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Les rencontres de Liseur (2) : qu’est-ce que la Pop Culture ?

30 Sep

Le samedi 7 octobre 2017 à 15h, dans le cadre des Rencontres de Liseur, La Médiathèque de Levallois accueille Richard Mèmeteau pour une conférence intitulée : Qu’est-ce que la pop culture ?

Pop culture de Richard Mémeteau (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Professeur de philosophie et co-fondateur du blog Freakosophy.com, il est l’auteur de Pop culture, réflexions sur l’industrie du rêve et l’invention des identités (nouvelle fenêtre) paru chez Zones en 2014.

Dans son ouvrage, il porte un regard de philosophe et analyse le phénomène  «pop culture» tout en redonnant à cette dernière ses lettres de noblesse. Il offre une réflexion générale sur les cultures de masse à partir des réappropriations identitaires dont elles font l’objet ; il les réoriente, les reformule, les transforme pour produire des questionnements nouveaux sur ce thème actuel de l’enjeu politique des réappropriations par des communautés. Écoutez ce que l’auteur en dit sur France culture (nouvelle fenêtre).

Pour aller plus loin et saisir une dimension critique des écrits de Richard Mémeteau, l’on peut se référer au  site de Slate (nouvelle fenêtre) ou de Zones subversives (nouvelle fenêtre).

Wikipédia définit ainsi la pop culture :

La culture populaire (ou pop-culture) représente une forme de culture dont la principale caractéristique est d’être produite et appréciée par le plus grand nombre, à l’opposé d’une culture élitiste ou avant-gardiste qui ne toucherait qu’une partie aisée et/ou instruite de la population.

Dans les faits, on parle donc d’une forme de culture qui regroupe les œuvres et productions accessibles et connues par le plus grand nombre, que ce soit des séries télés, des films, des jeux vidéo, de la musique — ou même de la nourriture — et aussi, très largement, la culture Internet. La pop-culture a donc pour caractéristique d’être reconnaissable par tous et de puiser dans ce qui est mondialement connu, que cela soit à la mode ou fasse partie d’un héritage culturel commun.

Plutôt que de faire un état des lieux,  je vous propose de suivre de grands écrivains de cette forme singulière d’expression.

Les premiers furent ceux de la Beat Generation, Jack Kerouac, nomade dans l’âme,  parti en virée à travers les États-Unis, à son retour il écrivit Sur la route. William Burroughs, adepte des expérimentations, tomba dans l’errance et la drogue. Après une cure de désintoxication, il écrivit Le festin nu et Allen Ginsberg, figure de proue du mouvement hippie, devint le manifeste de la Beat Generation. Ils influencèrent directement les chanteurs comme Elvis Presley, Jim Morrison, Bob Dylan, Tom Waits, mais aussi le jeu et l’attitude de Marlon Brando ou James Dean.

On peut considérer qu’ils inspirèrent aussi Tom Wolfe, Truman Capote, Norman Mailer, avec un mode de reportage en immersion. Jay McInerney, Bret Easton Ellis,ou bien Philippe Djian, en sont les héritiers spirituels ; Djian, par son style lyrique et cash, avoue lui-même ce qu’il doit à Jack Kerouac, à Philip Roth, Ernest Hemingway, William Faulkner et Raymond Carver.

Elmore Leonard, qui débuta avec le western littéraire, se mit au polar et fut un orfèvre du dialogue, du portrait tendre et de l’entourloupe romanesque. Il a été adapté au cinéma par Abel Ferrara, Quentin Tarantino, Steven Soderbergh.

Des pulps américains jusqu’à Stephen King, la littérature reste un repère pop. Les pulps dans l’entre-deux guerres ont rénové le genre romanesque, et dans les années 1925-1930 l’objet pop est le livre de poche, ce qui a facilité l’éclosion des genres : science-fiction, polar, aventure, romance.

Dans les années 90, Michel Houellebecq se fit un nom en France en publiant Extension du domaine de la lutte qui décrit la solitude de l’homme moderne. Aujourd’hui, il est l’un des écrivains les plus connus et les plus sulfureux, son ironie est héritée de Louis-Ferdinand Céline mâtinée de rockers (il a notamment travaillé avec Iggy Pop).

Pour la décennie quatre-vingt-dix, on peut citer Chuck Palahniuk et son Fight club, histoires provocantes et loufoques. Tandis que Virginie Despentes a, en vingt ans, imposé sa verve, avec ses personnages empreints de violence, sa génération émergente, de la zone et du féminisme, dans Vernon Subutex par exemple.

Les Britanniques tels Nick Hornby, John King, David Peace et Irvine Welsh, quant à eux, apportent une dimension sociale à leurs écrits sur le sport, notamment sur le foot. Ce tableau est loin d’être exhaustif, mais il est le reflet de cette extraordinaire boule à facettes qu’est la pop culture.

Retrouvez tous ces grands noms dans votre Médiathèque, ainsi qu’une bibliographie sur cette thématique.

Bibliographie

Personne jusqu’ici en France ne s’était vraiment risqué à consacrer un ouvrage à une définition de ce qu’est, exactement, cette culture dite « pop ». Retard en partie réparé par Richard Mèmeteau qui – de Warhol à la série Lost en passant par Susan Sontag et Lady GaGa – dit ici l’essentiel : si « le pop » est un processus ambivalent mixant marchandise et art, il n’en a pas moins une dimension « proprement politique », dans le sens où il invite à « partager et apprendre à partager des croyances communes »〈…〉 Son essai n’en reste pas moins un coup d’éclat pionnier et très informé, qui annonce une plus grande finesse dans la compréhension de notre ère contaminée par l’Entertainment.

Extrait de la présentation du livre par Philippe Nassif sur le site de Philosophie magazine (nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec Les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE  : rendez-vous le samedi 7 octobre à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès- Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

BONUS :  l’article sur la 1ère des Rencontres de Liseur 2017-2018  :  Ubérisation du travail, précarisation, nouvelle consommation ou innovation salutaire ?

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La rentrée littéraire 2017 de la librairie Decitre

23 Sep

Dans les quelques 581 romans attendus ou particulièrement attendus cette année en littérature française, littérature étrangère, premiers romans,  voici ceux que nos libraires ont remarqués. Quels sont ceux qui vont recevoir un prix ? Le suspense demeure…

Les sujets évoquent l’actualité toujours, avec des thèmes universels ou intimes, ils interrogent la famille, le couple, les racines, l’Histoire, et sont marqués peut-être un peu plus par la légèreté, la fantaisie et la poésie.

Comme l’an dernier à la même époque Olivia de Lamberterie, directrice des pages culture de ELLE Magazine, et responsable de la rubrique « livres » animait la rencontre à la librairie Decitre (31, rue d’Alsace à Levallois) le mercredi 13 septembre 2017, avec 4 auteurs sélectionnés parmi ce paysage littéraire de qualité.

Ils vont tuer Robert Kennedy de Marc Dugain( catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Tout d’abord, Marc Dugain, qui est un des grands écrivains français, hanté par l’histoire, les évènements tragiques et les personnages réels. Dans La Malédiction d’Edgar (nouvelle fenêtre) il raconte le parcours de John Edgar Hoover à la tête du FBI de 1924 à 1972, période durant laquelle il assiste à l’élection de John Fitzgerald Kennedy. Ou dans Avenue des géants (nouvelle fenêtre) inspiré par le récit du cheminement intérieur d’un personnage réel, tueur hors du commun ainsi qu’un hymne à la route, aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette société américaine des années 60 en plein bouleversement, où le pacifisme s’illusionne dans les décombres de la guerre du Vietnam. Et dans ce dernier livre phare de la rentrée littéraire 2017, Ils vont tuer Robert Kennedy (nouvelle fenêtre) , un professeur d’histoire écrivant sa thèse sur le frère cadet de l’ancien président, dont il fut le ministre de la justice, est persuadé que la mort brutale de ses deux parents est liée à l’assassinat de celui qui était alors candidat à l’élection américaine, la même année. John Fitzgerald Kennedy. C’est un roman gigogne, une quête introspective historique palpitante qui se double d’une réflexion sur la morale et la culpabilité.

Les vacances de Julie WolkensteinJulie Wolkenstein s’était attachée à retracer dans sa fresque familiale  Adèle et moi  (nouvelle fenêtre) sa quête des origines. Nous la retrouvons ce soir avec  Les vacances (bientôt disponible à La Médiathèque), roman rafraichissant et tonique dont elle parle avec beaucoup de drôlerie en hommage à Eric Rohmer dans Les petites filles modèles, premier long métrage, jamais sorti au cinéma et disparu. Il s’en suit une  enquête en Normandie, qui mêle des personnages réels ou fictifs  et c’est ce qui donne aussi à cette histoire une profondeur inattendue tant par le ton  plaisant, désinvolte et spirituel, c’est avant tout sur eux-mêmes que Paul et Sophie enquêtent sans s’en rendre compte.

La légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle NohantGaëlle Nohant, avec un souffle puissant et généreux, nous avait séduit dans La part des flammes (nouvelle fenêtre) en nous entrainant de rebondissements en révélations à la manière d’un roman feuilleton. La légende d’un dormeur éveillé (bientôt disponible à La Médiathèque), qui est le livre présenté ce soir,  offre un délicieux travail biographique construit avec une plume virevoltante ! Ce roman passionnant ressuscite le poète Robert Desnos (1900- 1945), surréaliste de la première heure, fêtard de l’aube, journaliste curieux de tout, et, pour finir, résistant au risque de sa vie, qu’il perdra.

 

Nos richesses de Kaouter AdimiLa jeune Kaouther Adimi offre en 3 livres une auscultation de la société contemporaine, de ses souffrances, ses espérances aussi bien dans L’envers des autres  ou  Des pierres dans ma poche pour cette rentrée avec  Nos richesses (bientôt disponible)  elle nous parle d’Edmond Charlot et de sa minuscule librairie crée à Alger, placée sous l’égide de Giono, qu’il baptise Les vraies Richesses. Et pour inaugurer son catalogue, il publie le premier texte d’un inconnu : Albert Camus. Mais la révolte gronde en Algérie en cette veille de Seconde Guerre mondiale. Son récit alterne avec le sort d’un jeune Algérien en 2017. C’est une splendide déclaration d’amour à la littérature, seul trait d’union entre les époques et les êtres.

Elle figure sur la liste du Goncourt et du Renaudot 2017.

Pour retrouver les livres présentés par  la librairie Decitre en 2016 : Nous avons rencontré pour vous 4 auteurs à la librairie Decitre

La politique, source d’inspiration pour la fiction

6 Juin

Le « temps des scrutins » est revenu ! Un temps propice à la distraction par le biais de la fiction… La politique, sujet longtemps délaissé par le roman moderne, devient actuellement un thème porteur avec des variations sur l’amour, le pouvoir, l’argent, ou la trahison, et tout ce qui touche au ressort intime du combat politique. Les intrigues dévoilent les mécanismes ou les rouages cachés, en faisant découvrir par exemple  l’«envers» d’une campagne électorale, ou en nouant des intrigues diverses, cela signe le retour du héros, la vie du leader s’apparentant à une épopée où se succèdent des péripéties.

Divers auteurs au travers de l’histoire du monde ont relaté des histoires qui se jouent dans les arcanes du pouvoir et l’influence directe qui en découle sur le peuple.

Je vous en propose un certain nombre : le très célèbre  Stefan Zweig dans  Le Monde d’hier : Mémoire d’un Européen (nouvelle fenêtre)  préfigurait la montée du nationalisme, l’horreur de l’antisémitisme d’état et le « suicide de l’Europe. »

Sorti plus récemment,  le cauchemar de Winston (nouvelle fenêtre) de Bernard Du Boucheron attente à l’imagerie sacrée de l’histoire de la France occupée pendant la Deuxième Guerre mondiale, avec un ton sarcastique et tranchant. En mai 1941, Hitler renonce à attaquer L’Union soviétique. Soulagée de ce puissant ennemi, l’’Allemagne ne perdra pas la guerre…

Le zéro et l’infini (nouvelle fenêtre) d’Arthur Koestler, publié en 1940, restera un roman majeur du XXe siècle, il illustre la logique issue de la révolution russe.

Antoine Bello dans les Falsificateurs (nouvelle fenêtre) quant à lui, nous entraîne dans un récit passionnant jalonné de rebondissements qui mêlent fiction et réalité avec l’histoire d’une organisation secrète internationale dans les années 90, sous le mandat de Jacques Chirac.

Boualem Samsal avec  2084, la fin du monde (nouvelle fenêtre) s’inscrit dans la filiation d’’Orwell pour brocarder les dérives et l’’hypocrisie du radicalisme religieux qui menacent les démocraties.

La faute du président Loubet (nouvelle fenêtre) de Jacques Neyrinck : en 1904, une sombre affaire menace la République, Gabriel Syveton, le chef de la droite parlementaire est retrouvé asphyxié dans son bureau. Une époque bien restituée avec complotx et passion…

La trilogie de l’emprise (l’emprise, le quinquennat, ultime partie (nouvelle fenêtre)  de Marc Dugain offre avec ses trois tomes une plongée sans concession au cœur du système français où se mêlent intrigues politiques, industrielles et espionnage. Prolongez cette lecture par une analyse passionnante du dernier livre de Marc Dugain, L’homme nu, où après « La trilogie de l’emprise, cette plongée romanesque sans concession au cœur des arcanes du pouvoir et livrait une réflexion sur les grands de ce monde, l’auteur poursuit son travail de réflexion sur la surveillance et l’espionnage », écrit Florence B. sur Liseur dans son article du 17/10/2016 L‘homme nu, lecture. 

À  l’approche des échéances  électorales, explorez aussi le thème sous forme d’albums : les bandes-dessinées, le traitant avec le dessin, complémentaire du texte, apportent une touche légère, grinçante, outrée ou drôle pour ce sujet grave, ou sérieux. Moyen d’apréhender ce domaine et ses personnages, acteurs du petit théâtre du pouvoir.

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Quand la série télévisée s’empare de ce sujet, cela peut se décliner comme dans Show Me a Hero ce feuilleton en six épisodes, réalisé par David Simon, en 2015. De façon cruelle et fascinante il prend le pouls d’une société malade de son racisme à travers le personnage d’un jeune élu américain.

Une lutte de pouvoir complexe suit, les politiques s’écharpant sous l’influence d’une partie de la population (blanche) opposée à ce projet, craignant l’arrivée de familles (noires) suscitant tous les fantasmes. Ahurissant ? Réaliste, plutôt, et totalement actuel.

Le Récit d’enfance ou d’adolescence

24 Mai

Le récit d’enfance est rétrospectif et parle au plus grand nombre, puisqu’il cherche à mettre en valeur la formation de la personnalité du héros-narrateur, et le sens de sa vie. Sa vision du monde renvoie souvent à son propre vécu, tant la reconstitution du passé est fidèle aux impressions qu’il peut avoir ressenti.

La littérature regorge de ce  type de récit, que le héros ait été, brimé, maltraité, brutalisé, aimé ou adulé, il en résulte une sensation d’exactitude, avec des « événements » rendus plus importants par leurs résonances affectives.
Étymologiquement « enfant» vient du latin in farer et signifie  » qui ne parle pas ».
Le thème de l’enfance creuse son sillon dans la littérature de la fin du XIXe siècle aux années 1950.
Ces récits vont du roman autobiographique au récit personnel mêlé de fiction, de la quête de vérité à la compilation de souvenirs, en passant par la recherche de soi et des prémices de sa personnalité.

Si vous souhaitez vous replonger délicieusement dans les souvenirs d’enfance :

Des plus classiques…

Les confessions (nouvelle fenêtre) de Rousseau, donne aux écrivains la conscience d’avoir été un enfant et le désir de l’exprimer. Un élan naît. Il se traduit par la publication de mémoires, car les premières années de la vie favorisent  légitimement leurs places.

C’est le cas pour Chateaubriand avec Les mémoires d’outre-tombe (nouvelle fenêtre) qui relate ses origines familiales et les déboires des uns et des autres.

George Sand, quant à elle, choisit la forme épistolaire dans Histoire de ma vie (nouvelle fenêtre). 

L’enfant (nouvelle fenêtre) de Jules Vallès est un récit typique de l’enfance du XIXe siècle, où l’enfant est humilié et opprimé.

Le célèbre Poil de carotte (nouvelle fenêtre) de Jules Renard, est un enfant mal aimé aux prises d’une famille cruelle, qui en viendra à ruser pour braver les adultes.

La maison de Claudine (nouvelle fenêtre) de Colette, relate en courtes scènes la vie de l’auteur à la campagne. Ou encore Sido (nouvelle fenêtre) qui présente la genèse de la personnalité de l’auteure, une étape-clé de son enfance, un peu comme une sorte d’âge d’or.

Souvenirs d’enfance (La gloire de mon père) (nouvelle fenêtre) de Marcel Pagnol est une série qui regroupe quatre romans autobiographiques : La gloire de mon père, de la naissance de l’auteur jusque à ses premières années scolaires et en vacances à la Treille ; Le Château de ma mère en est le prolongement chronologique, et sa rencontre avec un jeune paysan. Puis le temps de secrets relate l’entrée au lycée de Thiers. Le temps des amours clora cette tétralogie.

Memoires d’une jeune fille rangée (nouvelle fenêtre)  de Simone de Beauvoir traite de son parcours, de la toute petite enfance à son agrégation en philosophie. Elle décrit son éducation bourgeoise dans une famille désargentée et son virage social et philosophique.

W ou le souvenir d’enfance (nouvelle fenêtre) de George Perec, s’appuie sur les bribes de souvenirs de l’auteur qui a perdu son père au combat et sa mère en camp, et éclairent la partie fictionnelle du récit qui suit.

Enfance (nouvelle fenêtre) de Nathalie Sarraute, retrace ses 11 premières années déchiréee entre ses parents divorcés, elle naviguera  entre la Russie et la France.

La place (nouvelle fenêtre) où Annie Ernaux relate son enfance à Yvetot (Calvados) ainsi que la vie de sa famille (et plus spécialement son père), jusqu’à la mort de celui-ci et leurs rapports.

Aux plus actuels.

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Pour aller plus loin nous vous suggérons,  l’article d’Arnaud Genon, L’enfance à travers les âges (nouvelle fenêtre)  Acta fabula, vol. 7, n° 4, Août-Septembre 2006.

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Lettres nordiques (2e partie) : le cercle « polar »

25 Avr

L’aperçu de la littérature nordique proposé dans notre article Lettres nordiques (1ère partie) doit être complété par un genre qui tient en haleine des milliers de lecteurs en Europe comme ailleurs : les polars venus du froid.
Ils ont pour toile de fond la plupart du temps une critique sociale et historique, souvent très éloignée du modèle social nordique idyllique. Du très noir où la violence se joue à huis clos, avec la montée du racisme, des atmosphères particulières, des personnages au caractère fort, et des rebondissements permanents. Une qualité littéraire qui a souvent incité les lecteurs de littérature blanche à se plonger également dans ces romans noirs. Car elle leur a donné un second souffle, de plus ils se vendent bien, la plupart des ces auteurs de policiers ont commencé leur carrière dans d’autres genres littéraires.

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Historiquement c’est le couple formé de Maj Sjöwall et de Per Wahlöö, qui a fondé ce que les experts de la littérature policière qualifient encore aujourd’hui d’« école suédoise » du polar dans les années 70. Passionnés tous deux de criminologie, ils déclineront leur série dans lesquels évoluent l’inspecteur de police Martin Beck et son équipe. Ils « scénariseront » la société suédoise, citons Roseanna (nouvelle fenêtre) ou les Terroristes (nouvelle fenêtre) par exemple.

Et l’on retrouve Henning Mankel (1948-2015) l’un des auteurs phares de cette littérature nordique, père du célèbre commissaire Kurt Wallander qui incarnait une vision désabusée de la social-démocratie scandinave. Meurtriers sans visage (nouvelle fenêtre), les chiens de Riga (nouvelle fenêtre), la lionne blanche (nouvelle fenêtre)  etc…Lire notre article À Ystad Wallander est orphelin publié au décès de l’auteur en octobre 2015.

Jo Nesbo, qui fait partie des nouvelles révélations, incarne cette littérature du Grand Nord qui n’en finit pas de surprendre. Le souffle est là ! Les personnages, le ton, l’univers et l’épaisseur des intrigues. Il y eût l’école américaine et le néo polar, il y a désormais l’école noire du froid. Un de ses thrillers magistraux est Le léopard (nouvelle fenêtre)

Ake Edwardson centre ses romans autour de la figure du commissaire Erik Winter : ils ont été adaptés pour la télévision suédoise, assez captivant. Ce doux pays (nouvelle fenêtre)  nous fait vivre à un rythme haletant.

Karin Alvtegen avec Oublier son passé (nouvelle fenêtre) brosse le portrait tout en finesse d’une femme à la recherche de son identité au fil d’un fin thriller psychologique.

Aino Trosell avec  Ne les regarde pas dans les yeux (nouvelle fenêtre) offre une peinture sociale sur la littérature prolétarienne, plus forte que l’intrigue policière. Très prenant.

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Stieg Larsson (1954-2004) avec sa série addictive Millenium, a sans doute contribué à un mythe, mais il est mort avant d’avoir livré son dernier manuscrit. Cinq ans plus tard, des millions de lecteurs à travers le monde ont dévoré cette saga qui a pour cadre une Suède froide, misogyne et corrompue, hantée par les démons du passé nazi. Elle se décline en trois tomes : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (nouvelle fenêtre), La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (nouvelle fenêtre), La reine dans le palais des courants d’air (nouvelle fenêtre), C’est David Lagerkrantz qui achèvera le tome 04 : Ce qui ne me tue pas (nouvelle fenêtre), après la mort de son père fondateur. On y retrouve une intrigue prenante plongeant dans une actualité brûlante et un style efficace.

Camilla Lackberg fonde, quant à elle, des intrigues solides. Ses personnages ont de l’épaisseur, ses livres explorent les thèmes de la famille, des secrets, des déviances. Ses enquêteurs sont Erica Falck et Patrick Hedström. Citons La princesse des glaces (nouvelle fenêtre) ou Le dompteur de lions (nouvelle fenêtre).

Kjell Eriksson : La terre peut bien se fissurer (nouvelle fenêtre)  ou Le cercueil de pierre  (nouvelle fenêtre). Un polar social en milieu rural, sur fond de syndicalisme. Efficace.

Leif Davidsen : Le dernier espion (nouvelle fenêtre) Plutôt spécialisé dans le  roman d’espionnage, celui-ci sur le remenbrement de l’URSS ou encore L’ennemi dans le miroir (nouvelle fenêtre)  où l’on suit la police et un agent du renseignement proche d’Al-quaïda.

Arnaldurn Indridason. Grand nom de la littérature policière islandaise actuelle, il fut nommé à maintes reprises l’écrivain le plus populaire d’Islande, avec son personnage récurrent d’Erlendur. Citons La femme en vert (nouvelle fenêtre), La cité des jarres (nouvelle fenêtre), le lagon noir (nouvelle fenêtre). Avec leur psychologie fouillée,  ses romans sont prenants, authentiques, hantants et lyriques.

Gunnar Staalesen  : La belle dormit 100 ans (nouvelle fenêtre), Pour le meilleur et pour le pire (nouvelle fenêtre) sont des romans très agréables à lire, où l’auteur offre une vision sociale très réaliste qui porte un coup sérieux au célèbre modèle social scandinave, grâce à son fameux enquêteur Varg Veum.

Viveca Sten : Meurtre sur la Baltique (nouvelle fenêtre). Une nouvelle plume dans ces pays froids du Nord, qui savent avec talent nous concocter des récits haletants dans le registre du polar et du thriller. Dépaysant à souhait, ce polar est une intrigue simple mais bien ficelée qui a le mérite à chaque nouvelle investigation de nous faire voyager au large des îles suédoises, on retrouve avec plaisir le duo amical de Thomas, le flic et Nora, la juriste qui enquêtent. Une lecture détente très agréable. Ces romans donneront lieu à une adaptation télévisée sur Arte, intitulée Meurtre à Sandhamn qui se déclinera sur plusieurs saisons.

Peut-être ces nouveaux auteurs ont-t-il réussi à imposer une nouvelle orientation à la fiction scandinave. Ils s’éloignent résolument des polars classiques, des intrigues où le crime a lieu dans une pièce fermée, privilégiant des environnements complexes où les vices de tout genre se mêlent à la culture «globale» ainsi que les nouvelles technologies. Aussi longtemps qu’il existera un Grand Nord à vous glacer le sang, les auteurs de polars ne risqueront pas de faire fausse route.

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