une véritable tension chez le lecteur !

Le roman noir est plus difficile à déterminer : disons qu’il se manifeste par une certaine noirceur, un certain pessimisme et une atmosphère lourde. Beaucoup d’auteurs américains lui ont donné ses titres de noblesse, Raymond Chandler par exemple. Le roman noir est généralement situé dans des quartiers où la violence urbaine est quotidienne. La mafia et le crime organisé ne sont jamais loin. Le détective est souvent un solitaire confronté à des problèmes personnels, de violence ou d’alcool par exemple.

Tandis que le roman policier scientifique (souvent considéré comme un sous-genre du thriller) rencontre un réel succès dans le monde, l’intelligence de l’enquêteur y est la clé de voûte de l’enquête et pour faire avancer l’intrigue.  Parmi ces enquêteurs au fait des dernières innovations scientifiques ou médicales, on peut dire que Sherlock Holmes  était un précurseur. Aujourd’hui le roman policier scientifique a muté, puisque la science n’est plus seulement l’outil de l’enquêteur : elle est aussi l’arme du crime, comme dans certains romans de Frank Thilliez.

Il arrive que les dérives de la science soient aussi le point de départ des romans d’espionnage. dans ce domaine, où l’auteur John Le Carré, lui-même un ancien des services spéciaux, est un maître, il y est aussi question de mystère, mais avec un cadre où l’on ne cherche pas forcement le coupable avec des détectives quelque peu stéréotypés. Avec des intrigues souvent développées sur fond de politique internationale, on peut citer les auteurs Ian Fleming et son célèbre James Bond ou Tom Clancy, dans les incontournables.

Dans la comédie policière à la Frédéric Dard avec son célèbre héros San Antonio, on retrouve un mystère, un ou plusieurs enquêteurs, des suspects, un mobile, un coupable, une enquête à suivre… Mais le ton de l’enquête est bien différent et l’on y trouve de nombreux éléments comiques.

Pour le roman policier historique, l’intrigue se déroule dans le passé. Ce genre permet d’attirer des lecteurs qui ne sont pas forcement passionnés de roman policier mais qui se laissent tenter grâce au côté « carte postale du passé ». À noter les romans de Claude Izner dont la saga Les mystères parisiens se déroulent à la belle époque.

Le roman criminel est quant à lui assez français  : on le doit à Maurice Leblanc avec ses aventures d’ Arsène Lupin où le criminel est mis en scène. Cet excellent auteur a réussi à passionner des générations de lecteurs en racontant des histoires policières où l’on sait souvent d’avance qui est le coupable. Maurice Leblanc a par la suite été suivi par des auteurs de toutes nationalités.

Et maintenant, quel que soit le genre de polar que vous appréciez, en voici une sélection, plus ou moins connus mais à découvrir au plus vite !

Romans noirs

Les oubliés de Londres (nouvelle fenêtre) d’Eva Dolan affiche les codes du roman noir avec deux formidables portraits de femmes. Une vraie étude sociologique et politique d’une ville dans son époque, c’est déjà alléchant mais il y a aussi et surtout une construction romanesque diabolique et complètement addictive…

Tromperie (nouvelle fenêtre) Anne Schenkel livre ici un délicieux roman policier à l’ancienne. On pourrait croire ce livre écrit par Simenon tant la psychologie et le caractère des personnages, hauts en couleur ou totalement effacés, priment sur l’action. Toute l’intrigue se déroule ainsi sans coup d’éclat ou retournement de situation à l’ultime minute mais au contraire avec une analyse très fine de la vie sociale dans une petite ville avec ses caractéristiques propres à la culture allemande.

Profil perdu (nouvelle fenêtre) d’Yves Pagan On y retrouve Schneider, flic désabusé, hanté par la mort de sa femme. Alternant crudité et lyrisme, élégance classique et gouaille de la rue, l’écriture virtuose d’Yves Pagan et son rythme de  musique blues s’insinuent jusque dans les tripes du lecteur et nous parle de l’essentiel : le tragique de la condition humaine.

Temps noirs (nouvelle fenêtre) de Thomas Mullen. À Atlanta en 1950  les tensions raciales sont légion alors que des familles noires, y compris celle de la sœur de l’officier Smith, commencent à s’installer dans des quartiers autrefois entièrement blancs. Flics et ex-détenus corrompus, chemises noires nazies et voyous du Klan vont devoir s’affronter…

L’Affaire Collini (nouvelle fenêtre) de Ferdinand Von Schirach. Pour sa première affaire en tant qu’avocat, Casper Leinen tombe sur un os : il doit défendre Fabrizio Collini, un italien immigré en Allemagne, apparemment sans histoire mais qui a pourtant avoué avoir tué Hans Meyer. Deuxième difficulté, la victime est le grand-père de son ami d’enfance…

Le meurtrier sans visage (nouvelle fenêtre) de Hennings Mankell. Il s’agit de la première enquête de Kurt Wallander (voir notre article À Ystadt, Kurt Wallander est orphelin). Comme souvent chez Mankell , le livre sert de base à une profonde réflexion sur la mutation de la société suédoise, dans une paisible campagne loin de Stockholm. Ici, le thème de l’immigration est abordé.

Exhumation (nouvelle fenêtre) deJonathan Kellerman. À San Francisco, Un jeune coroner, Clay Edison, enquête sur la mort suspecte d’un excentrique professeur de Berkeley. Ce décès en apparence naturel va obliger Clay à déterrer le passé, car ce mort en cache un autre, bien plus ancien, et bien plus sordide.

Romans d’espionnage

Les pièges de l’exil (nouvelle fenêtre) de Philip Kerr. Dans ce livre, l’auteur met en scène, outre Somerset Maugham, qui fut agent secret pour le MI6, la guerre entre services de renseignements anglais, la supposée présence d’agents doubles dans chacun de ces services et le jeu de dupe pratiqué par les services soviétiques qui n’hésitent pas à sacrifier une de leurs taupes pour en protéger une autre…

Le secret D’Igor Koliazine (nouvelle fenêtre) de Romain Slocombe. Ralph Exeter, journaliste dont le modèle est George Slocombe le propre grand-père de l’auteur, nous entraîne dans une aventure trépidante avec des espions britanniques, une belle espionne soviétique et des agents nazis.

Réquiem pour une révolution (nouvelle fenêtre) de Robert Littell. Ici l’auteur choisit d’insérer dans l’histoire russe deux New-Yorkais qui rêvaient de révolution : un juif ayant fuit les pogroms de l’ancienne Russie et un aventurier mêlé aux luttes ouvrières du début de siècle. En imaginant que Trotski les ramène avec lui en Russie après la première révolution de février, il les immerge dans la grande histoire jusqu’à ce mois de mars 53 qui marqua la mort de Staline

(Attention ce livre est à lire en ligne et non à télécharger)

En pays conquis (nouvelle fenêtre) de Thomas Bronnec. Un président de gauche est réélu de justesse car la candidate de droite Hélène Cassard est arrivée troisième au premier tour des présidentielles, devancée de 35 000 voix par la candidate du rassemblement national. Les élections législatives ne dégagent aucune majorité absolue. Malgré tout arrivée en tête, Hélène Cassard file vers Matignon mais pour gouverner, elle va devoir composer avec le rassemblement national. Commence alors un jeu de manipulations en tous genres où se distingue un homme de l’ombre, un conseiller, François Balmont, qui peut faire penser à un conseiller très proche de Nicolas Sarkozy.

Le grand jeu (nouvelle fenêtre de Percy Kemp. Dans ce récit uchronique,  l’auteur ouvre la mappemonde et nous offre un remarquable exemple de géostratégie en faisant un état des lieux du monde subjuguant, puisque crédible. Il suffit de prendre pour exemple la transhumance de ces innombrables migrants cherchant la terre promise qui ne sera pas celle de tous car les frontières sont fermées. Voici ainsi un roman d’espionnage de haute volée dans lequel  Percy Kemp se plaît à mettre en place une partie d’échecs complexe dans laquelle chacun – y compris vis-à-vis de son propre camp – cherche à dissimuler ses véritables intentions.

Je vous propose de retrouver très prochainement la suite de cet article dans Toqués de polars  à télécharger (2)

Des romans variés à télécharger : sud-africains, irlandais, danois ou israéliens ?

13 Mai

De nombreux romans sont à télécharger sur le site de La Médiathèque. Outre l’encart « Nouveautés à télécharger » sur la page d’accueil du site, d’autres romans récents peuvent être téléchargés, vous avez droit à 12 titres en simultané par mois, toutes les infos sont ici (nouvelle fenêtre)Après Des romans à télécharger  : amour, amitié, noir ou historique ? , nous vous proposons un petit tour géographique des auteurs dont les romans sont disponibles en version téléchargeable.

Des auteurs sud-africains

Des auteurs irlandais

Des auteurs danois

Des auteurs israéliens

N’oubliez pas notre sélection de Bandes dessinées à télécharger sur le site de La Médiathèque  ainsi que notre sélection de livres qui ne prennent pas la tête pendant le confinement (nouvelle fenêtre).

Et encore bien d’autres sélections à retrouver directement sur le site de la Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Pas de pont des 1er/ 8 mai cette année, mais l’évasion et l’ailleurs sont au rendez-vous dans les romans

8 Mai

Puisque les circonstances nous empêchent de bouger, pourquoi ne pas s’évader ce week-end avec des romans qui se déroulent ailleurs, dans des décors naturels ou urbains des époques ou des façons de vivre différentes qui dépaysent… Tous sont récents et téléchargeables sur le site de la Médiathèque de Levallois (nouvelle fenêtre).

Avec Delia Owens et Là où chantent les écrevisses (nouvelle fenêtre) , on se retrouve transporté en Caroline du nord dans le somptueux cadre d’une nature luxuriante hostile ou salvatrice, refuge impénétrable de toutes les misères humaines, milieu privilégié des opprimés et des exclus. Ce livre est aussi un hymne aux valeurs essentielles.

Avec Anita Nair et Dans les jardins de Malabar (nouvelle fenêtre) nous suivrons Idris, un jeune Somalien lancé dans un périple qui le conduira à Ceylan, dans cette Inde du XVIIe siècle le dépaysement est total, les descriptions des nuits étoilées et la traduction des odeurs tout nous transporte à des milliers d’années lumières d’ici.

Chez  Dermot Bolger dans Ensemble séparés (nouvelle fenêtre) , pas de paysages bucoliques mais plutôt le portrait d’un pays (en 2007) qui n’a plus rien à voir avec l’image traditionnelle de l’Irlande, enivrée par le capitalisme, au paroxysme de la bulle spéculative immobilière. Comme à son habitude, l’auteur conduit son roman de main de maître, avec un tempo plutôt lent dans sa première partie, qui s’accélère ensuite dans un rythme de thriller jusqu’à son étonnant dénouement. Outre ses protagonistes irlandais, le livre réussit aussi une évocation saisissante de l’émigration.

Avec Tom Cooper et Les maraudeurs (nouvelle fenêtre) , vous ne ferez pas non plus de tourisme dans cette Louisiane dévastée par le cyclone Katarina, mais vous rencontrerez de beaux personnages. Tout le talent de l’auteur qui est un virtuose réjouissant de noirceur au cynisme et à l’humour corrosif, est de réussir à rendre palpables la torpeur du bayou et le désarroi d’une communauté qui lutte tant bien que mal contre sa propre disparition.

Avec Richard Russo et  À malin malin et demi (nouvelle fenêtre) nous découvrons North Bath, ancienne ville industrielle du New Jersey. Avec ses descriptions méthodiques d’entomologiste ironique de son Amérique des loosers, des combinards et des seconds couteaux, le romancier n’est jamais cynique mais respecte ses personnages, il les regarde évoluer, se fourvoyer ou se défendre avec une sincère empathie.

Yannick Haenel dans Je cherche l’Italie (nouvelle fenêtre)   il parle du rôle de l’art et de la  politique en utilisant la forme de l’essai philosophique.   L’auteur a vécu 4 ans à Florence et à fait la découverte éblouie d’une ville d’art, entièrement tournée vers ses fresques, ses sculptures, ses églises. Choc, en même temps, de la « crise » qui frappe avec violence les Italiens, et dévaste leur culture.

Chez Julie Zeh  dans Brandebourg (nouvelle fenêtre)   tout commence dans un charmant village de l’ancienne Allemagne de l’Est, où cohabitent tant bien que mal des néoruraux venus de l’Ouest et les natifs du lieu. L’annonce de l’implantation d’un champ d’éoliennes dans ce paradis terrestre va faire exploser les faux semblants et révéler au grand jour les véritables personnalités dissimulées derrière une façade sociale où les jeux de rôle font la loi. Malgré la vraie dimension de fresque sociale de ce livre, l’auteur sait exprimer à merveille la nostalgie du passé et surtout le mystérieux pouvoir d’attraction de la forêt.

Emily Ruskovitch dans Idaho (nouvelle fenêtre)  nous offre un roman tragique et bouleversant planté dans un décor époustouflant âpre et grandiose, de magnifiques montagnes théâtre d’une vie qui bascule dans la tragédie, servi par l’écriture hypnotique de sa jeune autrice.

Anne Enright avec L’herbe maudite (nouvelle fenêtre) nous fait découvrir son Irlande, ses paysages, ses rochers de granit, un ciel parfois »plein de mauvais temps » « les îles endormies dans la baie et les nuages qui font courir leurs ombres sur l’eau ». Ces paysages accompagnent le lecteur comme pour mieux le disposer. D’Ardeevin à Toronto en passant par Ségou, New-York ou Dublin, de 1980 à 2005 nous sommes plongés au cœur d’une fresque familiale touchante qui explore, tout en délicatesse, les liens qui unissent, mais aussi désunissent.

Grâce à Abby Genni et Farallon island (nouvelle fenêtre), si vous aimez les romans de Laura Kasischke, vous apprécierez ce premier texte d’Abby Genni ! Une petite merveille de mécanique romanesque qui vous emporte avec un rythme haletant dans un enchaînement de situations de survie sur une féroce et magnifique île qui semble regorger de secrets. L’univers suggéré est étouffant, angoissant, et s’adresse autant aux amateurs de policiers qu’aux passionnés de romans naturalistes. Dans cet envoûtant huis clos, tendu à l’extrême, la psychologie d’une équipe de scientifiques est décortiquée et analysée avec une grande subtilité. Un roman, où la nature est le personnage central, qui nous hante longtemps après la lecture.

Hélène Frappat dans Le dernier fleuve (nouvelle fenêtre) nous fait faire la connaissance de deux petits garçons qui se retrouvent seuls en pleine nature. Leurs pas les ont guidés au bord d’un fleuve où ils s’installent. Ils y découvrent  le peuple de ce monde aquatique. On ne sait rien de ce qui les a amenés là ni pourquoi ils doivent apprendre à survivre. Pour vivre cette lecture comme une véritable échappée belle.

Anne-Marie Garat  avec Le Grand Nord Ouest (nouvelle fenêtre)  rend hommage aux peuples amérindiens du Grand Nord, à leurs coutumes, à leur vie en symbiose avec la nature dans ce roman, dépaysant, enthousiasmant souvent, intriguant aussi, avec cette vie très compliquée de la mère de Jessie. C’est un voyage chaotique plein d’enseignements qui  laisse admiratif devant l’érudition de l’auteur.

Miltom Hatoum avec La ville au milieu des eaux  (nouvelle fenêtre) propose de  courtes nouvelles qui ont pour cadre la Manaus cosmopolite qui constitue le terreau de l’œuvre de Milton Hatoum : une capitale amazonienne de la démesure qui toujours oscille entre magnificence et misère, exubérance et décadence.

 Anna Hope avec  La salle de bal (nouvelle fenêtre)  nous emmène dans le Yorshire en 1911. Même si le roman se déroule dans un espace clos ( l’asile de Sharston)  les scènes de jardin et de nature sont extrêmement prégnantes et laissent emporter l’imagination au delà des murs grâce au talent de l’auteur et aux personnages incarnés.

Sylvain Tesson offre différents ouvrages, où les grands espaces ont la place belle. Pour n’en citer que deux  La panthère des neiges (nouvelle fenêtre)  nous offre un très beau voyage au Tibet avec ses immensités sauvages. Ou S’abandonner à vivre (nouvelle fenêtre)  un recueil composé de dix-neuf nouvelles qui nous font voyager à travers le monde.

Yun Mia et  Les âmes des enfants endormis( nouvelle fenêtre)  nous fait entrer dans la Corée des années 60 par ce conte dépaysant, enchanteur, un joli roman tout en douceur, en couleurs, en odeurs et en poésie malgré les thématiques parfois douloureuses, avec lyrisme et poésie.

 Keith Mc Cafferty avec Les morts de Bear Creek (nouvelle fenêtre) a écrit un polar qui vous attend avec nature et grands espaces… C’est toujours aussi prenant, une vraie bouffée d’oxygène et d’humanisme dans un genre plutôt social et urbain !

Avec La vie en chantier (nouvelle fenêtre de Pete Fromm, attendez vous à être ému mais le magnifique décor rude du Montana vous transportera loin d’ici, particulièrement près d’une rivière où Marnie et Taz ont coulé des jours heureux avant le drame.

Julia Philips  avec Dégels (nouvelle fenêtre)  propose une dizaine de portraits féminins – jeunes filles, mères, épouses, blanches, autochtones – qui finissent par résonner les uns avec les autres comme une ronde sororale , jusqu’à ne plus former qu’un seule femme, inscrite dans la société russe du Kamchatka. C’est un singulier huis clos au cœur d’un décor grandiose,  un premier roman puissant, sous tension douce, nimbé de mystères, déployé dans un décor inédit.

Laurent Mauvignier avec Autour du monde (nouvelle fenêtre) part du tsunami qui ravagea les côtes japonaises en 2011 et  décline quatorze tranches de vies autour du monde plus ou moins reliées par l’événement.

Bonnes lectures !  Pour d’autres inspirations, faites un tour sur nos articles Des romans variés à télécharger : amour, famille noir ou historiques ?  Des bandes dessinées à télécharger sur le site de La Médiathèque et bientôt un spécial Toqués de polar à télécharger !

 

« J’sais pas quoi lire, J’sais pas quoi lire… » Message pour les parents d’enfants de moins de 10 ans !

6 Mai

Depuis la mi-mars 2020, les points d’accès physiques aux livres sont inaccessibles. Avant le retour complet à « la normale », faut-il pour autant priver les moins de 10 ans de nourritures spirituelles et intellectuelles ? Que nenni !  De nombreux maillons publics et privés de la chaine du livre se sont mobilisés depuis le début de cette période exceptionnelle pour être à vos côtés jusqu’au bout. Votre Médiathèque bien sûr, mais aussi des institutions, des éditeurs, des auteurs…

Storyplay'r (site de La médiathèque- nouvelle fenêtre) Bien sûr vous connaissez la bibliothèque numérique pour enfants Storyplay’r (nouvelle fenêtre), sur le site La Médiathèque de Levallois, qui offre toute l’année à tous ses jeunes adhérents des collections régulièrement complétées et classées simplement : par ordre alphabétique de titre, par tranche d’âge ou par thématique. Une organisation qui vous laisse une grande liberté et autonomie pour votre choix.

Parmi les institutions, la BNF (Bibliothèque Nationale de France) et ses partenaires proposent une offre numérique en perpétuel développement et régulièrement complétée. Albums, abécédaires, albums de coloriages ou de découpages, trésors du patrimoine pour la jeunesse (nouvelle fenêtre) sont ainsi accessibles au plus grand nombre : c’est aussi l’occasion de faire découvrir Guignol, Chérubin et Lisette  à toutes les générations. Petits ou grands, tous les passionnés de coloriage pourront jeter un œil sur l’article du blog BREF Et si on faisait un peu de coloriage (nouvelle fenêtre) pour y trouver d’autres modèles et inspirations colorées.

logo de Gallicadabra. cop Gallica/BNF

Si vous êtes en manque d’inspiration pour occuper vos enfants, consultez le blog Gallica régulièrement mis à jour dont cet article du 07/03/2017 (nouvelle fenêtre) explique les merveilles de l’application gratuite Gallicadabra : munie d’une interface colorée et intuitive, elle propose une sélection de trésors pour enfants en provenance des fonds numérisés de Gallica. Elle est destinée aux enfants autonomes, tout comme l’application Fabricabrac à télécharger (nouvelle fenêtre) qui permet, elle, de jouer avec les collections.

Pour perfectionner sa lecture en anglais ou dans toute autre langue, l‘International Children’s Digital Library (Bibliothèque numérique internationale pour enfants – nouvelle fenêtre),  peut vous tenter. Vous deviendrez ainsi membre de la communauté internationale des lecteurs !

Parmi  les offres du secteur privé, certains éditeurs de bandes dessinées pour la jeunesse (voir notre article Lire des BD en ligne sur Gallica et sur les sites des éditeurs) proposent de façon ponctuelle et éphémère de lire leurs livres in extenso. Par exemple, les éditions Delcourt (nouvelle fenêtre) vous encouragent à rester chez vous tout comme les éditions Dargaud offrent des lectures gratuites (nouvelle fenêtre)  et les éditions Glénat  avec des BD et des mangas (nouvelle fenêtre) qui devraient faire un tabac !

https://www.ecoledesloisirs.fr/une-journeeD’autres éditeurs très nombreux développent des activités annexes. Aux côtés de l’opération Une journée avec…  (nouvelle fenêtre) lancée depuis la mi-mars par L’École des loisirs et dont nous vous avions parlé dans notre article Des livres pour enfants avec activité en ligne sur Storyplay’r , les éditions Bayard font de même en proposant, par tranche d’âge, une activité par jour aux enfants, mais attention à bien résilier l’inscription au bout d’un mois… Chaque jour de la semaine à 16 h 30, les éditions Didier jeunesse prennent le relai avec la boîte à outils (nouvelle fenêtre) N’hésitez pas à consulter les sites de vos éditeurs favoris (liste exhaustive selon le syndicat national de l’édition – nouvelle fenêtre) ou même leur page Facebook. Une majorité d’entre eux se démènent en ces temps de crise pour rester en contact direct avec leurs fidèles lecteurs.

Enfin, les auteurs ne sont pas en reste. Non seulement ils imaginent et écrivent mais encore, ils lisent à voix haute et leurs performances sont enregistrées. Voici un échantillon de ces lectures.

Ainsi l’illustrateur Ronan Badel, un auteur aux multiples talents que nous avions reçu et exposé à La Médiathèque dans le cadre de la randonnée littéraire lors du dernier salon du roman historique de Levallois. En avant-première, la vingtième aventure de Émile, Emile va bien (tout comme vous je l’espère !), sortie en version papier début mars est lue par Vincent Cuvellier, l’auteur créateur des « Émile » qui travaille avec Ronan Badel pour illustrer chaque volume de la célèbre série.

On peut aussi trouver en vidéo quelques grands classiques de la littérature pour les enfants :

Comme La moufle avec cette version racontée par Florence Desnouveaux et illustrée par Cécile Hudrisier comme dans l’album édité par les Éditions Didier jeunesse, disponible en temps normal à à La Médiathèque (nouvelle fenêtre)

Ou encore la célèbre Grenouille à grande bouche  de Francine Vidal pour laquelle il va falloir patienter avant de pouvoir emprunter l‘album à La Médiathèque (nouvelle fenêtre) mais à écouter dès maintenant lue son auteur :   

Enfin, pour terminer ce tout petit échantillonnage, une aventure du Loup d’Alex Sanders lue par son auteur avant de pouvoir se précipiter sur les albums de cet auteur à La Médiathèque (nouvelle fenêtre)

Quand bien même le Net regorge de lectures, lancez-vous vous aussi dans la lecture à voix haute. Vous n’osez pas  ? Faites confiance à Sylvie Ballul, comédienne pour vous préparer sereinement grâce à Comment se préparer à la lecture à voix haute sur le site de l’École des Loisirs (nouvelle fenêtre). Respirez, articulez et prenez votre temps. Vous ferez certainement aussi bien que les bibliothécaires, aussi formidables soient-ils. Eh oui, vous possédez un atout magique : l’amour de vos enfants !

Et à présent, la vraie question reste : entre les devoirs à la maison, la reprise de l’école prochainement pour certains, les Zoom, les Facetime ou autres modes de connexions avec la famille et les amis, les enfants auront-ils assez de temps pour lire ?

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