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La politique, source d’inspiration pour la fiction

6 Juin

Le « temps des scrutins » est revenu ! Un temps propice à la distraction par le biais de la fiction… La politique, sujet longtemps délaissé par le roman moderne, devient actuellement un thème porteur avec des variations sur l’amour, le pouvoir, l’argent, ou la trahison, et tout ce qui touche au ressort intime du combat politique. Les intrigues dévoilent les mécanismes ou les rouages cachés, en faisant découvrir par exemple  l’«envers» d’une campagne électorale, ou en nouant des intrigues diverses, cela signe le retour du héros, la vie du leader s’apparentant à une épopée où se succèdent des péripéties.

Divers auteurs au travers de l’histoire du monde ont relaté des histoires qui se jouent dans les arcanes du pouvoir et l’influence directe qui en découle sur le peuple.

Je vous en propose un certain nombre : le très célèbre  Stefan Zweig dans  Le Monde d’hier : Mémoire d’un Européen (nouvelle fenêtre)  préfigurait la montée du nationalisme, l’horreur de l’antisémitisme d’état et le « suicide de l’Europe. »

Sorti plus récemment,  le cauchemar de Winston (nouvelle fenêtre) de Bernard Du Boucheron attente à l’imagerie sacrée de l’histoire de la France occupée pendant la Deuxième Guerre mondiale, avec un ton sarcastique et tranchant. En mai 1941, Hitler renonce à attaquer L’Union soviétique. Soulagée de ce puissant ennemi, l’’Allemagne ne perdra pas la guerre…

Le zéro et l’infini (nouvelle fenêtre) d’Arthur Koestler, publié en 1940, restera un roman majeur du XXe siècle, il illustre la logique issue de la révolution russe.

Antoine Bello dans les Falsificateurs (nouvelle fenêtre) quant à lui, nous entraîne dans un récit passionnant jalonné de rebondissements qui mêlent fiction et réalité avec l’histoire d’une organisation secrète internationale dans les années 90, sous le mandat de Jacques Chirac.

Boualem Samsal avec  2084, la fin du monde (nouvelle fenêtre) s’inscrit dans la filiation d’’Orwell pour brocarder les dérives et l’’hypocrisie du radicalisme religieux qui menacent les démocraties.

La faute du président Loubet (nouvelle fenêtre) de Jacques Neyrinck : en 1904, une sombre affaire menace la République, Gabriel Syveton, le chef de la droite parlementaire est retrouvé asphyxié dans son bureau. Une époque bien restituée avec complotx et passion…

La trilogie de l’emprise (l’emprise, le quinquennat, ultime partie (nouvelle fenêtre)  de Marc Dugain offre avec ses trois tomes une plongée sans concession au cœur du système français où se mêlent intrigues politiques, industrielles et espionnage. Prolongez cette lecture par une analyse passionnante du dernier livre de Marc Dugain, L’homme nu, où après « La trilogie de l’emprise, cette plongée romanesque sans concession au cœur des arcanes du pouvoir et livrait une réflexion sur les grands de ce monde, l’auteur poursuit son travail de réflexion sur la surveillance et l’espionnage », écrit Florence B. sur Liseur dans son article du 17/10/2016 L‘homme nu, lecture. 

À  l’approche des échéances  électorales, explorez aussi le thème sous forme d’albums : les bandes-dessinées, le traitant avec le dessin, complémentaire du texte, apportent une touche légère, grinçante, outrée ou drôle pour ce sujet grave, ou sérieux. Moyen d’apréhender ce domaine et ses personnages, acteurs du petit théâtre du pouvoir.

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Quand la série télévisée s’empare de ce sujet, cela peut se décliner comme dans Show Me a Hero ce feuilleton en six épisodes, réalisé par David Simon, en 2015. De façon cruelle et fascinante il prend le pouls d’une société malade de son racisme à travers le personnage d’un jeune élu américain.

Une lutte de pouvoir complexe suit, les politiques s’écharpant sous l’influence d’une partie de la population (blanche) opposée à ce projet, craignant l’arrivée de familles (noires) suscitant tous les fantasmes. Ahurissant ? Réaliste, plutôt, et totalement actuel.

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Lettres nordiques (2e partie) : le cercle « polar »

25 Avr

L’aperçu de la littérature nordique proposé dans notre article Lettres nordiques (1ère partie) doit être complété par un genre qui tient en haleine des milliers de lecteurs en Europe comme ailleurs : les polars venus du froid.
Ils ont pour toile de fond la plupart du temps une critique sociale et historique, souvent très éloignée du modèle social nordique idyllique. Du très noir où la violence se joue à huis clos, avec la montée du racisme, des atmosphères particulières, des personnages au caractère fort, et des rebondissements permanents. Une qualité littéraire qui a souvent incité les lecteurs de littérature blanche à se plonger également dans ces romans noirs. Car elle leur a donné un second souffle, de plus ils se vendent bien, la plupart des ces auteurs de policiers ont commencé leur carrière dans d’autres genres littéraires.

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Historiquement c’est le couple formé de Maj Sjöwall et de Per Wahlöö, qui a fondé ce que les experts de la littérature policière qualifient encore aujourd’hui d’« école suédoise » du polar dans les années 70. Passionnés tous deux de criminologie, ils déclineront leur série dans lesquels évoluent l’inspecteur de police Martin Beck et son équipe. Ils « scénariseront » la société suédoise, citons Roseanna (nouvelle fenêtre) ou les Terroristes (nouvelle fenêtre) par exemple.

Et l’on retrouve Henning Mankel (1948-2015) l’un des auteurs phares de cette littérature nordique, père du célèbre commissaire Kurt Wallander qui incarnait une vision désabusée de la social-démocratie scandinave. Meurtriers sans visage (nouvelle fenêtre), les chiens de Riga (nouvelle fenêtre), la lionne blanche (nouvelle fenêtre)  etc…Lire notre article À Ystad Wallander est orphelin publié au décès de l’auteur en octobre 2015.

Jo Nesbo, qui fait partie des nouvelles révélations, incarne cette littérature du Grand Nord qui n’en finit pas de surprendre. Le souffle est là ! Les personnages, le ton, l’univers et l’épaisseur des intrigues. Il y eût l’école américaine et le néo polar, il y a désormais l’école noire du froid. Un de ses thrillers magistraux est Le léopard (nouvelle fenêtre)

Ake Edwardson centre ses romans autour de la figure du commissaire Erik Winter : ils ont été adaptés pour la télévision suédoise, assez captivant. Ce doux pays (nouvelle fenêtre)  nous fait vivre à un rythme haletant.

Karin Alvtegen avec Oublier son passé (nouvelle fenêtre) brosse le portrait tout en finesse d’une femme à la recherche de son identité au fil d’un fin thriller psychologique.

Aino Trosell avec  Ne les regarde pas dans les yeux (nouvelle fenêtre) offre une peinture sociale sur la littérature prolétarienne, plus forte que l’intrigue policière. Très prenant.

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Stieg Larsson (1954-2004) avec sa série addictive Millenium, a sans doute contribué à un mythe, mais il est mort avant d’avoir livré son dernier manuscrit. Cinq ans plus tard, des millions de lecteurs à travers le monde ont dévoré cette saga qui a pour cadre une Suède froide, misogyne et corrompue, hantée par les démons du passé nazi. Elle se décline en trois tomes : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (nouvelle fenêtre), La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (nouvelle fenêtre), La reine dans le palais des courants d’air (nouvelle fenêtre), C’est David Lagerkrantz qui achèvera le tome 04 : Ce qui ne me tue pas (nouvelle fenêtre), après la mort de son père fondateur. On y retrouve une intrigue prenante plongeant dans une actualité brûlante et un style efficace.

Camilla Lackberg fonde, quant à elle, des intrigues solides. Ses personnages ont de l’épaisseur, ses livres explorent les thèmes de la famille, des secrets, des déviances. Ses enquêteurs sont Erica Falck et Patrick Hedström. Citons La princesse des glaces (nouvelle fenêtre) ou Le dompteur de lions (nouvelle fenêtre).

Kjell Eriksson : La terre peut bien se fissurer (nouvelle fenêtre)  ou Le cercueil de pierre  (nouvelle fenêtre). Un polar social en milieu rural, sur fond de syndicalisme. Efficace.

Leif Davidsen : Le dernier espion (nouvelle fenêtre) Plutôt spécialisé dans le  roman d’espionnage, celui-ci sur le remenbrement de l’URSS ou encore L’ennemi dans le miroir (nouvelle fenêtre)  où l’on suit la police et un agent du renseignement proche d’Al-quaïda.

Arnaldurn Indridason. Grand nom de la littérature policière islandaise actuelle, il fut nommé à maintes reprises l’écrivain le plus populaire d’Islande, avec son personnage récurrent d’Erlendur. Citons La femme en vert (nouvelle fenêtre), La cité des jarres (nouvelle fenêtre), le lagon noir (nouvelle fenêtre). Avec leur psychologie fouillée,  ses romans sont prenants, authentiques, hantants et lyriques.

Gunnar Staalesen  : La belle dormit 100 ans (nouvelle fenêtre), Pour le meilleur et pour le pire (nouvelle fenêtre) sont des romans très agréables à lire, où l’auteur offre une vision sociale très réaliste qui porte un coup sérieux au célèbre modèle social scandinave, grâce à son fameux enquêteur Varg Veum.

Viveca Sten : Meurtre sur la Baltique (nouvelle fenêtre). Une nouvelle plume dans ces pays froids du Nord, qui savent avec talent nous concocter des récits haletants dans le registre du polar et du thriller. Dépaysant à souhait, ce polar est une intrigue simple mais bien ficelée qui a le mérite à chaque nouvelle investigation de nous faire voyager au large des îles suédoises, on retrouve avec plaisir le duo amical de Thomas, le flic et Nora, la juriste qui enquêtent. Une lecture détente très agréable. Ces romans donneront lieu à une adaptation télévisée sur Arte, intitulée Meurtre à Sandhamn qui se déclinera sur plusieurs saisons.

Peut-être ces nouveaux auteurs ont-t-il réussi à imposer une nouvelle orientation à la fiction scandinave. Ils s’éloignent résolument des polars classiques, des intrigues où le crime a lieu dans une pièce fermée, privilégiant des environnements complexes où les vices de tout genre se mêlent à la culture «globale» ainsi que les nouvelles technologies. Aussi longtemps qu’il existera un Grand Nord à vous glacer le sang, les auteurs de polars ne risqueront pas de faire fausse route.

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Lettres nordiques (1e partie)

14 Avr

Lorsque nous évoquons la littérature nordique, nous reviennent en mémoire les aventures de l’amusante Fifi Brindacier (nouvelle fenêtre), fruit de l’imagination d’Astrid Lindgren, ainsi que les inoubliables Contes d’Andersen (nouvelle fenêtre) qui ont bercé notre enfance.

Mais elle n’existe pas à proprement parler (danoise, finlandaise, islandaise, néerlandaise, norvégienne ou suédoise) elle est issue d’une longue tradition de contes et de sagas au souffle épique, et s’offre peu à peu aux lecteurs français avec une immense variété et une grande richesse.

Différents thèmes la caractérisent : la solitude, la communion avec la nature (le climat rude). Les auteurs nordiques offrent souvent une critique sociale ou politique, ou abordent l’enfance avec des textes graves empreints de poésie. Certains usent d’un humour décapant et féroce pour brosser les mêmes sujets.

Voici donc un petit panorama de cette littérature nordique d’aujourd’hui.

Parmi les Danois, citons Jorn Riel qui a la particularité d’avoir séjourné 16 ans au Groenland. Il en a rapporté de savoureux racontars d’une bande de joyeux drilles, tous amoureux d’un être cruellement absent de la banquise : la femme. Chacun a une aventure déjantée à raconter  La vierge froide et autres racontars (nouvelle fenêtre) entre autres.

Jens Christian Grondhal, auteur de renommée internationale,  articule son œuvre avec une grande finesse, autour du thème porteur de l’amour ainsi que les relations dans les couples modernes.  Découvrez-le avec : Bruits du cœur (nouvelle fenêtre) ou Les portes de fer (nouvelle fenêtre) par exemple.

Peter Hoeg quant à lui, a une œuvre sombre et exigeante, il fut particulièrement remarqué pour  Smilla ou l’amour de la neige (nouvelle fenêtre), roman traitant d’un possible homicide, avant l’explosion du marché des polars,  ce qui lui permit d’être le seul romancier scandinave contemporain à jouir d’un grand succès international.

Parmi les Norvégiens, la très remarquée Herbjorg Wassmo, dont l’œuvre s’enracine dans l’histoire de son pays. D’une plume pudique, elle retrace des sagas sombres aux destins de femmes dures à l’ouvrage. Au fil de ses livres, le thème récurrent de l’enfance meurtrie se décline à travers des personnages attachants, au parcours souvent dramatique. Le livre de Dina (nouvelle fenêtre) ou Cent ans.

Anne B. Ragde obtiendra un éclatant succès avec La Saga des Neshov (nouvelle fenêtre) qu’elle décline en trilogie. Le caractère agréable de cette épopée est donné par un suspense bien mené et une aptitude à construire minutieusement chacun des héros.

En ce qui concerne les auteurs suédois le célèbre Henning Mankell a séduit  de nombreux lecteurs par ses polars, mais aussi pour des romans profonds comme Un paradis trompeur (nouvelle fenêtre)  ou Les chaussures italiennes (nouvelle fenêtre) et Les bottes suédoises (nouvelle fenêtre) 

Vilhem Moberg et La saga des émigrants (nouvelle fenêtre) suit le destin de l’émigration suédoise aux États-Unis au milieu du XIXe siècle. L’un des personnages centraux de l’œuvre, Kristina, évoque la grand-mère de l’auteur.

Olov Enquist, avec sa biographie romancée Blanche et Marie (nouvelle fenêtre) ,dont  l’action se situe à Paris au début du XXe siècle, retrace la vie de Blanche Wittman, malade mentale internée à la Pitié Salpêtrière,  avant qu’elle ne devienne l’assistante de Marie Curie et sa confidente.

Bjorn Larsson  avec Les poètes morts n’écrivent pas de policiers (nouvelle fenêtre) offre une pétillante satire du monde éditorial continuellement à la recherche du prochain succès. Derrière les apparences, seul un policier-poète saisira les vérités cachées.

Parmi les Finlandais, citons : Mika Waltari, même si sa production littéraire reflète une diversité de genre, il reste lié à son célèbre roman historique, d’une précision exceptionnelle Sinouhé l’Égyptien (nouvelle fenêtre) qui brosse le portrait des sociétés antiques méditerranéennes. Ce roman lui a offert une renommée internationale.

Dans les auteurs actuels remarqués, signalons Sofi Oksanen avec Purge (nouvelle fenêtre) qui aborde deux thèmes forts : communisme et prostitution, traités sans détours, au service d’un récit familial bouleversant, dans un style précis et agréable.

Arto Paasilina et ses œuvres sont caractérisés par un sens de l’humour et de la narration rare ; elles sont remplies d’une bonne humeur et d’une jovialité inhabituelles dans la littérature contemporaine, citons Le lièvre de Vatanen (nouvelle fenêtre)

Portée par quelques traducteurs émérites, notamment l’essentiel Eric Boury, la littérature islandaise commence à trouver un écho en France, grâce à la finesse de ses polars et de quelques auteurs de littérature blanche, avec une langue toujours inspirée par de grandes sagas nordiques.

Ava Olafdottir Audur est un auteur qui  sait  comme personne éclairer la vie ordinaire. Dans un  décor d’île noire  aux  paysages crépusculaires des personnages hors normes affrontent leur destinée avec une singulière drôlerie et une grâce  incomparable. L’embellie (nouvelle fenêtre) ou Rosa Candida (nouvelle fenêtre) par exemple en sont l’illustration.

Sjon est un auteur que l’on reconnait à ses textes créatifs, lyriques et poétiques ; l’on peut citer Le moindre des mondes (nouvelle fenêtre).

La Médiathèque regorge de textes de tous ces auteurs aux multiples facettes, venez les découvrir en format classique ou téléchargeables.

Et si vous cherchez des pistes de romans policiers, suivez prochainement la deuxième partie de cet article, qui leur sera consacré.

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BONUS : Poursuivez votre exploration nordique avec notre article Le coin de la Médiathèque d’avril prend la direction du Nord.

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Jetez-vous à l’eau : lisez un livre.

2 Déc

La Grande Vague de Kanagawa, une estampe de Hokusai au Metropolitan Museum of Art

Sans eau pas de vie ! La richesse du thème, son actualité en font le sujet de bien des livres, documentaires bien sûr, déclinés de différentes façons, que ce soit dans le domaine politique, environnemental, technique, ou géographique. En littérature, poésie et théâtre, l’eau symbolise le rêve, ses références aquatiques positives ou négatives, peuvent être présentées sous différentes formes : source, puits ou fontaine, ruisseau, rivière ou fleuve, lac, étang ou marécage, mer ou océan, glace, pluie ou brouillard, et même larmes ! C’est un thème fascinant par excellence depuis l’antiquité.

Pour nous imprégner de cet élément lénifiant ou tonique à ses heures, je vous propose de vous « replonger » dans quelques passages du Bateau ivre d’Arthur Rimbaud.

«  Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages, Porteur de blés flamands ou de cotons anglais. Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages, Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées, Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants, Je courus ! Et les Péninsules démarrées N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes. Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes, Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !… »

Pour aller plus loin sur le sujet et saisir ses paradoxes, lisez cet article Les mythes et les symboliques sur le site du Centre d’information sur l’Eau avant de vous embarquer dans le flot des ces quelques romans.

Pierre Loti avec  Pêcheur d’Islande  est par excellence un roman de marin, puisque c’était du reste le métier de l’auteur.

Dans Colline de Jean Giono, tout est liquide, a la consistance de l’eau, et du feu c’est du reste le point central de l’œuvre.

Dans Manon des sources : l’eau des collines de Marcel Pagnol, le cœur du roman même touche à l’eau, déjà de par son titre, ainsi que dans cette région aride de Provence, où il se déroule, et où l’on recherche une source.

Dans la nouvelle fantastique Sur l’eau de Guy de Maupassant, il est question d’angoisse et de suspense, avec une découverte morbide faite par un  canotier sur la Seine.

Dans le grand Meaulnes d’Alain-Fournier, l’action se situe en Sologne entre étangs et marais, lieux où l’on chasse et l’on pêche.

On ne résume plus Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne,  si ce n’est par l’apparition d’une bête monstrueuse en 1866 dans plusieurs mers du globe qui défraie la chronique.

Le nègre de Narcisse de Joseph Conrad suit le périple d’un voilier qui quitte Bombay, en direction de l’Angleterre avec un équipage hétéroclite.

Dans Vendredi  ou les limbes du pacifique Michel Tournier revisite le thème de Robinson et aborde   l’eau (ne serait-ce que par la lieu, une île perdue), ainsi que les autres éléments.

Tahar Ben Jelloun dans partir situe son action à Tanger au bord d’une falaise, il est aussi question de prendre le bateau.

Chez Jean-Marie-Gustave Le Clezio, on constate l’apparition constante des éléments qui sont présents dans la nature ( la lumière, l’eau, le sable, la mer etc…) ce peut être dans Désert, par exemple.

Dans un barrage contre le pacifique de Marguerite Duras, une jeune veuve se débat contre les inondations sur ses terres non-cultivables.

Ainsi dans Les Derniers Jours de Corinthe, Alain  Robbe-Grillet salue ce « vieil océan aux vagues de cristal » et dévoile l’influence des mouvements de la mer sur son travail d’écriture.

La Rivière Espérance de Christian Signol trace le destin d’une famille de bateliers qui naviguaient sur la  Dordogne.

Dans l’Epopée du buveur d’eau de John Irving, le protagoniste farfelu du livre, suite à un problème urinaire, doit boire beaucoup d’eau.

Dans le supplice de l’eau Perceval Everett utilise l’eau comme pratique de torture dans la prison d’Abou Grahib à des fins exterminatrices.

Avec Le convoi de l’eau Akira Yoshimura trace d’une façon délicate, le destin d’une petite communauté liée aux travaux d’un barrage empêchant que leur village ne soit englouti.

Les Déferlantes de Claudie Gallay se situe au cap de la Hague dans le Cotentin, il y est question de secret porté par le vent.

Dans la grande nageuse d’Olivier Frébourg, Marion et le narrateur ont la même passion pour l’océan, lui en tant que marin et elle nageuse.

Nous sommes l’eau de Wally Lamb où le destin d’Annie s’apprête à franchir une nouvelle étape à Three rivers la ville où elle a vécu 27 ans baignée comme son nom l’indique par les rivières. Métaphore utilisée aussi dans ses choix de vie.

Catherine Poulain avec Le grand marin nous entraine dans une vie âpre et rude, celle d’une femme qui  voyage au cœur de l’Alaska où elle va pêcher le flétan.

On peut aussi évoquer  des récits de voyage comme Le passant du bout du monde de Francisco Coloane ou La longue route : seul entre ciel et mer de Bernard Moitessier

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  L’eau et le liquide en général s’infiltrent dans toutes les grandes thématiques. Elle rythme la vie des personnages et reflète leurs questionnements profonds et ceux de leur auteur, Dans  L’eau et les rêves de Gaston Bachelard, le philosophe se laisse davantage guider par les images des poètes en s’abandonnant à sa propre rêverie, dans un texte érudit. L’écoute de l’eau et de ses mystères entraine son lecteur dans une superbe méditation.

1942 – C’est près de l’eau que j’ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l’intermédiaire d’un rêveur. Si je veux étudier la vie des images de l’eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays. Je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin de la Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. La plus belle des demeures serait pour moi au creux d’un vallon, au bord d’une eau vive, dans l’ombre courte des saules et des osières.

Et maintenant, c’est à vous : plongez dans la lecture et laissez-vous porter  !

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