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Philip Roth, ce grand écrivain américain

23 Juin

Depuis le mardi 22 mai 2018, à l’âge de 85 ans, Philip Roth, immense écrivain américain, l’un des  préférés des Français, considéré comme l’un des témoins les plus lucides et implacables des travers de la société américaine, et auteur d’une œuvre majestueuse et imposante de 28 romans, n’est plus. Il fit preuve d’une incroyable énergie créatrice. Son talent n’est plus à découvrir, sa réputation plus à faire.

Né le 19 mars 1933 à Newark dans le New Jersey, Philip Roth est le petit-fils d’immigrés juifs. Ses œuvres seront fortement influencées par son milieu social. Sa ville natale y constitue un  personnage à part entière. Il étudie à l’université de Pennsylvanie puis à Chicago. Après avoir enseigné les lettres, il s’installe à New York pour se consacrer à l’écriture. Il commence à publier dans le New Yorker. En 1959, il rencontre le succès avec son premier recueil de nouvelles, Goodbye Columbus qui dresse un portrait au vitriol de l’Amérique. La critique salue presque unanimement la naissance d’un écrivain en lui décernant le prestigieux National Book Award…

Une célébrité qui sent le soufre

Avec Portnoy et son complexe (nouvelle fenêtre) en 1970, il s’attire les foudres de la communauté juive-américaine, ce qui lui vaut d’être considéré comme l’« enfant terrible » du roman juif-américain jusqu’aux années 1990. Car ce monologue comique traite du sort d’un jeune avocat juif, traumatisé par une mère à l’amour étouffant, sur le divan de son psychanalyste. Il s’en prend à l’éducation archaïque qu’il a reçue de ses parents et qui d’après lui, héréditairement, traumatise les enfants. La forme narrative choisie confère au récit une grande liberté, le ton est vif et âpre.

Avant que l’auto-fiction ne soit inventée il se compose un alter ego, Nathan Zuckerman, (qu’il fait apparaitre dans 9 livres) notamment dans les trois romans universellement célébrés de la Trilogie  américaine qui débute avec La pastorale américaine  (nouvelle fenêtre) où Nathan Zuckerman lui-même évoque les failles mais surtout les revers du rêve américain devenu tas de cendres, avec les ravages de la guerre du Vietnam. Dans ce livre, l’auteur fait tordre le cou aux mythes d’un autre âge. Il obtient pour ce titre le Pulitzer en 1998.

J’ai épousé un communiste (nouvelle fenêtre) : en 1998, dans ce récit à deux voix, Nathan Zuckerman et son vieux professeur remontent le fil d’une mémoire brouillée, celle d’Iron Ringold, celle d’une Amérique plongée dans la tourmente du maccarthysme, au temps de la peur paranoïde de la subversion communiste. C’est une nouvelle fois brillant ! Avec une plume acérée et érudite, il dresse un portrait décapant d’une Amérique malade de son conformisme et de ses peurs.

Dans l’excellent roman La tache (nouvelle fenêtre) il dénonce une Amérique puritaine et renfermée sur elle-même. Ce texte lui permet d’obtenir le Médicis étranger en 2002. Il s’agit d’un roman sur l’affaire Lewinsky qui défraye la chronique à cette époque : Nathan Zuckerman y retrouve l’épaisseur perdue dans les deux précédents volumes. Cette fois, l’action se situe dans un campus universitaire où le héros est convoqué par le professeur Coleman pour raconter sa version de l’histoire. Comme dans les précédents textes de Philip Roth, il est question de trahisons et de vengeances.

L’auteur inspire le cinéma puisque plusieurs de ses grands livres ont été adaptés. Voici un extrait de La Couleur du mensonge (2003) de Robert Benton, transposition de La tache, interprété par Anthony Hopkins et Nicole Kidman.

Parallèlement à cette trilogie, il n’a cessé d’écrire, et je ne vais pas ici vous dresser une liste in extenso de ses œuvres, mais plutôt mettre l’accent sur certaines. Si l’auteur a abordé des thèmes récurrents, telle l’histoire récente des États-Unis, il est aussi obsédé par l’identité, le sexe, et règle ses comptes avec les femmes (on l’accusera du reste d’être misogyne), mais aussi avec « les rabbins, les hommes politiques, les psychanalystes et les critiques littéraires », selon ses propres mots.  Dans la grande tradition Balzacienne, il parle dans chaque livre d’argent, plutôt la notion du patrimoine familial, comme héritage culturel transmis par les parents.

Dans Patrimoine : une histoire vraie (nouvelle fenêtre) (en 1994) justement il y fait forcement référence. Puisque l’on suit l’agonie de Herman son père pendant que l’auteur le guide et l’assiste jusqu’à s’identifier à lui. Texte cruel et émouvant dont il fait un récit universel pour ne jamais oublier, avec retenue et causticité.

Il écrit La bête qui meurt (nouvelle fenêtre) en 2001 sur la révolution sexuelle des années 1960. On retrouve ici les thèmes chers à Philip Roth  : les plaisirs de la chair, les conventions rigides dans une Amérique bien-pensante, les souvenirs de la révolution sexuelle… à travers le portrait de ce professeur sympathique, esthète érudit et cultivé, pris dans le piège de la dépendance amoureuse.
Brillante analyse des comportements humains, réflexion sur la vieillesse et la mort, c’ est un petit bijou de finesse et d’émotion.

Le complot contre l’Amérique (nouvelle fenêtre) (2004) imagine le destin d’une famille juive de Newark si les États-Unis avaient élu l’aviateur Charles Lindbergh, un sympathisant nazi notoire, plutôt que Franklin D. Roosevelt en 1940. Des observateurs affirment que la présidence de Donald Trump permet d’apprécier ce dernier ouvrage sous un nouveau jour.

Dans Un homme (nouvelle fenêtre) (2006) il décrit avec fatalisme et brio le destin de cet homme, dont on ne connait même pas le nom. Ainsi, chacun pourra y trouver sa part de vérité. La maladie, la vieillesse, la peur de ne plus séduire, les mariages ratés, les enfants détestés, une fille chérie, des liens très forts avec un frère, l’histoire du papa juif qui aura tout fait pour cet homme… autant de petites aventures, certes banales dans la vie de tout un chacun, mais que Roth a le secret de dévoiler avec justesse Un homme simple, stoïque, digne face à la maladie, un homme comme nous tous, capable du pire et du meilleur, voué à la finitude.

Indignation (nouvelle fenêtre) (2008)  : en pleine guerre de Corée, Marcus Messner, jeune garçon d’origine juive et fils de boucher de Newark, sérieux et travailleur, bon fils, et excellent élève subit le harcèlement de son père, en proie à une véritable paranoïa au sujet de son fils bien-aimé.

Le Rabaissement (nouvelle fenêtre)  (2009)  : Simon Axler fut un très grand écrivain… À 60 ans, il a perdu son talent, sa magie et sa confiance en lui. Encore une fois, Philip Roth fait avec ce roman une magnifique composition d’intelligence, d’érotisme et de désolation.

Dans Némésis (nouvelle fenêtre) paru en 2010, il relate les ravages causés auprès de la jeunesse par la guerre en 1944, et une terrible épidémie de poliomyélite qui sévit à Newark et se propage.  Et il annonce que ce sera son ultime roman.

S’il adopte un ton caustique dans la première partie de son œuvre, il aura tendance à devenir plus contestataire, moins provocateur au fil de ses écrits.

Fin observateur de la société américaine et de ses travers, le natif de Newark avait été régulièrement pressenti pour le Nobel de littérature, sans jamais l’obtenir. Sa plume exigeante, sa lucidité implacable sur la bien-pensance de la société américaine, ses conformismes et préjugés ont valu à Philip Roth d’entrer en France, dans le collection de la Pléiade en 2017, temple sacré des virtuoses de la littérature, réparant ainsi l’affront de l’Académie Suédoise.

Voici quelques citations qui jalonnent ses œuvres :

Dans Complot contre l’Amérique :

Ne vient-il pas un temps dans la vie où le devoir est le plaisir, plutôt que le plaisir un devoir.

Dans La bête qui meurt

Le vrai écrivain n’est pas celui qui raconte des histoires, mais celui qui se raconte dans l’histoire. La sienne et celle, plus vaste du monde dans lequel il vit.

Le rabaissement

Ne vous battez pas contre vous-même. Il y a suffisamment de cruauté dans le monde

Indignation

N’attends pas que ta main soit froide pour donner

Un Homme

La paix intérieure vient de n’avoir personne à ses trousses, personne qui vous caricature, ou qui vous snobe ou qui vous méjuge.

Un autre nom à l’œuvre clairvoyante et puissante, Tom Wolfe, nous a lui aussi quitté le 10 mai 2018 à l’âge de 88 ans, nous laissant orphelins d’un autre  grand conteur de l’Amérique moderne.

Relisez : Le bucher des vanités (nouvelle fenêtre ) (1987) succès mondial qui dénonce les codes sociaux des États-Unis du XXe siècle. L’étoffe  des héros (nouvelle fenêtre) fresque sur fond de guerre froide avec les étoiles comme enjeu : 7 astronautes à la conquête du ciel. Moi, Charlotte Simmons (nouvelle fenêtre), avec une intrigue en milieu universitaire gangréné par le laxisme des profs et le matérialisme des étudiants.

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Ces livres que vous avez aimé… ces livres que vous aimerez …

2 Juin

Nathan Hill, Britt Bennett, Alice Zeniter, Frank Thilliez, Sorj Chalandon, Colson Whithead, Lapena Shari, Eric Reinhardt, Miguel Bonnefoy, Abby Jenny… vous avez été nombreux à encenser les romans de ces auteurs, à l’aube de l’été, je vous propose de découvrir des romanciers que vous pourriez aimer avant (ou pendant) les vacances.

Je vais commencer par saluer l’œuvre de Karl Ove Knausgaard intitulée Mon combat (nouvelle fenêtre) (non sans provocation). Son autobiographie, quatrième tome paru en 2017  Aux confins du monde (nouvelle fenêtre)  est puissamment addictive. Cette entreprise se déclinera en 6 volumes. Bien qu’adulé dans le monde entier et mystérieusement sous-estimé en France l’écrivain norvégien a  décidé de raconter entièrement sa vie. Le décès de son père, son histoire d’amour, son enfance ou la fin de son adolescence qui est le sujet d’ aux confins du monde. Dans un style brut, direct avec une capacité à atteindre l’universel, à saisir l’essentiel tout en offrant un vrai regard sur la société nordique, et l’identité masculine.

  • Si vous avez aimé de Nathan Hill Les fantômes du vieux pays (nouvelle fenêtre) Tantôt satire d’une jeunesse ultra connectée des années 2010, tantôt fissuration d’un idéal, le livre fait de chaque chapitre un univers à lui seul. L’auteur nous transporte en Irak, dans un fourgon rempli de GI s, avant de nous faire vivre à l’intérieur d’un jeu vidéo. Ce livre est une fine méditation sur l’identité, la perte, le besoin et la difficulté de vivre ensemble dans un monde dissolu.
  • Vous aimerez peut-être de Jonathan Franzen Phénomènes naturels (nouvelle fenêtre). Dans ce roman polymorphe on retrouve le talent atypique de cet auteur américain. La comédie familiale satirique qui se joue dans ce livre se transforme  ensuite  en se muant en un thriller écologique.
  • Si vous avez aimé ce premier roman étranger de Brit Bennett  Le cœur battant de nos mères (nouvelle fenêtre ) Cette jeune prodige livre un roman aussi grave que sensible sur l’entrée dans l’âge adulte. Adolescente Afro-américaine de Californie, Nadia perd brutalement sa mère. Deuil quelque peu atténué par l’arrivée de Luke, le fils du pasteur. Brit Bennett sait associer poésie et puissance narrative. Elle traque les doutes  et les joies de toute une communauté d’une plume mature et incroyablement lumineuse.
  • Vous aimerez peut-être le très joli roman dIsabelle Carré  Les rêveurs (nouvelle fenêtre) Dans ce livre qui commence comme un roman, et qui s’achève plutôt comme un récit autobiographique, la comédienne raconte son enfance et son adolescence dans les années 70 dans une famille un peu décalée.
  • Si vous avez aimé d’Alice Zeniter L’Art de perdre (nouvelle fenêtre) Plus d’un demi-siècle après la signature des accords d’Evian, la guerre d’Algérie resurgit grâce à cette fresque romanesque puissante et audacieuse, habilement documentée,  qu’ Alice Zeniter  relate à plusieurs voix. Celles d’Ali, Hamid, Naîma et tous les autres embarqués dans un voyage qui ne finit jamais émigrés perpétuels, ces générations successives seront prisonnières d’un passé tenace. Elle détaille les conditions de vie de cette famille Kabyle comme les autres qui porte les stigmates de cette guerre, des morts, de l’exil, du travail aliénant. Il a été couronné de nombreux prix, amplement mérités,  notamment le Goncourt des lycéens 2018. Avec une sensibilité rigoureuse et vaillante, Alice Zeniter, 31 ans, met des mots sur cette interminable aphasie, celle d’une .famille, la nôtre aussi.
  • Vous aimerez peut-être de Blas de Roblès Dans l’épaisseur de la chair (nouvelle fenêtre) , c’est à travers l’histoire personnelle d’un homme, tout un pan de l’histoire de l’Algérie, depuis l’arrivée des grands-parents, venus d’Espagne, jusqu’au retour en France, au début des années 60. Et ça commence par une apostrophe terrible, lancée par le père à son fils – Tu n’as jamais été un vrai pied-noir ! – doublée d’une question en écho : Qu’est-ce qu’un vrai pied-noir ? Le récit est enlevé, brillant, philosophique, drôle Et avant tout, le magnifique hommage d’un fils à son père.
  • Pour changer de genre vous avez été nombreux à plébisciter Frank Thilliez et son Sharko (nouvelle fenêtre). Avec son talent incontournable et une trame des plus captivantes, l’auteur nous plonge dans les abysses du sang et de l’horreur. Impossible d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue.
  • Vous aimerez peut-êtreNuit (nouvelle fenêtre) de Bernard Minier,  le retour tant attendu de Servaz dans un face à face angoissant avec Hirtmann, nuit de tempête en mer du Nord secoué par des vents violents l’hélicoptère dépose Kirste Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L’inspectrice Norvègienne mène l’enquête sur le meurtre d’une technicienne de la base off-shore. Un homme manque à l’appel, en fouillant sa cabine Kirsten trouve une série de photos. Quelques jours plus tard elle est dans le bureau de Martin Servaz, l’absent est Julien Hirtmann un tueur retors et insaisissable que Martin traque depuis des années. C’est le début d’un voyage terrifiant au bout de la nuit le plus redoutable des ennemis.
  • Si vous avez aimé de Sorj Chalandon Le jour d’avant (nouvelle fenêtre) ce livre est un vibrant hommage aux mineurs qui ont perdu la vie à Liévin-Lens en 1974. Cette histoire que l’auteur retrace avec détails et émotion rend compte de leurs conditions de travail, de l’esprit de famille qui les animait, comme de leur fierté d’exercer un métier qu’ils se transmettaient de génération en génération. Le manque de reconnaissance de la nation les blessait d’autant plus. C’est une belle histoire classique qui suffirait à nourrir le livre, mais Sorj Chalandon ménage à son lecteur un ultime et imprévisible rebondissement digne de ses qualités de grand auteur. Une finesse d’écriture, une intrigue violente et haletante, la sensibilité de ses mots et Sorj Chalandon nous embarque et nous bouleverse.
  • Vous aimerez peut-être :  Les loyautés (nouvelle fenêtre) de Delphine de Vigan. Finie l’autofiction pour Delphine de Vigan. Avec ce texte  elle fait place à un roman social abordant un certain nombre de thématiques actuelles. Les destins croisés de quatre personnages : Théo, enfant de parents divorcés ; Mathis, son ami, qu’il entraîne sur des terrains dangereux ; Hélène, professeure de collège à l’enfance violentée, qui s’inquiète pour Théo ; Cécile, la mère de Mathis, qui voit son équilibre familial vaciller. Une exploration des loyautés qui les unissent ou les enchaînent les uns aux autres.
  • Si vous avez aimé  Underground railroad (nouvelle fenêtre) de Colson Whithead : Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Et va vivre une incroyable odyssée. Colson Whithead avec une originalité et une maitrise époustouflante explore les mécanismes du racisme. À la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une œoeuvre politique d’ aujourd’hui plus que jamais nécessaire.
  • Vous aimerez peut-être de Véronique Olmi  et Bakhita ( nouvelle fenêtre ) L’histoire de Bakhita née au Darfour est un cauchemar, enfant elle est enlevée et vendue à des négriers musulmans et entre dans un univers de violence et d’humiliation. Dans ce roman pénétrant Véronique Olmi a su trouver les mots pour dire la souffrance, l’horreur, l’abjection des hommes, autant que la beauté, la bienveillance et l’amour de son héroîne.
  • Si vous avez aimé de Lapena Shari Le couple  d’à côté (nouvelle fenêtre). Lorsque  leur bébé  disparait Le chagrin, l’angoisse,  l’espoir,  la déception,  les interrogations  transforment  la vie d’Anne et de Marco, deux jeunes parents  en  enfer,  d’autant  plus  que  les  médias  ont  envahi  le quartier  ne  leur laissant  aucun répit. Et nous voici entraînés dans la spirale diabolique de ce thriller psychologique qui réussit habilement à jouer avec nos nerfs.
  • Vous aimerez peut-être de Paula Hawkins Au fond de l’eau (nouvelle fenêtre) la star mondiale du thriller « psychologique domestique » est donc retour avec ce « Au fond de l’eau ». Trois femmes, parmi onze personnages, habitent le roman de Paula Hawkins dans une atmosphère sombre et gothique. Inéluctablement, on s’enfonce au fond de l’eau. Oui, pourra-t-on vraiment remonter à la surface ?…Le canevas est habile, il aborde avec sensibilité les violences faites aux femmes.
  • Si vous avez aimé dEric Reinhardt La chambre des époux (nouvelle fenêtre) Dans ce roman se déploie plusieurs histoires gigognes qui se croisent et se mêlent dans une construction paradoxalement remarquable d’évidence et de clarté. Ici l’imaginaire intime de l’auteur se lâche plus que jamais. Sophistiqué, romantique et impudique, élégant, tranchant, il suit inlassablement pourtant son fil conducteur, cette quête de la beauté universelle censée sauver le monde à travers l’amour et l’art.
  • Vous aimerez peut-être de Grégoire Delacourt  La femme qui ne vieillissait pas (nouvelle fenêtre) est un conte réaliste sur le rêve de beaucoup de d’hommes et de femmes : arrêter le temps qui passe quand il est encore temps.
  • Si vous avez aimé de Miguel Bonnefoy Sucre noir (nouvelle fenêtre )  Vous allez plonger dans l’ambiance des pirateries, avec l’odeur sucrée et enivrante du rhum dans le climat humide des mangroves. Vous découvrez les personnages forts et attachants avec leurs secrets. Dans une prose somptueuse, on y voit  Chacun chercher son trésor comme des pirates. Envoutant et sensuel ce court roman est addictif.
  • Vous aimerez peut-être de Virginie Caille-Bastide Le sans-Dieu (nouvelle fenêtre) Premier roman d’aventure prometteur qui débute en 1709 en Bretagne, et que l’on retrouve ensuite dans la mer des Caraïbes tout y est la vengeance, les secrets, l’île au trésor, les batailles, les trahisons, les amitiés. l’auteur utilise le style de langage propre au 18e siècle. Cela peut surprendre mais on s’y fait très vite.
  • Si vous avez aimé d’Abby Jenni Farallon Island (nouvelle fenêtre). Cette petite merveille de mécanique romanesque vous emporte a un rythme haletant dans un enchaînement de situations de survie sur une féroce et magnifique île qui semble regorger de secrets. L’univers suggéré est étouffant, angoissant, et s’adresse autant aux amateurs de policiers qu’aux passionnés de romans naturalistes. Dans cet envoûtant à huis clos, tendu à l’extrême, la psychologie d’une équipe de  scientifiques est décortiquée et analysée avec une grande subtilité. Un roman où la nature, nous hante longtemps après la lecture.
  • Vous aimerez peut-être de Jenni Fagan Les buveurs de lumières (nouvelle fenêtre) Troublant roman d’apprentissage tout en clair-obscur, sur fond de crise climatique et de fin du monde, étrange et lent ce roman a un charme qui se déploie, laissant place à un sentiment d’amour et d’espoir étrange et beau.
  • Ou d’Emily Fridlund Une histoire des loups (nouvelle fenêtre ) Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. . La jeune fille entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Troublant et poétique, Best-seller dès sa parution aux États-Unis, ce premier roman  a été acclamé par la critique.

Si vous possédez une liseuse ou une tablette, n’oubliez pas que certaines de nos pépites sont disponibles en version numérique !

Panorama de la littérature italienne contemporaine

4 Avr

Après Les origines de la littérature italienne contemporaine,  je voudrais, dans cet aperçu sur l’expression  narrative italienne contemporaine, souligner la nature hybride et multiforme d’une grande partie des romans actuels. Si  la plupart des écrivains qui se sont imposés dans le paysage littéraire l’on  fait autour des années 80, il est important néanmoins de noter que les générations précédentes ont eu une rôle très influent,  certains sont très estimés à l’étranger.

Reprenons la génération de années 30

Elle comprend de grande figures intellectuelles tel Umberto Eco mort en 2016, et laissant derrière lui une œuvre foisonnante, on peut citer le Nom de la rose (nouvelle fenêtre)  mélange du suspense narratif et des plaisirs érudits ; assez différent  Le Pendule de Foucault (nouvelle fenêtre) donne un visage nouveau à la vieille histoire des Templiers. Plus tard,  à 78 ans, dans le Cimetière de Prague (nouvelle fenêtre), Eco démontre encore la verdeur de son imagination romanesque en entraînant le lecteur sur les traces d’un faussaire à la recherche d’une vérité cachée dans un repli de l’Histoire, au XIXe siècle.

De même Antonio Tabucchi disparu en 2012, dont j’ai déjà parlé  dans le précédent article Origine de la littérature contemporaine italienne, écrit des livres dont les personnages se cherchent, mais qui finalement optent pour le courage, induit par l’injustice et toutes les formes de dictature. Citons Tristano meurt (nouvelle fenêtre)

Les  romanciers nés dans les années 50/60, font partie d’une génération particulièrement fertile. Son grand représentant, Erri De Luca;  adopte une  narration assez traditionnelle il est écrivain, poète et traducteur, et a obtenu en 2002 le prix Femina étranger, pour son livre Montedidio (nouvelle fenêtre) Les personnages qu’il campe sont des gens simples, emplis de sagesse populaire. La période qu’il a choisie ici pour son narrateur est celle de la fin de l’adolescence, celle du rite initiatique symbolisé par le « boumeran ». Les personnages phares de cette histoire, l’adolescent et le bossu, sont tout deux en quête d’un graal, d’un changement.
Parmi les « jeunes narrateurs » nés dans les années 50, il serait impardonnable de ne pas mentionner Alessandro Baricco, dont les romans ont été traduits partout en Europe, ainsi qu’en Asie et en Amérique. Il a remporté un vif succès avec Soie (nouvelle fenêtre), c’ est une longue nouvelle qui se situe au XIXe siècle dont le personnage principal est un marchand français de ver à soie.

Parmi les auteurs dont la renommée ne date pas d’hier, Andréa Camilleri  connait un énorme succès  en Italie comme ailleurs, grâce à ses romans policiers mettant en scène le sarcastique commissaire Montalbano. L’ atmosphère de ses romans et  ses personnages fascinent des milliers de lecteurs. Par exemple, Chien de faience (nouvelle fenêtreoù un patron de la mafia met en scène son arrestation afin de sauver la face devant un monde cruel qu’il répudie.
Dans la veine du polar, citons Carlo Lucharelli avec La huitième vibration (nouvelle fenêtre), Marcello Fois avec  la lumière parfaite (nouvelle fenêtre) et Giancarlo Di Cataldo avec Les traitres (nouvelle fenêtre) et Massimo Carlotto avec le souffle court (nouvelle fenêtre). Ces quatre romanciers mettent souvent au centre de leurs intrigues les mensonges et les secrets de l’histoire officielle, l’histoire récente de l’Italie étant au centre de leur œuvre.

Dans Saltatempo (nouvelle fenêtre) Stefano Benni mêle une chronique de la vie d’un rebelle avec une fantaisie toute poétique : ce roman plein de tendresse a enchanté un grand nombre de lecteurs à travers l’Europe, il entre dans la veine des auteurs de romans plutôt légers et comiques.

Citons d’autres auteurs modernes incontournables :  Sandro Veronesi  pour Terres rares  (nouvelle fenêtre) qui est une réflexion émouvante fouillant dans les moindres recoins de l’âme. Niccolo Amanniti avec Comme Dieu veut (nouvelle fenêtre) est un auteur très apprécié et très populaire en Italie. Il excelle dans les récits purs et efficaces, avec des rencontres impossibles, il creuse la vie dans ce qu’elle a de plus absurde, de plus mystérieux.

À côté d’écrivains plus mûrs, on a l’affirmation d’une nouvelle génération de narrateurs qui a gagné beaucoup de succès, par exemple  Margaret Mazzantini  avec Écoute-moi (nouvelle fenêtre), ou Roberto Saviano  avec Gomorra : dans l’empire de la Camora (nouvelle fenêtre) qui  n’est pas un roman mais un document sur l ‘histoire de la Mafia, il tirera aussi de cette enquête  une  célèbre série télévisuelle réalisée par Stefano Sollima entre autre, portant le même titre.

L’art de la joie (nouvelle fenêtre) de Giordana Sapienza est un roman d’apprentissage : il foisonne d’une multitude de vies et traverse le XXe siècle et ses tragédies en étant un hymne à la joie.

Paolo Giordano, dans  la solitude des nombres premiers (nouvelle fenêtre), dépeint deux personnages marqués par des évènements terribles qui compromettent leurs vies d’adultes.

L’auteur sarde Milena Agus avec Mal de pierres (nouvelle fenêtre), récit sans doute autobiographique, d’une sensibilité à fleur de page, devient ainsi un très bel éloge de l’imagination qui a raison de la réalité.

La jeune Silvia Avallone avec D’acier (nouvelle fenêtre) ou Marina Belezza (nouvelle fenêtre) se révèle une fois encore incroyablement douée pour décrire les failles de notre société, les doutes de sa jeunesse et le mouvement qui la pousse à se réapproprier sa terre et ses origines.

Et pour clore ce panorama, n’oublions pas la célèbre Elena Ferrante et sa saga déployée en 4 tomes  L’Amie prodigieuse (nouvelle fenêtre); Le Nouveau Nom (nouvelle fenêtre,) celle qui fuit et celle qui reste (nouvelle fenêtre,) L’enfant perdue (nouvelle fenêtre), œuvres que tout le monde s’arrache et qui retrace dans le Naples des années 50 la vie de deux amies dans un quartier défavorisé de la ville, deux héroïnes inoubliables que l’on suivra  dans un monde riche et bouillonnant façon grand roman du XIXe siècle. L’ampleur historique et sociologique de cette saga évoque à certain moments les œuvres d’ Elsa Morante.

Avant la saga qui l’a fait connaitre, Elena Ferrante a publié d’autres romans qui sont autant de variations sur l’identité féminine, la maternité et la folie. Il s’agit de Poupée volée (nouvelle fenêtre), Les jours de mon abandon (nouvelle fenêtre).

Origines de la littérature italienne contemporaine

26 Mar

La littérature italienne contemporaine est l’héritière des différents écrivains de l’unité du pays et des courants dessinés à travers l’histoire ainsi que d’une culture plusieurs fois millénaire.

Son influence tient aussi à de grands classiques tels Dante avec La divine comédie (nouvelle fenêtre ) les poèmes de Pétrarque,  Boccace et son Decameron, ou encore  Fiammetta  (nouvelle fenêtre), mais également l’œuvre philosophique de Machiavel avec Le Prince (nouvelle fenêtre) ainsi que le théâtre de Goldoni (nouvelle fenêtre)

L’unification Italienne vue par Tomaso Di Lampedusa

Le guépard  (nouvelle fenêtre) de Lampedusa marque un tournant dans la littérature italienne. En effet c’est une œuvre essentielle qui célèbre la renaissance, et où l’auteur est un  observateur avisé de la haute société italienne, de ses rituels sociaux  et de la façon dont ses membres essaient de suivre l’évolution sociale et politique.

Manzoni, un écrivain  romantique déterminant.

En ce qui concerne les écrivains romantiques du 19e siècle, citons Alessandro Manzoni, et son roman fondateur Les fiancés.

Le courant anticonformiste « scapigliatura »

Comme tête de file, Emilio Praga (à la façon d’un Baudelaire italien ), forcement en opposition au conservatisme culturel de l’époque, écrivain, poète, peintre et librettiste.

Le naturalisme appelé « vérisme » en Italie

Initié par Giovanni Verga. Dans  les Malavoglia  (nouvelle fenêtre), il propose  de décrire les mutations sociales provoquées par le désir de progrès économique, mais en réalité il s’attache à narrer la décadence d’une famille de pêcheurs d’Aci Trezza, près de Catane.

La génération des années trente

Rosetta Loy n’a pas son pareil pour camper une histoire de guerre à l’atmosphère feutrée, malgré la proximité de l’horreur, dans un  chocolat chez Hanselmann (nouvelle fenêtre)  par exemple.

La période fasciste

Elle a fortement imprégné la littérature transalpine, que Natalia Ginzburg a relaté dans Tous nos hier,  avec  un prisme subjectif  ou féministe dans La mère. Vous pouvez la retrouver dans un roman plus actuel C’est ainsi que cela s’est passé (nouvelle fenêtre)

Tandis que Malaparte lui dénonce la violence de la guerre et la  terreur répandue , et témoigne de résistance dans sa  fameuse trilogie Technique du coup d’état, Kaputt et La peau.

De même Mario Rigoni Stern avec Les saisons de Giacomo (nouvelle fenêtre)  offre une succession de tableaux brefs mais intenses, d’images fugitives mais puissantes, et célèbre les éternelles valeurs d’une terre de fraternité.

Le courant néoréaliste

Citons Italo Calvino  avec Le Sentier des nids d’araignée, un roman qu’il écrit au lendemain  de la Seconde guerre mondiale et qui se déroule principalement au sein de la Résistance italienne antifasciste.

Après la chute du fascisme, et le referendum de 1946, l’Italie devient une république, ce qui apporte de nombreux changement : politique, culturel et social redonnant sa place à la littérature, le néoréalisme est né et se développe surtout dans le cinéma , il trouve des influences dans le roman, et est initié par Elio Vittorini, qui participe à la traduction de nombreux auteurs étrangers, qui étaient interdits par le régime. Citons aussi  Carlo Emilio Gadda, qui est un auteur confirmé de cette mouvance avec Les merveilles d’Italie (nouvelle fenêtre)  et qui  nous invite  à découvrir une Italie qu’aucun voyageur n’a décrite avant lui. Ce n’est plus seulement l’Italie de l’histoire, des arts et du bel canto, mais aussi l’Italie du travail et de la technologie.

Le surréalisme

Dino Buzzatti, quant à lui, déploie un thème récurrent dans son œuvre : la lutte contre le temps sans que l’homme sans aperçoive, que l’on retrouve dans  le recueil de nouvelles surréalistes,  Le K (nouvelle fenêtre)                                                     

Pour illustrer le roman sociétal

Alberto Moravia  questionne beaucoup dans son œuvre la société et le couple avec par exemple, L’ennui (Nouvelle fenêtre) ou Le mépris, (nouvelle fenêtre) adapté au cinéma par Jean-Luc Godard. C’est vraisemblablement de son métier de journaliste que lui vient l’habitude de chercher des thèmes de la vie quotidienne. Ainsi que son épouse Elsa Morante  avec La storia (nouvelle fenêtre), un livre accueilli comme une des œuvres majeures du XX° siècle.

Alors que Pier Paolo Pasolini connu pour son engagement social et politique nous offre une œuvre artistique et intellectuelle éclectique qui a marqué la critique. On peut ainsi citer Théorème (nouvelle fenêtre) qui est une parabole d’un genre unique et inclassable.  Il y observe  la société italienne de l’après-guerre et se montre très critique vis à vis de la société consumériste qui en découlera.

Il trouvera quelques héritiers comme Antonio Tabucchi., qui lui aussi fait a une œuvre militante, avec Pereira prétend (nouvelle fenêtre) 

Après toutes ces années de bouillonnement intellectuel, la « Berlusconnisation » de la société entraine un désinterêt grandissant pour la lecture, marqué par la prédominance de plus en plus accrue de la télévision et celle de  la civilisation américaine qui initient les jeunes à des expériences qui  se fondent essentiellement sur la musique et la vidéo offrant une autre perception moins littéraire du monde.

Si le sujet vous intéresse, je vous propose une deuxième partie plus actuelle, qui s’intitulera : Panorama de la littérature italienne contemporaine sur Liseur.

Les rencontres de Liseur (2) : qu’est-ce que la Pop Culture ?

30 Sep

Le samedi 7 octobre 2017 à 15h, dans le cadre des Rencontres de Liseur, La Médiathèque de Levallois accueille Richard Mèmeteau pour une conférence intitulée : Qu’est-ce que la pop culture ?

Pop culture de Richard Mémeteau (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Professeur de philosophie et co-fondateur du blog Freakosophy.com, il est l’auteur de Pop culture, réflexions sur l’industrie du rêve et l’invention des identités (nouvelle fenêtre) paru chez Zones en 2014.

Dans son ouvrage, il porte un regard de philosophe et analyse le phénomène  «pop culture» tout en redonnant à cette dernière ses lettres de noblesse. Il offre une réflexion générale sur les cultures de masse à partir des réappropriations identitaires dont elles font l’objet ; il les réoriente, les reformule, les transforme pour produire des questionnements nouveaux sur ce thème actuel de l’enjeu politique des réappropriations par des communautés. Écoutez ce que l’auteur en dit sur France culture (nouvelle fenêtre).

Pour aller plus loin et saisir une dimension critique des écrits de Richard Mémeteau, l’on peut se référer au  site de Slate (nouvelle fenêtre) ou de Zones subversives (nouvelle fenêtre).

Wikipédia définit ainsi la pop culture :

La culture populaire (ou pop-culture) représente une forme de culture dont la principale caractéristique est d’être produite et appréciée par le plus grand nombre, à l’opposé d’une culture élitiste ou avant-gardiste qui ne toucherait qu’une partie aisée et/ou instruite de la population.

Dans les faits, on parle donc d’une forme de culture qui regroupe les œuvres et productions accessibles et connues par le plus grand nombre, que ce soit des séries télés, des films, des jeux vidéo, de la musique — ou même de la nourriture — et aussi, très largement, la culture Internet. La pop-culture a donc pour caractéristique d’être reconnaissable par tous et de puiser dans ce qui est mondialement connu, que cela soit à la mode ou fasse partie d’un héritage culturel commun.

Plutôt que de faire un état des lieux,  je vous propose de suivre de grands écrivains de cette forme singulière d’expression.

Les premiers furent ceux de la Beat Generation, Jack Kerouac, nomade dans l’âme,  parti en virée à travers les États-Unis, à son retour il écrivit Sur la route. William Burroughs, adepte des expérimentations, tomba dans l’errance et la drogue. Après une cure de désintoxication, il écrivit Le festin nu et Allen Ginsberg, figure de proue du mouvement hippie, devint le manifeste de la Beat Generation. Ils influencèrent directement les chanteurs comme Elvis Presley, Jim Morrison, Bob Dylan, Tom Waits, mais aussi le jeu et l’attitude de Marlon Brando ou James Dean.

On peut considérer qu’ils inspirèrent aussi Tom Wolfe, Truman Capote, Norman Mailer, avec un mode de reportage en immersion. Jay McInerney, Bret Easton Ellis,ou bien Philippe Djian, en sont les héritiers spirituels ; Djian, par son style lyrique et cash, avoue lui-même ce qu’il doit à Jack Kerouac, à Philip Roth, Ernest Hemingway, William Faulkner et Raymond Carver.

Elmore Leonard, qui débuta avec le western littéraire, se mit au polar et fut un orfèvre du dialogue, du portrait tendre et de l’entourloupe romanesque. Il a été adapté au cinéma par Abel Ferrara, Quentin Tarantino, Steven Soderbergh.

Des pulps américains jusqu’à Stephen King, la littérature reste un repère pop. Les pulps dans l’entre-deux guerres ont rénové le genre romanesque, et dans les années 1925-1930 l’objet pop est le livre de poche, ce qui a facilité l’éclosion des genres : science-fiction, polar, aventure, romance.

Dans les années 90, Michel Houellebecq se fit un nom en France en publiant Extension du domaine de la lutte qui décrit la solitude de l’homme moderne. Aujourd’hui, il est l’un des écrivains les plus connus et les plus sulfureux, son ironie est héritée de Louis-Ferdinand Céline mâtinée de rockers (il a notamment travaillé avec Iggy Pop).

Pour la décennie quatre-vingt-dix, on peut citer Chuck Palahniuk et son Fight club, histoires provocantes et loufoques. Tandis que Virginie Despentes a, en vingt ans, imposé sa verve, avec ses personnages empreints de violence, sa génération émergente, de la zone et du féminisme, dans Vernon Subutex par exemple.

Les Britanniques tels Nick Hornby, John King, David Peace et Irvine Welsh, quant à eux, apportent une dimension sociale à leurs écrits sur le sport, notamment sur le foot. Ce tableau est loin d’être exhaustif, mais il est le reflet de cette extraordinaire boule à facettes qu’est la pop culture.

Retrouvez tous ces grands noms dans votre Médiathèque, ainsi qu’une bibliographie sur cette thématique.

Bibliographie

Personne jusqu’ici en France ne s’était vraiment risqué à consacrer un ouvrage à une définition de ce qu’est, exactement, cette culture dite « pop ». Retard en partie réparé par Richard Mèmeteau qui – de Warhol à la série Lost en passant par Susan Sontag et Lady GaGa – dit ici l’essentiel : si « le pop » est un processus ambivalent mixant marchandise et art, il n’en a pas moins une dimension « proprement politique », dans le sens où il invite à « partager et apprendre à partager des croyances communes »〈…〉 Son essai n’en reste pas moins un coup d’éclat pionnier et très informé, qui annonce une plus grande finesse dans la compréhension de notre ère contaminée par l’Entertainment.

Extrait de la présentation du livre par Philippe Nassif sur le site de Philosophie magazine (nouvelle fenêtre)

Prenez de la hauteur, et venez penser le monde d’aujourd’hui avec Les Rencontres de Liseur !

PRATIQUE  : rendez-vous le samedi 7 octobre à 15h à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean-Jaurès- Levallois – 01 47 15 76 43). Entrée libre.

BONUS :  l’article sur la 1ère des Rencontres de Liseur 2017-2018  :  Ubérisation du travail, précarisation, nouvelle consommation ou innovation salutaire ?

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