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Vous aimez les romans historiques ?

5 Avr

Dans ce cas, retenez bien cette date : le dimanche 10 Avril 2016. De 14h à 19h se tiendra le Salon du Roman Historique de Levallois , sous l’égide d’Adrien Goetz , Président de cette cinquième édition du Salon. 132 auteurs seront présents à cette manifestation : romanciers spécialisés en littérature jeunesse ou adulte, scénaristes ou illustrateurs de bande dessinée. Pour vous  allécher, La Médiathèque vous propose de découvrir un certain nombre d’entre eux…

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Pierre Adrian nous mène sur La piste Pasolini. Ce titre fait partie de la liste des livres sélectionnés pour le Prix des Lecteurs de Levallois, on ne saurait trop vous le rappeler, ainsi que six autres titres :
Anne-James Chaton pour Elle regarde passer les gens.

Kéthévane Dawrichewy pour L’autre Joseph.

Antoine De Meaux pour le Fleuve guillotine.

Pauline Gaïa-Laburthe avec Ritzy.

Sylvain Pattieu avec Et que celui qui a soif vienne, un roman de pirates.

Yan Pradeau avec Algèbre nous ouvre un pan de la géométrie algébrique et de la vie d’Alexandre Grothendieck.

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Outre ces titres sélectionnés pour le Prix, si vous cherchez  à vous plonger dans des intrigues palpitantes, à rencontrer de bons personnages, des surprises et des émotions en tout genre, nous vous recommandons les auteurs suivants :
Laurent Binet avec La septième fonction du langage, une enquête jubilatoire sur la mort de Roland Barthes. Mais aussi l’incontournable Hhhh, sur les préparatifs destinés à fomenter un attentat pour assassiner Heydrich.

Antoine Billot avec Otage de marque relate la déportation au Falkenhof de Léon Blum.

Amélie Bourbon-de- Parme dont Le secret de l’empereur campe le moment où Charles Quint, décide d’abandonner le pouvoir…

Gérard de Cortanze offre une œuvre pléthorique, en voici un certain nombre :

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Marcellino Truong, que nous avions reçu à la médiathèque Gustave-Eiffel le 29 novembre 2014 pour Une si jolie petite guerre, revient avec la suite de ce roman graphique, Give peace a chance  qu’il dédicacera au Salon du livre Historique de Levallois 2016.

Enfin, deux très grands auteurs, très appréciés des lecteurs et fétiches des bibliothécaires, seront présents au salon :

Yasmina Khadra, dont vous pouvez trouver la biographie dans ce film de Régine Abadia, à regarder en VOD sur La Médiathèque numérique (en vous connectant à votre compte) et Sorj Chalandon

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Septembre de Jean Mattern, Prix des Lecteurs de Levallois 2015

24 Mar
Ni question de vendanges ou de rentrée scolaire dans le roman Septembre de Jean Mattern mais d’attentat et de terrorisme : Jeux Olympiques de 1972, Munich, onze athlètes israéliens et un policier allemand assassinés. Dix-sept morts. Une comptabilité macabre qui n’a pas été sans résonance en janvier 2015. Récit minuté d’une prise d’otages qui se termine en bain de sang et autopsie d’une passion, ce roman vient de recevoir le Prix des lecteurs de Levallois au Salon du Roman Historique  2015

Quand la BBC lui demande de reprendre du service pour les Jeux Olympiques de Londres, Sebastian le narrateur, célèbre journaliste en fin de carrière, est alors, selon l’expression rattrapé par son passé. Ironie des choses : c’est l’annonce du refus du Comité Olympique de faire une minute de silence pour les athlètes assassinés quarante ans auparavant qui déclenche chez le narrateur la nécessité de parler de ce dont il n’a jamais dit mot à personne.

Scénario classique dans la vraie vie, parvenue à ce moment de maturité où l’on fait le bilan de son existence, le processus de retour sur ma vie est une construction habile en littérature de fiction, car l’écriture aux temps du passé permet une mise à distance et une justesse des ressentis débarrassés de leur trop plein.

Quatre décennies après les faits, le narrateur se trouve alors obligé de faire face à une histoire qu’il a jusqu’alors enfouie dans sa mémoire. Deux histoires en réalité. Qui l’ont marqué et ont, en quelque sorte, décidé de sa vie : la grande Histoire, l’attentat, et l’intime, celle d’une rencontre. Quarante ans plus tard, le silence reste le dénominateur commun de ces deux histoires enchevêtrées.

C’est par le biais d’une subjectivité et d’une émotion que le lecteur entre dans l’événement historique.

Quinze jours à Munich entre le 25 août et le 10 septembre 1972, de l’arrivée au village Olympique, qui a un petit côté Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles – rappelons que le spectre des JO de 1936 plane sur cette Allemagne coupée en deux depuis 1949 et que Munich est à quelques kilomètres de Dachau – au récit du carnage sur le tarmac de Furstenfeldbruck, puis à l’enquête menée par le jeune journaliste pour mettre au jour les défaillances d’un système.

Confrontation au réel et travail d’investigation, c’est aussi ce qu’entreprend le narrateur à l’aube des jeux 2012. Pour lui, la prise d’otages qui a tourné au massacre de la délégation israélienne est indissociable d’une rencontre singulière :

cet homme [qui] s’appelait Sam Cole…

Le roman s’ouvre avec un questionnement sur la responsabilité de nos actes et sur les notions de dette et de culpabilité.

Le narrateur, lui, a une dette envers Sam Cole : grâce à ce journaliste américain, il a vécu une passion, un ravissement aussi soudain qu’inattendu, qu’il n’avait jamais éprouvé ni en littérature ni avec sa femme, dit-il lui-même. Entre les lignes se dessine alors l’ombre d’une vie tronquée, une vie où a manqué ce qui en a fait la saveur unique : ce moment de plénitude à Munich. Une douleur transpire à petites touches : celle d’une carence discrètement tenue en respect pendant 40 ans. Le lecteur la sent. Il la devine sous des incidents à peine notables : la femme du narrateur ne se lève pas quand il revient de ces quinze jours à Munich, elle continue à jouer du piano, et lui sourit, sa valise à la main. Teinté de solitude, l’inexprimable affleure à nouveau au moment où le narrateur évoque sa fille morte.

Sa vie semble inaccomplie malgré une famille et une brillante carrière que le narrateur doit en partie à Sam.

Mais aussi à la mort. Car c’est grâce à son documentaire sur l’issue mortelle de l’attentat que le narrateur a pu trouver sa voix et s’affirmer dans son métier, c’est pour sa fille disparue qu’il prend la décision d’écrire ce récit. Avec la dette vient la culpabilité : celle des survivants. S’y ajoute pour le narrateur la culpabilité d’avoir vécu un moment heureux au moment même où les athlètes étaient assassinés.

La force du roman de Jean Mattern tient à la qualité de sa documentation et au jeu permanent de parallèles, passerelles dans le temps et effets de miroir.
  • Commençons par les Jeux Olympiques, dont l’aspect joyeux et presque politiquement correct dans son refus de s’impliquer et de faire des vagues, semble être une constante entre 1972 et 2012. Dans la lignée d’une sentence restée célèbre : Panem et circenses (du pain et des jeux).
  • L’enquête que le journaliste mène à Munich fait écho à son introspection 40 ans plus tard. Analogie de cas de conscience et de déchirements que la réalisation et l’écriture lui permettent d’affronter.
  • La difficulté d’un Etat à gérer une crise politique renvoie à la confusion d’un homme  face à un bouleversement affectif.  Parallèle tragique entre des situations dont on sait, soit historiquement soit humainement, qu’elles sont sans issue.
  • Enfin, le silence imposé par Sam agit comme une tentative d’effacement et devient en quelque sorte une réplique des multiples chapes de silence, qu’elles soient individuelles -pour cette passion restée secrète-, ou collective – en 1972, les Jeux ont repris le surlendemain du massacre-.

Il faut souligner la grande qualité de l’écriture de Jean Mattern : précise, discrète, avec un je qui observe la réalité des faits et interroge une expérience de vie, des passages très factuels sans aucun adjectif et à d’autres moments une urgence, un rythme qui s’accélère, une sensation de temps compté. La structure du texte évoque les tragédies grecques avec un prologue parlé, une sorte de chant du chœur qui met la situation en place puis la succession des épisodes jusqu’au drame, avant un épilogue sous forme de lettre qui referme la situation énoncée par le chœur. Les personnages, eux, sont tragiques, parce que dépassés par une force supérieure, un Destin qui les rend terriblement humains et donne au narrateur les accents d’une Phèdre.

 Une fiction à la fois singulière et universelle.

Un roman court et intense, qui raconte un drame historique et parle de l’incomplétude d’une vie. Et dit l’exigence de sincérité devant les faits et les sentiments, une sincérité que le narrateur donne à des absents : les victimes de l’attentat. Sam Cole. Sa fille.

Jean Mattern Septembre gallimard

UN AUTEUR  : à écouter en interview, à retrouver au Café Littéraire Histoire autour du monde du 8 mars 2015.

UNE OEUVRE : à découvrir à la Médiathèque dans Septembre et dans ses précédents romans.

Le jury du Prix des lecteurs de Levallois 2015, le temps de la consécration

13 Mar
Dimanche 8 mars 2015, 17 heures 30, était révélé au grand jour le nom du lauréat du Prix des lecteurs 2015 : Jean Mattern. Depuis quelques jours, son nom circulait dans les pensées de tous les jurés : après une soirée de discussion et un vote fougueux, son roman Septembre avait été choisi le jeudi précédent. Tous avaient promis de garder le silence sur une délibération restée secrète jusqu’à la fin de ce bel après-midi dominical et ensoleillé.

Rappelons que huit romans étaient en lice pour ce prix, tous riches et plein de promesses, historiques, ou un peu moins, et que départager les livres candidats  a été une tâche livresque et ardue. Vifs mais jamais houleux, passionnés mais jamais cristallisés, les débats ont permis de porter aux nues, et sur le podium, un auteur et son roman :

Jean Mattern Septembre gallimard

Un secret bien gardé

Peu avant 17 heures 30, les  jurés se sont retrouvés devant la porte de la salle des Mariages où le Prix 2015 allait être dévoilé. Certains s’embrassent, d’autres se serrent la main. Des sourires, des rires, la complicité née au cours des réunions s’est renforcée au fil des affinités et des lectures. Plus tôt dans la journée,  la plupart sont allés rencontrer les huit auteurs de la sélection, et ils ont eu le plaisir de se faire dédicacer les exemplaires des romans qu’ils avaient reçus pour leur devoir de lecture, des livres lus, relus, parfois écornés. Il n’est pas certain que tous se soient fait connaitre des auteurs en tant que membres du jury, discrétion de lecteur oblige…

Sous les plafonds mythiques de l’Hôtel de Ville, les jurés ont aussi fait d’autres rencontres : quand 110 écrivains et leurs œuvres sont présents dans un salon, il y en a pour tous les âges et pour tous les goûts. En cette journée historique (de la femme et du roman), les jurés ont assisté à plusieurs cafés littéraires, deux des échanges étaient notamment consacrés aux femmes « de et dans l’Histoire », et beaucoup sont allés écouter Jean Mattern quand il est intervenu au cours de la rencontre Histoire autour du monde.

Tout le long de cet après-midi, à part le lauréat (la coutume en matière de prix littéraire est de prévenir le gagnant auparavant, sans doute de sorte qu’il ne tombe pas dans les pommes en apprenant la bonne nouvelle), donc à part le lauréat, les douze membres du jury et les organisateurs du salon, le verdict était tenu secret.

douze hommes en colère

Et nos jurés étaient restés incorruptibles, muets devant les pressions, que ce soit de leur moitié, de leur descendance ou ascendance directe (notons que les belles-mères ont été à nouveau citées à propos de « pressions », ce qui tendrait à prouver qu’il existe un lien fort entre le genre historique et la belle-mère, sujet de réflexion qui fera l’objet d’un article un de ces jours) ou encore des tentatives d’intimidation de la presse littéraire …

Je n’ai rien dit à personne, affirme l’une. Rien n’a filtré.

Le prix d’une découverte

Maintenant, les voilà tous assis sur les banquettes de velours rouge du premier rang, attendant le moment où sera révélé publiquement l’auteur primé. La salle est comble,  et au milieu des spectateurs sont assis les huit auteurs sélectionnés. Parmi eux, UN seul lauréat… Sur la scène, la journaliste Karine Papillaud, maîtresse de cérémonie, est entourée de Sophie Perrusson, directrice de la Médiathèque de Levallois qui organise le Salon du Roman Historique, de Stéphane Decreps, adjoint au Maire délégué à la culture, chargé de la remise de la récompense offerte par So Ouest, et de l’écrivain Daniel Picouly. C’est à ce dernier, président du salon 2015,  que revient l’honneur de révéler le nom du vainqueur : Jean Mattern.

Applaudissements. Les discours s’enchaînent. Historiques, admiratifs, élogieux, littéraires, tous sincères et forts.

La porte-parole du jury s’avance : elle parle d’une voix claire et explique cette expérience de juré que tous ont qualifié d’unique, enrichissante, généreuse en découvertes et en échanges. Elle raconte les réunions, l’ambiance, les discussions, l’écoute, le respect, les influences et les points de vue qui se sont enrichis les uns des autres. Elle fait l’éloge du livre choisi mais aussi des sept autres, dont elle souligne la qualité et par conséquence, le dilemme auquel les jurés ont été confrontés lors du vote.

Quand Jean Mattern prend la parole, il raconte la genèse de son livre. Il parle de son travail d’écrivain, il remercie pour ce prix. Il semble ému. Tout en discrétion, en finesse et avec une pointe d’humour. Il a une pensée pour sa famille qui le soutient dans son travail d’auteur :

Ce n’est pas toujours facile d’avoir un papa écrivain, confie-t-il.

On n’en saura pas davantage sur lui. L’important c’est ce livre et comment il est né dans son esprit.

Photos de la remise du prix 2015

© Ville de Levallois

Après la lecture d’un extrait par Daniel Mesguich, la cérémonie prend fin. Tous se lèvent, un soupçon de nostalgie passe sur les visages de nos jurés. Ils voudraient déjà recommencer :

Est-ce qu’on peut postuler pour l’année prochaine ?

L’expérience d’un hiver s’achève. Quand les jurés reçoivent chacun un sac contenant un petit cadeau, ils sont touchés :

Mais vous nous avez déjà beaucoup gâtés !

On se sépare avec peine, on se quitte un peu triste, comme au lendemain d’une fête. Il reste encore dans les têtes les phrases qui résonnent, la musique des mots, et des atmosphères. Un parfum d’Histoire…

A présent,  il reste un livre à (re)lire, et pas des moindres : Septembre de Jean Mattern.

Lisez-le :  ce sont nos jurés qui en parlent le mieux:-)

  • Roman d’une écriture agréable qui mêle l’histoire d’un journaliste qui couvre les JO de Munich de 1972 et la prise d’otage de la délégation israélienne.  […] un regard romancé qui évoque une passion entre 2 journalistes.
  • Un bon roman historique. Une lecture agrémentée par la relation chaotique entre deux hommes, suiveurs de l’évènement. Un auteur discret qu’il convient de mieux connaître.
  • Un roman qui raconte l’attentat aux Jeux Olympiques de 1972 et un coup de foudre amoureux qui se veut une histoire d’âme.

Et, une fois n’est pas coutume*, le mot de la fin revient à l’auteur Jean Mattern :

Je lui souris à nouveau et je pensai que je porterais cette histoire en moi pour le restant de mes jours.

Septembre avec bandeau Prix des lecteurs 2015

* Jusqu’à présent, notre jury a toujours eu le mot de la fin de ces articles. Retrouvez-les dans la saga du jury du Salon du Roman Historique 2015 avec 4 épisodes : le jury du Prix du roman historique des Lecteurs de Levallois , le temps de la complicité, le temps des hésitations, et le temps du choix.

Le jury 2015 du Prix des lecteurs de Levallois, le temps du choix

7 Mar
Jeudi 5 mars 2015 : soirée-dilemme pour nos 12 jurés du Prix des lecteurs du Salon du Roman Historique… Soumis à la question : parmi les auteurs en lice,  qui sera le lauréat du Prix des lecteurs de l’année, il leur a fallu trancher. A 21 heures, le verdict était rendu. Et l’heureux élu est : … Non ! Ne rêvez pas. Il vous faudra attendre dimanche 8 mars pour connaitre le nom de l’auteur primé.
Petit rappel des faits

C’était hier soir la quatrième et dernière réunion du Jury 2015. Huit livres lus, plus de 1880 pages depuis l’automne. Persévérants et conscients de la gravité de leur charge, les jurés s’y sont parfois repris à plusieurs fois. Ils ont lu, relu et re-feuilleté. Pour certains, la première impression s’est confirmée : j’ai tout de suite senti qu’il n’avait pas vraiment sa place, ni vraiment roman, ni vraiment historique. Alors que pour d’autres, leur opinion a évolué avec une seconde lecture, enrichie par le regard d’autres jurés. Il reste des déceptions : un thème qui me passionnait mais je n’ai  eu aucun plaisir à le lire, et des engouements j’ai été élevée avec ce sujet et cette époque, j’ai adoré ce bouquin. Après trois semaines de réflexion, chacun s’est forgé une intime conviction et à l’issue des délibérations UN livre remplit bien son contrat  : à la fois dans l’écriture et dans l’Histoire. 

Les débats
– Je vous dis tout de suite : c’est le candidat au Prix.
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J’ai eu un coup de cœur, mon favori ; c’était mon préféré et c’est celui qui reste mon préféré ; j’ai été séduit ; un des rares que j’avais envie de retrouver le soir… certains éloges appartiennent au vocabulaire amoureux. D’autres sont d’un registre plus sportif : trio gagnant, il mérite d’être sur le podium, palmarès, voire politique : candidats, il est bien placé dans ma liste, ou encore professionnel : un bon potentiel,  efficace ou un livre qui fait le job.

Dès les premières discussions, certains titres font l’unanimité et en voilà un presque aussitôt condamné. Mais une main se tend de l’autre coté de la table et une voix claire prononce avec un grand sourire  : j’ai bien aimé au contraire. C’est très humain. Des visages se ferment. Les sourires reviennent quand il est question de passion amoureuse, et tout le monde se met à parler en même temps. L’amour délie les langues. Très vite, la grande et la petite histoire, l’intime et l’universel s’entremêlent, tant dans les livres qu’autour de la table. Des parallèles se font. Actualité, familles, mythes, tragédies.

– C’est notre histoire.

Mais des questions restent ouvertes. A propos de la vérité historique et des hasards de l’intrigue ou de l’Histoire :

– Tout a l’air assez miraculeux…

– Vous croyez vraiment que ça se passe comme ça ?

Beaucoup sont désireux d’en savoir plus : il faut préciser ici que la curiosité résultant de la lecture a souvent été citée comme qualité pour un roman historique. Elle n’est donc, en littérature, pas toujours un vilain défaut. Ainsi, curieux et à l’affût de preuves pour étayer leurs convictions,  les jurés ont enquêté : sur le contexte spatio-temporel et sur la véracité des faits rapportés comme historiques. Mais aussi sur les auteurs : ont-ils déjà publié, quel genre de livres, ont-ils été primés ?

Les discussions enchaînent sur la façon dont les huit livres sélectionnés répondent, ou pas :-), aux critères et aux objectifs du prix : on dissèque alors construction, rythme narratif, intrigue, capacité à raconter, à créer une ambiance et à faire vivre des personnages crédibles et attachants. Anecdotique, mythologique ou centrale, on cherche la place de l’Histoire. On parle aussi d’écriture : foisonnante, journalistique ou déroutante, d’originalité, de musicalité, Liseur entend écriture qui change, fils littéraires noués, mais aussi style boursouflé, plat, erreur du débutant, brillance tapageuse. On cite d’autres auteurs : Duroy, Giono, Garcia-Marquez. D’autres genres : conte, mythe, tragédie, chanson de geste…

Un livre qui laisse des traces

Plusieurs fois dans la soirée, il a été question de partager, donner, offrir, transmettre. Plusieurs jurés ont déjà fait découvrir autour d’eux leur livre préféré. Comme dans l’Histoire, l ‘important ce sont les traces, une fois le livre refermé : c‘est un livre qui me laisse un souvenir. Celui qui me marque. J’ai eu le plaisir de le lire et le plaisir de m’en souvenir. J’ai envie de l’offrir. L’honnêteté me fait préciser que sur d’autres romans, le souvenir a été moins marquant : c’est comme une sucrerie, ça se lit bien, puis tout a fondu il ne reste pas grand chose. Et que d’aucuns ont envisagé de se débarrasser du roman qu’ils ont le moins aimé, dès qu’on leur en fera la demande, ils le donneront, certains ayant même parlé de s’en défaire auprès de leur belle-mère… Mais, comme les débats l’ont prouvé précédemment, les belles-mères ont toute liberté à avoir un autre avis sur les romans historiques…

Le vote final

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Autant vous le dire : ça n’a pas été sans passion ni peine… Quatre tours de scrutin et un lauréat bientôt auréolé publiquement du Prix des lecteurs de Levallois.

Les avis ont été différents, les engagements affirmés, mais la bonne humeur, l’écoute et  la tolérance ont régné : on est tous sensibles à des lectures différentes.  L’une s’excuse presque je ne l’ai peut-être pas lu au bon moment.  L’autre se projette : je suis restée hermétique mais peut-être que dans quelques années, je le reprendrais avec plaisir. 

Au-delà des choix qui ont pu diverger, Liseur a entendu un immense plaisir pris à la lecture de ces romans, un sincère respect pour le travail de ces huit écrivains, des encouragements à poursuivre une oeuvre prometteuse et beaucoup d’admiration.

Le mot de la fin revient, comme toujours, à nos jurés, auxquels je rends hommage et que vous pourrez découvrir en chair et en os lors de la remise du prix :

Un livre comme un talisman*
*Rappelons que  le talisman tient sa force « des images qu’il porte et de la matière dont il est fait ». Une nouvelle définition du roman historique ?

A NE PAS MANQUER  : le Prix des lecteurs de Levallois remis le dimanche 8 mars à 17 heures 30 au cours du Salon du Roman Historique

Les précédents épisodes de la Saga du prix des Lecteurs : Le jury du Prix du roman historique des Lecteurs de Levallois, puis le Jury du Prix des lecteurs, le temps de la complicité, suivi de Le jury du Prix des lecteurs, le temps des dernières hésitations.

Bon Voyage pour lancer le Salon 2015 du Roman historique de Levallois

3 Mar

Patrick Modiano ne sera hélas pas des nôtres ce samedi 7 mars : on connait sa discrétion légendaire et toute « modianesque » mais c’est sous son aura tutélaire que sera présenté le film Bon Voyage en ouverture de la quatrième édition du Salon du Roman Historique de Levallois. Ce film, réalisé par Jean-Paul Rappeneau et coécrit par notre récent Prix Nobel de Littérature, sera commenté par Denis Cosnard du Réseau Modiano. C’est aussi sous l’esprit du grand écrivain et de son oeuvre, inscrite entre Histoire et mémoire, que s’ouvrira le lendemain le Salon du Roman Historique 2015 : plus de 100 auteurs réunis, des cafés littéraires, des lectures et la remise du Prix des lecteurs de Levallois par le président du salon cette année, Daniel Picouly, sans oublier des contes et des spectacles pour les plus jeunes. Au cours de cet après-midi partagé entre dédicaces et cafés littéraires, Patrick Modiano sera à nouveau à l’honneur avec une lecture de Dora Bruder par Daniel Mesguich (à 16 heures 30).

Et c’est avec Cin’eiffel, le blog Cinéma de la Médiathèque, qu’on se prépare à ce Bon voyage :

Cin'Eiffel

Le 4ème Salon du Roman Historique se déroule le dimanche 8 mars 2015. L’occasion pour Cin’Eiffel de s’associer à cet événement et de vous proposer, en préambule, Bon voyage, un film de Jean-Paul Rappeneau, scénarisé par Patrick Modiano : projection le 7 mars 2015, à 18h, à la médiathèque Gustave-Eiffel.

Synopsis

En juin 1940, à l’hôtel Splendid de Bordeaux sont réunis ministres, journalistes, grands bourgeois, demi-mondaines et espions de tous bords. Là, un jeune homme devra choisir entre une célèbre actrice et une étudiante passionnée, entre les politiques et les voyous, entre l’insouciance et l’âge adulte.

Bon voyage : plus qu’un film historique

Entremêlant les genres cinématographiques avec fluidité et succès – comédie légère, comédie romantique, film policier et à suspens, et surtout film historique -, empruntant au registre des grandes productions américaines et se référençant directement aux films hollywoodiens classiques – casting impeccable, avec son lot de stars et d’acteurs en…

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