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Moi, moi et François B. au Théâtre Montparnasse

28 Déc berleand-1

La rencontre entre un jeune auteur inconnu et un des meilleurs acteurs français a donné naissance à une surprenante pièce sur le théâtre.

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On va parfois au théâtre sans rien connaître de la pièce et de son auteur, juste pour l’acteur principal. Et il ne faut pas hésiter puisque si le comédien joue ce rôle, c’est qu’il l’a jugé excellent. D’autant plus quand il est amené à incarner son propre personnage. Mais dans des conditions assez surréalistes en compagnie d’un apprenti auteur au comportement étrange prénommé Vincent interprété par Sébastien Castro et d’une jeune servante acrobate jouée par Inès Valarcher, François Berléand se retrouve coincé dans un lieu clos avec un homme qui l’a « aspiré », ce qui signifie qu’ils se retrouvent coincés dans la tête de l’auteur. Vincent veut que François lise sa pièce et qu’il accepte d’en être l’acteur vedette. La pièce déroule les situations cocasses, où chacun va essayer de manipuler l’autre pour arriver à ses fins. Car c’est bien la question que se pose le spectateur, quelle fin peut-il y avoir, surtout que le décor change au troisième acte et l’on se retrouve dans l’appartement de Berléand avec son épouse interprétée par Contance Dollé et l’auteur de la pièce Clément Gayet qui interprète lui aussi son propre rôle ?

Au Théâtre, la fiction devient la réalité et les acteurs ne sont-ils pas les prisonniers de leurs propres personnages que manipule à son gré l’auteur ?

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Pour l’anecdote, l’auteur a déposé son texte au Théâtre Édouard VII accompagné d’une boîte de chocolats pour François Berléand qui a immédiatement accepté de la lire en échange d’une deuxième boîte. Cette première pièce est un tour de force qui réussit à surprendre le public et à lui faire passer un excellent moment de théâtre avec une mise en scène de Stéphane Hillel très réussie et pleine d’humour, malheureusement seulement jusqu’au 31 Décembre 2016 au Théâtre Montparnasse.

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Défi de scène 2014-2015

13 Oct theater-105574_150
Fort du succès de ces deux précédentes éditions, le prix Défi de scène est heureux de vous présenter sa nouvelle saison ! Pas moins de six nouvelles créations théâtrales vont concourir pour séduire le jury et les Levalloisiens de septembre 2014 à avril 2015.

Les compagnies professionnelles ont dû passer des sélections afin d’avoir la chance d’être sélectionnées et de bénéficier du prêt de la salle du petit théâtre Odyssée situé à L’Escale au 25 rue de la gare. Demandez le programme Défi de Scène ici.

Cette année, le choix est éclectique avec des pièces d’auteurs de différentes nationalités et des thèmes abordant la comédie dramatique, la poésie ou l’amour sous la forme de l’humour.

Ont été retenues :

  • Nuit d’été de David Greig et Gordon Mcintyre par la compagnie Spirytus
  • Danny and the deep blue sea de John Patrick Shanley
  • Je voudrais pas crever de Boris Vian par la compagnie Koalako
  • Journal d’un imbécile de Benoît Marbot par la compagnie de l’auteur
  • Evadées par la Compagnie des Sables d’Or
  • Un divan pour la scène de Jean-Luc Solal par le Théâtre de la Promesse

L’objectif de ces compagnies est bien sûr d’avoir un lieu pour présenter leurs créations au public levalloisien pendant une semaine mais également d’avoir le retour des membres du jury composé, entre autres, de professionnels du théâtre et de la culture.

Le lauréat bénéficiera gratuitement la saison suivante du prêt de la salle Odyssée et d’une communication pour leur nouveau spectacle.

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Venir à ces représentations est l’assurance d’assister à un spectacle de qualité pour une somme modique (pour mémoire, les abonnés de la Médiathèque, du Conservatoire et de l’Escale bénéficient du tarif réduit)  mais également un acte militant pour la création théâtrale, cet art qui ne vit que pour et par le public.

Les textes de ces pièces ne sont malheureusement pas tous édités en France mais vous pouvez retrouver d’autres écrits de ces auteurs à la Médiathèque, notamment dans la collection de l’Avant-scène théâtre.

Théâtralement Votre !

Lacenaire revient à la Huchette

30 Juil theater-105574_150
En cet été où le théâtre parisien, à l’instar du festival d’Avignon, est perturbé par la grève des intermittents du spectacle avec des théâtres qui attendent la rentrée de septembre pour présenter leurs nouvelles créations, il y a pourtant une pièce qui comblera les amoureux du beau jeu et de la littérature : Lacenaire.

Ce nom sorti du passé, pour ne pas dire de l’enfer, résonne à nos oreilles comme un coup de tonnerre.

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Lacenaire, voleur, assassin mais surtout un poète, auteur méconnu mais dont les écrits sont parmi les plus intenses et profonds du 19ème siècle.

En héritier de Socrate et du  Marquis de Sade, en précurseur de Lautréamont ou encore de Céline, il n’a eu que pour vocation de dénoncer l’hypocrisie de la société coupable, au même titre que lui, de crimes tout aussi atroces. Prisonnier, il écrit souvent en alexandrin et reste connu pour de nombreuses citations dont certaines prononcées lors de son théâtral procès qu’il ponctuera par un poème truffé d’impertinence où il exige d’être sacré Roi, puisque ce dernier ne vaut pas mieux que lui :  Pétition d’un voleur à un roi voisin

Sire, de grâce, écoutez-moi :
Sire, je reviens des galères…
Je suis voleur, vous êtes roi,
Agissons ensemble en bons frères.
Les gens de bien me font horreur,
J’ai le cœur dur et l’âme vile,
Je suis sans pitié, sans honneur :
Ah ! faites-moi sergent de ville.

Bon ! je me vois déjà sergent :
Mais, sire, c’est bien peu, je pense.
L’appétit me vient en mangeant :
Allons, sire, un peu d’indulgence.
Je suis hargneux comme un roquet,
D’un vieux singe j’ai la malice ;
En France, je vaudrais Gisquet :
Faites-moi préfet de police.

Grands dieux ! que je suis bon préfet !
Toute prison est trop petite.
Ce métier pourtant n’est pas fait,
Je le sens bien, pour mon mérite.
Je sais dévorer un budget,
Je sais embrouiller un registre ;
Je signerai :  » Votre sujet « ,
Ah ! sire, faites-moi ministre.

Sire, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère !
Je compte sur votre bonté ;
Car ma demande est téméraire.
Je suis hypocrite et vilain,
Ma douceur n’est qu’une grimace ;
J’ai fait… se pendre mon cousin :
Sire, cédez-moi votre place.

C’est au Théâtre de la Huchette dans le quartier Saint-Michel, à quelques enjambées des quais  témoins des forfaits de Lacenaire et de son complice Avril,  que se joue la pièce interprétée par les fantastiques Franck Desmedt et Frédéric Kneip dans les rôles des différents protagonistes, dont celui de Prosper Mérimée qui défendit l’œuvre du poète devant l’Académie, arguant qu’il faut différencier l’œuvre de l’homme. Cet homme qui n’eut qu’un seul regret, n’avoir eu que peu de temps à consacrer à la littérature.

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Pour conclure, permettez-moi cet hommage  de ma composition :

Lacenaire, saigneur qui vécu sa vie en vers

N’ai point un hasard que ton nom soit littéraire.

Théâtralement Votre !

* Pour lire la presse de l’époque (1836) , feuilletez  « A propos de Lacenaire », par Léon Gozlan dans la Revue de Paris.  Ou plongez vous dans l’ambiance assassine de  Lacenaire : ses crimes, son procès et sa mort par Victor Cochinat aux Editions Jules Laisné en 1864 (2 ème édition).

L’avant-scène théâtre

15 Avr theater-105574_150
La revue l’Avant-scène théâtre est l’un des trésors possédé par la Médiathèque de Levallois.

Lancée au lendemain de la seconde guerre mondiale, cette revue est devenue la mémoire du théâtre en France. Ses nombreux atouts sont de non seulement présenter l’actualité théâtrale, mais également de publier le texte intégral de la pièce sélectionnée avec un dossier contenant des entretiens avec les auteurs, acteurs et metteurs en scène.

livre revue l'avant-scene theatre t.1360; la porte a cote

Revue bimensuelle luxueuse ayant toujours contenue des photographies et illustrations, elle offre une sélection hétéroclite, tant pour le choix des textes que pour celui des auteurs français ou étrangers. Véritable témoignage des évolutions d’un  théâtre classique à un théâtre d’avant-garde, le sérieux des articles est un écho de la passion exercée par le spectacle vivant sur le paysage culturel français. Aujourd’hui encore à l’ère numérique, être publié dans cette revue est un gage de reconnaissance pour un auteur et une excellente publicité pour sa pièce et le théâtre qui la monte.

L’Avant-scène théâtre est également une maison d’édition offrant  notamment dans son catalogue une anthologie du théâtre en plusieurs volumes et des textes contemporains.

Les exemplaires de l’abonnement Avant-scène théâtre sont mis à votre disposition à la Médiathèque Gabriel Péri et les anciens numéros du 105 de mars 1955 au 1244 du 15 juin 2008 à la Médiathèque Gustave Eiffel, entreposés dans nos réserves pour garantir des conditions de conservation optimales.

La revue l’Avant-scène théâtre devrait être déclarée d’intérêt publique tant elle incite le public à se déplacer au théâtre. Alors venez l’emprunter et passer en coulisse avec nous.

Théâtralement vôtre !

3 pièces à ne pas rater !

28 Mar theater-105574_150
L’actualité théâtrale est comme d’habitude riche et variée, avec des pièces telles que « comme un arbre penché » avec Francis Perrin ou le « Liliom » hongrois de Ferenc Molnar. Mais trois textes retiennent particulièrement l’attention.

Un grand classique de Molière, Dom Juan, monté au Théâtre 14 avec le texte original qui avait subi les foudres de la censure lors de sa présentation. La mise en scène est remarquable  de par son mélange d’effets visuels et de jeux de lumières. L’énorme tête du Commandeur s’illuminant du visage de Michael Lonsdale est un artifice saisissant. Le parti pris de faire jouer les comédiens en costume d’époque replonge instantanément le spectateur dans les peurs et croyances du 17ème siècle. Arnaud Denis incarne un Dom Juan très convaincant au discours toujours d’actualité.

      

Un texte contemporain de Françoise Dorin, Ensemble et séparément, avec son acteur fétiche Jean Piat, son mari à la ville, et la pétillante Marthe Villalonga pour lui donner la réplique. Cette pièce sur le monde de l’édition et les rapports auteurs éditeurs est un bonheur pour qui aime l’univers des livres. L’aspect commercial laisse place à une très belle rencontre humaine, même si le dénouement est attendu. L’interprétation de ces deux monstres sacrés des planches n’est pas critiquable tant ils sont en osmose avec leurs personnages décalés qui n’auraient jamais du se rencontrer. Une pièce intelligente et toute en finesse à la Comédie des Champs-Elysées.

Une adaptation théâtrale du roman fleuve Blonde de Joyce Carol Oates sous le titre de Norma Jeane par John Arnold au Théâtre 13. Marion Malenfant incarne pendant plus de deux heures l’icône Marylin Monroe, de son enfance traumatisante entre une mère alcoolique et l’orphelinat où elle est placée de force par sa famille à la déchéance et sa fin tragique. Cette jeune actrice qui n’a pas hésitée à démissionner de son poste de sociétaire de la comédie française pour pouvoir continuer à interpréter ce rôle est tout simplement habitée par l’âme de Monroe, nom choisie par Norma Jeane en hommage à sa grand-mère. C’est une véritable performance d’actrice que nous offre Marion Malenfant qui se met à nue, au propre comme au figuré, pour présenter une Marylin avec ses faiblesses et surtout sa grande fragilité de femme enfant. Le texte et la mise en scène mettent bien en avant la perfidie de l’entourage de l’actrice et ose soutenir une accusation quand à son « suicide ». Une pièce et surtout une actrice qui ne peuvent laisser indifférent.

Vous pouvez emprunter ces textes qui sont disponibles dans le fonds de la Médiathèque de Levallois.

Théâtralement votre.

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