Tag Archives: Théâtre

Moi, moi et François B. au Théâtre Montparnasse

28 Déc

La rencontre entre un jeune auteur inconnu et un des meilleurs acteurs français a donné naissance à une surprenante pièce sur le théâtre.

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On va parfois au théâtre sans rien connaître de la pièce et de son auteur, juste pour l’acteur principal. Et il ne faut pas hésiter puisque si le comédien joue ce rôle, c’est qu’il l’a jugé excellent. D’autant plus quand il est amené à incarner son propre personnage. Mais dans des conditions assez surréalistes en compagnie d’un apprenti auteur au comportement étrange prénommé Vincent interprété par Sébastien Castro et d’une jeune servante acrobate jouée par Inès Valarcher, François Berléand se retrouve coincé dans un lieu clos avec un homme qui l’a « aspiré », ce qui signifie qu’ils se retrouvent coincés dans la tête de l’auteur. Vincent veut que François lise sa pièce et qu’il accepte d’en être l’acteur vedette. La pièce déroule les situations cocasses, où chacun va essayer de manipuler l’autre pour arriver à ses fins. Car c’est bien la question que se pose le spectateur, quelle fin peut-il y avoir, surtout que le décor change au troisième acte et l’on se retrouve dans l’appartement de Berléand avec son épouse interprétée par Contance Dollé et l’auteur de la pièce Clément Gayet qui interprète lui aussi son propre rôle ?

Au Théâtre, la fiction devient la réalité et les acteurs ne sont-ils pas les prisonniers de leurs propres personnages que manipule à son gré l’auteur ?

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Pour l’anecdote, l’auteur a déposé son texte au Théâtre Édouard VII accompagné d’une boîte de chocolats pour François Berléand qui a immédiatement accepté de la lire en échange d’une deuxième boîte. Cette première pièce est un tour de force qui réussit à surprendre le public et à lui faire passer un excellent moment de théâtre avec une mise en scène de Stéphane Hillel très réussie et pleine d’humour, malheureusement seulement jusqu’au 31 Décembre 2016 au Théâtre Montparnasse.

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Seuls de Wajdi Mouawad au Théâtre de la Colline jusqu’au 9 octobre 2016 !

5 Oct

Si vous avez aimé l’œuvre foisonnante, lyrique et épique, (ou si vous voulez la découvrir) de Wajdi Mouawad, (né le 16 octobre 1968 à Deir-el-Qamar au Liban), venez voir cet homme de théâtre, metteur en scène, auteur, comédien, directeur artistique, plasticien et cinéaste libano-canadien jouer au Théâtre National de la Colline dans le spectacle, Seuls, qui fait partie du cycle de création nommé Domestique, œuvre où il arpente les sillons de de  la cartographie familiale. Décrite par cinq personnes depuis des angles différents, cette pentalogie comprend aussi  Sœurs (dont la mise en scène aboutie est déclinée dans plusieurs salles), suivront Frères, Père et Mère.

seuls visuel © Pankov

© Pankov

Ainsi, je me suis retrouvée dans une salle comble devant une scène sur laquelle l’auteur incarne avec humour et délicatesse le personnage pour le moins autobiographique d’Harwan, à l’existence marquée par l’exil. Pour ce faire, il nous entraîne dans les fondements de sa propre vie : quête d’identité, acceptation des différences, racines qui ne s’enracinent pas, image de soi…

Le spectacle est mené avec une indéniable générosité, et une mise en scène qui fait travailler notre imaginaire d’une façon extraordinaire, avec des formes théâtrales surprenantes, attachantes, éprouvantes. Par un jeu subtil de dédoublement et de passe-muraille, sa silhouette est projetée sur le mur, agissant à sa guise en dehors de ses actes sur scène.  Avec en fond, des voix enregistrées du père et de la sœur d’Harwan, les lumières, la musique, la peinture corporelle, tout se chevauche, tout se mélange, traverse les frontières, pour finir dans un délire ultime de couleur et du corps comme lieu de tous les possibles. Et une succession d’événements avec une parabole qui  le mène à se confronter à lui-même à travers le chef-d’œuvre de Rembrandt, Le Retour du fils prodigue.

Le retour du fils prodigue

Le retour du fils prodigue par Rembrandt — Hermitage Torrent. Domaine public.

C’est une pièce singulière au cœur de l’émotion où tout est maitrisé, un tour de force en solo pour Wajdi Mouawad  qui crée l’illusion que nous avons été plongés dans l’histoire et l’univers d’une foule de personnages.

Il  interprète, de façon originale  la douleur du monde et recherche l’apaisement de façon dévorante, elle  s’incarne dans le corps de l’auteur, ce qui nous trouble nous, spectateurs, au plus profond de notre être.

C’est une expérience fascinante à partager, et que je vous invite à tenter.

En attendant retrouvez Littoral, Incendies, Forêts, triptyque du Sang des promesses à emprunter à la Médiathèque de Levallois et le CD Horizons interprété par le groupe Détroit.

 

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Défi de scène 2014-2015

13 Oct
Fort du succès de ces deux précédentes éditions, le prix Défi de scène est heureux de vous présenter sa nouvelle saison ! Pas moins de six nouvelles créations théâtrales vont concourir pour séduire le jury et les Levalloisiens de septembre 2014 à avril 2015.

Les compagnies professionnelles ont dû passer des sélections afin d’avoir la chance d’être sélectionnées et de bénéficier du prêt de la salle du petit théâtre Odyssée situé à L’Escale au 25 rue de la gare. Demandez le programme Défi de Scène ici.

Cette année, le choix est éclectique avec des pièces d’auteurs de différentes nationalités et des thèmes abordant la comédie dramatique, la poésie ou l’amour sous la forme de l’humour.

Ont été retenues :

  • Nuit d’été de David Greig et Gordon Mcintyre par la compagnie Spirytus
  • Danny and the deep blue sea de John Patrick Shanley
  • Je voudrais pas crever de Boris Vian par la compagnie Koalako
  • Journal d’un imbécile de Benoît Marbot par la compagnie de l’auteur
  • Evadées par la Compagnie des Sables d’Or
  • Un divan pour la scène de Jean-Luc Solal par le Théâtre de la Promesse

L’objectif de ces compagnies est bien sûr d’avoir un lieu pour présenter leurs créations au public levalloisien pendant une semaine mais également d’avoir le retour des membres du jury composé, entre autres, de professionnels du théâtre et de la culture.

Le lauréat bénéficiera gratuitement la saison suivante du prêt de la salle Odyssée et d’une communication pour leur nouveau spectacle.

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Venir à ces représentations est l’assurance d’assister à un spectacle de qualité pour une somme modique (pour mémoire, les abonnés de la Médiathèque, du Conservatoire et de l’Escale bénéficient du tarif réduit)  mais également un acte militant pour la création théâtrale, cet art qui ne vit que pour et par le public.

Les textes de ces pièces ne sont malheureusement pas tous édités en France mais vous pouvez retrouver d’autres écrits de ces auteurs à la Médiathèque, notamment dans la collection de l’Avant-scène théâtre.

Théâtralement Votre !

3 pièces à ne pas rater !

28 Mar
L’actualité théâtrale est comme d’habitude riche et variée, avec des pièces telles que « comme un arbre penché » avec Francis Perrin ou le « Liliom » hongrois de Ferenc Molnar. Mais trois textes retiennent particulièrement l’attention.

Un grand classique de Molière, Dom Juan, monté au Théâtre 14 avec le texte original qui avait subi les foudres de la censure lors de sa présentation. La mise en scène est remarquable  de par son mélange d’effets visuels et de jeux de lumières. L’énorme tête du Commandeur s’illuminant du visage de Michael Lonsdale est un artifice saisissant. Le parti pris de faire jouer les comédiens en costume d’époque replonge instantanément le spectateur dans les peurs et croyances du 17ème siècle. Arnaud Denis incarne un Dom Juan très convaincant au discours toujours d’actualité.

      

Un texte contemporain de Françoise Dorin, Ensemble et séparément, avec son acteur fétiche Jean Piat, son mari à la ville, et la pétillante Marthe Villalonga pour lui donner la réplique. Cette pièce sur le monde de l’édition et les rapports auteurs éditeurs est un bonheur pour qui aime l’univers des livres. L’aspect commercial laisse place à une très belle rencontre humaine, même si le dénouement est attendu. L’interprétation de ces deux monstres sacrés des planches n’est pas critiquable tant ils sont en osmose avec leurs personnages décalés qui n’auraient jamais du se rencontrer. Une pièce intelligente et toute en finesse à la Comédie des Champs-Elysées.

Une adaptation théâtrale du roman fleuve Blonde de Joyce Carol Oates sous le titre de Norma Jeane par John Arnold au Théâtre 13. Marion Malenfant incarne pendant plus de deux heures l’icône Marylin Monroe, de son enfance traumatisante entre une mère alcoolique et l’orphelinat où elle est placée de force par sa famille à la déchéance et sa fin tragique. Cette jeune actrice qui n’a pas hésitée à démissionner de son poste de sociétaire de la comédie française pour pouvoir continuer à interpréter ce rôle est tout simplement habitée par l’âme de Monroe, nom choisie par Norma Jeane en hommage à sa grand-mère. C’est une véritable performance d’actrice que nous offre Marion Malenfant qui se met à nue, au propre comme au figuré, pour présenter une Marylin avec ses faiblesses et surtout sa grande fragilité de femme enfant. Le texte et la mise en scène mettent bien en avant la perfidie de l’entourage de l’actrice et ose soutenir une accusation quand à son « suicide ». Une pièce et surtout une actrice qui ne peuvent laisser indifférent.

Vous pouvez emprunter ces textes qui sont disponibles dans le fonds de la Médiathèque de Levallois.

Théâtralement votre.

Une année au théâtre

3 Sep

A l’heure où les théâtres entament leur nouvelle saison, la Médiathèque de Levallois décrypte pour vous la programmation de cette année 2013 et vous offre une sélection des pièces, opéras et autres ballets  programmés dans les théâtres parisiens.

 Les arts se sont toujours nourris les uns des autres et le spectacle vivant n’échappe pas à la règle. Espace de création incessant, il compose, décompose et recompose sans cesse les textes en tissant des liens parfois évidents et parfois plus discrets entre des œuvres de différents types. Cette saison encore de nombreuses œuvres théâtrales revisitées et adaptations de romans sont au programme, alors venez (re)découvrir les textes pour mieux profiter des représentations !

* Le théâtre sans dessus-dessous

 Pour bien commencer la saison, la troupe du théâtre de la Ville propose, au théâtre des Abbesses, Ionesco suite, spectacle mêlant des extraits des différentes pièces d’Eugène Ionesco, de la célèbre Cantatrice Chauve au plus méconnu L’Avenir est dans les œufs. Cette  véritable recomposition de l’œuvre du dramaturge souligne l’humour et l’absurde qui se dégage de ses pièces sans éclipser les interrogations, parfois angoissantes, autour de l’existence.

Le théâtre se laisse aussi parfois réinventer par la danse. C’est le cas de Mademoiselle Julie d’August Strindberg, un classique du théâtre suédois, chorégraphiée par Brigitt Cullberg. La pièce  écrite à la fin du xixè siècle met en scène une fille d’aristocrate et un domestique dans un huis clos oppressant où les rôles peu à peu s’inversent.  Le ballet, créé lui en 1950, est une belle illustration de la danse moderne de cette époque et est joué à partir du 21 février à l’opéra Garnier.

Au théâtre de l’Odéon la saison s’achèvera avec adaptation surprenante de Cyrano de Bergerac, célèbre pièce d’Edmond Rostand. Le metteur en scène choisit ici de faire évoluer son Cyrano – interprété par Philippe Torreton –  dans un hôpital psychiatrique et créé ainsi sa propre version de ce monument de la littérature française.

Par ailleurs, pour ceux qui ne connaissent pas les œuvres du véritable Cyrano de Bergerac, auteur du xviiè siècle tombé en désuétude et qui ne doit la postérité de son nom qu’à Rostand, voilà une bonne occasion de vous y plonger.

* Des romans sur les planches

Il n’y a pas qu’au cinéma que l’on adapte des romans. La Dame aux Camélias en est la preuve puisque l’opéra de Paris donne en représentation, en ouverture et fermeture de la saison, deux œuvres inspirées du célèbre roman de Dumas fils. Dès le 21 septembre on peut découvrir au Palais Garnier une version de ce texte dansée par le ballet de l’opéra de Paris sur une musique de Chopin. A l’opéra Bastille c’est donc la saison qui s’achève avec La Traviata, illustre opéra de Verdi dont on ne sait pas forcement qu’il est, lui aussi, inspiré par ce roman.

Les amoureux de Marguerite Duras seront gâtés avec deux adaptations de ses œuvres. Un barrage contre le pacifique,  roman en partie inspiré de l’enfance de l’auteur en Indochine, sera joué au théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet dans une mise en scène de Juliette de Charnacé, avec, entres autres, deux jeunes acteurs ayant déjà fait leurs preuves au cinéma : Nicolas Duvauchelle (Les corps impatients de Xavier Giannoli  , Polisse de Maiwenn… et Lola Créton (Un amour de jeunesse de Mia Hanssen Love…). Ce texte, premier grand succès de l’auteur, est toujours l’objet d’adaptations cinématographiques. La dernière en date est celle du réalisateur franco-cambodgien Rithy Panh avec Isabelle Huppert dans le rôle principal.

Roman plus tardif et moins connu La maladie de la mort,  sera joué à la Comédie Française dans une mise en scène de Muriel Mayette. Quelques temps après l’écriture de ce récit Marguerite Duras tenta d’en écrire une adaptation théâtrale. On peut d’ailleurs apprendre dans La pute de la côte normande, les conditions qui entourèrent cette tentative et les rapports qu’elle entretenait alors avec son jeune amant Yann Andrea Steiner.

Il arrive parfois que l’adaptation soit plus connue que l’œuvre qui l’inspira. Madame Butterfly, opéra de Puccini est sans conteste l’une des œuvres lyriques les plus populaires mais ce que l’on sait moins sont les sources d’inspiration du compositeur. Puccini s’est principalement inspiré d’une nouvelle du même nom signé John Luther Long, mais il est à noter que cet opéra n’est pas sans rappeler un autre texte : le roman Madame Chrysanthème de Pierre Loti sorti quelques vingt ans auparavant et qui connu à l’époque un franc succès.

Voilà donc quelques pistes de lecture pour vous faire patienter jusqu’aux premières.

Bonnes lectures et bonnes représentations !

Fanny P.

 

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