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Le coin de La Médiathèque de novembre donne un coup de projecteur sur la photographie

13 Nov

Suivant les traces de Paris Photo qui a fermé ses portes ce week-end au Grand Palais, le coin de La Médiathèque de novembre 2017 pointe à son tour son objectif sur la photographie et vous propose une sélection centrée sur le 8ème art avec un film, une bande dessinée, une monographie d’artiste et un roman. De quoi vous faire l’œil !

Blow up (nouvelle fenêtre) un film de Michelangelo Antonioni.

Blow up est un film du réalisateur italien, Michelangelo Antonioni (1912-2007) appartenant au courant néoréaliste. Sorti en 1966, le film remporte l’année suivante, le Grand Prix International du Festival de Cannes.

L’histoire se passe à Londres en 1960. Thomas, un célèbre photographe de mode macho et cynique, erre dans la ville à la recherche de sujets singuliers. Il ressort d’une nuit dans un centre de sans-abris pour y photographier la misère, puis passe la matinée dans un parc et prend discrètement des clichés d’un couple d’amoureux. De retour chez lui, Thomas développe ses photos et aperçoit un homme caché derrière un buisson, puis une arme, et enfin un cadavre…

C’est ainsi que débute ce thriller passionnant, qui se poursuit autour de la disparition, sujet récurrent dans l’œuvre du réalisateur.

La singularité de ce film réside dans le croisement de trois regards : celui du photographe, du spectateur et du réalisateur.

Un film qui vous transportera dans l’univers mystérieux et glaçant de Thomas, et qui ne peut pas vous laisser indifférent.

L’art d’Antonioni est comme l’entrelacement de conséquences, de suites et d’effets temporels qui découlent d’événements hors champ. (Gilles Deleuze)

Le photographe d'Emmanuel Guibert (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Le photographe (nouvelle fenêtre) d’Emmanuel Guibert T.01 à T.03. Éditions Dupuis.

Le photographe est une bande-dessinée sous forme de triptyque d’Emmanuel Guibert et Didier Lefèvre. En 1986, ce dernier rejoint une équipe de Médecins sans Frontières en Afghanistan (alors en guerre contre l’Union Soviétique) venue acheminer une aide médicale, dans le but de réaliser un reportage photographique sur leur mission.

De ces photos, Emmanuel Guibert livre un récit proche du journal intime sous une forme originale dans laquelle se mêlent photos en noir et blanc et dessins en couleurs. Le résultat final nous apporte un témoignage fort, de l’intérieur, sur la vie quotidienne au cœur d’un Afghanistan rural et isolé dans un contexte politique difficile.

Un livre poignant et touchant sur les ravages de la guerre, de nombreuses fois primé depuis sa parution.

Dans l’objectif de JR (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Dans l’objectif de JR (nouvelle fenêtre). Éditions Pyramid.

La photo est au cœur de ce bel ouvrage à destination des adolescents. Les photos sont réalisées à partir d’un objectif 28 millimètres (d’où le titre du projet), c’est-à-dire un objectif grand angle pour prendre au plus près les portraits. JR, photographe de rue, confie au tout début du livre : « Un jour j’ai trouvé un appareil photo dans le métro. J’ai alors commencé à photographier mes amis sur les toits, dans le métro. J’ai ensuite décidé de montrer ces clichés en les imprimant et en les collant dans les rues, c’étaient mes premières Expo2rue ».  En se servant de la rue comme un musée à ciel ouvert, JR invite le public à s’interroger sur l’histoire de chacun de ces portraits. Dans l’objectif de JR, trois projets sont particulièrement mis en évidence : « Portrait d’une génération » qui est une rencontre avec les jeunes de la cité Les Bosquets (à Montfermeil en région parisienne), « Face2Face » dans lequel JR a photographié des Palestiniens et des Israéliens faisant le même métier dont il a exposé les portraits face à face aussi bien en Palestine qu’en Israël, et enfin « Women are heroes » qui est un hommage aux femmes victimes de la guerre et autres crimes. Pour chaque projet, JR est allé à la rencontre d’habitants de lieux où le monde de l’art ne pénètre jamais, a partagé leur histoire et par ses photos, nous fait entrer dans leur parcours de vie.

 Le peintre des batailles d'Arturo Pérez-Reverte (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Le peintre des batailles (nouvelle fenêtre) d’ Arturo Pérez-Reverte. Éditions du Seuil.

Avant d’être écrivain, Arturo-Perez Reverte était grand reporter de guerre, notamment en Bosnie pendant une vingtaine d’années. L’écrivain va se servir de son expérience, pour nous raconter l’histoire de Faulques, ancien photographe de guerre, fatigué, usé, qui lâche son appareil-photo pour un pinceau. Isolé dans sa tour d’ivoire, il entreprend une fresque gigantesque qui serait une synthèse de ses expériences, de sa vie. Il vit retiré du monde jusqu’au jour où Marcovik, un ex-soldat croate, réapparait, bien décidé à se venger du photographe qui a ruiné son existence : à la suite de la publication d’un des clichés de Faulques, Marcovik avait été retrouvé et torturé.

Brillant huis-clos, Le peintre des batailles est un roman philosophique où se mêlent réflexion sur l’art, barbarie humaine, éthique et manipulation.

Une œuvre puissante et sombre qui vous envoûtera à coup sûr.

Bonus : le site de Paris Photo 2017 (nouvelle fenêtre)

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Les écrivains photographes 2/3, Jack London

13 Mai

Parmi les écrivains qui s’emparèrent de la photographie dès ses débuts, le grand écrivain américain Jack London (1876-1916), auteur de L’appel de la forêt, Martin Eden ou encore Croc-Blanc, fut aussi un extraordinaire photographe.

Jack LondonJack London prit plus de 12 000 photographies lors de ses voyages entre 1900 et 1916. Le « peuple d’en bas », voilà ce qu’aimait photographier Jack London, les vieillards, les enfants en haillons de Londres, mais aussi les soldats pendant la guerre russo-japonaise (1904-1905). Lui qui fut chercheur d’or en Alaska, pilleur d’huîtres, employé dans une fabrique de conserves, blanchisseur, eut mille vies. Engagé, Jack London aimait l’aventure, a parcouru le monde, traversé les océans, et ses photos rendent comptent de sa compassion et de son profond respect pour l’humanité.
Il meurt à 40 ans et laisse derrière lui des romans inoubliables et des clichés émouvants.

Retrouvez Jack London écrivain à La Médiathèque (nouvelle fenêtre) et prochainement  le livre Jack London photographe (nouvelle fenêtre) de Jeanne Campbell Reesman, Sara S Hodson et de Philip Adam.

Précédemment  : Emile Zola (1840-1902) photographe.

Les écrivains photographes 1/3, Émile Zola

28 Avr

Si la science puis l’art ont été les premières disciplines à se saisir de la technique photographique, la littérature s’intéressa très vite à la photo, que ce soit devant ou derrière l’objectif.

Dès son apparition au XIXème siècle, les scientifiques utilisèrent la photographie comme support de travail et auxiliaire de la connaissance. Très vite, les artistes s’y intéressèrent aussi. Pour certains, la photographie servit d’abord de modèle, d’esquisse ou d’inspiration. Ainsi Gustave Courbet s’inspira des photos de Gustave Le Gray (1820-1882)(nouvelle fenêtre) pour peindre ses tableaux. Mais d’autres voyaient la photographie comme une rivale annonçant la mort de la peinture… Quant aux écrivains, ils perçurent rapidement l’intérêt de la photographie. Et peu à peu, la photographie ne fut plus seulement une technique innovante mais un art à part entière.

Parmi les écrivains, certains aiment être devant l’objectif comme Salinger, et d’autres préfèrent passer derrière l’objectif comme  :

 

Emile Zola (1840-1902)Emile Zola

A mon avis, vous ne pouvez pas dire que vous avez vu quelque chose à fond si vous n’en avez pas pris une photographie
Émile Zola

En 1888, en cure à Royan, Émile Zola découvre la photographie. A partir des années 1894-1895, il commence à pratiquer la photographie « avec une sorte d’acharnement » (écrit J-C Leblond-Zola) et ce jusqu’à sa mort en 1902. L’écrivain naturaliste est un aussi un photographe naturaliste, à la recherche de la vérité. Son sens inné du détail, son observation au scalpel de la réalité quotidienne font de l’écrivain un photographe quasi professionnel. Ses clichés lui demandent les mêmes recherches, les mêmes observations, les mêmes réflexions que ses romans. Qu’il photographie l’Exposition Universelle de 1900 ou sa femme et ses enfants, Émile Zola qui possédait plus d’une dizaine d’appareils-photos, est un reporter-photographe de son temps.

Zola, photographe de famille

Zola, reporter-photographe à l’exposition universelle de 1900

 

Retrouvez l’œuvre d’Émile Zola écrivain à La Médiathèque (nouvelle fenêtre)

La photographie politique

17 Fév

A l’heure où le remaniement du gouvernement fait la une des médias, observons les coulisses de la politique autrement : par l’objectif… de deux photographes, Olivier Roller et Jean-Claude Coutausse.

En 2006, dans le cadre de la sortie de son livre Photographies de personnalités politiques, Raymond Depardon disait déjà à Libération : « … La photo est essentielle dans l’image des hommes politiques. Devant une photo, les gens peuvent mieux ressentir leur vérité. » Mais de quelle vérité parle -t-on ? Celle du photographe ou celle du politique ?

Pour le photographe, obtenir une photo intéressante, c’est son défi. Sa photo sera d’autant plus percutante qu’elle envisage l’homme sous un angle différent. Le photographe devra observer, ruser pour capturer une émotion, un geste. Faire tomber le masque. Sa photo, si elle est réussie, rentrera dans l’Histoire. D’autres photographes prennent le parti d’en rire et de détourner la fonction.
La personnalité politique, elle, est toujours sous contrôle de son image. Tout est cadenassé, contrôlé :  gestes, apparences et expressions. Il doit néanmoins se plier à l’exercice, figure imposée de toute carrière politique. Il doit convaincre, séduire. Quitte parfois à dévoiler des choses qu’il ne voudrait pas.

  • visages mis à nu olivier roller-catalogue de La Médiathèque (nouvelle fenêtre)Les portraits décalés de Olivier Roller

Après des études de sciences politiques et de droit à l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg, Olivier Roller devient photographe presque par accident, pour impressionner les filles, laissant le monde de la politique en suspens. Il commencera donc par le journalisme en photographiant des gens ordinaires aux prises avec l’actualité. Il commence petit à petit à se faire un nom dans le monde de la presse écrite et débute son travail avec des portraits de célébrités. Sa carrière est définitivement lancée.
Il revient à la politique lors de la campagne présidentielle de 2007 et se spécialise dans le portrait politique. Il est considéré depuis comme l’un des meilleurs « portraitistes » en France.

Et si vous souhaitez découvrir le travail d’Olivier Roller, venez découvrir son site.

  • L'énigmatique François Hollande Jean-Claude Coutausse- catalogue de La Médiathèque (nouvelle fenêtre) Les photos de campagne (présidentielle) prises sur le vif de Jean-Claude Coutausse

Jean-Claude Coutausse est un photographe photojournaliste qui a couvert de nombreux conflits depuis une bonne trentaine d’années. Comme il le dit lui-même dans La Dépêche le 14 septembre 2014 : « Je voulais un métier pour faire le tour du monde ». Et le monde, il l’a parcouru sous toutes les coutures, de l’Afghanistan, à La Serbie, en passant par la Somalie et Haïti ou le mur de Berlin, il voit et raconte le monde avec ces clichés qui sont publiés par de grands journaux comme Libération, le Monde. Pour ses images, Jean-Claude Coutausse obtient de nombreux prix et récompenses : le prix Agence France-Presse de la meilleure image de l’année en 1985 ; le Grand Prix de la ville d’Arles en 1988 ; le Prix Niépce en 1993 et bien d’autres. Il réalise ensuite des reportages pour Géo et National Géographic.
Passionné depuis toujours par la politique, obsédé même, Jean-Claude Coutausse entreprend de couvrir la campagne présidentielle de Ségolène Royal en 2007 et de François Hollande en 2012.

Voici un florilège des ses photos :

Retrouvez Jean-Claude Coutausse sur son blog.

  • Pour finir, voici deux livres sur le pouvoir de l’image et sur le portrait en photographie disponibles à La Médiathèque :

Enfin, si vous aimez la photographie, n’hésitez pas à venir fouiner dans nos ouvrages théoriques ou pratiques à La Médiathèque. Vous y trouverez sans doute de quoi aiguiser votre œil !

Envie de se faire une expo photo ?

3 Fév

Vous aimez la photo ? Cela tombe bien, nous aussi. Voici une liste non exhaustive des expositions de 2016 consacrées au huitième art à Paris :

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Si vous ne la connaissez pas encore, venez découvrir le travail de cette artiste de renommée internationale. Quarante ans de photographie, allant de  ses clichés légendaires de stars jusqu’à la photo officielle de Jacques Chirac président, en passant par ses photos de stripteaseuses mais aussi de ses travaux jamais montrés, Bettina Rheims l’insolente, la provocante, ne laisse jamais indifférent.

Bientôt disponible à La Médiathèque  : le catalogue de l’exposition.bettina rheims.

logo-2-1Chasseur, naturaliste et photographe, Shiras se spécialise dans la photographie animalière. Il fut le premier à photographier les animaux de la forêt de nuit. Ardent défenseur de la cause animale, pionnier dans l’utilisation du flash afin de révéler la beauté des animaux dans leur milieu naturel, monde jusqu’ici inaccessible. Ses travaux seront présentés à l’Exposition Universelle de Paris en 1900 et rencontreront un vif succès. Eblouissant !

Bientôt disponible à la Médiathèque : le catalogue de l’exposition.shiras

logo-fhbc Figure majeure de la photographie italienne, Ugo Mulas reste néanmoins peu connu en France. Devenu le photographe officiel de la Biennale de Venise, Ugo Mulas parcourt le monde pour capturer le travail des artistes en pleine création. Andy Warhol, Calder, Lucio Fontana, tous seront shooté par lui.

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