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La saga du Jury du Prix des Lecteurs de Levallois : le prix 2021 est attribué à…

8 Juil

Samedi 3 juillet, peu après 16 heures 45, a été révélé le nom du lauréat 2021 du Prix des Lecteurs de Levallois : Adrien Borne pour son roman Mémoires de soie !! Félicitations à cet auteur pour ce premier roman très remarqué qui, après un voté serré, avait rassemblé la majorité des voix du jury.

Ainsi, un soir de fin juin, peu avant le week-end du Salon, les jurés se sont réunis une dernière fois pour leur dernière soirée : celle du vote, riche en émotions, discussions et bonne humeur. Et comme pour chaque élection littéraire ou politique, surprises et déceptions ont été au rendez-vous !

Comme tous les livres de la sélection ont été apprécies et défendus, plusieurs tours ont été nécessaires pour arriver à s’accorder sur un unique gagnant. Entre chacun d’eux, chaque juré a ainsi défendu son « poulain » en soulignant ses particularités et des qualités. Différents arguments ont été avancés par les uns ou les autres : de celui de cadeau à plusieurs personnes, « lequel de ces romans offrirais-je le plus facilement », en passant par le plaisir de lecture, sans oublier le talent et l’ingéniosité du romancier à associer Histoire et fiction, à créer une atmosphère, à réussir à transporter le lecteur dans le temps ou l’espace, à faire naitre l’empathie, l’émotion mais aussi le style, la facilité de lecture ou l’exigence que le roman suppose. S’agit-il d’un « roman qui se mérite » ?

Il a aussi été question de modernité, de souffle épique, de la part d’Histoire plus ou moins creusée et de cette magie d’un livre « qui permet de sortir de ce que l’on vit chaque jour », « d’un roman qui apporte autre chose », qui fait réfléchir, et « permet de comprendre notre monde ». On a aussi parlé de ceux qui ont donné envie de lire d’autres livres de l’auteur mais sans oublier pour autant les critères et les objectifs du Prix, dont celui de soutien à un auteur en début de carrière…

Et au terme d’un suspense terrible, un roman est élu !

Le nom de son auteur restera secret jusqu’à ce samedi 3 juillet, où sous une tente comble dans le Parc de la Planchette (où se déroule le Salon 2021), sont réunis sur scène David-Xavier Weïss, 1er adjoint au maire et délégué à la culture de la Ville de Levallois, Sophie Perrusson, directrice du Pôle Savoirs et patrimoine, Mehdi El Amrani, directeur de So Ouest, qui offre chaque année la récompense au gagnant et Audrey Vilatte, la représentante du jury 2021.

La journaliste Karine Papillaud donne d’abord la parole à Sophie Perrusson, qui rappelle combien cette année a été particulière pour les jurés de cette 10e édition du Salon, avec un calendrier bousculé et des conditions spéciales.

Ce jury a été remarquable dans sa faculté d’adaptation aux changements imposés par la pandémie !

Interrogée sur le Prix 2021, Sophie Perrusson rappelle le rôle de La Médiathèque dans la conduite de ce Prix et le plaisir d’accompagner ce jury tout au long de l’année. Sans pour autant révéler le nom du gagnant, assis dans le public en compagnie des autres auteurs en lice et ignorant tout du résultat du vote qui s’est déroulé quelques jours auparavant, elle conclut par ces mots qui laissent planer le suspense :

Comme toujours, nos jurés font de bons choix !

David-Xavier Weïss, en tant qu’adjoint au maire délégué à la culture et à la jeunesse, se dit doublement concerné par ce Prix et par le Salon. Rappelant son attachement et celui de Madame Le Maire à la culture, il se réjouit de voir ici que le livre est bien vivant et souligne que la culture a toujours pu rester vivante à Levallois, notamment dans les médiathèques malgré les confinements.

Karine Papillaud s’adresse alors à celle qui incarne le jury 2021 : Audrey Vilatte, porte parole du groupe, se dit « honorée d’être la représentante de ses camarades jurés » et rassurée par leur présence dans la salle. En effet, la plupart de ses acolytes de jury sont ici, attentifs et conscients de leur rôle crucial, dans un processus qui va à présent distinguer l’un des auteurs de la sélection 2021.

Levalloisienne depuis 4 ans, Audrey vient au salon depuis 3 ans. Comme les autres jurés, elle a été enchantée de faire partie de ce jury. Interrogée sur le déroulement des séances de l’année, Audrey raconte l’intensité de ces discussions entre passionnés, la « qualité des arguments et contre-arguments qui ont fait parfois bouger les avis », l’importance des ressentis de chacun qui « trouvaient souvent une verbalisation au cours des débats » et le plaisir de participer à cette aventure.

– Quant au vote final qui se passait à la librairie Sevezen de Levallois, on était ravis ! Imaginez, dit Audrey, un lâcher d’enfants dans un magasin de bonbons et vous aurez la tonalité joyeuse de ce moment !

Mais ce cadre idyllique et adapté à ces passionnés de lecture n’empêchera ni le sérieux ni la tension lors du vote : car lorsqu’après un premier tour, on se retrouve avec deux finalistes, la tension est extrême. Chacun surveille sur le tableau blanc les petits bâtons qui s’alignent à côté des noms des deux derniers auteurs en lice… Comble de suspense, les points montent de façon parallèle, arrivant à un score de 5 contre 5. Un seul bulletin reste dans l’urne…

Quelques lettres sur ce dernier petit bout de papier vont faire toute la différence…

Audrey se remémore la tension de ce moment, où le papier est lentement déplié sous les yeux des jurés un peu stressés.

Tout comme le sont à cet instant les sept auteurs qui attendent de connaitre le résultat…

Sans faire durer davantage cette torture littéraire, Audrey annonce d’une voix claire le nom du lauréat : Adrien Borne pour son roman Mémoires de soie !

Surpris, le lauréat baisse d’abord la tête, peut-être assommé par le choc ! Puis ajustant son masque, il rejoint la scène où il est félicité et applaudi. La journaliste l’accueille par ces mots :

Un premier roman, un premier prix, quel succès !

Visiblement très ému, l’auteur sourit, rit, remercie tous les politiques, s’excusant de ne pas avoir « retenu tous leurs titres », se dit ravi de participer à ce « salon si bien organisé » et extrêmement touché de voir aujourd’hui récompensé ce 1er roman qui lui aura pris dix ans de sa vie ! Il rend aussi un hommage chaleureux au jury et à « ce petit bout de papier décisif » !

– Je voudrais tous vous remercier ! dit-il en embrassant l’assemblée du regard. Mais ça se bouscule un peu dans ma tête…

Il cite alors un écrivain célèbre qui disait se demander chaque jour s’il était un génie ou un nul. Avec humour et dérision, Adrien Borne explique que de son côté, la question ne se pose pas, car sa femme et son éditrice passent leur temps à lui dire qu’il n’est ni l’un ni l’autre !

Mais aujourd’hui, grâce à ce Prix, il aimerait s’autoriser quelques minutes à « décider qu’il est un génie »… même s’il sait que ça ne va pas durer ! Amusée, la salle applaudit. Plus sérieux, il confie ensuite que ce premier livre a été écrit en pensant à ses grands-mères, des femmes admirables et solides, qui auraient sans doute pensé qu’écrire un livre était dérisoire et qui auraient été très étonnées d’apprendre que ce n’était peut-être pas si dérisoire !

Aussi c’est un peu à elles que je pense aujourd’hui en recevant ce Prix.

Lorsque le directeur de So Ouest lui remet le chèque qui récompense le Prix, l’écrivain sourit malicieusement :

Et si en plus écrire des romans rapporte de l’argent, c’est encore mieux !

Avant que Karine Papillaud ne clôture cette cérémonie, il tient à ajouter quelque chose de très important :

Les auteurs en lice pour ce Prix ne sont pas en compétition et tous méritent de se trouver sur ce podium !

Élégance et fair play sont ainsi la marque de cette cérémonie de remise du Prix des Lecteurs de Levallois 2021, écho de l’ambiance généreuse et bienveillante de chacune des rencontres de ce jury 2021.

Sans oublier un petit clin d’œil au hasard qui a fait coïncider la date de remise du Prix 2021 avec l’anniversaire de l’heureux lauréat 😉 (ce qu’aucun membre de jury ne savait et qu’Adrien Borne nous a confié le lendemain !)

Nous voici donc arrivés à la fin de la Saga des jurés du Prix des Lecteurs de Levallois 2021.

Un immense merci à ce jury passionné et passionnant pour toute cette année de rencontres, merci pour ces débats et ces échanges qui ont enrichi nos lectures tout au long de l’année, merci à tous les auteurs en lice pour le plaisir, les émotions, les découvertes et les discussions que leurs romans ont engendrées, et mille félicitations à Adrien Borne !

La saga du jury du Prix des lecteurs de Levallois 2021 : derniers débats

22 Juin

Début juin a eu lieu l’avant-dernière rencontre du jury du Prix des Lecteurs de Levallois : une séance importante puisque la prochaine sera consacrée au vote final… D’ailleurs quand en préambule des débats de la soirée on évoque cette étape cruciale, les conversations cessent et tous les jurés tendent l’oreille ! Mais n’anticipons pas, car ce soir, deux romans nous attendent…

Roman or not roman ?

Après un silence, une première jurée se lance sur le premier roman :

– Il n’est pas vraiment historique même s’il y a un éclairage sur un lieu et une façon de vivre à une période très précise de l’Histoire.

– Mais ce n’est pas un roman non plus ! remarque un autre.

Et même si le roman est centré sur un personnage, « ce n’est pas vraiment une biographie non plus »… Plusieurs jurés renchérissent : « ce n’est pas du tout un roman historique, c’est une double biographie » !

– Mais ce n’est pas un sujet facile, s’écrie un autre juré. Il s’agit de l’inspiration !

Ce juré admet néanmoins que le livre démarre bien mais qu’hélas il traîne en longueur.

Si certains ont aimé le côté road-trip au présent et « voyage dans les pas de », d’autres ont trouvé ce procédé léger, voire « polluant » ou « nombriliste ». Renchérissant alors, d’autres jurés confient avoir été gênés par l’alternance passé-présent mais aussi récit personnel-fiction, estimant que l’auteur aurait dû faire un choix entre les deux : « la partie personnelle un peu plus faible gêne le côté romanesque ».

Un choix d’auteur

Concernant la construction, le fait d’adopter un point de vue décentré en parlant du personnage central, « flamboyant, extravagant, incompris », en passant par un autre est remarqué et apprécié mais certains jurés trouvent que les personnages, quels qu’ils soient, n’ont aucune épaisseur ni ne ressentent d’émotion.

On les voit agir et c’est tout.

Mais si cette façon d’écrire chère aux partisans du « show don’t tell » enseigné dans les universités américaines ne convainc pas tout le monde, d’autres jurés ont au contraire apprécié que place soit ainsi laissée au lecteur qui a ainsi toute latitude à laisser son imaginaire fonctionner. Ces jurés enthousiastes ont particulièrement aimé que le romancier ne prenne jamais parti, avouant parfois ses limites, sans chercher à dépasser ses hypothèses.

Ce qui s’avère un choix d’auteur ne plait pas à tout le monde : ainsi une juré a eu du mal avec les fréquentes répétitions de ces »précautions » prises par l’auteur, « peut-être », « j’imagine », « je fais l’hypothèse que »… Un autre lui fait alors remarquer que « faire des hypothèses est justement une part du travail de romancier » ! Car en l’absence de faits avérés, ce dernier « recrée, fait des choix, prend des décisions ». Mais ce qui semble déranger la plupart des jurés ce soir est que l’auteur prévient son lecteur de ce qu’il fait : « ça casse tout le côté romanesque ».

– Oui mais au moins c’est clair, rétorque une jurée.

Celle-ci trouve même intéressant que l’auteur dise ne pas savoir pas : car cela permet d’aborder une question plus large, celle de la vérité dans un roman. Voire même, cela interroge sur la nature du roman historique, notamment grâce aux questions que l’auteur se pose sur son propre travail : comment concilier vérité et fiction ? Ou encore, que fait un romancier de la matière dont il dispose (écrits, récits, témoignages d’époque…) ?

Grâce à un style fluide sur lequel tout le monde s’accorde, ce roman est de l’avis de tous un « livre facile et agréable à lire », malgré « un rythme qui met du temps à venir » et « des longueurs en partie centrale ». La plupart des jurés y ont appris des choses et fait des découvertes, certains ayant même envie d’aller lire d’autre livres de cet auteur. Mais en définitive, ce livre ne semble ni assez roman, ni assez historique :

– C’est un document, nous dit-on.

La matière historique

Tout autre son de cloche avec le deuxième roman de la soirée : « c’est un livre écrit par un spécialiste d’Histoire et de science politique, cela se ressent ». Et on se trouve face à une toute autre façon d’aborder la « matière historique », quand justement, l’auteur n’a pas « grand chose à se mettre sous la dent ».

C’est un super travail d’historien et de romancier, ce n’est pas juste ce qu’un spécialiste d’histoire aurait pu écrire, on est tenu en haleine jusqu’au bout par ce livre qui permet de se faire des films dans la tête.

Pour certains jurés, ce livre est même un roman d’aventures ! Un roman « vivant et très moderne, habile et riche », bien construit, avec beaucoup de dialogues et des personnages « qui nous emmènent avec eux et nous font partager leur vie ». On les suit dans ce livre qui aborde tous les aspects de la vie quotidienne de l’époque : « on est dans l’histoire, on se croirait vraiment dans l’époque ». Mais si certains jurés sont enthousiastes et songent désormais à revoir leur choix en vue du vote, d’autres ont été gênés par une construction basée comme le précédent roman sur l’alternance : deux temps, deux personnages, deux narrateurs, deux styles, deux âges de la vie et et deux façons d’appréhender l’existence ! Mais cette binarité qui a séduit les uns, « cela donne un rythme, du dynamisme », a fait perdre le Nord aux autres : certains ont réussi à s’y faire, d’autres ont développé des stratégies, « lire le tout comme de petites vignettes qui à chaque fois donnent une information », d’autres encore ont été perdus.

– Moi, j’ai aimé mais j’ai peiné, mais c’est à cause de mon absence de connaissance sur cette période, s’excuse presque une jurée, ce n’est pas à cause de l’auteur !

Malgré ces éloges, une partie des jurés reste partagée, souvent rebutés par un début difficile voire déstabilisant, une structure trop complexe, ou un style « plat ». L’unanimité se fait pourtant sur le fait qu’on apprend beaucoup, même si pour certains, c’en est devenu indigeste, « c’est presque un cours d’histoire politique » !

– Pas du tout, rétorquent les partisans du livre. C’est dynamique, pas du tout scolaire et le propos est très moderne.

Ceux-là trouvent que ce livre très fouillé fait des ponts avec le présent et permet de interroger sur notre monde actuel.

Pour moi, c’est le roman le plus historique de tous ceux que l’on a lus !

La soirée se clôt sur ces paroles. Mais ne croyez pas pour autant que les jeux sont faits… Seule la soirée de vote permettra de savoir qui sera le lauréat 2021 !

La saga du Jury du Prix des lecteurs de Levallois 2021 : contrastes et débats

10 Juin

À la mi-mai, grâce au couvre-feu repoussé de quelques heures, la troisième réunion du jury du Prix des Lecteurs de Levallois a pu rejoindre son créneau horaire habituel : en fin de journée ! Et dix jurés ravis de se retrouver ont pu ainsi échanger sur les deux livres prévus à l’ordre du jour de cette rencontre. Comme toujours, les débats ont été vifs, courtois et passionnants !

La rencontre débute avec une petite présentation de la nouvelle édition du Salon du Roman Historique de Levallois (nouvelle fenêtre) qui ouvrira ses portes les 3 et 4 juillet prochains : car pour ses 10 ans d’existence, le Salon sera exceptionnel ! Historique bien sûr, littéraire évidemment, convivial indubitablement mais aussi résolument champêtre et estival. En effet cette année, rencontres, spectacles, lectures et auteurs s’installeront dans le parc de la Planchette pendant deux jours ! Que les anxieux du parapluie se rassurent, il y aura des tentes.

Heureux et impatients après cet aperçu en avant-première, nos jurés ont hâte de découvrir le programme complet des rencontres et débats qui vont rythmer ces deux jours de fête. Mais qui dit débat nous ramène à l’objet de la présence de tous ici ce soir, le choix du Prix des Lecteurs de Levallois 2021… Et l’échéance approchant, on commence par s’entendre sur une date pour cette dernière soirée, celle du vote pour l’attribution du Prix, point culminant de ces mois de lectures.

Une lecture exigeante

Une fois ces aspects pratiques arrêtés, la discussion peut commencer avec le premier roman de cette soirée : « un livre très bien documenté, très bien écrit » mais qu’une première jurée dit avoir eu du mal à finir, ce qui ne lui arrive jamais : « trop difficile à lire ». Confronté à ce même dilemme, le juré suivant est, quant à lui, allé jusqu’à la page 255 : « c’est une lecture exigeante et harassante » ! Pourtant, le thème l’intéressait mais…

À un moment, c’était trop, j’ai chuté comme Rome !

-Je suis moins sévère, intervient un autre juré.

Pour celui-ci, qui est allé jusqu’au bout, il s’agit néanmoins davantage d’un récit que d’un roman qui décrit les rouages de la politique de cette époque et de la tyrannie, devenant ainsi une véritable critique du pouvoir.

-C’est une jolie rencontre mais c’est en effet très érudit, concède un troisième juré.

-Vous allez me prendre pour une folle, renchérit une autre jurée, mais je l’ai lu deux fois ! Je suis fan de l’auteur !

Cette jurée a particulièrement apprécié le temps resserré du roman, « où tout se passe en une nuit », de même que cette démonstration historique de la puissance de la rumeur. Pour elle, il s’agit presque d’un traité de science politique, grâce auquel de nombreux parallèles peuvent se faire avec le monde contemporain. Mais cet éloge n’empêche pas la critique, notamment en ce qui concerne le bandeau « complètement idiot » et la quatrième de couverture. Avis aux éditeurs : effet marketing complètement manqué !

On change de ton avec le juré suivant qui avoue avoir perdu le fil, parfois même rien compris, même s’il a eu parfois de bonnes surprises, notamment avec de fines descriptions des manœuvres et du calcul en politique. Il y a même eu un chapitre qui a » réveillé son intérêt pour le roman ».

Si l’appréciation de cette lecture diffère, l’écriture semble fédérer les jurés : « c’est très bien écrit ».

Sur la dimension historique, on s’accorde pour reconnaître que c’est extrêmement documenté, « très bien rendu » mais… pour certains jurés, « on s’y perd ».

-Où est le fil conducteur ? demande l’un.

Même avis chez cet autre juré qui dit avoir été « laissé sur le bord de la route ». Pour lui, « il y a pléthore de tout », mais il tient à souligner le talent de l’auteur qui réussit à mettre en place un climat de terreur qui saisit au fil de pages.

J’ai beaucoup appris : l’analyse des jeux politiques est intéressante et passionnante mais c’est très dense.

Si certains n’ont pas eu « l’énergie de finir », d’autres sont allés jusqu’au bout, mais la fin du roman a décontenancé un l’un de ces lecteurs… Un juré aura le mot de la fin sur ce roman dense et intense :

Tout se passe en une nuit mais ça dure 400 pages.

Un roman tendre

On change totalement de registre avec le second roman de la soirée :

Beaucoup de tendresse, des traits d’humour assumés, des petites phrases très amusantes.

Une lecture moins exigeante mais qui ne fait pas pour autant consensus. L’un a trouvé le style « grandiloquent et épouvantable », l’autre a aimé une narration utilisant différents points de vue, avec notamment le fait de donner la parole à un élément naturel inanimé, « une jolie trouvaille » que d’autres encore trouvent « complètement mièvre ».

Bref tous ne sont pas convaincus… Pourtant, l’impression qui reste est celle d’un roman sensible, où l’on trouve « un peu de découverte, un peu de seconde guerre mondiale, bref un bon roman, facile à lire » mais où l’Histoire avec un grand H est trop peu présente.

Et pour tous, malgré « quelques très bons mais trop rares passages historiques », le roman ne semble pas assez étoffé, même si on souligne l’insertion de « petites interviews » à caractère plus documentaires mais qui restent malheureusement des temps trop courts dans le récit. Ainsi résume cette juré :

En voulant tout raconter, on survole.

Vous l’aurez compris, entre pléthore et trop peu, entre densité et rareté, ce soir nos jurés ont eu matière à débattre… Bientôt ils vont avoir à se positionner, en commençant par établir leur petit classement personnel des romans lus jusqu’à présent. Mais avant le vote final, deux derniers titres vont être encore débattus.

Après les précédents épisodes de cette saga, rendez-vous très vite pour l’avant-dernière rencontre du Jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2021 !

Merci à Sophie P. pour sa contribution active à cet article

La saga du Jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2021, un calendrier bousculé

4 Mai

Décidément, le jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2021 vit cette année une aventure exceptionnelle ! En effet, bousculant les habitudes et obéissant au couvre-feu, la deuxième rencontre de nos jurés a eu lieu un samedi matin à l’heure du café, au lieu du traditionnel horaire de semaine en fin de journée. Mais au diable la routine, avec trois livres au programme des discussions, comme toujours enflammées et passionnantes !

Un rapide tour de table pour ceux qui avaient manqué la première rencontre du jury 2021 confirme que nous avons là un petit groupe de grands lecteurs passionnés, et ce, quelle que soit leur situation : fraichement retraité, l’un apprécie de lire du matin au soir, l’une lit tellement qu’elle est surnommée Celle qui lit sur son lieu de travail et malgré un emploi du temps minuté, un autre, absent ce matin, a pris le soin de rédiger et d’envoyer ses avis de lecture circonstanciés pour la séance du jour.  Et tous, présents ou non, sont heureux de découvrir grâce à ce jury des romans qu’ils n’auraient peut-être pas choisis !

De l’émotion au rendez-vous

Je l’avais déjà lu, c’était un coup de cœur. Je l’ai relu pour l’occasion et je l’ai autant adoré !

Ce cri du cœur donne le ton des débats qui vont suivre, avec un premier titre qui emporte tout autant qu’il divise ! On s’intéresse d’abord au registre affectif de la lecture : il s’agit « d’un livre construit sur les sensations », où l’on ressent beaucoup d’empathie de la part de l’auteur, un livre où l’on comprend la psychologie des personnages grâce à leurs émotions. « L’auteur aime ses personnages, il vit avec eux donc nous aussi ».

Mais si l’émotion semble au rendez-vous pour certains jurés, d’autres restent sur leur faim du côté de la grande Histoire : « c’est juste un contexte ». D’autres encore estiment que c’est plus subtil et que l’Histoire est bien présente mais uniquement par le biais des conséquences qu’elle a sur les gens : une sorte de « vision en filigrane ». Est-ce suffisant ? Non, car pour la plupart des jurés, il ne s’agit que de repères : on effleure, c’est trop suggestif, « on a juste un petit bout d’Histoire en toile de fond et le comportement des gens d’une certaine époque ».

Mais on s’accorde sur le fait que ce roman offre un éclairage assez nouveau sur la guerre.

Si le critère « présence de l’histoire » ne fait pas l’unanimité, le style, sobre, fluide « qui coule et se lit tout seul » pourrait faire la différence : « collant à la psychologie des personnages avec une rudesse palpable » et de belles descriptions.

Même avis favorable chez cet autre juré qui, si l’intrigue, un simple drame familial, n’est pas particulièrement originale, trouve ce livre excellent en raison de l’impression forte que lui a laissé le texte.

Une documentation très dense

C’est visiblement dans un tout autre état d’esprit que l’on referme le livre dont on parle ensuite : un premier roman très très documenté, presque trop… ce qui a hélas eu pour effet de laisser à distance la plus grande partie de nos jurés.

« Il faut s’accrocher », entend-on dans le petit cercle. « C’est dur à lire ». À tel point qu’un des jurés a failli laisser tomber 15 fois , mais a persévéré une seizième, concédant qu’il s’agit d’un livre très intéressant par sa documentation. Il s’agit d’un « bouquin d’érudit », avec pour le fil conducteur la grâce et la disgrâce.

Ce qui, dans l’absolu, pourrait être un sujet propice à une intrigue avec moult rebondissements … mais non… Car cette richesse documentaire que personne ne peut contester, semble nuire au caractère romanesque du livre : malgré un aspect historique « flamboyant », l’intrigue ne fonctionne pas, les péripéties tombent à plat.

Ne croyez pas que cette opinion fasse consensus ! Ainsi ce qui a dérouté les uns, l’effort de lecture, est justement ce qui a fait jubiler les autres, même s’ils avaient quelques réserves avant de commencer :

Le résumé me faisait craindre le pire mais c’est une leçon d’histoire de la plus agréable manière. Je ne l’ai jamais lâché (le livre), je voulais en savoir plus.

Paradoxes, émotions et repères…

Paradoxe de ce travail très fouillé, trop de mystères demeurent, ce qui en gêne certains.

-On va très loin dans la vie et l’intimité du personnage mais on ne sait rien de ses origines, regrette une jurée.

-C’est un choix d’auteur, il ne nous dit pas tout, lui objecte un autre qui voit dans cette absence d’informations une retenue volontaire.

« Il (l’auteur) laisse des blancs », dans lesquels le lecteur est libre de s’engouffrer. Se pose alors la question de cette subjectivité assumée dans la façon de raconter une époque qui pourrait bien être la marque d’un texte de fiction… Mais décidément non, pour la plupart des jurés, ce livre, s’il est assurément le plus historique, ne répond pas aux attentes du côté romanesque.

-Pourtant, intervient avec humour un juré, si le personnage principal est complètement inventé, c’est que c’est un roman, non ?

Alors romanesque, pas romanesque ? Là est la question que nous ne résoudrons pas ici mais qui nous ramène par un chemin de traverse sur celui de l’émotion et de l’empathie. Car pour certains, ces deux composantes indispensables du genre romanesque sont complètement absentes du livre : il est impossible de s’identifier ou de vibrer avec ce héros qui « se pose beaucoup de questions ».

-Mais est-il nécessaire d’éprouver de l’empathie ? s’interroge alors un juré qui donne ensuite ce qui pourrait être une des nombreuses définitions du roman historique :

Pour moi, un roman historique c’est plein de repères et quelque chose qui se passe autour de ces repères.

Le style divise tout autant nos jurés : certains l’ont même détesté et goûtent peu la juxtaposition d’une écriture très classique (au passé simple et à l’imparfait du subjonctif), et d’une histoire qui se passe au XXe siècle : « c’est artificiel, trop plaqué ».

La responsabilité des jurés

Au fil de la discussion, ce qui semble ressortir de ce roman est un constant paradoxe, comme si le livre oscillait en permanence entre le trop et le pas assez, posant ainsi de nombreuses questions dont une essentielle qui dépasse toutes les appréciations personnelles de lecture : la « responsabilité » de nos jurés dans l’attribution du prix 2021.

Nous allons attribuer un prix mais pour quel public ? Il faut que le livre qu’on va primer soit accessible.

C’est avec cette réflexion en tête que l’on se penche sur le troisième et dernier livre de la séance. Si sur le précédent, les ellipses, silences et blancs voulus par l’auteur avaient pu gêner, ici, c’est tout le contraire : « il n’y a aucun mystère, l’histoire est beaucoup trop prévisible, on a toutes les réponses dès le début ».

Allons bon ! Mais qu’en est-il du fond historique ? Ce n’est pas mieux… car qu’on l’ait apprécié ou pas, on ne le trouve pas assez fouillé (notez le contraste avec le précédent), la période n’étant présente que par un vague contexte, des musiques d’époque et une ambiance. Certains le trouvent même anachronique, ou pas assez politique, compte tenu de ce qui se passait politiquement à l’époque. « Et dont l’auteur aurait dû parler », nous dit-on.

-Ce n’est pas l’Italie véritable, entend-on aussi.

Alors c’est quoi ? Peut-être de la fiction ? Que nenni ! « Les personnages sont plats et on ne ressent aucune empathie pour eux »… Et de le comparer avec ceux, beaucoup plus denses, d’une saga bien connue. On regrette : « c’était pourtant un sujet intéressant »… Mais qu’en est-il du style ?

-Volontairement choisi pour faire du tragique, beaucoup de répétitions, tranche l’un.

Pour un autre, il est au contraire trop distancié et dérangeant : « froid, pas assez impliqué ». Mais d’autres encore le trouvent très efficace, avec ce décalage permanent entre une écriture légère et l’horreur racontée, participant de la tension qui monte inexorablement. Dans un style cinématographique, l’insouciance de la Dolce vita et le drame cohabitent, laissant à certains un goût amer et dérangeant encore très fort.

-J’ai l’impression de ne pas avoir lu le même livre que vous ! conclut un juré qui, lui, a été conquis par cette ambiance « sombre et lumineuse à la fois ».

Vous l’aurez compris, ce livre, comme les précédents, divise nos jurés : ainsi au fil de la séance, il sera successivement qualifié de roman policier mythologique, de carte routière, de portrait psychologique d’une jeunesse paumée, de balade urbaine, de thriller, mais aussi de faux thriller puis de thriller sans suspense, avant de se retrouver sous l’étiquette de bouquin d’ambiance.

En revanche, tous les jurés finissent par se mettre d’accord sur ce dernier livre : ce n’est pas un roman historique. « Ce n’est pas assez creusé de ce point de vue ». C’est plus noir qu’historique »

À l’issue des ces débats animés, la séance se termine sur un petit sondage. Parmi les cinq premiers livres lus, quel serait à ce jour le meilleur candidat au Prix 2021 ? Un se dégage, mais depuis dix ans que l’on suit les aventures du jury du Prix des Lecteurs, on sait que tout peut basculer jusqu’à la dernière minute !

La saga du Prix du Jury des Lecteurs de Levallois, édition 2021

9 Fév

Pandémie oblige, c’est avec un planning un peu décalé qu’à la mi janvier a pu avoir lieu la première rencontre du Jury du Prix des Lecteurs de Levallois 2021. Avec cette séance, aussi masquée qu’intense, une aventure incroyable, littéraire, humaine et historique a commencé  : celle d’un petit groupe de jurés passionnés, amateurs de lecture et prêts à lire huit romans historiques avant le 27 mars, date de la dixième édition du Salon du Roman Historique de Levallois. Durant 12 semaines, ces valeureux lecteurs vont décortiquer, partager, débattre et argumenter pour déterminer du plus profond de leur âme de lecteur quel roman parmi ceux sélectionnés recevra le Prix 2021. Au fil de leurs rencontres, la Saga 2021 vous permettra de suivre leur épopée et de pénétrer les coulisses d’un jury de prix littéraire.

En raison des précautions sanitaires, la réunion a eu lieu dans l’auditorium et non comme chaque année autour d’une table conviviale. Ainsi ni boissons ni cacahuètes à partager, mais uniquement des livres, puisque pour ce soir, nos jurés en avaient deux à lire. Car si la réunion de présentation avait dû être annulée en octobre, ce n’était pas une raison pour ne pas avoir commencé à lire les livres de la sélection !

Qui sont les jurés 2021 ?

Presque oublié en raison de ce calendrier bousculé, un petit tour de table permet d’en savoir un peu plus sur chacun de ces engagés volontaires… Tout d’abord quelques chiffres : trois hommes, sept femmes, tous Levalloisiens de fraîche ou longue date sur une fourchette allant de quelques mois à plus de 50 ans. Pour certains, c’est une première participation, pour d’autres une deuxième et nous avons même un juré qui s’avoue « quadruplant » et confie en riant avoir une année « passé le témoin » à se femme  avant de se représenter pour le jury 2021.

Évidemment, tous aiment lire… que ce soit en papier ou en numérique, même si certains sont clairement plus partisans de l’un ou l’autre de ces supports. Mais en plus, ils lisent beaucoup, en quantité et/ou en rapidité ! Ainsi le première juré à prendre la parole avoue tranquillement lire 80 à 90 livres par an, ce qui impressionne quand on connait les chiffres moyens de lecture en France. Le juré suivant s’est, quant à lui, donné l’objectif de lire 1 livre par semaine, objectif qu’il tient et dépasse en 2020 avec 60 livres lus ! Une autre estime sa lecture de l’année dernière à environ 50 livres tandis qu’une jurée a lu l’un des livres de ce soir en moins de 24 heures ! Si tous n’ont pas le temps nécessaire pour lire autant, tous sont très heureux d’être là pour parler de lectures.

On a besoin d’échange social en ce moment.

La place de l’Histoire

Si tous les livres sont du même tonneau que ceux de ce soir, ça va être un vrai régal !

Ce cri du cœur donne le ton de la discussion qui va suivre : intense ! On commence fort puisque la dimension historique des romans retient tout de suite l’attention : la première jurée à prendre la parole avoue ne pas être totalement objective puisqu’elle a vécu les événements et la période à laquelle se situe l’intrigue du premier roman. Pour elle, c’est très bien restitué, on y retrouve l’ambiance de l’époque et le vécu des gens. Mais d’autres jurés, qui n’ont pas vécu ce moment ou ont moins de connaissances sur cette période, trouvent en revanche que cela manque de cadre historique. « On est davantage dans l’histoire familiale » ».

-Mais quel apport d’Histoire a-t-on finalement ? demande un des jurés.

-Quel pourcentage de vérité est-ce que j’ai ? se demande même un autre.

Comme je vous le disais, ça démarre fort ! Ainsi dès le début de cette première séance, sont posées les grandes questions qui ressurgiront certainement au fil des débats : où est la part d’Histoire, où est celle de la fiction ? Et comment s’équilibrent-elles ?

La part romanesque

Pour certains, la réponse est claire : « l’invention est d’ordre familial », la part romanesque « c’est tout ce que l’auteur ne sait pas ». Ce roman « n’est pas la grande Histoire mais la vie de tous les jours. Cela apporte une façon différente de voir une époque ». Les personnages sont « creusés, très attachants » :

-On a l’impression de vivre avec eux, dit une jurée.

-Je n’étais pas avec eux mais pas loin, sourit un autre.

Ainsi par ce roman qui fait écho à de nombreuses histoires familiales autour de la table, on aborde le registre des émotions et des ressentis de lecture : les  mots « émouvant », « touchant », « sensible », « attachant » apparaissent dans la discussion, au sujet du parcours des personnages.

Pourtant, l’histoire d’amour, fil rouge du roman, ne convainc pas : si pour certains, elle est une sorte de catharsis, ou de prétexte au récit dont elle marque le basculement, elle est superflue pour d’autres.  « Elle arrive comme un cheveu sur la soupe », ou encore, « elle est mal amenée ! »

Voilà qui nous amène à parler de construction, de narration et de rythme !

Pour ce premier roman, on parle de construction très équilibrée, de recherche détaillée « rien n’est laissé au hasard », de mises en abime, d’allers retours présent-passé, de flashbacks, de personnages tout en nuances mais hélas, côté rythme, ce roman qui « part sur les chapeaux de roue, retombe un peu vers la fin ».

C’est très romanesque puis ça devient témoignage.

La quête d’un auteur

La question de la dimension historique est de nouveau au cœur des débats quand on aborde le deuxième roman  : « on plonge dans une époque » mais cet éclairage est-il suffisant pour en faire un roman historique ? Tout le monde est d’accord pour dire que l’auteur s’est énormément documenté et a fait un travail d’investigation important, donnant même un côté « enquête » au livre, ce qui est « rare dans ce type de roman ». Mais cette recherche a dérangé d’autres jurés  : « ce n’est pas l’Histoire avec un grand H », c’est la « quête d’un auteur qui s’identifie »,  et qui « se pose beaucoup de questions, se répète, émet des hypothèses… » D’autres reconnaissent avoir été désarçonnés en particulier par le long prologue où l’auteur explique sa démarche, mais disent s’être vite pris au jeu :  ce travail d’investigation imbriqué dans le récit finit par s’intégrer parfaitement, jusqu’à devenir addictif !

Plus on lit, plus on a envie de découvrir.

Ici aussi, la thématique familiale interroge nos jurés : centrée sur l’un des membres d’une famille, personnage secondaire au regard de la grande Histoire, mais central dans le roman. Avec ce livre, qui met au jour des mécanismes familiaux ancestraux et universels, se pose la question de l’anti-héros. La discussion reflète alors ce dilemme classique de la fiction lorsqu’on on se retrouve face à ce type de protagoniste principal bien loin d’être un héros : la perplexité ! Au risque que les ressentis et les sentiments prennent le dessus sur l’analyse…

Ajoutant au paradoxe apparent, le style même de l’auteur divise les jurés :  « froid », « assez mou », « trop journalistique », « essayiste », aucune passion, aucune émotion, aucune empathie.  « Il n’y a jamais rien de positif », dit l’une quand un autre trouve au contraire que l’auteur montre beaucoup de bienveillance pour son personnage, avec un style très fluide, « très bien écrit »qui fait la part belle à de superbes descriptions. On en vient petit à petit à se questionner sur l’intention de l’auteur : volonté de démystification, correction d’un portrait falsifié, défense et réhabilitation ou au contraire, reproduction (volontaire ou inconsciente) par la plume même de l’auteur d’un système dévalorisant ?

Après toutes ces questions, il est temps de revenir à l’Histoire, hélas trop peu présente dans ce livre pour la plupart des jurés.

Il s’agit davantage d’un roman sur les complexités familiales que sur l’Histoire.

Ainsi se conclut cette première séance, riche en réflexions et interrogations littéraires ! Rendez-vous en février pour la suivante…

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