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Yasmina Khadra, président du Salon du Roman Historique de Levallois 2017

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Cette année, l’écrivain Yasmina Khadra sera président de la 6ème édition du Salon du Roman Historique de Levallois qui aura lieu le 26 février 2017, l’occasion pour le blog Liseur de revenir sur sa carrière.

Yasmina Khadra, que l’on peut découvrir dans cette vidéo moyen métrage de Arte France réalisée par Régine Abadia en 2011 (nouvelle fenêtre), de son vrai nom Mohamed Moulessehoul, est né à Kenadsa dans le Sahara algérien le 10 janvier 1955. Sous ce pseudonyme féminin se cache un écrivain prolifique et talentueux qui, au fil de ses œuvres, a su contribuer à faire connaitre le monde arabe et dénoncer les violences et les injustices. Au-delà de sa renommée mondiale, ses écrits sont empreints d’authenticité, son style est riche et singulier et ses livres sont une véritable invitation à la réflexion sur la complexité du monde d’aujourd’hui.

À 9 ans, son père le confie à l’École militaire des cadets pour faire de lui un officier. Et c’est quand il quitte l’armée en 2000 qu’il se consacre à l’écriture. Il s’installe en France et acquiert rapidement une consécration et une renommée internationales, avec le quatuor algérien, La part du mort, Morituri, Double-blanc, L’automne des chimères (nouvelle fenêtre), série de romans noirs avec le commissaire Brahim Llob en héros, à Alger dans les années 90.

Mais c’est vraiment à partir de 2002 que Yasmina Khadra accède à la notoriété avec une trilogie :  Les hirondelles de Kaboul (nouvelle fenêtre), L’Attentat (nouvelle fenêtre), pressenti par les jurys du Goncourt et du Renaudot en 2005, puis en 2006 Les Sirènes de Bagdad(nouvelle fenêtre) où il choisit de côtoyer de près le terrorisme.
Dernièrement, il puise son inspiration dans les conflits actuels : L’Équation africaine (nouvelle fenêtre)  en 2011, Les anges meurent de nos blessures (nouvelle fenêtre) en 2013, Qu’attendent les singes (nouvelle fenêtre) en 2014 et À quoi rêvent les loups (nouvelle fenêtre) en  2015.
La dernière nuit du Raïs
(nouvelle fenêtre), publié en 2015, retrace les dernières heures du colonel Khadafi, tandis que son dernier opus Dieu n’habite pas la Havane (nouvelle fenêtre), sorti en 2016, célèbre la mélodie joyeuse du peuple cubain.
Son œuvre est traduite en 33 langues, et plusieurs de ses livres ont été adaptés, notamment au cinéma, au théâtre mais également en bandes dessinées.

À NE PAS MANQUER : interview exclusive de Yasmina Khadra le vendredi 10 février 2017 à 17 h. À suivre en live sur la page Facebook de la Ville de Levallois  !

Jetez-vous à l’eau : lisez un livre.

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La Grande Vague de Kanagawa, une estampe de Hokusai au Metropolitan Museum of Art

Sans eau pas de vie ! La richesse du thème, son actualité en font le sujet de bien des livres, documentaires bien sûr, déclinés de différentes façons, que ce soit dans le domaine politique, environnemental, technique, ou géographique. En littérature, poésie et théâtre, l’eau symbolise le rêve, ses références aquatiques positives ou négatives, peuvent être présentées sous différentes formes : source, puits ou fontaine, ruisseau, rivière ou fleuve, lac, étang ou marécage, mer ou océan, glace, pluie ou brouillard, et même larmes ! C’est un thème fascinant par excellence depuis l’antiquité.

Pour nous imprégner de cet élément lénifiant ou tonique à ses heures, je vous propose de vous « replonger » dans quelques passages du Bateau ivre d’Arthur Rimbaud.

«  Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages, Porteur de blés flamands ou de cotons anglais. Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages, Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées, Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants, Je courus ! Et les Péninsules démarrées N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes. Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes, Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !… »

Pour aller plus loin sur le sujet et saisir ses paradoxes, lisez cet article Les mythes et les symboliques sur le site du Centre d’information sur l’Eau avant de vous embarquer dans le flot des ces quelques romans.

Pierre Loti avec  Pêcheur d’Islande  est par excellence un roman de marin, puisque c’était du reste le métier de l’auteur.

Dans Colline de Jean Giono, tout est liquide, a la consistance de l’eau, et du feu c’est du reste le point central de l’œuvre.

Dans Manon des sources : l’eau des collines de Marcel Pagnol, le cœur du roman même touche à l’eau, déjà de par son titre, ainsi que dans cette région aride de Provence, où il se déroule, et où l’on recherche une source.

Dans la nouvelle fantastique Sur l’eau de Guy de Maupassant, il est question d’angoisse et de suspense, avec une découverte morbide faite par un  canotier sur la Seine.

Dans le grand Meaulnes d’Alain-Fournier, l’action se situe en Sologne entre étangs et marais, lieux où l’on chasse et l’on pêche.

On ne résume plus Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne,  si ce n’est par l’apparition d’une bête monstrueuse en 1866 dans plusieurs mers du globe qui défraie la chronique.

Le nègre de Narcisse de Joseph Conrad suit le périple d’un voilier qui quitte Bombay, en direction de l’Angleterre avec un équipage hétéroclite.

Dans Vendredi  ou les limbes du pacifique Michel Tournier revisite le thème de Robinson et aborde   l’eau (ne serait-ce que par la lieu, une île perdue), ainsi que les autres éléments.

Tahar Ben Jelloun dans partir situe son action à Tanger au bord d’une falaise, il est aussi question de prendre le bateau.

Chez Jean-Marie-Gustave Le Clezio, on constate l’apparition constante des éléments qui sont présents dans la nature ( la lumière, l’eau, le sable, la mer etc…) ce peut être dans Désert, par exemple.

Dans un barrage contre le pacifique de Marguerite Duras, une jeune veuve se débat contre les inondations sur ses terres non-cultivables.

Ainsi dans Les Derniers Jours de Corinthe, Alain  Robbe-Grillet salue ce « vieil océan aux vagues de cristal » et dévoile l’influence des mouvements de la mer sur son travail d’écriture.

La Rivière Espérance de Christian Signol trace le destin d’une famille de bateliers qui naviguaient sur la  Dordogne.

Dans l’Epopée du buveur d’eau de John Irving, le protagoniste farfelu du livre, suite à un problème urinaire, doit boire beaucoup d’eau.

Dans le supplice de l’eau Perceval Everett utilise l’eau comme pratique de torture dans la prison d’Abou Grahib à des fins exterminatrices.

Avec Le convoi de l’eau Akira Yoshimura trace d’une façon délicate, le destin d’une petite communauté liée aux travaux d’un barrage empêchant que leur village ne soit englouti.

Les Déferlantes de Claudie Gallay se situe au cap de la Hague dans le Cotentin, il y est question de secret porté par le vent.

Dans la grande nageuse d’Olivier Frébourg, Marion et le narrateur ont la même passion pour l’océan, lui en tant que marin et elle nageuse.

Nous sommes l’eau de Wally Lamb où le destin d’Annie s’apprête à franchir une nouvelle étape à Three rivers la ville où elle a vécu 27 ans baignée comme son nom l’indique par les rivières. Métaphore utilisée aussi dans ses choix de vie.

Catherine Poulain avec Le grand marin nous entraine dans une vie âpre et rude, celle d’une femme qui  voyage au cœur de l’Alaska où elle va pêcher le flétan.

On peut aussi évoquer  des récits de voyage comme Le passant du bout du monde de Francisco Coloane ou La longue route : seul entre ciel et mer de Bernard Moitessier

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  L’eau et le liquide en général s’infiltrent dans toutes les grandes thématiques. Elle rythme la vie des personnages et reflète leurs questionnements profonds et ceux de leur auteur, Dans  L’eau et les rêves de Gaston Bachelard, le philosophe se laisse davantage guider par les images des poètes en s’abandonnant à sa propre rêverie, dans un texte érudit. L’écoute de l’eau et de ses mystères entraine son lecteur dans une superbe méditation.

1942 – C’est près de l’eau que j’ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l’intermédiaire d’un rêveur. Si je veux étudier la vie des images de l’eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays. Je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin de la Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. La plus belle des demeures serait pour moi au creux d’un vallon, au bord d’une eau vive, dans l’ombre courte des saules et des osières.

Et maintenant, c’est à vous : plongez dans la lecture et laissez-vous porter  !

Un souffle d’Amérique : la littérature dans tous ses Etats (2)

12 Nov etatsunis

Depuis le 8 novembre  2016, les États Unis ont un nouveau président. Et si c’était l’occasion de plonger, état par état, de l’Alabama au Wyoming, dans la diversité et l’histoire de ce pays ? Je vous propose un panorama de quelques livres, les meilleurs possibles, dont l’action se déroule dans l’un de ces États et qui vous permettront de survoler tout un pays à travers la riche palette qu’offre sa littérature.

Alabama : Harper Lee. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur  , un petit bijou de fraicheur qui développe les thèmes du racisme, de la ségrégation et de l’éducation.

Alaska : David Vann. Sukkwan island, un roman au suspense inoubliable qui revisite les rapports humains avec brio. Un jeune auteur américain de tout premier plan.

Arizona : Brady Udall. Le destin miraculeux d’Edgar Mint, un roman inclassable, original et poétique, il est aussi plein d’humour.

Arkansas :  Maya Angelou. Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage , une œuvre majeure de la littérature américaine du XXe siècle qui aborde les thèmes de l’identité, du racisme, de la résilience et l’apprentissage du langage et de la littérature.

Californie : John Steinbeck. Les raisins de la colère, l’aventure misérable d’une famille espérant échapper à la grande dépression.

 Caroline :  David Payne. Le monde perdu de Joe Madden, magnifique récit à 3 voix sur l’amour, l’enfance, les illusions perdues.

Colorado :  Craig Davidson. Cataract Falls, roman initiatique intimiste et mélancolique.

Connecticut :  Wally Lamb. Le chagrin et la grâce, odyssée désespérée d’un homme en quête d’identité.

Dakota : Louise Erdrich.  la Malédiction des colombes, roman choral sur l’amitié, le sang, le poids du passé.

Delaware :Toni Morrisson. Beloved, l’histoire d’une ancienne esclave hantée par un fantôme.

Floride : Russell Banks. Lointain souvenir de la peau, réflexion sur le monde contemporain, méditation sur la chute, la perte de l’innocence et l’exclusion.

Georgie : Margaret Mitchell. Autant en emporte le vent, texte mythique qui mêle amours romantiques et violentes pendant le drame de la guerre de sécession dans le Sud des Etats-Unis.

Illinois : Johnathan Franzén. Les corrections,  le portrait d’une famille du Midwest.

Louisiane : James Lee Burke. Dans la brume électrique, enquête sur le meurtre d’un homme de couleur qui ramènera à la guerre de sécession.

Louisiane : Tim Gautreaux. Nos disparus, le romancier nous invite à sillonner le Mississippi sur un bateau à aubes, dans les années 1920.

Michigan : Jim Harrison. De Marquette à Veracruz, traite de la maladie, la luxure, la boisson, le délitement la fidélité. Des thèmes chers à ce grand auteur, disparu en 2016.

Mississipi : William Faulkner. Sanctuaire, roman d’atmosphère policière sombre et grandiose.

Missouri : Mark Twain. Les Aventures de Tom Sawyer, l’histoire d’un jeune orphelin qui fait l’école buissonnière.

New Jersey : Philip Roth. Pastorale Americaine, l’histoire de l’Amérique moderne vu par les yeux d’une famille d’immigrants juifs, qui parviennent grâce à leurs valeurs à accéder au rêve américain.

New Mexico : Cormac Mc Carthy. La trilogie des confins, grands espaces et voleurs de chevaux au programme.

New York : Paul Auster.  La trilogie New Yorkaise, au coeur de New York, l’auteur explore ses thèmes de prédilection : identité et liberté.

De New York à la Californie : Wally Lamb. Nous sommes l’eau, un portrait fascinant de l’Amérique à travers la vie tourmentée d’une famille.

Ohio : Toni Morrison.  Sula, sur le thème de la lutte des femme Afro-américaine pour exister…

Tennessee : Cormac Mc Carthy. Un enfant de Dieu, dans les années 60 Lester Ballard se fait déposseder de tout ce qu’il a, et l’on suit son délitement moral.

Texas : Philipp Meyer. Le Fils, un tour de force avec son histoire du Texas, autant dire des Etats-Unis,  à travers trois voix d’une même famille de pionniers.

Utah : Norman Mailer. Le chant un bourreau, chef-d œuvre dont on dit qu’il est « le crime et châtiment » de l’Ouest américain.

Vermont  : Donna Tartt. Le Maitre des illusions, chronique de l’illusion et de la complicité, histoire de culpabilité et de responsabilité dotée d’un grand suspense.

Virginie : William Styron. les confessions de Nat Turner, l’histoire d’un homme pris au piège de sa colère, qui trace avec finesse le portrait d’un esclave noir avant la guerre de sécession.

Virginie : Kevin Powers. Yellow birds, roman fascinant sur l’absurdité de cette guerre en Irak dont le héros Bartie subira les ravages.

Wisconsin : Mary Ellis  Relindes. Wisconsin, une magnifique fresque familiale où la réalité est teintée de fantastique.

Wyoming : Craig Johnson. Little Bird,  un polar où l’on suit un éventail de personnages pourvus de sens du tragique et d’humour sur fond de hautes plaines glacées.

Enfin… Si dans tous ces livres vous n’avez pas trouvé celui de vos rêves, cherchez votre inspiration dans notre précédent article Un souffle d’Amérique, la littérature dans tous ses États, dans Le coin de La Médiathèque de novembre et demandez conseil à votre bibliothécaire.

Seuls de Wajdi Mouawad au Théâtre de la Colline jusqu’au 9 octobre 2016 !

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Si vous avez aimé l’œuvre foisonnante, lyrique et épique, (ou si vous voulez la découvrir) de Wajdi Mouawad, (né le 16 octobre 1968 à Deir-el-Qamar au Liban), venez voir cet homme de théâtre, metteur en scène, auteur, comédien, directeur artistique, plasticien et cinéaste libano-canadien jouer au Théâtre National de la Colline dans le spectacle, Seuls, qui fait partie du cycle de création nommé Domestique, œuvre où il arpente les sillons de de  la cartographie familiale. Décrite par cinq personnes depuis des angles différents, cette pentalogie comprend aussi  Sœurs (dont la mise en scène aboutie est déclinée dans plusieurs salles), suivront Frères, Père et Mère.

seuls visuel © Pankov

© Pankov

Ainsi, je me suis retrouvée dans une salle comble devant une scène sur laquelle l’auteur incarne avec humour et délicatesse le personnage pour le moins autobiographique d’Harwan, à l’existence marquée par l’exil. Pour ce faire, il nous entraîne dans les fondements de sa propre vie : quête d’identité, acceptation des différences, racines qui ne s’enracinent pas, image de soi…

Le spectacle est mené avec une indéniable générosité, et une mise en scène qui fait travailler notre imaginaire d’une façon extraordinaire, avec des formes théâtrales surprenantes, attachantes, éprouvantes. Par un jeu subtil de dédoublement et de passe-muraille, sa silhouette est projetée sur le mur, agissant à sa guise en dehors de ses actes sur scène.  Avec en fond, des voix enregistrées du père et de la sœur d’Harwan, les lumières, la musique, la peinture corporelle, tout se chevauche, tout se mélange, traverse les frontières, pour finir dans un délire ultime de couleur et du corps comme lieu de tous les possibles. Et une succession d’événements avec une parabole qui  le mène à se confronter à lui-même à travers le chef-d’œuvre de Rembrandt, Le Retour du fils prodigue.

Le retour du fils prodigue

Le retour du fils prodigue par Rembrandt — Hermitage Torrent. Domaine public.

C’est une pièce singulière au cœur de l’émotion où tout est maitrisé, un tour de force en solo pour Wajdi Mouawad  qui crée l’illusion que nous avons été plongés dans l’histoire et l’univers d’une foule de personnages.

Il  interprète, de façon originale  la douleur du monde et recherche l’apaisement de façon dévorante, elle  s’incarne dans le corps de l’auteur, ce qui nous trouble nous, spectateurs, au plus profond de notre être.

C’est une expérience fascinante à partager, et que je vous invite à tenter.

En attendant retrouvez Littoral, Incendies, Forêts, triptyque du Sang des promesses à emprunter à la Médiathèque de Levallois et le CD Horizons interprété par le groupe Détroit.

 

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Nous avons rencontré pour vous 4 auteurs de la rentrée littéraire à la librairie Decitre

29 Sep lang-ovalde-djavadi-slimani

images-librairieCette rentrée littéraire, qui comporte 560 romans, dont 363 romans français, 66 premiers romans et 197 romans étrangers, nous régale, nous surprend, nous fait rire et pleurer, nous instruit, nous interroge, nous fait rêver ou voyager.  Foisonnante et riche, elle nous permet de retrouver avec une grande satisfaction des auteurs attendus, et aussi de faire de belles découvertes.

Une rentrée reflet de notre monde qui se fait le théâtre d’éléments tragiques, qui questionne, qui s’engage. C’est aussi une rentrée pleine de vivacité, de dérision et d’humour. Une rentrée de l’intime, tout en subtilité pour panser les angoisses du monde. *

Parmi tous ces univers à la fois hétéroclites ou proches, la librairie Decitre, qui a ouvert ses portes en août 2016 dans le centre So OUEST de Levallois, nous a accueillis chaleureusement ce mercredi 14 septembre : le public, dont nous faisions partie, était nombreux, enthousiaste et motivé pour cette présentation des coups de cœur des libraires présents (à retrouver en ligne sur leur site)  suivie d’une rencontre-dédicace avec 4 auteurs sélectionnés parmi les plus talentueux de cette rentrée littéraire.

Cette soirée était co-animée par Olivia de Lamberterie, éditorialiste, directrice des pages culture du magazine  ELLE  et responsable de la rubriques « livres. »

  • au-commencement-du-7e-jourLuc Lang était parmi les 4 auteurs présents pour son dernier livre  Au commencement du septième jour. Celui-ci est présenté comme l’ouvrage le plus abouti d’une carrière qui compte déjà une poignée de belles réussites. Parmi elles, Mille six cent ventres en 1998 ou les tribulations d’un cuisinier de prison peu sympathique qui valut à l’auteur le Goncourt des Lycéens.  En 1988, il obtint pour Voyage sur la ligne d’horizon, le prix Jean Freustié.
    Ce nouvel opus s’ouvre sur un accident. L’épouse de Thomas vient d’être transférée à l’hôpital et est dans le coma. Il faut annoncer la nouvelle aux enfants, Elsa et Anton… Ce drame intime  ramène le narrateur à la mort de son père. Si l’auteur avoue  être influencé par Cormac Mc Carthy, notamment La trilogie des confins, il a un vrai talent pour lier les éléments avec suspense. Les épreuves endurées se révèlent de l’initiation pour le personnage principal, et l’ enquête de départ devient progressivement une quête… Le rythme et la dynamique donnent à ce roman de faux airs de thriller, doublées d’une grande justesse psychologique et d’un style puissant.
  • soyez-imprudents-les-enfants--véronique-ovalde (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Véronique Ovaldé avec Soyez imprudents les enfants, poursuit une œuvre remarquée, notamment en 2008, son cinquième roman Et mon cœur transparent récompensé par le prix France Culture/Télérama. En 2009, son septième roman Ce que je sais de Vera Candida reçut le Prix Renaudot des lycéens, le prix France Télévisions 2009 et le Grand Prix des lectrices de Elle en 2010.
    La présente histoire se déroule sur fond d’Espagne franquiste, de légendes et de morts suspectes, ce à quoi il faut ajouter l’arbre généalogique de la famille Bartolome auxquels on adjoint le conseil « Soyez imprudents les enfants » au moment de quitter le nid. Atanasia le prend à la lettre, bien décidée à prendre son destin en main et à changer le cours de l’histoire. C’est un tourbillon permanent porté par l’écriture fantasque et musicale que l’on connaît à l’auteur. Foisonnant, son ouvrage est à la fois enquête, roman historique et voyage initiatique pour une héroïne qui cherche et se cherche.
  • leila-slimani-chanson-douce (catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Leila Slimani était invitée pour son livre  Chanson douce. Cette jeune auteure a l’art de sonder les âmes perturbées. Remarquée pour son premier roman Dans le jardin de l’ogre, elle confirme son talent, ainsi qu’un goût pour les névroses, et les pulsions entrainant ses héroines très loin…
    Myriam vit dans les beaux quartiers et à une vie comme celles que l’on lit dans les magazines feminins, mais elle est frustrée. Comment concilier carrière, féminité et maternité ? Cette aspiration à la perfection hante plus d’une mère de famille, car même si elle adore ses enfants, ils la« dévorent »… Aussi éprouve-t-elle le besoin de reprendre son métier d’avocate. La famille engage donc Louise, une « perle rare » pour s’occuper des enfants. La nounou se fond dans le décor, et s’intègre parfaitement dans cette famille qu’elle envie tant. Pourtant on suit sur un air de berceuse infernale, la mécanique d’un être qui perd pied, inexorablement.
  • negar-djavadi-desorientale (Catalogue de La Médiathèque-nouvelle fenêtre) Négar Djavadi nous a parlé de DésorientaleAvec ce premier roman, Négar Djavadi, scénariste d’origine iranienne, fille d’intellectuels opposés au régime du Shah, a trouvé matière dans sa vie personnelle. Comme l’héroïne, elle a fui son Iran natal à cheval à travers les montagnes du  Kurdistan et n’y est jamais retournée. Elle commente du reste ce débat en signifiant que le fait de passer au roman plutôt qu’au scénario s’est imposé à elle comme un espace de liberté où elle a pu dérouler cette ample fresque politique, musicale et cinématographique.

Ces livres sont évidemment présents dans toutes les bonnes médiathèques (à La Médiathèque de Levallois, vous les trouverez en version papier et/ou en livre à télécharger). Cette rentrée recèle quelques pépites, n’hésitez pas à consulter vos libraires et vos bibliothécaires préférés 🙂

Bonne lecture !

  • Merci à l’éditorialiste des librairies Décitre qui nous a inspiré l’introduction et la réalisation de cet article 🙂
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