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La photographie politique

17 Fév

A l’heure où le remaniement du gouvernement fait la une des médias, observons les coulisses de la politique autrement : par l’objectif… de deux photographes, Olivier Roller et Jean-Claude Coutausse.

En 2006, dans le cadre de la sortie de son livre Photographies de personnalités politiques, Raymond Depardon disait déjà à Libération : « … La photo est essentielle dans l’image des hommes politiques. Devant une photo, les gens peuvent mieux ressentir leur vérité. » Mais de quelle vérité parle -t-on ? Celle du photographe ou celle du politique ?

Pour le photographe, obtenir une photo intéressante, c’est son défi. Sa photo sera d’autant plus percutante qu’elle envisage l’homme sous un angle différent. Le photographe devra observer, ruser pour capturer une émotion, un geste. Faire tomber le masque. Sa photo, si elle est réussie, rentrera dans l’Histoire. D’autres photographes prennent le parti d’en rire et de détourner la fonction.
La personnalité politique, elle, est toujours sous contrôle de son image. Tout est cadenassé, contrôlé :  gestes, apparences et expressions. Il doit néanmoins se plier à l’exercice, figure imposée de toute carrière politique. Il doit convaincre, séduire. Quitte parfois à dévoiler des choses qu’il ne voudrait pas.

  • visages mis à nu olivier roller-catalogue de La Médiathèque (nouvelle fenêtre)Les portraits décalés de Olivier Roller

Après des études de sciences politiques et de droit à l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg, Olivier Roller devient photographe presque par accident, pour impressionner les filles, laissant le monde de la politique en suspens. Il commencera donc par le journalisme en photographiant des gens ordinaires aux prises avec l’actualité. Il commence petit à petit à se faire un nom dans le monde de la presse écrite et débute son travail avec des portraits de célébrités. Sa carrière est définitivement lancée.
Il revient à la politique lors de la campagne présidentielle de 2007 et se spécialise dans le portrait politique. Il est considéré depuis comme l’un des meilleurs « portraitistes » en France.

Et si vous souhaitez découvrir le travail d’Olivier Roller, venez découvrir son site.

  • L'énigmatique François Hollande Jean-Claude Coutausse- catalogue de La Médiathèque (nouvelle fenêtre) Les photos de campagne (présidentielle) prises sur le vif de Jean-Claude Coutausse

Jean-Claude Coutausse est un photographe photojournaliste qui a couvert de nombreux conflits depuis une bonne trentaine d’années. Comme il le dit lui-même dans La Dépêche le 14 septembre 2014 : « Je voulais un métier pour faire le tour du monde ». Et le monde, il l’a parcouru sous toutes les coutures, de l’Afghanistan, à La Serbie, en passant par la Somalie et Haïti ou le mur de Berlin, il voit et raconte le monde avec ces clichés qui sont publiés par de grands journaux comme Libération, le Monde. Pour ses images, Jean-Claude Coutausse obtient de nombreux prix et récompenses : le prix Agence France-Presse de la meilleure image de l’année en 1985 ; le Grand Prix de la ville d’Arles en 1988 ; le Prix Niépce en 1993 et bien d’autres. Il réalise ensuite des reportages pour Géo et National Géographic.
Passionné depuis toujours par la politique, obsédé même, Jean-Claude Coutausse entreprend de couvrir la campagne présidentielle de Ségolène Royal en 2007 et de François Hollande en 2012.

Voici un florilège des ses photos :

Retrouvez Jean-Claude Coutausse sur son blog.

  • Pour finir, voici deux livres sur le pouvoir de l’image et sur le portrait en photographie disponibles à La Médiathèque :

Enfin, si vous aimez la photographie, n’hésitez pas à venir fouiner dans nos ouvrages théoriques ou pratiques à La Médiathèque. Vous y trouverez sans doute de quoi aiguiser votre œil !

Envie de se faire une expo photo ?

3 Fév

Vous aimez la photo ? Cela tombe bien, nous aussi. Voici une liste non exhaustive des expositions de 2016 consacrées au huitième art à Paris :

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Si vous ne la connaissez pas encore, venez découvrir le travail de cette artiste de renommée internationale. Quarante ans de photographie, allant de  ses clichés légendaires de stars jusqu’à la photo officielle de Jacques Chirac président, en passant par ses photos de stripteaseuses mais aussi de ses travaux jamais montrés, Bettina Rheims l’insolente, la provocante, ne laisse jamais indifférent.

Bientôt disponible à La Médiathèque  : le catalogue de l’exposition.bettina rheims.

logo-2-1Chasseur, naturaliste et photographe, Shiras se spécialise dans la photographie animalière. Il fut le premier à photographier les animaux de la forêt de nuit. Ardent défenseur de la cause animale, pionnier dans l’utilisation du flash afin de révéler la beauté des animaux dans leur milieu naturel, monde jusqu’ici inaccessible. Ses travaux seront présentés à l’Exposition Universelle de Paris en 1900 et rencontreront un vif succès. Eblouissant !

Bientôt disponible à la Médiathèque : le catalogue de l’exposition.shiras

logo-fhbc Figure majeure de la photographie italienne, Ugo Mulas reste néanmoins peu connu en France. Devenu le photographe officiel de la Biennale de Venise, Ugo Mulas parcourt le monde pour capturer le travail des artistes en pleine création. Andy Warhol, Calder, Lucio Fontana, tous seront shooté par lui.

Qui a peur des femmes photographes ? 2/2

15 Jan

Jusqu’au 26 janvier 2016, le Musée d’Orsay présente la deuxième partie de l’exposition Qui a peur des femmes photographes, centrée sur la place particulière des femmes dans la création artistique de l’entre deux-guerres et sur leur contribution au développement et à l’évolution de la photographie de 1918 à 1945 .

Dès 1919, les femmes photographes continuent à bouleverser les codes en s’emparant des scènes de vie et de guerre, mais aussi des  genres photographiques. Ainsi, être une femme photographe dans l’entre deux-guerres devient : un métier, un engagement et un art du détournement…

Un métier : A la fin de la première guerre mondiale, les femmes photographes deviennent Photographe avec un grand P, c’est à dire des professionnelles. Elles travaillent désormais dans la mode, la publicité, la presse et elles organisent également des expositions, ouvrent des galeries.

Un engagement : Les femmes photographes se politisent, et seront naturellement aux côtés des suffragettes en Angleterre, dont elles médiatisent le mouvement pour le droit de vote féminin. Mais aussi au service d’idéologies meurtrières dans les années les plus sombres.

Le détournement des codes : Les femmes appréhendent de façon nouvelle les genres dans lesquels elles étaient jusque là cantonnées (le portrait, les natures mortes, et surtout, l’autoportrait)  : elles le font de manière radicalement différente par rapport aux hommes.
L’autoportrait n’est plus seulement un exercice stylistique mais un outil de sa propre identité. En plus du visage, d’une partie du corps ou du corps en entier, les femmes photographes détournent les codes en se travestissant. Elles provoquent, interrogent, brouillent les cartes.

 

Une exposition forte, passionnante, qui montre que ces femmes ont ouvert la voie à d’autres. A découvrir jusqu’au 24 janvier 2016.

Retrouvez à La Médiathèque toutes ces femmes d’exception..

Précédemment dans Liseur : les femmes photographes de la période 1839-1919, exposition présentée au Musée de l’Orangerie

Qui a peur des femmes photographes ? 1/2

18 Déc
Depuis le 14 octobre 2015 et jusqu’au 26 janvier 2016 se tient à Paris dans deux lieux différents, au musée de l’Orangerie et au musée d’Orsay,  une exposition sur la contribution des femmes photographes au développement et à l’évolution de la photographie de 1839 à 1945. Première du genre, cette exposition présente la relation singulière et évolutive des femmes à la photographie. Par leurs oeuvres inédites et révolutionnaires, les femmes photographes détournent les codes, influencent les plus grands, et s’emparent des scènes de vie, de guerre.

La 1ère partie au Musée de l’Orangerie couvre la période 1839-1919


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Lors de la première exposition des femmes photographes en France en 1901, qui présentait des photographes anglaises et américaines, Robert Demachy écrivait :

Cette exposition n’a pas grand caractère féminin, ici nous ne pouvions nous attendre à un dessin différent de celui du sexe anguleux. L’objectif banal étant du genre neutre, mais nous croyions y trouver quelque caractère spécial, il n’en est rien, et ce n’est pas pour nous déplaire.

A l’Orangerie nous déambulerons pour découvrir des femmes connues, reconnues, inconnues, d’autres oubliées. Arrêtons-nous un moment pour les découvrir :

  • Constance Talbot (1811-1880) et Anna Atkins (1799-1871)
    La première, femme du scientifique britannique William Henry Fox Talbot, lui-même photographe, assiste dans un premier temps son mari, avant de faire ses propres clichés,  la deuxième botaniste britannique, est considérée comme une des pionnières de l’utilisation d’images photographiques pour l’illustration d’ouvrages imprimés, notamment des herbiers.
  • Mary Dillwyn (1816-1906) : la photographie dite « domestique »
    Spécialisée dans les portraits de famille et des ses amis, Mary Dillwyn utilise le procédé de Talbot – son cousin par alliance – à savoir le négatif positif sur papier. Mais aussi, les études de fleurs et d’oiseaux, les photos en extérieur avec le charme de l’instantané. D’autre part, elle a sans doute été la première à capturer le sourire.

 

  • Lady Frances Jocelyn (1820-1880)
    Artistocrate britannique qui vivait à la cour de la reine Victoria, récompensée pour sa photo Interieur en 1865, notamment pour le défi technique réalisé.
Jocelyn_Interieur

@ Lady Frances Jocelyn, Interior, 1865

Mais aussi, les photographes françaises dont Céline Laguarde (1873-1961) faisant partie du mouvement pictorialiste, reconnue internationalement,  ou encore la britannique Julia Margaret Cameron (1815-1879) et ses portraits d’enfants et surtout des portraits de personnalités historiques, ou encore l’américaine Gertrude Käsebier (1852-1934) l’une des photographes les plus influentes, ayant ouvert la voie de la photographie professionnelle aux femmes. Alfred Stieglitz (1864-1946), célèbre photographe et marchand d’art américain disait d’elle qu’elle était « incontestablement la plus importante portraitiste photographe du moment ».

Dans un monde où parvenaient les premiers tremblements d’une profonde transformation sociale et culturelle, toutes ces femmes issues d’un milieu aisé, ont en commun une ambition artistique forte, un désir d’autonomie, d’émancipation sociale et économique qui jusqu’alors leur étaient interdit.

Retrouvez d’ici peu le catalogue de l’exposition à La Médiathèque.

PROCHAINEMENT DANS LISEUR :  la période 1914-1945 au Musée d’Orsay.

Dans l’oeil du photographe

5 Juin
De La fille surexposée de Valentine Goby, en passant par Je vous écris d’Anny Duperey, aux Aventures de Boro, photographe reporter de Jean Vautrin, la figure du photographe fascine et a inspiré beaucoup d’écrivains. Même si sa présence en littérature est moins marquée qu’au cinéma, le photographe reste témoin de l’Histoire et nous raconte des histoires, qu’elles soient belles ou cruelles.

Voici quelques pistes de lecture où vous rencontrerez, une photo célèbre d’August Sander, le périple en Himalaya de Fukamachi Makoto ou encore Ben Bradford, qui décide de disparaître et d’endosser une nouvelle identité.

Trois fermiers s’en vont au bal de Richard Powers

Tout commence par une photo désormais célèbre celle prise par August Sander de trois fermiers sur une route de campagne à la veille de la Première Guerre mondiale. Pourquoi cette photo obsède-t-elle tant le narrateur, depuis qu’il l’a vue par hasard dans un musée de Détroit ? Peter Mays, un jeune journaliste de Boston, saura-t-il percer l’énigme de son étrange ressemblance avec l’un des fermiers de la photo ?

Le roman d'une actriceJe vous écris d’Anny Duperey

J’avais pensé, logiquement, dédier ces pages à la mémoire de mes parents – de mon père, surtout, l’auteur de la plupart des photos, qui sont la base et la raison d’être de ce livre. Curieusement, je n’en ai pas envie. Leur dédier ce livre me semble une coquetterie inutile et fausse. Je n’ai jamais déposé une fleur sur leur tombe, ni même remis les pieds dans le cimetière où ils sont enterrés. Sans doute parce que obscurément je leur en veux d’avoir disparu si jeunes, si beaux, sans l’excuse de la maladie, sans même l’avoir voulu, quasiment par inadvertance.

Leurs vies éclatantes de Grégoire Polet

Un lundi d’été caniculaire, une jeune photographe s’installe dans une des tours de l’église Saint-Sulpice à Paris, pour prendre des images panoramiques du site. Son objectif capte les derniers instants d’un vieux critique d’art, ainsi que les préparatifs d’un mariage prévu pour le samedi suivant, dans un immeuble en face de l’église. Entre ces deux jours, rencontres et croisements.

L’homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy

De New York aux splendides paysages du Montana, une histoire d’amour et d’émotion, et un héros extraordinairement attachant, prêt à payer le prix pour vivre sa vie. Ben Bradford a réussi. La trentaine, avocat compétent, un beau poste dans l’un des plus grands cabinets de Wall Street, un salaire à l’avenant, une femme et deux fils tout droit sortis d’un catalogue Gap. Sauf que cette vie, Ben la déteste. Il a toujours rêvé d’être photographe. Quand il soupçonne que la froideur de son épouse est moins liée à la dépression postnatale qu’à une aventure extraconjugale, ses doutes reviennent en force, et avec eux la douloureuse impression de s’être fourvoyé. Ses soupçons confirmés, un coup de folie meurtrier frit basculer son existence, l’amenant à endosser une nouvelle identité.

Retrouvez une bibliographie où le photographe est le personnage central.
Bonne lecture.

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