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Le coin de La Médiathèque de novembre donne un coup de projecteur sur la photographie

13 Nov

Suivant les traces de Paris Photo qui a fermé ses portes ce week-end au Grand Palais, le coin de La Médiathèque de novembre 2017 pointe à son tour son objectif sur la photographie et vous propose une sélection centrée sur le 8ème art avec un film, une bande dessinée, une monographie d’artiste et un roman. De quoi vous faire l’œil !

Blow up (nouvelle fenêtre) un film de Michelangelo Antonioni.

Blow up est un film du réalisateur italien, Michelangelo Antonioni (1912-2007) appartenant au courant néoréaliste. Sorti en 1966, le film remporte l’année suivante, le Grand Prix International du Festival de Cannes.

L’histoire se passe à Londres en 1960. Thomas, un célèbre photographe de mode macho et cynique, erre dans la ville à la recherche de sujets singuliers. Il ressort d’une nuit dans un centre de sans-abris pour y photographier la misère, puis passe la matinée dans un parc et prend discrètement des clichés d’un couple d’amoureux. De retour chez lui, Thomas développe ses photos et aperçoit un homme caché derrière un buisson, puis une arme, et enfin un cadavre…

C’est ainsi que débute ce thriller passionnant, qui se poursuit autour de la disparition, sujet récurrent dans l’œuvre du réalisateur.

La singularité de ce film réside dans le croisement de trois regards : celui du photographe, du spectateur et du réalisateur.

Un film qui vous transportera dans l’univers mystérieux et glaçant de Thomas, et qui ne peut pas vous laisser indifférent.

L’art d’Antonioni est comme l’entrelacement de conséquences, de suites et d’effets temporels qui découlent d’événements hors champ. (Gilles Deleuze)

Le photographe d'Emmanuel Guibert (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Le photographe (nouvelle fenêtre) d’Emmanuel Guibert T.01 à T.03. Éditions Dupuis.

Le photographe est une bande-dessinée sous forme de triptyque d’Emmanuel Guibert et Didier Lefèvre. En 1986, ce dernier rejoint une équipe de Médecins sans Frontières en Afghanistan (alors en guerre contre l’Union Soviétique) venue acheminer une aide médicale, dans le but de réaliser un reportage photographique sur leur mission.

De ces photos, Emmanuel Guibert livre un récit proche du journal intime sous une forme originale dans laquelle se mêlent photos en noir et blanc et dessins en couleurs. Le résultat final nous apporte un témoignage fort, de l’intérieur, sur la vie quotidienne au cœur d’un Afghanistan rural et isolé dans un contexte politique difficile.

Un livre poignant et touchant sur les ravages de la guerre, de nombreuses fois primé depuis sa parution.

Dans l’objectif de JR (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Dans l’objectif de JR (nouvelle fenêtre). Éditions Pyramid.

La photo est au cœur de ce bel ouvrage à destination des adolescents. Les photos sont réalisées à partir d’un objectif 28 millimètres (d’où le titre du projet), c’est-à-dire un objectif grand angle pour prendre au plus près les portraits. JR, photographe de rue, confie au tout début du livre : « Un jour j’ai trouvé un appareil photo dans le métro. J’ai alors commencé à photographier mes amis sur les toits, dans le métro. J’ai ensuite décidé de montrer ces clichés en les imprimant et en les collant dans les rues, c’étaient mes premières Expo2rue ».  En se servant de la rue comme un musée à ciel ouvert, JR invite le public à s’interroger sur l’histoire de chacun de ces portraits. Dans l’objectif de JR, trois projets sont particulièrement mis en évidence : « Portrait d’une génération » qui est une rencontre avec les jeunes de la cité Les Bosquets (à Montfermeil en région parisienne), « Face2Face » dans lequel JR a photographié des Palestiniens et des Israéliens faisant le même métier dont il a exposé les portraits face à face aussi bien en Palestine qu’en Israël, et enfin « Women are heroes » qui est un hommage aux femmes victimes de la guerre et autres crimes. Pour chaque projet, JR est allé à la rencontre d’habitants de lieux où le monde de l’art ne pénètre jamais, a partagé leur histoire et par ses photos, nous fait entrer dans leur parcours de vie.

 Le peintre des batailles d'Arturo Pérez-Reverte (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Le peintre des batailles (nouvelle fenêtre) d’ Arturo Pérez-Reverte. Éditions du Seuil.

Avant d’être écrivain, Arturo-Perez Reverte était grand reporter de guerre, notamment en Bosnie pendant une vingtaine d’années. L’écrivain va se servir de son expérience, pour nous raconter l’histoire de Faulques, ancien photographe de guerre, fatigué, usé, qui lâche son appareil-photo pour un pinceau. Isolé dans sa tour d’ivoire, il entreprend une fresque gigantesque qui serait une synthèse de ses expériences, de sa vie. Il vit retiré du monde jusqu’au jour où Marcovik, un ex-soldat croate, réapparait, bien décidé à se venger du photographe qui a ruiné son existence : à la suite de la publication d’un des clichés de Faulques, Marcovik avait été retrouvé et torturé.

Brillant huis-clos, Le peintre des batailles est un roman philosophique où se mêlent réflexion sur l’art, barbarie humaine, éthique et manipulation.

Une œuvre puissante et sombre qui vous envoûtera à coup sûr.

Bonus : le site de Paris Photo 2017 (nouvelle fenêtre)

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La guerre est intolérable mais elle existe : des livres pour en parler aux enfants

7 Nov

Bientôt le 11 novembre, jour de l’armistice de 1918 marquant la fin de la première guerre mondiale et jour du Souvenir pour de nombreux pays. En 2017,  le fracas de la guerre résonne encore dans le monde, et même si cela se passe loin de nous, par soubresauts, les conflits et leur violence font souvent irruption dans notre quotidien. Moi, adulte, je déteste la bagarre, je redoute la guerre. J’ai peur pour mes enfants et j’ai peur de leurs questions. Faire mine de rien n’est pas une option, il faut parler, échanger sur ce sujet. Pour cet exercice délicat, les albums « jeunesse »  sont une aide précieuse pour trouver les mots justes et parler de la guerre, mais aussi de la paix. 

La violence des enfants

La bagarre, au grand dam des adultes, est la première forme de « conflit ». À ce stade, elle est plutôt bonne pour la santé et s’avère même être un apprentissage essentiel. L’esprit combatif vindicatif des garçons est souvent mis en avant. Pourtant, ce n’est pas une exclusivité masculine. Le magazine Parents répond à l’inquiétude de ses lecteurs dans son article du 17/01/2017  Pourquoi votre enfant aime-t-il les jouets de guerre ? (nouvelle fenêtre)

On s'est battu, on s'est cogné (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) L’auteur-illustrateur Hanno dans album On s’est battu, on s’est cogné (nouvelle fenêtre) ne dira pas le contraire. Dans cet « album inclassable sur la violence, l’action défie les mots, les sentiments sont partout présents » extrait de la critique du site Ricochet (nouvelle fenêtre) .

Deux enfants se battent sans tenir compte du temps qui passe ni des réflexions des passants jusqu’au moment ils s’unissent… Cette intensité peut effrayer.

 

 Le grand livre de la bagarre (catalogue de La médiathèque-nouvelle fenêtre)De leur côté, Davide Cali et Serge Bloch dans Le grand livre de la bagarre (nouvelle fenêtre),récapitulent  avec beaucoup d’humour les mots magiques pour déclencher la bagarre ou l’arrêter, les règles, les limites de cet art ainsi que les contradictions des parents sur la question. Un livre pour mettre tout le monde d’accord sur le fait que « la vraie bagarre est un jeu. Mais,  si la raison de la bagarre, c’est la haine, alors, ce n’est plus du jeu. Dans Le  grand livre de la bagarre, tout est dit.

 

Mais de la bagarre à la guerre, il y a un gouffre

Télévision, presse, radio, chaque jour, les médias  apportent leur lot d’informations sur les affrontements dans le monde. Si les enfants regardent souvent le JT avec leurs parents, ou entendent les actualités à la radio, ils n’ont pas toujours les moyens de comprendre simplement le fait divers, le drame ou les faits. En partenariat avec « 1 jour, 1 actu », Francetv éducation (nouvelle fenêtre) fournit des clés de décryptage et des grilles de lecture de l’actualité pour les enfants.

Néanmoins, les images traumatisantes, tout juste entrevues, peuvent rester longtemps ancrées dans les esprits.

Nier que la  guerre fait rage aujourd’hui -quand bien même elle se passe loin de chez nous-, ne l’empêche pas d’exister. Difficile de préserver les enfants en gardant le silence sur cette réalité et nos inquiétudes. Ils craignent qu’un jour cela leur arrive. Il est reconnu que parler de ce sujet « tabou »  apaise l’anxiété.

Serge Tisseron, spécialiste de l’image, dans son article Comment parler de la guerre aux enfants ? (nouvelle fenêtre)  publié sur le site Doctissimo  et Marcel Ruffo, pédospychiatre reconnu,  dans Comment parler des attentats aux enfants (nouvelle fenêtre)  sur le site des éditions Milan, sont unanimes : s’exprimer, poser des questions, se confronter aux réalités de la vie permet à l’enfant de se rassurer en espérant des adultes proches, réconfort, sécurité et réponses rationnelles.

Des albums pour accompagner les enfants

Voici quelques albums abordant ce sujet difficile, en tentant de le définir, d’en monter l’absurdité mais aussi en parlant de reconstruction.

Les étoiles sont tombées de François David (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) François David dans un album étonnant tente de définir la guerre dans Les étoiles sont tombées (nouvelle fenêtre).

-Alors, elle t’a dit ?

-Elle m’a dit et elle ne m’a pas dit, quand il y a la guerre.

Une rencontre saisissante entre des photos en noir et blanc et un texte poétique d’une grande sobriété  pour tenter de répondre à la question : qu’est-ce que c’est la guerre ?

10 petits soldats de Gilles Rapaport (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Pour sa part, Gilles Rapaport nous plonge au cœur de la troupe de 10 petits soldats (nouvelle fenêtre) missionnée pour agir sur ordre de la reine. Les illustrations noires agressives contrastent avec l’inconscience des soldats. Les uns à la suite des autres ils abandonneront la cause. Mais au fait cette guerre en valait elle la peine ?

 

Olivier Tallec, lui, aborde le sujet différemment dans Waterloo et Trafalgar (nouvelle fenêtre) : une histoire sans paroles  montre les causes parfois absurdes des conflits et le quotidien qui s’organise tant bien que mal.

La guerre d'Anais Vaugelade (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Toujours la vie reprends ses droits… Faute de munitions, de belligérants, de convictions, la guerre finit toujours par s’éteindre. Le très sage fils d’Armand Douze dans La guerre d’Anais Vaugelade (nouvelle fenêtre) fait appel à la ruse pour mettre un terme à cette horreur.

Mario Ramos avec Le petit soldat qui cherchait la guerre (nouvelle fenêtre) présente un petit soldat qui n’avait connu rien d’autre. « Toujours prêts, toujours là » engoncé dans son uniforme, marchant au pas, ignorant tout de la vie mais finalement pas si pressés de mourir.

L'ennemi de David Cali et Serge Bloch (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Dans L’ennemi de David Cali et Serge Bloch (nouvelle fenêtre), un soldat, livré à lui-même au fond de son trou au cours d’une guerre interminable, s’interroge sur l’ennemi. Lassé d’une si longue attente, il décide d’agir. Il sort de son trou par une nuit sans lune, déguisé en buisson.. Amnesty International et l’Historial de la Grande Guerre sont associés à la parution de cet album qui veut susciter la réflexion.

 

Chuuut ! de Jeanne Willis et Tony Ross (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre)Puis, vient le temps de panser les plaies, reconstruire un foyer. Et si finalement tout n’était qu’une question d’éducation et de dialogue ? Dans l’album Chuuut ! de Jeanne Willis et Tony Ross (nouvelle fenêtre), la petite musaraigne voudrait bien partager un secret.

 

 

Avec elle et en conclusion, partageons cette citation du philosophe Norman Cousins :

La guerre est une invention de l’esprit humain. L’esprit humain peut aussi inventer la paix.

La politique, source d’inspiration pour la fiction

6 Juin

Le « temps des scrutins » est revenu ! Un temps propice à la distraction par le biais de la fiction… La politique, sujet longtemps délaissé par le roman moderne, devient actuellement un thème porteur avec des variations sur l’amour, le pouvoir, l’argent, ou la trahison, et tout ce qui touche au ressort intime du combat politique. Les intrigues dévoilent les mécanismes ou les rouages cachés, en faisant découvrir par exemple  l’«envers» d’une campagne électorale, ou en nouant des intrigues diverses, cela signe le retour du héros, la vie du leader s’apparentant à une épopée où se succèdent des péripéties.

Divers auteurs au travers de l’histoire du monde ont relaté des histoires qui se jouent dans les arcanes du pouvoir et l’influence directe qui en découle sur le peuple.

Je vous en propose un certain nombre : le très célèbre  Stefan Zweig dans  Le Monde d’hier : Mémoire d’un Européen (nouvelle fenêtre)  préfigurait la montée du nationalisme, l’horreur de l’antisémitisme d’état et le « suicide de l’Europe. »

Sorti plus récemment,  le cauchemar de Winston (nouvelle fenêtre) de Bernard Du Boucheron attente à l’imagerie sacrée de l’histoire de la France occupée pendant la Deuxième Guerre mondiale, avec un ton sarcastique et tranchant. En mai 1941, Hitler renonce à attaquer L’Union soviétique. Soulagée de ce puissant ennemi, l’’Allemagne ne perdra pas la guerre…

Le zéro et l’infini (nouvelle fenêtre) d’Arthur Koestler, publié en 1940, restera un roman majeur du XXe siècle, il illustre la logique issue de la révolution russe.

Antoine Bello dans les Falsificateurs (nouvelle fenêtre) quant à lui, nous entraîne dans un récit passionnant jalonné de rebondissements qui mêlent fiction et réalité avec l’histoire d’une organisation secrète internationale dans les années 90, sous le mandat de Jacques Chirac.

Boualem Samsal avec  2084, la fin du monde (nouvelle fenêtre) s’inscrit dans la filiation d’’Orwell pour brocarder les dérives et l’’hypocrisie du radicalisme religieux qui menacent les démocraties.

La faute du président Loubet (nouvelle fenêtre) de Jacques Neyrinck : en 1904, une sombre affaire menace la République, Gabriel Syveton, le chef de la droite parlementaire est retrouvé asphyxié dans son bureau. Une époque bien restituée avec complotx et passion…

La trilogie de l’emprise (l’emprise, le quinquennat, ultime partie (nouvelle fenêtre)  de Marc Dugain offre avec ses trois tomes une plongée sans concession au cœur du système français où se mêlent intrigues politiques, industrielles et espionnage. Prolongez cette lecture par une analyse passionnante du dernier livre de Marc Dugain, L’homme nu, où après « La trilogie de l’emprise, cette plongée romanesque sans concession au cœur des arcanes du pouvoir et livrait une réflexion sur les grands de ce monde, l’auteur poursuit son travail de réflexion sur la surveillance et l’espionnage », écrit Florence B. sur Liseur dans son article du 17/10/2016 L‘homme nu, lecture. 

À  l’approche des échéances  électorales, explorez aussi le thème sous forme d’albums : les bandes-dessinées, le traitant avec le dessin, complémentaire du texte, apportent une touche légère, grinçante, outrée ou drôle pour ce sujet grave, ou sérieux. Moyen d’apréhender ce domaine et ses personnages, acteurs du petit théâtre du pouvoir.

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Quand la série télévisée s’empare de ce sujet, cela peut se décliner comme dans Show Me a Hero ce feuilleton en six épisodes, réalisé par David Simon, en 2015. De façon cruelle et fascinante il prend le pouls d’une société malade de son racisme à travers le personnage d’un jeune élu américain.

Une lutte de pouvoir complexe suit, les politiques s’écharpant sous l’influence d’une partie de la population (blanche) opposée à ce projet, craignant l’arrivée de familles (noires) suscitant tous les fantasmes. Ahurissant ? Réaliste, plutôt, et totalement actuel.

Lettres nordiques (2e partie) : le cercle « polar »

25 Avr

L’aperçu de la littérature nordique proposé dans notre article Lettres nordiques (1ère partie) doit être complété par un genre qui tient en haleine des milliers de lecteurs en Europe comme ailleurs : les polars venus du froid.
Ils ont pour toile de fond la plupart du temps une critique sociale et historique, souvent très éloignée du modèle social nordique idyllique. Du très noir où la violence se joue à huis clos, avec la montée du racisme, des atmosphères particulières, des personnages au caractère fort, et des rebondissements permanents. Une qualité littéraire qui a souvent incité les lecteurs de littérature blanche à se plonger également dans ces romans noirs. Car elle leur a donné un second souffle, de plus ils se vendent bien, la plupart des ces auteurs de policiers ont commencé leur carrière dans d’autres genres littéraires.

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Historiquement c’est le couple formé de Maj Sjöwall et de Per Wahlöö, qui a fondé ce que les experts de la littérature policière qualifient encore aujourd’hui d’« école suédoise » du polar dans les années 70. Passionnés tous deux de criminologie, ils déclineront leur série dans lesquels évoluent l’inspecteur de police Martin Beck et son équipe. Ils « scénariseront » la société suédoise, citons Roseanna (nouvelle fenêtre) ou les Terroristes (nouvelle fenêtre) par exemple.

Et l’on retrouve Henning Mankel (1948-2015) l’un des auteurs phares de cette littérature nordique, père du célèbre commissaire Kurt Wallander qui incarnait une vision désabusée de la social-démocratie scandinave. Meurtriers sans visage (nouvelle fenêtre), les chiens de Riga (nouvelle fenêtre), la lionne blanche (nouvelle fenêtre)  etc…Lire notre article À Ystad Wallander est orphelin publié au décès de l’auteur en octobre 2015.

Jo Nesbo, qui fait partie des nouvelles révélations, incarne cette littérature du Grand Nord qui n’en finit pas de surprendre. Le souffle est là ! Les personnages, le ton, l’univers et l’épaisseur des intrigues. Il y eût l’école américaine et le néo polar, il y a désormais l’école noire du froid. Un de ses thrillers magistraux est Le léopard (nouvelle fenêtre)

Ake Edwardson centre ses romans autour de la figure du commissaire Erik Winter : ils ont été adaptés pour la télévision suédoise, assez captivant. Ce doux pays (nouvelle fenêtre)  nous fait vivre à un rythme haletant.

Karin Alvtegen avec Oublier son passé (nouvelle fenêtre) brosse le portrait tout en finesse d’une femme à la recherche de son identité au fil d’un fin thriller psychologique.

Aino Trosell avec  Ne les regarde pas dans les yeux (nouvelle fenêtre) offre une peinture sociale sur la littérature prolétarienne, plus forte que l’intrigue policière. Très prenant.

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Stieg Larsson (1954-2004) avec sa série addictive Millenium, a sans doute contribué à un mythe, mais il est mort avant d’avoir livré son dernier manuscrit. Cinq ans plus tard, des millions de lecteurs à travers le monde ont dévoré cette saga qui a pour cadre une Suède froide, misogyne et corrompue, hantée par les démons du passé nazi. Elle se décline en trois tomes : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (nouvelle fenêtre), La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (nouvelle fenêtre), La reine dans le palais des courants d’air (nouvelle fenêtre), C’est David Lagerkrantz qui achèvera le tome 04 : Ce qui ne me tue pas (nouvelle fenêtre), après la mort de son père fondateur. On y retrouve une intrigue prenante plongeant dans une actualité brûlante et un style efficace.

Camilla Lackberg fonde, quant à elle, des intrigues solides. Ses personnages ont de l’épaisseur, ses livres explorent les thèmes de la famille, des secrets, des déviances. Ses enquêteurs sont Erica Falck et Patrick Hedström. Citons La princesse des glaces (nouvelle fenêtre) ou Le dompteur de lions (nouvelle fenêtre).

Kjell Eriksson : La terre peut bien se fissurer (nouvelle fenêtre)  ou Le cercueil de pierre  (nouvelle fenêtre). Un polar social en milieu rural, sur fond de syndicalisme. Efficace.

Leif Davidsen : Le dernier espion (nouvelle fenêtre) Plutôt spécialisé dans le  roman d’espionnage, celui-ci sur le remenbrement de l’URSS ou encore L’ennemi dans le miroir (nouvelle fenêtre)  où l’on suit la police et un agent du renseignement proche d’Al-quaïda.

Arnaldurn Indridason. Grand nom de la littérature policière islandaise actuelle, il fut nommé à maintes reprises l’écrivain le plus populaire d’Islande, avec son personnage récurrent d’Erlendur. Citons La femme en vert (nouvelle fenêtre), La cité des jarres (nouvelle fenêtre), le lagon noir (nouvelle fenêtre). Avec leur psychologie fouillée,  ses romans sont prenants, authentiques, hantants et lyriques.

Gunnar Staalesen  : La belle dormit 100 ans (nouvelle fenêtre), Pour le meilleur et pour le pire (nouvelle fenêtre) sont des romans très agréables à lire, où l’auteur offre une vision sociale très réaliste qui porte un coup sérieux au célèbre modèle social scandinave, grâce à son fameux enquêteur Varg Veum.

Viveca Sten : Meurtre sur la Baltique (nouvelle fenêtre). Une nouvelle plume dans ces pays froids du Nord, qui savent avec talent nous concocter des récits haletants dans le registre du polar et du thriller. Dépaysant à souhait, ce polar est une intrigue simple mais bien ficelée qui a le mérite à chaque nouvelle investigation de nous faire voyager au large des îles suédoises, on retrouve avec plaisir le duo amical de Thomas, le flic et Nora, la juriste qui enquêtent. Une lecture détente très agréable. Ces romans donneront lieu à une adaptation télévisée sur Arte, intitulée Meurtre à Sandhamn qui se déclinera sur plusieurs saisons.

Peut-être ces nouveaux auteurs ont-t-il réussi à imposer une nouvelle orientation à la fiction scandinave. Ils s’éloignent résolument des polars classiques, des intrigues où le crime a lieu dans une pièce fermée, privilégiant des environnements complexes où les vices de tout genre se mêlent à la culture «globale» ainsi que les nouvelles technologies. Aussi longtemps qu’il existera un Grand Nord à vous glacer le sang, les auteurs de polars ne risqueront pas de faire fausse route.

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Lettres nordiques (1e partie)

14 Avr

Lorsque nous évoquons la littérature nordique, nous reviennent en mémoire les aventures de l’amusante Fifi Brindacier (nouvelle fenêtre), fruit de l’imagination d’Astrid Lindgren, ainsi que les inoubliables Contes d’Andersen (nouvelle fenêtre) qui ont bercé notre enfance.

Mais elle n’existe pas à proprement parler (danoise, finlandaise, islandaise, néerlandaise, norvégienne ou suédoise) elle est issue d’une longue tradition de contes et de sagas au souffle épique, et s’offre peu à peu aux lecteurs français avec une immense variété et une grande richesse.

Différents thèmes la caractérisent : la solitude, la communion avec la nature (le climat rude). Les auteurs nordiques offrent souvent une critique sociale ou politique, ou abordent l’enfance avec des textes graves empreints de poésie. Certains usent d’un humour décapant et féroce pour brosser les mêmes sujets.

Voici donc un petit panorama de cette littérature nordique d’aujourd’hui.

Parmi les Danois, citons Jorn Riel qui a la particularité d’avoir séjourné 16 ans au Groenland. Il en a rapporté de savoureux racontars d’une bande de joyeux drilles, tous amoureux d’un être cruellement absent de la banquise : la femme. Chacun a une aventure déjantée à raconter  La vierge froide et autres racontars (nouvelle fenêtre) entre autres.

Jens Christian Grondhal, auteur de renommée internationale,  articule son œuvre avec une grande finesse, autour du thème porteur de l’amour ainsi que les relations dans les couples modernes.  Découvrez-le avec : Bruits du cœur (nouvelle fenêtre) ou Les portes de fer (nouvelle fenêtre) par exemple.

Peter Hoeg quant à lui, a une œuvre sombre et exigeante, il fut particulièrement remarqué pour  Smilla ou l’amour de la neige (nouvelle fenêtre), roman traitant d’un possible homicide, avant l’explosion du marché des polars,  ce qui lui permit d’être le seul romancier scandinave contemporain à jouir d’un grand succès international.

Parmi les Norvégiens, la très remarquée Herbjorg Wassmo, dont l’œuvre s’enracine dans l’histoire de son pays. D’une plume pudique, elle retrace des sagas sombres aux destins de femmes dures à l’ouvrage. Au fil de ses livres, le thème récurrent de l’enfance meurtrie se décline à travers des personnages attachants, au parcours souvent dramatique. Le livre de Dina (nouvelle fenêtre) ou Cent ans.

Anne B. Ragde obtiendra un éclatant succès avec La Saga des Neshov (nouvelle fenêtre) qu’elle décline en trilogie. Le caractère agréable de cette épopée est donné par un suspense bien mené et une aptitude à construire minutieusement chacun des héros.

En ce qui concerne les auteurs suédois le célèbre Henning Mankell a séduit  de nombreux lecteurs par ses polars, mais aussi pour des romans profonds comme Un paradis trompeur (nouvelle fenêtre)  ou Les chaussures italiennes (nouvelle fenêtre) et Les bottes suédoises (nouvelle fenêtre) 

Vilhem Moberg et La saga des émigrants (nouvelle fenêtre) suit le destin de l’émigration suédoise aux États-Unis au milieu du XIXe siècle. L’un des personnages centraux de l’œuvre, Kristina, évoque la grand-mère de l’auteur.

Olov Enquist, avec sa biographie romancée Blanche et Marie (nouvelle fenêtre) ,dont  l’action se situe à Paris au début du XXe siècle, retrace la vie de Blanche Wittman, malade mentale internée à la Pitié Salpêtrière,  avant qu’elle ne devienne l’assistante de Marie Curie et sa confidente.

Bjorn Larsson  avec Les poètes morts n’écrivent pas de policiers (nouvelle fenêtre) offre une pétillante satire du monde éditorial continuellement à la recherche du prochain succès. Derrière les apparences, seul un policier-poète saisira les vérités cachées.

Parmi les Finlandais, citons : Mika Waltari, même si sa production littéraire reflète une diversité de genre, il reste lié à son célèbre roman historique, d’une précision exceptionnelle Sinouhé l’Égyptien (nouvelle fenêtre) qui brosse le portrait des sociétés antiques méditerranéennes. Ce roman lui a offert une renommée internationale.

Dans les auteurs actuels remarqués, signalons Sofi Oksanen avec Purge (nouvelle fenêtre) qui aborde deux thèmes forts : communisme et prostitution, traités sans détours, au service d’un récit familial bouleversant, dans un style précis et agréable.

Arto Paasilina et ses œuvres sont caractérisés par un sens de l’humour et de la narration rare ; elles sont remplies d’une bonne humeur et d’une jovialité inhabituelles dans la littérature contemporaine, citons Le lièvre de Vatanen (nouvelle fenêtre)

Portée par quelques traducteurs émérites, notamment l’essentiel Eric Boury, la littérature islandaise commence à trouver un écho en France, grâce à la finesse de ses polars et de quelques auteurs de littérature blanche, avec une langue toujours inspirée par de grandes sagas nordiques.

Ava Olafdottir Audur est un auteur qui  sait  comme personne éclairer la vie ordinaire. Dans un  décor d’île noire  aux  paysages crépusculaires des personnages hors normes affrontent leur destinée avec une singulière drôlerie et une grâce  incomparable. L’embellie (nouvelle fenêtre) ou Rosa Candida (nouvelle fenêtre) par exemple en sont l’illustration.

Sjon est un auteur que l’on reconnait à ses textes créatifs, lyriques et poétiques ; l’on peut citer Le moindre des mondes (nouvelle fenêtre).

La Médiathèque regorge de textes de tous ces auteurs aux multiples facettes, venez les découvrir en format classique ou téléchargeables.

Et si vous cherchez des pistes de romans policiers, suivez prochainement la deuxième partie de cet article, qui leur sera consacré.

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BONUS : Poursuivez votre exploration nordique avec notre article Le coin de la Médiathèque d’avril prend la direction du Nord.

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