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La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois 2018, c’est parti !

18 Nov

Vous ne les connaissez pas encore mais vous allez entendre parler d’eux : ils sont 12, femmes et hommes, passionnés, courageux, motivés, littéraires et incorruptibles… Ce sont les jurés du Prix des lecteurs de Levallois 2018.  Choisis parmi de nombreux candidats, ils se sont réunis pour la première fois un soir d’octobre à La Médiathèque. Comme chaque année, Liseur était à l’écoute, pour vous raconter aventures, surprises et secrets des coulisses de ce désormais fameux prix littéraire. Voici donc présentés pour vous en exclusivité les héros de la saga 2018 du Prix des lecteurs de Levallois.

Assis autour d’une grande table, les jurés 2018 semblent très sages. Des « anciens » (les « redoublants », ceux qui rempilent) se saluent, visiblement heureux de se retrouver pour une nouvelle session.  Quand la réunion commence, tous écoutent avec attention le rappel des objectifs de ce prix : remis lors du Salon du Roman Historique de Levallois (qui se tiendra cette année le dimanche 11 mars 2018), il récompense un roman historique écrit par un jeune auteur (jeune par rapport à sa production et pas uniquement en fonction de son âge) grâce à une dotation substantielle conçue comme un encouragement à l’écriture.

jury 12 hommes en colèreQui sont les jurés 2018 ?

Au premier coup d’œil, il est clair que la parité ne sera pas respectée dans ce jury, faute de candidats masculins. Néanmoins plusieurs valeureux Messieurs siègent ce soir autour de la table, dont certains ont déjà participé aux aventures de jurys précédents. Pour ceux qui s’interrogent à ce sujet, l’équilibre est ici respecté puisque quelques jurées 2018 ont elles aussi participé à de précédentes sessions. Quand vient le tour de table de présentation, on commence par ceux qui reviennent, « les redoublants ».

« Mais je suis plus que redoublant », affirme alors l’un de ces Messieurs au moment d’entamer les présentations.

Je lis beaucoup. 90 livres depuis l’année dernière…

Murmures admiratifs autour de la table… Car oui, il y a de quoi faire rêver tout amateur de lecture  !

Je lis un peu trop. J’avale, confesse-t-il presque penaud. D’ailleurs j’ai déjà lu certains romans de la rentrée littéraire, qui peut-être font partie de la sélection.

Et notre juré espère bien que cette fois-ci il va choisir LE très bon cheval, car l’année passée, il « avait de très bons chevaux mais qui n’ont pas franchi la ligne d’arrivée ». Espérons donc que ces tentatives auront été un galop d’essai.

« Moi je lis autant que je peux mais pas autant que je voudrais », regrette une jurée qui elle aussi a eu jusqu’alors du mal à trouver des choses qui l’intéressent parmi les nombreux romans historiques qui paraissent chaque année mais qui compte bien trouver de quoi satisfaire ses envies d’Histoire et de fiction.

Que lisent-ils ?

Évidemment jusqu’au 11 mars, des romans historiques ! Mais que lisaient-ils avant ? En général, de tout : des romans historiques, des polars, des romances, des biographies, « un spectre très large, excepté la poésie », précise l’une.

Tout type de littérature : la blanche, la noire, l’historique. mais je n’aime pas trop le polar historique.

Nous touchons ici un sujet au cœur des débats, passés ou à venir : les genres, leur définition, leur périmètre, leurs caractéristiques… Et d’expérience de bibliothécaire, je peux vous dire que la querelle sur les limites des genres est toujours d’actualité. Mais n’anticipons pas…

Car pour le moment, si certains jurés sont tombés depuis longtemps dans la marmite des romans historiques, une des jurées explique avoir découvert le genre en venant en tant que visiteur au salon. Une autre, plutôt hostile à ce type de roman, a revu son opinion grâce à sa participation précédente au jury :

j’en ai lu pour la première fois à cette occasion, avant je pensais que c’était très ennuyeux, mais c’est tout l’inverse  : pas vieux, pas rébarbatif !

C’est sans doute aussi ce que souhaite cette autre jurée, qui  en raison d’obligations professionnelles et familiales, ne lit que la nuit et cherche donc à éviter les livres qui pourraient être « soporifiques ». Pour elle, la participation au jury est l’occasion de « déceler de petites pépites dans les romans historiques ». Et certainement de passer quelques nuits blanches ?

Que recherchent-ils ?

Une façon d’échanger, de confronter nos idées et… de changer d’avis !

En tête de liste des objectifs annoncés autour de la table, on trouve l’échange, la possibilité de discuter de livres et l’envie de partager avec d’autres amateurs de lecture. À ce sujet, plusieurs jurés diront (à mots plus ou moins couverts) leur frustration à ne pouvoir parler de lecture dans leur cercle de famille ou d’amis et l’espoir de trouver ici, dans ces réunions de jury, un temps d’échange précieux. Une jurée raconte qu’elle avait tenté de mettre en place un petit groupe de lecture, mais « ça n’a jamais marché, on n’avait pas d’échange concerté, on avait un problème de timing ».

Rassurons nos jurés tout de suite :  question échange, ils n’ont aucun souci à se faire, la discussion est même la substantifique moelle de ces réunions et côté timing, ils n’auront pas le choix ! Ils vont devoir être en phase les uns avec les autres, car pour la prochaine réunion, ils auront dû lire les mêmes titres pour pouvoir alors les défendre ou les descendre. La possibilité de confrontation, voire d’opposition, est ce qui les attire, comme l’exprime cette jurée :

C’est parfois assez surprenant. C’est amusant de se dire « je l’ai avalé » et d’avoir en face de soi quelqu’un qui l’a laissé tomber à la dixième page.

Ainsi, autour de la table, il apparait qu’aucun de nos jurés ne rêve de consensus, quoique le mythe du livre qui l’emporterait à l’unanimité lors du vote soit évoqué. Non au contraire, nos jurés sont là pour débattre : » ce qui est intéressant, c’est qu’on a pas tous les mêmes goûts ni les mêmes opinions ».

J’aime que mes lectures m’apportent et m’apprennent quelque chose.

Ainsi, outre l’envie d’en découdre :-), celles d’apprendre et de découvrir une époque par le biais de la fiction font aussi partie des motivations à participer. Auxquelles s’ajoute « s’échapper » comme l’explique en souriant une jurée. « mon métier dans la finance étant loin de la réalité de l’Histoire, la lecture me permet de m’échapper. »

book-112117_640Happy end

Avant de partir, les jurés reçoivent  un petit sac avec leur « matériel » de juré : les deux premiers romans de la sélection, le code électoral (modalités du scrutin de ce prix littéraire) ainsi que la rituelle grille de lecture qui va leur permettre point par point d’affiner leur avis et de « se poser des questions au delà de j’aime-j’aime pas ».

Quand la réunion se termine, tout le monde repart, sac sous le bras, visages animés, échangeant déjà avec ses nouveaux complices de jury sous l’œil attendri de Liseur : car des affinités futures se devinent, des échanges, des rapprochements et des centres d’intérêt communs…  Et d’expérience, nous savons que les jurys finissent bien !

Cet article se termine donc en happy end, sur ce mot d’une jurée* pour qui l’aventure du jury de l’année dernière a été bienheureuse, puisqu’elle confie avec un large sourire aux 11 autres :

Je m’y suis fait une amie.

*Comme le veut la tradition de la saga des jurés du Prix des lecteurs de Levallois, le mot de la fin de chaque épisode revient à un des membres du jury ( souvent à son insu 🙂 mais ils ont évidemment un droit de réponse !

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14 points essentiels pour devenir juré du Prix des Lecteurs de Levallois 2018

12 Sep

La 7ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois aura lieu le 11 mars 2018. Comme chaque année, le Prix des Lecteurs de Levallois sera remis à un jeune auteur afin de le récompenser et de l’encourager à poursuivre son œuvre. Comme son nom l’indique, le jury de ce prix est constitué de lecteurs de Levallois. Pour faire partie de l’aventure de ce prestigieux jury, il suffit de soumettre sa candidature avant le 8 octobre 2017 … et d’être sélectionné. Pour vous aider à vous décider et/ou à candidater, voici un récapitulatif des qualités et compétences nécessaires pour devenir juré de ce désormais célèbre prix littéraire.

  • Le juré aime lire, même s’il confesse parfois s’être éloigné de la lecture et que sa participation au jury est  l’occasion de s’y remettre.
  • Il a lu au moins un livre 🙂 et peut en faire une brève critique pour motiver sa candidature.
  • Il s’engage à lire une petite dizaine de romans en quelques mois soit environ 1500 pages (papier et/ou numérique).
  • Conséquence du point précédent : il risque de passer quelques nuits blanches sur son ouvrage soit parce que la réunion du jury a lieu le lendemain soit tout simplement parce qu’il veut connaitre la fin du bouquin (nous militons ouvertement pour la 2ème raison).
  • Il a de l’intérêt pour ce qu’on appelle « roman historique », mais ce n’est pas un critère déterminant. Différents cas sont alors possibles, tous étant admis :

Accès au formulaire de candidature en ligne sur le site de la Ville de Levallois (nouvelle fenêtre) – Il ne lit QUE des romans historiques et l’Histoire est son dada (critère là aussi non déterminant)

– Il n’a JAMAIS lu de roman historique mais il est curieux de découvrir le genre.

– Il a lu Les trois mousquetaires il y a LONGTEMPS et pour lui, roman historique rime avec cape, épée et chemise à jabot (dans ce cas, la participation au jury peut s’avérer une petite mise à jour sur ce genre littéraire apprécié au XXIe siècle)

  • Il a envie d’échanger autour de ses lectures et de confronter son point de vue avec d’autres lecteurs.
  • Il est motivé, enthousiaste mais non exempt de sens critique.
  • Il résiste aux pressions en tous genres et sait garder le secret des urnes, car une fois le vainqueur 2018 déterminé par le vote final des jurés, son nom ne sera révélé au public que plusieurs jours après (lors de la cérémonie de remise du prix).
  • De fait, il est évidemment  incorruptible 🙂
  • Il est tenace, mais sait écouter les avis différents, pouvant aller jusqu’à revoir son opinion sur un livre si les arguments qu’on lui oppose sont convaincants. Néanmoins l’expérience des années précédentes montre qu’un peu d’entêtement et de jusqu’au boutisme ne nuisent pas.
  • Il est fair-play et éventuellement bon perdant (si son favori n’est pas le lauréat). Et nous tenons ici à le préciser : il peut y avoir des déçus… l’unanimité du jury n’ayant jamais été obtenue. Mais l’édition 2018 sera peut-être différente ?
  • Il est libre quatre mardis soirs d’ici le mois de mars 2018 pour les réunions du jury : la première ayant lieu le mardi 17 octobre à 19h, à l’issue de laquelle il se verra remettre les premiers titres (1ère partie de la sélection) ainsi qu’un certain nombre de conseils. La dernière réunion sera consacrée au vote final où il engagera sa voix et son énergie pour défendre les couleurs de son auteur préféré.
  • Il est disponible le dimanche 11 mars pour l’édition 2018 du Salon du Roman Historique.
  • Il est conscient que ses paroles sont susceptibles d’être citées (de façon anonyme) dans la Saga du Prix des lecteurs de Levallois, dont la saison 4 commencera à l’issue de la première réunion, les précédentes saisons de la Saga du Prix des Lecteurs de Levallois  (2015, 2016 et 2017) ayant été publiées sur Liseur.

Convaincus ? Prêts à postuler ? Vous avez jusqu’au 8 octobre !

Le formulaire à remplir en ligne (nouvelle fenêtre) se trouve sur le site de la Ville de Levallois et est à renvoyer avant le 8 octobre 18h.

Comme chaque année, les moins familiers de la rédaction en ligne peuvent la faire sur papier.

Rappel : les jurés des années précédentes peuvent postuler,  des « redoublants » ayant été admis les années précédents  (à l’heure où nous écrivons cet article, le cas des triplants voire davantage n’a pas encore été étudié).

Accès au formulaire de candidature en ligne sur le site de la Ville de Levallois (nouvelle fenêtre) Info supplémentaire : pour ceux qui souhaitent postuler sur d’autres prix nationaux ou internationaux, ces critères peuvent être nécessaires mais ne seront peut-être pas suffisants, certains prix tels le Goncourt et ses semblables demandant d’avoir quelques publications à son actif. Se renseigner auprès de chaque organisateur de prix sera donc plus prudent.

Petite précision : si une petite collation est servie le jour de la délibération finale du jury du Prix des lecteurs de Levallois, elle ne provient pas de chez Drouant.

Jury du Prix des lecteurs de Levallois 2017, mission accomplie !

14 Mar

Dimanche 26 février 2017, notre intrépide jury s’est réuni pour la dernière fois, au pied de la scène sur laquelle a été remis le Prix des Lecteurs de Levallois 2017.  « Un élu, huit gagnants », a rappelé en introduction la journaliste Karine Papillaud devant une salle comble, avant de présenter chacun des 9 romanciers sélectionnés pour le prix 2017.  Puis, au terme d’un suspense sans pitié :-), le nom du lauréat a été dévoilé par Yasmina Khadra, président de la 6ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois : Jean-François Roseau pour son roman, La chute d’Icare, publié aux éditions de Fallois.

Mais revenons sur les minutes qui ont précédé l’annonce du lauréat 2017. Au premier rang face à la scène, sont assis 12 jurés, le visage grave, le regard attentif, conscients de l’importance de la mission qu’ils ont menée pendant des mois et dont le point d’orgue est le « couronnement » du livre élu (et de son auteur) aujourd’hui.

Sur le podium, Sophie Perrusson, directrice adjointe de l’Action culturelle de la Ville,  rappelle le rôle de La Médiathèque dans l’organisation du Prix des Lecteurs de Levallois et dans l’accompagnement de ce jury  tout au long du processus, des premières discussions post-lecture au vote final. Puis les neuf auteurs sont appelés sur scène et s’installent en arc de cercle face au public. Sourires, bras croisés ou mains dans les poches, tous semblent sereins, mais on a du mal à imaginer que ne se cache pas là-dessous un peu d’émotion ou d’impatience avant l’annonce du résultat… Quant à nos 12 jurés, ils continuent à veiller d’un œil tendre et admiratif sur ces 9 auteurs, qu’ils ont lus, aimés, critiqués, encensés et défendus. Et parmi lesquels ils ont, au terme d’un scrutin riche en surprises,  élu un vainqueur…

photos-remise-des-prix-selectionnes-prix-des-lecteurs-de-levallois-2017 (Flickr Ville de Levallois-nouvelle fenêtre)

Toutes les photos du Salon du Roman Historique de Levallois sont à retrouver sur Flickr (Service photo de la Ville de Levallois)

– Vous n’êtes pas dans l’ordre de mes petites fiches, plaisante la journaliste.

Neuf romanciers, neuf romans

Frédéric Gros commence avec Possédées, qu’il décrit comme « un roman sur une  intensité historique », soit l’histoire d’une machinerie judicaire très compliquée autour d’une possession à l’époque de la contre-réforme. Françoise Cloarec explique que dans L’indolente qui raconte l’histoire d’un couple, Pierre et Marthe Bonnard, elle a « entrecoupé ce livre de scènes où [elle] invente,  un moyen de dire ce qui se passait entre eux et de ne pas dénaturer leur histoire ». Niels Labuzan explique que Cartographie de l’oubli est « un roman sur l’Histoire et sur comment on la raconte » mais c’est aussi un premier roman qui mêle le thème métaphysique de l’oubli au récit de la colonisation du Sud-Ouest africain par l’Allemagne. Vient ensuite Michel Bernard avec Les deux remords de Claude Monet, « un livre parti d’une intuition », explique-t-il, selon laquelle Monet aurait eu deux remords, ce qui donnait le cadre dramatique du roman. Jean-Paul Delfino, quant à lui, est parti d’un fait historique pour écrire Les pêcheurs d’étoiles, racontant une nuit de soûlographie salutaire où ses héros Satie et Cendrars arpentent le Paris des années 20. Yannick Grannec présente ensuite Le bal mécanique, son deuxième roman qui, dit-elle avec un sourire,  » pour faire prétentieux, est une course à la modernité sur un siècle », mais qui est avant tout une histoire de famille et de quête des origines.

Elle passe ensuite le micro à son voisin qui n’est autre que le lauréat, Jean-François Roseau.

Précisons ici qu’à ce stade du déroulé de la cérémonie de remise du prix, seuls quelques happy fews connaissent le résultat du scrutin, dont évidemment nos 12 jurés qui ont gardé le secret des délibérations depuis  leur dernière rencontre. Sur leurs visages impassibles, aucun indice ou tressaillement particulier : le silence total sur le résultat fait partie des clauses de leur mission et nos jurés ont montré depuis la première seconde qu’ils ont à coeur de tenir leurs engagements…

Jean-François Roseau prend  la parole : La Chute d’Icare est son deuxième roman. Mais si le livre est né d’un souvenir personnel puisque c’est son grand-père qui, le premier, lui a parlé de ce fameux Albert Préziosi, le jeune auteur nous dit :

La chance d’un écrivain quand il s’attaque à un roman historique, c’est qu’il y a énormément de brèches dans les personnages.

Éric Faye poursuit avec  Éclipses japonaises, une histoire de Japonais, plaisante-t-il mais surtout « une histoire de disparitions, une affaire qui a eu lieu entre les années 70 et maintenant… », laissant en bon romancier planer le mystère sur des énigmes non résolues et des disparitions encore possibles… Négar Djavadi terminera ce tour de scène en expliquant la genèse de Désorientale : un livre né de « l’envie de raconter une histoire, de raconter une saga familiale dans cet Iran assez méconnu qui est celui des années 70, 60 et auparavant… »

Et le gagnant est …

Tandis que les auteurs regagnent leurs places, la représentante du jury 2017, accompagnée et couvée du regard par ses confrères et consoeurs jurés, monte alors sur scène et parle de leur aventure commune, avec ses découvertes, ses péripéties et ses retournements. Bref la vie d’un jury…  Il y a eu des cris et des larmes ? Presque… admet-elle, ce que vous n’aviez certainement pas manqué de constater en lisant la saga de leurs aventures sur Liseur.

On ne s’y attend pas mais chacun a envie de porter son coup de coeur, de le défendre jusqu’au bout. Et tout ca dans une très bonne entente.

Sur scène, notre jurée est entourée de Stéphane Decreps, adjoint au maire à la culture de la Ville de Levallois et de l’écrivain Yasmina Khadra. Le premier insiste sur la place privilégiée faite au livres et aux auteurs à Levallois parce que « c’est sur le travail que font tous les auteurs que se façonnent l’esprit et la réflexion, bases de la démocratie ».  Le président de cette 6eme édition du salon ironise sur la fonction et le caractère parfois inamovible de la fonction présidentielle mais il redevient sérieux quand il évoque  « cette grande communauté de lecteurs et d’écrivains, la plus belle des familles ».

À la question, un prix de lecteurs, c’est important, l’écrivain répond :

On aime un livre parce qu’il nous touche un peu plus qu’un autre et je trouve que le lecteur est toujours sincère, il va vers ce qui est beau et juste. Et c’est ce qui l’honore.

Puis l’écrivain s’avance vers les livres, sa main plane un moment au-dessus des neuf ouvrages sélectionnés, tenant le public en haleine.

– Où est-ce qu’il est d’abord ce livre ? Il n’est pas là, plaisante-t-il, jouant sur la tension de ce moment de pré-révélation…

Quelques cœurs sont en suspens avant qu’il finisse par saisir le lauréat (l’ouvrage pas l’homme !:-) en le tendant à bout de bras :

– Le voici, et je m’excuse pour les autres,

Jean-François Roseau avec son roman La Chute d'Icare Prix des lecteurs de Levallois 2017Jean-François Roseau remonte alors sur scène, accompagné d’applaudissements. Il serre la main des officiels, il sourit, il remercie avant de se voir récompensé d’un chèque de 2000 euros, dotation offerte par le partenaire du salon, la société So Ouest.

Il semble ému, « merci infiniment », il évoque la sincérité des lecteurs, avant de parler de son prochain roman, celui auquel il travaille déjà.La chute d'Icare de Jean-François Roseau (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)

Après de nouveaux applaudissements, la salle se vide. Jean-François Roseau va aller signer des dédicaces sur des livres désormais auréolés d’un bandeau jaune Prix des lecteurs de Levallois 2017.

La fin d’une aventure collective

Les jurés se séparent, la plupart vont aller à la rencontre des auteurs qu’ils ont lu et de tous ceux qu’ils veulent découvrir, nul doute qu’ils sauront parler de leur plaisir de lecteurs à chacun des auteurs de la sélection et sous le sceau du secret, peut-être leur confieront-ils :

Vous étiez mon préféré…

Nous voici donc parvenus au terme de cette fascinante aventure dont les héros, 12 jurés et 9 romans ont, le temps d’une saison, mis le roman historique à l’honneur. Merci à ce jury 2017, qui, comme ceux des précédentes années, nous a émerveillé par sa qualité d’écoute, de dialogue, d’analyse, mais aussi par sa générosité, sa complicité, sa sincérité et sa totale implication en littérature. Toutes nos félicitations et notre admiration vont évidemment à Jean-François Roseau ainsi qu’aux huits autres romanciers sélectionnés : grâce à eux tous, nous avons vécu des moments historiques et mémorables avec le jury 2017.

Comme le veut la tradition de cette saga du Prix des lecteurs de Levallois, le mot de la fin revient aux jurés. Voici ce qu’ils avaient dit, il y a quelques mois,  du roman primé :

Une très belle surprise

Nul doute que cette expression s’applique à chacun des neufs romans de la sélection 2017  !

Liseur remercie tout particulièrement les 12 jurés 2017 pour leur participation active à la réalisation et à la production de la saison 3* de la saga du Jury du Prix des Lecteurs de Levallois  : inspiration, mise en scène, dialogues, décors et costumes 🙂

* Saisons précédentes  en 2015 et 2016.

Les 9 romans candidats au Prix des Lecteurs de Levallois 2017 vus par des booktubers

26 Fév

D’ici quelques heures sera révélé le lauréat du Prix des Lecteurs de Levallois 2017 du 6ème Salon du Roman Historique. Pour vous présenter les 9 romans historiques lus, relus, décortiqués et analysés par le jury, certains jurés se sont prêtés à l’exercice du booktube (présentation de coups de cœur et conseils de lecture diffusés via Youtube) : écoutez-les, ce sont eux qui en parlent le mieux 🙂

Et si des vocations de booktubers sont nées, l’Histoire nous le dira !

Vidéos réalisées par Libfly, réseau social de lecteurs (nouvelle fenêtre) partenaire du Salon du Roman Historique de Levallois.

Petit rappel des titres en lice :

Jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2017, vote final

22 Fév

L’ultime réunion du jury du Prix des Lecteurs de Levallois a eu lieu à La Médiathèque  ! La tension était à son comble puisqu’il s’agissait de choisir LE roman historique lauréat du prix 2017 remis lors du 6ème Salon du Roman Historique, ce dimanche 26 février. Au terme de débats, hésitations, alliances et retournements, un roman et son auteur ont été choisis, marquant ainsi la fin de la mission de nos jurés.

Toutefois, leur tâche n’est pas complètement terminée : d’ici quelques jours, l ‘un d’eux se fera le porte-parole de leur expérience commune de jury lors de la cérémonie de remise du prix en présence du président du salon 2017, Yasmina Khadra (voir notre article sur Liseur).

Jury du Salon du Roman Historique 2017Mais ce soir, l’heure est au scrutin… Nos 12 jurés sont installés, livres devant eux, notes manuscrites à portée de main ou petits cahiers et blocs, voire dossiers débordant de documents. Les visages sont sérieux, à la hauteur de la gravité de leur mission.

Dès l’installation autour de la grande table, on note des regroupements par affinités et/ou complicités littéraires autour d’un même livre. Cette disposition spatiale se révèlera utile lors des tours de vote, permettant le soutien à son parti, le ralliement,  voire la harangue finale avant les opérations de vote…

Petit panorama des livres candidats

Dans un premier temps, chacun des livres est repassé au crible. Avec quelques minutes sur chaque roman, le message se doit d’être efficace et synthétique. Pourtant très apprécié lors du premier débriefing de lectures, le premier livre éveille peu de réactions : un silence poli s’établit autour de la table jusqu’à ce que l’une se lance, prête à défendre son numéro 1 :

Une très belle sensibilité, une biographie pas écrite sous forme de biographie… L’histoire d’amour était belle.

Et voilà, on parle d’amour et les langues se délient…

Je l’aime toujours, et même maintenant que j’ai lu tous les autres !

Mais qui aime bien châtie bien, nous l’avions noté précédemment et le proverbe à nouveau se vérifie quand on passe au roman suivant, qui malgré une thématique assez semblable, amour/artiste/muse, se voit fustigé par un cri du cœur :

– Oh celui, là , c’est le versant négatif du précédent… Oh non, c’est horrible de dire ça, se reprend la jurée gênée en posant une main sur sa bouche.

– En tous cas, il n’est pas assez roman historique, la soutient une autre aussitôt rejointe par d’autres voix qui tonnent contre…

– On passe ?

– Oh oui, clame cette fois un véritable chœur de jurés.

Au troisième titre,  quelque chose se modifie imperceptiblement dans les attitudes : ici, un geste, là un regard, ailleurs un éclat de rire… Comme s’il fallait un peu de temps pour être à l’aise et accepter qu’après cette soirée, plus rien ne sera comme avant : un verdict sera tombé, hissant en haut du podium un seul et unique élu. Lourde est ce soir la responsabilité de nos jurés… Mais petit à petit, tout comme la parole s’est libérée, les corps s’autorisent à se détendre  : de sagement appuyés sur le dos de leurs chaises, voici que les bustes s’avancent ou reculent selon l’assentiment ou le rejet, que les têtes se hochent, les mains s’écartent, et les bras se lèvent. On verra même une jurée mimer un arrondi de bras valsant en parlant de ce roman qui l’a emportée …

Vous l’avez compris, au 4ème livre candidat, ça commence à s’agiter sérieusement autour de la table. Cette tendance au mouvement se confirme au livre suivant avec des mains qui se rejoignent sur les cœurs et des airs extatiques (bon j’exagère un peu 🙂 ):

Je le trouve formidable avec tous ses défauts.

« Il laisse des traces quand on le referme ». Voilà un argument que nous n’avions pas encore entendu au cours des débats. Et qui remporte aussitôt l’adhésion des partisans de ce roman, soit une bonne demi douzaine de jurés. Ne croyez pas pour autant que ce soit là un indice des intentions de vote…

En tout cas c’est un livre qui ne laisse pas indifférent, à tel point que l’une confie :

J’ai accompagnée l’héroïne, j’ai dormi avec elle pendant deux jours.

Raccourci dont le sous-texte est sans doute : « je  n’ai pas pu le lâcher pendant deux nuits ». À moins que l’on ne nous dise pas tout de l’intimité qui se crée entre lecteur et auteur ?

Comme lors de la précédente réunion, le roman suivant s’avère particulièrement clivant : on l’adore ou on le déteste.

– Alors ? demande une jurée en se penchant vers une autre dont l’opinion clignote « favorable » depuis le début de la soirée. Car pour cette dernière, ce roman DOIT gagner : « il est abouti, attachant, déroutant puis cohérent, et son auteur bluffant ».

– Bon puisqu’on me le demande, je vais vous faire de la propagande ! dit-elle en réponse à ceux qui la pressent de défendre son champion. S’ensuit une critique louangeuse du livre aimé qui se termine par ces mots : « un grand merci à l’auteur ».

Remerciements que cette jurée pourra adresser en direct à son auteur fétiche dès dimanche prochain !

D’autres supporters de ce livre acquiescent, en rajoutent tandis que la grogne monte du côté des opposants… Renversement de tendances au livre suivant qui déclenche éloges et sourires de satisfaction d’un côté de la table tandis que de l’autre bord,  l’opposition fait bloc…

Surprises d’un scrutin historique

Au moment de passer au vote, la configuration du peloton de tête semble à peu près claire pour tout le monde : deux/trois titres feront certainement partie des finalistes.

Allez, c’est parti !

Dès que les premiers bâtons s’alignent sur le tableau, tous les regards se figent dans sa direction  : le taux de participation est de 100 %  🙂 et les votes blancs ne font pas partie des règles. Mais à la moitié des opérations de dépouillement, surprise : tous les titres (ou presque) sont à égalité.

C’est vachement réparti ! On va être ici longtemps !

Tout à coup, le scrutin bascule… et ce premier tour, dont l’issue semblait quasi certaine, déjoue alors tous les pronostics, devenant presque contraire à ce qui  se dégageait des récentes discussions. Ainsi des titres promis à un avenir victorieux, ou au minimum à celui de sérieux challenger, se voient éliminés dès le premier tour. Stupéfaction et étonnement parmi jurés et scrutateurs…

Mais autour de cette table, à force de lire des romans historiques, on sait tirer les leçons de l’Histoire  ! Et l’on sait aussi que les chiffres sortis de l’urne, en l’occurrence d’un chapeau, sont parfois à contre-courant de ce qui était prévisible… Toutefois ces premiers résultats témoignent d’un jury divisé, et peut-être même d’une véritable fracture.

Biographie, fiction, réalité, faits, Histoire, où sont les frontières ? Ces interrogations sur l’essence même du roman historique relancent les débats jusqu’à ce que l’un tranche :

 C’est là où çà montre toute la puissance du roman, quand on ne peut faire la part de la fiction et de la réalité historique.

Et on repart : un deuxième tour s’engage. On note des apartés, des tentatives de rediscussion, de négociation voire de reports de voix 🙂

Ensuite ça chauffe car on se dirige clairement vers un troisième tour… des mains levées, d’autres sur les bouches, des gestes pacificateurs, des sourires en coin, soulagés ou inquiets. Ensuite écoutez. Les dialogues donnent le ton :

– J’hésite…

– Moi j’hésite pas du tout.

– Là c’est très douloureux.

– On peut copier sur son voisin et sa voisine ?

– Waa, on va être surpris…

– Mais on va pas lâcher, hein ?

– Ah ? Il se détache, oh mais c’est fou,  qu’est-ce qui se passe  ?

– Ah c’est serré …

– Hey, mais je suis seule à défendre mon livre ?

– Y’a une erreur quelque part !

– Ohlala il remonte !

– Oh la vache !!?!

Vous l’aurez compris un roman vient de remporter la victoire.  On se lève, on applaudit, on rit. Mais comme dans toute élection,  il y a des déceptions, des épaules tombantes, des visages tristes.

– Je suis embêtée. J’aimais beaucoup l’autre…

– Ah c’est dur la vie.

Et c’est sur ces paroles douloureusement existentielles que se termine la soirée : ravis ou déçus, tous les jurés se remettent ensuite de leurs émotions autour d’un petit en-cas.

Pour connaitre le lauréat du Prix des Lecteurs de Levallois de l’année, il vous faudra attendre encore un peu. N’essayez pas de corrompre le jury, ni vos bibliothécaires, ni encore moins l’équipe de Liseur : le secret sera gardé jusqu’à la dernière minute… soit 14h45 dimanche 26 février. D’ici là, vous pouvez toujours essayer de trouver des indices dans les précédents épisodes de La Saga des jurés du Prix des Lecteurs de Levallois 2017  : 1, La cuvée 2017 est arrivée, 2, Premières lectures et 3, Dernières lectures et faire votre propre palmarès parmi les titres de la sélection 2017 à retrouver sur le site du Salon du Roman Historique (nouvelle fenêtre). L’Histoire dira si votre pronostic était le bon  🙂

Et si la surprise est au rendez-vous, empruntons le mot de la fin à l’un de nos jurés et détournons-le un peu en remplaçant le mot Héros par Lauréat 🙂

Finalement un héros, ça se programme pas !

Lire la suite des aventures du Jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2017 dans Booktubers et dans Jury du Prix des Lecteurs 2017, mission accomplie.

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